12 novembre 2009
Petit intermède
Lundi soir, heure de pointe, tandis que nous roulons en voiture, je dis à mon épouse : "Il faut que nous passions faire le plein en rentrant. Je vais faire le crochet par la station-service de Wemmel."
Sitôt dit, sitôt fait. Quand nous arrivons en vue de la station, je constate que la police a établi un barrage sur la droite de celle-ci. Dépassant les premiers cônes du barrage j'oblique sur la gauche et pénètre dans la station.
Une fois le plein fait, comme la station se trouve sur une pointe de terrain séparant deux rues à sens unique, je ressors des installations par la gauche pour rentrer chez moi et tombe sur un flic qui me fait signe de virer à gauche pour aller m'insérer dans la file du contrôle. Il pousse même la gentillesse jusqu'à stopper les nouveaux arrivants pour faciliter mon insertion.
Ces braves agents avaient cru que j'étais allé me ravitailler en diesel pour échapper au contrôle. Sont suspicieux ces mecs !
Bref, on me fait ranger dans un emplacement (ce qui a permis à quelques autres automobilistes d'échapper à l'inquisition policière).
Train-train habituel (bien que rarissime en Belgide) : souffler dans l'éthylomètre calibré, papiers du véhicule, carte d'identité, permis de conduire.
L'agent qui m'avait demandé mes papiers les emporte vers une camionnette et revient après quelques minutes avec un PV d'avertissement : je dois faire changer la photo de mon permis parce qu'elle n'est pas assez ressemblante.
Avant d'aller échanger mon permis contre un neuf, j'en ai scanné la photo.
Je trouve qu'ils sont bien difficiles ces policiers, moi je me reconnais parfaitement, particulièrement au niveau des oreilles larges et bien décollées.
Qu'en pensez-vous ?

PS : Je suis bien aise que Val déménage, ça retardera d'autant ses commentaires flatteurs ;o))
11 novembre 2009
C'est l'plombier !
Oufti ! Comme on dit dans certaine région de mon pays. Ça fait une paie que je n'étais plus venu ici !
Faut vous dire que, si le déménagement a été mené rondement par des professionnels de la chose, le démarrage à notre nouvelle adresse fut rempli de surprises.
L'avant-veille du grand départ, nous nous sommes aperçus que les WC s'étaient subitement bouchés. Les deux en même temps, évidemment. Le lendemain, le plombier, mandé par la concierge, se présente dès potron-minet pour constater comme moi que c'est bouché, sans doute après la jonction des deux décharges (son hypothèse : des plaques de calcaires détachées lors de la remise en service de l'installation inutilisée pendant un an) et m'annoncer qu'il n'y peut mais, et que je devrais m'adresser à Louis le déboucheur dont il me file le numéro de téléphone.
Le dit Louis, dûment contacté, se présente dans l'heure et (après s'être assuré que je pouvais lui régler cash le forfait de 125 €) s'active avec tout son matériel. Il me quitte après une demi-heure en me montrant que tout s'évacue impeccablement (enfin, compte tenu de la hauteur des siphons à l'ancienne qui fait que leur amorçage ne se produit qu'au moment où vous palissez de crainte de voir la chose déborder).
Pour déboucher, ça il avait débouché le Louis : deux jours plus tard, alors que nous commençons à nous sentir chez nous, le gérant des immeubles vient sonner à notre porte pour nous annoncer que nos toilettes se déversent dans le couloir des caves, que le plombier passera en urgence le lendemain et nous demander de modérer l'usage des WC.
Homme de parole, le plombier se ramène le lendemain et après un petit tour dans la cave, nous annonce que l'endroit de la rupture est inaccessible par cette voie et qu'il va falloir faire sauter la baignoire pour pouvoir réparer.
Conclusion : durant les trois premières semaines d'occupation, nous avons été dix jours sans toilettes et dix sans baignoire.
Compensation : on apprend à tout âge :
- Alors que nous avons pourtant campé pendant des années, nous avons pour la première fois de notre existence utilisé un WC chimique emprunté à des amis.
- Devant les difficultés que j'avais eues à convaincre un maçon de se détourner une heure de son chantier pour venir couler un bout de chape où poser la nouvelle baignoire, j'ai décidé de procéder moi-même à son encastrement. Heureusement qu'il y a les blocs Ytong, c'est mon premier travail de maçonnerie ! On verra demain pour le carrelage...

26 octobre 2009
Tu déménages ?
Après avoir, vous n'aurez pas manqué de vous en apercevoir, déménagé au sens figuré toute mon existence, j'ai dû le faire au sens pratique.
Passer, après quarante ans d'occupation, d'un appartement à trois chambres, une cave de dimensions confortables, une buanderie gigantesque et deux garages à un autre à deux chambres, une cave minuscule traversée d'un pilier de béton et un emplacement pour voiture, ça n'a pas été de la tarte.
D'abord, nous nous sommes attaqués aux caves et aux garages. Il a fallu en éliminer une série d'emballages dont nous avions depuis longtemps liquidé le contenu : rien que cela a déjà bien occupé les éboueurs. Nous y avons aussi découvert des choses dont nous n'avions plus le moindre souvenir ni le moindre espoir d'utilisation, ce qui a surchargé les éboueurs. Ensuite il y a eu le bucht plus encombrant, de l'ancienne colonne de cuisine vermoulue aux ossatures de fauteuils divers et autre garde-robe désaffectée, là c'est notre fils qui a dû se coltiner trois camionnettes Transit vers la déchetterie.
Au bout de cette première étape, nous avions l'impression que rien n'avait progressé.
Après une rapide estimation de la nouvelle place disponible et du volume occupé par nos bouquins, nous avons opéré une sélection et avons donné mille cinq cents livres à Oxfam. Ils ont dû faire deux voyages avec leur camionnette 4L et nous avaient envoyé un gaillard plus âgé que moi et qui soufflait comme un phoque au moindre effort, ce qui nous a plongés dans l'angoisse de voir ce pauvre bénévole rendre son dernier souffle dans le hall d'entrée de notre habitation. Il a survécu. Maintenant que nous sommes à notre nouvelle adresse et toujours saturés de bouquins, nous hésitons à le rappeler.
Entre-temps, j'ai revendu mon exemplaire d'Encyclopedia Britannica 1968 pour vingt-quatre euros sur e-bay. Je n'y ai par contre pas trouvé d'acheteur pour mes deux Olympus argentiques.
Bon, j'en reste là pour aujourd'hui, je dois m'occuper des plombiers. Parce qu'à peine déménagés, nous avons déjà les plombiers chez nous, mais ça, c'est une autre histoire...

12 octobre 2009
Coup au coeur
Vendredi (oui, je sais : ce n'est plus à chaud, c'est du réchauffé, mais bon, mieux vaut tard que jamais, hein ?)
Vendredi donc, le facteur a été remplacé par un stagiaire et, comme chaque fois que cela se produit, c'est l'embrouille dans la distribution du courrier.
Remarquez que j'ai malgré tout de la chance : dans la rue de ma fille, c'est l'embrouille permanente, stagiaire ou pas.
Mais revenons à mon histoire. Dans mon quartier il y a deux clos : celui où j'habite s'appelle le clos Otten et, deux rues plus loin il y a le clos Tonnet.
Vendredi donc (j'y arrive) je trouve dans ma boite aux lettres une missive destinée à une dame habitant au même numéro que moi mais dans le clos voisin.
Je vous entends d'ici : "La poste belge fonctionne donc exactement comme la française, il n'y a pas là de quoi pondre un billet."
Erreur ! Car, devinez le nom de l'occupante du 14 clos Tonnet ?
Hein ?
Hein ?
Dabrowski !
Comme j'ai l'honneur de vous l'écrire !
J'en ai encore le coeur tout retourné.
Sans vouloir plagier qui que ce soit, je m'écrierais bien :
"Janeczka, réponds-moi !"

05 octobre 2009
Polaroïd
Au temps de l'enfance de notre fille, nous lui avions acheté un appareil Polaroïd. C'était le seul système qui à l'époque permettait de voir immédiatement le résultat d'une prise de vue et d'examiner à chaud les choses à améliorer.
Le système avait un énorme inconvénient : si le matériel de départ était relativement peu onéreux, les films, eux étaient très chers. Idem pour la reproduction des images.
Depuis l'irruption du digital, l'apprentissage de la prise de vue photo est devenu un jeu d'enfant et l'appareil Polaroïd une curiosité.
Je vous parle de ça, parce qu'en ouvrant, avant de m'en débarrasser, le cartable que j'avais abandonné depuis ma retraite, j'y ai retrouvé une des œuvres de ma fille, jaunie par le temps (la photo, pas ma fille) et manifestant un des autres inconvénients du Polaroïd : ses faibles capacités de conservation (bon, le machin a quand même une trentaine d'années aussi).
Vous remarquerez que, apprentissage ou pas, l'enfant avait le sens du cliché. Elle avait même saisi qu'en la circonstance, mon cerveau ne m'était d'aucune utilité et l'avait purement et simplement exclu de la photo sur l'air connu de "A bas la calotte !".
Pas de commentaires sur les circonstances de la scène reproduite, mais une seule question à Val : "Est-ce que ça te botte ?"
29 septembre 2009
Bleu
La précipitation nuit en tout, c'est bien connu.
Vous vous rappelez qu'il n'y a pas très longtemps, j'avais répondu à un tag d'Aude. Il s'agissait de photographier des objets bleus.
Dans ma hâte à répondre à ce défi, je m'étais contenté de photographier des objets se trouvant sur mon bureau.
Une chose m'avait alors échappé : je fus moi-même un (sale) bleu ! Et le croirez-vous ? J'avais une photo de cette époque !
Je me demande pourtant si l'avoir retrouvée est vraiment une si bonne idée, la mélasse et les plumes, ça fait toujours bêtement rire le peuple !
Bah, ne dit-on pas que le ridicule ne tue pas ? Mais il fait grossir, j'en suis la preuve (sur)vivante.
27 septembre 2009
Madonna
Comme tout un chacun, vous connaissez bien sûr LA Ciccone, ce produit de la civilisation italo-américaine, cette créature étonnante à bien des égards (comme son QI largement supérieur à la moyenne) et détonante à bien d'autres.
En suivant (distraitement) ses démêlés avec les très catholiques Polonais, un fait étrange m'est revenu en mémoire.
Je vous ai raconté que lors de notre séjour en Italie, notre seul voisin se trouvait être, de l'autre côté de la rue, un élevage de chevaux.
Les propriétaires n'y faisaient que de brèves apparitions, le temps de soigner leurs animaux. Il n'était pas difficile de se rendre compte qu'ils étaient là : la composante mâle du couple était dotée d'un organe vocal des plus efficaces et qu'il utilisait pour hurler sur les pur-sang rétifs.
L'expression favorite du gaillard était "Puttana di Madonna !"
Je ne sais trop s'il s'adressait à la pauvre Ciccone ou à la mère de Jésus. J'ai pourtant peine à imaginer que cette seconde hypothèse ait pu être la bonne dans un pays où les dames sont priées de se couvrir les épaules pour pouvoir pénétrer dans les églises !
Quoi ? Vous croyez que je blague ?
Vous n'avez pas tout à fait tort !
18 septembre 2009
Une comme ça MAP ?
Celle-ci, c'était en 1964 (c'est l'année de mon service militaire). Elle me rappelle un souvenir glorieux.
J'étais un pongiste "autodidacte" et si je me défendais pas mal au milieu de mes semblables, devant les vrais "amateurs", c'était autre chose.
A l'issue de mon service militaire, un ami qui me voulait du bien, me dit que son équipe de tennis de table cherchait un joueur supplémentaire. Je me laisse tenter et me retrouve en championnat de Brabant. J'ai oublié le nom du club qui m'avait engagé, mais je me souviens que ses locaux se trouvaient "Place du Chat Botté" dans un des patelins de la périphérie bruxelloise.
La première rencontre à laquelle j'ai participé nous opposait à un club de métallurgistes de Clabecq : "La palette d'acier" (des cogneurs).
Nous devions jouer contre chacun des membres de l'équipe adverse. Pour mon premier match, je tombe sur un gamin d'une douzaine d'années. Le seul point que j'aie marqué, je l'ai fait en tirant au-delà de la table en plein dans la palette de mon adversaire. La honte !
Mais c'est dingue ce qu'on apprend vite dans l'adversité. Après quelques rencontres et à force d'entraînement, j'ai progressé de manière fulgurante, puis, devenu père de famille, j'ai abandonné ce sport merveilleux.
Pourtant, j'en rêve encore...
17 septembre 2009
C'est la fin...
Fini, Val, toutes les photos sont enfermées dans leurs cartons en vue du déménagement, la source s'est tarie ! Il faudra attendre le déballage maintenant... si déballage il y a jamais.
Evidemment, comme à toute règle générale, il y a des exceptions : je viens d'en retrouver une... sous le clavier de mon ordinateur. C'est te dire l'ordre qui règne ici, dans le feu des préparatifs. Faut dire que si l'ordre devait régner ici un jour, ce serait vraiment l'ordre nouveau ! Quoi, c'est pas drôle ? Tant pis !
En plus, elle n'est pas terrible cette photo, c'est une Polaroïd et qui a souffert du stockage. Je dirais qu'elle date des années septante, lorsque je sévissais au labo d'électrochimie.
Je déconseille de la montrer aux enfants : un chimiste sans blouse ni lunettes de sécurité, une bouteille de billes de plomb pour le tarage des balances, une tasse avoisinant des récipients contenant des solutions de produits chimiques, ils ne comprendraient pas, les pauvres, eux qui sont nés à l'époque du politiquement correct et du principe de précaution (et Peter réunis).
16 septembre 2009
Infidèle
Notre fille, dans sa toute tendre enfance, nous avait émus (presque) aux larmes en déclarant "Quand je mourrai, je veux être enterrée avec ****". J'ai oublié le nom qu'elle donnait alors à son doudou favori.
Comme nous déménageons - comment ça "On va le savoir !" ? - et que nous avons conservé la peluche, hier, nous avons proposé de la lui restituer.
Air consterné de l'intéressée !
Bien des adultes ne méritent guère les enfants qu'ils ont été.
Post Scriptum
Si le contenu de mon billet s'était révélé conforme aux perspectives alléchantes générées dans votre esprit par son titre, je l'aurais, il va sans dire (et bien mieux encore en le disant), classé dans la catégorie "Alors, Val ?" ou, à défaut, dans "Je me souviens".







