22 février 2008

Thinking Day

Le 22 février est la date de naissance de Robert Baden-Powell.
En reconnaissance pour l'oeuvre accomplie par ce gaillard, le mouvement scout a décidé de fêter ce jour anniversaire et l'a baptisé "Thinking Day".
Même si je ne fus scout que dans une autre vie, la vieille rengaine "Scout un jour, scout toujours" s'applique aussi à moi et je sacrifie volontiers à la tradition d'avoir en ce jour une pensée émue pour "le fondateur".
Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous raconter mes histoires d'ancien combattant (enfin, pas tout de suite) ! D'ailleurs, malgré mon âge avancé et la merveilleuse odeur de sapin que je commence à traîner derrière moi, je n'étais pas à Mafeking avec B-P.

BPJij_

Je vais plutôt vous parler de ma première rencontre avec ce personnage et, par voie de conséquence, de mon enfance.

Quand on les compare à celles dont diposent les enfants d'aujourd'hui, les distractions de mon enfance étaient bien limitées. Et encore, moi, j'avais du bol ! Comme j'étais plutôt rachitique et sévèrement scoliosé, après avoir avalé mon foie de veau arrosé de sang de boeuf, tous deux crus, j'avais droit aux séances de rayons UV (à l'époque on ne donnait pas encore de vitamine D, on la fabriquait "in situ"), aux séances d'amélioration de capacité thoracique, de gymnastique corrective, de douche glacée au jet. Bref, de quoi occuper quelques unes de mes soirées et journées.
Pour le reste, les jeux sur les terrils environnants, très prisés par les garnements du coin, m'étant interdits sous prétexte de fréquentations douteuses, j'en étais réduit à me plonger dans... le Petit Larousse et quelques rares livres, prix des bons résultats de mes débuts scolaires.

Jusqu'au jour où, pour une raison qui ne me devait rien, mes parents décidèrent de m'acheter, chaque semaine, le "Journal de Spirou". Coïncidence, dans le premier numéro qui me fut mis sous les yeux, démarrait, en dernière page, une nouvelle série dessinée par Jijé. Elle racontait la vie de Baden-Powell. Je crois que je n'ai plus jamais, au cours de mon existence, attendu quoi que ce soit avec autant d'impatience que les épisodes de cette bande dessinée.

Faut dire qu'il savait y faire Joseph Gillain ! Et que pour ne rien gâcher, la vie du héro qu'il avait choisi se révélait au fil des pages de plus en plus passionnante. Quelles aventures pour passer du galopin en culottes courtes, se réfugiant dans la ramure des arbres du collège, à l'inspecteur général de la cavalerie de sa Grâcieuse Majesté ! Que d'images ont frappé mon imagination d'enfant ! Le petit air crâne du lancier coiffé d'une petite toque à la Spirou posée de guingois, l'espionnage des défenses turques, les chasses au sanglier à la lance, le jeune Winston Churchill dans son hamac,  les matches de polo, les boucliers en peau de zèbre et les corps sculpturaux des guerriers zoulous ! Que le monde était merveilleux et les aventures exaltantes dans LA BD de mon enfance !

C'est donc par l'entremise de ce dessinateur de génie que j'ai fait connaissance avec le fondateur du scoutisme, un personnage "so british" ! Le scoutisme, lui, viendrait bien plus tard mais ça, c'est une autre histoire.


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18 février 2008

Echo des Pivoines

Titre en clin d'oeil à un périodique culte de BD, mais "que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître"  (je suis dans une journée chantante aujourd'hui) :

savanesBien évidemment, aucun autre lien que la sonorité entre les deux titres concernés.

Pivoine donc, nous parle d'amour, comme si, à travers le temps, lui était parvenue la prière de Lucienne Boyer (et là, on est parti pour les moins de cinquante ans !).

Enfin, elle nous parle, ou elle s'interroge, ou elle nous interroge... et quelle question ! Question à laquelle je n'ai, il va de soi, aucune réponse moi non plus. Mais malgré tout quelques petites réflexions à la limite de l'ironie, on ne se refait pas !

D'abord, la pauvreté de la langue française qui joint dans un vocable unique tout un éventail de phénomènes allant du remue-ménage hormonal à l'extase mystique. Je vous fais grâce des étapes intermédiaires puisque, de toute manière, je ne saurais être exhaustif en leur énumération.

Ensuite, je me contenterai de la question du "passage à l'acte", comme disent les notaires sur la RTBF. Pierre Vassiliu a écrit une chanson dont j'extrais une strophe du refrain :

Amour amitié
Je ne sais pas si par dépit ou par pitié
Je franchirai cet océan
Qui va de l'ami à l'amant

Et sur l'océan, vogue... la galère !
Ma directrice, une jeune dame charmante du temps où j'avais le bonheur de travailler avec des femmes, m'a dit à plusieurs reprises "Le meilleur moment dans un rendez-vous, c'est quand on monte l'escalier !" Entendant par là, j'imagine, que la transition du sentiment au physique, ou du rêve à la réalité, ou du fantasme à l'action ne se fait pas sans déception. La chute de l'ange, en quelque sorte.

Il y a bien des années, "Femmes d'Aujourd'hui" avait lié, par je ne sais quelle subtile manipulation, les hexagrammes du Li Jing (ou King) à votre période de naissance, un peu comme le zodiaque ou les signes astrologiques de l'année lunaire. Dans ce système, j'avais hérité de l'hexagramme 64 : "Avant l'accomplissement".
Quel bonheur, même si je ne crois absolument pas à l'astrologie ou à la divination, de pouvoir penser un moment que je vivrais en permanence en suspension dans le désir inaccompli, "dans l'escalier" comme disait mon chef bien-aimé, bercé d'espérance et à l'abri de la dure réalité des faits.

Car, ainsi que le disait fort justement je ne sais plus qui,  "Ce n'est pas la destination qui importe, mais le voyage lui-même".


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14 février 2008

Tague, taguons, taguez !

Une blogueuse blagueuse a "tagué" mon autre blog.

Pivoine7Faisant partie de la même mouvance blogosphérique que l'auteure (pour parler Français new look), j'avais eu l'occasion de constater l'émergence de ce petit jeu auquel elle me propose de participer.
Pour les détails du jeu, au cas fort improbable où vous n'en auriez pas entendu parler (puisque vous me lisez et ressortez donc à la même mouvance), je vous renvoie à son blog personnel.

Ce qui m'inquiète dans la chose, c'est l'expression utilisée : "Taguer un blog".
Si l'on excepte quelques raretés, que je n'irai pas taxer de révélatrices, telles que "Trouble Anxieux Généralisé" ou "Transports de l'Agglomération Grenobloise" (coucou Kloelle !),  je ne connais, quant à moi, que deux significations au terme "tag" :

  • Graffiti figurant une signature ou un signe de reconnaissance

  • Etiquette ou balise informatique

La première définition me semble à exclure. Elle ressortirait plutôt à l'oeuvre d'un hacker : craquage du mot de passe (deux doigts dans le nez, un sur le clavier) et dépôt d'une signature genre modification de la bannière-titre du blog (voir Papistache).
Mais je doute que ce genre de personnage utilise ses talents à défigurer un blog de notoriété particulièrement confidentielle.
Il n'empêche que l'idée de voir cette chère Pivoine venir nuitamment barbouiller vite fait de sa signature acrylique une surface vierge de mon blog m'amuse énormément !  Je lui conseille le port du foulard, à l'instar des outlaws des bons vieux westerns, question d'améliorer son anonymat et de préserver ses poumons des brouillards de peinture.
Il n'empêche aussi que ce genre de tag ne me plaît pas trop, même si certaines de ces réalisations me semblent, sur le plan artistique, bien plus convaincantes qu'un grand nombre d'oeuvres de "L'Art contemporain".

Il me faut donc chercher du côté de l'autre définition et poser à tous ces tagueurs et tagueuses d'un nouveau genre une petite question : "N'auriez-vous pas un mot français pour la chose ?"
Quoi ? Je vous déçois beaucoup ? Vous vous attendiez à autre-chose de ma part ?

Mais revenons au jeu ! Je considère que le règlement a été exposé via le lien vers le blog tagueur et, quant à moi, ne taguerai personne.
Pour le reste, je ne vais pas me fatiguer à extraire six malheureux items de l'incommensurable liste des choses insignifiantes dans mon existence.
Car dans une existence, à défaut de posséder la clé de lecture ultime, tout est insignifiant.
Demandez à
AlainX, il vous expliquera tout cela bien mieux que moi.


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10 février 2008

La fille du roi était à sa fenêtre

3tamboursDans les chansons de mon enfance, les princesses s'exposaient aux fenêtres et les tambours défilaient trois par trois.  Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils sentaient bon le sable chaud... de vrais petits légionnaires!

Aux temps bénis de mon enfance, il était de bon ton pour les héros de tout poil d'aller casser du Maure aux Barbaresques.  Les héros des chansons de mon enfance souscrivaient donc à cette tradition et ramenaient à leurs basques des effluves de désert.

Dans les chansons de mon enfance, les tambours parlaient aux princesses sans que quiconque s'en formalisât. En échange de la rose, qu'à l'instar de Jack Lemmon ils serraient entre les dents, ils leur réclamaient leur coeur.  Ce que les princesses, moins dévergondées sans doute que celles d'aujourd'hui (du moins dans les chansons), refusaient avec vigueur.

Dans les chansons de mon enfance, les tambours, entre autres arguments parlant en leur faveur, étaient pourvus de vaisseaux chargés d'or et de pierreries, lesquels vaisseaux les attendaient bien sagement, ancrés au creux d'anses enchanteresses.

Les princesses, mises au fait de ces circonstances pour le moins atténuantes, convainquaient alors leurs pères, généralement monarques absolus, d'accorder leur main, leur coeur... et tout le reste, aux tambours.

Pour donner une leçon de morale à l'enfant que j'étais, les tambours se souvenaient alors, fort à propos, que leur pays regorgeait de filles bien plus jolies encore que les princesses et envoyaient, aussi sec, ces dernières sur les roses.

A cause des épines, les princesses pleuraient et les chansons s'arrêtaient là.

Dans les contes de mon enfance, d’autres princesses étaient en bute aux pires vicissitudes. Haïes par leurs belles-mères, réduites en quasi-esclavage, endormies par des quenouilles, empoisonnées par des pommes, torturées par des petits pois, engoncées dans des peaux de bêtes, j'en passe et de meilleures, elles n'avaient vraiment pas la vie facile.

Dans les contes de mon enfance, invariablement, des princes, parangons de courage et de vertu, s'élançaient à leur secours et déjouant mille embûches et autres pièges insidieux, terrassant d'innombrables adversaires, venant à bout d’un lot d’épreuves dignes du Seigneur des Anneaux, emportaient le Jackpot, la couenne un peu roussie à l'haleine des dragons, épousaient les princesses et vivaient heureux puisque entourés de beaucoup d'enfants. Enseignant ainsi à tout un chacun, que le bonheur est dans la famille nombreuse.

L'agriculture et l'industrie de mon enfance, contrairement à celles d'aujourd'hui, réclamaient beaucoup de bras. Les postes, elles, singulièrement, réclamaient plutôt des jambes mais, nonobstant cette insigne particularité, fonctionnaient parfaitement, au même titre d'ailleurs que les chemins de fer.

Les contes et les chansons de mon enfance me laissaient sur ma faim : 

Que faisaient donc les tambours de leurs vaisseaux ? 

Avec qui et comment se consolaient les princesses ? 

Quelles luttes fratricides engendrait la concurrence entre tous ces enfants de princes lorsqu'il s'agissait de succéder à leurs pères entre temps devenus rois, vieux, et finalement poussière?  Car par un hasard étrange, les rois des contes de mon enfance n’avaient généralement qu’un fils et les princes une pléthore.

J'imaginais bien que la vie, la vraie, commençait précisément quand se terminaient le conte ou la chanson.

Il fallait éviter aux enfants des générations à venir cette profonde insatisfaction. Il fallait que quelqu'un leur narre la triste mais passionnante fin de ces histoires.

Je serais donc écrivain !


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04 février 2008

Autres photos de moi

C'est Kloelle, immédiatement suivie par Papistache, qui a commencé à publier une photo de son visage d'enfant, encore que Pivoine l'ait fait à une époque plus lointaine.  Comme il pourrait s'agir d'un concours, je me dois de participer.
Malheureusement, mon épouse-documentaliste est fort prise par la préparation de l'expo de printemps de son atelier de peinture sur soie et, plutôt que de me plonger moi-même dans des tiroirs à l'indescriptible fouillis, je vous ai scanné un petit document que j'avais sous la main.

60ans0001

Votre merveilleux sens de l'observation vous aura immédiatement fait comprendre qu'il s'agit des "pages" intérieures d'un menu. C'est un de ceux que j'avais réalisés pour un repas, offert à l'occasion de mon soixantième anniversaire, à un groupe mi-parents, mi-amis, mi-collègues (pour faire bonne mesure).  La dernière page reprenait, pour chaque invité, une photo ancienne de lui, si possible, en ma compagnie.  Pour éviter les échanges continus de menus pour "voir la tienne", la première page était un montage au format réduit de toutes les pages individuelles.

Ceci me permet d'étoffer un peu ma catégorie "Je me souviens" sans avoir à remonter trop trop loin dans le temps (sauf en ce qui concerne les photos elles-même).

Je tiens à signaler que malgré ce que laissent sous-entendre la photo et la citation du brave Georges, je n'ai jamais, au grand dam de mon épouse, fumé la moindre pipe...


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27 janvier 2008

Journal (pas si) intime

pivoines

Dans un coin de notre salon, ce bouquet. Votre regard attentif aura décelé qu' il s'agit de pivoines en soie. Elles se trouvent là parce qu'à moins de trente tulipes par semaine, cette vasque sur trépied, offerte par notre fils, faisait vide et que de cette manière, le coût de ces (presque) parfaites imitations a été rapidement amorti.

La photo, elle, se trouve là parce que les commentaires d'une autre Pivoine, blanche celle-là, m'ont mis en tête quelques idées qu'il me faudrait explorer (J'avais d'abord tapé "exploiter", mais j'avais sauté le "i" et j'ai donc fini par remplacer le "t" par un "r", voyez comme même les claviers se mèlent d'influencer l'écriture).
Lorsque j'associe la photo à cette chère Pivoine, n'allez pas conclure que j'irais trouver cette dame artificielle, au même titre que ses homonymes en soie.  Simplement, elle et moi suivons avec intérêt nos blogs respectifs. Cela crée des liens (sur cela aussi, les liens entre blogueurs, il me faudra revenir) et plutôt que de procéder via les commentaires, j'ai choisi de répondre à un des siens au coeur d'un "post".

La question était (je copicolle) : "Et... Puis-je mettre aussi ce blog en lien chez moi? Ou préférez-vous qu'il reste plus ou moins anonyme?"
La réponse est, évidemment, "je vous en prie". Pour deux raisons : d'abord, chacun est maître des liens qu'il dispose sur son blog et ensuite, si j'avais voulu rendre ce blog anonyme, je l'aurais conçu différemment.

Et c'est là que ressurgit la question à mille Euros (et à cent mille occurrences) :
Un blog peut-il être considéré comme un journal intime ?

Sauf à être un exhibitionniste, un inconscient ou à le rendre inaccessible, la réponse me semble évidente :
Non !

Mais encore... 
Si nous nous attardons au nom de la chose, le tour de "journal" est vite fait : il implique un suivi, si pas quotidien, comme le mot le laisse entendre, à tout le moins régulier. C'est par là qu'ont péché presque tous ceux que j'ai entrepris de rédiger.
Pour ce qui est de "intime", l'affaire est moins vite réglée, consultons donc le TLFi : il y en a bien deux pages sur ce mot, mais je pense cette définition bien appropriée : "Qui est strictement personnel et généralement tenu secret, préservé des curiosités indiscrètes, le plus souvent par pudeur."
J'en tire également une citation : "Amiel avait gardé de sa jeunesse le goût, voire la manie du journal intime. Jusqu'à son dernier mois, jusqu'à ses toutes dernières heures, il avait noté minutieusement les moindres passages de sa pensée, les caprices de son humeur, toutes les nuances ou claires ou sombres de son ciel moral. Cela faisait une longue et diffuse monographie de l'existence de l'âme..."
BOURGET, Nouv. essais psychol., 1885, p. 254.

On voit immédiatement le lien de ces deux choses avec un blog !

L'ennui, c'est qu'il faut compter avec la psychologie perverse des scripteurs. Certains, en secret, espèrent que leur journal sera découvert et lu. Et, par voie de conséquence, ils n'écrivent plus pour eux-même mais bien pour un hypothétique lecteur... et la fameuse pudeur refait son apparition, et un tas d'autres sentiments : se rendre intéressant, sympathique peut-être ! La forme prend de l'importance, on entre dans la (généralement mauvaise, comme la mienne) littérature.

Et la réponse à notre question devient :
"Oui, un blog peut être considéré comme un journal intime (dévoyé)"

Est-ce que tout le monde est content ?


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17 janvier 2008

Soie

Mon épouse participe depuis 2003 à un atelier de peinture sur soie. Comme elle n'est pas du genre à se créer un blog, j'en avais commencé un pour elle, mais elle ne s'était pas montrée très enthousiaste à l'idée d'exposer ses manières de faire. J'ai donc laissé la chose en suspens. Pour le bandeau de ce blog, j'avais utilisé un recadrage de la photo d'une de ses peintures. Cette oeuvre elle-même orne le mur en briques brutes de notre salon.

Bandeau

Mon épouse donc, se passionne pour tout ce qui est soie et un beau jour, dans une librairie, elle est tombée sur un bouquin qu'elle n'a pas manqué d'acheter car en voici la couverture :

soie

Mon épouse passe donc beaucoup de temps à peindre, teindre, parafiner, sertir, fixer et surtout à quêter mon avis sur ses réalisations. J'ai beau lui répondre que c'est son travail et, par conséquent, son problème, que mon avis sur la question ne doit pas influencer ses choix. Que je ne lui demande pas son avis sur mes blogs (ce qui ne l'empêche pas de me le donner). Rien n'y fait ! Il se trouve donc des moments où elle me pompe, très très légèrement, l'air.

Et alors ? Me direz-vous...

Alors ?  Tout cela n'est rien, puisque cette passion m'a fait lire ce bouquin que rien d'autre n'aurait pu me mettre sous les yeux. Et qu'il me faut bien l'en remercier. En effet, ce livre est tout ce que j'aime : il se lit en un jour, le style est sobre et très particulier, il ne se perd pas dans des détails futiles. Il passe, léger, comme les rides que dessine le vent sur un étang, pour emprunter une image à l'auteur.

Que vive donc longtemps encore la peinture sur soie !


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16 janvier 2008

Toscane

Photo prise par mon épouse depuis le mur d'enceinte de Pienza. La saison fait que le lointain est sensiblement brumeux, mais malgré tout...

Toscane

Quand vous circulez dans cette région (Pienza, Montalcino... ), vous vous demandez si vous êtes vraiment dans ce même pays où les ordures s'entassent dans les rues de certaine ville !

D'après mon fils, mais je ne suis pas parvenu pas à trouver de détails sur le Net, dans cette zone, quelques cités se seraient mises d'accord dès la Renaissance pour établir une sorte de charte visant à la préservation et l'embellissement du paysage. Le résultat est étourdissant ! Et encore, nous n'y étions pas à la meilleure saison pour en jouir.

Ce que je me demande, c'est si j'ai bien raison d'en faire ainsi la publicité. Dans l'Ombrie voisine, j'ai rencontré quelques individus fort actifs dans la transformation d'anciens bâtiments en gîtes ruraux.
Mais bon, ce n'est pas avec le nombre actuel de lecteurs de ce blog que je vais faire déferler des cohortes de touristes sur cette splendide région !


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13 janvier 2008

A chi l'Italia ?

A noi !   Déclarait une sorte de plaque en bronze (?), suspendue, sous un portrait du Duce au mieux de sa morgue, sur un mur, à ma gauche, dans le fond du restaurant où nous fêtions le réveillon de la Saint-Sylvestre (menu à onze services, voyez ci-dessous).

menu

Non, je n'ai pas de photo de la danseuse du ventre ! Une Libanaise, négociante en tissus, m'a d'ailleurs conseillé très récemment d'employer à ce sujet l'expression "danseuse orientale" qui est plus distinguée.  Sur quoi je lui ai fait remarquer que ma médecine (mon médecin est une femme) risquait d'être un rien surprise lorsque je lui déclarerais souffrir de mon "orientale". Elle a daigné sourire.

Je n'ai pas non plus de photo du musée-reliquaire-sanctuaire dédié à Benito Mussolini que constituait l'extrémité de la seconde salle du restaurant où nous étions installés.

L'Italie était donc à nous, puisque notre fils et sa compagne avaient réussi à nous convaincre, mon épouse et moi-même de les accompagner, à leurs frais, en Italie. Plus précisément dans un endroit situé aux confins de l'Ombrie et de la Toscane, dans le voisinage immédiat de Castiglione del Lago.

Ombrie

Vue des protagonistes de l'aventure sous le dôme de l'église de Castiglione, empruntée à mon fils (la photo, pas l'église). Faudra que je songe à en faire une de moi seul, la tête centrée sur le dôme me servant alors de méga auréole (mais pour cela, il faudrait que j'y retourne...).

Je suis un type étrange, vous l'aviez deviné, j'imagine. Ainsi, je n'éprouve, ni n'ai jamais éprouvé, le besoin de partir en vacances. Mais une fois que je m'y trouve, entraîné par mon épouse, je m'y plais énormément, pour peu qu'on me laisse vivre ma conception de la chose : visiter l'environnement plus ou moins immédiat à l'aise et goûter à la cuisine locale. En Ombrie et en Toscane, j'ai été servi (et même resservi dans quelques restos).

Etrange et merveilleuse région que cet endroit ! Des cathédrales (qu'ils appellent "dômes" même si elles en sont dépourvues) jusqu'à la moindre chapelle, tout regorge de fresques gothiques ou renaissantes. Il y en a tellement que les Boy-scouts locaux n'hésitent pas à les cacher sous des crêches en papier d'emballage. C'est vous dire !

Cr_che

Dans cette région, tous les patelins dignes d'intérêt se situent sur des collines. Et plus c'est abrupt, plus cela semble les réjouir ! Il y a quelques descentes où j'ai regretté mes béquilles. Mais à part ce léger défaut, quel charme ces petites villes ! Et, pour la plupart d'entre elles, quel calme ! Un vrai bonheur !
Allez, un petit exemple du calme et de la pente (et encore, ici, il y a des escaliers)

Assise_escalier

Arrivés à ce point, je vous prierai de ne pas trop faire état de mes évaluations dithyrambiques auprès de mon épouse à qui je prétends depuis plus de quarante ans qu'on voit bien mieux tout cela à la télé et que rien ne vaut Molenbeek Saint-Jean, une commune voisine que nous ne visitons même pas, alors, pourquoi courir au bout du monde, je vous le demande ?

Nous avons donc visité Orvieto, Castiglione, Assise, Montepulciano, Montalcino, Cortone, Panicale, Pienza et tout autant de restaurants, si pas plus. Mais je vous raconterai peut-être cela dans une petite suite (je n'en ai pas encore choisi le ton). En attendant, pour vous remercier de votre patience , je vais quand-même vous coller une vignette de Noura Adel !

Orientale

Quoi ? Vous ne distinguez pas très bien ? Et alors, pourquoi verriez-vous mieux que je n'ai vu ? Je lui tournais le dos et c'est ma bru (finement pétillante) qui a du prendre la photo !


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12 janvier 2008

C'était au temps où Bruxelles...

Grâce aux moyens d'informations modernes, vous n'êtes pas sans savoir que La Poste se modernise, se repense, se réorganise en permanence pour mieux affronter un défi dont la nature m'échappe par moments. Mais bon, je ne suis sans doute plus "dans le mouvement" non plus.

Ma petite-fille s'est embarquée hier soir pour une semaine de classes de neige. Comme elle nous avait demandé de ne pas oublier de lui écrire, cela faisait déjà trois jours que nous lui expédiions cartes et lettres tandis qu'elle était toujours chez elle. Cela dans l'espoir de les lui voir parvenir durant son séjour en Suisse, plutôt qu'après son retour.

Cela me rappelle qu'un jour, chez un bouquiniste à Aldeburgh (East Anglia), j'avais dégoté pour quelques pence un livre, en Français, sur Bruxelles ! C'était l'époque où je prenais mes vacances en Grande-Bretagne (ou au Royaume-uni, c'est comme il vous plaira) parce que ça ne coûtait rien, c'est vous dire si ça fait un bail !
Dans ce bouquin, que par malheur je ne parviens pas à localiser parmi les quelques milliers que je stocke en rangées de piles verticales en divers endroits de mon logement, sinon, je vous aurais collé une photo, dans ce bouquin, donc, figurait la reproduction d'une carte postale sur laquelle un habitant du quartier de la gare du Midi écrivait, un dimanche matin, à un cousin d'Uccle qu'il passerait le voir... dans l'après-midi !  Et l'auteur d'expliquer qu'à l'époque, les postes accrochaient à l'avant des tramways bruxellois des boîtes destinées à récolter le courrier et que si vous y déposiez votre lettre le matin, elle était distribuée en ville l'après-midi. Bien sûr, la Suisse, ce n'est pas Uccle (c'est encore plus cher), mais ça donne malgré tout à penser.

Cela me rappelle aussi que lorsque, comme tous les enfants l'ont un jour fait, je collectionnais les timbres-poste (en amateur, car leur état m'importait peu), j'avais déniché un timbre orange du temps de Léopold II, doté d'un talon détachable spécifiant "Ne pas délivrer le dimanche". Il suffisait de détacher cette partie si vous ne vous inquiétiez pas de déranger le destinataire dans son repos dominical.

Remarquez que vous pouvez encore réaliser ce genre d'exploit en payant fort cher une société de courrier express. La Poste, elle, vous pouvez toujours courir, elle est bien plus préoccupée d'essayer de faire de l'argent que de distribuer le courrier.


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