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Entre nous
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10 juin 2008

Goutte à goutte

ManonTilu, qui n'est qu'un nom d'emprunt de Manon des sources, nous a jeté un sort avec sa fontaine tarie. Je propose donc que tout qui voit, comme moi, se flétrir son inspiration adopte, en lieu et place du sempiternel "En pause", l'image du robinet, vert-de-grisé par les intempéries, figurant actuellement en tête de son blog.

Quelle chose étonnante que l'inspiration. C'est l'exemple même de l'impromptu et de l'évanescent. Elle vous tombe toujours dessus à des moments impossibles, jamais lorsque vous êtes assis devant votre clavier (Dieu sait si je passe pourtant des heures devant ce symbole moderne de l'addiction) et disparaît promptement, balayée au premier rafraîchissement de votre mémoire instantanée.

Au début, je me suis laissé emporter par l'optimisme et mon côté "technicien". J'ai acheté un "Assistant personnel". Pour être plus clair, une sorte de carnet de notes électronique, agrémenté d'un tas d'autres facilités dont je n'aurai jamais l'usage. Inutile ! Quand j'en aurais besoin, ou je ne l'ai pas sous la main parce qu'il est dans une poche d'un de mes vêtements de jour et que je suis dans mon lit, ou je l'ai sur moi, mais il m'est impossible de l'utiliser parce que j'ai à peine assez de mes deux mains et de tous leurs doigts pour me débattre dans une circulation aussi urbaine que cauchemardesque.

Revenez aux bonnes vieilles méthodes, me direz-vous : papier, crayon (pourquoi les Français écrivent-ils souvent "crayon de bois" ?) Peine perdue, j'ai essayé : le papier, ça va, on trouve toujours bien un vieux ticket de parking. Mais les crayons... j'ai beau en disposer un peu partout (j'en emporte quelques-uns à chacune de mes visites chez Ikéa), mes petites-filles les empochent à la première occasion et me voilà Gros-Jean comme devant.

Ce matin, il m'est même arrivé pire : j'ai eu une idée et j'étais devant mon clavier ! Mais si je ne me mettais pas immédiatement à la préparation du petit-déjeuner (en Belgique on dit déj... ah non, celle-là, je vous l'ai déjà faite), mon épouse allait être en retard à son atelier de peinture sur soie. Et voilà, la seule chose dont je me souvienne c'est que sur le moment j'ai pensé "Celle-là, je l'ai déjà eue et j'avais oublié de la noter". Avouez que c'est pas lourd pour un billet !


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21 mai 2008

Perplexe

Que faire ?

Dans son commentaire, sous mon billet précédent, Papistache me tend une perche (que voulez-vous que tende un Percheron ?) pour vous parler de ce voyage où j'ai accompagné mon épouse en vacances. MAIS, dans son propre billet du même jour, il évoque Barbara et une de ses interprétations que, comme par hasard, Kloelle nous offre immédiatement sur son blog (et paf ! Deuxième billet sur fond de serrement de gorge). Quelle équipe, ces deux-là ! Et quel dilemme pour moi : de quoi vous parlerai-je d'abord ?

Allez, j'opte pour la réparation d'un oubli dans ma ponte du 14 avril.

Le Français, je l'ai aussi appris avec ces chanteurs du temps de mon adolescence : Barbara, Brassens, Brel, Ferrat, Ferré, Greco, Reggiani... bon, je ne vais pas vous en faire la liste exhaustive, ce serait à la fois impossible et lassant.

brassensJe vais vous résumer la chose en un petit conseil auquel vous trouverez peut-être des allures de choix.

Vous voulez parfaire votre maîtrise de notre langue ? Ne vous précipitez pas chez le libraire pour vous acheter le Bon Usage, le dico de l'Académie ou quelque brique assommante... non, courez chez votre disquaire et payez-vous l'intégrale du bon Georges...

Et écoutez-la, bien sûr !


17 mars 2008

Expo

Voici quelques jours que, sans y afficher la petite pancarte "En pause", j'ai négligé ce blog. C'est que mon épouse participe actuellement à l'exposition de printemps de son atelier de peinture sur soie. Cela se passe au Centre Culturel francophonne de Ganshoren : "La Villa".

À cette occasion, j'ai donc été réquisitionné pour découper les passe-partout, mettre à jour le dossier de présentation des participantes, photographier les oeuvres exposées, assurer la couverture photographique du vernissage de l'événement.

Vernissage_0011Je ne suis pas un reporter mondain de classe internationale, mais il y a malgré tout quelques détails qui n'échappent pas à mon oeil de photographe exercé. Ouais, j'ai la vue basse, mais, que voulez-vous, ce doit être un effet pervers de mon grand âge !

Ce n'est pas à vous que je vais apprendre comment se déroulent les vernissages dans les Centres Culturels : petit discours de l'échevine de la Culture, boissons plus ou moins alcoolisées, amuse-gueules plus ou moins réussis. C'est là qu'il faut avoir l'oeil ! Dans ce genre de réception organisée par des bénévoles, chacun y va de sa petite préparation, et vous apprenez rapidement que la bonne volonté n'est pas tout. Il faut pouvoir (chez nous, on dit plutôt "savoir", mais je ne tiens pas à dérouter les lecteurs français) repérer au sein de l'offre globale le petit machin qui démontre à suffisance que son auteur perd son temps dans un atelier artistique alors qu'il est tellement doué pour la cuisine ! Gaffe quand-même, l'inverse existe aussi !

Cette année, trois ateliers avaient regroupé leurs forces pour organiser une exposition commune : celui de peinture sur soie, celui d'aquarelle et celui de dentelle. Ce n'est pas une mauvaise idée. En effet, cela favorise les échanges entre les divers "artistes" et augmente le nombre des visiteurs (en langage actuel : "augmente la visibilité de l'événement").

Aim_eEn effectuant mon travail de photographe, fort gêné par les réflexions parasites sur les vitres dont les aquarellistes et les dentelières avaient couvert leurs réalisations, j'ai eu un coup de coeur, non pas pour une paire de bas, mais pour l'oeuvre d'une aquarelliste en particulier, un peu normal, elle signe "Aimée".

Pour ne pas faire de jaloux, je joins ci-dessous les photos de quelques réalisations des différents ateliers. Vous voudrez bien en excuser le positionnement étrange, ma maîtrise de la mise en page dans Canalblog est assez rudimentaire.

Je signale en passant que, contrairement aux deux autres, l'atelier de peinture sur soie se choisit un thème pour ses réalisations. Cette année, il s'agissait de "Villes et villages".

MauresqueMoscou

Nancy

Dentelle

14 avril 2008

Trop cool...

Vidalinda... le commentaire de Vidalinda ! Trop, tout court même ! Elle va me faire rougir! Enfin, rougir encore plus, parce que ma tronche a déjà une forte tendance à la rubicondité (érubescence, pour les puristes), mais je ne vais pas vous bassiner avec mes aventures allopathiques.

Ce commentaire élogieux est en grande partie immérité : je fais bêtement partie de la génération des élèves belges francophones élevés à grands coups de grammaire "Grevisse" (la Belgique est un pays de grammairiens, la chicane y est atavique) dans un enseignement où les fautes de Français étaient sanctionnées, même dans les copies des autres branches. Pratique, est-il besoin de le préciser, depuis longtemps abandonnée dans l'enseignement de la Communauté Française de Belgique. Pourtant, un bon coup de "Bon Usage" sur la cafetière, ça remettait les idées en place (vous avez vu le pavé ?).

J'écris pour mon plaisir et, tant qu'à faire, sans aller jusqu'à évoquer le respect de mes nombreux lecteurs, autant rédiger dans une langue qui me permette de me relire. Et paf ! Le narcissisme pointe le bout du nez, je me suis trahi !

Hier, en lisant "L'Oeuvre au Noir" de Yourcenar*, je suis tombé sur un passage qui recoupe assez bien mes préoccupations (prétentions ?) littéraires :

Mes poèmes ne méritent pas de survivre au papier sur lequel mon libraire les imprime à mes frais, quand par hasard j'ai les moyens de m'offrir comme un autre un frontispice et un faux titre. Les lauriers d'Hippocrène ne sont pas pour moi; je ne traverserai pas les siècles relié en veau. Mais quand je vois combien peu de gens lisent L'Iliade d'Homère, je prends plus gaiement mon parti d'être peu lu.

L'action se déroule au seizième siècle et finalement, je me demande si le succès des blogs ne tient pas dans le fait qu'ils épargnent les frais de l'édition à compte d'auteur.

Comment ça, radin ?

* Snob ! Tout ça pour dire qu'il a lu un Yourcenar !
Et d'abord, c'est même pas vrai, j'avais déjà lu "Archives du Nord" avant, nananère !


28 mars 2008

Sang et tripes

Il n'y a pas que les voyages en train qui me fatiguent. Il y a aussi cette vie nocturne parallèle. Ainsi, cette nuit.

Je passe sur un début un peu quelconque pour vous conter la fin de mon aventure. Je me trouve dans une soirée en compagnie d'une petite brunette, agréablement potelée, toute vêtue de noir, à peine la trentaine, que je ne connais, comme dit l'autre, ni des lèvres, ni des dents. Une bande de gars, aussi snobs que déplaisants ne cessent de la charrier.

Lassés, nous quittons l'endroit et pénétrons dans un grand enclos circulaire aux murs élevés tendus de bâches noires. Nous nous réfugions dans un endroit épargné par la pluie qui tombe doucement. Elle s'assied à mes côtés et se serre contre moi.

Au bout d'un moment, je m'éloigne un peu pour assister à une démonstration organisée sur un petite table par une sorte de magicien ou de physicien : il fait s'envoler de petits objets en les secouant légèrement sur place. Les montages en papier fort semblent portés par un courant d'air (chaud ?) et, après leur envol, il reste sur la table quelques petites particules d'aspect métallique. Quand, après le décollage de quelques objets, je regagne ma place, la fille a disparu.

Je quitte l'enclos et pars à sa recherche. Je finis par la retrouver, entourée par les gaillards du début. Elle a le visage défait et son rimmel lui coule sur les joues. Un motard de la police, en chemise, malgré le temps, assure, dans un Français fortement mâtiné de Flamand, qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

grangeJ'entraîne ma compagne vers une grande bâtisse en bois aux planches disjointes. Nous y pénétrons. La bande nous y suit. Une fois à l'intérieur, manifestement depuis longtemps abandonné, ils nous entourent et celui qui semble leur meneur me tend un couteau, genre désosseur. Je m'en saisis et le lui enfonce dans le ventre. Il n'émet pas un son ni ne s'écroule. Le reste de la bande se rapproche.

À ce moment précis, un ensemble de personnages les entourent. Ils semblent sourdre des murs même de l'édifice. Seule ma compagne semble les connaître. Je crois comprendre aux quelques mots qu'ils échangent avec elle qu'ils occupaient les lieux avant de disparaître après une horrible tuerie. Ils sont d'une maigreur mortelle, ont le regard perdu de déments et sont vêtus de haillons. Il y en a des deux sexes et tous sont armés de longs couteaux à la lame effilée.

Nos adversaires sont comme pétrifiés et n'esquissent aucun geste de défense quand ces sortes de zombies leur déchirent l'abdomen de leurs lames sans reflets.

Pas de fin à l'histoire, car je m'éveille, encore surpris de l'insistance que je venais de mettre à fouiller de la pointe de mon couteau les tripes de mon vis-à-vis par ailleurs impassible.


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2 mai 2012

Faites du sport qu'ils disaient !

Vous vous rappelez sans doute qu'à force de voir passer devant mes fenêtres la charmante Fanny, j'avais décidé de peut-être me remettre à faire du sport.

Vous ne vous rappelez pas ? Ben, suivez le lien ou consultez votre médecin de famille (si du moins vous vous souvenez de son nom).

Revenons au sport : au nombre des souvenirs de vacances emmagasinés par notre fils et ayant participé à sa décision de revoir l'Angleterre de l'est en notre compagnie, se trouvaient des parties de pétanque endiablées sur les chemins terreux parcourant la lande côtière du Suffolk.

Quoi ? Je vous l'ai déjà dit ? Parce que de ça, évidemment, vous vous rappelez très bien ! Admettons...

Ce simple souvenir a suffi à lui faire emmener dans sa voiture huit des treize paires de boules de pétanque que je lui avais léguées à l'occasion de notre déménagement (ouais, je sais ! De ça aussi je parle sans arrêt. Et alors, j'ai bien le droit de radoter un peu à mon âge, non ? Et d'ailleurs, c'est mon blog ou le vôtre ? C'est vrai quoi à la fin...)

Donc, pour vraiment replonger Willy (ou Yves, c'est comme il vous plaira)  dans ses souvenirs d'enfance, nous avons organisé in extremis une partie de pétanque la veille de notre retour.

Bien nous a pris de nous y prendre sur le tard, car en sautant pour éviter d'arrêter du pied une boule qui roulait droit vers lui, je me suis démis le genou gauche qui, comme vous le savez sans doute, est privé de ses ligaments croisés depuis une autre tentative de retour au sport (le foot-ball cette fois-là). Si nous avions commencé par là, j'aurais passé tout le séjour à traîner la patte.

Je crois que pour mon retour définitif au sport, je vais chercher quelques amateurs de whist.

Ah oui ! Pour la petite histoire, la partie opposait Agata, Muriel, Emilie et Louise à Françoise, Willy, Thierry et moi. Borys revoyait son cours de droit bien calé dans le divan.

La pluie a fort opportunément arrêté la partie alors que chaque équipe avait remporté une manche. Je vous l'avais dit : l'Angleterre, c'est merveilleusement lénitif, ça engage au calme.

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25 octobre 2012

Je dois avoir une tête de pigeon

Ce matin, tandis que je parcours les nouveautés bloguesques signalées à ma bienveillante attention par G**gle Reader, un bruit attire mon attention.

L'immanquable ouvrier polonais qui depuis hier creusait d'abord autour de puis sous notre terrasse à la recherche des restes des tuyaux d'évacuation emportés par un effondrement de terrain consécutif à une fuite ancienne dans le collecteur principal tambourine sur le vitrage de mon living du bout du manche de sa brosse (je m'arrête avant de décrire l'usage habituel de la brosse, faudrait pas me prendre pour Marcel, non plus).

Bob de guingois et large sourire aux lèvres, il me demande si "Moi pouvoir emprunter toi électricité parce que prise du hall problème fusible ou quoi..."

J'ai branché son allonge sur la réglette alimentant la MAP (Machine A Pain, qu'alliez-vous penser ?) sans m'inquiéter de la façon dont il allait me restituer les watts heures "empruntés".

Et ça m'a fait souvenir d'une autre aventure.

Au début de son immobilisation, mon épouse m'envoie rechercher des soies peintes chez la dame qui les fixe. En sortant de là, je croise sur mon chemin un gaillard qui me semble d'origine italienne et qui lance à l'épicier du coin lequel est lui d'origine maghrébine "Avec l'argent qu'ils dépensent pour ces papiers, on pourrait nourrir l'Afrique !" (C'était un peu avant les élections communales).

 Je me dis que celle-là, faudra que je vous la raconte et je m'arrête pour la noter (ben oui, je suis organisé, je trimballe partout un carnet que je n'utilise jamais). Mal m'en a pris, car profitant de cet instant, une dame, enceinte jusqu'aux dents, me hèle et me rejoint.

Elle me balance les yeux larmoyants et la voix assortie une histoire où elle sortirait de l'höpital Saint-Pierre voisin, son futur bébé serait malade et elle disposerait d'une ordonnance qu'elle ne peut faire exécuter faute de disposer des vingt-quatre euros nécessaires. Je lui réponds que je n'ai pas vingt-quatre euros sur moi. Si vous en aviez vingt, enchaîne-t-elle aussitôt, la pharmacienne me donnerait certainement le médicament.

Je n'ai que cinq euros lui dis-je en les lui extrayant de mon portefeuille. Elle les a pris en soupirant et nous nous sommes quittés.

Je vieillis, c'est dingue ! Je manque de réflexe ! Je venais de passer devant une pharmacie, j'aurais dû lui proposer d'y entrer et de payer avec ma carte de banque. J'aurais sans doute économisé cinq euros car la dame s'était bien gardée d'exhiber la fameuse ordonnance.

Ouais, je dois avoir une tête de pigeon !

Pigeon

Mais ça ne date pas d'aujourd'hui !


21 octobre 2012

Stop ou encore...

À l'instar d'Adrienne, je me demande si je vais continuer le WEB.

Vous me direz, à l'instar de Joye cette fois, que pour ce qui concerne le présent blog ça ne fera pas une bien grosse différence. Comme vous êtes d'impénitents bavards, vous ajouterez que ce n'est pas avec ce genre de question que je vais être distingué pour l'originalité de mon propos, la grosse majorité des acteurs de la blogosphère se trouvant périodiquement en proie au même questionnement.

Il n'empêche que la question est sérieuse et que mes motivations sous-jacentes sont  d'un tout autre niveau que celles habituellement évoquées par les blogueurs tout-venant : l'usage intensif du trackball, de la souris et autres instruments de torture m'a filé une inflammation de l'articulation trapézo-métacarpienne (à la base du pouce pour ceux qui se désintéressent de la cartographie de leur propre organisme) et c'est vachtement douloureux même si l'évocation de ce genre de prétexte est de nature à faire naître sur votre visage un sourire condescendant.

De plus, depuis que mon épouse s'est fait opérer des deux pieds et porte des chaussures à la pointe de la mode "made in France" (si si, c'est écrit dessus, cliquez !), c'est moi qui promène le chien. Je sais que ce chien est une chienne, mais j'ai craint que vous alliez me faire une interprétation fallacieuse de la phrase précédent si je l'avais terminée par "chienne" et que vous alliez  dans la foulée (si j'ose dire vu son état) me suspecter de maltraiter ma moitié.

 

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Et ce chien, cette chienne donc, a la fâcheuse manie de se ruer sur tout ce qui bouge : chats, chiens, renards, pies, corneilles, merles et même feuilles mortes poussées par le vent. Ce qui m'oblige à bloquer son élan en poussant du pouce sur le bouton ad hoc de la laisse à dérouleur (ou enrouleur, ça dépend des circonstances). J'en viens même à me demander, depuis que l'animal a découvert que je n'étais pas rivé au bureau de l'ordinateur et qu'il lui suffit de venir geindre un petit moment à mes pieds pour avoir droit à la promenade, j'en viens à me demander donc, si ce n'est pas plutôt cet usage répété et inhabituel du pouce qui est à l'origine de mes douleurs...

Si bien que je reporte ma décision jusqu'au jour où, ma femme ayant retrouvé l'usage normal de ses pieds, je pourrai identifier avec plus de certitude l'origine du problème.


16 mars 2012

Basta pasta !

Nous étions invités ce midi dans un petit resto italien de la périphérie flamande de Bruxelles.

Dans la salle,  on n'entend parler que le français et l'anglais (ou l'américain ? Faudra que je consulte Joye), à l'exception d'une dame qui parle néerlandais avec ses trois petits-enfants mais français avec le patron.

La carte, elle, est rédigée exclusivement en italien. Si utiliser pour la carte la langue du pays d'origine de la cuisine est une astuce pour ne pas la traduire en néerlandais, j'espère que la pratique ne va pas s'étendre au restaurant chinois voisin !

L'endroit est assez exigu, si bien que pour pouvoir accéder à son siège, un nouvel arrivant doit demander à mon épouse de bien vouloir se lever. Il le fait en néerlandais, langue qu'elle n'entend guère, mais la disposition des lieux rend toute traduction inutile : elle avait déjà dû le faire pour laisser sortir le client précédent. Le brave homme s'installe donc derrière moi et entame avec son vis-à-vis une conversation... en français bien évidemment.

Passons sur cet intermède linguistique.

La faible distance qui nous sépare me permet de ne rien perdre de la conversation de nos nouveaux voisins et leur permet, à eux, de contempler à loisir ce qui se trouve dans nos assiettes. Le plus âgé des deux est fort intéressé par le contenu de la mienne et je me charge de répondre à la question qu'il posait à son compagnon en lui signalant que je mange des "linguine alle vongole". Il s'enquiert ensuite de savoir ce que peuvent bien être des "penne", ce que nous lui faisons voir dans l'assiette de notre amie.

Une fois qu'ils ont fixé leur choix et l'ont communiqué au patron, le plus âgé des deux se met à détailler pour son compagnon les étapes de son dernier voyage : Palerme, Syracuse, Agrigente...

Le mec a fait le tour de la Sicile sans rencontrer la moindre penne,  dis donc ! Je suppose qu'en bon Belge il n'a boulotté que des moules frites...

MouleFrites


 

5 août 2011

Simply the best...

Donnant raison à sa conclusion - les fans de la vedette sont majoritairement des femmes -, mon épouse a désiré regarder cette émission consacrée par ARTE à Tina Turner.

Personnellement, je ne l'appelle pas "The best", mais plutôt "The Beast". Et je signale, à toutes fins utiles, que cela n'a absolument rien de péjoratif. Non, je suis simplement toujours soufflé par son incroyable vitalité : elle est inoxydable cette gamine.

L'émission ne nous a pas appris grand chose qui ne soit déjà connu : sa vie difficile avec Ike Turner, sa lutte courageuse pour s'en sortir et le succès planétaire qui s'en suivit. On dit qu'elle a vendu presque autant de disques que les Rolling Stones. Cela ne m'étonne pas : je possède un CD de Tina Turner et aucun des Stones.

Je ne suis pas un fan de la soul, mais pour elle, je fais volontiers une exception. La preuve, je n'ai même pas râlé quand nous avons décidé de regarder l'émission avec, en prime, l'enregistrement de son concert à Rio en 1988.

Je ne sais pas ce que je lui trouve... et n'essayez pas de m'aider pas en disant qu'elle est, bien qu'étant mon aînée de deux ans, sculpturale , non, c'est pas ça (même si ça aide). C'est que dès que je la vois, je la trouve, comment dire, tellement naturelle, tellement vraie, tellement... convaincante !

Ouais, convaincante, c'est le mot !

Même qu'en l'entendant chanter  "You're simply the best", j'étais à un cheveu d'y croire...

Quelle femme !

Tina


8 juillet 2008

Le nord

En réaction à mon dernier billet, Tilu a déposé un lien vers une chanson d'Alain Souchon. Il y a quelque-chose qui me chiffonne dans ce texte. Quand donc Souchon se promenait-il à Bray-Dunes ?

Vous savez où est Bray-Dunes ? Non ? Petite cartographie avec l'aide de Bibendum :

Bray_Dunes

Est-ce que ça vous aide ? C'est donc, sur la côte de la Mer du Nord, le premier patelin français au sud-ouest de la dernière localité de la côte belge : De Panne. Et là, vous comprenez tout de suite mieux !

Pour qu'à cet endroit, le vent apporte de Belgique les flonflons dont il parle, il faudrait que ce vent viennent du nord-est, ou de l'est si l'on considère Adinkerke et son parc Plopsaland plutôt que La Panne (oui, en Belgique, la plupart des localités ont un nom en flamand et un en français).

Et je peux vous certifier que ce type de vent ne figure pas parmi les dominants de l'endroit (j'ai vérifié dans les statistiques de l'Institut Royal Météorologique) et que, quand d'aventure il souffle, il n'y a pas grand monde à se promener sur les plages.

Mais bon, Souchon l'Africain ne connaît peut-être pas trop bien le nord (je dis nord au sens direction géographique, je sais que c'est le Pas-de-Calais) ou il s'y promenait par un jour d'exception, il dit bien que c'était en hiver, mais en hiver, il n'y a pas de kermesse à La Panne et Plopsaland est fermé.

Remarquez que Souchon (que par ailleurs j'adore) a de la compagnie. Depuis "Bienvenue chez les ch'tis", des troupeaux de touristes débarquent à Bergues, lieu de tournage du chef d'oeuvre, espérant sans doute se replonger dans l'ambiance du film.

L'ennui, c'est que Bergues, tout comme Bray-Dunes, c'est à un jet de pierre de Dunkerque et c'est entouré d'un tas de patelins aux noms plus belges que belge : Zuydcoote, Leffrincoucke, Hondschoote, Coudekerke, Rosendaël, j'en passe et de meilleurs. C'est donc la Flandre et l'idiome local, le flamand. Ils ne risquent donc pas d'entendre un mot de ch'timi ! Pour ça, ils feraient mieux d'aller à Tournai (Doornik) ou Lille (Rijsel). Une autre carte ?

Picard

Bergues, c'est entre le L et le E du titre de la carte. Ces pauvres touristes sont  tombés au beau milieu d'une poche de résistance, un peu comme, d'après Goscinny, Jules César sur les irréductibles Gaulois.


4 juillet 2008

Auto stop

AutoAlors que, sur ordre de Janeczka, je photographiais mon ancienne école primaire, une voiture s'arrête devant moi. La passagère baisse sa vitre et me demande "Une petite photo s'il vous plaît". J'obtempère tandis que le conducteur me note son adresse e-mail sur un bout de papier.

Et une histoire ancienne me revient en mémoire.

Il fut une époque où avec quelques collègues, nous participions avec nos familles respectives à diverses activités.  Avec les gosses, ça faisait une solide smala...

Un jour, nous marchions tous ensemble dans les bois entourant Masbourg. Vous ne savez pas où c'est ? Tant pis pour vous ! Pivoine pourrait sans doute vous aider. C'est d'ailleurs sans intérêt pour la suite de l'histoire.

Vers midi, nous faisons une halte au bord de la Masblette, la rivière locale (comment l'avez-vous deviné ?). Un autochtone y avait installé un barbecue et vendait des petits pains aux saucisses. J'étais assis sur un muret et faisais un sort à l'espèce de hot-dog quand un petit bolide rouge,  une Morris mini-cooper, surgit du virage et se range, dans un nuage de poussière, au bord de la route.

La portière côté passager s'ouvre et, une diablesse blonde en jeans et bottes de cuir se précipite vers moi. Quand j'ai vu votre barbe, me dit-elle, j'ai senti qu'il fallait que je vous embrasse ! Vous permettez, Madame ? Demande-t-elle à ma fille qui, à l'époque, ne devait pas avoir plus de dix-sept ans. Et sans attendre la réponse de celle-ci, elle passe à l'exécution de son projet, profitant de ma stupeur.

Mon copain Georges, non, pas celui des chevilles, un autre, tombeur invétéré, n'en est pas encore remis. Moi non plus d'ailleurs.

Non, je ne me suis pas gouré de catégorie, il ne s'agit pas d'un rêve. D'ailleurs, je tiens à votre disposition une bonne quinzaine de témoins.


1 juillet 2008

Walrus, au rapport !

Ordre de Mission :

Quant a votre jeunesse... tout ca c'etait il y a 20 ans, mais 20 ans plus tard, l'endroit a-t-il beaucoup change? votre maison a peut-etre ete reconstruite (encore une reference aux poissons, vous voyez)?

Posté par Janeczka, 25 juin 2008 à 22:54


Rapport de Mission :

Les choses ne se sont pas passées toutes seules, cher commanditaire.

D'abord, j'ai dû emmener mes petites-filles qui sont en vacances, sous prétexte de leur montrer l'endroit où j'avais passé une grande partie de ma jeunesse.

Dès le départ, l'aînée nous a bien fait comprendre qu'il était hors de question d'aller pique-niquer à la campagne et de devoir, en conséquence, partager son repas avec les mouches et autres insectes volants, grouillants, grimpants ou rampants, sans compter les araignées qui, comme chacun sait, ne sont pas des insectes. Ce qui nous a valu de devoir faire, à quelques kilomètres du but, une halte dans un petit resto italien de derrière les fagots, pour un déjeuner léger :

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Ensuite, mon épouse a décidé de passer d'abord dans le patelin voisin voir dans quel état se trouvaient les ruines du chateau des Ducs d'Havré et de visiter la roseraie (15000 rosiers, 250 espèces) qui y a été aménagée il y a cinq ans.

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VSH1Après cette visite (et une petite bière pour une raison évidente, mais que je n'évoque qu'avec un minimum de discrétion) j'ai pu entrer enfin dans le vif du sujet. Comme pour me rendre à l'endroit de la maison démolie, je passais devant celle où j'avais habité jusqu'à mon mariage, j'en ai pris un petit cliché tant qu'à faire. Je n'ai évidemment pu le réaliser que de la rue où vous remarquerez qu'il n'y a aucune fenêtre accessible à d'éventuels fauteurs de troubles ou grévistes agités. La façade de l'immeuble est tournée vers la cour de l'usine.

VSH2Pour ce qui est de la maison démolie, aucune reconstruction n'a pu être constatée, mais on voit encore au sol quelques briques éparses. Je tiens à signaler que cette maison faisait partie d'un ensemble comprenant : la loge d'entrée (avec pointeuse) de la centrale électrique, la maison du concierge, l'infirmerie de l'usine, la maison occupée par mes parents et celle occupée par les parents de Maria. Quoi ? Je ne vous ai pas encore parlé de Maria ! On ne peut pas tout faire non plus...

Puisque j'étais sur place, je vous ai également pris une photo du pont-levis dont le mécanisme, inutile sur ce bras de canal désaffecté, a été démonté (de même qu'a été rasée l'espèce de casemate dont je vous entretenais l'autre jour).

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Une de l'écluse, dans un parfait état de délabrement.

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Une de la Wance, les eaux en étaient relativement claires, mais les plantes aquatiques sont néanmoins recouvertes d'un dépôt plus que suspect et une de la chapelle de Creuse :

VSH5

VSH6

Quoi, il vous manque l'école ? Elle est toujours là et, semble-t-il, toujours en usage :

VSH7

Y a-t-il quelque-chose d'autre pour votre service, chère Janezcka ?


27 juin 2016

Oh la cachottière !

Vous le saviez vous que Célestine avait une de ses résidences secondaires en Belgique ? À Bruxelles, même, presque au pied de l'Atomium.

Je le sais, je passe devant deux ou trois fois par jour ce qui, grâce aux cars qui y débarquent leurs cargaisons de touristes armés d'appareils photos, de smartphones et de tablettes, doit faire de moi le propriétaire d'une des voitures les plus photographiées de mon pays.

Vous ne me croyez pas ?

Pas de chance, j'ai une photo :

P1080731

... et c'est signé !

célestine


4 juin 2008

Gauguin

Sur ce coup-là, vous devrez me croire sur parole : mes parents ne sont plus là pour confirmer. Ils disaient que, dans mon jeune âge, j'étais un enfant charmant, calme, obéissant et tout et tout, mais... Car il y a toujours un "mais", n'est-ce pas !  Ils m'avaient surnommé, à cette époque de mon existence, "Monsieur pourquoi".

Le front contre la vitre froide des trains à vapeur, je m'inquiétais du pourquoi de tout ce qui défilait dans le paysage : les rivières, les chassis à molette, les laboureurs aux champs, l'animation dans les usines, les grosses conduites de gaz, les chatons sur les saules : pourquoi ?

Au retour c'était la nuit, mais ils n'étaient pas sauvés : pourquoi la lune suit-elle obstinément notre train, sautant par-dessus les bois et les toits, réapparaissant à la sortie des tunnels, ressurgissant de derrière un nuage ?

 

Et toute réponse amenait immanquablement un autre "Pourquoi ?"... Charmant, mais lassant, souvent.

Un jour, avançant en âge et remontant inlassablement la chaîne de ces questionnements en cascade, je suis parvenu à l'ultime question : "Pourquoi suis-je là ?"

D_o__venons_nous

À cette question, il ne me fut donné aucune réponse satisfaisante. La grande lignée des "pourquoi" ne menait qu'à une infinie déception. Alors, résigné, je me suis rabattu sur les "comment" et j'ai viré scientifique. De cette chaîne-là non plus, on ne voit jamais le bout, chaque réponse amène cent nouvelles questions, mais...  Car il y a toujours un "mais", n'est-ce pas !

Mon enfance grisée du désir de savoir s'est arrêtée, stupide, au fond d'un cul-de-sac étouffant.

 


 

4 juin 2009

La fille dans la vitrine

Il est environ dix heures. Je n’irai pas jusqu’à dire que le Campo de Sienne est pratiquement désert, disons qu’il n’est pas encore surpeuplé.

Tandis que j’en fais lentement le tour, deux choses insolites attirent mon regard. D’abord, un individu, de mèche (ouais, je sais, facile… mais avouez que la mèche valait le jeu de mots) avec les touristes iconoclastes (dont je suis, à mon corps défendant), met les moyens et la détermination pour contribuer à la destruction du patrimoine local.

Siena_0016

Ensuite, isolés dans un coin sur leur balcon, deux personnages se désintéressent manifestement du spectacle de la place. Comment sont-ils arrivés à cet endroit que l’on doit louer à prix d’or lors du Palio ? Je l’ignore.

Siena_0017

Pour mieux les situer, je cadre un peu plus large. Evidemment, un noir déboule de Dieu sait où et vient gâcher la prise de vue. Remarquez, je n’ai rien contre les noirs, je constate simplement l’effet de sa présence.

Siena_0018

Mais le soir, de retour à La Pineta, lorsque je transfère les photos sur le portable, dans les vitres du magasin, en bas, à droite : un reflet. Une mère en robe fleurie se rafraîchit le pied à l’eau de la fontaine.

reflet

Je suis toujours surpris des choses que je découvre sur ces photos-souvenir obligées de touriste obligé et que je n’y ai pas mises volontairement. C’est bien la seule raison qui fait qu’après les avoir prises et avant de les ranger dans des directories où elles dormiront sans doute à jamais (ou jusqu’à démagnétisation du disque), je les regarde avec intérêt pour y deviner en un reflet déformé, le galbe délicieux du mollet qu’une inconnue ne soulevait certainement pas à mon intention.


17 septembre 2008

Jdj 14

C'est en préparant ce billet que je me suis aperçu que je n'avais toujours pas donné la solution du précédent !

Comme même Papistache trouve le jeu difficile, j'en fais une ultime édition. Ensuite je me contenterai d'appliquer la règle janeczkienne tout en vous donnant le titre du bouquin.

Dans la cas présent, la consigne de Janeczka est à nouveau inapplicable, je vous montre donc toute la page 123. Le problème ne me semble pas insurmontable pour une fois. Remarquez qu'à la sixième édition Kloelle avait quand-même découvert qu'il s'agissait de Millénium !

Livre014

Edit du 23 septembre

Bien, comme personne ne se manifeste plus, je donne la solution :

Couv014

Autant j'ai aimé des bouquins comme "L'exposition coloniale" et sa suite, autant j'ai de mal à accrocher à cette série un peu , comment dire, onirique ou symbolique comme "La grammaire est une chanson douce" etc... pourtant, je suis un rêveur né ! Mais n'empêche, je le préfère nous décrivant son affection pour Gand. Un fond de chauvinisme belgo-belge sans doute...


31 décembre 2020

Bonne année

 
Je souhaite à tou·te·s ce·lles·ux (L'écriture inclusive, c'est de la tartitude) qui passeront par ici, une très bonne année 2021, même s'il se trouve quelques coins où ça a l'air mal parti, mais restons optimistes !

P1050618

Si jamais vous préférez un photo plus "ambiance hivernale", j'en emprunte une à mon frère qui habite en Auvergne :

circ


6 mars 2010

À propos

FabiennemarkeyskensFralon

Dans ma voiture, ce matin, j'écoute Fabienne Vandemersch interviewer une de nos anciennes gloires politiques,  Marc Eyskens, et un certain José-Alain Fralon, ex-correspondant du journal "Le Monde" à Bruxelles.

Ces deux derniers ont en commun d'avoir commis récemment un bouquin où est évoqué l'avenir(?)  de la Belgique.

Mais là n'est pas mon propos.

En fin d'émission, suite à une question de la présentatrice, Marc Eyskens évoque un souvenir étonnant pour souligner la puissance de la musique qu'il regrette de ne pas avoir pratiquée.

Il assistait à un concert où se donnait la cinquième symphonie de Gustav Mahler. À ses côté une Anglaise qui soudain se met à pleurer et murmure "My God ! I thought it was You..."

Sur quoi la charmante Fabienne enchaîne : "Nous allons écouter Adamo !"

Je l'adore ! (Pas Adamo, Fabienne !)


8 mars 2008

En mauvaise posture

La dernière consigne de Paroles Plurielles (65) faisait appel à un photographie de NarB que voici :

NarB

Je ne vais pas vous imposer ici le petit texte que j'ai pondu à cette occasion. Il initiait une série d'histoires généralement sanglantes. Mais là n'est pas mon propos.

En écrivant cette historiette où je parle de "statuette", je me suis rappelé que lorsque j'étais tout jeune, jamais, au grand jamais, ce vocable ne me serait venu à l'esprit.  Car, en Wallonie, on appelait ce genre d'objet une "posture".

Je ne pense d'ailleurs pas que, dans les milieux populaires de ma région d'origine, cette manière de dire soit tombée en désuétude. Le TLFi atteste en effet de cette particularité locale.

Je me demande aujourd'hui si j'ai bien fait d'éliminer de mon vocabulaire, par souci d'user d'une langue "correcte", ce particularisme régional. Je lui trouve subitement un côté très porteur de sens car, au fond, plus que l'objet de la représentation, ce qui fait précisément la valeur ou l'originalité d'une statuette, c'est l'attitude, la "posture" plus ou moins grâcieuse, ou suggestive, utilisée.

Oui, j'ai passé mon enfance entouré de "postures" dont certaines m'ont d'ailleurs marqué, tel ce chat noir hiératique ou ce buste de femme jeune et fraîche, style "Madame Récamier".
Aujourd'hui, je ne possède plus que quelques statuettes et pourquoi ai-je l'impression qu'elles me parlent moins, bien qu'elles soient sans doute de meilleure qualité ?

... Le premier qui me parle d'âge aura affaire à moi !


31 mai 2009

Ne me prenez pas pour un clown

À Saint-Louis… mais non, nous ne sommes pas, mon épouse et moi-même, partis pour le Sénégal ou la Louisiane, c’est bon pour notre fils, ça !

À Saint-Louis, donc, la banlieue alsacienne de Bâle, ville étape sur notre trajet vers l’Italie, nous avons dû  choisir un restaurant.

D’ordinaire, nous allons à « La Diligence », un sympathique endroit, mi-brasserie, mi-weinstube et mi-resto pour faire bonne mesure, dont ma femme adore les os à moelle. Mais c’était leur jour de fermeture. Voilà comment nous sommes récompensés d’avoir postposé notre départ pour cause de portes ouvertes à l’Ecole de Cirque !

Nous optons donc pour « La Ville de Mulhouse ».

À peine sommes-nous assis que la patronne nous annonce qu’il n’y a plus de tartare de saumon. Comme nous n’avions pas l’intention d’en prendre, cela ne nous émeut guère.

Nous commençons alors à débattre des avantages et inconvénients des deux menus proposés et finissons par porter notre choix sur celui où l’absence d’escargots était compensée par la présence de crème brûlée à laquelle mon épouse a bien du mal à résister, même si bien souvent, l’expérience se révèle décevante. Faut dire qu’à Castiglione, dans le resto-oenothèque d’un ami de mon fils, ils en font une qui vous fait regretter que votre langue ne puisse parvenir jusqu’au fond du petit récipient ventru en grès.

Dans le cas présent, on n’a pas pu savoir, la patronne, le moment venu, nous ayant annoncé, mine de circonstance à l’appui, que les crèmes brûlées étaient épuisées.
Remarquez que nous nous y attendions un peu, car après étude soigneuse de la carte des vins, ayant porté mon choix sur un Pinot Noir Alsacien vieilli en fût de chêne, je m’étais entendu dire qu’il n’y en avait plus, mais que je pouvais me contenter d’un autre, plus classique et, d’ailleurs sensiblement moins cher.

Pour l’étape du retour, la Diligence étant à nouveau fermée, j’ai repéré un Macdo dans la Z.A. voisine…

mcdonalds


7 décembre 2008

Le cas du Flénu

De quel étrange animal va-t-il encore nous entretenir, vous demandez-vous. Tant il est vrai qu'on n'attrape pas deux fois le petit futé que vous êtes.

Et vous n'aurez pas (tout à fait) tort.

Dans le Borinage (région située à l'ouest de Mons) se situe un village étrange. Non qu'il se distingue des autres par une architecture particulière, une ambiance spéciale ou que sais-je encore, non, ce village, Flénu, présente une particularité dans l'idiome local : le borain.

Alors que l'on dit "Je vais à Frameries, à Quaregon, à Hornu, à Dour, à Saint-Ghislain,...", on dit " Je vais au Flénu"

Moi qui habitais de l'autre côté de Mons, je ne connaissais du Borinage que l'accent de mes condisciples du secondaire issus de cette région, mais Broche venait de Frameries, Ruelle de Cuesmes, Rousselet de Jemappes, personne ne venait "du" Flénu.

Ce n'est qu'en débarquant à Hornu pour y faire mes études de chimie que j'ai rencontré cette particularité. Voici dans quelles circonstances.

L'association des étudiants organisait un bal annuel dans les locaux d'une école voisine. Cette école comportait une section "Beaux-arts". Nous avions donc fait appel à ces voisins pour réaliser la décoration de la salle de bal.

C'est à cette occasion que j'ai rencontré ma première Artiste. Elle peignait à grands coups de brosse une immense feuille de papier. Pour ce faire, elle était agenouillée et chaque fois qu'elle s'étendait, se mettant à quatre pattes pour atteindre un coin reculé de son œuvre, le pull très lâche qu'elle portait et qui pendait presque jusqu'au sol, découvrait son dos nu.

Vision étrange pour un jeune-homme de mon époque, habitué à des condisciples en complet-veston pour les mecs et tailleur et chemisier pour les filles. Je n'étais pas au bout de mes surprises.

Comme les choses devaient durer assez longtemps, j'avais emprunté la voiture de mon père au cas où il n'y aurait plus eu de train pour rentrer. L'artiste qui, une fois sur ses pieds, avait cette fois les manches du pull qui lui descendaient jusqu'aux genoux, l'artiste donc, ayant achevé son oeuvre, demande à la cantonade si quelqu'un peut la reconduire.

Je me propose de le faire et lui demande où elle habite. "Au Flénu", me dit-elle.

Je l'ai donc reconduite, en suivant ses indications, dans ce patelin dont je ne savais même pas où il se trouvait. Durant ce trajet, je l'observais du coin de l'œil. Ma première artiste dis-donc ! Elle était plutôt maigre, les yeux charbonnés (sans doute une coutume locale de cette région minière), jean troué et pull comme je vous ai dit, bâillant sur une poitrine modeste, ferme et nue.

Et, vous savez quoi ? C'est moi qui n'étais pas trop rassuré !

Belette

Ah, oui...   l'animal !

En cherchant un peu sur le net, j'ai cru comprendre que le nom de Flénu viendrait de "flenne", belette en roman et "ut" désinence en marquant l'abondance. On se rendait donc à l'endroit riche en belettes : au flénu.

Edit du 8 décembre :

Le cercle héraldique de Mons propose les armes suivantes pour Flénu :

Fl_nu


17 octobre 2008

Moderato lamentabile

J'avais en tête de vous pondre un petit billet lamentatoire (le dico en rougit de honte pour moi), bien dans l'air du temps.

Mais c'est impossible.

Pourquoi ?

froidBen parce que j'aurais dû évoquer les affres dans lesquelles nous plongent une panne de chauffage central et le peu de parole des chauffagistes. Mais comme la chose est tristement actuelle, il m'aurait fallu classer ce billet dans la catégorie "à chaud".

Vous voyez le problème ?


21 mars 2008

Délégation

Je classe ce billet dans la catégorie "à chaud". Humour bien involontaire parce que, dehors, les averses de grêle se succèdent, ce qui ne réchauffe pas particulièrement l'ambiance.

ApocalypseComme dans nos régions, nous baptisons la grêle "veaux de mars", j'effectue une petite recherche sur le Net et je m'aperçois que cette façon de dire est assez répandue.  En cherchant une illustration de grêle, je tombe sur un site qui montre la tapisserie d'Angers avec une vue illustrant ce passage de l'Apocalypse : «Et il y eut de la grêle et du feu mêlés de sang, qui furent jetés sur la terre...».

Faudra que je pense à visiter Angers ! Mais poursuivons.

Je trouve également une sorte de site de discussion où je découvre un texte en Wallon (peut-être du Mosan) sur la grêle, assorti de sa traduction en Français. Personnellement, je n'ai pas besoin de la traduction : bien que je n'en parle aucun, je comprends à peu près tous les patois de la région wallone. Je vous livre la chose :

Qwand les vês d'mas gruzelèt so l'teût
L'ivièr tchante si dièrin rèspleu
Ca l'prétins tot hosselé d'violètes
Djase dèdja d'amour è catchète...

Quand les veaux de mars grêlent sur le toit
L'hiver chante son dernier refrain
Car le printemps tout bercé de violettes,
Parle déjà d'amour en cachette.

Ce qui est étrange, c'est que cette citation se trouve au beau milieu d'un échange à propos des cadres qui délèguent le boulot à d'autres. Et c'est là que me revient en mémoire la petite anecdote que voici :

Nous héritons un beau jour d'un nouveau chef de service. À l'époque, j'avais mon bureau au milieu de mes labos : à droite la spectrométrie de fluorescence X, à gauche la diffraction X. Au bout d'environ deux semaines, notre nouveau chef entre dans mon bureau. Dans la conversation, il glisse : "Ce que j'admire le plus chez toi, c'est ta capacité à déléguer ! Tu fais ça tellement bien que je finis par me demander s'il te reste quelque chose d'autre à faire..."

Quelle dangereuse perspicacité ! Mais je ne me laisse pas démonter aussi facilement. J'aurais pu lui opposer le contrat de travail tacite conclu en son temps avec le prédécesseur de son chef à lui, mais je lui ai simplement exposé ma conception de la fonction que j'occupais :

  • assurer la gestion stricte de ce qui m'était confié (j'avais écrit un programme de gestion de mes laboratoire dès avant la naissance des "LIMS")

  • assurer la veille scientifique et technologique des techniques qui m'avaient été dévolues

  • asseoir mon "autorité" sur mes compétences

  • être à tout moment disponible pour mes adjoints et tout membre de mon personnel, ce que je considérais et considère toujours aujourd'hui comme essentiel à l'accomplissement d'une fonction d'encadrement

Mais qu'est-ce que je vous raconte là ! Vous ne m'avez pas cru quand-même ? Lui non plus, je crois, mais il a bien fait comme si...


16 janvier 2008

Toscane

Photo prise par mon épouse depuis le mur d'enceinte de Pienza. La saison fait que le lointain est sensiblement brumeux, mais malgré tout...

Toscane

Quand vous circulez dans cette région (Pienza, Montalcino... ), vous vous demandez si vous êtes vraiment dans ce même pays où les ordures s'entassent dans les rues de certaine ville !

D'après mon fils, mais je ne suis pas parvenu pas à trouver de détails sur le Net, dans cette zone, quelques cités se seraient mises d'accord dès la Renaissance pour établir une sorte de charte visant à la préservation et l'embellissement du paysage. Le résultat est étourdissant ! Et encore, nous n'y étions pas à la meilleure saison pour en jouir.

Ce que je me demande, c'est si j'ai bien raison d'en faire ainsi la publicité. Dans l'Ombrie voisine, j'ai rencontré quelques individus fort actifs dans la transformation d'anciens bâtiments en gîtes ruraux.
Mais bon, ce n'est pas avec le nombre actuel de lecteurs de ce blog que je vais faire déferler des cohortes de touristes sur cette splendide région !


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