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Entre nous
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16 février 2009

Mini musée

Dans l'unique classe de cette école avec laquelle je vous bassine depuis un petit temps, se trouvaient deux meubles extraordinaires : une grande armoire vitrée en pin teinté et verni et ... un coffre-fort !

Et quand je dis "coffre-fort",  je ne parle pas d'un machin de chambre d'hôtel. Le cancre y entrait facilement. Même qu'un jour on avait refermé la porte sur lui et qu'il en était ressorti à moitié étouffé. Quelle bête ! (le coffre, pas le cancre) la porte et les parois faisaient au bas mot vingt centimètres d'épaisseur. Aujourd'hui encore, je ne parviens pas à imaginer à la suite de quelles circonstances il avait pu échouer là. Mais il y était, occupant un coin entre la fenêtre et le tableau de marbre noir poli. Sauf pour le coup du cancre, je ne l'ai jamais vu fermé, il servait de rangement pour un tas de matériel hétéroclite.

Assez pour cette pièce de mobilier incongrue. Venons-en à l'armoire vitrée. Seul le haut l'était. Le dessous était une sorte d'énorme buffet et contenait du matériel scolaire : livres, cahiers, encres, plumes, crayons, touches, ardoises, papier dessin, aquarelle, couteaux à casser (les ancêtres des "cutters") qui n'effrayaient alors personne. Rien que de très classique, en somme, sauf qu'il y en avait à profusion : les études étaient vraiment gratuites à l'époque pour ce niveau d'enseignement.

Mais c'est la partie vitrée qui était la plus étonnante : c'était une sorte de cabinet de curiosités. On y trouvait (liste non exhaustive)

  • Une molaire d'éléphant (la Belgique disposait d'une énorme colonie africaine)
  • Un tas d'outils de pierre taillée, percuteurs, grattoirs, pointes de flèches, haches et une hache en pierre polie d'un fini irréprochable (Spiennes et ses carrières de silex se trouvait à quelques kilomètres et il suffisait d'y suivre un agriculteur retournant les champs voisins pour y faire d'intéressantes découvertes)
  • Une étonnante collection de fossiles divers et particulièrement l'empreinte, sur une plaque de schiste de plus de soixante centimètres de long, d'une fougère du carbonifère (rapportée du charbonnage local par le père d'un des élèves)

La collection allait s'enrichissant au fil des dépôts. Un jour, un innocent avait dégoté dans je ne sais quel grenier un livre de comptes d'un menuisier-charpentier de l'époque où les Autrichiens et les Français occupaient alternativement la région. Ça n'a pas raté, nous nous sommes plongés dans de merveilleux calculs d'équivalence grâce à ce maudit artisan qui avait pris un malin plaisir à noter le détail de ses gains et de ses dépenses. Comme si ça ne suffisait pas avec le système sexagésimal des degrés, minutes et secondes, nous avons eu droit au vicésimal des sols et au dodécimal des deniers...

Allez, à votre avis : combien de liards dans une livre tournois ? VDM, comme dit l'autre !

molaire


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6 février 2009

Le chemin de l'école

Par le fenêtre, ce matin, j'aperçois une jeune femme. Elle est grande et marche d'un bon pas. Elle pousse... une poussette. À ses côtés, un petit garçon. Son allure est étrange : mi pas rapide, mi course. Il est pressé, stressé déjà, tricotant de ses petites jambes pour se maintenir au niveau de sa mère.

Et je me revois sur le chemin de l'école primaire, plus âgé que lui, bien sûr. Mais quelle différence !

Après trois cents mètres de chemin en terre battue où, tel un preux chevalier, je décapitais au passage les herbes folles du bord de la Haine qui roulait en contrebas ses eaux, noires de charbon, je franchissais la rivière pour saluer mon ami le pontonnier. Je sautais alors à pieds joints sur les dernières poutres de bois pour faire sursauter le tablier du pont enjambant le canal et le faire cogner contre son verrou.

Je passais devant le "Café de la marine" (dit "Au coup d'happiette") et, quelques dizaines de mètres plus loin, devant une sous-station électrique. Elle me paraissait mystérieuse, entourée de ses hauts murs dont dépassaient les cimes de quelques arbres. C'est qu'elle semblait indépendante de la centrale thermique dans la cour de laquelle j'habitais. Cela ne manquait pas de m'inquiéter : des réseaux séparés à quelques mètres de distance...

r_frig_rantLes alentours de cette sous-station avaient une étrange particularité. Les tours de réfrigération de la centrale où travaillait mon père crachaient jour et nuit dans le ciel leurs nuages de vapeur et certains jours, le vent rabattait ceux-ci dans la direction de l'endroit, ce qui fait que par beau temps il y pleuvait souvent et qu'en cas de gel, la route y était verglacée.

Une centaine de mètres plus loin, il fallait franchir une petite rivière. Quel contraste avec la Haine ! Ici, pas de courant visible et des eaux absolument limpides. Du côté que j'estimais être l'amont, elle surgissait de sous un bouquet d'arbres, elle était remplie de plantes aquatiques et des touffes de massettes agrémentaient ses bords. De temps à autre, l'éclair d'un petit poisson ou le "plouf" d'une grenouille. De l'autre côté, elle semblait s'évanouir dans les prairies. Peut-être, après tout, était-ce plus un étang qu'une rivière ? Je ne le saurai jamais : et le poste et la "rivière" ont disparu lors du creusement du canal à grand gabarit.

Un peu après le pont, je tournais à gauche, longeais l'arrière de quelques maisons, passais derrière une ferme et pénétrais dans les prairies qu'un sentier traversait, longeant un mur de briques dangereusement penché. À chaque clôture, il fallait franchir un tourniquet, sorte de croix en fer forgé plantée sur un piquet de bois et qui, en tournant, grinçait délicieusement. À force d'y passer, je reconnaissais le chant spécifique de chacun d'entre eux. Sur ce bout de trajet, j'avais le cœur battant : mes copains m'avaient raconté tant d'histoires de charges de taureaux furieux, alors qu'il ne paissait là que de paisibles vaches...

Je remontais alors un chemin de terre pentu pour déboucher... près de la boucherie qui constituait un des coins du carrefour dont mon école en était un également. Les deux autres étaient, bien évidemment, des bistrots (en Belgique, on dit "cafés"). La boucherie arborait fièrement une pancarte signalant qu'on y vendait de la viande "indigène du pays".

Le boucher, lui, se trouvait généralement dans le café qui faisait face à l'école. Et nos journées étaient rythmées par les cris de son épouse qui l'appelait dès qu'un client se pointait.

Quel temps heureux, où l'école était un vrai bonheur et son chemin un rêve, à travers ce paysage immuable et pourtant chaque jour renouvelé.

massette


1 février 2009

Idée lumineuse

Un beau jour, je reçois pour ma Saint-Nicolas un des premiers exemplaires de "L'œil magique". Un truc dont on ne voudrait plus aujourd'hui, du moins dans cette version primitive, mais qui pour ces années cinquante faisait figure de jouet à la pointe de la technologie.

Il s'agissait d'un fond de carton sur lequel étaient disséminés de petits plots métalliques. Du boîtier cartonné contenant le fameux oeil (une vulgaire ampoule électrique comme on en utilisait pour l'éclairage des bicyclettes) sortaient deux fils terminés par une fiche mâle.

Une série de cartons illustrés et perforés à l'endroit des plots était fournie avec le jeu. Il suffisait d'en disposer un dans le fond de la boîte pour disposer d'une série de questions et... de réponses. Si au moyen des fiches vous touchiez le plot d'une question d'une part et celui de sa réponse de l'autre, miracle, la loupiote s'allumait.

Les plots des questions étaient disposés en colonnes régulières, ceux des réponses semblaient l'être de façon aléatoire, sauf quand vous mettiez en place le carton comportant une carte de Belgique où leur position correspondait à l'emplacement des villes et rivières principales du pays.

L'ayant étrenné, je demandai à pouvoir l'emporter à l'école le lendemain pour le montrer à l'instituteur.

Je pensais l'étonner, il n'en fut rien. Lorsque je lui montrai la chose, il déclara simplement : "Astucieux !"

Je rentrai donc chez moi en proie à une profonde déception.

De retour à l'école, le lendemain, stupéfaction : sur le bureau du maître, des mètres et des mètres de fil de sonnerie (à l'époque ce fil était isolé par une gaine en fil de coton), quelques piles (il n'y en avait alors que des plates), quelques petits sockets en bakélite munis de leur ampoule   et des boîtes d'attaches parisiennes. Pour le reste du matériel, carton Lyon et papier grand format, il y avait du stock sur place.

Les enfants, nous dit-il, votre condisciple a eu la bonne idée de nous montrer un merveilleux jouet didactique. Je vous propose d'en découvrir le principe et, tant qu'à faire, d'en réaliser quelques exemplaires qui nous seront bien utiles.

Ça nous a pris quelques jours pour coller le papier sur le carton,  clouer le carton sur un cadre en bois, reporter sur le papier la carte de Belgique figurant sur celle en toile cirée destinée à être suspendue devant la classe, établir la liste des données, perforer les panneaux aux endroits ad hoc, passer les attaches dans les trous, relier entre elles au moyen du fil celles qui se correspondaient.

Si bien qu'à la fin de l'année, nous avons pu passer notre épreuve de géographie sur mon bête jeu version maxi. Nous avions fabriqué nous-même les instruments de notre supplice !

VDM, comme dit l'autre...

parisienne

belghydro


1 décembre 2008

Louise

J'ai fait la connaissance de Louise un peu avant mes dix-huit ans.

Moi, je m'étais fait entraîner dans l'aventure du scoutisme par mon meilleur ami. Elle, séjournait chez notre Chef de Clan.

Vous auriez dû la voir ! Des formes pleines, toute en muscles et cette tranquille assurance qu'apporte la force !  Ce qui ne gâche rien, elle était d'un caractère égal, malgré ses immenses yeux noirs.

Il ne m'a fallu que quelques semaines pour l'apprivoiser et nous sommes devenus les meilleurs amis du monde.

Au bout de très peu de temps, elle me mangeait dans la main. Que dis-je ? Elle m'obéissait au doigt et à l'œil. À la voix, même.

C'était une splendide Brabançonne et... elle avait un de ces coups de reins!

...Elle vous arrachait un rouleau de pierre bleue de plus de deux cent kilos sans même un frémissement, c'est vous dire !

Quelle impressionnante bestiole. Je la montais à cru, en amazone. Elle avait le dos trop large pour que je puisse la chevaucher.

braban_on

Quand elle ne nous aidait pas à rouler le terrain de foot ou de concours hippique, elle tirait la charette du livreur de bière. Elle était dotée d'une étonnante mémoire, car lorsque son "conducteur" avait un peu forcé sur la marchandise qu'il livrait et s'assoupissait sur son siège, elle se rendait d'elle-même à l'endroit de livraison suivant.


13 novembre 2008

Lisbeth (en hommage à Stieg Larsson)

Déjà quand il n'y avait que des allumettes, fussent-elles suédoises, le métier était dur ! Mais là, maintenant, à l'époque des briquets et des allume-cigare, ce n'était vraiment plus une vie. Il y aurait d'ailleurs beaucoup à dire sur le bien fondé de tenter de fourguer un produit suédois à des Danois si obstinément enfermés dans leur nationalisme étriqué...

La petite marchande d'allumettes le ressentait jusque dans la moelle de ses os glacés : elle allait finir comme son arrière-arrière-arrière-grand-tante. Salaud d'Andersen ! Faire ses choux gras, en le romançant (pour Noël, vous vous rendez compte!), d'un fait d'hiver sordide : la mort d'une enfant.

Elle, encore, bénéficiait du réchauffement climatique et des cartons rejetés par les grands magasins. Mais quand la neige se mit à tomber doucement, c'en fut trop ! Lourde hérédité ou pulsion surgie des profondeurs du ça, elle décida, elle aussi, de brûler son fonds de commerce. Comme sa parente : allumette par allumette.

Mais il lui manquait ce côté mystique, cette faculté, ce don de s'émerveiller d'un rien. Elle n'entrevoyait dans le halo fugace des bâtonnets enflammés, ni chaleur, ni grand-mère, ni paradis.

Pourtant, à l'avant-dernière, vague lueur d'abord, une idée lumineuse germa puis grandit, grandit, jusqu'à prendre possession de sa pensée toute entière. Une formidable détermination la saisit. Elle se dressa, empoigna ses cartons et se dirigea vers les locaux de l'éditeur de ce maudit H.C.

Parvenue devant l'orgueilleuse porte en chêne, elle y entassa son bagage et gratta la dernière allumette. Elle aurait bien chaud cette nuit !

incendie


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4 novembre 2008

Vocation

J'y avais déjà pensé lorsqu'avec mon copain André, de quelques années mon aîné, nous fabriquions nos propres pétards. Mais non, pas avec Marie-Jeanne, avec une poudre artisanale à base de charbon de bois, salpêtre et soufre.

Je reprends : j'y avais déjà pensé quelques années auparavant, mais à l'issue de mon premier cours de chimie, c'était décidé : je serais chimiste !

D'ailleurs, il me fallait immédiatement un labo.

Mon père qui n'était pas du genre à étouffer les vocations dans l'œuf, m'attribua dans la buanderie un espace pourvu d'une table consistant en une caisse en pin brut retournée sur quatre chevrons. Cela faisait d'autant plus sérieux que la dite caisse portait en lettres de quinze centimètres "The Brown-Bovery Company".

Si l'on veut bien oublier le risque de tacher ou trouer le linge, la buanderie était un endroit idéal. Elle se situait au niveau des caves, mais à l'extérieur de la maison et sa porte donnait directement dans la cour-piscine dont je vous ai déjà parlé. De plus, à cette époque, les lessiveuses étaient dépourvues de chauffage électrique. Il fallait donc chauffer l'eau sur un petit foyer que mon père avait construit en briques réfractaires.

C'est dans ce foyer que je fabriquai mon charbon de bois. Le salpêtre et le soufre, "La Boule Rouge", la droguerie du bled, m'en fournit volontiers (moyennant cependant espèces sonnantes et trébuchantes).

Je préparai mon premier mélange puis passai aux essais.

Tout à l'excitation de fabriquer ma première ration de poudre noire, j'avais confondu efficacité et précipitation : le mélange était peu homogène et trop riche en soufre. Il était difficile à allumer, brûlait mal et ne fusait même pas. Par contre, qu'est-ce qu'il fumait ! J'aurais pu le filer à un viticulteur pour soufrer ses barriques, mais à l'époque, on n'avait pas encore pensé à planter de la vigne sur les terrils, la plupart desquels étaient d'ailleurs encore en activité.

Je rangeai ce premier résultat peu encourageant dans un sac en papier sur le coin de ma "table". Puis je me plongeai dans d'autres observations, mélangeant à peu près tout ce qui me tombait sous la main avec des résultats parfois inattendus.

Un jour que je chauffais au rouge le bout d'une lame de scie à marqueter dans un but qui m'échappe aujourd'hui, pris d'une pulsion aussi subite qu'irrépressible, Monsieur le Juge, je plongeai le bout rougi dans le sac de poudre. Ce machin que j'avais toujours eu du mal à enflammer à chacune de mes nombreuses tentatives, brûla d'un seul coup !

fum_e

Accessoirement, il mit le feu à la caisse en pin et à tout ce qui, dessus, se trouvait être combustible. Mon père, alerté par le nuage d'anhydride sulfureux qui avait envahi toute la cour, arrêta le début d'incendie d'un seau d'eau bien placé.

Comme le seau était vide, il y balaya d'un geste auguste (c'était son prénom) de la main ce qui restait sur la table, assortissant son action d'un bien senti : "Quand on n'y connaît rien, on ne fait pas de chimie !"

Le lendemain, le seau d'acier galvanisé était percé.

Ce n'est que quand je lui fis remarquer la justesse de sa sentence de la veille qu'il me fila la baffe que j'avais gagnée de haute lutte.


10 août 2008

Photos

Beaucoup de photos sur les blogs, ces derniers temps.

Donnons donc dans l'air du temps !

Mon beau-fils, qui, bien qu'en chambre noire, pratique la photographie en amateur éclairé , vient de donner à mon épouse une série de photos noir et blanc grand format de nos petites-filles. J'ai choisi de vous en montrer deux. D'abord une de Louise, en "high key", technique assez rare et cependant très efficace.

Louise0001

La suivante, d'Emilie, plus classique.

Emilie0002

Moins achevé, mais on sent malgré tout le photographe honnête. Il est plutôt doué pour les paysages (surtout la côte bretonne, son pays d'origine), les arbres, la macro.

Il fait peu dans le "reportage", plus attiré qu'il est par la composition de l'image, l'esthétique, que par l'évènement à saisir. Je n'ai, par exemple, encore vu  de lui aucune photo de ces fameux lapins.

Mais c'est un peu normal, les lapins s'en foutent quand on leur dit : " Cesse de bouger, souris, regarde l'appareil..."


9 août 2008

Con s'il y a bulle

Avant d'entamer mon service militaire, je m'étais inscrit à l'épreuve de sélection des COR (en France, selon les mots fléchés, on dit EOR). Au bout des trois jours de "stage", je me retrouve dans le bureau d'un colonel d'artillerie qui commence par m'engueuler : "Avec une aussi belle intelligence que la vôtre (première nouvelle) pourquoi n'avez-vous pas fait polytechnique ?" (C'est vrai que la moitié de ma  classe avait emprunté cette voie, mais qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire ? D'autant qu'il était un peu tard pour s'y coller...)

Après cette entrée en matière, il m'annonce avec des regrets dans la voix que je n'ai pas été reçu pour "inaptitude féroce au commandement". En compensation de cet échec cuisant, j'ai bénéficié de deux choses : le choix de mon arme (j'ai pris l'artillerie, ça lui a fait plaisir) et la déduction de la durée de mon petit séjour de mon temps total de service. Cette dernière particularité m'a amené à tremper dans une drôle d'histoire.

InsigneAprès six mois en Allemagne, mon régiment d'artilleurs (béret bleu marine, écusson rouge, canons de laiton croisés sur devise "REGIS ULTIMA RATIO"  en français : "si le peuple gronde, on tire à mitraille") est rapatrié en Belgique, à Bastogne. Et là, subitement, un ordre de détachement atterrit chez le colon (qui du coup me lance des regards en coin quand nous nous croisons) : je suis expédié pour mes six derniers mois de service au bataillon administratif du ministère de la défense nationale (un repaire de planqués).

J'atterris donc à Bruxelles et là, le grand secret m'est révélé.

Au laboratoire du service des réceptions de l'armée, quatre COR aviateurs effectuent des tests ASTM sur les produits pétroliers fournis à la défense nationale. Dans un dépôt en Flandre un officier d'active décède. En attendant de lui trouver un remplaçant, on dépêche un des quatre bonshommes, déplaçant le trou vers les effectifs du labo. On cherche donc un chimiste démobilisable à la même date que les trois gusses restants et on tombe sur... moi !

Curieusement, on m'a désigné pour remplacer un néerlandophone, ce qui rompt l'équilibre linguistique, scan-da-leux !

Avec un des gaillards, nous nous lançons, en dehors des travaux officiels, dans une étude scientifique de longue haleine et d'intérêt capital.

BullesAvec des tiges de verre, nous fabriquons une série d'anneaux de diamètres croissants. Parallèlement, nous réalisons des solutions de teepol (un détergent) de concentrations elles aussi croissantes. Et nous nous mettons à faire des bulles en combinant deux à deux les éléments des deux séries, dans le but de déterminer la paire qui produira les plus belles bulles.

Au bout d'une semaine de tests soutenus, notre ami Smets, un gars de Huy (ville où aux enterrements, selon ses dires, on dirait "On s'amuse un peu moins, donc"), passe près de notre paillasse et, bien que non impliqué dans la recherche, s'empare d'un des anneaux, le trempe au hasard dans une des solutions et souffle.

Ouverture instantanée et violente de la porte, apparition  éclair du colonel lequel, face congestionnée,  lance d'un ton cassant : "Vous êtes satisfait de vos bulles, Monsieur Smets ?"

Y a quand même des mecs poursuivis par un destin funeste...


2 août 2008

JdJ 10

Ça commence fort !

Dès la première page, l'auteur (dont Janeczka vous dira tout incessamment) fait une nouvelle fois la preuve de sa connaissance toute approximative des détails qu'il incorpore à son "opus". Remarquez qu'en tournant son texte un peu différemment, il aurait pu le faire dès la première ligne !

L'auteur nous parle donc de La Panne (il n'est pas le seul, moi-même...) et nous dit que ce mot veut dire "dune" en flamand. Bien essayé ! En flamand, comme chacun sait, et tout particulièrement les Français du nord, dune se dit "duin". D'où dérive directement Dunkerque (Duinkerk) l'église des dunes. La "panne" c'est la sorte de cuvette qui sépare deux dunes, endroit très couru dans ce fameux patelin puisqu'abrité du vent et néanmoins ensoleillé.

Je disais "une nouvelle fois" parce que dans un ouvrage antérieur, il localisait le Borinage directement au sortir de Charleroi, balayant d'un coup de plume autoritaire autant qu'inapproprié toute la région du Centre.

Vous aurez déjà compris que l'auteur est belge, ce qui devrait vous aider, sans compter que l'extrait que voici me semble plus qu'explicite, même si vous pourriez vous écrier en choeur "Des noms ! Des noms !"

Livre0010

Réponse, 13 août 2008

J'en suis venu à bout, mais pas trop enthousiaste !

Couv0010


12 juillet 2008

Vive la mariée !

Mariage2En parcourant le blog de Val et ses aventures pré-convolantes, une petite histoire m'est revenue...

Lorsque nous étions encore très jeunes, très très cons et très très très méchants, un de nos collègues, appelons-le Dupont, d'ailleurs je crois que c'était son nom, épouse une demoiselle. À l'époque, ça se faisait beaucoup d'épouser des personnes du sexe opposé.

Le jour de la cérémonie, nous l'attendons à la sortie de l'église du patelin de la mariée et tandis que nous balançons du riz à tour de bras (aujourd'hui, avec la montée du prix des denrées alimentaires, on y regarderait à deux fois), nous poussons discrètement vers lui le fils de l'un d'entre nous.

Nous avions soigneusement drillé le gosse âgé d'environ deux ans et il s'accroche au pantalon à rayures du marié en criant "Papa ! Papa !"

Croyez-moi, ou pas, ça a jeté comme un froid ! Je crois même que nous étions les seuls à rire et notre copain, retour de voyage de noces, nous a fait la gueule quelques jours. Quel râleur !

Malheureusement, je n'ai pas pour l'instant d'acteur en culottes courtes sous la main, La Rochelle est à huit cent kilomètres et Val va être sur ses gardes, maintenant !


28 mai 2008

Stupeur

... et tremblements, si vous aimez Amélie, bien que je n'aie rien ressenti de ce genre. Stupeur tout simplement.

Cela fait neuf mois (il est temps que j'accouche) que, presque chaque jour sauf les fins de semaine et les congés, je croise à la sortie de l'école de ma petite-fille une dame qui vient rechercher son enfant. Assez en formes, les cheveux châtains tirant sur l'auburn, toujours vêtue de pantalons disparaissant dans des bottes et d'une veste ou d'un blouson.

Ce qui m'a frappé chez elle, dès notre première rencontre, c'est le visage. Cela fait neuf mois que chaque fois que je la vois, je parie (avec moi-même) qu'elle est russe ou, à tout le moins slave. Et j'aurais parié gros si j'avais seulement le goût du jeu. Mais parier n'est pas tout, il faut encore vérifier. Et vous me voyez, moi, lui tapoter l'épaule en disant "русский ?" (ouais, ça ce n'est pas le féminin, je sais, dans une autre autre vie, j'ai appris le Russe pendant deux mois).

Hier, lorsque je gare ma voiture, il se met à pleuvoir. J'ai sur moi des vêtements qui supportent la chose (on est belge ou on ne l'est pas). Mais comme il m'est déjà arrivé de voir sortir l'objet de mon déplacement en simple T-shirt malgré l'averse, je m'arme d'un parapluie. En fervent disciple de Brassens, sachant que cet accessoire est la voie la plus directe vers le paradis, j'en ai toujours l'un ou l'autre dans le coffre de ma voiture.

Lorsque je parviens au niveau de l'objet de mes interrogations, elle attend, nu-tête. Je lui propose donc, à l'instar de Georges, un peu d'abri. Et tandis que nous sommes côte à côte et que je me demande par quel bout entamer la conversation, elle me demande de but en blanc : "Vous, quelle nationalité ?"

Remarquez que je comprends son inquiétude : un Belge d'origine, en cet endroit de la ville, se trouve être parfaitement saugrenu. Je réponds donc à sa question et en profite pour en avoir le coeur net : "Et vous ?"

BRAZILIAAvec sa (très) maigre connaissance du Français, la conversation est rude. Le choc de sa réponse également : je l'aurais mieux comprise dans sa langue d'origine. Non parce que j'ai appris un peu de Russe, mais parce que j'ai déjà séjourné une vingtaine de fois au Portugal : elle est brésilienne et vient de Brazilia où, me dit-elle en repoussant de la pointe de sa botte quelques détritus décorant le trottoir, il fait très propre !

Stupeur, je vous l'ai dit ! Et cette vision d'une montagne de biscuits remplaçant mes liasses de billets verts...


28 avril 2008

Bis repetita

Mariage... vous connaissez certainement la suite de cette locution latine. Sinon, nous ne sommes pas sur Internet pour rien, un petit coup de Google et hop !  Cette locution est-elle si véridique qu'on voudrait nous le faire croire ? J'en doute, voici pourquoi...

Je devais avoir dix-sept ans. Mon cousin se marie. Je dis "mon cousin" parce qu'il l'était effectivement, mais j'aurais plutôt dû dire "un de mes cousins". Vous connaissez l'étendue des familles du début du siècle dernier, n'est-ce pas! J'ai donc huit cousins et presqu'autant de cousines, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Un mien cousin, donc, se marie. On me colle dans la suite, au bras d'une de ses soeurs, ma cousine donc, appelons-la Germaine, juste pour le fun, bien sûr.

"Germaine" donc, était un rien plus âgée que moi, avait une taille de guêpe, un port de reine, une douceur dans le parler à faire fondre les icebergs (c'était pourtant plus difficile que de nos jours). J'en étais bleu... ça n'a pas vraiment changé.

Après la Maison communale (en France on dit Mairie) et l'église, repas côte à côte, échange de propos joyeux, entre cousins, la timidité n'est pas de mise. En début de soirée, nous sortons prendre l'air, bras dessus, bras dessous et, profitant de la pénombre romantique à souhait, je lui murmure la demande que j'avais déjà formulée à mon institutrice une bonne dizaine d'années plus tôt. Je n'avais pas eu trop de ce délai pour encaisser le refus d'icelle, comme dit l'autre.

J'attends, le cœur battant la chamade.

Même question, même résultat, enrobé d'autant de gentillesse et de précautions oratoires. Outre le problème de consanguinité, la belle, bien que pas encore officiellement fiancée, me fait valoir qu'elle a déjà donné sa parole à un individu que je rencontrerai plus tard pour constater combien il est sympathique (What else ? comme dit George).

Suite à cette nouvelle désillusion, je me suis promis de ne plus jamais essuyer un autre de ces refus, d'autant plus douloureux qu'ils étaient formulés avec gentillesse. J'ai donc décidé d'échanger les rôles et d'attendre que ce soit une fille qui me demande en mariage.

Faisant le tour des demoiselles que je connaissais, j'ai même prévu laquelle d'entre elles, en toute logique, formulerait cette demande et... ça n'a pas raté !

Encore qu'elle ait failli se faire coiffer sur le fil, mais ça, c'est une autre histoire...

11 mars 2008

Disclaimer

Ana_sSuite à un léger malentendu avec Anaïs, du blog de laquelle je vous recommande la lecture dès qu'elle aura terminé sa grève, je vais vous raconter une petite histoire, authentique, il va de soi dans la présente catégorie.

Il y a de cela très très longtemps, je terminais laborieusement des études de chimie (laborieusement, puisque la chimie, comme chacun sait, se pratique en laboratoire) et passais mon oral du cours de "droit civil et constitutionnel".

L'examinateur me pose la question suivante : "Quelle différence y a-t-il entre un Juge et un Procureur du Roi ?"

Je voulais expliquer que le Juge étant, à l'inverse du Procureur, indéboulonnable, il était moins sujet à d'éventuelles pressions politiques. Comme j'avais, déjà à l'époque, le sens du raccourci audacieux, je commençe à lui répondre : "Le juge est intègre..."

C'est à ce moment que dans les gradins de l'amphi, un bonhomme saute sur ses pieds et s'exclame : "...et le Procureur ne l'est pas ! Je m'en doutais un peu, mais je n'osais pas le dire ! Passez à mon bureau, je vous engage, je sens qu'on ne va pas s'emmerder avec vous !"

Je me suis donc retrouvé un peu plus tard dans un grand laboratoire avec pour tacite job description d'amuser le peuple. J'ai honoré ce contrat pendant quarante ans à la satisfaction générale (celle de mes employeurs et la mienne).

Je me rappelle même qu'un jour, à Paris, lors de l'évaluation d'un stage de formation à l'audit ISO 9000, un des participants avait écrit dans les commentaires de ne pas oublier d'inviter "Walrus" la prochaine fois, qu'on rigole un peu!

Et il y a l'Anaïs qui tient absolument à me prendre au sérieux ! Triste époque...


29 février 2008

Histoire piquante

Anaïs, sur son blog, nous a écrit une sorte de litanie sur le mode "Quand j'étais môme". Elle m'a bien amusé et à force de comparer l'environnement de sa jeunesse avec celui de la mienne (quand Anaïs est née, j'étais déjà vieux), je me suis souvenu d'un petit événement qui concerne mon frère puîné.

seringueÀ l'époque, quand j'étais môme donc, une infirmière était venue chez nous pour faire une injection à mon frère de quatre ou cinq ans.

Les seringues de ma jeunesse n'étaient pas du tout comme celles d'aujourd'hui qui nous arrivent sous blister, pré-stérilisées. Elles étaient en verre et métal, complètement démontables, réutilisables et il fallait les désinfecter avant chaque usage (bonjour les hépatites).

À cet effet, les infirmières les trinqueballaient dans de jolies boîtes en laiton chromé et, avant d'en utiliser une, elles remplissaient sa boîte d'alcool pour y faire mariner la seringue. Ces seuls préparatifs faisaient déjà blêmir mon frère.

Au moment crucial, l'infirmière remplissait la seringue et couchait mon frère, les fesses à l'air, sur la table. Elle avait une technique d'injection qui devait beaucoup à l'art des banderilleros : elle coinçait l'aiguille entre l'index et le majeur et balançait une bonne claque sur le popotin de mon frère. Selon elle, la claque dissimulait la douleur de la pénétration de l'aiguille. Elle adaptait alors la seringue sur l'aiguille pour procéder à l'injection proprement dite.

Sauf qu'entre la claque planteuse d'aiguille et l'injection, mon frère était prestement descendu de la table, l'aiguille dans la fesse, et s'était réfugié du côté opposé à l'injecteuse, poussant des cris de goret qu'on mène au sacrifice.

Avait alors commencé un match poursuite où je tenais le chrono d'une main impartiale. Seule l'intervention en traître de ma mère a permis à mon frère de ne pas terminer ses jours une aiguille dans le cul.


18 février 2008

Echo des Pivoines

Titre en clin d'oeil à un périodique culte de BD, mais "que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître"  (je suis dans une journée chantante aujourd'hui) :

savanesBien évidemment, aucun autre lien que la sonorité entre les deux titres concernés.

Pivoine donc, nous parle d'amour, comme si, à travers le temps, lui était parvenue la prière de Lucienne Boyer (et là, on est parti pour les moins de cinquante ans !).

Enfin, elle nous parle, ou elle s'interroge, ou elle nous interroge... et quelle question ! Question à laquelle je n'ai, il va de soi, aucune réponse moi non plus. Mais malgré tout quelques petites réflexions à la limite de l'ironie, on ne se refait pas !

D'abord, la pauvreté de la langue française qui joint dans un vocable unique tout un éventail de phénomènes allant du remue-ménage hormonal à l'extase mystique. Je vous fais grâce des étapes intermédiaires puisque, de toute manière, je ne saurais être exhaustif en leur énumération.

Ensuite, je me contenterai de la question du "passage à l'acte", comme disent les notaires sur la RTBF. Pierre Vassiliu a écrit une chanson dont j'extrais une strophe du refrain :

Amour amitié
Je ne sais pas si par dépit ou par pitié
Je franchirai cet océan
Qui va de l'ami à l'amant

Et sur l'océan, vogue... la galère !
Ma directrice, une jeune dame charmante du temps où j'avais le bonheur de travailler avec des femmes, m'a dit à plusieurs reprises "Le meilleur moment dans un rendez-vous, c'est quand on monte l'escalier !" Entendant par là, j'imagine, que la transition du sentiment au physique, ou du rêve à la réalité, ou du fantasme à l'action ne se fait pas sans déception. La chute de l'ange, en quelque sorte.

Il y a bien des années, "Femmes d'Aujourd'hui" avait lié, par je ne sais quelle subtile manipulation, les hexagrammes du Li Jing (ou King) à votre période de naissance, un peu comme le zodiaque ou les signes astrologiques de l'année lunaire. Dans ce système, j'avais hérité de l'hexagramme 64 : "Avant l'accomplissement".
Quel bonheur, même si je ne crois absolument pas à l'astrologie ou à la divination, de pouvoir penser un moment que je vivrais en permanence en suspension dans le désir inaccompli, "dans l'escalier" comme disait mon chef bien-aimé, bercé d'espérance et à l'abri de la dure réalité des faits.

Car, ainsi que le disait fort justement je ne sais plus qui,  "Ce n'est pas la destination qui importe, mais le voyage lui-même".


4 février 2008

Autres photos de moi

C'est Kloelle, immédiatement suivie par Papistache, qui a commencé à publier une photo de son visage d'enfant, encore que Pivoine l'ait fait à une époque plus lointaine.  Comme il pourrait s'agir d'un concours, je me dois de participer.
Malheureusement, mon épouse-documentaliste est fort prise par la préparation de l'expo de printemps de son atelier de peinture sur soie et, plutôt que de me plonger moi-même dans des tiroirs à l'indescriptible fouillis, je vous ai scanné un petit document que j'avais sous la main.

60ans0001

Votre merveilleux sens de l'observation vous aura immédiatement fait comprendre qu'il s'agit des "pages" intérieures d'un menu. C'est un de ceux que j'avais réalisés pour un repas, offert à l'occasion de mon soixantième anniversaire, à un groupe mi-parents, mi-amis, mi-collègues (pour faire bonne mesure).  La dernière page reprenait, pour chaque invité, une photo ancienne de lui, si possible, en ma compagnie.  Pour éviter les échanges continus de menus pour "voir la tienne", la première page était un montage au format réduit de toutes les pages individuelles.

Ceci me permet d'étoffer un peu ma catégorie "Je me souviens" sans avoir à remonter trop trop loin dans le temps (sauf en ce qui concerne les photos elles-même).

Je tiens à signaler que malgré ce que laissent sous-entendre la photo et la citation du brave Georges, je n'ai jamais, au grand dam de mon épouse, fumé la moindre pipe...


14 mai 2013

Incroyable mais vrai : une bière à mon image !

Mon épouse a la nostalgie des sweet stouts qu'elle dégustait au bar du petit hôtel où nous séjournions voici plus de trente ans (je me rappelle même de la marque : "Mackeson").

Mackeson

Bien que cette bière existe toujours, nous n'en avons pas trouvée dans le patelin ni l'an dernier ni cette année. Mais nous ne désespérons pas.

Les sweet stouts sont des bières à base d'orge torréfiée mais non maltée, elles sont à faible teneur en alcool (environ 3%) et doivent leur goût sucré à la présence de lactose (ce qui leur vaut parfois la dénomination de "milk stout").

En attendant d'en retrouver, nous prospectons le marché des bières foncées, mais celles que nous avons trouvées jusqu'à présent se sont révélées plus alcoolisées et plus amères.

Personnellement, j'ai un penchant pour la "Old Peculier", une excellente bière et c'est un Belge qui vous le dit, c'est pas une preuve ça ?

Old Peculier

Mon épouse en préfère une autre, un peu plus douce, mais tout aussi alcoolisée. Elle l'aime aussi pour une autre raison : quand elle se retrouve face à cette bière, elle n'est pas dépaysée : l'étiquette lui rappelle son mari* ...

Old Growler

* "Old Growler" peut se traduire par "Vieux Ronchon"


17 janvier 2021

Passage obligé

 
Ce matin j'ai entendu à la radio des extraits, exercice du chien oblige, d'une émission consacrée à Philippe Glass.

Je n'ai jamais beaucoup goûté les œuvres de ce compositeur répétitivo-minimaliste.

Selon les connaisseurs il aurait été formé à l'école de Bach et consorts et maîtriserait parfaitement harmonie et contrepoint, mais des compositions de ce versant-là, on n'en entend jamais sur les ondes.

Le côté répétitivo-minimaliste ultra connu, il le devrait à sa rencontre avec la musique indienne et thibétaine. Génération oblige, il a bien entendu effectué l'inmanquable (d'où le titre) pélerinage à Katmandou et travaillé avec Ravi Shankar.

Dans l'émission dont je vous parle, ils ont passé un morceau où ils jouaient ensemble.

Voyons si vous me connaissez : dès que j'ai entendu associer Katmandou et Ravi Shankar, quelle question m'est venue à l'esprit ? Hein ?

 

Bon, la voici : Est-ce que ce Shankar et le ravi de la crèche ont quelque-chose en commun ?

ravi

 

19 octobre 2020

Mystère

 
Ce midi, en rentrant de la promenade hygiénique du chien (l'Adrienne ne manquera pas de spécifier que ce chien est une chienne), je jette (par acquit de conscience, vu que l'heure doit être celle du lever du facteur) un coup d'œil dans la boîte aux lettres.

Comme prévu, pas de courrier, mais... un livre !

Je vous fait voir :

Musso001

Voilà, moi et ma grande gueule !

Depuis que sur ce blog j'ai révélé que j'avais lu tout Marcel (ou presque), le monde entier (ou presque) sait que je lis vraiment n'importe quoi, d'où ce magnifique cadeau...


 

14 juin 2008

Eureka

BasseEn me rendant à la pharmacie ce matin, j'ai compris !

Hier, comme je l'expliquais ailleurs à Papistache, mon médecin (je devrais dire ma médecine) constate lorsque je la quitte : "Mais Monsieur Walrus, vous vous tenez la tête penchée, c'est nouveau ça !"

Que répondre à cela ?

Que si je la redresse j'ai des étourdissements ? J'suis pas certain.
Que c'est le poids des responsabilités ? J'suis retraité.
Que c'est à force d'encaisser la pluie ? J'me déplace en voiture.
Que c'est à force de réfléchir ? J'ai la tête vide.
Que c'est à force de regarder les jambes des femmes ? C'est un rêve de Papistache.

Alors, comme au bout de dix ans, elle commence doucement à se faire à mon genre d'humour, je lui ai balancé une explication plausible, bien que contestée par l'intéressée : c'est à force de toujours dire "Oui, chérie", c'est l'attitude du mari soumis !

Mais ce matin, en me rendant à pied à la pharmacie, j'ai compris. (Oui, je me répète, mais dans ma phrase initiale, je n'avais pas précisé que c'était à pied, soyez attentifs enfin !)

Cela fait bientôt un an que je me suis déchiré le ligament croisé d'un genou (je m'abstiendrai de vous dire lequel, pour vous éviter des supputations stériles sur mes tendances politiques).
Cela fait bientôt un an que je me suis habitué à regarder où je mets les pieds parce que, surtout au début, le moindre faux-pas faisait se démettre l'articulation.

 

À ma prochaine visite à la femme de l'art, je lui ferai part de mon hypothèse. J'éviterai soigneusement de lui faire remarquer son peu d'imagination ou de connaissance de mon dossier médical. Je préfère la faire sourire que la vexer.

Une erreur médicale est si vite arrivée...

 


 

24 août 2012

Tapis !

Il y a une semaine, je me trouvais au balcon de l'hôtel de ville. La hauteur de celui-ci ne permettait pas de cadrer d'un seul coup le tapis de fleurs ornant la grand'place. J'ai donc, après avoir emprunté mon appareil digital à ma petite-fille qui avait comme à l'accoutumée égaré le sien, pris une série de vues dans l'intention de les assembler pour vous faire voir la chose.

L'ennui avec ces programmes permettant de générer une vue panoramique à partir de photos successives se recouvrant partiellement, c'est qu'ils sont conçus pour assembler des photos prises de face et qu'ils s'esquintent à maintenir les verticales bien verticales sur l'ensemble de la figure, pas les horizontales photographiées en vue plongeante. d'où le résultat que voici :

Tapis1

En parcourant le Net et en fouillant à fond les possibilités des programmes découverts, j'en ai déniché un qui permet d'appliquer à l'image finale une série de projections dont il vous faut choisir la plus appropriée à votre dessein. Si bien qu'en utilisant la "projection de Mercator inverse", j'ai obtenu une vue un peu plus représentative du tapis... au détriment de la linéarité des façades, bien sûr !

Tapis 2

De toute façon, ce n'était pas trop réussi cette année, les motifs africains utilisés étaient un peu trop disparates et les fleurs déjà  un brin fanées après trois jours de soleil de plomb lequel n'arrangeait rien à la violence du contraste entre les zones de soleil et d'ombre (et quand on connaît la pauvre dynamique des détecteurs numériques...)

Allez, ce sera peut-être mieux dans deux ans (si je peux y aller, bien sûr).


29 juillet 2008

JdJ 9

Je vous écris cela tout de suite, mais j'attendrai le retour de Janeczka pour le publier et son feu vert pour donner la réponse (à moins que quelqu'un d'autre ne trouve entre-temps, bien entendu).

Bien ! Dans la série (c'est un indice) de la pile de lectures en attente de mon épouse :

Livre0009

Solution, premier août :

Couv0009


23 juin 2008

Walrus, le retour

Vous me croyiez mort ? Erreur fatale (si j'ose dire) ! J'ai bêtement eu une fin de semaine chargée.
Mon fils et sa compagne ont acheté une maison de campagne aux fins de bénéficier du calme de l'Ardenne.

Pour leur premier week-end, ils ont eu droit à une fête locale avec musique de danse jusque quatre heures du matin, deux nuits consécutives.

Pour leur second, ils nous ont invités à voir la chose. Le patelin est tellement perdu qu'ils sont les seuls résidents non locaux. Je passe sur le dîner du vendredi soir (comme chacun des membres de ma famille, mon fils est très doué pour la cuisine) et sur une nuit calme pour vous ramener une image de notre promenade du samedi à travers le village.

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Au moins, si le ciel vous tombe sur la tête, ne pourrez-vous pas dire qu'on ne vous avait pas averti !

L'après-midi, nous sommes repartis car nous avions été priés à dîner par celle de mes cousines qui porte un nom de déesse : Flora. Ambiance à la Tchekhov puisqu'elle avait également convié ses deux soeurs à cette petite soirée. Cette fine allusion aux "trois soeurs" n'est peut-être pas tout à fait adéquate car elles sont, comme moi, parvenues à un âge où l'on se réjouit plus de ses souvenirs que de son avenir et où l'on ne rêve plus trop d'aller à Moscou (dont la réputation, entre nous, est un peu surfaite). Argument dans l'autre sens : ce sont elles qui avaient ce beau-père russe dont je vous ai parlé dans un autre billet.

Le dimanche, après un retour tardif, nous sommes allés à la brocante organisée dans notre quartier. Mais non, je n'ai pas tenté de fourguer l'antiquité que je suis à une quelconque passante !

Sur le chemin du retour, mes yeux tombent sur une feuille de bouleau tombée au sol. Je pense, tel un augure romain, y lire la réponse à la question du billet précédent. Peine perdue. Comme toujours, le signe divinatoire est confus, il ne dit ni oui ni non, ni yes, ni no !

feuille

La seule chose que l'on puisse conclure au vu de ce message apporté par le vent, c'est que la bestiole dévoreuse de limbe avait la bouche trop délicate pour bouloter les nervures.



28 janvier 2021

Jijé

 

Je sens que vous n'allez pas me croire, mais je suis né la même année que Don Bosco !

... L'album de Jijé bien sûr, pas son personnage principal.

Joseph Gillain, ce grand dessinateur, a accompagné toute mon enfance et mon adolescence.

Quand j'habitais encore Montignies-sur-Sambre, j'ai suivi avec passion la parution hebdomadaire dans le Journal de Spirou des épisodes de la vie de Baden Powell. Je me rappelle qu'on l'y voyait même jouer au polo en Inde  avec Winston Churchill (en spectateur, vous connaissez sa devise...).

Le Journal de Spirou, dénommé plus tard Spirou, je lui ai été fidèle jusque bien après mon mariage, je le préférais de loin au Journal de Tintin, la ligne claire, c'est pas trop mon truc et l'école Franquin et consorts à Marcinelle, c'est de ma région natale . Aujourd'hui, je le feuillète encore de temps à autre (Émilie y est abonnée) mais je n'aime pas trop les dessinateurs d'aujourd'hui.

Pour revenir à Jijé, il en a produit des BD ! En même temps que la biographie de B-P, il faisait paraître les aventures de Blondin et Cirage (devinez lequel est blanc et lequel est noir). Une de leurs aventures avait un titre qui ferait fureur aujourd'hui : "Le Nègre blanc". C'est lui aussi qui a dessiné Spirou et Fantasio après Rob Well et avant Franquin. Il  a créé Jean Valhardi et Jerry Spring et, chez Pilote dessiné Tanguy et Laverdure.

Bah, tout ça c'est du passé ! Qui dessine encore aujourd'hui ?

Bon, ben, la nostalgie c'est bien, mais faudrait peut-être vivre avec son temps, je crois que je vais me mettre à L'Arabe du Futur !

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21 décembre 2015

Et voilà !

Hier, j'étais en mission chez Filigranes pour ma petite-fille. Je devais lui ramener un des trois bouquins de sa liste. J'ai ramené les trois.

Je dois bien avouer qu'avant de prendre l'un d'eux dans le rayon fort judicieusement intitulé "Eau de rose", celui des Musso et autre Lévy,  j'avais enfoncé ma casquette jusqu'au ras des yeux et relevé le col de mon blouson, même que le vigile de l'entrée, niveau d'alerte trois oblige, me regardait d'un air suspicieux.

barodico003

Comme j'y étais, j'ai aussi pris un bouquin pour moi. Mais non, pas dans le rayon à l'eau de rose! Pendant que j'étais chez Filigranes, je veux dire !

C'est devenu rare depuis que j'ai une liseuse sur laquelle je télécharge des bouquins en libre accès (pour l'instant par exemple, je lis Apollinaire. L'est marrant ce mec ! Li seûl Francès ki djôze lu Wallon d'Mâmdy).

Bon, donc, j'ai acheté un bouquin :

barodico001

La première entrée de ce sympathique dico est :

barodico002

Coïncidence ? La veille, notre geisha nationale, Chapi-Chapeaux Nothomb, l'égérie d'Elvis (Pompilio) avait fait son entrée officielle parmi cette honorable assemblée. Elle y occupe le fauteuil de Georges Simenon auquel avait succédé Simon Leys. Elle y rejoint Eric-Emmanuel Schmitt et Françoise Mallet-Joris. Marguerite Yourcenar en avait elle aussi fait partie dix ans avant sa réception à l'Académie française.

Malheureusement, dans ce cénacle, le port de l'habit et de l'épée n'est pas de mise (si j'ose dire), ça nous aurait valu quelques moments joyeux.


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