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Entre nous
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18 février 2021

Roulette russe

 
Pris d'un remords soudain d'avoir si longtemps négligé l'œuvre d'un des géants de la littérature européenne, j'ai décidé de lire "Les Frères Karamazov".

Mal m'en a pris !

Première surprise : le machin annonce quand même huit-cent-quatre-vingts pages, on n'est pas sortis de l'auberge russe, je crains que l'auteur se soit pris pour Marcel !

Deuxième comme dite plus haut : j'apprends d'emblée que ces frères étaient trois, en parfaite contradiction avec ce que m'avait patiemment enseigné un de mes maîtres en matière littéraire, j'ai nommé Pierre Perret, lequel m'a toujours bonni qu'ils étaient deux :

Troisièmement, mais là, ce n'est pas vraiment une surprise : ce n'est pas cette lecture qui va approfondir ma compréhension de l'âme russe, bien au contraire, même si en lecteur assidu de ce blog vous savez déjà que j'ai eu un oncle russe : Constantin Astakhov (Константин Астакоф).

astakhovMarrant quand on sait que l'alphabet cyrillique est une création de Cyrille, autre nom de Constantin le philosophe, et de son frère Méthode.

Bon, c'est pas tout ça, je dois vous laisser, il me reste cinq-cent-cinquante-trois pages à tirer !

Je me demande si j'irai jusqu'au bout...


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22 novembre 2020

Question existentielle (oui, comme l'Adrienne : j'ai mes références)

 
Aujourd'hui dans mon pays (et ailleurs également j'imagine) , un bouquin fait un malheur (sauf pour les libraires évidemment) !

obama

Mais connaissant un peu le monde de l'édition, je me pose une question : Obama a-t-il utilisé un "Auxiliaire qui prépare le travail de quelqu'un et en partic. personne anonyme qui rédige pour une personnalité, qui compose les ouvrages d'un auteur connu" (je cite le CNRTL) ?

Je me demande surtout si, par les temps politiquement corrects que nous traversons, cet "auxiliaire" s'appelle toujours un nègre ?

Et voilà, le mot est lancé, je m'attends au pire.

Remarquez que je ne suis pas le seul à oublier la règle :

Colmar-0012

Est-ce que le passé colonial (et même colonialiste) de mon pays peut me servir de circonstance atténuante ?

C'est qu'au temps béni de ma jeunesse nous avions toujours une colonie : le Congo !

Si bien qu'au bout du compte, nous ne disions jamais "un nègre" ni même "un noir" : nous disions "un Congolais", même pour un GI (de couleur) !


27 octobre 2020

Mécanique Qwantique

 
Hier, suite aux ébats de Google avec l'administration US à propos d'abus de position dominante, je me suis inquiété des autres moteurs de recherche existants.

Parmi les "généralistes" (pour les questions scientifiques j'utilise parfois BASE), je suis tombé sur Qwant.

J'ai donc décidé de proposer une recherche identique à Google et Qwant. Et, très logiquement, s'agissant de recherche, et de perdre mon temps, j'ai tapoté "Longtemps je me suis couché" dans la boîte  ad hoc de chacun de ces moteurs.

Comme attendu, en première réponse, Google m'a branché sur un article de Wikisaitout consacré à l'incipit célèbre.

Et qu'a fait l'ami Qwant ? Il m'a branché sur un article de Babelio consacré à quoi ? Je vous le donne en mille :

Un bouquin évoquant l' Ineffable (Marcel).

9782226444295-j

J'en ai immédiatement entamé la lecture.

Rien que du bonheur !

C'est décidé, je change de moteur de recherche !


27 septembre 2020

De fil en aiguille

 
Dans la petite fenêtre qui exhibe toutes les dix secondes une photo puisée dans le stock de mon ordinateur apparaît une vue que je ne parviens pas à identifier (ce qui est assez rare, j'ai une bonne mémoire visuelle).

Pour m'aider dans cette identification, je clique sur la petite icône qui permet de charger l'image (et celles l'accompagnant dans son dossier) dans le programme d'affichage ad hoc. En faisant défiler quelques images voisines, je comprends enfin qu'il s'agissait de l'entrée (moderne) de l'hôtel du golf à Cáceres.

Tant qu'à perdre mon temps, je continue à explorer le dossier en question et je tombe sur cette image :

P1050302

Saint Georges et son dragon ! Nonante-neuf fois chers à mon neveu Joe.

Je me balade alors un peu sur le net pour voir si un photographe plus doué que moi n'a pas immortalisé la chose de façon plus convaincante.

Et c'est au cours de cette promenade que j'apprends que Saint Georges est précisément le patron de la ville de Cáceres qui le fête chaque année au cours de la semaine du 23 avril. Et que lors de cette fête a lieu une représentation du combat du saint contre sa bestiole.

Des concurrents du Doudou de Mons, dis donc ! Et apparemment très convaincants de surcroît...

caceres

C'est alors que je me suis rappelé que (Lord Robert Stephenson Smyth) Baden-Powell (of Gilwell) avait consacré le brave Georges patron du scoutisme, si si, comme je vous le dis, d'ailleurs, on le voit très bien ici :

BP

Et dire que je m'étais installé à mon poste de "travail" (mouarf !) pour vous parler de Yoga !

Non, je ne pratique pas ! C'est le titre du dernier opus d'Emmanuel Carrère.


30 mai 2020

Ça va, ça vient...


Une affiche est apparue dans les halls d'entrée : mardi, il sera procédé à l'abattage du hêtre à l'arrière de notre immeuble.

P1090779

Ne vous laissez pas tromper par les feuillages de l'arrière-plan, le hêtre est bien mort.

Et ce ne sera pas le dernier : dans notre région, cela fait quelques années que le réchauffement climatique stresse les hêtraies (et leurs gestionnaires).

Pour les merles, c'est le virus Usutu qui les a fait disparaître de notre environnement. Mais ce matin, le chien m'ayant sorti du lit vers six heures pour des raisons apparemment liées au fonctionnement de son système digestif, j'en ai aperçu un dans un des jardins de l'avenue.

Ça faisait deux ans que je n'en avais plus vu : espoir de retour ou dernier survivant ?


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22 mars 2020

Maria et Maria


Comment ? Le titre c'était "Viva Maria!" ? Je vois, vous pensiez à ce bon vieux film !

maria

Vous n'y êtes pas. Simplement, la semaine dernière j'ai eu affaire à deux Maria, c'est bizarre parfois les coïncidences !

La première, c'est cette gentille Portugaise qui, moyennant quelques titres-service, vient jouer les tornades blanches tous les jeudis dans notre appartement.

Nous la laissons faire tout à sa guise : quoi qu'elle choisisse comme programme, c'est toujours mieux que le temps béni où, quand le brol devenait démentiel, nous invitions des amis pour nous obliger à ranger un peu.

Coronamachin et confinement obligent, jeudi, elle nous a annoncé que c'était sa dernière visite avant la fin d'alerte. Alerte ! On peut dire qu'elle l'est ! Une tornade je vous dis...

La seconde (puisqu'il n'y en avait que deux), c'est cette ex-voisine dont j'avais mentionné l'existence aux débuts de ce blog.

À force de reporter de jour en jour la relation de notre relation, j'ai fini par ne jamais l'écrire.

Et voilà-t-y pas qu'au début de la semaine dernière, je reçois et ouvre la revue du Cercle d'Histoire Léon Mabile du Rœulx (je m'y suis abonné voici longtemps parce que ce cercle explore l'histoire des cinq anciennes communes de l'entité et parmi elles, celle où j'ai été le voisin de Maria : Ville-sur-Haine).

Le premier recto visible exhibe une photo de la classe unique de l'école primaire de filles de mon ex-patelin.

Maria T001

Une photo dont la légende stipule que Maria serait cette grande fille à la chevelure permanentée, le dos au mur, à gauche.

Mais je ne reconnais pas mon amie dans cette enfant, au demeurant charmante, mais qui me fait l'impression d'une élève du quatrième degré (là où l'on casait les élèves avant de les envoyer au boulot dès leurs quatorze ans).

Maria, c'est plutôt celle de l'extrême gauche (si j'ose dire pour la fille d'un élu du parti social-chrétien), cette enfant toute en sourire, comme dans ma mémoire. Enfin, je l'espère...


28 août 2019

Des goûts et des couleurs


Ce matin, 8h30, on sonne à la porte palière de l'appartement. Concert immédiat d'aboiements du chien, lesquels aboiements redoublent lorsque j'ouvre la porte et que la bestiole constate qu'il s'agit d'un noir baraqué qui sourit de toutes ses dents. (Vous remarquerez que j'ai abandonné le langage de mon enfance qui m'aurait fait constater "Tiens, un nègre !").

Il dissimule presque complètement les deux comparses qui l'accompagnent. C'est l'équipe chargée de purger les radiateurs suite au remplacement de la chaudière de l'immeuble. Nous l'avons attendue toute la journée d'hier, conformément à l'avis affiché par le syndic.

J'enferme le chien dans les toilettes et les mecs se dispersent dans l'appart à la recherche des robinets purgeurs. C'est de justesse que j'en empêche un de pénétrer dans la salle de bain en l'assurant que je procéderai moi-même à la purge du radiateur qui partage pour l'heure l'endroit avec mon épouse.

L'irruption de ce malabar me fait souvenir que le weekend dernier c'était la ducasse d'Ath et qu'à cette occasion un problème extrêmement grave de racisme anti-noir s'était à nouveau fait jour, après ceux de Tintin au Congo, des Zwarte Piets (pères fouettards) et des Noirauds (société philanthropique).

Le cortège du carnaval d'Ath comporte un char (la barque des pêcheurs napolitains (on peut se moquer des Napolitains ?)) où se trouve un personnage grimé en noir appelé "Le Sauvage". L'association "Bruxelles Panthères" dirigée par un certain Mouhad Neghif s'oppose à cette représentation aux relents colonialistes et s'en plaint jusqu'à l'Unesco.

Sauf que le fameux Sauvage était déjà présent dans le cortège avant que la Belgique ait la moindre colonie et que dans le scénario du défilé il est censé avoir été récupéré sur l'île de Gavatao (une île imaginaire bien sûr).

ath

La ville d'Ath dit comprendre que cette représentation puisse en blesser certains et se dit prête à la faire évoluer. Comme les Noirauds ont décidé de se grimer aux couleurs belges plutôt de tout en noir, ça aide.

Je trouve personnellement que cette volonté de blanchir les noirs à tout prix est contre-productive, mais bon, c'est mon opinion.

Faudra-t-il bientôt changer le titre d'Orfeu Negro, remplacer la couleur "tête de nègre" par "bantou", englober le Negro spiritual dans le gospel (deux disciplines pourtant bien distinctes) ?

Feraient mieux de s'occuper  du sort des noirs aux Uesses et de la montée des nationalismes partout en Europe plutôt que des facéties folklorhydriques belgo-belges.

7 octobre 2018

Preuve supplémentaire

 

L'autre jour,  nous nous promenions, une amie, Câline et moi, dans le domaine bien connu des lecteurs de ce blog.

Soyez attentifs à la ponctuation et la casse des caractères : Câline, c'est le nom du clebs qui me maintient en esclavage, pas un trait caractéristique de l'amie en question (quoiqu'il ne faille jurer de rien n'est-ce pas...).

En un certain point de la promenade, notre amie se penche et d'un geste aussi élégant que précis ramasse un fruit se trouvant au sol.

Il a la forme et la couleur d'un limon mais il a la peau un rien plus verruqueuse, granuleuse, rugueuse (barrez la mention inutile). Nous jetons un regard aux arbres alentour : rien de semblable. Nous nous interrogeons donc (en vain) sur sa nature et sa provenance et emmenons la chose.

Rentrés à la maison, je propose de couper le fruit en deux pour aider à l'identification mais ma comparse refuse tout net l'opération destructrice.

Je photographie donc la chose et soumets la photo à la sagacité de Google images

citron

Le machin me répond que l'identification la plus probable est une sorte de melon asiatique, merci les gars !

Nous en restons donc là et dans l'après-midi, notre amie rejoint ses pénates en oubliant son "limon".

Au cours des deux promenades suivantes avec le chien, j'ai examiné très soigneusement les arbres autour du point de découverte : érables, châtaigner, pin, platane et même des bambous, mais rien qui porte quelque-chose qui ressemble à ce fruit.

Hier, nouvelle promenade, le chien m'entraîne dans une sente étroite et pentue (le genre qui a ses préférences) qui monte à travers bois et qu'aperçois-je au milieu de la pente et de la sente ? Un fruit tout pareil au précédent :

citron2

Je le ramasse et examine les alentours.

Il y en a quelques autres parmi les feuilles mortes et certains commencent à brunir, c'est là que ça a fait "tilt".

Des noix ! Entourées de leur brou. J'en ai écrasé une sous ma godasse pour vérification : bingo !

Bon, ben quand je vous disais que j'étais con...


5 décembre 2017

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Acer Canadiense (2)

érable 

Vous vous souvenez sans doute (ou pas) de mon questionnement relatif à la chute des feuilles. C'était au printemps dernier. (Oui, je sais, pour un ancien joueur de foot, je ne suis pas très vite sur la balle).

Avant que le froid et la neige nous tombent dessus, je me le suis rappelé moi aussi.

Vous admirerez en passant mon souci de ne pas utiliser deux fois le même verbe dans des phrases proches, ce qui me donne l'occasion de pratiquer à certains (remarquez qu'ici, je n'utilise pas l'écriture inclusive, les femmes sont bien trop subtiles pour tomber dans un piège aussi béant) une petite piqûre de rappel à propos des verbes transitifs directs et indirects comme les coups-francs pareillement épithétés.

J'ai donc décidé de vérifier mon hypothèse.

Lors de la dernière promenade automnale du chien, ayant repéré l'érable le plus proche, je me suis arrêté en dessous et j'ai attendu.

Quoi ? Ben qu'une feuille tombe, pardi ! De quoi vous entretiens-je ? M'avez l'air aussi dégourdis que Raymond et Marcel réunis !

Eh bien, vous n'allez pas me croire, ça a pris tellement de temps pour qu'une feuille daigne se détacher de sa branche et tomber, comme le dit la chanson,

"La feuille d'automne
Emportée par le vent,
En ronde monotone
Tombe en tourbillonnant"

que le chien s'est mis à manifester son impatience de plus en plus énergiquement puisqu'il est bien entendu qu'au cours de sa promenade, lui seul est habilité à décider si l'on s'arrête (ou pas).

Je commençais d'ailleurs moi-même à trouver le temps long et à me demander comment le sol pouvait être couvert de ces maudites feuilles quand elles mettent autant de temps à tomber de leur branche. Mais je n'étais pas là pour ça, j'étais là pour observer l'orientation du pétiole au moment de la prise de contact d'une feuille avec le sol, détail que la chanson susdite, conclusion d'une longue et patiente observation des phénomènes automnaux, ne mentionne en aucune façon.

Ça a fini par se produire (comme le disait ma mère en ces occasions : "La queue du chat est bien venue") et j'ai pu constater de visu la justesse de mon hypothèse : c'est ce fameux pétiole (ou la queue si vous préférez maintenir l'allusion au chat, bien que ce dernier soit réputé toujours retomber sur ses pattes) qui a touché le sol en premier.

Grande satisfaction pour moi, même si quelques esprits chagrins ne manqueront pas de faire remarquer que, statistiquement, une observation n'est pas très significative, qu'une hirondelle ne fait pas le printemps et toutes ces sortes de choses (d'autant plus stupides que nous nous intéressons à l'automne et pas au printemps, et toc !).


26 février 2017

Comptages

 

Je sais qu'on va le savoir que nous sommes dans un hôtel de la Côte d'Opale, mais bon, c'est notre anniversaire de mariage et vous connaissez mon épouse !

Comment, non ?

Eh bien tant pis pour vous !

Nous étions venus au même endroit à la même époque il y a deux ans.

Rien n'a changé depuis, en dehors des prix et du fait que les chiens sont désormais interdits dans la salle des petits-déjeuners. Je suis donc obligé d'aller enfermer le nôtre dans la voiture pendant la durée de notre repas, ce qui me donne l'occasion de traverser le parking de l'hôtel, de reluquer les immatriculation des véhicules présents et de dresser le constat suivant :

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Les Keis sont les Néerlandais (ils se reconnaissent au débordement de leur plateau de petit-déjeuner)

Les British semblent se foutre du Brexit

Les Belges sont pour la plupart Flamands

Les Français brillent par leur absence

Ceux des politiciens locaux qui, dans leur splendide isolationnisme, comptent sur la consommation intérieure pour relever l'économie française, n'ont pas fini de se faire des cheveux !

 

P.S. : J'ai même dégoté un Angliche déterminé à échapper au Brexit, mais ça, c'est une autre histoire.

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10 juillet 2014

Jules Amédée

Dans ma voiture, j'écoute d'une oreille distraite l'interview d'un certain Vincent Engel, écrivain de son état, un nom qui ne me dit rien.

Ce n'est que lorsqu'on cite le titre de son avant-dernier ouvrage "Le Mariage de Dominique Hardenne" que je me suis rappelé avoir lu ce roman (et ne pas l'avoir trouvé très convaincant).

Faut dire que le cheval de bataille de l'auteur semble être la nouvelle, un genre qu'il regrette, presqu'autant que la mainmise du monde politique sur celui de la culture, qu'il regrette, dis-je, de voir négligé par les littérateurs francophones actuels. Un genre dont il juge Jules Amédée Barbey d'Aurevilly être un des maîtres incontestés, même s'il est d'un autre temps.

C'est en l'honneur de ce Jules qui eût d'après lui bien mérité le César de la nouvelle, qu'il aurait intitulé son dernier opus "Les Diaboliques".

Je n'ai pas su de quoi traitait ce nouvel ouvrage ni même s'il prenait lui aussi la forme de nouvelles, car étant parvenu à destination, j'ai quitté mon véhicule.

N'empêche que ce nom de Barbey d'Aurevilly lequel, vous en conviendrez, sonne quand même autrement que Proust, lui au moins je le connaissais, même si je n'avais, au contraire de celle d'Engel, jamais rien lu de son œuvre

À tout manquement son remède : j'ai téléchargé sur ma liseuse une version pdf gratuite des Diaboliques. Dans la table des matières, j'ai sélectionné la nouvelle intitulée "Le Bonheur dans le Crime" (bêtement parce qu'un autre auteur belge, Jacqueline Harpman pour ne pas la citer, en avait elle aussi emprunté le titre pour en faire celui d'un de ses romans) et j'ai commencé à la lire dans mon taxi en attendant ma cliente qui se faisait coiffer dans un salon de Tervuren.

Me croirez-vous ? Jules et Marcel, ils nous parlent du même monde : celui d'une aristocratie sur le déclin et d'une grande bourgeoisie en plein essor. Sauf que Jules, malgré son style un peu daté, je comprends ce qu'il raconte...

Jules


6 juin 2014

Jamais tranquille !

Caro s'inquiétait de savoir si j'avais abouti dans ma quête. Je l'ai déjà rassurée, mais j'avais promis de lui donner des détails, les voici.

Comme annoncé, je suis allé vérifier à Wenhaston si mes infos étaient correctes. J'ai eu un dernier doute en arrivant devant l'église, car dans mes souvenirs, je la voyais plus isolée et même installée sur une sorte de tertre, mais rien de tout cela, une église du Suffolk tout ce qu'il y a de plus classique, immanquablement entourée de son cimetière, endroit plein de sérénité.

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Tout ça c'est bien me direz-vous, mais cette peinture à la fin ?

Eh bien, elle y était ! Vous ne pouvez pas la manquer, elle vous fait face dès que vous pénétrez dans le bâtiment. On constate directement qu'elle a été déplacée puisque sa découpe étrange atteste de son encastrement initial sous une voûte.

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Naïve à souhait et très révélatrice de l'esprit du temps de sa création.

Ce jugement dernier vous rassure immédiatement sur la nature de l'au-delà : l'au-delà, c'est exactement comme l'en-deçà !

 

Sous le regard indifférent de Dieu,

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Après un simulacre de justice,

Wenhaston07

La foule des malheureux pécheurs est précipitée dans la gueule (bonnasse) de l'enfer

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Tandis que les puissants de ce monde sont reçus à bras ouverts en paradis où ils ont même droit à leurs signes extérieurs de richesse.

Wenhaston09

Mais ce n'est pas la fin !

Comme pour la visite des églises mon épouse et moi devons nous distribuer les rôles, tandis qu'elle visitait le lieu à son tour, je promenais le chien dans le cimetière.

Alors que j'aboie à la bestiole des instructions de comportement, un Anglais m'aborde, l'insulte à le bouche :

- Vous êtes Français ?

- Belge !

- Oh, comme c'est intéressant ! Vous avez une bonne équipe de foot !

- Pour l'instant...

- Ce sont quand même de très grands joueurs...

- Dommage qu'ils ne jouent pas chez nous

- Oui, vu sous cet angle, bien sûr !

Et nous nous quittons. C'est quand même quelque chose que cette maudite coupe du monde de foot me poursuive jusqu'au fin fond de l'Angleterre.

Remarquez que c'était de circonstance en sortant de la contemplation de cette représentation du jugement dernier : l'équipe belge s'appelle  "Les Diables Rouges".

Et, finalement, elle n'a pas que des mauvais côtés cette manie de supporter l'équipe nationale :

rouges

Pour en finir avec ce chapitre footballistique, les présages ne sont pas terribles pour cette équipe belge : leur dernier match amical d'entraînement contre la Tunisie a dû être interrompu pour cause de  grêle. Bon, il y avait de quoi, c'était au Heyzel, à deux pas de chez moi, je vous montre la taille des grêlons concernés :

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Y a de quoi faire frémir un viticulteur, non ?


27 juin 2013

Question de temps...

Régulièrement, je prends le tram 3 pour aller déposer ou rechercher à la fixation des œuvres de l'atelier de peinture sur soie de mon épouse (ben oui, j'ai que ça à faire, vous êtes jaloux hein ?).

Comme j'ai horreur d'être en retard, je pars largement en avance et débarque généralement beaucoup trop tôt à la station de destination (oui, ce tram est une ligne rapide circulant soit en site propre, soit en sous-sol et donc il a des arrêts comme un tram  et des stations comme un métro). Du coup, je suis obligé d'errer dans les rues avoisinantes pour me présenter à l'heure convenue chez Madame Lechat (c'est vrai qu'elle a un regard qui rappelle le Siamois).

Eh bien, je peux vous assurer que pour des durées similaires de promenade, cela semble passer beaucoup plus vite en flânant au soleil de juin qu'en battant énergiquement le pavé par moins quinze en février. Cette relativité de sensation dans l'écoulement du temps en fonction du climat m'amène à me réjouir : dans l'enfer qui m'est promis, il fera chaud et l'éternité passera donc plus vite.

La dernière fois, comme il faisait beau, je me suis attardé sur le petit marché se trouvant à la sortie de la station et j'ai constaté que dans ce quartier populaire et populeux, les prix des denrées étaient sensiblement moins élevés qu'au marché de Wemmel, commune plus bourgeoise de la périphérie. Les prix eux aussi sont donc relatifs !

C'est aussi sur ce marché que j'ai assisté à une scène amusante : deux individus de couleur (dans ma jeunesse on disait "nègres", mais comme chacun sait, cette appellation est aujourd'hui carrément politiquement incorrecte, n'en déplaise à Joséphine et sa revue ou à Rubens et ses têtes) discutent le bout de gras devant l'étal d'un boucher-charcutier. Ils lui narrent leur visite "à Disneyland ! Mais pas à Paris hein ! Non, à Orlando mon pote ! Génial mec ! C'est bien mieux qu'ici, en France..."

"Ici, en France", sur le Parvis de Saint-Gilles, ce doit encore être un coup de Depardieu !

Parvis


23 mai 2012

Multi-use

Agata (vous connaissez Agata, n'est-ce pas ?) aime s'occuper en toute circonstance.

Si bien que souvent, en déplacement, elle emmène un ouvrage de couture ou de tricot.

Je ne sais trop pourquoi, particulièrement si ma fille nous accompagne, cette activité finit par tourner à la franche rigolade. Exemple dans un gîte rural de la région des Collines en 2007 :

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Ce voyage en Angleterre n'a pas fait exception. Agata avait débuté la réalisation d'un ouvrage tubulaire en laine rose du meilleur effet mais dont la destination semblait encore indéterminée.

Comme la chose dont manque le moins cette charmante enfant est l'imagination et que sa comparse était à nouveau présente, les suggestions les plus inattendues et même les ébauches de réalisation n'ont pas manqué.

Je vous en montre deux, avec la participation d'Emilie dans le rôle de mannequin :

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Elle est pas belle, la vie ?

Les filles me surprendront toujours, en plus de m'esbaudir !


25 juin 2011

La possibilité d'une île

Mais non, je n'ai pas lu Houellebecq !  J'apprends vite et  "Les particules Élémentaires" ont suffi à mon malheur.

Non : alors que nous flânions sur les quais du port d'Olhao, nous avons aperçu des gens qui embarquaient à bord d'un bateau à destination d'une des îles de la Ria Formosa.

Ils le faisaient avec enthousiasme et un brin d'excitation dont témoignaient de bruyantes exclamations.

riaformosa

Je suis toujours étonné, émerveillé même, par cette extraordinaire fascination que les îles semblent exercer sur les hommes (et les femmes, ne soyons pas sexistes).

Pourtant, quelle contradiction flagrante sépare ces rêves de leur réalisation !

Pour essayer d'expliquer cette étrange attirance, mon imagination ne me renvoie que des images de solitude, d'isolement du monde extérieur, de calme (en l'absence de tempête bien sûr).

Bref, j'ai l'impression que l'île que chacun d'entre nous porte au fond de soi est toujours déserte.

Alors, pourquoi nous y précipitons-nous en rangs serrés ?


28 janvier 2009

Enfer et damnation

Suite à ce déménagement qui m'avait donné le bonheur de rencontrer Maria, je débarquai dans une nouvelle école primaire. C'est là que, pour la première fois, j'ai rencontré Dieu (ou, en tout cas, son représentant).

Paradoxalement, bien qu'ayant été baptisé, je n'en avais jamais entendu parler avant.

En fin de matinée de mon premier samedi dans cette nouvelle école, le curé du patelin a débarqué, s'est installé au bureau du "maître" et nous avons commencé à lire un des chapitres d'une sorte de condensé de la Bible à l'usage de la jeunesse laborieuse.

Quand j'y repense aujourd'hui, cela ne laisse jamais de m'étonner : l'école appartenait au réseau communal, officiel donc, et personne n'avait consulté mes parents sur la question de l'enseignement religieux. Moi, ça faisait mes affaires : un bouquin de plus à lire ! Il était illustré car je me souviens d'une gravure qui m'avait fort frappé : on y voyait Absalom pendu par les cheveux à son chêne tandis que Yoav s'apprêtait à le transpercer de sa lance.

À ce point de l'histoire, ça restait amusant : ce n'était qu'une... histoire.

C'est devenu moins drôle lorsque commença la préparation à la communion solennelle. Par tradition peut-être, mes parents qui ne s'étaient mariés que civilement, tenaient à ce que je la fasse. Me voilà donc embarqué dans la catéchèse avec l'irruption du bien et du mal, du péché, du châtiment, du paradis, du purgatoire, de l'enfer, des limbes même !

Une vision du monde bien dans la ligne du Dieu jaloux, vengeur et vindicatif de l'ancien testament. Le tout enseigné par un prêtre asthmatique qui se fût trouvé mieux dans une maison de retraite qu'au milieu d'enfants turbulents et d'acolytes buveurs de vin de messe.

Durant cette période, je me posais une étrange question : "Si Dieu me proposait d'envoyer tout le monde au paradis moyennant ma propre damnation éternelle, accepterais-je ?"

Interrogation stupide s'il en est. On ne sait que trop bien depuis la femme de Lot comment Dieu conclut ses marchandages.

N'empêche qu'au bout de deux ans de pratique religieuse et d'endoctrinement, je rêvais de devenir prêtre. Ne fut-ce que pour l'étonnant prodige de faire surgir Dieu au bout de mes doigts par une sorte de formule magique.

Le curé ne se tenait plus de joie, il rendit même visite à mes parents pour s'enquérir de leur éventuelle acceptation de ma vocation (précoce, faut-il le préciser). Ceux-ci n'élevèrent aucune objection, pour peu que ce fût réellement mon choix et, à mon intense stupéfaction, parlèrent même de régulariser leur mariage au plan religieux.

Par bonheur, il y avait le célibat des prêtres et... Maria !

Bien que je n'eusse pas encore à l'époque embrassé la moindre fille (et il s'en faudrait de longtemps encore) mon imagination fertile me fit entrevoir ce que pourrait avoir d'insupportable toute une vie à l'écart des femmes. Cela mit une fin abrupte à ma vocation.

C'est depuis lors que je voue à la gent féminine une gratitude et une admiration sans bornes.

Absalom


15 septembre 2008

Dieu

Je parcourais le blog de Tiphaine, celle qui murmure à l'oreille de Dieu (car elle le rencontre souvent).

Bien qu'elle lui parle, la nature même de ce Dieu ne semble pas lui avoir été révélée très précisément. Elle nous le décrit tantôt comme un vieillard distributeur d'amandes, tantôt comme un verre de vin du Trentino, tantôt sous les traits d'un joueur de saxo.

Pourquoi pas après tout, ce n'est pas pire que le fumeur de Havanes imaginé par Gainsbourg.

Moi, voyez-vous, je pencherais plutôt pour une sorte d'infini principe féminin. À la rigueur, s'il faut vraiment faire de la peine aux musulmans qui en interdisent la représentation, je verrais bien une somptueuse grande femme, noire de préférence...

C'est à ce point de mes pensées que m'est revenue une autre image, utilisée par Saint-Exupéry, dans un bouquin que je n'ai eu aucun mal à retrouver parmi les quelques milliers qui encombrent mon appartement. Ceci dans le but de vous en donner la citation exacte. C'est là que ça s'est gâté ! Le machin fait plus de cinq cents pages d'une typographie serrée. On comprend pourquoi Amélie n'est pas dans l'écurie Gallimard.

Citadelle

 

Revenons à Dieu (je n'ai pas osé mouton). La citation est la suivante :

Mais au sommet de la montagne je ne découvris qu'un bloc pesant de granit noir - lequel était Dieu.

C'est en empoignant et feuilletant cet ouvrage que d'autres souvenirs me sont revenus.

D'abord, l'exaltation que j'avais éprouvé à le lire. Le style en est très particulier, il a ce ton qui rappelle "Ainsi parlait Zarathoustra" de Nietzche et, dans une moindre mesure, "Le Prophète" de Khalil Gibran.

Ensuite l'endroit et l'époque où je l'avais lu. C'était à la fin de l'année 1964. J'étais caserné à Etterbeek. Il faisait un froid de canard et, comme j'étais brigadier (c'est ainsi qu'on nomme les caporaux à l'artillerie) on m'avait collé sergent de semaine. Faut vous dire qu'au bataillon administratif, l'officier de semaine était un adjudant, l'adjudant un sergent et le sergent... je viens de vous le dire. J'avais donc un local réservé et... strictement rien à faire de mon temps, si ce n'est faire respecter l'heure du coucher par les quelques rares ploucs dépourvus d'autorisation de loger ailleurs. J'ai donc lu, en grosse partie à voix haute, cet ouvrage très particulier. Qu'est-ce qu'on peut faire comme conneries quand on est jeune !

Enfin, si vous jetez un oeil à la photo, vous verrez que le livre a été bien des fois manipulé et aussi que, comme il était de tradition à l'époque, avait été vendu non rogné. Cette façon de faire permettait à quelques bibliophiles de faire relier leurs ouvrages et de les mettre à la dimension des rayons de leur bibliothèque. Il fallait donc se munir d'un coupe-papier pour découper les pages au fil de la lecture. Cela vous donnait le temps de mettre un peu d'ordre dans vos pensées.

Ce qui est étonnant, c'est qu'il m'a fallu prendre le livre en main pour que ce détail me revienne à la mémoire. Pourtant, Dieu (encore lui) sait si j'en ai pratiqué de ces césariennes à mettre au jour les idées !


6 septembre 2013

Toujours lui !

Six septembre. Contrairement aux années précédentes, je n'avais pas acquis le dernier opus de "La Folle" dès le jour de sa sortie.

Pire, mardi j'avais accompagné ma petite-fille chez Filigranes, une des grandes librairies bruxelloises et je ne l'avais même pas pris en main.

C'est mon épouse qui, ce matin, m'a suggéré de l'acheter chez Makro.

Je me suis exécuté et, bien évidemment, je l'ai lu, même si je ne devais pas attendre l'arrivée du patrouilleur de Touring-Secours cette année.

Nostalgie001

Ben c'est le meilleur depuis longtemps...

Il n'y a qu'un point qui me chiffonne : à la page 90, "il" fait brutalement surface et, bien entendu, il ramène sa madeleine. Jugez-en plutôt :

À la question de savoir si la madeleine de Proust est nostalgique ou natsukashii, Elle penche pour la deuxième option. Proust est un auteur nippon.

Bon, ben j'étais pas loin non plus : je l'ai toujours trouvé un brin chinois, le Marcel !


18 juin 2013

Machine gun

When I was young and  Quand j'étais jeune et curieux, j'avais découvert dans un de ces cimetières entourant la plupart des églises du Suffolk une mitrailleuse (modéle allemand MG08 à refroisissement à eau) fixée sur un monument funéraire.  Avant d'y retourner, j'ai essayé de la localiser sur les vues satellite des divers "churchyards" des patelins à l'est de la A12 entre Leiston et Lowestoft. Peine perdue. Pas non plus de trace de la chose dans nos archives(?) photographiques ou diascopiques de l'époque.

mitrailleuse

Nous y sommes donc retourné voir et j'ai retrouvé sa trace, à Theberton. Mais elle a disparu (un ferrailleur noctambule ?), il ne reste que ses points d'ancrage et une plaque commémorative.

Theberton-075

Theberton, c'est étonnant. Une église qui semble faite de plusieurs "morceaux" juxtaposés, avec une étonnante tour dont la base est circulaire et le sommet octogonal.

                          Theberton-026    Theberton-082    Theberton-024

 Où l'ancien côtoie le moderne :

Theberton-042  Theberton-040

Theberton-044  Theberton-043

Où l'on n'apprend rien de neuf sur le sexe des anges en dehors du fait qu'ils ont en ces lieux un fort penchant pour l'usage de la permanente :

Theberton-029    Theberton-061    Theberton-089

Theberton-094    Theberton-091    Theberton-093

Où l'on peut admirer à loisir le travail d'ornementation délicat obtenu à partir de brisures de silex :

Theberton-016

Où, sur un séjour de deux semaines, j'ai rencontré mon unique femme voilée :

Theberton-031


1 mai 2015

Ah, les stars !

En consultant l'autre jour le blog de Célestine, je constate dans sa liste de blogamis que ça faisait trois semaines que je n'avais rien pondu sur le mien.

Depuis, j'ai commis en vitesse une "brève de comptoir", mais je sens que ça ne va pas le faire...

Tandis que je me demande de quoi je vais bien pouvoir vous entretenir, on interviewe à la radio une de nos actries nationales : Marie Gilain.

Par association d'idées, il me revient en mémoire que voici quelques jours, sur les mêmes ondes, le critique cinéma patenté de la RTBF (Hugues Dayez) se plaignait amèrement de la composition extrêmement commerciale du jury du prochain festival de Cannes et, tout particulièrement, de la présence en son sein (si j'ose dire) de Sophie Marceau.

J'ignore ce qu'elle lui a fait (ou pas) cette gamine, mais déjà la semaine précédente, parlant d'une actrice nordique qui l'avait ébloui tant par sa beauté que par son intelligence, il disait "Un peu comme Sophie Marceau qui aurait un cerveau".

Je trouve souvent ce gaillard un brin sévère dans ses jugements et un rien imbu de sa connaissance profonde du monde de la toile (mais non, pas le web !), mais je dois reconnaître qu'il a le sens de la formule.

Jaloux je suis !

Marceau  Gilain


 

24 mai 2016

Allez, actualité (une fois !)

Cette semaine, les syndicats organisent une grande manifestation en front commun à... Bruxelles !

man

Dès l'annonce de  cet événement, les bourgmestres de la région prennent des mesures énergiques.

pedalo

Bon, aujourd'hui, c'est fait, la manifestation a eu lieu (60.000 gugusses selon la police). Ça a foutu le bordel comme à chaque fois, surtout pour les grosses manifs. Mais bon, on a l'habitude, bon  an, mal an, il se déroule huit cents manifestations revendicatives à Bruxelles.

Celles qui ne se déroulent pas au pied des bâtiments de la commission européenne se passent sur l'itinéraire joignant la gare du Nord à celle du Midi.

Sur ce trajet, les manifestants n'emmerdent que des commerçants en proie aux problèmes du piétonnier et de la chute de la fréquentation touristique et, en fin de parcours, une population locale sans doute bien plus pauvre que les manifestants eux-même et d'origine immigrée. Ils ne passent devant aucun ministère ou administration ni devant aucune habitation de riche bourgeois, industriel ou financier.

Moi, j'dis ça, j'dis rien, mais il me semble que si j'étais syndicaliste, je choisirais pour manifester (et retourner quelques bagnoles s'il échet) des patelins où j'ai une chance de faire chier ceux dont je clame qu'ils me bouffent la laine sur le dos. J'sais pas, moi : Laethem Saint-Martin, la commune réputée la plus riche de Belgique, Knokke le Zoute, the place to be pour tous les rupins du royaume, Uccle même, une commune peuplée d'une bourgeoisie confortable et d'immigrés fiscaux français, si je tenais absolument à faire ça dans la région capitale.

Non, j'ai parfois du mal à comprendre les syndicats...


23 juin 2020

Les boîtes de Pandore


Oui, je sais, Pandore n'avait qu'une boîte (et certains prétendent même que c'était une urne, comme aux élections), mais mon épouse en a toute une rangée sur un rayonnage dans le soubassement d'un des meubles-vitrines du living.

Et bien sûr, elle les a ouvertes à l'appel de mon frère. Et une fois ouvertes, leur contenu se répand sur la table et le jeu du "Qui tu reconnais là-dedans ?" commence.

C'est au cours de ce jeu qu'une toute petite photo au format carte d'identité belge d'après-guerre est apparue : ma mère !

C'est marrant, j'ai toujours pensé à ma mère comme à une maman : aimante, attentive, ménagère accomplie et, je dois bien le souligner, la tête un peu près du bonnet par moments : c'était une Ardennaise.

Et là, subitement, je me suis aperçu qu'avant d'être une mère, elle avait été... une femme !

Ma mère, une femme ! Je suis tombé des nues !

Bon, quand je dis "nue" je m'entends... je suppose que sous son renard argenté, elle portait quelque chose pour poser devant le photographe.

Adrienne

Elle aurait pas comme un léger côté "vamp" l'Adrienne ?

Je comprends que mon père ait été subjugué et je commence à croire qu'elle disait vrai quand elle nous racontait que l'héritier d'un banquier de La Louvière lui avait demandé de l'épouser lorsqu'elle était en service chez des amis de sa famille.


9 septembre 2023

Quoi ?! (Vous exclamerez-vous...)

 
Un billet trois jours consécutifs ! L'est malade le mec ou quoi... L'Adrienne déteindrait-elle sur lui ?

Rassurez-vous, c'est momentané...

C'est plutôt la faute à Madame Chapeau qui, dans son commentaire de mon billet d'hier, m'engageait à lire le dernier opus de la Folle. J'ai dû lui avouer que c'était déjà fait depuis plus d'une semaine.

Psychopompe

Je n'en ai rien dit ? C'est que depuis que cette dernière est partie se perdre au Laos et a changé de pseudo, j'ai abandonné la rubrique "Les livres de Janeczka". Mais je n'ai pas pour autant arrêté de lire, juste de commenter.

Eh oui, vous avez échappé à mes élucubrations à propos d'innombrables bouquins ! Elle est pas belle la vie ?

Et celui-ci ? me demanderez-vous...

Ben, on m'a suggéré de le lire, pas de vous en parler... vous êtes masos* ou quoi ?


* Question aux connaisseurs de la langue française (mais si vous connaissez : ce truc composé principalement d'exceptions aux règles générales) : les abréviations prennent-elles les signes du pluriel ?

 

25 juin 2023

Y en a qui ont du bol !

 
Hier, Louise, notre petite-fille, a pris l'avion pour la première fois de sa vie (24 ans déjà). Elle n'était pas trop rassurée même si sa sœur qui s'est tapée en solitaire le Japon (et retour) il y a quelques années avait dû lui dire, tout comme moi, que ça n'avait rien de très traumatisant.

Son parrain portugais et l'épouse de celui-ci (notre "deuxième fille") l'emmènent pour une semaine en Écosse faire un petit tour sur les traces de Harry Potter dont elle est folle et autres monstres du Loch Ness.

Un cadeau d'anniversaire semble-t-il...

ryanair-1200x450

Le comble, c'est que son tonton (notre fils, donc)  lui  a déjà programmé un petit séjour à Venise en sa compagnie et celle d'Agata pour la même occasion.

Je vais essayer de retrouver la date de mon anniversaire...

Bon... je dois quand même à la vérité de dire que ce genre de chose nous est déjà arrivé...


 

18 juin 2023

Métempsychose

 
Non, en dépit du titre vous n'êtes pas sur le blog du défi du samedi...

Il y a des jours dans la vie où on ferait mieux de rester au lit (encore qu'étant beaucoup plus jeune j'ai essayé la "grasse matinée" et constaté qu'elle me filait la migraine, alors...).

Donc, l'autre jour en écoutant pour la Xième fois (avec X proche de la saturation : je suis passé du Jazz au Baroque en écoutant le disque "Bach Street" de Raymond Guiot fin des années soixante) un extrait du "Clavier bien tempéré" de Jean Sébastien Bach, je me suis demandé ce que pouvait bien être ce "tempérament". En effet, chez moi, le mot "tempérament" évoque immédiatement non pas une certaine Madeleine comme chez Marcel mais bien la Germaine de mon ami Vegas sur sarthe. Mais côté musique...

Il m'a fallu le temps, je vous l'accorde... Mais bon, ça m'est venu en regardant Glen Gould, ce type qui, à l'image du contrebassiste Slam Stewart, fredonne tout en s'escrimant sur son instrument. On dirait moi, qui marmonne toujours entre mes dents...

Mais revenons à nos moutons : "bien tempéré", on dirait un langage de sommelier ma parole.

J'ai donc empoigné dans le rayonnage du couloir d'entrée un rescapé de la grande purge d'avant déménagement :

Musique001

Et j'ai fini par y dénicher la page suivante, laquelle m'a laissé absolument pantois parce que je n'y entrave absolument nada comme on dit élégamment (j'aurais dû m'en douter : la couverture de l'ouvrage figure un jeu d'échecs!) :

Musique002

Je vous l'avais dit ! Il me faudra bien toute une autre vie pour étudier la question...


 

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