Goutte à goutte
Tilu, qui n'est qu'un nom d'emprunt de Manon des sources, nous a jeté un sort avec sa fontaine tarie. Je propose donc que tout qui voit, comme moi, se flétrir son inspiration adopte, en lieu et place du sempiternel "En pause", l'image du robinet, vert-de-grisé par les intempéries, figurant actuellement en tête de son blog.
Quelle chose étonnante que l'inspiration. C'est l'exemple même de l'impromptu et de l'évanescent. Elle vous tombe toujours dessus à des moments impossibles, jamais lorsque vous êtes assis devant votre clavier (Dieu sait si je passe pourtant des heures devant ce symbole moderne de l'addiction) et disparaît promptement, balayée au premier rafraîchissement de votre mémoire instantanée.
Au début, je me suis laissé emporter par l'optimisme et mon côté "technicien". J'ai acheté un "Assistant personnel". Pour être plus clair, une sorte de carnet de notes électronique, agrémenté d'un tas d'autres facilités dont je n'aurai jamais l'usage. Inutile ! Quand j'en aurais besoin, ou je ne l'ai pas sous la main parce qu'il est dans une poche d'un de mes vêtements de jour et que je suis dans mon lit, ou je l'ai sur moi, mais il m'est impossible de l'utiliser parce que j'ai à peine assez de mes deux mains et de tous leurs doigts pour me débattre dans une circulation aussi urbaine que cauchemardesque.
Revenez aux bonnes vieilles méthodes, me direz-vous : papier, crayon (pourquoi les Français écrivent-ils souvent "crayon de bois" ?) Peine perdue, j'ai essayé : le papier, ça va, on trouve toujours bien un vieux ticket de parking. Mais les crayons... j'ai beau en disposer un peu partout (j'en emporte quelques-uns à chacune de mes visites chez Ikéa), mes petites-filles les empochent à la première occasion et me voilà Gros-Jean comme devant.
Ce matin, il m'est même arrivé pire : j'ai eu une idée et j'étais devant mon clavier ! Mais si je ne me mettais pas immédiatement à la préparation du petit-déjeuner (en Belgique on dit déj... ah non, celle-là, je vous l'ai déjà faite), mon épouse allait être en retard à son atelier de peinture sur soie. Et voilà, la seule chose dont je me souvienne c'est que sur le moment j'ai pensé "Celle-là, je l'ai déjà eue et j'avais oublié de la noter". Avouez que c'est pas lourd pour un billet !
Je vais vous résumer la chose en un petit conseil auquel vous trouverez peut-être des allures de choix.
Je ne suis pas un reporter mondain de classe internationale, mais il y a malgré tout quelques détails qui n'échappent pas à mon oeil de photographe exercé. Ouais, j'ai la vue basse, mais, que voulez-vous, ce doit être un effet pervers de mon grand âge !
En effectuant mon travail de photographe, fort gêné par les réflexions parasites sur les vitres dont les aquarellistes et les dentelières avaient couvert leurs réalisations, j'ai eu un coup de coeur, non pas pour une paire de bas, mais pour l'oeuvre d'une aquarelliste en particulier, un peu normal, elle signe "Aimée".



... le
J'entraîne ma compagne vers une grande bâtisse en bois aux planches disjointes. Nous y pénétrons. La bande nous y suit. Une fois à l'intérieur, manifestement depuis longtemps abandonné, ils nous entourent et celui qui semble leur meneur me tend un couteau, genre désosseur. Je m'en saisis et le lui enfonce dans le ventre. Il n'émet pas un son ni ne s'écroule. Le reste de la bande se rapproche.







Alors que, sur ordre de Janeczka, je photographiais mon ancienne école primaire, une voiture s'arrête devant moi. La passagère baisse sa vitre et me demande "Une petite photo s'il vous plaît". J'obtempère tandis que le conducteur me note son adresse e-mail sur un bout de papier.






Après cette visite (et une petite bière pour une raison évidente, mais que je n'évoque qu'avec un minimum de discrétion) j'ai pu entrer enfin dans le vif du sujet. Comme pour me rendre à l'endroit de la maison démolie, je passais devant celle où j'avais habité jusqu'à mon mariage, j'en ai pris un petit cliché tant qu'à faire. Je n'ai évidemment pu le réaliser que de la rue où vous remarquerez qu'il n'y a aucune fenêtre accessible à d'éventuels fauteurs de troubles ou grévistes agités. La façade de l'immeuble est tournée vers la cour de l'usine.
Pour ce qui est de la maison démolie, aucune reconstruction n'a pu être constatée, mais on voit encore au sol quelques briques éparses. Je tiens à signaler que cette maison faisait partie d'un ensemble comprenant : la loge d'entrée (avec pointeuse) de la centrale électrique, la maison du concierge, l'infirmerie de l'usine, la maison occupée par mes parents et celle occupée par les parents de Maria. Quoi ? Je ne vous ai pas encore parlé de Maria ! On ne peut pas tout faire non plus...






















Ben parce que j'aurais dû évoquer les affres dans lesquelles nous plongent une panne de chauffage central et le peu de parole des chauffagistes. Mais comme la chose est tristement actuelle, il m'aurait fallu classer ce billet dans la catégorie "à chaud".
Comme dans nos régions, nous baptisons la grêle "veaux de mars", j'effectue une petite recherche sur le Net et je m'aperçois que cette façon de dire est assez répandue. En cherchant une illustration de grêle, je tombe sur un site qui montre la tapisserie d'Angers avec une vue illustrant ce passage de l'Apocalypse : «Et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang, qui furent jetés sur la terre...».