Le cinéma du chien ayant fait son effet, je l'ai emmené courir aux trois fontaines.

À peine sommes-nous descendus de voiture qu'une grosse Allemande (une voiture hein, pas Frida Oum Papa la Bavaroise aux gros bras) s'arrête derrière nous.

Je m'éloigne donc en compagnie du clebs pour éviter les problèmes lorque le conducteur de l'autre voiture extraira lui aussi son chien de celle-ci.

Erreur ! Il ne sort de la voiture qu'un couple qui s'éloigne dans la direction opposée à celle que j'ai prise.

Après un détour pour un audit santé des pins du jardin japonais, nous retraversons la prairie, passons le pont enjambant le chemin creux et commençons à descendre l'allée des hêtres pourpres.

Le couple de tout à l'heure arrive, lui, au bout de cette allée et s'arrête.

Ils se font face. Lui, vêtu de clair, quasi immobile, les mains dans les poches la regarde. Elle, tenue foncée, chevelure frisottée se démène comme un beau diable. Elle gesticule, tape des mains, lève les bras au ciel, parle (et même hurle) de tout son corps. Il reste imperturbable pour ce que j'en vois.

Le chien et moi contournons à bonne distance cette scène muette et nous en éloignons.

Vous me connaissez, j'échafaude immédiatement quelques scénarii :

  • un mec et sa moitié
  • une femme et son amant
  • un patron et sa secrétaire (peut-être combiné au point précédent)
  • un réalisateur et son actrice
  • un promoteur et son architecte
  • une chanteuse et son impresario

En tout cas, ça avait l'air de barder.

Nous avons complété un large tour du domaine avant de revenir à la voiture. L'Allemande est toujours là, vide.

J'ai noté son immatriculation, on ne sait jamais avec ces séries belges sordides et sanglantes, tu vois que la gamine montée sur ressorts ait bondi sur le gars pour lui arracher la carotide à grands coups de ses jolies dents !