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Entre nous
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22 mars 2023

Sosie a-t-il un féminin ?

 

Et ne me dites pas que toute femme est incomparable et que par conséquent.....

Ne me dites pas non plus que la question est identique pour ménechme, vous essayez de noyer le poisson, là !

Je vous pose la question parce que dimanche, nous avons à nouveau rencontré Annie Cordy. Enfin, son sosie : même visage buriné par le temps, mêmes cheveux blonds coiffés au pétard, même parler aux  accents marqués du sceau du Bas-Laeken.

C'est la sœur de notre ami René.

Celui-ci l'avait chargée de disperser ses cendres à un endroit où ils avaient joué enfants, au beau milieu de nulle part.

Ben, si elles n'étaient pas complètement éteintes, maintenant, c'est fait ! Non seulement il pleuvait comme vache qui pisse (mon parka a mis un jour  pour sécher) mais de surcroît on les a balancées dans une rivière.

Voilà, la petite dame est soulagée, sa mission est accomplie.

Personnellement, je rassure ceux (je vous laisse mettre le mot à l'inclusif futur) qui seront chargés des miennes de cendres : ce qu'ils pourront bien en faire est la dernière de mes préoccupations ! (Ouais, expression malencontreuse qui pourrait laisser croire que malgré tout... mais non !)

Je serais sur ce plan plutôt adepte de Branduardi : "Va où le vent te mène, va !"

Et ne me parlez pas de mémoire : je ne serai plus que de la mémoire morte, comme disent les informaticien·ne·s (ouais, celui-là était à ma portée).

Annie Cordy


 

 

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27 décembre 2023

Noël au balcon...

 
Nous étions dix à fêter Noël dans la maison de notre fils.

Je ne sais pas qui a évoqué le fameux dicton, mais côté balcon c'est un peu limite : la maison de notre fils n'en a pas et je suis quasiment certain que ce doit être pareil pour toutes les maisons de Bande, un petit patelin rural accroché au flanc de l'Ardenne là où celle-ci succède à la Famenne.

Par contre, côté tisons, nous étions servis et sans attendre Pâques.

Dans le salon, il y a un poêle à bois. Un de ces trucs en fonte avec récupérateur de chaleur qui suffit à réchauffer toute la maison, pas si petite au demeurant puisque nous pouvons y loger tous les dix  sans problème (majeur).

J'adore ce genre de moyen de chauffage ! On sent et on voit d'où provient la chaleur, en se déplaçant un peu on sent varier la température : c'est vivant ! On n'est pas plongé dans l'atmosphère sans relief du chauffage central d'un appartement, oui, c'est chouette !

Nous étions donc dix et un bref instant, entre l'apéro et le repas, j'ai constaté que tout le monde, excepté moi*, était occupé par son smartphone.

C'est ça, aujourd'hui, l'ambiance de Noël !Emo01


* Normal, mon smartphone (enfin, l'ancien de mon épouse, sans GPS et avec une capacité mémoire ridicule, que je n'utilise que comme un bon vieux GSM et pour prendre quelques rares mauvaises photos) était dans la poche de mon parka deux pièces plus loin...

 

14 juillet 2022

Béotien

 
Voilà-t-y pas que l'autre jour, l'Adrienne se branche sur Pessoa (Fernando).

Je me rappelais avoir pris un bica à une table voisine de sa statue à la terrasse du café A Brasileira (La Brésilienne) à Lisbonne.

lisboa

Les Portugais ont une tendance à statufier les poètes : j'en ai vu une semblable à Loulé représentant le poète Antonio Aleixo.

Loulé

Mais revenons à l'Adrienne et donc à Pessoa. Moi, autant l'avouer tout de suite, tout ce que je savais de ce Fernando c'est que ce devait être un poète portugais et finalement, j'en savais plus sur son homonyme Nelson que sur lui, Dieu sait pourtant le peu d'intérêt que je porte au monde hippique !

Donc, l'Adrienne s'était vu conseiller la lecture d'un livre du dit Pessoa : Le Livre de l'Intranquillité.

Vous me connaissez : j'ai déniché une version pdf de la chose sur le net et je l'ai fait transcrire en format ePub par un logiciel en ligne pour le coller dans ma liseuse.

J'en ai lu un gros 10%.

Eh bien ! En fait de poète, il est bon pour une consultation chez ma copine Nana Fafo, le mec !

Bon, c'est façon de parler vu qu'il est décédé depuis longtemps.

Je crois que je vais m'intéresser aux chevaux finalement...


 

15 mars 2022

Prix Nobels de littérature

 
L'autre jour, comme à chaque fois que je vais récupérer mon épouse à la fin de son atelier de peinture sur soi·e, je balaie d'un œil distrait le présentoir du hall d'entrée du centre culturel.

Et que détecte-je au beau milieu du fouillis de prospectus divers ?

Un flyer ou un folder, j'hésite... enfin, un opuscule, ou...

Bref, ceci :

Prix Nobels

C'est quoi cet ostracisme anti-vieux ?!


 

18 avril 2021

Ne vous laissez pas abuser !

 
Ce midi, durant la promenade où m'emmène quotidiennement le chien, au coin de la rue de la Tour Japonaise et de l'avenue de Versailles, nous avons découvert quelques pousses de capselle "bourse-à-pasteur". Si l'on vous raconte que cette plante soigne la rage, ne vous laissez pas abuser : c'est des couilles!

Pareillement, n'espérez pas trouver de tour japonaise dans la rue du même nom :  en son point le plus proche on en est encore à 1256 mètres à vol d'oiseau !

tour


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6 septembre 2020

J'irai pas cracher sur Nothomb

 
Ça fait un moment que je n'avais plus rien classé dans cette catégorie.

D'abord, Janeczka s'est métamorphosée en Pixie Bratski, ensuite, si depuis ma précédente intervention sous ce label j'ai lu quelques dizaines de bouquins, ou je n'en ai pas parlé, ou j'ai omis de les coller dans la catégorie ad hoc.

Ma dernière intervention y parlait du précédent opus de l'Amélie, un de ses meilleurs bouquins à mon humble avis.

C'est à propos du suivant que je viens vous entretenir aujourd'hui, je l'ai promis à Pivoine, une vieille connaissance (mais néanmoins bien plus jeune que moi).

Voici la chose :

aerostats

J'imagine que le titre fait référence aux Zeppelins dont il est question dans l'un des chapitres de l'œuvre.

Mon titre  à moi, je l'ai choisi parce qu'entre les deux publications de la Folle, j'ai lu un peu de Boris Vian.

Mais revenons à l'opus(cule) de la geisha belge.

Je l'ai lu en version électronique (nique nique), une version où en bas de page vous pouvez, comme dans un livre papier, savoir à quelle page vous en êtes mais aussi combien de pages comporte l'ouvrage. Si bien qu'il arrive un moment où vous commencez à vous demander comment, au vu du nombre de pages encore disponibles, l'auteure va réussir à boucler le récit, pour finir par vous imaginer que la fin va devoir être abrupte...

Ben, elle l'est !

Et vous avez l'étrange impression qu'après une longue (longue, tout est relatif, on est chez Nothomb quand même) introduction, l'écrivaine a décidé que ça suffisait et qu'il fallait en finir au plus vite et trouver une porte de sortie immédiate, à l'image de Molière et de son Deus ex machina.

Sinon, hormis quelques invraisemblances bien senties comme de prétendre qu'un dyslexique ait lu l'Iliade en un jour tout en en mémorisant certains passages ou l'histoire du miroir sans tain, (sur le fait de dégoter à Bruxelles un bistro servant du Champagne Deutz, je ne m'avancerai pas : cette gamine est capable de tout), c'est de l'Amélie classique.

Vous verrez si vous lisez (ça parle de lectures) !


2 avril 2020

Supplément photo au billet du 1er avril


Suite à la demande générale, j'ai embarqué dans ma virée d'aujourd'hui un appareil photo. J'ai emprunté celui de mon épouse, moins encombrant et que je peux glisser dans la poche de mon (ma) parka en attendant l'instant fatidique. L'ennui, c'est que je ne le connais pas fort ou qu'il semble moins performant que le mien, ou les deux. Vous voudrez donc bien pardonner le flou artistique et les fautes d'exposition, j'ai utilisé le machin en mode automatique. Et ne me demandez pas d'emporter mon trépied la prochaine fois, c'est niet, tovaritch !

Vous pouvez cliquer pour essayer de mieux voir.

Aspect général :

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Plan rapproché :

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Gros plan sur une branche :

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Plus grand spécimen :

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Voilà, vous aurez remarqué que si les rameaux ne portent pas de feuilles, ils n'ont pas non plus d'épines, le mystère reste entier !


21 mai 2019

Elsàss


Vous me croyiez mort ?

Question de point de vue, tout est relatif...

Donc, je survis en Alsace et, comme le chien l'a aimablement signalé, je suis un peu pris par les promenades, les courses et les restos, si bien qu'au moment où j'écris, il sera bientôt temps de quitter cette région.

Pour la troisième année consécutive, nous occupons un appartement dénommé "Le petit Kelsch" par ses propriétaires. Le nom provient d'une sorte de tissu à carreaux local. Et, en effet, ce tissu entre dans quelques pièces de la décoration du lieu. Décoration typiquement alsacienne : portraits d'aïeux, tapisseries aux points de croix et de tige, paysages alsaciens, moule à Kougelhopf, landau de poupée, recettes locales, chaises rustiques robustes mais spartiates etc.

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L'endroit est néanmoins très bien équipé et la cuisine moderne.

Bien que l'équipement  présente une collection percolateur / toaster / bouilloire électrique de marque Russell Hobbs de teinte aubergine qui vous ferait penser que la chose est anglaise (même si la marque appartient à une société allemande et si les dessous du matériel vous révèlent qu'il a été fabriqué en Chine), il comporte également une de ces petites cafetières qu'utilisent les Italiens et où l'eau est poussée à travers le café moulu par la pression de la vapeur générée par l'ébullition.

Comme au petit-déjeuner, seule mon épouse prend du café, c'est cette Bialetti que j'utilise pour le lui préparer.

Je la pose donc sur une des plus petites surfaces chauffantes de la taque vitro-céramique. Mais comme celle-ci fait un diamètre d'environ dix-huit centimètres et la cafetière seulement dix, pendant que le machin chauffe...

Je bronze !


11 septembre 2018

Lecture de saison

 

Hier, six heures et demie, ma petite-fille débarque. Elle a besoin de la copie d'un document pour son inscription à l'école et, chez elle, les cartouches d'encre de l'imprimante sont à sec et sa mère (tu m'étonnes !) a négligé d'en constituer une réserve de secours.

Tant qu'à faire, tandis que j'œuvre à la copie du document, elle sort de sa poche une montre et me demande si je ne peux pas en changer la pile.

Bref coup d'œil au boîtier de la chose, c'est une Ice Watch étanche, je ne suis pas outillé pour.

Je réponds que je connais une officine au Westland d'Anderlecht qui effectue ce genre de travail. Bien sûr, elle me dit qu'étant de préparation de pâtisserie pour le mariage d'une connaissance de sa mère elle n'aura pas l'occasion d'y aller. Je lui réponds qu'elle me laisse la montre et que je m'en chargerai.

Mon épouse lui file une montre d'attente, similaire à la sienne sauf que son bracelet est noir plutôt que rose, je lui file ses copies et la voilà repartie pour son école (non sans s'être fait expliquer la route pour rejoindre les tunnels de la petite ceinture de notre ville, la faible connaissance de la géographie de notre agglomération chez cette gamine qui la parcourt chaque jour en voiture ne laisse pas de m'inquiéter).

Aujourd'hui, après avoir déposé mon épouse à son atelier de peinture sur soi(e) (ouais, parfois ça déborde), je me rends donc à l'officine dont question ci-dessus. Dès son ouverture, le préposé jette un œil à la chose rose et diagnostique : "C'est une montre étanche (merci, je ne m'en serais jamais douté), il y a une heure de délai, repassez à onze heures."

Une heure à tuer dans un centre commercial, j'entre dans le Club local, achète le dernier opus de la Folle et m'installe dans une cafeteria.

Pour être certain que mon café ne durera pas plus que ma lecture, j'ai commandé un ristretto, c'est que je connais la gamine !

epicene


11 octobre 2017

Et toc !

 

Considérez ces quelques photos prises dans le domaine de promenade favori du chien.

Vous y contemplez admiratifs :

  • Un château

chateau

En pierres et briques

pierreetbriques

 

  • Une orangerie avec jardin à la française (vous voyez l'alignement régulier des balustres ?)

orangerie

 

  • Des statues,

statue1

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Lors de la dernière promenade du chien, j'ai eu comme un doute et j'ai vérifié en allant regarder les choses de plus près, de très près, même. Pour tout dire, j'ai été jusqu'à toucher du doigt certains endroits.

Et je n'ai pas été déçu !

À l'exception d'une plaque commémorative sur la façade de l'orangerie mentionnant le nom du propriétaire (Orban - Van Volxem) et la date de construction (1895) et les appuis de fenêtres du château, tout ce qui semble être en pierre de taille est en réalité du béton moulé. Même les statues sont dans cette matière, sauf celles du poutour et les vasques fleuries qui elles sont en fonte coulée.

À titre d'exemple, je vous fais voir les dessous d'une déesse marine :

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Aucun doute : que du toc ! Il y a eu dans mon pays des entreprises fabriquant à l'échelle industrielle des éléments standardisés pour la construction de châteaux de style classique : le Lego du riche, en quelque sorte...

C'est malgré tout tellement bien foutu qu'on s'y tromperait (surtout vu de loin) !

Ils m'auront tout fait ces Belges !


 

15 juin 2017

And the Winner is...

 

Mon épouse aime beaucoup voir des sites touristiques où nous ne mettrons jamais les pieds, c'est même pour ça qu'elle suit le Tour de France : on y voit des vues d'hélicoptère de tous les sites remarquables à proximité du tracé de la course.

Mardi soir, faut vraiment n'avoir que ça à faire, nous avons donc regardé sur France 2 l'élection du village préféré des Français présentée par Stéphane Berg .

Ça me fait toujours marrer que ce gaillard partage son prénom avec l'inspecteur Derrick ! Mais passons...

Nous ignorions, et ignorons toujours d'ailleurs, comment avaient été sélectionnés les treize finalistes, mais c'était assez intéressant d'avoir une petite présentation de ces lieux tous différents mais tous éminemment attractifs.

Bref, à la fin de l'émission, on donne les résultats en commençant par la fin avec le dilemme sous-jacent à cette méthode : quand il n'en reste que deux, comment faire ?

M'en fous, de toute manière, les deux qui restent sont les endroits où nous avons passé nos dernières vacances : Kaysersberg et Saint-Valery-sur-Somme. C'est pas du flair ça ?

Bon, pour la victoire de Kaysersberg, je me demande si la gamine qu'ils avaient envoyée pour les représenter n'a pas un peu pesé sur le résultat :

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24 mai 2017

Tri et récupération

 

Les Belges (à tort ou à raison) comptent parmi les champions du tri et de la récupération des ordures (mais non, je ne parle pas du Kazakgate !).

Ainsi dans ma bonne ville, nous avons cinq sortes de sacs différents : des jaunes pour les papiers et cartons, des bleus pour les contenants plastiques et métalliques, des verts pour les déchets de jardin, des oranges-bruns pour les déchets de cuisine, des blancs pour ce qui ne va pas dans les autres, sauf les récipients en verre pour lesquels il y a des "bulles" dans les rues.

Nous avons des parcs à conteneurs pour le tri des gros déchets : bois, ferraille, plastiques, matériel électrique et des points de collecte spécialisés pour les produits toxiques, les peintures, les solvants, les batteries, les huiles de fritures, les cartouches d'imprimantes, les lampes usagées. Les pharmaciens collectent les médicaments périmés ou inutilisés. Y a même de joyeux drilles qui viennent tailler les haies d'ifs pour récupérer la tonte dans le but d'en extraire un principe thérapeutique.

Mais je dois bien avouer qu'il reste encore malgré tout de la place pour de l'innovation, surtout depuis que, tenaillé par un besoin pressant, je suis entré dans les toilettes pour hommes de la mairie de Kaysersberg (vous savez bien, le patelin de l'homme de Lambaréné).

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20 mars 2017

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Fils de ta race !

 

Le chien qui, comme je l'ai déjà souligné, est une chienne, est supposé être un Jack Russell Terrier (vous savez cette race dont le premier exemplaire obtenu par le pasteur John Russell en 1819 s'appelait... "Trump").

Et, effectivement, il y a dans son comportement des choses qui collent avec sa définition, par exemple, sa tendance à creuser rageusement de ses pattes les  taupinières ou à élargir les terriers de mulots en arrachant des mottes d'herbe avec les dents.

Là où j'ai un doute, c'est quand je le laisse libre d'aller où il veut. Il a une forte propension à se ruer dans les grandes surfaces herbeuses pour y galoper plein pot. N'aurait-il pas un peu du chien de prairie (cynomys) ? Remarquez qu'à voir les bonds qu'il y exécute, on serait habilité à se demander s'il n'aurait pas aussi un petit côté chèvre, mais passons !

Si je contrarie cette tendance naturelle et l'oblige à s'éloigner de ces grands espaces en l'entraînant sur les chemins du parc, il manifeste alors une autre particularité : celle d'emprunter les embranchements secondaires.

Et plus c'est étroit, pentu, embroussaillé et boueux, plus ça semble l'inspirer. Comme de surcroît il ne rate jamais une occasion de se vautrer dans des trucs infâmes et puants, je me demande s'il ne tient pas également du cochon, d'autant que lorsqu'il était jeune, le bord des paupières de son œil gauche étaient dépourvus de pigmentation et étaient donc roses comme celles de cet animal, ce que je ne manquais pas de souligner au grand dam de mon épouse.

Bref, devant ces tendances diverses, je crains bien que, comme la majorité des chiens de ma ville, il ne soit bêtement qu'un "zinneke" !

chien


29 janvier 2017

Dans la série "On n'arrête pas le progrès" : les voitures


Je vous ai dit que nous avions acheté une nouvelle voiture ? Ah oui, ici, vous avez raison !

gastQuand j'étais tout jeune, dans les années 40 donc, il y avait très peu de voitures et elles ressemblaient plus à la bagnole de Gaston qu'aux bolides d'aujourd'hui.

stud

Un peu après, on a vu apparaître des voitures américaines munies d'une malle arrière protubérante (les Studebaker par exemple) dont nous nous gaussions en disant qu'elles avaient deux avants et pas d'arrière. (Vous pouvez cliquer sur les photos)

Aujourd'hui, nous trouvons tout naturel de parcourir sans trop d'encombre deux ou trois cent mille kilomètres avec la même voiture. Dans les années soixante, par exemple, cela relevait encore de l'exploit.

merD'ailleurs, Mercédès en 69 octroyait encore une récompense aux conducteurs de ses voitures qui atteignaient les 100.000 km : diplôme et épingle de revers pour le pilote, macaron pour la voiture.

Ah, c'était le bon temps des mains dans le cambouis ! Allez, qui parle encore aujourd'hui de rechemiser les cylindres ovalisés, de resegmenter les pistons, de brûler les soupapes ? Qui soulève encore le capot pour tripoter le levier de ralenti, la vis de mélange, l'avance à l'allumage, l'écartement des électrodes des bougies ?

On est privé de bien des agréments sur nos voitures modernes, croyez-moi !

Leurs mécaniques sont devenues tellement fiables et leurs lubrifiants tellement performants que les entretiens sont séparés par des lunes !

Mais rassurez-vous : grâce à l'électronique embarquée, vous pouvez espérer vous retrouver plus régulièrement en rade sur le bord de la route. Sauf que là, inutile de soulever le capot : faudra remplacer les circuits intégrés et autres processeurs et ça m'étonnerait qu'on puisse le faire nous-même...

Non, non, je vous le dis : on n'arrête pas le progrès !


8 janvier 2017

Dans la série "On n'arrête pas le progrès": le téléphone

 

Mon épouse vient de remplacer son GSM par un smartphone à cause de sa mémoire.

Pas la mémoire du smartphone, la sienne, à elle, qui serait déficiente...

Quand nous roulons en voiture et que quelque chose attire son attention dans l'environnement ou à la radio, elle se pose parfois des questions dont même moi je ne possède pas les réponses (c'est vous dire si ses questions peuvent être tordues...).

Alors, elle dit "Je chercherai sur le Net quand nous serons rentrés". Sauf qu'une fois rentrés, elle ne se souvient plus de l'importante question qui la taraudait quelques minutes auparavant.

C'est dans ces occasions qu'elle déclarait "Il me faudrait un smartphone pour pouvoir chercher avant que je n'oublie".

Aussi, vendredi, comme nous nous étions rendus au centre commercial du coin pour acheter un bon gros chalumeau à butane pour remplacer le petit machin rikiki supposé caraméliser les crèmes brûlées ou catalanes et du coton brun pour crocheter un couvre-oreilles pour le cheval de Louise, lui ai-je proposé de faire un crochet par l'officine de notre compagnie de télécom pour régler la question du smartphone.

Depuis, tandis que mon épouse tente d'inculquer les rudiments de lecture-écriture à Louise, celle-ci tente de dévoiler à son aïeule les mystères du smartphone. Ce n'est gagné ni dans un sens ni dans l'autre...

Moi, je reste zen : j'ai un GSM basique à cartes prépayées qui me sert de bipper.

Et je me rappelle avec émotion le temps de ma jeunesse où presque personne n'avait le téléphone.

telephoneMes parents ont eu leur premier en arrivant à Ville-sur-Haine. C'était un truc mural en bois, un modèle où, à l'origine, il fallait parler dans un petit pavillon fixé sur le caisson du haut (le caisson du bas contenait lui d'énormes piles) et décrocher un écouteur suspendu à une fourche latérale. Mais on l'avait trafiqué pour y adapter un combiné. C'était un poste intérieur relié au central téléphonique de la centrale électrique. Pour appeler, il fallait tourner une manivelle, ce qui faisait sonner un timbre au central et tomber un petit clapet dégageant une ouverture où l'on pouvait connecter un jack d'un quart de pouce de diamètre (6.35mm), ce qui permettait de vous connecter au moyen d'un câble à votre correspondant (lui aussi aupravant dissimulé derrière un autre petit clapet, le sournois !).

J'ai joué les opérateurs devant ce petit standard téléphonique qui se situait dans la salle de contrôle de la centrale électrique.

Quand nous nous sommes mariés, nous n'avions même pas le téléphone et tout allait pour le mieux. Aujourd'hui, si le réseau a le malheur de se déconnecter ne serait-ce qu'une minute, c'est la panique générale ! Je me demande parfois si c'est si bien que ça, le progrès finalement...

Mais bien sûr que c'est bien, comment nous serions-nous rencontrés sinon ?


31 décembre 2016

Eh bien, nous y (re)voilà !

 

Moi aussi ça m'énerve ! 

Enfin, surtout le côté bassement mercantile qui semble avoir pris le dessus sur tous les autres.

Parce qu'il y en a d'autres, un peu plus positifs et que l'on peut comprendre (même si l'on fait mine de s'en défendre).

Nous traînons nos misérables existences dans un monde cyclique, rythmé par les saisons et il est naturel de nous y référer ne fût-ce que pour mesurer le temps.

Bien sûr, nous pouvons nous contenter de constater le retour des choses sans nous sentir obligés de le fêter : c'est le clan de ceux qu'horripilent le côté festif obligatoire des anniversaires quels qu'ils soient.

Mais nous pouvons aussi voir ces événements comme une occasion de nous retrouver avec ceux qui nous sont proches, ce qui en soi est déjà une fête, non ? Alors, si l'une ou l'autre de ces occasions est assortie d'un zeste de tradition, où résiderait le mal ? Si le sapin ne m'est pas indispensable, il ne me dérange pas non plus.

À ce propos, la semaine dernière nous étions dans la maison de mon fils en Ardenne pour nous retrouver tous en famille. Ce que j'aime dans cette maison, c'est le contraste entre l'incomparable chaleur des poêles à bois et la fraîcheur des chambres non chauffées. Bon, il ne faisait pas glacial non plus, Agata, ma bru finement pétillante n'a même pas sorti les bouillottes.

C'était une réunion très réussie :

Louise et Emilie s'étaient chargées des amuse-gueules, vous aimez les religieuses à la crème de saumon et les macarons au foie gras vous ?

amuse gueules

Mon fils s'était occupé de la barbue, du pigeon et des vins. Il m'épate toujours, il est très doué pour la cuisine et bien qu'il ne disparaisse jamais très longtemps dans celle-ci, tout est toujours prêt dans les temps, cuisson parfaite et tout et tout (et je ne vous parle pas de sa cave).

Emilie, toujours elle, s'était chargée du dessert, c'est une vraie pro de la pâtisserie (que, comble, elle n'aime pas vraiment déguster) elle dit qu'en faire la détend.

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Bah, les fêtes, c'est pas si dramatique finalement...


19 décembre 2016

C'est mon neveu qui a recommencé !

 

Dans un de ses billets que j'avais lu sans le commenter pour ne pas alourdir l'addition, mon neveu Joe se paie doucement la carafe de mon auteur favori.

Mais trop tard, le ver était de retour dans le fruit !

Aussi, c'est immédiatement à ce cher Marcel que j'ai pensé  en découvrant ce passage de Thomas Mann , hameçonné que je fus (comme on dit aujourd'hui) par les mots "de bonne heure" chers à l'individu en question :

"Il s'était pourtant de bonne heure rendu compte qu'il appartenait à une génération où était rare, non point le talent, mais le fonds de santé dont le talent a besoin pour s'épanouir."

Voilà qui explique bien des choses ! Manque d'épanouissement !

Remarquez, ça fait un moment que j'avais pressenti quelque chose de ce genre, je m'en étais d'ailleurs ouvert voici quelques années aux lecteurs du défi du samedi.

Comment ça, c'est moi le grand malade ?

Après tout, vous avez peut-être raison : voici quelques jours, mon épouse m'a emmené acheter son inmanquable sapin de Noël.

Elle a choisi un Nordmann qui a l'avantage de conserver très longtemps ses aiguilles, mais ne présente par contre pas l'odeur caractéristique des résineux.

Mais qu'à cela ne tienne : d'abord on l'installe dehors et ensuite je peux facilement compenser cette perte de senteur de sapin si j'en crois mon taux de créatinine.

 

sapin

 


24 septembre 2016

Bon, ça c'est fait

 

La tirette d'un des pantalons d'équitation d'une de mes petites-filles ayant eu une fin aussi brutale que déchirante, mon épouse m'envoie en acheter une autre chez Veritas.

Comme il me faut attendre encore quelques minutes l'ouverture de cette boutique, je fais un crochet par la librairie du centre commercial et j'achète (deux euros et cinq cents plus cher qu'en France, comble pour le bouquin d'une Belge acheté en Belgique) le dernier opus de La Folle.

J'y ai pensé par association d'idées : ce sera vite bouclé, comme une fermeture éclair : zip en 't es gebakke !

Voilà-t-y pas que la gamine fait dans la réécriture du conte maintenant (un peu comme Vegas dans celle de la Genèse). Elle a choisi comme victime le "Riquet à la houppe" du bon Monsieur Perrault.

Oui, "houlà.... houppe!", comme vous dites.

À ce propos, vous avez vu son petit air canaille sur la pochette du bouquin ? Je la verrais bien moi, comme hobby faire du hula hoop autour de son obi, à la plus japonaise des Belges. Si si, je la crois capable de tout, et plus encore.

Riquet001

 

Quoi ? Ce que je pense du bouquin ? J'avais promis ? Bon...

Gentillet, avec une amusante digression (étude statistique à l'appui) sur pourquoi les histoires d'amour doivent mal finir dans les romans, sous peine d'être dans le cas contraire envoyés au rayon "eau de rose" des bibliothèques de gares, et bien finir dans les contes s'ils veulent être portés au pinacle de la littérature.

De toute façon, quoi qu'elle fasse, je pardonne tout à cette enfant, d'autant qu'à l'ultime page de ce dernier ouvrage figure une phrase qui m'a immédiatement évoqué le dernier billet du blog de Célestine :

"Ils ne se dirent pas tout, non pas par vaine coquetterie, mais parce qu'ils étaient conscients de comporter chacun une part d'indicible."

C'est pas beau, ça ?


8 mars 2016

Étrange nouvelle

Hier, je me suis découvert retraité français !

Si, si ! C'était dans l'Écho du 7 mars :


Devient-on français quand on achète français? Pour le quotidien français "Les Echos", la réponse est oui, à en juger par la manchette publiée dans son édition du vendredi 26 février. "Le bon millésime des géants français", titre le journal, avant de citer les six groupes hexagonaux qui méritent, selon lui, un coup de chapeau pour leurs résultats 2015: Axa, Airbus Group, Safran, Saint-Gobain, PSA et… Solvay! Voilà notre géant de la chimie naturalisé français, sans doute parce qu’il a racheté le groupe Rhodia, ou parce que son action figure dans l’indice CAC 40 d’Euronext Paris.

 

Mais je m'en fous, j'habite déjà en Belgique !

 

solvay


15 août 2015

Fatalitas ! (comme eût dit Chéri-Bibi)

Ah oui, j'oublie toujours... vous êtes trop jeunes pour savoir qui est Chéri-Bibi !

Donc, Fatalitas !

Ça devait bien faire un an (à vue de nez) que mon épouse se plaignait de l'accumulation dans un coin de notre chambre non point de bouquins mais de matériel électrique, informatique et sonovisiophotographique hors d'usage que je devais conduire incessamment à la déchetterie.

Faut vous dire qu'à Bruxelles, c'est pas la campagne, pour une petite virée à la déchetterie, faut s'armer de patience (et de sa carte d'identité). Les files sont souvent interminables et ces salauds ont retiré de leur site la webcam qui permettait de les estimer avant de vous mettre en route.

Comme mon épouse venait de vidanger la friteuse, emplissant un ennième flacon d'huile usagée qu'il me fallait aller ajouter à ceux déjà accumulés au fond de mon emplacement dans le garage commun, j'ai empoigné la chose et mon courage à deux mains, j'ai chargé la voiture et j'y suis allé.

Chance, il n'y avait que quelques voitures devant moi et j'ai donc pu déposer (aidé d'un des aimables préposés au tri) dans les conteneurs ad hoc :

  • une quinzaine de litres d'huile de friture
  • une vingtaine de cartouches d'imprimantes diverses
  • quelques ampoules dites "économiques" (j'ai jamais dû en remplacer autant que depuis que j'utilise ces trucs prétendument long life)
  • un grille-pain dûment court-circuité par mon épouse avec la lame d'une spatule
  • une déchiqueteuse à documents victime d'un bourrage définitif
  • un fer à repasser cramé par l'usage intensif
  • une imprimante Epson
  • un scanner de même marque atteint comme sa consœur d'obsolescence programmée
  • deux casques stéréo férocement démolis par Louise
  • un pèse-personne mécanique qui me trouvait de plus en plus léger en dépit de mon embonpoint croissant
  • une chiée de câbles d'alimentation ou de raccordement divers dont deux SCART flambant neufs encore sous plastique
  • une poêle à frire qui avait dû être anti-adhésive dans un passé lointain
  • un lecteur de DVD... si je l'avais retrouvé (pourtant je suis sûr de l'avoir stocké quelque part !)

Je suis alors rentré chez moi (en m'égarant dans un détournement judicieusement organisé à cet effet par les travaux publics) baignant dans la plus béate satisfaction du devoir accompli.

Le soir même, tandis que l'orage gronde au dehors, la voisine du premier (celle-là même qui était venue la veille me demander pourquoi son GSM dont la batterie s'était échappée suite à une chute ne redémarrait pas tout seul après remontage) sonne à notre porte. Elle a un problème avec sa télé.

Une fois sur place, le diagnostic est vite posé : bien que le fils (qui a oublié ses lunettes chez lui ce qui l'empêche d'intervenir) grommelle dans la cuisine que c'est à cause de l'orage, je constate que le connecteur qui relie la télé au décodeur ne tient à celui-ci que par miracle et génère un contact et donc une image intermittents.

Descente rapide chez moi et remontée avec le câble SCART (le dernier en ma possession depuis le matin) reliant jusqu'alors mon vieux lecteur VHS à ma télé. Remplacement du câble : tout baigne !

J'ai maintenant un lecteur VHS qui attend ma prochaine visite à la déchetterie. J'avais hésité à l'ajouter au chargement le matin...

Fatalitas !

 

Scart-Cable


4 août 2014

Radio Star

La radio, me serait une source intarissable de billets si je notais toutes les idées qui me passent par la tête tandis que je l'écoute en conduisant. Mais voilà, si j'ai sur moi de quoi noter, faudrait que je m'arrête pour me saisir du calepin coincé dans la poche supérieure droite de ma saharienne, du porte-mine dont l'agrafe pince le rebord de la poche supérieure gauche, mais dont la pointe est malencontreusement emberlificotée dans les restes de la pochette de mon abonnement de la STIB, que j'ouvre le dit carnet fermé par un élastique récalcitrant et que je me souvienne après tout ce temps de la connerie qu'avait débitée le présentateur radio. Donc, je ne note pas et j'oublie, raison pour laquelle mon blog reste complètement sous-alimenté.

Il y en a pourtant une qui me revient, même si elle date de samedi et si depuis, bien d'autres idées m'ont traversé l'esprit et se sont perdues au fil du temps, vous savez : un clou chasse l'autre et toutes ces sortes de choses.

Un spécialiste pipoles/variétés me bassine les oreilles de la relation palpitante entre France Gall et Michel Berger.

Quoi, c'est pas frais ? Et 14-18, c'est nouveau peut-être ? Non mais ! De toute façon, c'est l'été, y a que des rediffusions, alors...

Bon, revenons à nos moutons : on s'en serait douté qu'ils auraient une relation, le Pays de Galles est rempli de bergers, je le sais, j'ai visité et me suis perdu dans les moors. Ce qui m'a fait tiquer dans tout ça, c'est quand le narrateur a déclaré qu'une thermodynamique s'est installée entre eux.

Thermodynamique, j'te jure ! Sait-il seulement ce que c'est ? D'habitude, ils parlent d'osmose sans déjà trop connaître les bases du phénomène, mais thermodynamique, putain ! (comme on dit dans la région de notre Célestine)

J'en ai fait de la thermodynamique et j'en frémis encore après plus de cinquante ans. Pour moi, c'est énergie et enthalpie, libres ou pas, entropie et irréversibilité, sources froides et chaudes (ouais, comme dans les stations thermales), compressions adiabatiques, machines thermiques et tout le toutim.

Néanmoins, pris d'un doute, je me suis précipité sur le TLFi pour en obtenir la définition en français : "Branche de la physique qui traite des échanges entre les diverses formes d'énergie, des états et des propriétés de la matière, des transformations d'état et des phénomènes de transport".

Ah, des phénomènes de transport quand même !

Ben rut alors, mettons que j'ai rien dit ! (en anglais shakespearien : much ado about nothing)

galles


1 avril 2014

Plan Cul...

 

Je savais que ça vous plairait !   Mais commençons par le commencement :

Depuis des années, mon épouse participe à un atelier de peinture sur soie. Au début, elle le faisait sous la férule d'une prof ou monitrice ou animatrice, je ne sais trop comment la dénommer et de toute manière, ça n'a plus d'importance puisqu'elle a déclaré forfait.

Les dames de l'atelier (une fois j'y ai vu un mec, mais il n'a pas fait long feu) se sont donc constituées en atelier libre et elles se soutiennent mutuellement dans leur progression vers la maîtrise de leur art. Comme quelqu'un devait se charger des relations avec le centre culturel qui les héberge, elles ont choisi mon épouse pour cette mission.

C'est là que j'ai commencé à l'entendre se plaindre du peu d'informations transmises par le Conseil Culturel local et que j'ai commis une de ces innombrables erreurs qui fleurissent mon existence. Je lui ai dit "Ben si tu veux savoir ce qui s'y passe, pose ta candidature pour entrer dans ce machin."

Et elle y est entrée...

Elle venait d'introduire, comme disait l'autre, "le petit bout du petit ongle rose du petit doigt de sa petite main" dans l'engrenage graisseux qui mène dent par dent à la pente savonneuse du surengagement socio-culturel. (Je sais de quoi je parle, j'ai moi-même fini, au temps d'une splendeur révolue, secrétaire fédéral d'une des associations de boys scouts de Belgique). Car une fois dans la place, elle a été chargée par les animateurs des autres ateliers de les représenter au conseil d'administration du centre culturel où sa sociabilité et son solide sens pratique l'ont fait accéder au bureau de ce même conseil. Si bien qu'aujourd'hui (et la majorité des autres jours de la semaine) elle a des réunions d'une importance capitale pour une commune dont ni elle ni moi ne sommes d'ailleurs les habitants.

Et le plan cul...  dans tout ça me direz-vous. Patience, j'y viens !

Devant récupérer ma moitié à la fin d'une de ces innombrables réunions dont une des caractéristiques est de ne jamais se terminer dans les délais annoncés, je parcourais de mes pas  le hall d'entrée du centre culturel et de mes yeux la collection de prospectus qui s'y exhibent sur des étagères et présentoirs divers. Et c'est là que je l'ai vue :

Plan_cul

J'ai empoché un exemplaire de cette plaquette, persuadé qu'en l'étudiant bien au calme chez moi, j'y trouverais enfin, dans la soixante-treizième année d'une existence de rêve, la réponse à cette question qui me taraude, à savoir :

"Qu'est-ce donc, une bonne fois pour toute, que cette culture dont on me rebat les oreilles depuis ma plus tendre enfance ?"

Croyez-moi ou pas, le machin consacrait, ô joie, ô délices, un chapitre entier à cette définition !

Ou plutôt à ces définitions, car il était intitutlé "Quelles définitions pour le mot culture ?"

La lecture du titre avait déjà un peu réduit mon enthousiasme mais celle de la première ligne l'a complètement mis à plat. Je vous la livre en la scannant digitalisant numérisant (restons français ventrebleu !) pour vous montrer que je n'en remets pas une couche :

Plan_cul003

La suite nous plonge dans un jargon proche de celui qu'à la lecture du blog de Célestine j'imagine être celui des pédagocrates de l'Education Nationale Française.

Bref, c'était pas un bon plan et j'éviterai, pour ne pas offenser vos chastes oreilles, de vous dire où je l'ai eu !

 

Question subsidiaire concernant la plaquette :

Pouvez-vous imaginer dans quel cerveau tordu a pu naître l'idée d'utiliser la tronche hilare d'Ernest Borgnine pour souligner la multiculturalité marquée de ma région d'adoption ?


27 décembre 2013

Rencontre

Je suis assis à contre sens du déplacement, sur ce siège de bout de rangée légèrement désaxé où vos pieds posent sur la rotule du tram articulé, ce qui fait que dans les virages, ils se déplacent indépendamment de vous.

Le véhicule stoppe, les portes s'ouvrent, elle monte à bord et s'installe face à moi (si l'on veut bien considérer que le fait d'être aux extrémités d'une ligne passant par le centre de rotation de l'articulation fait de nous des vis-à-vis).

Elle a la quarantaine rayonnante. Son manteau noir à la coupe classique et ses bottes de cuir de bonne facture détonnent un peu parmi les anoraks bariolés et les baskets aux lacets traînant au sol de ses voisins immédiats. Son visage  discrètement maquillé est encadré de cheveux bruns coupés au carré mais avec juste le brin de gonflant suffisant à souligner le charme de ses traits. Tout en elle respire l'élégance et la classe.

C'est alors qu'elle tire de son sac, bien dans la ligne du reste lui aussi, un livre qu'elle se met à lire. Le nom de l'auteur y figure en caractères démesurés, bien lisible malgré la distance :

 

levy

Personne n'est parfait...

 

(Et n'ajoutez pas "Ça fait peur !")


22 décembre 2013

On va finir par le savoir !

C'est marché de Noël au Bois du Cazier à Marcinelle. Mon épouse m'y a entraîné; elle voulait y rencontrer quelqu'un.

Autour de cet ancien charbonnage célèbre depuis qu'une catastrophe s'y est produite au temps déjà lointain de son exploitation, il n'y a pas une place de stationnement à dégoter. Aussi ai-je déposé ma moitié à l'entrée avec pour consigne de m'appeler dès qu'elle en aura terminé avec son amie.

À force de chercher un endroit où attendre son coup de fil, je finis par découvrir un immense parking complètement désert en face du cimetière local. Celui-ci est établi sur une butte qui domine le charbonnage : il se trouve à quelques centaines de mètres de ce qui fut son principal fournisseur.

Malgré mon goût des endroits reposants, je ne le visite pas : le soir tombe, il fait de plus en plus sombre et une petite promenade avec le chien m'a déjà permis de goûter le côté mordant du vent d'hiver qui balaie le sommet de cette colline. Et de toute manière, je sais que j'y trouverais le carré réservé aux victimes des catastrophes minières, je connais par cœur ce genre d'endroit, je suis né à quelques kilomètres, au beau milieu du "Pays Noir". Je reste donc dans la voiture, le téléphone à portée de main.

À la radio, Xavier Deutsch vante les qualités de la collection "La Pléiade". Dommage qu'il croie utile lui aussi à cette occasion de nous assurer qu'on n'est plus le même homme quand on a terminé la lecture de...   À la Recherche du Temps Perdu !

Enfonceur de portes ouvertes !

Évidemment qu'on est un autre homme, avec le temps qu'on y passe on est vachement plus vieux qu'avant de s'y être mis.

Dommage, avant je l'avais trouvé bien ce garçon qui prônait la circulation des livres (en les abandonnant dans des endroits publics accompagnés d'une petite note engageant le découvreur à les lire et à continuer la circulation) et déclarait qu'il n'aimait pas les auteurs qui croient utile d'expliquer aux lecteurs comment lire leur œuvre. Tandis que vous écrivez votre roman, disait-il, vous êtes le maître, vous en faites ce que vous voulez, mais dès que vous le faites éditer, il ne vous appartient plus, il devient la chose du lecteur qui en fait à son tour ce qu'il veut et l'interprète de la façon qui lui chante. Et si ça ne vous plaît pas, ben tenez-le pour vous votre bouquin !

Ouais, dommage, il était bien ce garçon avant de ramener sa madeleine...

madeleine1_3


15 décembre 2013

Un monde d'images

Moi qui depuis des années me confine dans le rôle et l'attitude du mari soumis, l'autre jour j'ai eu un mouvement insensé : j'ai relevé la tête un instant.

Oh, ce n'était pas dans un geste de défi ou de rébellion, je sais trop bien où est ma place, disons plutôt un réflexe ancien autant que malheureux. J'ai relevé la tête et c'est là que je l'ai aperçu.

Un vieux schnok qui prenait un air de plus en plus étonné au fur et à mesure que son attention semblait se concentrer sur moi. Comme il semblait me scruter à la recherche de je ne sais quel détail ou souvenir, j'ai fait de même à son égard. Ben, effectivement, sa tête me disait quelque chose à moi aussi.

Ce n'est que  quand j'ai repéré la tablette où foisonnaient brosses, flacons et tubes divers qui barrait sa poitrine que j'ai réalisé que ce vieillard n'était autre que mon image spéculaire.

Ça m'a fait un choc, j'ai eu du mal à retrouver dans ce vieux débris l'un ou l'autre trait correspondant à l'image qu'en interne j'avais conservée de moi-même. Mais il faut me rendre à l'évidence : même s'il me renvoie renversée cette image renversante, un miroir plan reste un témoin impartial. Ce schnock sénile, c'est bien moi.

Remarquez, j'aurais dû avoir la puce à l'oreille. Par trois fois déjà, ces derniers temps dans le tram, des personnes (dont une jolie maghrébine) ont voulu me céder leur place assise.

 trambondé


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