20 mars 2017

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Fils de ta race !

 

Le chien qui, comme je l'ai déjà souligné, est une chienne, est supposé être un Jack Russel Terrier (vous savez cette race dont le premier exemplaire obtenu par le pasteur John Russel en 1819 s'appelait... "Trump").

Et, effectivement, il y a dans son comportement des choses qui collent avec sa définition, par exemple, sa tendance à creuser rageusement de ses pattes les  taupinières ou à élargir les terriers de mulots en arrachant des mottes d'herbe avec les dents.

Là où j'ai un doute, c'est quand je le laisse libre d'aller où il veut. Il a une forte propension à se ruer dans les grandes surfaces herbeuses pour y galoper plein pot. N'aurait-il pas un peu du chien de prairie (cynomys) ? Remarquez qu'à voir les bonds qu'il y exécute, on serait habilité à se demander s'il n'aurait pas aussi un petit côté chèvre, mais passons !

Si je contrarie cette tendance naturelle et l'oblige à s'éloigner de ces grands espaces en l'entraînant sur les chemins du parc, il manifeste alors une autre particularité : celle d'emprunter les embranchements secondaires.

Et plus c'est étroit, pentu, embroussaillé et boueux, plus ça semble l'inspirer. Comme de surcroît il ne rate jamais une occasion de se vautrer dans des trucs infâmes et puants, je me demande s'il ne tient pas également du cochon, d'autant que lorsqu'il était jeune, le bord des paupières de son œil gauche étaient dépourvus de pigmentation et étaient donc roses comme celles de cet animal, ce que je ne manquais pas de souligner au grand dam de mon épouse.

Bref, devant ces tendances diverses, je crains bien que, comme la majorité des chiens de ma ville, il ne soit bêtement qu'un "zinneke" !

chien


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05 février 2017

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Acer Canadiense

 

Ah, vous pensiez que je ne promenais plus le chien ? C'est mal connaître la bestiole !

Non, je ne vous en parlais plus à cause de Raymond qui m'enquiquine tous les jours, mais on va arranger ça :

Prenez une feuille !

Mais non, pas une feuille de papier, je ne vais pas faire une interro !

Une feuille d'arbre, simple. Non, pas l'arbre simple, la feuille, par opposition à composée. Un arbre ce n'est pas simple, c'est commun (et même vulgaire si on en croit le latin). Donc une feuille simple d'un arbre commun. Un érable par exemple (canadien ou autre, ça n'a guère d'importance).

Prenez donc cette feuille et laissez-la vieillir sur sa branche.

Entre-temps, considérez votre main : elle a une face et un dos (pourquoi appelle-t-on dos la partie de la main le plus ordinairement exposée à la vue ? Mystère !). Vous remarquerez que sa structure a quelque chose de commun avec celle de votre feuille d'érable : légèrement creuse sur sa face, le côté qui sert à recueillir des choses, pour la feuille, essentiellement la  lumière.

La face et le dos de votre feuille étant ainsi définis, transportons-nous au moment où elle se détache de son support et descend en virevoltant vers le sol.

Dans quel sens va-t-elle s'y coucher ?

Depuis les quelques années que je promène le chien en foulant au pied les feuilles mortes,  je peux vous faire part des résultats de mon étude statistique : elles se retrouvent le plus souvent face contre terre, je suis formel !

C'est très étonnant car leur forme en parachute et le poids de leur pétiole devraient les amener à toucher terre le pétiole en bas et à se coucher sur le dos, non ? Ah !

Après tout, il en est peut-être ainsi.

Je dois avouer, à ma grande honte, que je fais mes statistiques sur les feuilles accumulées au sol et pas au moment de leur atterrisage. Peut-être qu'elles se posent toutes sur le dos et  que c'est le vent qui les retourne ensuite parce qu'une fois retournées face contre terre, elles lui offrent moins de prise à ce même vent !

Vous me suivez ?

Moi, je suis le chien...


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18 juillet 2016

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Dans la pierre

Tandis que je me rends du parking à la ferme du domaine des Trois Fontaines, l'avenir défile sous mes pas.

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Aucun doute, nous progressons vers le chaos !

Chaos

Vous voyez mieux ?


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29 mai 2016

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Corrélation

Encore des statistiques, vous exclamerez-vous.

Et vous aurez bien raison : les corrélations sont du domaine des statistiques, donc de la constatation, de l'exploitation des données, contrairement aux probabilités qui relèvent, elles, de la prédiction (oui, comme Madame Soleil...), mon ex-cheffe bien aimée, ex chairwoman de l'association des statisticiens de Flandre*, vous aurait expliqué ça bien mieux que moi de sa voix mélodieuse.

Zut ! C'est son anniversaire aujourd'hui... pardonnez-moi, je poste un message et je reviens.

Me revoilou ! Pourquoi vous parlais-je de corrélation ? C'est à cause de mon calepin. Un calepin noir que j'ai toujours sur moi dès que je quitte la maison, question de noter une idée de billet qui me viendrait par impossible. Et qui ne me sert quand même à rien, puisque quand une idée me vient, c'est toujours quand je conduis la voiture ou que je tiens le chien en laisse (je n'ai pas, comme mon ami Jean, le chic pour maintenir du genou la  trajectoire de la voiture et ma grande gueule ne l'est pas encore assez pour y maintenir solidement le dérouleur de la laisse canine). Donc, pour tenter de ramener mon idée jusqu'au clavier de mon ordinateur, j'utilise un mot-clef que je me répète en boucle, aujourd'hui : corrélation.

Les deux parties de mon titre étant ainsi justifiées, j'en viens à cette idée récoltée en cours de promenade.

Sur son blog, Célestine nous annonce qu'elle monte à Paris.

Le lendemain, gros titres dans les journaux : "La foudre s'abat sur le parc Monceau !"

Même pas étonné ! À moi aussi, elle me fait cet effet-là, la céleste enfant !

Faut que je vous avoue : les grandes belles femmes (et les belles grandes femmes aussi) m'ont toujours impressionné, effrayé même, c'est qu'en les contemplant de loin, du coin de l'œil, je me demande toujours par quel bout je pourrais bien les aborder si d'aventure...

C'est le blocage garanti !

Paris

 

* Oui, je sais, je vous l'ai déjà dit par le passé, mais voilà, c'est une des nombreuses prérogatives de l'âge avancé : on peut radoter !


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20 mai 2016

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Silence

 

Cela faisait quelque temps déjà que les choses ne tournaient pas rond.

Ce n'était pas le temps, pareil à lui-même : variable, capricieux, aujourd'hui brûlant, demain glacial, féminin en un mot, comme il sied sous nos latitudes où ondule à la manière d'une danseuse orientale, le front polaire.

Ce n'était pas non plus le décor : immuable en gros mais infiniment changeant dans les détails, cycle naturel oblige.

Aujourd'hui, enfin, tout est rentré dans l'ordre : les avions ont repris leur ballet, le doux chant des réacteurs ponctue ma promenade toutes les deux minutes. Fini le silence angoissant qui régnait depuis le 22 mars. Tous est bien, je me sens enfin chez moi, à deux pas de Zaventem.

Le chien, lui, n'a rien remarqué, il file le nez au sol sur des pistes qui ne sont ni d'envol ni d'atterrissage.

P1080159 - Copie


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18 mai 2016

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Dilemme

 

Tandis que le chien se précipite à la recherche du bout de branche morte que je lui ai lancé, mon regard est accroché par un carré blanc dans l'herbe.

En y regardant de plus près, il s'agit d'un bout rectangulaire de papier fort plié en deux, on y distingue un peu de texte imprimé et en filigrane discret, le sigle des chemins de fer de mon pays.

Je me penche et le ramasse : il semble qu'on ait voulu le déchirer en deux mais les moitiés sont encore unies par quelques fibres du papier, un peu à l'image de mon pays qui ne tient plus ensemble que par la force de l'habitude, ou de l'inertie, c'est comme il vous plaira. Je l'ouvre délicatement : c'est un billet Vilvorde - Malines. La dernière fois que j'ai vu un billet de train, c'était encore un petit carton de couleur rose. Enfin, je mens... ça, c'était l'antépénultième fois. La dernière fois, nous avions des billets combinés train/entrée au Zoo d'Anvers et l'avant-dernière, des billets combinés train/bateau/entrée du zoo de Planckendael. Dans les deux cas achetés via internet et imprimés sur des feuilles A4.

Où est le dilemme dans tout cela ? Me demanderez-vous...

Eh bien là, précisément, entre mes doigts !

Ce bout de papier à côté duquel je serais passé, comme à côté de tous les déchets qui parsèment la prairie (pelouse serait un brin surcoté), maintenant que je l'ai ramassé, puis-je vraiment le laisser retomber, comme si de rien n'était, du geste négligent du pollueur, ou dois-je l'emporter, au moins jusqu'à la prochaine poubelle ?

Bon, j'ai pas dû trop réfléchir...

Mais que deviendra-t-il quand ma femme soulèvera le couvercle du scanner ?

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