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Entre nous
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17 mai 2014

Teatime

Mon épouse aime beaucoup visiter les jardins, particulièrement ceux assortis d'un château. J'en avais donc repéré un dans le comté (ben ouais, le Suffolk est un comté, on va pas en faire un fromage non ?).

Ça s'appelait Hemlingham et je croyais que c'était un patelin puisque MAPS l'avait localisé sans difficulté.

Première surprise une fois installés dans la voiture : l'atlas routier de Grande-Bretagne made by Bibendum de ma copilote ne le mentionnait pas. Je me suis donc rabattu sur le GPS qui, s'il acceptait le nom de l'endroit refusait tous les noms de rue que l'on peut s'attendre à trouver dans un honnête village britannique : main, high, church, castle, station... Il a fini par accepter Hall Lane et nous voilà partis !

Mon GPS a deux réglages : trajet le plus rapide et trajet le plus court. Le trajet le plus rapide vous fait passer par un maximum de voies... rapides dont il semble ignorer qu'elles sont également les plus engorgées. L'autre vous fait passer par un assemblage de bouts chemins réputés carrossables dont la suite se rapproche le plus possible de la ligne droite entre vous et votre objectif, ce qui vous garantit à tous les coups un itinéraire hautement touristique et éminemment rural, sans se préoccuper bien sûr d'où vous pourrez bien ranger votre véhicule quand vous tomberez nez à nez avec un tracteur dans un de ces chemins creux où les haies caressent langoureusement les flancs de votre voiture.

J'ai expérimenté la première méthode à l'aller et la seconde au retour et, comme disait l'Autre "En vérité, je vous le dis, le GPS, c'est l'aventure garantie !"

Et je ne vous parle même pas de la façon dont la voix synthétique, féminine et française du mien prononce les noms de lieux anglais !

Bref, après avoir sillonné à maintes reprises et dans les sens les plus divers les environs de la propiété, nous avons fini par en découvrir l'accès entre deux hautes haies au beau milieu de l'arc d'un virage de la route qui porte son nom. De village point, juste le château et une église au sein d'un domaine où outre celui des touristes, vous croisez des troupeaux de moutons, boeufs écossais et daims (m'a-t-il semblé puisque l'appellation anglaise "deer" est générique et recouvre aussi bien les cerfs que les chevreuils ou les daims, comme j'ai l'honneur de vous le... dire).

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 La visite s'est bien passée, merci. Surtout pour mon épouse qui adore les fleurs et les a photographiées sous tous les angles.

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Helmingham091Helmingham093Helmingham100   Comment ?

Il n'y avait que des iris ? Non, mais l'iris est l'emblème de ma région, alors, tant qu'à faire...
Et j'ai même rencontré ma copine "Pivoine blanche" !

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 Dans certains châteaux, pour un surcoût raisonnable, il vous sera accordé le privilège de prendre le thé en compagnie de Sa Seigneurie, une chose que les Anglais apprécient au plus haut point. Rien de cela néanmoins ici, un simple salon de thé installé dans les dépendances du château (l'ancienne remise à voitures si j'ai bien compris) avec une sorte de Miss Marple au service.

Et pour la première fois depuis Star Steps dans le Somerset des années 70, j'ai repris un vrai thé à l'anglaise, avec scones, clotted cream et confiture. Si Miss Marple était toujours vêtue d'une robe noire et d'un tablier blanc, la clotted cream était réputée venir de Cornouailles, c'est ce que mentionnait en tout cas son pot en plastique, et la confiture était une portion individuelle de marque anglaise dans son petit bocal de verre à couvercle qui fait "Pop !".

Finies les délicates porcelaines débordant de crème locale et de confitures "Home made". Non, je l'ai déjà dit : l'Empire britannique n'est plus ce qu'il était !


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14 janvier 2014

Vivement la retraite

J’aurais voulu vous écrire un mot.
Et même, j’ai failli vous écrire un mot.
Hier.
Mais je fus débordé.

Ma petite-fille doit réaliser un travail de fin d’études (secondaires) et a choisi comme thème l’organisation de la déportation des Juifs de Belgique lors de la dernière guerre mondiale, un thème (trans)porteur. Et bien sûr, sa mère étant elle-même surbookée, c’est moi qui ai été chargé de veiller, autant que faire se peut, à la correction de son style. Je peux vous assurer qu’il y a du boulot.

En plus de ce travail au long cours, il y a les interventions ponctuelles parmi lesquelles le soutien à la lecture quotidienne de l’un ou l’autre chapitre de “The Beach”, en version abrégée pour le niveau sixième. Un truc qui commençait fort puisqu’un des protagonistes de cette navrante histoire prononçait ça “The bitch” sous prétexte qu’il était écossais. Mais bon , ça va, ce ne sont pas les salopes qui manquent dans notre bel espace francophone.

Hier, en supplément de cela, je fus sollicité par la demoiselle pour collaborer à l’écriture d’un poème sur n’importe quel sujet et dans n’importe quelle forme, mais pour le lendemain impérativement. Notre collaboration s’est bien passée : elle a apporté son désir de parler de ses chats (Zig et Puce, pour la petite histoire) et j’ai fourni les bouts rimés. J’exagère, elle a aussi imaginé“boules de poils”, mais je lui ai fait remarquer que ça ne manquerait pas de faire cliché pour ne pas dire bateau.

Comme je le souligne souvent, la versification, ce n’est qu’une bête question de rythme et de vocabulaire (ce dont ma petite-fille est plutôt dépourvue), une fois qu’on est dans le tempo, plus rien ne vous arrête, en dehors de l’heure de la Chimay bleue, laquelle, par bonheur est arrivée au bout du dix-huitième vers (il en fallait minimum dix).

Entre temps, du fond de sa lointaine province, le fils de mon neveu s’est souvenu de mon passé de chimiste et m’a contacté pour obtenir mon aide à propos, lui aussi, d’un travail de fin d’études tournant autour de la valorisation des déchets plastiques. Il débarque demain dans l’après-midi étant donné qu’il est censé produire un premier jet pour ce vendredi. C’est vous dire s’il est en avance et vachement concerné ! J’ai donc un peu fouillé le web à la recherche de quelques sources et établi un questionnaire à l’intention du comique :

  • Quel genre de présentation ? Dossier écrit, exposé oral ?
  • Pourquoi avoir choisi ce sujet ?
  • De quoi s’agit-il exactement ?
  • Quel est le périmètre de la question : région, pays, Europe, monde ?
  • Quelle est la profondeur des investigations ? Jusqu’à quel niveau de détails doit-il traiter la production des déchets, leur récolte, leur traitement ?
  • Sur quelles données statistiques peut-il compter ?
  • Faut-il couvrir le côté politique de la chose ?

 

Ah ! Vivement la retraite !

Comment ça, j’y suis déjà ?

 

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6 octobre 2013

Esprit de contradiction

L'autre jour, c'était dimanche sans voitures dans notre bonne ville. À cette occasion, mon épouse et moi quittons toujours la capitale (belge) pour une petite excursion... en voiture. Nous ne tenons pas particulièrement à assister à la démonstration brillamment répétée chaque année que si les cyclistes sont les plus fragiles des usagers de la route, ils en sont aussi, et de loin, les plus inconscients.

Françoise avait décidé d'aller revoir Chimay et d'y prendre le repas de midi. L'ennui, c'est qu'en devant quitter Bruxelles avant neuf heures et au regard des dimensions minimalistes du pays vous vous retrouvez (presque) n'importe où en moins de deux heures, même si vous vous dégourdissez les pattes et celles du chien une demi-heure en forêt de Rance.

Nous étions donc à Chimay bien avant midi et nous nous sommes contentés d'une traversée à faible allure de la place communale sur laquelle outre la collégiale et le château se trouve "Les armes de Chimay", un restaurant où ma moitié avait fait un stage aux temps lointains de ses études, question de voir "ce que c'était devenu".

Il nous est alors revenu que lorsque nos enfants étaient très jeunes, nous avions par deux fois loué pour des vacances le rez-de-chaussée de la maison de campagne que les tenanciers de cet établissement possédaient à Haybes sur  Meuse. Nouvelle poussée de nostalgie dans le chef de mon épouse et décision de continuer notre traversée de l'entre Sambre et Meuse en direction de ses souvenirs. Quelques dias d'époque ?

Haybes037    Haybes045    Haybes050

 Quelle idée ! Sans pratiquer le dimanche sans voitures, la plupart des villages de l'itinéraire étaient pourvus de déviations. Celui qui n'avait pas sa fête locale avait son moto-cross et entre Nismes et Olloy, c'était la fête des trains à vapeur !

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Après quelques tours et détours, montées et descentes de côtes à 10%, nous sommes parvenus à Haybes et ses anciens gisements d'ardoise. La Meuse est toujours là, calme, comme endormie au creux de ses versants boisés sur les pentes desquels nous avions assisté à une course de côte lors de notre séjour ancien.

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C'est donc là que nous avons déjeuné. Nous sommes ensuite repartis pour rejoindre la Belgique en faisant une boucle à travers le massif boisé tellement peu fréquenté que sur le bas-côté une biche nous regardait passer. Arrivés à un carrefour où nous aurions dû tourner à gauche, un panneau routier mentionnait Charleville à une quarantaine de km vers la droite. Nous nous sommes alors souvenus de la jolie place ducale de l'endroit, entourée de bâtiments de style classique où nous avions fait notre marché un calme matin de septembre en compagnie de notre propriétaire de l'époque et nous avons décidé d'aller la revoir.

La difficulté à trouver un stationnement, même dans un parking payant un dimanche après-midi aurait dû nous mettre la puce à l'oreille, mais bon, quand on est con...

Pour une photo dégagée de ce bel endroit, faudra qu'on y retourne une autre fois parce que là, c'était festival mondial des théâtres de marionnettes... ils m'ont pris pour un guignol !

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23 mai 2013

At last, on the last day, I found one !

L'averse de grêle une fois passée, le chien a décidé de retourner gambader une dernière fois sur son tas de galets.

Grêle

C'est en le poursuivant pour tenter (en vain) de lui expliquer que s'il voulait que je lui lance sa balle il fallait d'abord qu'il la lâche (c'est vachement con un chien quand ça s'y met !) qu'il m'a sauté aux yeux.

Pas le chien...  le galet !

Galet PUR

Rond !

(ou presque...) comme je le serais moi-même si je devais avoir l'idée saugrenue de forcer un peu trop sur l'une ou l'autre des Trappiste belges ou sur le "Tally Ho !", l'introuvable barley wine de la brasserie Adnams à Southwold (remarquez pour ce dernier cas, que s'il reste introuvable, je risque pas de forcer, hein...).

Mais revenons à mon galet, rond. Preuve, s'il en était besoin, du bien-fondé de mon hypothèse, soit qu'un matériau honnête consciencieusement roulé sur la grève par le déferlement des vagues et leur ressac se doit de terminer en boule, à l'image de mes nerfs quand le chien refuse obstinément de me rendre sa balle, CQFD !

Reste à savoir après cette intense satisfaction morale pourquoi cette saleté de silex ne se comporte pas aussi honnêtement que ce que je pense être un bout de polyuréthane expansé, probable résidu de l'âme d'un planche à voile des débuts du véliplanchisme (faudra que je demande à ma copine, Madame Jaja, de vérifier à l'aide d'un petit spectre infra-rouge).


3 mars 2013

Andalousie

Ce matin, comme chaque dimanche matin (ou presque), je vais chercher des pistolets pour mon épouse et des tortillons pour notre voisine et moi. En sortant de la boulangerie, je constate que le client qui m'y précédait s'est arrêté devant la vitrine du commerce voisin et semble fort intéressé par ce qui se trouve affiché en vitrine.

Je jette moi aussi un œil : une agence de voyage, fermée, vous pensez, à sept heures du matin ! J'en suis à me dire que l'hiver qui se prolonge doit avoir une influence favorable sur le chiffre d'affaire de ces prometteurs de beaux jours lorsque mon regard est accroché par une des offres : sept nuitées en Algarve. Et c'est là que ça m'est revenu, d'un coup. L'irruption des souvenirs est une alchimie bien mystérieuse ! Jugez-en plutôt.

Notre ami René possède en Algarve un splendide appartement en time sharing, j'en ai parlé quelque part, mais je ne retrouve plus le billet. Nous y avons séjourné en sa compagnie une quinzaine de fois. C'est dire si l'Algarve, je connais sur le bout des doigts. J'aurais donc pu penser à un coin de cette région, mais non ! En 2002, René me dit "Pour ton cadeau d'anniversaire, quand nous serons au Portugal l'an prochain, nous irons passer deux jours dans un cinq étoiles en Andalousie".

Si bien qu'en mai 2003, nous nous retrouvons à la Casa Carmona, un ancien palais du seizième siècle transformé en Hôtel. Grand patio central  entouré de galeries, salons divers, piscine, chambres avec moucharabieh. Un endroit tout en fraîcheur malgré le soleil qui tanne dehors. Le restaurant a été aménagé dans les anciennes écuries.

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Le soir au dîner, nous décidons de prendre des crêpes pour le dessert. Réponse du maître d'hôtel : "Désolé, nous n'avons plus de crêpes" !

Plus de crêpes, dans un machin cinq étoiles ! Nous en étions comme deux ronds de flan. Vous savez combien de temps ça prend pour faire une pâte à crêpes ? Mais non, ces comiques les achètent toutes faites, en Bretagne si ça se trouve, et vous les réchauffent vite fait. Un cinq étoiles!

Ben c'est ça qui m'est venu à l'esprit quand j'ai lu Algarve. C'est bizarre la mémoire...


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20 juin 2012

Ne tombez pas dans le panneau !

Nous promenant un beau soir (de façon plus ou moins ordonnée) vers le port de plaisance d'Aldeburgh,

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Nous avons croisé sur notre chemin une autre barrière exhibant une autre pancarte mettant en garde contre un chien féroce :

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N'allez pas croire pour autant, forts de cette double expérience, que seuls les particuliers se préoccupent de la sécurité des passants. Les communautés locales ont, elles aussi, à cœur de mettre en garde les usagers de leurs routes contre tous les dangers potentiels :

canard

Et quand je dis tous les dangers, ce n'est pas un vain mot :

vieux

Oui, vous l'avez déjà dit : "Ils sont fous ces Anglais !"


14 février 2012

Quand j'étais boy-scout

Dans l'unité où mes enfants étaient louveteaux, on organise une fête. Mon épouse et moi y assistons en parents consciencieux. J'y fais quelques photos dont je réalise un album que je remets à la cheftaine de Meute en lui déclarant que tout cela m'avait rappelé le temps heureux où j'étais moi-même "chez les scouts" .

Elle me dit "Nous cherchons un Chef d'Unité, le nôtre n'a repris le poste que par interim et voudrait quitter le mouvement, ça vous intéresse ?".

Tenté par la proposition, je consulte mon épouse. "Tu fais comme tu veux" me dit-elle "Mais je ne m'en mêlerai pas, je ne connais rien au scoutisme".

Je rencontre donc celui qui allait devenir mon prédécesseur, puis tout le staff d'Unité, pose ma candidature et suis élu Chef d'Unité (aujourd'hui on dit Responsable d'Unité, sans doute de mon temps étions nous tous des irresponsables et on a jugé bon de préciser les choses).

Au bout de quelques mois, notre maison (un appartement en fait) tient porte et table ouvertes. Et qui cette belle jeunesse vient-elle consulter, suivant le confesseur comme un chiot de la cuisine à la salle à manger et inversément ?

Mon épouse ! Celle qui ne se mêlerait jamais de rien, mais dont le sens du contact social, la chaleur humaine et le solide bon sens font merveille au milieu de ces grands ados et jeunes adultes.

Ils l'adorent, malgré qu'elle ne se gêne jamais pour leur dire leurs quatre vérités, ces choses qu'ils tentent de se cacher si soigneusement, ces choses qui, lorsque c'est moi qui les évoque, leur font tirer la gueule...

Et ils ne s'y trompent pas. Un soir, lors de ma visite de leur camp en Haute Savoie, le staff de la troupe des Eclaireuses décide de faire don d'un totem à cette étrangère au mouvement.

Elles l'ont baptisée "Mangouste" (vous savez cette bestiole qui s'attaque aux cobras) et pour qualificatif lui ont attribué "droit au but", acquis bien évidemment !

Il y a plus de trente ans de cela et aujourd'hui, sur Facebook ou IRL, les échanges continuent entre ma femme et mon ex-staff. Et c'est pareil pour ma famille et mes ex-collègues.

Elle est pas belle la vie ?

Scan017Tentative de prise de vue pour couverture de programme de bal d'Unité


2 juin 2011

Les petits Suisses

Vous n'êtes sans doute pas assez âgés pour avoir connu cette émission où la bande à Martin se moquait de ses voisins helvètes bien avant de s'en prendre aux belges. Mais bon, on ne va pas en faire un fromage, non plus !

Durant mes vacances, j'ai moi aussi eu droit à ma journée suisse.

C'était celle de notre première sortie en vélo.

Mon épouse avait manifesté à la propriétaire de notre chambre d'hôtes son intention d'aller sur l'île de Ré et d'y louer des vélos. Cette aimable personne s'était alors renseignée et nous avait annoncé que le "Camping du petit port de l'Houmeau" en louait.

Nous nous sommes donc, une fois notre petit-déjeuner expédié, rendus à ce camping et y avons loué les bicyclettes fraîchement révisées dont je vous ai parlé dans le billet précédent. Ayant laissé notre voiture dans leur parking, nous avons courageusement enfourché nos engins et sommes partis vers le port du Plomb.

Lorsque parvenu au sommet de la première côte(lette) de la route, je me suis retourné pour voir si mon épouse suivait, je l'ai aperçue qui marchait à côté de son vélo. Voilà pourquoi, lorsqu'elle m'a eu rejoint, nous avons décidé qu'elle roulerait  à son rythme (ou marcherait, selon les circonstances) en tête, question que je ne la perde pas de vue.

Nous avons atteint puis traversé le port et son petit pont-levis et avons commencé à longer la côte vers le nord. Au bout de trois ou quatre kilomètres, mon épouse s'arrête et déclare que nous aurions dû emporter de l'eau, parce qu'elle avait la gorge sèche. Je lui ai donc dit de m'attendre en prenant quelques photos et je suis parti quérir deux bouteilles d'eau dans le coffre de ma bagnole devant le camping, faisant ainsi l'enivrante expérience des porteurs d'eau des pelotons cyclistes.

Une fois étanchée notre soif, nous sommes repartis vers le nord à seule fin que je me retrouve le nez dans mon caca (on dit ça chez vous ?)  : moi qui prétendais depuis le matin que notre logeuse lorsqu'elle parlait de golf, entendait le golfe, l'espèce d'anse marine pénétrant dans les terres que nous longions depuis notre départ du port du plomb, j'ai été le premier à repérer sur notre droite, en face des carrelets, les deux gugusses se déplaçant sur un green en traînant leur caddie.

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Vexé, j'ai décrété qu'il nous fallait faire demi-tour si nous voulions rallier le Café de la Mer à une heure acceptable pour le déjeuner. Non mais des fois !

En arrivant presque en vue de l'endroit, nous tombons sur une camionnette un brin vétuste qui bouche d'autant mieux le chemin qu'elle stationne bien en son milieu, les portières largement ouvertes. La chose est immatriculée en Confédération Helvétique et plus précisément dans le canton de Vaud. Nous mettons pied à terre pour la contourner et apercevons au passage le couple propriétaire de l'obstacle : ils commentent...  en allemand (ou un langage apparenté) le spectacle de l'océan, qui semble les fasciner comme le trio de la veille.

Nous les avons laissés à leur contemplation et avons rejoint le restaurant. Les tables de la terrasse face à la mer sont toutes réservées (pour un troupeau d'Anglaises qui vont mener un ramdam d'enfer pendant tout notre repas) et nous nous installons dans une petite cour à l'ombre de yucas en fleurs. La patronne nous amène les cartes, nous reconnaît et, lorgnant nos bicyclettes rangées un peu plus loin dans la cour, recommande la sienne à notre surveillance sur un ton goguenard : nous sommes adoptés !

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Nos deux Suisses font alors leur entrée et s'installent à une table proche de la nôtre (ils auraient eu du mal à en choisir une éloignée au vu de l'exiguïté de l'endroit). La patronne refait son apparition et se voit commander une boule de glace pour la dame et un café pour son compagnon.

Ce qui m'a le plus amusé fut le moment de l'addition : pour régler les trois euros et quelques qu'atteignait cette dernière, le mec a extrait de sa poche un portefeuille en cuir de dimensions impressionnantes, percé d'un anneau que je me serais plutôt attendu à trouver au nez d'un taureau andalou et relié à la ceinture de son short par une chaîne à laquelle Hercule lui-même aurait hésité à s'attaquer. Un ancien gardien de banque suisse ? Un ex-garde suisse ?

J'adore les Suisses !

Nieul-0181Je me dois de signaler que ces sympathiques personnages ont été les seuls que j'aie vu laisser la monnaie de l'addition à la patronne-serveuse, rendons à César ce qui est suisse !


1 mars 2011

Quand faut y aller...

Il y en a qui ne doutent vraiment de rien !

Voilà-t-y pas qu'en rentrant d'avoir reconduit Louise chez elle au sortir de son activité en néerlandais tout en faisant un crochet par l'atelier de repassage de l'Agence Locale pour l'Emploi de Jette pour y récupérer la lessive de ma fille et avoir ensuite déposé Émilie à l'école de cirque de la ville de Bruxelles sur le site de Tour et Taxis, je découvre sous le billet précédant celui-ci un commentaire d'Adrienne me signalant qu'il lui serait agréable que j'en ponde un nouveau.

On voit bien qu'Adrienne n'est pas retraitée !

Où veut-elle donc que j'aie trouvé le temps de rédiger le billet espéré ?

Ce matin peut-être ?

Allons, soyons sérieux ! Après avoir fait au chat son injection d'insuline et lui avoir fait prendre son antibiotique, son anti-inflammatoire et son tonicardiaque, j'ai à peine eu le temps de prendre le petit-déjeuner avant de déposer mon épouse à son atelier de peinture sur soie puis de me rendre chez Delhaize acheter de quoi faire les pizzas réclamées par les filles pour demain midi (courses que je ne pourrais pas faire demain matin vu que j'ai rendez-vous chez mon néphrologue). Ensuite j'ai dû faire remplir la bonbonne de CO2 de la machine à eau gazeuse. Puis, j'étais chargé de passer chez des amis leur transmettre :
- les résultats de notre recherche de fournisseurs de pains-surprises
- une affiche annonçant la prochaine exposition de l'atelier dont question ci-avant
- le carton d'invitation au vernissage de la dite exposition
Tant que j'étais là, j'en ai profité pour régler le problème de l'aspirateur local qui n'aspirait plus rien.

Adrienne me dira qu'hier...

Hier ! Nous étions invités au resto par mon ex-collègue Madame Jaja pour fêter ses vingt-cinq ans de service dans mon ancienne "boîte", en compagnie de mon ex-chef la charmante Greta . Au sortir du resto, nous les avons ramenées à la maison d'où elles sont reparties un brin avant minuit.

Avant-hier ?

C'était notre anniversaire de mariage (le quarante-sixième) et de toute manière c'était le troisième week-end du tournoi des six nations. Alors, hein ?

C'est pas de tout repos la vie de retraité. Vous verrez quand vous aurez mon âge !

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Post Scriptum :

Si notre amie Ruth me demande pourquoi je n'ai pas encore répondu à sa lettre où elle nous propose de nous prêter quand nous le voulons son bungalow de Sea Palling si nous désirons passer quelque temps dans le Norfolk, je l'adresse à Adrienne. Na !


26 décembre 2010

Affinage

Mais non, je ne vais pas vous parler de fromage ! Encore que...

Vous vous rappelez peut-être que ma petite-fille, Émilie, adore cuisiner.

Pour le repas de famille du 24 décembre, nous avions décidé de répartir le boulot entre les divers convives. Nous nous sommes chargés du Champagne "Œil de Perdrix" de chez la veuve Devaux, des huîtres (plates) d'Ostende, du saumon fumé et du foie gras de canard. Notre fils du filet de biche aux lentilles (au Porto, les lentilles) et des vins d'hiver divers. La maman d'Agata de la bûche de Noël. Ma fille et ses filles des amuse-gueules.

Parmi ces derniers, Émilie a réalisé une étonnante préparation. Il y a quelques mois de cela, elle s'était posé la question "N'y aurait-il pas moyen de réaliser un Tiramisu salé ?" et l'avait répercutée auprès de sa grand-mère. Avec l'aide de celle-ci, elle avait fait une tentative dont je ne parviens pas à savoir si je vous en avais parlé ici et, comme par hasard, le module de recherche de Canalblog génère un "BAD FILE EXCEPTION" en sa ligne 601 lorsque j'introduis le mot "tiramisu" ou n'importe quel autre d'ailleurs, dans la case ad hoc.

Depuis, elle a affiné sa recette.

Elle grille de fines tranches de pain qu'elle découpe en disques s'adaptant au fond de petits caquelons individuels en porcelaine. Ce support est humecté par un mélange de Côtes du Rhône blanc et de vinaigre balsamique. Par-dessus cela, elle dépose une mixture fouettée de Mascarpone, Noilly Prat, jaune d'œuf, concentré de tomate, tomates séchées avec leur huile et sucre. Elle saupoudre de piment Noria et colle la chose au frais.

Je ne vous donne pas les proportions exactes, ce serait trop simple et la recette ne m'appartient pas. Mais c'était parfaitement dosé : le petit toast pas trop imbibé et le reste tout-à-fait délectable et d'une légèreté...

Rien que ce petit miracle de douceur, que j'aurais pu avaler en une seule bouchée (ce dont je me suis bien gardé), valait le déplacement sur les routes verglacées !

Mais qu'est-ce que je raconte, moi ? Ça se passait chez nous, cette soirée...

sapin


10 novembre 2010

Cranach

Contrairement à Adrienne, friande de musées et d'expositions, je suis un béotien. Je ne pratique ce genre d'endroits que contraint et contrit.

Aussi mon épouse (qui elle, bien entendu, adore ça) a-t-elle été bien étonnée lorsque je lui ai déclaré la semaine dernière : "Mercredi, nous irons au Bozar voir l'expo consacrée à Lucas Cranach". (Bozar, c'est le nouveau nom du Palais des Beaux-Arts choisi suite à une des innombrables querelles linguistiques inhérentes à mon délicieux pays, mais ça c'est une autre histoire dépassant l'entendement du Français moyen.)

À peine débarqués au fameux Palais (œuvre de Victor Horta), ça a démarré sur les chapeaux de roues : comme il faisait potable, je portais un blouson de daim que le préposé au vestiaire, prétextant des problèmes d'hygrométrie, m'a obligé à déposer et, par la même occasion, à vider de son contenu que j'ai bien eu du mal à caser dans les poches de mon pantalon. D'accord, je n'avais pas vraiment besoin de deux stylos à bille, d'un porte-mine, de mon GSM, de ma carte d'entrée au jardin botanique, de la batterie de rechange de mon appareil photo... mais j'emporte ce que je veux quand même ! Non, mais...

J'ai donc pu pester pendant toute la visite contre cette incroyable discrimination vis à vis des blousons puisque tous les mecs à costard que j'ai croisés avaient, eux, classe oblige, été autorisés à conserver leur veste. Et je ne vous parle même pas de la demi-douzaine de rombières emmitouflées dans leur manteau malgré le fameux "vestiaire obligatoire pour raison de préservation des œuvres exposées".

Je me les suis donc gelées en parcourant l'exposition puisque, pour les mêmes raisons de préservation etc etc, la température intérieure était à peu de chose près la même que celle du dehors.

cranach_venusJe ne parviens toujours pas à comprendre ce qui a pu me pousser à prendre cette décision irréfléchie. Ce ne serait quand même pas le vague souvenir de l'image de cette nana à poil portant crânement de guingois un grand chapeau que ne renierait pas la reine Fabiola ?!

li_vreQu'est-ce qu'un petit-fils de la mère Flandre, berceau des Bosch, van der Weyden, Brueghel(s), Van Eyck, Metsys, van Dijck, Rubens... peut bien avoir à faire d'un étranger qui s'il sait peindre un œil, éprouve bien du mal à en faire un deuxième qui semble vraiment appartenir au même visage (même mon épouse qui se montre pourtant compréhensive envers le artistes, l'a remarqué). On comprend qu'il soit venu prendre des leçons chez les Flamands. D'autant que côté gravure, voyant leurs œuvres exposées côte à côte, je préfère le style plus incisif d'Albrecht Dürer, un de mes peintres favoris depuis le temps lointain où j'ai, médusé, découvert son lièvre.

La semaine dernière, c'était aussi le moment où il avait fallu pétitionner grave pour tenter d'éviter la lapidation à une petite dame, arguant avec la clairvoyance bonhomme du brave Georges "Ne jetez pas la pierre à la femme adultère, je suis derrière..." et me faisant dans ma candeur naïve, maudire l'Islam et l'Iran. Et qu'est-ce que ceci a à voir avec cela, me direz-vous, déroutés... J'y viens :

Dans cette expo, je tombe sur trois représentations de "Jésus et la femme adultère". Tableaux dans lesquels des Juifs serrent dans leurs mains des pierres dont l'adaptation parfaite à leur paume suggère une sélection préalable soignée, me rappelant paradoxalement le criblage du charbon au temps de ma jeunesse.

La lapidation se trouverait donc être une sorte de coutume des peuples sémites.

Sémites. Paf ! Le mot de trop ! Le MRAX risque de me tomber dessus, même s'il pourrait d'abord examiner sa propre appellation. Sérieusement, comment peut-on se poser en pourfendeur des discriminations et s'intituler mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie ?

Qu'est-ce que c'est que cette discrimination ? Pourquoi faut-il distinguer l'antisémitisme de la xénophobie ? Les sémites nous seraient-ils (comme les cochons d'animal farm, comparaison malheureuse en la circonstance j'en conviens)  plus étrangers que les autres ?  Qu'est-ce que c'est que ce traitement de faveur (si j'ose dire) ? On croit rêver !


1 septembre 2010

Vernissage

Vous vous rappelez ce concours remporté par Louise ? Eh bien, demain c'est le vernissage de l'exposition où l'on pourra voir la fameuse photo. Elle se déroule aux Halles Saint-Géry du 3 septembre au 28 novembre.

Le plus étonnant, c'est que nous avons reçu le programme des journées du patrimoine de cette année.

Patrimoine001

Et en tête du document, que trouvons-nous ?

Patrimoine002

Ben voilà, comme ça vous avez droit à la photo originale et pas à une pâle imitation prise par le Papou.

J'ignore combien d'exemplaires de cette brochure seront distribués. Par contre je connais quelques écrivains (ou photographes) qui rêveraient d'un tel tirage, ils vont être verts de jalousie.

Heureusement Louise ne se rend pas trop compte, ça ne lui donnera pas le "dikke nek".


29 août 2010

Adrienne a raison !

Cela faisait quelque temps que Louise nous tannait pour aller visiter le zoo d'Anvers (Antwerpen pour les locaux). Nous y sommes allés mercredi.

Comme l'entrée du zoo jouxte (quel beau mot, n'est-ce pas ?)  la sortie de la gare centrale d'Anvers et que cette ville n'est pas spécialement facile côté parkings, nous y sommes allés en train. Pratique avec internet : vous achetez et imprimez des billets combinant le voyage aller-retour et la visite du zoo sans passer par les guichets.

Si l'on veut bien excepter le Thalys et les rames du RER parisien, il devait bien y avoir trente ans que je n'étais plus monté dans un train.

Le tram 3 passe dans notre quartier et nous dépose en sous-sol de la gare du Nord. Là, nous embarquons dans un train IC à double étage. Les sièges sont très confortables. Quand le machin démarre, je suis sidéré : silencieux, soft, pas d'à-coup, on se croirait dans le Thalys (sauf pour la vitesse bien sûr).

Moi qui n'avais connu que des trains brinquebalants dont certains étaient déjà en service avant la deuxième guerre mondiale et où le toc toc du choc des roues contre les joints des rails emplissait les wagons (en Belgide on prononce "ouagon"). Je commence à comprendre l'amour d'Adrienne pour les trains d'aujourd'hui.

Comble, malgré tout ce que racontent les journaux, il était même à l'heure. Le rêve !

Juste une petite chose : si je me décide à utiliser ce moyen de communication plus régulièrement, il va falloir que je me réhabitue à consulter les horaires détaillés. Au retour, nous sommes montés dans le premier train en partance pour Bruxelles. Manque de bol, c'était un train venant d'Amsterdam qui ne s'arrêtait pas à Bruxelles-Nord. Mais pas de panique, le tram 3 passe également à la gare du Midi. Nous avons simplement eu droit à un petit supplément de voyage.

Anvers1Anvers2

Vues de la salle des pas perdus de la gare d'Anvers et de l'entrée du Zoo


5 avril 2010

Familles je vous...

Hier, nous avons rendu visite à la petite-cousine de mon épouse. Elle a une grosse peine de cœur et Françoise, n'écoutant que le sien, qui est grand, est allée lui porter le réconfort de son amitié.

La famille de mon épouse a toujours été un sujet d'étonnement pour moi. En effet, avant le décès de certains d'entre eux, j'avais personnellement seize cousines et cousins germains dont je ne rencontre que certains et de façon tout à fait épisodique. Mon épouse, elle, en a... une : Claire.

Pour compenser, elle fréquente donc des niveaux plus éloignés de sa famille comme cette petite-cousine, au demeurant charmante : Francine.  Je vous montre ces trois personnages, de droite à gauche par ordre d'âge et de taille : Françoise, Claire et Francine. Ouais, vous avez raison, c'était pas hier !


Cousines


Tout ça m'épate parce que moi, je n'ai jamais rencontré de personne équivalente dans ma famille sauf une fois vers mes quinze ans, du côté de ma mère, une rouquine somptueuse  dont j'ai oublié le prénom.

Faut dire que la famille de ma femme est restée groupée dans un seul village, alors que la mienne est dispersée aux quatre coins du pays (ma cousine Anne a même vécu aux Philippines, c'est vous dire).

Hier, nous sommes donc allés passer la journée en compagnie de Francine. Le midi, alors que nous déjeunions dans un restaurant vietnamien d'Ath, mon regard s'est porté vers l'extérieur de l'établissement, au travers d'une fenêtre située dans la salle contiguë à la nôtre et là, j'ai vu...

Allez

N'est-ce pas merveilleux ?


3 mars 2010

Paradigme et prolégomènes

Ça m'est arrivé ce matin, en pressant les oranges (Pour le mode d'emploi de l'instrument, veuillez vous reporter à la documentation fournie).

Des mots, surgis de nulle part, ou alors de tellement loin dans ma mémoire...

Cela vous arrive-t-il à vous aussi de vous retrouver stupéfaits avec en vous des termes dont vous ne savez rien, ou alors si peu, et dont vous vous dites finalement qu'ils n'ont pu vous frapper que par leur étrangeté ?

Combien de fois les avez vous croisés dans votre existence ? Comment se fait-il que vous les ayez retenus ? Pour quel usage incertain les avez-vous un jour soigneusement rangés dans un coin de votre cerveau ?

Et surtout, d'où vient que vous y ayez soudain pensé ? À quel domaine de votre pensée folâtre étaient-ils liés pour qu'ils aient été brusquement extraits de leur somnolence et mis au grand jour, s'imposant à votre conscient comme des évidences à un moment précis ?

Ô Zigmund ! Grand Alchimiste des synapses enfiévrées, viens en aide à tes enfants !

synapse


24 janvier 2010

Équinoxe, déjà ?

Un jour, il y a à peu près  dix ans, Geneviève m'appelle dans son bureau. Elle m'annonce qu'en raison de la mutation d'une collègue, elle a décidé d'ajouter le laboratoire de microscopie optique à mon secteur d'activités.

- Excellente nouvelle Chef bien-aimé, grâce au microscope, je vais enfin pouvoir voir mes augmentations !

Comme elle ne se laisse pas désarçonner aussi facilement, elle me répond "Tu ne vas quand-même pas te plaindre de ton salaire ?" ( omettant d'ajouter mais je l'entendais penser  : "surtout pour le boulot que tu abats...")

Le lendemain matin, j'entre dans son bureau et dépose un Équinoxe devant elle (l'équinoxe, c'est une petite pâtisserie individuelle consistant en un hémisphère d'environ six centimètres de diamètre de mousse au chocolat napée de chocolat fondant et posé sur une fine galette de riz soufflé).
- Merci,  c'est en quel honneur ?
- C'est pour me faire pardonner mon excédent de salaire, je t'en apporterai un au début de chaque mois.

J'ai tenu parole jusqu'à ma retraite. Sauf que ma liste de distribution s'est rapidement étoffée, s'étendant à mon personnel, mes collègues, quelques dames du secrétariat etc. Si bien qu'à la fin de ma carrière, je fournissais chaque mois vingt-cinq petits gâteaux.

Quelques mois après cette scène, le nouvel-an s'annonce. J'enquête dans mes labos : "ça vous dirait un bout de foie gras au lieu du gâteau de janvier ?" J'obtiens un oui franc et massif à faire pâlir De Gaule de jalousie et déclare "Je vais négocier".

- Chef, j'avais pensé remplacer le gâteau de janvier par du foie gras, qu'en penses-tu ?
- Que du bien, Walrus !
- Évidemment, s'il n'y avait pas cette interdiction de consommation de boissons alcoolisées, je l'aurais bien accompagné d'une larme de Sauternes...
- Occupe-toi du Sauternes, je me charge de l'autorisation !
- Amen, Chef !

Et chaque mois de janvier je servais à  mes amis du foie gras de canard mi-cuit accompagné de toasts de cramique et de confiture de chicons (endives pour les Français) amoureusement cuisinée par moi  et, par la grâce du Chef, arrosé de Sauternes. Le plus drôle, c'était de voir la tête des mecs qui s'inquiétaient dans le couloir de la provenance de cette odeur de cramique toasté.

Pour conserver le mouvement, et en souvenir de cette époque bénie, depuis ma retraite nous invitons chez nous en janvier quelques uns de mes anciens collègues. La semaine dernière,  le jeudi midi, il y avait Jacqueline, Greta et (la grande) Catherine (quand elle s'est penchée pour m'embrasser, je ne me rappelais pas qu'elle était si grande). Au menu : Champagne, foie gras, Sauternes, magret de canard aux légumes tournés glacés, Cahors, Équinoxe...

Comme elles ne s'étaient pas vues récemment (l'une avait été mutée et l'autre avait démissionné pour élever ses enfants et seconder son mari dans son travail), elles ont passé leur après-midi à se raconter leurs vies. C'était vraiment agréable de les voir et entendre se parler, comme au temps où nous formions un groupe uni dans nos laboratoires.

Allez, plus qu'un an à attendre !

Quoique...

bombe


20 janvier 2010

Photo

Hier, tandis qu'elle part pour son atelier de peinture sur soie, mon épouse m'envoie chez le libraire chercher une carte "avec un cheval ou des chevaux" à expédier à Émilie qui participe à un séjour scolaire dans un centre ADEPS.

Chez le libraire, point de carte ad hoc.

Elle m'avait aussi dit "S'il n'en a pas, tu pourrais photographier la peinture qu'Émilie avait réalisée avec son amie pendant les vacances".

En mari soumis que je suis et comme il n'y a guère de lumière par ce matin gris, me voilà donc obligé de sortir le pied de l'appareil photo et de m'exécuter. Vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est de photographier l'image pâle figurant sur le support diaphane qu'est un léger voile de soie. Après quelques essais, j'obtiens ceci :

carte

Ce matin, faisant pivoter mon siège vers la fenêtre, je tombe nez à nez avec un rayon de soleil, le premier depuis des jours et des jours (rassurez-vous, ça n'a pas duré).

Je me dis que je vous montrerais bien ce que je vois assis dans cette position. Comme j'ai remisé le pied dans un endroit plus accessible que la veille, je vais le chercher, y fixe l'appareil, règle le zoom pour avoir à peu près le même angle de vue que mes yeux et clic, full automatique, et voilà ce que j'obtiens :

100120_0006

Ah, la photo ! On croit que c'est un truc factuel, comme dirait l'auditeur que je fus...

Eh bien pas du tout ! Moi, quand je regarde la même vue, je vois les détails de l'intérieur de la pièce en plus du spectacle extérieur.

Alors : manque de dynamique du détecteur digital ? Travail de correction intense de mon unique neurone ? Je ne sais trop. Toujours est-il que pour vous permettre de vous rendre à peu près compte de ce que je vois de mon siège, j'ai dû y aller d'un petit coup de flash obligé pour éclairer un brin l'avant-plan :

100120_0007

Croyez-moi, la vie n'est pas simple !


5 octobre 2009

Polaroïd

Au temps de l'enfance de notre fille, nous lui avions acheté un appareil Polaroïd. C'était le seul système qui à l'époque permettait de voir immédiatement le résultat d'une prise de vue et d'examiner à chaud les choses à améliorer.

Le système avait un énorme inconvénient : si le matériel de départ était relativement peu onéreux, les films, eux étaient très chers. Idem pour la reproduction des images.

Depuis l'irruption du digital, l'apprentissage de la prise de vue photo est devenu un jeu d'enfant et l'appareil Polaroïd une curiosité.

Je vous parle de ça, parce qu'en ouvrant, avant de m'en débarrasser, le cartable que j'avais abandonné depuis ma retraite, j'y ai retrouvé une des œuvres de ma fille, jaunie par le temps (la photo, pas ma fille) et manifestant un des autres inconvénients du Polaroïd : ses faibles capacités de conservation (bon, le machin a quand même une trentaine d'années aussi).

Vous remarquerez que, apprentissage ou pas, l'enfant avait le sens du cliché. Elle avait même saisi qu'en la circonstance, mon cerveau ne m'était d'aucune utilité et l'avait purement et simplement exclu de la photo sur l'air connu de "A bas la calotte !".

Pas de commentaires sur les circonstances de la scène reproduite, mais une seule question à Val :  "Est-ce que ça te botte ?"

Scan044


17 septembre 2009

C'est la fin...

Fini, Val, toutes les photos sont enfermées dans leurs cartons en vue du déménagement, la source s'est tarie ! Il faudra attendre le déballage maintenant... si déballage il y a jamais.

Evidemment, comme à toute règle générale, il y a des exceptions : je viens d'en retrouver une... sous le clavier de mon ordinateur. C'est te dire l'ordre qui règne ici, dans le feu des préparatifs. Faut dire que si l'ordre devait régner ici un jour, ce serait vraiment l'ordre nouveau ! Quoi, c'est pas drôle ? Tant pis !

En plus, elle n'est pas terrible cette photo, c'est une Polaroïd et qui a souffert du stockage. Je dirais qu'elle date des années septante, lorsque je sévissais au labo d'électrochimie.

Je déconseille de la montrer aux enfants : un chimiste sans blouse ni lunettes de sécurité, une bouteille de billes de plomb pour le tarage des balances, une tasse avoisinant des récipients contenant des solutions de produits chimiques, ils ne comprendraient pas, les pauvres, eux qui sont nés à l'époque du politiquement correct et du principe de précaution (et Peter réunis).

Scan033


30 août 2009

C'est le printemps !

Comme je l'ai déjà expliqué, mon épouse et moi allons devoir déménager et quitter un endroit où nous habitons depuis quarante ans.

Nous allons donc passer d'un appartement à trois chambres, deux caves et deux garages à un autre à deux chambres.

Comme nous envisageons de changer de résidence en octobre. Nous nous sommes donc mis à trier ce que nous avions allègrement accumulé, convaincus que ce seraient nos enfants qui se chargeraient du tri à notre disparition.

Ce sont les éboueurs (à Bruxelles, on dit, de manière impropre, "voddeman" qui signifie plutôt "chiffonnier") qui sont contents ! Bien que nous ayons déjà éliminé une trentaine de sacs poubelles, des dizaines de cartons, des kilos de papiers divers et deux bonnes centaines de bouquins, nous n'avons guère l'impression d'avoir avancé, nous aurions plutôt celle que c'est pire que jamais !

Dans le tas de choses variées (et parfois même avariées) que nous avons manipulées, mon épouse a retrouvé une double feuille comportant quatre "sonnets" dont un doublé d'un acrostiche.

Je me suis alors souvenu qu'un beau jour, ma fille était rentrée de l'Athénée en pestant contre les profs farcis d'idées saugrenues : elle devait écrire un sonnet célébrant "Le gai renouveau". Comme elle prétendait la chose impossible, je lui en avais pondu quatre à la suite pour lui démontrer son erreur avant de la laisser se débattre avec son devoir.

J'en ai scanné un au hasard et je vous le transcris pour vous éviter le décryptage de mes pattes de mouche. Remarquez que ce ne sont pas les corrections qui vous auraient donné du fil à retordre, j'en faisais très peu.


Sonnet001

L'enfant tout ahuri devant sa feuille blanche
Se demande comment célébrer le printemps
Dans la forme prescrite en assez peu de temps
Pour pouvoir profiter un peu de son dimanche.

De quoi parlera-t-il ? Du rythme des saisons
Egrenant lentement le chapelet des âges ?
De calices légers, de chatoyants plumages,
De la vie obstinée qui pousse ses bourgeons ?

Un sonnet, un sonnet bien pensé, bien troussé,
Comme on disait au temps où l'on savait écrire !
L'enfant a bien raison de pousser des soupirs,

Ce qu'il aura écrit demain sera "cliché !"
Le murmure des bois fait pour la poésie
Bien plus que ne feront les règles établies.

Nous en avons parlé hier en soupant. Elle me reproche encore toujours d'avoir fait les devoirs d'un tas d'enfants que nous connaissions, mais jamais ceux des miens. Jamais, sauf un : une dissertation dont le sujet m'échappe aujourd'hui et qui avait eu un tel succès qu'elle avait dû aller la lire devant les autres classes, se tapant, selon ses dires "la honte de sa vie".

Jamais contents les enfants !


1 août 2009

Pour Val (parce qu'elle le vaut bien)

Je n'étais déjà pas très régulier sur ce blog, eh bien je peux vous annoncer que ça ne va pas s'arranger !

Nous venons d'apprendre, mon épouse et moi, que l'immeuble dans lequel nous louons notre appartement a été vendu à une société d'investissement. Cette même société a déjà mis en vente les divers appartements de l'immeuble, bien qu'elle ne doive en devenir légalement propriétaire qu'en mars prochain.

Nous allons donc devoir trouver à nous reloger et pour ce faire, éliminer une grosse partie de ce que nous avons accumulé en quarante ans d'occupation (Ça intéresse quelqu'un cinq mille bouquins ?).

Mon épouse ayant débuté par le tri des photos (dont certaines remontent à plus d'un siècle) et connaissant l'insatiable curiosité de Val pour ce genre de documents, particulièrement si on peut cliquer dessus pour les agrandir, j'ai décidé d'ouvrir une nouvelle catégorie réservée à son usage et celui d'éventuels autres curieuses ou curieux.

Je signale que pour l'instant, il n'est pas encore apparu de photo où, époque de ma naissance oblige, je me trouve tout nu sur une peau de mouton. Dans l'attente de cette trouvaille, je m'en vais vous en montrer une autre.

Scan002

Cherchez pas midi à quatorze heures : c'est moi, méconnaissable, je vous l'accorde, mais moi malgré tout et... en quelle circonstance ?


22 juin 2009

La Chaskañawi

Aujourd'hui, Émilie, notre petite-fille, termine ses examens.

Pour fêter cela, elle voudrait que nous l'emmenions au restaurant chinois — toujours ça de pris au cas où les résultats ne seraient pas à la hauteur de ses espérances à la réception du bulletin.

Nous allons, bien sûr, nous exécuter.

Accessoirement, elle ramène avec elle une condisciple que nous engloberons dans l'offre.

Il se trouve que cette enfant est la fille d'une amie de la nôtre. Et il me revient qu'à une époque, comme notre fille trouvait sa copine un brin anorexique, nous les avions déjà emmenées toutes deux à plusieurs reprises dans un restaurant, bolivien celui-là. Il s'appelait "La Chaskañawi" et était tenu par le mari d'une de nos anciennes cheftaines de troupe d'éclaireuses.

Le temps passe, les générations changent...

Cherchez l'erreur !

bonnet_bolivien


22 avril 2009

Cool, ma poule !

Dans un de ses récents commentaires, Papistache s'inquiétait de savoir si j'avais vidé la poule avant de la cuire. Cette question badine, associée au fait que, dans ce restaurant aux allures suisses que je mentionnais en fin de mon dernier billet, le Chef (chez moi, les Cons ont droit à la majuscule) se soit adressé à mon épouse en l'appelant "ma poule", m'a fait souvenir d'un épisode de mes aventures juvéniles.

Un jour, alors que j'étais chef d'équipe des aspirants dans mon clan, le chef de troupe des éclaireurs me demande de venir assurer l'intendance de son camp.

Cela se passait à Dourbes, dans l'entre Sambre et Meuse. Beaucoup plus près de la Meuse que de la Sambre d'ailleurs.

Le staff de troupe décide d'organiser un concours de cuisine. Il s'agissait pour chaque patrouille de réaliser un repas à partir d'une même série d'ingrédients. Parmi ceux-ci : une poule.

Un assistant et moi dégotons donc une ferme à Nismes et en ramenons chacun deux poules dans un carton solidement ficelé sur le porte-bagages de nos vélos.

Pour corser les histoires, les chefs décident de procéder comme suit : à une des pattes de chacune des poules, on attache une ficelle d'environ deux mètres avec à son extrémité une étiquette portant le nom d'une des patrouilles. À charge pour ces dernières de capturer leur poule et de la trucider.

Ils avaient sans doute imaginé je ne sais quel match poursuite à travers le terrain de camp, mais ils en ont été pour leurs frais. Au coup de sifflet, les poules disposées au centre du cercle formé par les éclaireurs, n'ont pas bronché d'une plume. Les gaillards se sont rués sur elles, se les sont échangées pour récupérer chacun la leur, au grand désespoir des chefs.

C'est alors que ça s'est corsé !

Personne ne voulait les tuer. C'est moi qui ai dû officier. Sur un camp scout, ce n'est pas le matériel qui manque : haches, billots, tout est à disposition. D'autre part, à l'époque, je ne m'étais pas encore, chère Teb, transformé en citadin. Chez moi, on élevait les lapins pour les boulotter, pas pour les regarder creuser, comme mon beau-fils.

D'autre part, une poule, c'est facile à tuer : vous la saisissez par les pattes, vous la posez sur le billot, elle tend le cou toute seule et... ce n'est que quand vous la lâchez qu'elle se met à courir, décapitée.

Tant qu'il s'est agi de plumer les bestioles, ça s'est encore bien passé. C'est quand il a fallu les vider que c'est devenu intéressant !

Il y en a qui les secouaient au-dessus de la fosse à déchets, sans même les ouvrir en espérant que ça se vide tout seul. Quand je leur ai eu (rôle d'intendant oblige) expliqué qu'il fallait leur ouvrir le ventre pour pouvoir le faire, j'ai assisté à une scène des plus intéressantes : un des éclaireurs tenait le cadavre à bout de bras en détournant la tête, tandis que l'autre, fourrageait de sa main droite dans la carcasse. À l'aveuglette, puisqu'il avait le bras droit derrière lui tandis qu'il se bouchait le nez de la main gauche, le corps complètement détourné de l'opération en cours.

C'est, bien évidemment moi qui ai dû m'assurer que tout avait été correctement nettoyé et rincé avant de donner le feu vert à la suite des opérations.

Je ne me rappelle plus du goût de la poule, par contre je sais que mon frère puîné avait voulu faire une sauce blanche mais avait oublié de la cuire, c'était légèrement farineux !

poules_herbe


1 avril 2009

Victime de son succès

P1120080Comme je n'ai pas eu l'occasion de vous le dire, c'est cette semaine que mon épouse participe à une exposition au centre culturel du patelin voisin.

Cela a démarré vendredi par le traditionnel vernissage et cela se prolongera jusqu'à la fin du prochain weekend.

L'exposition regroupe les œuvres des membres de trois ateliers liés à ce centre : aquarelle, dentelle et peinture sur soie. Mon épouse s'adonne, elle, à la peinture sur soie.

Parmi les exposants réunis à cette occasion, on peut dire que c'est sans aucun doute elle qui remporte le plus vif succès : elle est à ce jour la seule dont on ait volé une œuvre !


23 février 2009

Une aussi longue absence

J'ai été victime d'une panne, non pas d'oreiller, mais d'ordinateur. Et... savez-vous bien quoi ? (comme aimait à le répéter un ami gaumais)

On peut vivre sans son ordinateur !

... surtout si l'on dispose de celui de son conjoint et d'un portable au cas où.

Mais que je vous raconte...

Cela faisait quelque temps déjà que mon épouse se plaignait de la lenteur de réponse de cette bécane qu'elle avait héritée voici bientôt trois ans lorsque j'avais moi-même remplacé mon ordinateur.

Saint-Valentin oblige (mais c'eût été pareil sans cette invention du commerce moderne)  je décide de lui en offrir un autre. Je lui achète donc un de ces petits boîtiers compacts mais non moins performants que l'on trouve aujourd'hui.

Ce machin étant fourni sans écran (nous avions remplacé le cathodique par un LCD voici quelques mois et n'avions donc pas besoin d'un nouveau), j'arrête ma machine actuelle pour brancher mon propre écran sur le nouveau boîtier. Puis, je procède au transfert des fichiers de données de ma moitié de son ancien disque dur vers le nouveau. Après une bonne journée consacrée à ce travail et quelques instants de recherches et d'explications à propos du nouveau système d'exploitation (Vista, pour ne pas le nommer), je rebranche son écran sur ma machine et je pousse sur le bouton de démarrage.

Rien !

Et quand je dis rien, c'est rien (si l'on veut bien excepter le petit cli-clic du bouton poussoir).

Je m'assure que les innombrables fils de connexion sont tous en place, je change la fiche de l'alimentation de prise, je change de câble  d'alimentation, je vérifie au moyen d'un testeur qu'il y a du "jus" à l'autre bout du câble...

Cli-clic... rien ! Même la petite LED verte du boîtier d'alimentation ne s'allume pas.

Je me donne un jour de réflexion : vais-je remplacer moi-même le bloc d'alimentation ou vais-je confier la machine à un réparateur ?

Entretemps je connecte le portable. Rien n'y est à jour, la licence de l'antivirus a expiré, le logiciel de mail intercepte le courrier de mon épouse puisqu'il est configuré pour les voyages et va pêcher les messages de deux utilisateurs. La joie ! J'arrange tout cela.

Le lendemain je décide d'utiliser l'alimentation du PC déclassé (elle est récente car la précédente avait "cramé" dans un nuage de fumée âcre) pour remplacer celle de ma machine (bien qu'il n'y ait eu aucune odeur suspecte). La déconnecter et l'extraire de sa tour de 45 cm fut un jeu d'enfant.

Démonter l'autre fut déjà plus délicat. D'abord, la tresse comportait un connecteur supplémentaire pour disque dur amovible HP soigneusement boulonné au réceptacle de ce dernier. Ensuite, ce connecteur était pourvu d'une prise USB reliée à la carte-mère (comme je n'envisage pas d'utiliser ce matériel hors de prix, je démonte tout). Enfin, en raison des dimensions plus réduites du boîtier, de la présence de ce cabinet, des deux graveurs de DVD et des emplacements pour disques durs (dont un innoccupé), ça n'a pas été de la tarte de débrancher le grand connecteur alimentant la carte-mère. En effet, l'endroit de connexion était tout à fait caché à la vue.

Je vous dis pas pour reconnecter son remplaçant (lequel était en deux pièces, heureusement que la couleur des fils est standardisée). Trouver du bout des doigts le connecteur mâle de la carte et y insérer à l'aveugle les deux parties femelles... jouissif,  je vous dis ! Heureusement, j'étais seul à la maison à cet instant et mes jurons (c'est fou ce que ça aide de jurer un bon coup) n'ont incommodé personne.

Voilà pourquoi pendant quelques jours, j'ai été fort peu présent sur la toile.

alim


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