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Entre nous
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17 novembre 2013

Mais c'est pas vrai !

Hier, de retour des courses au volant de ma voiture, j'écoute l'émission "Bientôt à table" diffusée sur la radio de bord par la première chaîne de la RTBF.

Carlo De Pascale nous y fait l'éloge du pistolet dans son style inimitable. Je vous transcris de mes doigts engourdis le texte de sa péroraison au cas où le podcast de l'émission disparaîtrait du web.

Le pistolet a le charme de ces produits, de ces plats, de ces spécialités dont le nom ne révèle rien, rien, tout en disant tout. Oui, le pistolet est de cette race-là. Tout comme l'américain pour rester en belgitude ou le Saint-Honoré ou le Kouglof pour aller ailleurs, le pistolet, ce monument de belgobelgitude qui ne répondra jamais ni flamand ni wallon au grand recensement de ce qui est wallo-wallon ou flamand de service qu'un jour on nous fera peut-être tous faire connectés à un détecteur de mensonge, le pistolet commence par un mystère : celui de son nom.

Pistolet, si tu permets que je te tutoie, pistolet mon ami, peu importe que ton nom évoque la pistole ou le pistore, d'abord je veux te dire "Arrête ! Arrête de disparaître, révéille-toi bon Dieu, c'est quoi ce laisser aller qui t'a fait tout doucement déserter les tables du petit-déjeuner du dimanche de nos riantes contrées au profit de viennoiseries toujours plus grasses et sucrées, subrepticement envoyées par des espions à la solde d'outre-Quiévrain afin de mener tout doucement notre pays vers la décadence de par la lenteur de la digestion qu'elles impliquent. Pistolet reviens, reviens au matin, reviens à midi et même le soir, tiens !"


Et ça revient très fort. Oui, grâce à vous, Valérie Lepla et Yves Guns, ça ne s'invente pas, un type qui s'appelle Guns comme dans Guns and Roses et qui fait des pistolets. Le pistolet, le vrai pistolet revient ! Oui, ce magique petit pain dont la forme fendue évoque immédiatement la plus parfaite des paires de fesses, alors que son volume qui remplit parfaitement la main d'un honnête homme est celui du sein nourricier idéal. Le sein nourricier ou ludique, le sein n'est pas toujours nourricier, mais,  je m'égare...
Le pistolet est donc une promesse de plaisir avant de donner du plaisir. A l'heure où, Yves Guns, le pain doit être de plus en plus une nourriture diététiquement correcte, le pistolet iconoclaste parce que sa mie doit être légère (elle n'est là que pour contraster sa croûte) alors qu'un pain, un pain normalement maintenant devrait durer trois jours, nourrissant etc... lui, le pistolet, il joue la carte de l'éphémère : soufflé, aérien, croustillant, ses promesses ne durent que quelques heures.

Le pistolet est prétexte. Je m'explique : le pistolet est certes parfait quand l'artisan a percé son secret et vous Yves Weapons, pardon, Yves Guns, vous avez foutrement mis le doigt dessus. Mais le pistolet commence à exister quand il lui arrive le meilleur du meilleur. Pardonnez-moi, Mesdames, mais le pistolet doit être fourré, et bien fourré encore bien ! Et là, Valérie Lepla, vous avez frappé fort, vous avez recruté le meilleur du meilleur en commençant par Yves Guns, on l'a dit, vous avez attaqué le pistolet par le milieu en lui fournissant la substantifique moëlle de l'artisanat local : haché (oui, du haché porc et veau cru, mais non vous n'allez pas mourir du ténia constrictor !), américain à base de bonne viande rouge des Flandres de chez Hendrik Dierendonck, boudin blanc, Gouda jeune, bloempansch, crevettes épluchées main ou même juste beurre salé.

Celui qui n'a pas mordu dans un pistolet tout frais, garni d'américain-cressonnette en buvant une vraie gueuze de chez nous n'a qu'une connaissance très imparfaite du bonheur. Alors, si pour nombre d'entre-nous et surtout toi qui a moins de vingt ans et qui nous écoutes, ou plutôt qui nous supportes, assis à la place du passager tandis que ta mère t'emmène au hockey ou à l'académie en ce samedi matin, oui toi ! Si pour toi le pistolet ne veut plus dire grand-chose, si donc pour certains, le cordon ombilical s'est rompu entre notre estomac, notre cerveau imaginaire et ce miracle à deux bosses qu'est le pistolet, ce n'est pas grave, il revient et de bien belle manière et surtout il nous révèle encore une fois qu'il y a chez nous des hommes et des femmes qui n'ont pas fini de nous donner envie d'une fois bien manger !

C'est bel et bien tout ça, me direz-vous, mais quel rapport cela peut-il bien présenter avec le titre du billet ? Hein ?

Patience, j'y viens : après cet éloge d'un monument national (bien qu'il semble exister sous le nom de pain fendu dans le Berry) et cette diatribe contre l'invasion d'un mode d'alimentation à la française, était-il vraiment judicieux de faire référence dans la suite au cliché rédhibitoire et usé jusqu'à la corde de ce pauvre Marcel ?

Pire, dans l'annonce de l'émission, ils avaient commencé par là ! Pauvre Belgique...

Compagnon de nos dimanches, petite Madeleine de Proust, le pistolet résonne en chacun d’entre nous. Entre souvenirs d’enfance et moments d’extrêmes délices, sur la digue, pour le petit déjeuner, sucré, salé, au roastbeef, au pickels... à chacun sa manière de le déguster ! Un petit pâton devenu emblématique de l’art de vivre à la belge tant et si bien, qu’une pasionaria vient de se lancer dans une aventure étonnante: le retour au pistolet original ! Un lieu dédié au roi des pains et décliné à la manière belgo-belge ! Produits bien de chez nous pour l’agrémenter… ce samedi c’est une histoire savoureuse qui nous sera contée ! Autour du mythique rondelet : Valérie Lepla, initiatrice du concept " Pistolet Original " et Yves Guns, néo-boulanger de tradition !

 pistolet


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7 juin 2013

Amazing Grace

Non, je n'ai pas choisi ce titre parce qu'un cornemuseux l'interprétait l'autre samedi après-midi avec plus ou moins de brio sur le trottoir devant le pub local — non, je n'ai pas de photo, on ne sait jamais avec ces énergumènes à tuyaux... — , mais parce que j'ai assisté à un événement étrange...

Mon épouse et moi-même venions de quitter la promenade sinuant sur le sommet de la digue de la Alde et rentrions à travers les polders vers Aldeburgh lorsqu'un bruit inhabituel a attiré notre attention : un moteur d'avion à hélice !

Aldeburgh-117Aldeburgh-121

 

Mais attention, pas le lancinant toussotement moustiquoïde du petit avion de tourisme ni le grave vrombissement du lourd Hercules, non : l'inimitable rugissement d'un Rolls-Royce Merlin se rapprochant à vive allure.

Je n'ai pas eu le temps de prendre mon appareil photo et encore moins de le régler que l'avion est apparu, fonçant à toute allure vers la côte. Impossible de ne pas reconnaître sa silouhette mytique : un Spitfire !

Il est allé faire un virage serré au dessus de la mer puis a foncé à très basse altitude vers la petite bourgade. Arrivé au dessus de celle-ci, il a effectué une sorte de courte chandelle, a viré sur l'aile et est reparti vers l'horizon.

Rentré au nid (notre appartement s'appelait "The Nest", vous l'ai-je déjà dit ?) j'ai cherché à savoir d'où avait bien pu surgir cette antiquité avion et, avec un peu d'astuce et de patience, j'ai trouvé : The Grace Spitfire !  et l'étonnante histoire de son pilote :  Carolyn Grace.

Carolyn Grace

Ah, les femmes, elles m'épateront toujours !


19 décembre 2010

Ils sont fous ces Amerloques ! (tram en 3 actes)

Cadeaux de fin d'année obligent, nous effectuons ce dimanche matin une descente chez "Filigranes". Comme toujours, les cadeaux n'auront été qu'un prétexte puisque parmi les neuf bouquins acquis il ne s'en trouve que deux destinés à un cadeau. Passons...

Sur le chemin du retour, nous nous installons dans le tram 3. Deux messieurs turcs apparemment de ma génération se reculent d'une place pour me permettre de m'asseoir à côté de mon épouse et mon nouveau voisin de gauche me déclare "On est un peu serrés, mais au moins on est assis", ce que je ne puis que confirmer tout en le remerciant de son amabilité : les concepteurs des nouveaux trams que la STIB a mis en service sur la ligne rapide ont dû prendre mesure pour les places assises sur ces mannequins anorexiques qui peuplent les revues d'horreurs de mode.

L'arrêt suivant est celui de la gare du Nord. Je fais remarquer à mon épouse la présence sur le quai de trois individus qui semblent penser, puisqu'ils embarquent alors dans notre véhicule, que notre ligne doit aboutir quelque part sur les contreforts de l'Himalaya : sacs à dos, bonnets de laine, grosses bottines, tous trois approchant les deux mètres et d'allure athlétique.

Comme le tram s'éloigne du centre-ville, il se vide progressivement et après quelques arrêts, mes deux Turcs quittent la rame, non sans que mon voisin de quelques instants ne nous ait salués très poliment en nous souhaitant un bon dimanche. Je suis toujours abasourdi par le contraste de comportement entre ces émigrés de première génération et leur actuelle descendance.

Des sièges étant devenus libres, deux de mes alpinistes présumés s'asseyent. Le troisième reste debout, consultant de plus en plus fréquemment un plan du réseau de la STIB et échangeant avec ses comparses des regards d'autant plus inquiets que le paysage se dénude. Lorsque nous franchissons le canal  séparant le port de Bruxelles de son Yacht-club, ils sont tellement tendus que je m'enquiers (en anglais puisqu'ils semblent échanger dans cette langue) de leur destination : ce ne serait pas la première fois que je sauve des touristes qui ont emprunté la bonne ligne dans la mauvaise direction.

Ils veulent voir l'Atomium. Je les rassure donc : en bout de ligne, après le franchissement d'une passerelle piétonne, il ne leur restera qu'un bon kilomètre à parcourir pour joindre le but de leur excursion.

Ils se demandent alors s'ils auront le temps de visiter le monument, car ils doivent prendre un train pour Amsterdam à treize heures, gare du Nord. Comme il n'est pas loin de midi, un léger doute commence à m'étreindre. Plutôt que de leur expliquer l'itinéraire vers leur but, je leur propose de descendre avec nous, là où stationne ma voiture, ce qui me permettra de les déposer au pied de l'objet de leur quête. Ils acceptent tandis que je leur fais voir par la fenêtre du tram la tour japonaise et la maison chinoise.

Nous débarquons du tram, ils entassent leurs sacs dans le coffre de ma Nissan Note et réussissent, je ne veux pas savoir comment, à se loger dans l'arrière de mon véhicule ce qui doit établir une sorte de record de l'entassement (encore que depuis qu'à Karachi dix-neuf filles ont réussi à entrer dans une Smart et à y rester dix secondes, je commence à avoir des doutes).

Je les ai emmenés presque au pied du fameux Atomium (une épreuve de crosscountry empêchait les voitures de parvenir exactement sous l'ouvrage) en leur montrant au passage le palais royal de Laeken, ses serres et l'arrêt du 19 qui les ramènerait à l'arrêt du 3 où ils pourraient embarquer pour la gare du Nord. Ils se sont extraits de leur espace exigu, ont récupéré leur barda et se sont éloignés en se confondant en remerciements et en faisant de grands signes d'adieu.

Chemin faisant, j'avais appris que ceux que j'avais d'abord pris pour des Britanniques venaient de l'Ohio.

J'aurais dû leur filer mon adresse, car je doute fort qu'ils aient pu joindre la gare du Nord pour treize heures dans un patelin où le dimanche, il n'y a un tram que toutes les vingt minutes. Bien sûr, nous n'avons que deux lits d'appoint, mais des mecs qui peuvent se caser à trois dans l'arrière d'une Note ne doivent pas avoir besoin de plus d'un lit d'une personne pour reposer leurs carcasses.

Sont fous ces Américains !

atomium_bruxelles


26 avril 2010

Expo 2010

C'est la troisième année consécutive que l'atelier de peinture sur soie que fréquente mon épouse s'associe avec un atelier d'aquarelle et un autre de dentelle pour organiser une exposition commune dans leur centre culturel.

Comme à chaque fois, je me charge de faire quelques photos lors du vernissage.

Comme ça, j'ai les mains occupées, ça me permet de refuser le "verre de l'amitié" et pas, comme Val ne manquait pas de l'imaginer, de ne pas les laisser se balader sur les courbes engageantes de quelques dames de l'assistance (publique, comme l'ajoutait Francis Blanche dans son inénarrable sketch du Sar Rabindranath Duval avec Pierre Dac).

Je trouve parfaite cette mixité propre aux ateliers d'amateurs. On y trouve de tout, des naïfs aux surdoués (souvent des surdouées d'ailleurs m'a-t-il semblé cette année (mais de rien, Mesdames)).

Allez, quelques photos.

Vous vous rappelez des bas brodés de l'autre fois (non, pas de lien, z'avez qu'à fouiller) ? Eh bien, contrairement à la pub, cette fois je vous montre le haut !

haut200

Pour les œuvres exposées, je vous livre une courte sélection toute personnelle (vous voudrez bien excuser les reflets sur les verres protecteurs, entre le soleil et les spots, c'est dur de les éviter) :

Aim_e1

tita1

dentelle1001

Italie

Et si vous voulez en voir plus, ben, vous avez qu'à venir, c'est ici :

villa


19 janvier 2010

Mêêêêh non !

irishÀ l'occasion des fêtes de fin d'année, ma fille m'a offert un pull. C'est un truc irlandais en laine vierge,  genre  "en direct du mouton au consommateur" (avec néanmoins quelques intermédiaires discrets).

Comme elle a passé la semaine de Noël chez ses beaux-parents avec sa petite famille, je la soupçonne de l'avoir acheté dans un magasin de la rue Ernest Renan à Tréguier (Côtes d'Armor).

C'est marrant cette grande internationale celte (ou pseudo telle) qui fait qu'au cœur de la Bretagne vous trouvez un magasin qui vend essentiellement des produits irlandais. Il s'appelle d'ailleurs "Courant d'Eire".

Les prix y pratiqués me font souvenir d'un gag fameux d'Achille Talon où ce dernier déclare à un commerçant "J'achète avec enthousiasme !" et s'entend répondre "Et moi, je vends sans ristourne...".

Picture_5Mais revenons à nos moutons. Chaque fois que je passe ce vêtement, j'y plonge forcément la tête et là, cette chaleur immédiate et cette odeur de suint me renvoient à ma jeunesse et me ramènent à cette petite école dont je vous ai parlé à maintes reprises.

Une des nombreuses promenades que nous avons effectuées en compagnie de l'instituteur avait pour but la bergerie locale. Elle se situait tout en haut de la côte sur le côté gauche de la route qui menait (et mène toujours d'ailleurs) au Rœulx, à peu près là où passe aujourd'hui l'autoroute Paris-Bruxelles.

C'était une bâtisse tout en bois, assez grande et plutôt basse, comme tapie au sol. Le troupeau s'y trouvait rassemblé et le berger nous attendait.

Nous avons eu droit à quelques histoires dont une tournant autour d'une opération que le berger aurait pratiquée lui même et dont je ne me rappelle plus la nature mais dont je revois encore la cicatrice sur le ventre de l'animal (la brebis, pas le berger).

ciseauxC'était le printemps, l'époque de la tonte, et nous avons assisté à une démonstration. Quelle dextérité ! Pourtant, les ciseaux de l'époque étaient assez rudimentaires et il fallait de la poigne pour comprimer le ressort. Les plus hardis et les plus costauds d'entre-nous ont même eu droit à une tentative. Inutile de dire que c'est le berger qui immobilisait l'animal tandis que mes copains s'escrimaient de manière très peu convaincante.

Après quelques considérations sur le traitement de la laine brute, nous avons quitté la bergerie. De l'autre côté de la route nous avons jeté un œil aux ruines d'un très ancien charbonnage avec cheminée d'aération en briques dont on remontait la houille dans des mannes en osier nous a dit le maître. Il s'appelait, si ma mémoire est fidèle, le charbonnage de la Brûlotte.   Je pensais qu'il ferait l'objet d'une nouvelle promenade, mais il n'en a rien été. Trop dangereux sans doute. Quand j'y passe aujourd'hui, je cherche en vain la cheminée. Mon pays n'est pas très soucieux de son patrimoine pré-industriel.

Dans la revue 1905 de la société belge de numismatique, il est fait mention de l'endroit :

... [La concession de Thieu, Ville-sur-Haine, Gottignies avait déjà des sièges d'extraction au XVme siècle, d'après ce que rapporte M. J. Monoyer dans son mémoire de 1873, sur l'origine et le développement de l'industrie houillère dans le Bassin du Centre.]
...[Les travaux à Thieu, lieu dit la Brulotte, ont été interrompus en 1842, et, par arrêté royal de 1870, la concession a été réunie à celle de Strépy Bracquegnies, sous la dénomination de Strépy-et-Thieu.]

Et pourquoi diable une revue de numismatique s'intéressait-elle donc aux charbonnages, me demanderez-vous ? Parce que ceux-ci produisaient des jetons et méreaux, destinés entr'autres au contrôle des présences. Contents ?


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31 août 2009

Ersatz

Je déplace une pile d'albums et une photo s'en échappe. C'est celle d'un mariage. Aussitôt je pense à Val qui semble friande de ce genre d'archives :

filleule

Comme pour la précédente, il ne s'agit pas non plus de mon propre mariage. C'est plus facile à deviner ici bien sûr : je suis bien plus âgé que la charmante jeune femme. Cela n'empêche rien me direz-vous. Mais quand-même...

Pour mieux vous plonger dans le doute, j'ai éliminé le marié d'un coup de Photoshop. Il n'était pas utile, c'est vers moi que sont tournés les yeux de la belle.

Mais qui est-elle ?

C'est Axelle, ma pseudo-filleule !

Que je vous explique : mon épouse travaillait à la Ligue Braille. Un de ses collègues, malvoyant, avait épousé une aveugle qui travaillait dans l'atelier protégé. Pour leur second enfant, un fils, ils ont demandé à ma moitié d'être sa marraine. Nous avons donc commencé à les voir régulièrement, ma femme fait toujours les choses avec sérieux.

Pour leur troisième enfant, ils avaient choisi comme parrain et marraine deux personnes qui se sont montrées singulièrement absentes une fois le baptême terminé.

Un jour, le collègue de ma femme lui a expliqué qu'Axelle ne voyait jamais ses parrain et marraine et qu'elle en souffrait parce que ses frère et soeurs voyaient régulièrement les leurs et le lui faisaient remarquer (les enfants ne sont pas les anges que certains rêvent). Il lui demanda si elle accepterait de faire "comme si" elle était aussi la marraine de la gamine.

Fine mouche, elle lui a conseillé, plutôt que d'obliger son fils à partager sa marraine avec sa soeur, de me demander si je ne voulais pas, moi, remplacer le parrain fantôme.

Voilà pourquoi l'unique filleule que j'aie n'est que ma pseudo-filleule. Et que je ne suis , de mon côté, qu'un ersatz de parrain !

Mais rassurez-vous, ça n'empêche pas les sentiments. Nous avons beaucoup correspondu à l'époque où elle était pensionnaire du côté d'Auxerre. Nous avons eu des discussions épiques sur des sujets pourtant délicats. J'espère que les personnes chargées de son éducation ne poussaient pas l'ardeur missionnaire jusqu'à surveiller son courrier : je ne suis pas particulièrement porté sur l'intégrisme religieux.


P.S.

Bien sûr, maintenant, Val se demande à quoi pouvait bien ressembler la photo originale, on ne se refait pas, n'est-ce pas ? Mais... il n'y a qu'à demander, ma belle :

Scan023


9 novembre 2008

P'tit déj' (pour Kloelle)

Sous ma dernière participation aux défis du samedi, Kloelle posait une question : "Mais comment fait-il ?"

Je pourrais jouer au petit jeu du "À question idiote, réponse idiote : tout naturellement". Mais Kloelle, comme chacun peut le constater, bien que ravissante, est tout sauf une  idiote. Je vais donc lui donner ma recette, ce qui nous maintiendra dans l'ambiance du défi en question.

J'étais bien décidé, à la parution de la consigne, à ne pas participer pour cette fois. Imaginer des noms d'instruments ne me paraissait pas vraiment dans mes cordes (instruments, cordes, ça vous chante ?). Mais le jeudi matin, devant le peu de participations enregistrées, j'ai décidé de faire un (petit) effort. Cette décision prise, voici quelle fut ma démarche.

Tandis que je me connectais à l'éditeur de Canalblog, mes quelques neurones résiduaires établissaient péniblement quelques connections menant à la chaîne de pensées ci-dessous.

Cela fait bien longtemps maintenant que je n'utilise plus la cuisine à la réalisation de soupe à l'oignon (fondre ces sympathiques légumes est un travail délicat nécessitant tout le doigté d'un chimiste), de filets de saumon à la Bush (mais non, pas George W, une bière belge ambrée), de poulet à la Romeyer (une sauce à base de Gueuze), de homard au Porto, de pasteis de bacalhau (âmes sensibles s'abstenir). Non, je n'utilise plus la cuisine que pour préparer, comme chaque matin depuis près de trente ans, le petit-déjeuner que je porte ensuite au lit à mon épouse. Pour ce faire je n'utilise guère d'ustensiles en dehors de celui-ci :

Couteau

Plutôt que d'inventer un mot pour remplacer "couteau", comme le voulait une consigne imaginée par je ne sais quel esprit tortueux, je me suis demandé "Que ferais-je si le couteau m'était interdit ?". La réponse allait de soi (d'autant que je ne beurre pas mes propres tartines mais uniquement celles de ma chère et tendre). Je l'ai ensuite transcrite en quatre misérables petits vers, directement dans l'éditeur.

Temps de réalisation : quatre minutes (Canalblog était un peu lent jeudi matin).


14 septembre 2008

Ça ne veut pas dire charrette !

À l'instar de Kloelle qui se trouvait "être de mariage" hier, moi, j'étais de restaurant !

Lors de l'année scolaire passée, puisqu'elle rêvait de cela, nous avions promis à Émilie (douze ans en novembre) de l'emmener dans un "grand" restaurant si elle réussissait sa dernière année d'études primaires.

Comme elle nous avait entendu vanter les qualités du Château du Mylord à Ellezelles, c'est là qu'elle a souhaité se rendre et nous nous sommes donc exécutés.

Sur place, elle a porté son choix sur un menu intitulé "Festival España", proposition étonnante dans un restaurant somme toute assez classique. En voici le détail ainsi que la composition des deux "micro-menus".

Menu003

Menu001Menu002

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il va sans dire que le choix de vins ne la concernait pas et qu'elle s'est contentée de boire du jus d'orange à l'apéritif et du Perrier pendant le repas.

Au grand étonnement du personnel de salle, notre petite-fille n'a, à l'exception d'une petite feuille de sauge frite, rien laissé échapper de ce repas.

Aux tables voisines de la nôtre, on servait d'autres menus, lesquels donnaient accès au "Charriot des desserts" (j'écris le mot avec deux "r" pour me conformer à une injonction de Papistache).

Émilie suivait le "véhicule" des yeux pour tenter d'identifier les desserts disposés sur les quatre niveaux de l'engin tandis que je lui racontais qu'une de mes jeunes ex-collègues à qui j'avais, voici plusieurs années, recommandé l'endroit pour fêter son premier anniversaire de mariage, avait goûté à tous les desserts du fameux trolley.

Au bout d'un moment, le maître d'hôtel s'est approché de notre table, poussant le machin, et, s'adressant à la gamine, lui a déclaré "J'ai remarqué que tu t'intéressais au charriot,  y a-t-il l'un ou l'autre de ces desserts dont tu désirerais goûter ?"

Me croirez-vous ? Sans sourciller elle a demandé un peu de gâteau au chocolat, de mousse de chocolat noir et une petite portion de Florentin.

Il m'a semblé qu'elle somnolait un brin pendant le trajet du retour, ce qui ne l'a pas empêché de se renseigner sur la faisabilité d'une petite visite au "Hof van Cleve", le seul trois étoiles de Belgique...


21 octobre 2020

Alors, raconte !

 
Bon, c'est fait depuis hier. À la demande expresse de l'Adrienne à qui je ne peux rien refuser, ou presque, j'ai lu le cadeau reçu dans notre boîte aux lettres. Même si, va savoir après tout, il était peut-être destiné à mon binôme.

Je vous "copicolle" le commentaire de la dite Adrienne donnant son avis sur la production de Monsieur Musso :

Je continue à ne pas comprendre d'où il tient son succès, c'est tellement du n'importe quoi mal ficelé, assaisonné de prestigieuses citations et plein de gros clichés-montagnes... mais tu nous diras, pour celui-ci, si quelque chose le sauve

Comme je n'avais jamais lu le moindre ouvrage de cet auteur, je ne puis le comparer à ces romans qui ont fait sa réputation. J'ai quand même cru comprendre que le polar (même sans le moindre flic) n'était pas son genre habituel et pourtant, c'est un peu de cela qu'il s'agit ici. 

L'intrigue est compliquée à souhait avec rebondissements et tout et tout et largement improbable (particulièrement la récupération des cadavres). Mais bon, ça se lit : je l'ai lu !

La présentation est conforme aux remarques de mon amie : nombreuses citations en début de chapitres, références multiples dans le texte à des œuvres littéraires ou musicales de tous genres.

Ce que j'ai constaté de mon côté, c'est une tendance à allonger la sauce en décrivant abondamment le moindre lieu d'action, un peu comme ces auteurs payés à la ligne pour produire des romans-feuilletons dans les journaux du passé.

Mais le pire de tout, je l'ai découvert page 153 :

Madeleine002

Il a cru indispensable de ramener Marcel dans la combine !

Je me demande si le malfaisant qui avait déposé la chose dans ma boîte ne l'avait pas fait rien que pour ça !


11 mai 2020

Rouletabille


Dans son billet du jour, l'Adrienne nous donne son interprétation d'une image montrant des gamins jouant aux billes sur un chemin de terre. Interprétation comme toujours très réussie.

Ça m'a rappelé, et je n'ai pas manqué de le lui signaler dans mon commentaire, que lorsque je poursuivais laborieusement (ouais, je l'ai déjà faite celle-là) mes études à l'Institut Supérieur de Chimie à Hornu, un de mes condisciples avait amené un paquet de billes à l'école.

Si bien que pendant quelques jours les grands dadais que nous étions se sont mis à pratiquer ce jeu (peut-être même ce sport) sur le terrain entourant l'école.

billes001

Si si, c'est moi le con qui joue et, effectivement,
comme vous ne manquerez pas de le souligner,
j'avais encore des cheveux !

Nous y avons même joué sur le sol carrelé des couloirs et c'est là que l'événement s'est produit.

Monsieur Urbain, un des préparateurs des labos, la quarantaine bien tassée (un vieux, quoi !), est passé par là et s'est esclaffé devant nos tentatives malhabiles. Il a ramassé une des billes et l'a propulsée avec une telle force que nous avions l'impression qu'elle touchait à peine le sol pour aller percuter en plein sa cible à deux mètres de là.

C'est à cet instant qu'honteux et confus, nous avons décidé de remplacer nos parties de billes par des parties de kicker (baby foot pour les Frenchies) au bistro "Chez Camille" en face de la gare de Saint Ghislain.

 

7 avril 2010

Nameur po tot

La semaine dernière, un bout d'émission télévisée était consacré à une exposition reprenant des œuvres de Gustav-Adolf Mossa. Mon épouse avait cru déceler une forte parenté entre ses peintures et celles de Khnopff et de Klimt. Comme elle adore ces peintres symbolistes, je lui ai proposé d'aller voir ça de plus près.

Nous nous sommes donc rendus ce matin à Namur pour visiter cette exposition du musée Félicien Rops. Ceci nous a permis de revoir le musée en plus de l'exposition temporaire et, une fois n'est pas coutume, le célèbre "Pornocratès" n'était pas en prêt pour l'une ou l'autre exposition lointaine, ce qui nous a permis de le voir "en vrai".

Rops2

Voilà pour Rops. Si un béotien tel que votre serviteur connaît bien évidemment Klimt et Rops (et même Khnopff, étonnamment)  il ne savait absolument rien du Niçois Mossa.

On pourrait le définir comme un symboliste tardif. Tout en ne pouvant nier le lien entre son œuvre et celles des grands symbolistes, on y trouve une sorte de maniérisme et un goût pour la profusion de détails. Allez, je vous montre la couverture de l'opuscule associé à l'exposition de ce peintre obsédé par Salomé et un tas d'autres héroïnes fatales.

Mossa001

Tout cela pour la somme modique de cinq euros, soit un peu plus de la moitié du prix du parking de l'hôtel de ville, lequel parking ferme à dix-neuf heures. Quels couche-tôt ces Namurois !

Rops001

En sortant du musée, nous sommes allés déjeuner dans un restaurant à la carte peu fournie mais des plus engageante. Deux choses étranges : son nom  "Le Pâtanthrope" (tous les plats contiennent une variété de pâtes) et le fait que le menu du midi, absolument identique à celui du soir, est proposé à un prix nettement plus bas.

Ah oui... ! Le repas était à le mesure de nos espérances, c'est vous dire s'il était parfait !


24 mars 2016

Une vie sous influence ?

 

Lundi, tandis que je roule en voiture, la radio diffuse une émission consacrée au septantième anniversaire de la publication du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.

En l’écoutant, je me fais la réflexion que c’est précisément en lisant ce livre-là, réputé avoir été écrit pour la jeunesse et même pour les enfants que je suis entré dans l’âge adulte. Etonnant, non ?

Etonnant… et pas tout-à-fait exact.

En cette fin des années cinquante, les éditions du Seuil publient une collection : « Ecrivains de toujours ». Le principe de la série est original : le titre de chaque ouvrage est formé du nom de l’écrivain sélectionné suivi de « par lui-même », simplement parce que les auteurs qui présentent l’écrivain émaillent leur propre texte de très nombreux extraits de l'œuvre de celui-ci.

Parmi les trente-six auteurs, tous français sauf cinq, figure Saint-Exupéry. À cette époque d’après guerre, les récits de guerre font florès et je me passionne pour eux, empruntant tous ceux que je trouve à la bibliothèque.

Aussi, lorsque passant devant la librairie du père d’un de mes condisciples j’y découvre ce livre consacré à un héros de l’aviation française (le fait qu’il soit mort pour la France a valu à son œuvre un sursis de trente ans supplémentaires par rapport aux septante accordés par l’Union Européenne, vous ne risquez donc pas de la charger gratuitement sur votre liseuse), je décide de l’acheter.

Je viens de mettre le doigt dans un engrenage infernal : la pensée de l’auteur m’enchante et en commençant par le Petit Prince, je finirai par acheter et lire non seulement toute l’œuvre de Saint-Ex mais aussi à peu près tout ce que l’on publiera sur lui jusque dans les années septante.

Le Petit Prince ! Quel livre étonnant. Ce n’est pas pour rien qu’il s’en est vendu cent-quarante  millions d’exemplaires. Oui, je suis entré dans l’âge adulte avec ce livre sous le bras et je pense qu’il me reste toujours aujourd’hui quelque chose de mon émerveillement.

 Saint-Ex001


4 mai 2016

Proust alors !

Celle-là, je ne pouvais pas la rater !

Un site spécialisé nous informe que Sotheby's va mettre en vente prochainement quelques documents proustiens.

Parmi ceux-ci, une vue de la façade ouest de la cathédrale d'Amiens, de la main de l'artiste !

proustamiens

 

Ah mais...

C'est qu'il dessine mieux qu'il n'écrit le Marcel !


5 juillet 2015

Retraite anticipée

Régulièrement, dans cette petite fenêtre en haut à droite de mon écran, apparaît l'une ou l'autre photo du temps de mes activités laborieuses (normal, je travaillais dans un labo). À chaque fois, j'ai un petit pincement au cœur.

Je sais que pour la majorité de mes contemporains cela doit sembler incroyable : non seulement j'ai été parfaitement heureux au boulot, mais pire, s'il n'avait tenu qu'à moi, j'y serais encore.

Quand j'ai été engagé dans ces circonstances que j'ai déjà évoquées à l'intention d'Anaïs, la convention du secteur chimie établissait l'âge de la retraite à soixante-deux ans. Suite à des problèmes de financement des retraites complémentaires, il a ensuite été porté à soixante-cinq.

Aussi, lorsqu'il m'a été proposé de partir à soixante et un ans ai-je refusé tout net.

L'année suivante, ma double hiérarchie (poussée dans le dos par la DRH) est revenue à la charge. Ma directrice arguant de son prochain départ vers d'autres sphères où elle ne pourrait m'emmener dans ses bagages, ma chef de service disant de son plus suave accent flamand que son papa non plus ne voulait pas partir mais n'avait jamais regretté de l'avoir fait.

Ce qui m'a finalement décidé, c'est que durant cette dernière année, j'avais passé presque autant de temps à l'hosto qu'au boulot, que si ça se trouvait ça allait continuer et que ça ferait chier le monde et donc, basta et place aux jeunes !  C'était quand même l'âge convenu à mes débuts.

Je le regrette encore.

Ça vous étonne ? Faudrait peut-être que je vous montre les photos...

Hiérarchie
Bourré (de cortisone) et entouré de ma hiérarchie
Ma directrice porte un foulard de soie réalisé par mon épouse

 

Secrétaires
Bourré (de chocolat) au bar du Métropole
entouré de notre secrétariat

 

Ah, vous comprenez mieux, maintenant ! (Et vous n'avez même pas vu mes collaboratrices...)

Je dois à la vérité de dire que depuis que cette société que j'ai quittée a absorbé un groupe français et que mon ex-hiérarchie se plaint avec un ensemble touchant de la nouvelle ambiance consécutive à ce deal, déclarant à qui mieux mieux vouloir partir à la moindre ombre de proposition, j'ai un peu moins de regrets.

Ben oui, on se voit encore, ça ne fait quand même que douze ans que je suis parti !


19 décembre 2014

Voddeman & Co

Sacs-poubelles-rues-Bruxelles

Quatre jours, depuis la grève de lundi, que les sacs de ce tri sélectif dont se gargarise ma région encombrent les trottoirs.

Slalomant entre eux, les préposés à leur ramassage vont de porte en porte réclamer leurs étrennes.

 

Ces mecs adorent :

  • se foutre de la gueule des cochons payants
  • se faire copieusement engueuler

 

 Votez !


10 décembre 2014

Futile...

Cela fait un moment que ça me tourne dans la tête et avec cette émission entendue l'autre (procrastination oblige) samedi, je me suis dit que c'était l'occasion de vous en parler...

Mais commençons par le commencement.

Parmi les multiples blogs dont je parcours chaque jour les nouveautés, quelques uns se distinguent par des préoccupations, des questionnements, que je ne puis qualifier autrement que de philosophiques.

Chez certains, cela semble la quête patiente d'une vérité, d'une essence qui se situerait au fond de soi mais déboucherait par instants sur une mystérieuse transcendance.  Chez d'autres, la quête semble similaire mais on la sent accompagnée d'une angoisse souvent très prégnante. Chez d'autres encore, une religiosité se fait jour, quand ce n'est pas un engagement plus formel.

Quoi qu'il en soit, les blogs de ce genre me fascinent toujours, qui me ramènent à l'intérêt (j'ai failli dire la passion, mais c'eût été exagéré) que j'ai manifesté à un moment de ma vie pour le phénomène mystique.

Ils me fascinent et me rendent un peu jaloux lorsque je considère le contenu du mien dont on ne peut nier qu'il soit... superficiel.

Que voulez-vous ! Comme je le disais récemment dans un commentaire adressé à Coumarine, je suis futile. Et par voie de conséquence, ma production "bloguesque" l'est également.

Bien sûr, pleine de commisération, Coumarine a eu la gentillesse de sous-entendre que ce pourrait n'être qu'un voile dont je couvrirais des pensées plus profondes. Je l'en remercie, mais j'ai comme un doute !

Et l'émission dans tout ça, me direz-vous.

J'y viens. On y parlait du dernier livre d'Alexandre Lacroix, une sorte de sceptique postmoderne, intitulé "Comment vivre lorsqu'on ne croit en rien ?".

On en citait un passage (dont j'imagine qu'il doit être repris en quatrième de couverture, car c'est le même qu'on retrouve partout) : "Ne perds pas ta vie à poursuivre un but illusoire ; ne choisis jamais ; obéis toujours à ton désir le plus grand ; admire aussi souvent que tu le peux les apparences de ce monde".

Et en lien avec cette sensation partagée par nombre d'entre nous que nos instants de béatitude les plus profonds nous viennent lorsque notre pensée n'est plus attachée à rien d'autre que l'évidence du monde, cette étonnante conclusion : "En somme, rien n’est plus profond que la surface".

Bon ben, en tant qu'auteur superficiel, faudrait peut-être que je me mette à lire Socrate dans mes vieux jours....

socrate


27 mai 2013

Deux pour le prix d'une

Deux histoires de resto. Je vous les mets dans l'ordre chronologique.

Depuis 1973, lorsque nous séjournons dans le Suffolk, nous allons chaque fois manger au Butley Orford Oysterage Restaurant.

Oysterage

Respectueux de la tradition, nous y sommes donc allés cette année également.

Lorsque nous sommes entrés (dégoulinants grâce à l'averse locale), il n'y avait qu'une table occupée par trois personnages : un mec et deux dames. J'ai compris par la suite qu'ils étaient américains, grands mangeurs d'écrevisses et que celle des femmes qui avait des allures de teenager attardée était la mère de l'autre et devait sans doute sa peau lisse à quelques liftings du genre de ceux qui, à force, vous amènent le nombril sous le menton (mais ne médisons pas...).

À notre arrivée, ils mangeaient des huîtres et parlaient déjà assez bruyamment. C'est quand on leur a apporté leurs homards que les choses se sont corsées.

Exclamations diverses dont invocations multiples du nom du Seigneur : "Oh my God !" (pour leur défense, je dois reconnaître que la taille des bestioles avait de quoi susciter l'émerveillement).

Mais quand ils se sont mis à les bouloter, j'ai bien cru que la plus jeune (celle donc qui paraissait plus âgée que sa mère si vous suivez...) allait nous faire un orgasme à 140 dB (C'est alors que, bizarrement, j'ai pensé à Célestine). Je crois que ce qui nous a sauvés, c'est qu'après chaque bouchée, elle prenait soin de se remettre du rouge aux lèvres (enfin, rouge, le stick était plutôt cacao pâle).

J'adore les restaurants !

 

Quelques jours plus tard, nous sommes allés au Lighthouse à Aldeburgh. Là, la table voisine était occupée par deux couples d'Anglais : un plutôt âgé et l'autre encore plus âgé. Là aussi j'ai pensé à Célestine en me disant qu'elle aurait certainement été toute retournée si elle avait vu, comme moi, les deux plus âgés pencher amoureusement la tête l'un vers l'autre, jusqu'à ce qu'elles se touchent. Oui, délicieusement émouvant...

Sauf qu'à les observer attentivement,  j'ai fini par comprendre qu'elle n'avait plus qu'un filet de voix et que lui était un peu sourd...

Comment ça "Salaud !" ?

J'adore les restaurants !


13 janvier 2013

De l'importance d'être Constant

Mon épouse déclare aimer Permeke et ce, depuis qu'elle était tombée en pâmoison devant une toile de lui représentant un champ de blé ensoleillé et ondoyant. C'était lors de notre visite, voici quelques années déjà, d'une expo au Musée d'Art Moderne d'Ostende consacrée à l'enfant de la ville, James Ensor, et aux artistes belges plus ou moins contemporains de ce dernier.

Voilà pourquoi je l'ai accompagnée voici quinze jours déjà (Mon Dieu que le temps passe vite, ma bonne dame !) à la rétrospective Constant Permeke organisée au Palais des Beaux-Arts de notre bonne ville, me permettant de constater une nouvelle fois que ce qui coûte dans ce genre de manifestation, ce n'est pas le transport (ils sont, mais plus pour longtemps, gratuits pour les vieux*), ni même l'entrée (y a des réductions pour les vieux*), ce sont les à-côtés du style catalogue de l'expo et petit en-cas vite pris en face, au Cap d'Argent le bien nommé... Encore heureux que je sois allergique aux audio-guides qui vous expliquent le pourquoi du comment et au-delà, c'est toujours ça d'économisé !

Mais revenons à Constant...

Chaque fois que j'entends ce prénom, je pense, mais non pas à Fernande! à... Ernest ! Ben oui, c'est comme ça. Et ça date de longtemps : j'ai appris lors de la fraction de mes cours d'anglais consacrée à la littérature que la pièce d'Oscar Wilde, donnée en francophonie sous le titre que j'ai utilisé pour celui de ce billet, s'intitule en réalité dans sa langue originelle (ou originale ?) "The importance of being earnest", ça vous en bouche un coin, hein !

Mais revenons à Constant... Permeke et à sa rétrospective.

Il n'y avait qu'une représentation de champ de blé ensoleillé. Un champ censé se trouver dans le Devonshire et malgré tout ensoleillé ! Passons... Mon épouse ne pense pas que c'était le même tableau que celui vu à Ostende. Quant à moi, faut pas rêver, j'accompagne mon épouse et mon regard sur les expos est tout personnel : je me promène sans trop enregistrer et en cherchant plutôt le surgissement d'une émotion esthétique ou, à défaut, le détail qui tue, ou, encore plus à défaut, le petit rien insolite...

Oui oui, rassurez-vous, j'ai trouvé !

Dans un coin obscur du parcours, entre les œuvres monumentales de notre expressionniste national m'évoquant tantôt Picasso dans le traitement de la tête d'un cheval, tantôt Léger pour la massivité des formes, j'ai découvert un petit dessin à la plume en assez piètre état, daté de 1919 et résolument un ovni au milieu du reste :

Permeke20

 

Une sorte d'étude dénotant une belle aisance dans le tracé, un petit côté académique tranchant avec le reste et surtout, dans le coin inférieur gauche de la chose, un détail comme qui dirait... bruegelien !

Permeke30

 

* L'exposition, le jour où nous l'avons visitée l'était essentiellement par des vieux. C'est tellement fréquent que Bozar a prévu le coup et met à disposition des sièges pliants en duralumin et toile que vous pouvez trimballer avec vous pour vous permettre de vous asseoir devant une œuvre pour la contempler à souhait. Faut soigner sa clientèle majoritaire, n'est-ce pas...


7 septembre 2011

Enchaînements

Sur le site de la RTBF, ce matin, un titre me saute aux yeux :

Les fautes d'orthographe font perdre des millions d'euros aux entreprises

En même temps que "Tu m'étonnes tiens !", une autre pensée me vient à l'esprit : j'ai noté quelque chose quelque part.

Je me plonge donc dans le fouillis des pense-bête et autres tickets de caisse, Bancontact ou Visa encombrant le dessus du meuble de mon ordinateur,  et je retrouve sur un papier fripé, à côté des mesures extérieures d'une jardinière destinées à la recherche de crochets permettant de suspendre celle-ci à la rambarde de la terrasse de notre appartement,  cette annotation y jetée à la hâte et dont le souvenir avait été réveillé par la phrase citée plus haut : p. 84.

Et tout me revient !

Je remonte le temps perdu jusqu'à la page concernée.

C'est dans Combray II.

Comme l'annotation date de quelques jours, je suis obligé (que ne ferais-je pas pour vous) de relire l'entièreté de la page pour localiser le passage incriminé puisque celui-ci se situe, comme par hasard, tout en fin de page.

J'empoigne l'appareil photo que mon épouse avait rangé lorsqu'elle l'avait remplacé par un plus léger et que j'avais ressorti voici quelques jours pour le tester, Louise ayant décidé, elle, qu'elle en voulait un plus gros que celui que nous lui avions offert l'an dernier, et je photographie le passage, faisant de la sorte d'une pierre deux coups.

Ouvrez bien les yeux :

Page 84

Alors, vous pensez quoi ?

  1. Gallimard ne relit pas ses épreuves
  2. Marcel fait des fautes d'accord des participes
  3. Mes instits et autres profs de français  m'ont, en bons Belges, enseigné des conneries

(Biffez les mentions inutiles)


16 août 2020

Bateau-mouche


En zappant sur la télé cet après-midi, je tombe sur un documentaire sur la chaîne locale francophone de Bruxelles.

Il traite de la Meuse et de ses riverains dans son cours belge. Pourquoi diable une station bruxelloise s'intéresse-t-elle à la Meuse, je vous le demande (mais vous n'êtes pas tenus de me répondre).

C'est en voyant une séquence d'archives où apparaît un ancien bateau-mouche que ça m'est revenu !

mouche

Au cours de mon adolescence, nous avons pris plusieurs fois des vacances à Lustin. C'était spécial : nous louions la villa d'une famille liée à un ami de mes parents. Pour nous la louer, les propriétaires en habitaient le sous-sol. Enfin, sous-sol est impropre, le bâtiment était construit sur un terrain en pente si bien que si l'étage que nous occupions était sur l'avant à niveau avec le terrain, à l'arrière l'étage inférieur débouchait lui aussi à l'air libre.

En dehors des parents, nous étions trois frères et à l'étage du dessous, il y avait quatre sœurs. Nous passions la quasi totalité des journées ensemble.

Mais ce que cette émission m'a rappelé, c'est que j'ai emprunté cet antique bateau-mouche pour aller à Namur. Il avait des arrêts, un peu comme un bus, dans les patelins de son itinéraire.

Pour le prendre en venant du haut de Lustin, je devais descendre à pied à travers bois jusqu'au lieu dit Tailfer sur la rive droite et, comme l'embarcadère du bateau-mouche était sur l'autre rive, à Profondeville, emprunter le passage d'eau sur un petit bac que le passeur déplaçait en tirant au moyen d'une pince en bois sur un câble immergé sorti de l'eau par une poulie.

bac

C'est fou, ce qu'on oublie, heureusement qu'il y a la télé !


31 mai 2013

Bonne pêche ?

Sur la grève, quelques baraques de pêcheurs. Ces derniers y vendent (ou tentent de le faire) le produit de leur pêche aux villégiateurs. J'ai porté mon choix sur celui où, le dimanche, deux ravissantes petites blondes (la plus âgée ne devait pas dépasser six ans) agitaient des ballons bleus pour faire la pub de l'échope de leur père.

Les bateaux de pêche (à peine des barques en fait) sont tirés sur les galets dans l'attente de la prochaine sortie.

Bateau

Sans doute pris par l'ambiance, j'ai tenté ma chance. Et qu'ai-je capturé ?

prise

Je me demande s'il a la taille légale...


8 février 2019

Collé au mur

 

Ce matin, la radio nous informe que la police voit rouge.

Paraît que ça fait des mois qu'un tag (en vert et blanc) accusant la police d'assassinats orne le mur d'enceinte du palais royal de Laeken (la résidence du roi, pas son bureau qui lui est le palais de Bruxelles).

graffiti

La police se plaint du temps qu'on met à faire disparaître ce tag insupportable.

Destruction de pièce à conviction ?

C'est du propre ! (Si j'ose dire s'agissant de nettoyage...)


19 septembre 2013

N'entrez jamais dans les librairies, ce sont des pièges à con !

Bon, le dernier opus de La Folle, je l'avais acheté chez Makro, donc ça ne vaut pas !

L'ennui, c'est que depuis presqu'un an,  suite à la visite de quelques uns de mes cousines et cousin (mouarf ! t'as vu le ridicule de l'accord en genre, dans le genre on ne fait pas mieux), j'étais en possession de chèques-lecture échangeables exclusivement chez Libris.

Avant qu'ils viennent à expiration, j'ai donc pris le métro pour me rendre Galerie de la Toison d'Or. J'avais décidé d'acheter le roman de Sfar (n'en a écrit qu'un, c'est donc pas la peine que je me fatigue à vous donner le titre), un roman de Mia Couto sur les conseils de Minuitdixhuit, et la version poche de "Le secret de la femme en noir" de Dominique Bona parce que j'avais entendu vanter cette biographie de Berthe Morisot par une charmante animatrice de radio. Je pensais de la sorte venir à bout de mes soixante euros de bons.

Ils n'avaient pas le dernier mentionné, si bien que j'ai dû aller le dénicher chez Filigranes trois jours plus tard (aujourd'hui donc) au prix de nouveaux voyages combinés tram - métro. Toujours aussi intéressant le métro, mais je vous raconterai plus tard si j'y pense encore...

Et le piège à con dans tout ça me direz-vous...

J'y viens !

Aujourd'hui, par exemple, étant entré pour acheter un machin à sept euros :

Morisot001

 je suis passé devant un bouquin qui m'a fait penser à plusieurs d'entre vous, d'Adrienne à MAP en passant par Berthoise, joye et Célestine (que celles que j'ai sautées oubliées veuillent bien me pardonner) et je n'ai pas résisté au plaisir de le leur faire voir :

Profs001

Mais le pire, ce fut lundi : non seulement ces libraires n'avaient pas le bouquin que je cherchais. Mais par dessus le marché en pénétrant dans ce lieu où m'avait poussé mon côté "un sou c'est un sou" (comme s'il y avait encore des sous ! pourquoi pas des liards et des deniers tant qu'à faire...) je suis tombé nez à nez avec devinez quoi ?

Un petit autel à la gloire du Marcel ! Rempli de ses œuvres et de celles d'éxégètes ou de biographes passionnés. Même un suisse y avait !

Si si, comme je vous le dis : la place qu'ils n'avaient pas voulu consacrer au stockage de mon bouquin, ils l'avaient dédicacée à la gloire du monument de la littérature française, au grand malade devant l'Eternel (ah non, ça c'est le titre du bouquin de Sfar).

J'aurais dû prendre la chose en photo, mais je venais de changer de GSM et si le précédent transférait ses photos vers mon PC via liaison infra-rouge, le nouveau utilise Bluetooth et mon ordi n'est pas équipé. Proust alors !


22 août 2010

Occupe-toi d'Amélie !

Si "c'est au mois d'août qu'on fait les fous", c'est également à cette époque que "La Folle" publie son opus annuel. Je l'ai acheté hier vers quinze heures et il était lu pour dix-neuf (ouais, ça a un peu traîné, mais j'ai d'abord dû rentrer à pied de la librairie).

Ça va cette année. Il s'agit d'un roman épistolaire et c'est succulent de voir une ex-anorexique vous raconter un obèse (même si ce n'est pas le premier qu'elle nous conte).

Am_lie001

En parcourant ce livre, j'ai dégoté un passage bien en phase avec ce dont je vous parlais dans mon billet précédent : les rencontres entre blogueurs (bien sûr ici, il s'agit de correspondants, mais c'est du pareil au même).

Elle explique bien cette gamine !

Am_lie002
 Am_lie003
Am_lie004

Vous voudrez bien excuser l'empilage incertain, mais j'ai pas eu le courage de tout bien mettre d'équerre, j'avais pas de fil à plomb sous la main.

Le plus dur dans tout cela, c'est finalement de constater que je pourrais avoir un point commun avec Marcel, moi qui n'en porte point !


17 août 2010

Exegi monumentum ...

Je ne comptais pas en parler, mais en clôture de son blog (rassurez-vous, elle en a ouvert un autre), Sandrine a vendu la mèche. Par la même occasion, elle m'a élevé au statut de "monument historique belge" (d'où le titre), soulignant ainsi discrètement mon âge canonique.

Un jour donc, je reçois un message de MAP, m'annonçant qu'elle allait séjourner quelques jours chez Sandrine et Fred et me demandant, Bruxelles n'étant pas si loin de chez ces derniers, si j'accepterais de les recevoir tous les trois.

Vous auriez pu résister à l'appel de MAP vous ? Moi non plus ! Et je ne l'ai pas regretté, croyez-moi.

Mon épouse nous avait concocté un petit en-cas qui nous a tenus à table tout l'après-midi, après-midi qui est passé comme un rêve et au cours duquel nous avons bien ri. Je ne vais bien sûr pas tout vous raconter, mais ce que je regrette le plus, c'est de n'avoir pas immortalisé en pixels MAP découvrant l'advocaat !

J'ai collé ce billet dans la catégorie "blogs", parce que c'est à cette occasion que je me suis interrogé sur ce désir qu'éprouvent bien des blogueurs de rencontrer "pour de vrai" certains de leurs "collègues".

Personnellement, j'avais des craintes, un peu comme sur les sites de rencontre où vous vous demandez bien si l'individu en chair et en os ressemble vraiment à l'image qu'il affiche sur la toile. Pas que je pratique les sites de rencontre, simplement ils éveillent en moi comme un soupçon...

J'avais donc jusqu'à présent évité de rencontrer d'autres blogueurs pour la simple crainte d'être déçu... ou de les décevoir.

Depuis la visite des trois mousquetaires, je ne suis pas loin de changer d'avis.

Bien qu'un doute subsiste : si j'ai été ravi de les rencontrer, eux, n'ont-ils pas été déçus ? Chi lo sa ?

DSCF7711

Quoi, c'est trop petit ? C'est pour réveiller Val (vous savez, la dormeuse). De plus la photo est de Fred et je n'ai pas voulu la lui voler en entier.

Edit du 18 août

Comme je ne puis résister plus aux appels de Val qu'à ceux de MAP, j'ai rendu la photo "cliquable".
Pour les passionnés de faits historiques, la date de ce mémorable événement était le 3 août. D'autres questions ?


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