06 avril 2012

Mais si, les cours sont efficaces !

Comme ce sont les vacances, je vais vous parler école.

Ma fille qui, rassurez-vous, n’est pas enseignante mais fonctionnaire à la Commission Européenne a vu un jour débarquer une nouvelle collègue française.

En grande connaisseuse et praticienne de sa langue, cette dernière s’est mise à relever ces quelques défauts inhérents aux Belges et plus particulièrement aux Bruxellois dans leur pratique de cette langue. Et, singulièrement, leur propension à utiliser le verbe “savoir” dans des situations où “pouvoir” eût semblé plus approprié et celle d’employer des tournures de phrases directement héritées de la langue de Vondel.

Remarquez que les Belges n’ont pas vraiment besoin des Français pour être au courant de ces choses :

Mercier001



Cette dame était la mère d'une jeune gamine.

- Tu vas la mettre à l’école chez nous ? A demandé ma fille.
- Bien sûr !
- Apprête-toi à être surprise...
- Oh, mais je vais la surveiller !
- Si tu le dis...

Il y a peu, cette mère est arrivée au boulot toute retournée. Elle avait entendu sa fille, après quelques mois seulement de fréquentation d’une école bruxelloise, dire au téléphone à une amie :

Je ne sais pas venir, je peux pas de ma mère !

Dans mon titre, je parlais des cours de récré, bien sûr...


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28 mars 2012

Et si je faisais du sport ?

Plusieurs fois par jour, en promenant son chien, elle passe devant nos fenêtres.

Si elle aperçoit l'un de nous, elle fait un petit signe gracieux et amical de la main.

Mon épouse qui, grâce au sien, connaît toutes (et tous) les propriétaires de chiens de l'endroit, me dit : "C'est Fanny".

Je me demande si je ne vais pas me remettre à la pétanque.

D'autant qu'avec le temps j'ai dû pas mal perdre la main...fanny


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24 mars 2012

Les blancs d'abord

Raciste, moi ? Qu'allez-vous penser là ! Je ne me souviens même plus de l'année de ma dernière affiliation au KKK.

Non, ce matin, mon épouse et moi sommes allés au Jardin Botanique National de Meise. Nous n'y allons presque plus : les chiens y sont interdits.

Mais c'est à peu près maintenant que commence la saison de floraison des magnolias. Il faut donc surveiller la chose. Les blancs commencent à fleurir, d'où mon titre.

Je crois que dans une semaine, ce sera le bon moment pour y retourner voir.

Mais  même aujourd'hui, ce n'était déjà pas si mal :

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18 mars 2012

Sacré Marcel !

Vous connaissez sans doute mon infinie tendresse (enrobée du respect indispensable comme une poire Belle Hélène de chocolat) pour Proust.

Si vous deviez toutefois éprouver le besoin de vous en convaincre, je vous recommande la lecture de ma dernière contribution aux défis du samedi. (Quoi, "fils de pub" ?)

Comme je ne puis me défendre d'une pointe de masochisme, je continue, fourmi obstinée, l'exploration laborieuse du monde tarabiscoté du Grand Auteur Français.

Ma sainte mère m'avait bien dit que le travail était toujours récompensé, ce qui était déjà bien difficile à croire, et que même, il portait en soi sa récompense, ce qui l'était encore plus. Et pourtant...

Progressant au long des sinueux développements et circonvolutions diverses de l'oeuvre monumentale avec au coeur l'essoufflement que doit ressentir un jogger du dimanche qui se serait fourvoyé dans l'exploration des Grandes Jorasses, je tombe (dangereux ça, surtout dans les Grandes Jorasses pour un jogger non encordé) sur un passage où l'auteur approuve chaudement Madame de Villeparisis laquelle, je cite (de toute façon, je n'aurais pas pu l'inventer) :

" ... jugeait sévèrement ces écrivains, précisement parce qu’ils avaient manqué de cette modestie, de cet effacement de soi, de cet art sobre qui se contente d’un seul trait juste et n’appuie pas, qui fuit plus que tout le ridicule de la grandiloquence, de cet à-propos, de ces qualités de modération de jugement et de simplicité, auxquelles on lui avait appris qu’atteint la vraie valeur ;"


Comme il a bien l'honneur de vous le dire lui-même et sans sourire !

Quel pince-sans-rire, ce bon Marcel !

Je crois que je vais continuer un peu...

Proust3


 

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16 mars 2012

Basta pasta !

Nous étions invités ce midi dans un petit resto italien de la périphérie flamande de Bruxelles.

Dans la salle,  on n'entend parler que le français et l'anglais (ou l'américain ? Faudra que je consulte Joye), à l'exception d'une dame qui parle néerlandais avec ses trois petits-enfants mais français avec le patron.

La carte, elle, est rédigée exclusivement en italien. Si utiliser pour la carte la langue du pays d'origine de la cuisine est une astuce pour ne pas la traduire en néerlandais, j'espère que la pratique ne va pas s'étendre au restaurant chinois voisin !

L'endroit est assez exigu, si bien que pour pouvoir accéder à son siège, un nouvel arrivant doit demander à mon épouse de bien vouloir se lever. Il le fait en néerlandais, langue qu'elle n'entend guère, mais la disposition des lieux rend toute traduction inutile : elle avait déjà dû le faire pour laisser sortir le client précédent. Le brave homme s'installe donc derrière moi et entame avec son vis-à-vis une conversation... en français bien évidemment.

Passons sur cet intermède linguistique.

La faible distance qui nous sépare me permet de ne rien perdre de la conversation de nos nouveaux voisins et leur permet, à eux, de contempler à loisir ce qui se trouve dans nos assiettes. Le plus âgé des deux est fort intéressé par le contenu de la mienne et je me charge de répondre à la question qu'il posait à son compagnon en lui signalant que je mange des "linguine alle vongole". Il s'enquiert ensuite de savoir ce que peuvent bien être des "penne", ce que nous lui faisons voir dans l'assiette de notre amie.

Une fois qu'ils ont fixé leur choix et l'ont communiqué au patron, le plus âgé des deux se met à détailler pour son compagnon les étapes de son dernier voyage : Palerme, Syracuse, Agrigente...

Le mec a fait le tour de la Sicile sans rencontrer la moindre penne,  dis donc ! Je suppose qu'en bon Belge il n'a boulotté que des moules frites...

MouleFrites


 

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13 mars 2012

Va à la mer...

de du Nord !

Hier, Louise est partie pour une semaine en classe de mer au Coq (De Haan pour les néerlandophones). Cet événement aère un peu notre emploi du temps : pas besoin d'être rentrés à 15 heures le lundi et le jeudi pour son retour de l'école, pas besoin de la pêcher à la sortie de son atelier construction le mardi à 17 heures ni à celle de son atelier théâtre le vendredi à 16. Bon, le jeudi, il faut encore conduire sa soeur à l'école de cirque et le mercredi aller la chercher chez elle pour la faire déjeuner, travailler un peu, la conduire au manège etc.

L'horaire de ce lundi s'étant comme je viens de vous le dire retrouvé libéré (après avoir assisté au départ du car), mon épouse en a profité pour réaliser un de ses rêves : montrer la mer au chien !

Faut dire que la bestiole a déjà sept mois et demi et n'a toujours pas vu la mer ce qui, vous en conviendrez aisément, est tout bonnement scandaleux !

Dans notre petit pays à Adrienne, Anémone, Coumarine, Lorraine, Pivoine, Tilleul et moi (si j'ai oublié quelqu'un, faites-moi signe), quand il faut se rendre à la côte, on n'a guère à se poser de question : il n'y en a qu'une d'une soixantaine de kilomètres, bétonnée quasiment d'un bout à l'autre sauf aux deux extrémités constituées en réserves naturelles : le Westhoek et le Zwin. C'est la côte de la Mer du Nord qui se situe à l'ouest du pays (je sais, je vous l'ai déjà faite celle-là ;o).

Nous nous sommes donc rendus à Nieuport (en réalité Nieuwpoort, ça aussi je vous l'ai déjà dit).

Passé Gand (Gent) le ciel s'est dégagé et nous avons eu droit à un soleil resplendissant.

Si en été, à cause de la foule la plage est interdite aux chiens, en hiver elle leur est ouverte. Nous avons donc emmené Câline au bord de l'eau. Nous savons maintenant que la bête a peur du ressac. Comment avons-nous pu vivre plus de sept mois dans l'ignorance de cette information capitale ! Pour le reste, nous avons pu constater que sur le sable découvert par la marée basse, elle galope aussi follement que sur la pelouse du parc des Trois Fontaines. Sauf que la plage se trouve à cent-vingt kilomètres de chez nous et la pelouse à deux.

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L'appétit aiguisé par cette sortie au grand air et par la bière que nous avons dû prendre en apéro au Kraaienest, mon épouse ayant eu à satisfaire un petit besoin urgent, nous nous sommes mis en quête d'un endroit où déjeuner. Mis en quête, c'est façon de parler, nous avions garé notre voiture à quelques encâblures du "Boticelli" une sorte de brasserie, trattoria, oenothèque locale que nous avions déjà fréquentée voici quelques années. On y sert une cuisine italienne vraiment italienne, des vins irréprochables, le tout à des prix relevant du commerce à main armée (mais bon, c'est la côte, n'est-ce pas, faut bien flinguer le touriste, il n'est pas obligé de venir non plus).

Nous étions un peu inquiets, car nous n'avions jamais emmené le chien au resto (elle en aura vu des choses pour cette journée, la bête). Je l'ai donc accroché au moyen d'une laisse courte à l'armature de ma chaise et, contrairement à mes craintes, elle ne s'est pas agitée et ne s'est pas mise à geindre. Tout se déroulait donc pour le mieux sauf qu'au moment où le délicieux accessoire de comptoir monté sur talons aiguilles est venu nous déposer l'addition (qui n'avait jamais aussi bien mérité son surnom de "douloureuse"), cette charmante personne a poussé un cri d'horreur ou au moins de stupeur. La chienne,  chose que dans mes rêves les plus fous je n'aurais même pas osé imaginer, lui avait lêché le pied ! Faudra que je pense à faire chien dans une prochaine existence...

En sortant du resto, stupéfaction : le soleil avait disparu et une sorte de brume de mer avait envahi le paysage. Nous sommes malgré tout retournés sur la plage pour constater un détail amusant : la côte flamande est une sorte de digue protégeant les terres intérieures dont une grande partie sont des polders, des étendues se situant sous le niveau de la mer. Pour éviter d'avoir à émigrer en Wallonie suite à la montée du niveau des océans, les braves Flamands ont entrepris de renforcer et rehausser la digue de mer :

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Si bien que cet escalier qui autrefois menait à la plage fait aujourd'hui figure de plongée vers les enfers et qu'accessoirement, les promeneurs du front de mer doivent escalader une dune artificielle pour apercevoir la mer. Et je ne vous parle pas des pauvres mecs qui ont acheté cher et vilain un rez-de-chaussée avec vue sur mer ! On va peut-être leur installer un périscope... ou une webcam ?


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11 mars 2012

Chienne de vie

Tant que nous n'avons eu que des chats, je me demandais à quoi pouvaient bien servir les chiens.

Maintenant que nous avons un chien, j'ai la réponse à ma question :

Un chien vous aide à mieux comprendre combien vous étiez heureux quand vous n'aviez que des chats !

P1060868

Celui-là, un peu chiche, je l'avais mis de côté en attendant une occasion de vous le servir.

Elle se présente aujourd'hui : à la longue liste des choses que Câline, la mal nommée, a boulotées (deux câbles de clavier, un câble de tablette graphique, un câble de téléphone, un câble de lampe de chevet, divers pieds et barreaux de chaise, table de salon et autre rocking chair ainsi que d'innombrables pantoufles et godasses) elle vient d'ajouter trente-cinq Euros en billets de banque.


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07 mars 2012

Slaptitude

En français, on pourrait traduire ça approximativement par "coup de mou" mais bon, je ne suis pas là pour vous enseigner le belge.

Donc, ce n'est pas que je manque d'idées, il m'en vient des dizaines par jour, mais je n'ai pas le courage de transformer l'essai. C'est bête, mais c'est comme ça. Parfois, je vais jusqu'à taper quelques mots que j'enregistre sous forme de brouillon et ça en reste là. Si si ! D'ailleurs je vous en donne les titres en remontant le temps :

Ah, les chats !
Chienne de vie
Un monde fou, fou, fou !
J'aime pas trop avoir raison
Pédagogue
Quand j'étais boniche

Bref, c'est la torpeur, le nervous breackdown, le burnout, comme eût  dit Bernard Blier.

(Petite digression : quand je tape "Bernard" dans g**gle, devinez qui apparaît en tête de liste des suggestions ? Ce grand ,  cet immense entarté de BHL. Faudra que je dise un mot sur mes préférences au tigre de mon moteur de recherche).

Malgré mon état pénible, je vais quand même faire un effort pour vous parler d'hier.

Dans un élan de bonne humeur, je m'étais abonné à un "bouquet musical" chez mon télédistributeur. J'espérais ainsi me goinfrer de musique classique sur Mezzo. Mais le machin est assez répétitif et à la six ou septième apparition de Claudio Abado, je déclare forfait.

Dans le même bouquet figure une chaîne appelée Melody, spécialisée dans la rediffusion de machins des années cinquante à quatre-vingt. Mon épouse adore.

Si bien que lorsque j'éteins mon ordinateur et que je vais me coucher, je passe sur cette chaîne pour lui permettre de se délecter de Boney M, Cloclo, Abba et autres Dick Rivers ou Schmolz.

J'ai donc accompli ce même rituel hier. Mais là, stupeur, je tombe sur une émission de 1976 où Jacques Chancel recevait Jean Ferrat. Du coup je suis resté éveillé une bonne heure de plus. Ce n'est pas ça qui va arranger ma slaptitude !

Par contre, ça pourrait bien aider côté inspiration...


JeanFerrat


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14 février 2012

Quand j'étais boy-scout

Dans l'unité où mes enfants étaient louveteaux, on organise une fête. Mon épouse et moi y assistons en parents consciencieux. J'y fais quelques photos dont je réalise un album que je remets à la cheftaine de Meute en lui déclarant que tout cela m'avait rappelé le temps heureux où j'étais moi-même "chez les scouts" .

Elle me dit "Nous cherchons un Chef d'Unité, le nôtre n'a repris le poste que par interim et voudrait quitter le mouvement, ça vous intéresse ?".

Tenté par la proposition, je consulte mon épouse. "Tu fais comme tu veux" me dit-elle "Mais je ne m'en mêlerai pas, je ne connais rien au scoutisme".

Je rencontre donc celui qui allait devenir mon prédécesseur, puis tout le staff d'Unité, pose ma candidature et suis élu Chef d'Unité (aujourd'hui on dit Responsable d'Unité, sans doute de mon temps étions nous tous des irresponsables et on a jugé bon de préciser les choses).

Au bout de quelques mois, notre maison (un appartement en fait) tient porte et table ouvertes. Et qui cette belle jeunesse vient-elle consulter, suivant le confesseur comme un chiot de la cuisine à la salle à manger et inversément ?

Mon épouse ! Celle qui ne se mêlerait jamais de rien, mais dont le sens du contact social, la chaleur humaine et le solide bon sens font merveille au milieu de ces grands ados et jeunes adultes.

Ils l'adorent, malgré qu'elle ne se gêne jamais pour leur dire leurs quatre vérités, ces choses qu'ils tentent de se cacher si soigneusement, ces choses qui, lorsque c'est moi qui les évoque, leur font tirer la gueule...

Et il ne s'y trompent pas. Un soir, lors de ma visite de leur camp en Haute Savoie, le staff de la troupe des Eclaireuses décide de faire don d'un totem à cette étrangère au mouvement.

Elles l'ont baptisée "Mangouste" (vous savez cette bestiole qui s'attaque aux cobras) et pour qualificatif lui ont attribué "droit au but", acquis bien évidemment !

Il y a plus de trente ans de cela et aujourd'hui, sur Facebook ou IRL, les échanges continuent entre ma femme et mon ex-staff. Et c'est pareil pour ma famille et mes ex-collègues.

Elle est pas belle la vie ?

Scan017Tentative de prise de vue pour couverture de programme de bal d'Unité


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08 février 2012

L'aventure c'est l'aventure !

 

En voiture, j'écoute la radio.

Sur mon ancien blog, cette écoute était souvent la source de "billets d'humeur".

Hier Jean-Pierre Hautier interviewait François Ceresa à propos de son livre "Le Roman des Aventuriers".

Émaillant leurs propos d'épisodes incroyables de la vie de quelques aventuriers dont l'étonnant Errol Flynn (vous saviez, vous qu'il était australien ?), ils en venaient à la question suivante :

"Et aujourd'hui, y a-t-il encore des aventuriers ?"

Et c'est là que ça m'est venu :

Comment un monde qui érige en philosophie d'existence le sacro-saint "principe de précaution" pourrait-il encore produire le moindre aventurier ?

Hein ?

Dites-moi...

 

Errol Flynn


 

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