08 mars 2008

En mauvaise posture

La dernière consigne de Paroles Plurielles (65) faisait appel à un photographie de NarB que voici :

NarB

Je ne vais pas vous imposer ici le petit texte que j'ai pondu à cette occasion. Il initiait une série d'histoires généralement sanglantes. Mais là n'est pas mon propos.

En écrivant cette historiette où je parle de "statuette", je me suis rappelé que lorsque j'étais tout jeune, jamais, au grand jamais, ce vocable ne me serait venu à l'esprit.  Car, en Wallonie, on appelait ce genre d'objet une "posture".

Je ne pense d'ailleurs pas que, dans les milieux populaires de ma région d'origine, cette manière de dire soit tombée en désuétude. Le TLFi atteste en effet de cette particularité locale.

Je me demande aujourd'hui si j'ai bien fait d'éliminer de mon vocabulaire, par souci d'user d'une langue "correcte", ce particularisme régional. Je lui trouve subitement un côté très porteur de sens car, au fond, plus que l'objet de la représentation, ce qui fait précisément la valeur ou l'originalité d'une statuette, c'est l'attitude, la "posture" plus ou moins grâcieuse, ou suggestive, utilisée.

Oui, j'ai passé mon enfance entouré de "postures" dont certaines m'ont d'ailleurs marqué, tel ce chat noir hiératique ou ce buste de femme jeune et fraîche, style "Madame Récamier".
Aujourd'hui, je ne possède plus que quelques statuettes et pourquoi ai-je l'impression qu'elles me parlent moins, bien qu'elles soient sans doute de meilleure qualité ?

... Le premier qui me parle d'âge aura affaire à moi !


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04 mars 2008

Papistache

Voilà ! Jusqu'à preuve du contraire, Papistache arrête son blog...

J'ai supprimé le reste de mon texte qui a heurté un tas de personnes, émues au point de bégayer (mais je soupçonne là une des facéties coutumières de Canalblog). J'aurais sans doute dû me contenter des commentaires que j'avais moi-même faits sur le blog du dit Papistache.

J'aurais pu simplement supprimer ce post, mais je ne voudrais pas sembler envoyer ainsi au néant les commentaires que m'a valus mon intervention.

Je vexe beaucoup de monde dans la blogosphère, je devrais m'en excuser par avance en tête de chacun de mes posts ou de mes commentaires, mais je crains d'alourdir un style déjà fort ampoulé.

Je présente donc mes plus plates excuses à toutes celles qui se sont, à juste titre je dois l'admettre, senties agressées.

Quand je reçois ce que je mérite, je ne discute pas. Il y a malgré tout un truc qui me chatouille : lorsque Val me traite de "parfait inconnu", je suppose qu'elle parle à titre strictement personnel, ça me peinerait moi aussi qu'elle entende "pour le groupe des lecteurs de Papistache", dont le blog, si je ne m'abuse était public.


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03 mars 2008

Cauchemar

Je l'ai déjà expliqué ailleurs, lorsque je dépose un nouveau message sur Skynet, je visite les blogs qui encadrent le mien dans la liste des derniers messages publiés. Régulièrement, un de ces blogs est l'oeuvre d'une personne en quête forcenée de minceur. Dans le dernier de cet acabit, une photo représentant l'idéal de la rédactrice m'a scié. Comble, elle provient d'un site de modèles néerlandais (supermodels.nl). La voici :

CommentJe me demande bien ce qu'aurait pu faire Rubens avec un tel modèle !

Je contemplais la chose (je parle bien évidemment de la photo), ce teint blafard, ces lèvres peintes, lorsqu'un souvenir très désagréable m'est revenu.

Il y a bien des années, mon épouse et moi-même avons perdu une amie très proche. Elle avait juste cinquante ans quand elle a succombé à un cancer du sein.

Une quinzaine de jours après ses funérailles, je rêvai que j'assistais à une réception.

Je me trouvais, le verre à la main, dans une grande salle au plafond assez bas soutenu par des pilastres carrés. Il y avait assez bien de monde et l'atmosphère était plutôt oppressante. Je m'étais isolé, à l'abri d'un pilier, lorsque notre amie apparut à mes côtés. Elle que je n'avais jamais vue maquillée, ou alors très légèrement, l'était outrageusement. Elle me fit face et ouvrit une bouche qui allait s'élargissant pour n'être bientôt plus qu'un gouffre noir bordé de lèvres rouge sang. Elle ne prononça qu'un mot, murmure grave et glacé : "Viens !"

Réveil en sursaut, sueurs froides et, même aujourd'hui, j'en frissonne encore.


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01 mars 2008

Nany

Chourik0001Sur injonction de la compagne de mon fils, j'ai lu, toutes affaires cessantes, l'ouvrage ci-contre. J'en extrais un tout petit passage, à l'usage de tout qui voudra le trouver intéressant et, plus particulièrement, de quelques voisins de la blogosphère que ce genre de question semble tarauder.

"Élisavéta Ivanovna, elle, ne savait absolument pas être malheureuse, peut-être parce que son énergie pragmatique ne lui laissait pas le temps de réfléchir à des choses aussi abstraites et peu pratiques que le bonheur..."

En lisant cet ouvrage, une chose m'est apparue clairement : que ce soit dans celui-ci, dans Gogol, Tolstoï, Pouchkine, Vainer ou Fedorovski, l'âme russe m'est impénétrable et pourtant...

J'ai eu un oncle russe !

Je sais, pour vous, cette révélation doit être à peu près équivalente à "J'ai eu un ongle incarné" et vous amènera peut-être à réfléchir à Jésus qui, lui aussi, l'était, incarné. Rien n'est jamais perdu...

Mais foin des digressions oiseuses : j'ai eu un oncle russe ! Ce n'est quand-même pas donné à tout le monde, surtout parmi les gens de ma génération où les communications avec la Russie n'étaient pas des plus aisées.

Cet oncle m'est venu par alliance . Il avait épousé la soeur de ma mère, veuve de guerre et mère de cinq enfants. Quand je vous disais que l'âme russe m'est impénétrable ! Vous auriez osé, vous ? Lui, il l'a fait.

Son vrai prénom était Constantin, mais on le nommait Constant et, pour la grosse majorité de notre famille, Nany (l'orthographe n'est pas garantie, je n'ai jamais vu ce surnom écrit). On le devinait slave : pommettes saillantes, joues rouges, regard volontaire. Il n'a pas dû rigoler tous les jours, particulièrement au début où ça ne se passait pas tout seul avec les plus âgées des filles. Mais il était toujours calme et avenant.

Cet homme que, personnellement, je n'ai jamais vu s'emporter, vouait une adoration sans borne à ma tante. Quand il parlait d'un des enfants de cette dernière, il disait invariablement "notre ...". Et il avait quelques comportements qui m'enchantaient.

Il mélangeait les graines de ses légumes avant de les semer à la volée, prétextant que cela rendait plus difficile la prolifération de certains parasites. Ça n'allait quand-même pas jusqu'à faciliter les choses au moment de la récolte.

Enfant de Russes "blancs", émigré au temps de la révolution, il vouait une certaine inimitié aux communistes (la haine féroce n'était pas dans les possibilités de son caractère aimable), mais ne pouvait s'empêcher de me faire admirer les prouesses techniques de son peuple d'origine.

Quand nous débarquions chez lui, souvent à l'improviste, il se lamentait de n'avoir rien à nous offrir à manger, tout en extrayant de la cave, pains, beurre, confitures, charcuteries, tartes et gâteaux divers.

Ma tante ne jouant pas aux cartes, il profitait de la présence de mes parents pour faire d'inénarrables parties de Piquet "voleur" dont il était invariablement le perdant. Le jeu de Piquet est dit "voleur" lorsqu'on le joue à trois parce que bien que donnant lieu à des scores individuels, il est régulier que deux joueurs s'y allient pour amener la perte du troisième.

Lorsque dans les fêtes de famille, il dansait avec ma mère, il se vantait de ses capacités dans ce domaine, oubliant que, contrairement à sa soeur aînée, il n'avait pas connu les salons de Saint-Pétersbourg. Ça s'est calmé le jour où, au cours d'un tango renversé, il l'a basculée au sol d'un jeté de hanche digne d'un judoka.

Il repose, en contraste ultime aux plaines immenses de son pays natal bien aimé, dans un petit cimetière pentu accroché sur les hauteurs d'une berge mosane. Il passait devant chaque jour, lorsqu'il travaillait dur pour élever "ses" enfants, chevalier improbable, monté sur une antique mobylette pétaradante, enveloppé d'un nuage de fumée bleue.

Merci, Agata, de m'en avoir fait souvenir.


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29 février 2008

Histoire piquante

Anaïs, sur son blog, nous a écrit une sorte de litanie sur le mode "Quand j'étais môme". Elle m'a bien amusé et à force de comparer l'environnement de sa jeunesse avec celui de la mienne (quand Anaïs est née, j'étais déjà vieux), je me suis souvenu d'un petit événement qui concerne mon frère puîné.

seringueÀ l'époque, quand j'étais môme donc, une infirmière était venue chez nous pour faire une injection à mon frère de quatre ou cinq ans.

Les seringues de ma jeunesse n'étaient pas du tout comme celles d'aujourd'hui qui nous arrivent sous blister, pré-stérilisées. Elles étaient en verre et métal, complètement démontables, réutilisables et il fallait les désinfecter avant chaque usage (bonjour les hépatites).

À cet effet, les infirmières les trinqueballaient dans de jolies boîtes en laiton chromé et, avant d'en utiliser une, elles remplissaient sa boîte d'alcool pour y faire mariner la seringue. Ces seuls préparatifs faisaient déjà blêmir mon frère.

Au moment crucial, l'infirmière remplissait la seringue et couchait mon frère, les fesses à l'air, sur la table. Elle avait une technique d'injection qui devait beaucoup à l'art des banderilleros : elle coinçait l'aiguille entre l'index et le majeur et balançait une bonne claque sur le popotin de mon frère. Selon elle, la claque dissimulait la douleur de la pénétration de l'aiguille. Elle adaptait alors la seringue sur l'aiguille pour procéder à l'injection proprement dite.

Sauf qu'entre la claque planteuse d'aiguille et l'injection, mon frère était prestement descendu de la table, l'aiguille dans la fesse, et s'était réfugié du côté opposé à l'injecteuse, poussant des cris de goret qu'on mène au sacrifice.

Avait alors commencé un match poursuite où je tenais le chrono d'une main impartiale. Seule l'intervention en traître de ma mère a permis à mon frère de ne pas terminer ses jours une aiguille dans le cul.


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27 février 2008

Ah, les anniversaires !

Aujourd'hui, nous fêtons, avec mon épouse ("who else ?" comme dirait Georges), notre quarante-troisième anniversaire de mariage.

Pas la peine de vous exclamer ni de nous féliciter, c'est venu comme ça, dans la foulée, pour ainsi dire. En effet, nous nous connaissons et nous fréquentons depuis bientôt soixante-six ans. Vous n'en croyez pas vos oreilles ?

... Mais vos yeux ?      2ans


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22 février 2008

Thinking Day

Le 22 février est la date de naissance de Robert Baden-Powell.
En reconnaissance pour l'oeuvre accomplie par ce gaillard, le mouvement scout a décidé de fêter ce jour anniversaire et l'a baptisé "Thinking Day".
Même si je ne fus scout que dans une autre vie, la vieille rengaine "Scout un jour, scout toujours" s'applique aussi à moi et je sacrifie volontiers à la tradition d'avoir en ce jour une pensée émue pour "le fondateur".
Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous raconter mes histoires d'ancien combattant (enfin, pas tout de suite) ! D'ailleurs, malgré mon âge avancé et la merveilleuse odeur de sapin que je commence à traîner derrière moi, je n'étais pas à Mafeking avec B-P.

BPJij_

Je vais plutôt vous parler de ma première rencontre avec ce personnage et, par voie de conséquence, de mon enfance.

Quand on les compare à celles dont diposent les enfants d'aujourd'hui, les distractions de mon enfance étaient bien limitées. Et encore, moi, j'avais du bol ! Comme j'étais plutôt rachitique et sévèrement scoliosé, après avoir avalé mon foie de veau arrosé de sang de boeuf, tous deux crus, j'avais droit aux séances de rayons UV (à l'époque on ne donnait pas encore de vitamine D, on la fabriquait "in situ"), aux séances d'amélioration de capacité thoracique, de gymnastique corrective, de douche glacée au jet. Bref, de quoi occuper quelques unes de mes soirées et journées.
Pour le reste, les jeux sur les terrils environnants, très prisés par les garnements du coin, m'étant interdits sous prétexte de fréquentations douteuses, j'en étais réduit à me plonger dans... le Petit Larousse et quelques rares livres, prix des bons résultats de mes débuts scolaires.

Jusqu'au jour où, pour une raison qui ne me devait rien, mes parents décidèrent de m'acheter, chaque semaine, le "Journal de Spirou". Coïncidence, dans le premier numéro qui me fut mis sous les yeux, démarrait, en dernière page, une nouvelle série dessinée par Jijé. Elle racontait la vie de Baden-Powell. Je crois que je n'ai plus jamais, au cours de mon existence, attendu quoi que ce soit avec autant d'impatience que les épisodes de cette bande dessinée.

Faut dire qu'il savait y faire Joseph Gillain ! Et que pour ne rien gâcher, la vie du héro qu'il avait choisi se révélait au fil des pages de plus en plus passionnante. Quelles aventures pour passer du galopin en culottes courtes, se réfugiant dans la ramure des arbres du collège, à l'inspecteur général de la cavalerie de sa Grâcieuse Majesté ! Que d'images ont frappé mon imagination d'enfant ! Le petit air crâne du lancier coiffé d'une petite toque à la Spirou posée de guingois, l'espionnage des défenses turques, les chasses au sanglier à la lance, le jeune Winston Churchill dans son hamac,  les matches de polo, les boucliers en peau de zèbre et les corps sculpturaux des guerriers zoulous ! Que le monde était merveilleux et les aventures exaltantes dans LA BD de mon enfance !

C'est donc par l'entremise de ce dessinateur de génie que j'ai fait connaissance avec le fondateur du scoutisme, un personnage "so british" ! Le scoutisme, lui, viendrait bien plus tard mais ça, c'est une autre histoire.


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18 février 2008

Echo des Pivoines

Titre en clin d'oeil à un périodique culte de BD, mais "que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître"  (je suis dans une journée chantante aujourd'hui) :

savanesBien évidemment, aucun autre lien que la sonorité entre les deux titres concernés.

Pivoine donc, nous parle d'amour, comme si, à travers le temps, lui était parvenue la prière de Lucienne Boyer (et là, on est parti pour les moins de cinquante ans !).

Enfin, elle nous parle, ou elle s'interroge, ou elle nous interroge... et quelle question ! Question à laquelle je n'ai, il va de soi, aucune réponse moi non plus. Mais malgré tout quelques petites réflexions à la limite de l'ironie, on ne se refait pas !

D'abord, la pauvreté de la langue française qui joint dans un vocable unique tout un éventail de phénomènes allant du remue-ménage hormonal à l'extase mystique. Je vous fais grâce des étapes intermédiaires puisque, de toute manière, je ne saurais être exhaustif en leur énumération.

Ensuite, je me contenterai de la question du "passage à l'acte", comme disent les notaires sur la RTBF. Pierre Vassiliu a écrit une chanson dont j'extrais une strophe du refrain :

Amour amitié
Je ne sais pas si par dépit ou par pitié
Je franchirai cet océan
Qui va de l'ami à l'amant

Et sur l'océan, vogue... la galère !
Ma directrice, une jeune dame charmante du temps où j'avais le bonheur de travailler avec des femmes, m'a dit à plusieurs reprises "Le meilleur moment dans un rendez-vous, c'est quand on monte l'escalier !" Entendant par là, j'imagine, que la transition du sentiment au physique, ou du rêve à la réalité, ou du fantasme à l'action ne se fait pas sans déception. La chute de l'ange, en quelque sorte.

Il y a bien des années, "Femmes d'Aujourd'hui" avait lié, par je ne sais quelle subtile manipulation, les hexagrammes du Li Jing (ou King) à votre période de naissance, un peu comme le zodiaque ou les signes astrologiques de l'année lunaire. Dans ce système, j'avais hérité de l'hexagramme 64 : "Avant l'accomplissement".
Quel bonheur, même si je ne crois absolument pas à l'astrologie ou à la divination, de pouvoir penser un moment que je vivrais en permanence en suspension dans le désir inaccompli, "dans l'escalier" comme disait mon chef bien-aimé, bercé d'espérance et à l'abri de la dure réalité des faits.

Car, ainsi que le disait fort justement je ne sais plus qui,  "Ce n'est pas la destination qui importe, mais le voyage lui-même".


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14 février 2008

Tague, taguons, taguez !

Une blogueuse blagueuse a "tagué" mon autre blog.

Pivoine7Faisant partie de la même mouvance blogosphérique que l'auteure (pour parler Français new look), j'avais eu l'occasion de constater l'émergence de ce petit jeu auquel elle me propose de participer.
Pour les détails du jeu, au cas fort improbable où vous n'en auriez pas entendu parler (puisque vous me lisez et ressortez donc à la même mouvance), je vous renvoie à son blog personnel.

Ce qui m'inquiète dans la chose, c'est l'expression utilisée : "Taguer un blog".
Si l'on excepte quelques raretés, que je n'irai pas taxer de révélatrices, telles que "Trouble Anxieux Généralisé" ou "Transports de l'Agglomération Grenobloise" (coucou Kloelle !),  je ne connais, quant à moi, que deux significations au terme "tag" :

  • Graffiti figurant une signature ou un signe de reconnaissance

  • Etiquette ou balise informatique

La première définition me semble à exclure. Elle ressortirait plutôt à l'oeuvre d'un hacker : craquage du mot de passe (deux doigts dans le nez, un sur le clavier) et dépôt d'une signature genre modification de la bannière-titre du blog (voir Papistache).
Mais je doute que ce genre de personnage utilise ses talents à défigurer un blog de notoriété particulièrement confidentielle.
Il n'empêche que l'idée de voir cette chère Pivoine venir nuitamment barbouiller vite fait de sa signature acrylique une surface vierge de mon blog m'amuse énormément !  Je lui conseille le port du foulard, à l'instar des outlaws des bons vieux westerns, question d'améliorer son anonymat et de préserver ses poumons des brouillards de peinture.
Il n'empêche aussi que ce genre de tag ne me plaît pas trop, même si certaines de ces réalisations me semblent, sur le plan artistique, bien plus convaincantes qu'un grand nombre d'oeuvres de "L'Art contemporain".

Il me faut donc chercher du côté de l'autre définition et poser à tous ces tagueurs et tagueuses d'un nouveau genre une petite question : "N'auriez-vous pas un mot français pour la chose ?"
Quoi ? Je vous déçois beaucoup ? Vous vous attendiez à autre-chose de ma part ?

Mais revenons au jeu ! Je considère que le règlement a été exposé via le lien vers le blog tagueur et, quant à moi, ne taguerai personne.
Pour le reste, je ne vais pas me fatiguer à extraire six malheureux items de l'incommensurable liste des choses insignifiantes dans mon existence.
Car dans une existence, à défaut de posséder la clé de lecture ultime, tout est insignifiant.
Demandez à
AlainX, il vous expliquera tout cela bien mieux que moi.


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10 février 2008

La fille du roi était à sa fenêtre

3tamboursDans les chansons de mon enfance, les princesses s'exposaient aux fenêtres et les tambours défilaient trois par trois.  Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils sentaient bon le sable chaud... de vrais petits légionnaires!

Aux temps bénis de mon enfance, il était de bon ton pour les héros de tout poil d'aller casser du Maure aux Barbaresques.  Les héros des chansons de mon enfance souscrivaient donc à cette tradition et ramenaient à leurs basques des effluves de désert.

Dans les chansons de mon enfance, les tambours parlaient aux princesses sans que quiconque s'en formalisât. En échange de la rose, qu'à l'instar de Jack Lemmon ils serraient entre les dents, ils leur réclamaient leur coeur.  Ce que les princesses, moins dévergondées sans doute que celles d'aujourd'hui (du moins dans les chansons), refusaient avec vigueur.

Dans les chansons de mon enfance, les tambours, entre autres arguments parlant en leur faveur, étaient pourvus de vaisseaux chargés d'or et de pierreries, lesquels vaisseaux les attendaient bien sagement, ancrés au creux d'anses enchanteresses.

Les princesses, mises au fait de ces circonstances pour le moins atténuantes, convainquaient alors leurs pères, généralement monarques absolus, d'accorder leur main, leur coeur... et tout le reste, aux tambours.

Pour donner une leçon de morale à l'enfant que j'étais, les tambours se souvenaient alors, fort à propos, que leur pays regorgeait de filles bien plus jolies encore que les princesses et envoyaient, aussi sec, ces dernières sur les roses.

A cause des épines, les princesses pleuraient et les chansons s'arrêtaient là.

Dans les contes de mon enfance, d’autres princesses étaient en bute aux pires vicissitudes. Haïes par leurs belles-mères, réduites en quasi-esclavage, endormies par des quenouilles, empoisonnées par des pommes, torturées par des petits pois, engoncées dans des peaux de bêtes, j'en passe et de meilleures, elles n'avaient vraiment pas la vie facile.

Dans les contes de mon enfance, invariablement, des princes, parangons de courage et de vertu, s'élançaient à leur secours et déjouant mille embûches et autres pièges insidieux, terrassant d'innombrables adversaires, venant à bout d’un lot d’épreuves dignes du Seigneur des Anneaux, emportaient le Jackpot, la couenne un peu roussie à l'haleine des dragons, épousaient les princesses et vivaient heureux puisque entourés de beaucoup d'enfants. Enseignant ainsi à tout un chacun, que le bonheur est dans la famille nombreuse.

L'agriculture et l'industrie de mon enfance, contrairement à celles d'aujourd'hui, réclamaient beaucoup de bras. Les postes, elles, singulièrement, réclamaient plutôt des jambes mais, nonobstant cette insigne particularité, fonctionnaient parfaitement, au même titre d'ailleurs que les chemins de fer.

Les contes et les chansons de mon enfance me laissaient sur ma faim : 

Que faisaient donc les tambours de leurs vaisseaux ? 

Avec qui et comment se consolaient les princesses ? 

Quelles luttes fratricides engendrait la concurrence entre tous ces enfants de princes lorsqu'il s'agissait de succéder à leurs pères entre temps devenus rois, vieux, et finalement poussière?  Car par un hasard étrange, les rois des contes de mon enfance n’avaient généralement qu’un fils et les princes une pléthore.

J'imaginais bien que la vie, la vraie, commençait précisément quand se terminaient le conte ou la chanson.

Il fallait éviter aux enfants des générations à venir cette profonde insatisfaction. Il fallait que quelqu'un leur narre la triste mais passionnante fin de ces histoires.

Je serais donc écrivain !


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