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Entre nous
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14 mai 2013

En y regardant de plus près

Vous vous rappelez que l'an dernier à pareille époque, je m'émerveillais que rien ou presque n'ait changé dans la région d'Aldeburgh depuis les années septante.

Aldeburgh-044

L'autre soir, promenant le chien sur le front de mer, je passais devant l'hôtel Brudenell où des clients étaient attablés pour le dîner.

Brudenell

Et c'est là que ça m'a frappé !

Dans ces fameuses années septante, même dans le petit hôtel familial de Monsieur Cook (photo dans le billet référencé plus haut), aucun homme, même pas moi (Dieu sait pourtant si comme béotien je me pose un peu là), n'aurait pensé descendre pour dîner autrement qu'en veste et cravate. Alors, au Brudenell, vous pensez !

Eh bien je puis vous assurer que ça au moins a changé : aux tables de ce fameux hôtel, je n'ai pu, malgré un examen des plus attentifs, découvrir la moindre cravate.

O tempora, o mores ! L'Empire britannique est bien mal en point...

Bon, j'ai quand même aperçu un serveur en nœud pap'...

Se pourrait-il que l'on doive rechercher aujourd'hui les derniers gentlemen parmi le petit personnel ?


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1 avril 2013

Vente à l'arraché

J'hésite à ranger encore ce billet dans la catégorie "À chaud", le temps passe si vite, n'est-ce pas...

Il y a quelque temps donc, un mercredi midi, je me gare dans la rue où se situe la maison de ma fille (j'aimerais pouvoir dire "devant chez ma fille", mais sa rue est très encombrée, même le mercredi midi). Je viens chercher mes petites-filles pour les faire manger, vaquer vaguement à leurs travaux scolaires et les emmener au manège.

Tandis que je manœuvre avec mon habileté coutumière, une voiture s'arrête à hauteur de la mienne et son conducteur se penche vers moi, me demandant par de vigoureuses gesticulations d'ouvrir ma fenêtre.

Lorsque les vitres latérales de nos véhicules respectifs sont descendues dans leur logement autorisant enfin la conversation, le gaillard me demande, dans cette langue, si je parle italien.

J'évite de lui expliquer qu'une pratique assidue des corons miniers de Wallonie ne m'a hélas appris de cet idiome que des expressions comme "Sbadato !", "Figli di puttana !" et autres joyeusetés et lui réponds que non.

C'est donc en français que cet Italien à la voiture immatriculée en Belgique me bonnit qu'il est chauffeur et ramène en camion d'Italie des costards de chez Armani. Qu'au dernier déchargement du dit camion il s'est aperçu qu'une caisse surnuméraire faisait partie du chargement et que son patron dûment averti (Tu parles, Charles !) lui avait donné licence de disposer de la marchandise. Là dessus, il me presse de lui révéler la taille de mes costumes.

Là aussi, j'ai évité de lui dire que je n'achète des costards que contraint et forcé par mon épouse, que cette faible fréquence a pour conséquence que ma taille varie à chaque fois et que je l'ai de toute manière oubliée entre deux occurrences, que les temps ont bien changé si les caisses ne tombent même plus du camion et que la détention de contrefaçons est sévèrement punie par la loi (de ce genre de conneries l'Europe veut bien s'occuper), pour me contenter de lui dire que sa proposition ne m'intéressait pas.

Il a insisté encore une fois pour connaître ma taille et devant mon refus réitéré est passé à l'utilisation du langage universel de base en me faisant un doigt d'honneur et en démarrant sur les chapeaux de roues, abandonnant dans l'air ambiant une âcre fumée bleue.

Ah, le petit commerce est de plus en plus dur...

Armani


18 novembre 2012

Boîte à pain

Lorsque nous avons emménagé dans notre appartement actuel, mon épouse a trouvé que si la cuisine était plus vaste que celle qu'elle venait de quitter, les possibilités de rangement y étaient, elles, plus limitées.

Je me suis abstenu de signaler que c'était normal puisque nous venions de rétrograder les deux armoires-colonnes de cuisine à l'état d'étagères de cave et, plutôt que d'équiper le nouvel endroit d'une cuisinière, j'ai monté une table de cuisson vitrocéramique sur le dessus d'un meuble double-module. (Je ne vous dis pas le bonheur des voisins lorsque j'ai effectué à la scie sauteuse la découpe ad hoc dans la tablette en chêne collé de 28 mm d'épaisseur. On en parle encore dans tout l'immeuble).

Pour faire bonne mesure, j'ai aussi fixé quatre étagères sur quelques bouts de pans de murs libres. Ces murs étant carrelés jusqu'à une certaine hauteur, et même jusqu'à une hauteur certaine, j'ai fixé les étagères au-dessus de cette limite pour éviter de détériorer le carrelage en y faisant des trous.

Si cela ne pose pas de problème pour celle qui se trouve immédiatement après la porte sur le mur  côté charnières de celle-ci, ni pour celle qui surplombe la table supportant le robot Kenwood et la machine à pain, ni d'avantage pour celle qui domine l'empilage lave-vaisselle/four combiné/machine à expresso, il en va tout autrement pour la quatrième que prennent en plein front tous ceux qui entrant dans la cuisine ont l'idée saugrenue de se diriger directement vers l'évier (à l'exception de ma femme qui, mignonne créature,  passe juste en-dessous).

C'est sur cette étagère que se trouve la boîte à pain.

Boîte

Et c'est dans cette boîte à pain que, préparant le petit-déjeuner, j'introduit régulièrement la main et que, presqu'aussi régulièrement, j'éprouve au niveau de la dite main une sensation de chaleur. Phénomène qui ne manque pas de m'inquiéter.

D'où peut bien provenir cette chaleur ? Il n'y a sous l'étagère aucune source de chaleur, ni quoi que ce soit d'autre d'ailleurs, ce qui autorise tout un chacun dépassant le mètre soixante de s'y péter la g*****. (Non, je n'y collerai pas une bande zébrée de jaune et de noir, c'est Bruxelles ici, pas la Flandre !)

L'évaporation de l'humidité contenue dans le pain ne peut être incriminée : ce changement d'état consomme des calories (comme vous pouvez le constater à suffisance lorsque vous balancez d'un geste auguste votre serviette de bain derrière votre dos mouillé, créant un déplacement d'air favorisant l'évaporation des goutelettes d'eau résiduelles).

Il m'a donc fallu me rendre à l'évidence : seul l'évolution du pain pourrait se trouver à la base du phénomène.

Cela fait trois ans passés que la question me taraude.

C'est pourquoi ce matin, mon épouse s'étonnant de mon absence prolongée sur ce blog, j'ai décidé de vous faire partager mon angoisse : n'y aurait-il pas là l'un ou l'autre processus physico-chimique ou même biologique aussi sournois qu'obscur ?

J'ai voulu en avoir le cœur net et, me croirez-vous, je ne suis pas le seul innocent à m'inquiéter de la chose.


15 juin 2012

Colchester sans huîtres

Les filles avaient demandé à avoir une journée "shopping". Il nous fallait donc leur faire visiter une ville assez importante. Les deux plus proches de notre lieu de séjour étaient Ipswich et Colchester. Nous avons opté pour cette dernière parce qu'elle est la plus chargée d'histoire, ce qui laissait espérer à Thierry de pouvoir prendre quelques clichés intéressants pendant le shopping des filles.

Colchester, la célèbre Camulodunum des aventures d'Astérix était la capitale de la province romaine de Bretagne, région occupée antérieurement par des tribus celtes belges : les Brittons.

Elle recèle un château moyenâgeux élevé sur les fondations d'un ancien temple romain et qui renferme un musée consacré à l'histoire de la ville.

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Ce château se trouve en bordure de la rue principale et au début d'un parc de grandes dimensions protégé par une grille d'entrée monumentale en fer forgé. Vous connaissez la grande prédilection qu'ont nos amis anglais pour ce genre d'ouvrage.

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Tandis que vous vous extasiez sur l'œuvre d'art, vous vous dites que la château datant du moyen-âge, la grille ne doit pas dater d'hier non plus et vous en étudiez donc les détails de plus près.

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Et c'est là que vous vous rappelez l'origine belge du patelin et que vous plongez en plein surréalisme... Bon, c'est pas un scaphandre autonome non plus, c'est justement pourquoi vous repartez avec des semelles de plomb.

Allez, quelques images supplémentaires, que vous ne soyez pas venus pour rien !

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4 mai 2012

Et toi non plus tu n'as pas changé...

Aldeburgh, au cas où vous l'ignoreriez, est une petite station balnéaire et de villégiature , sur la côte du Suffolk et par conséquent sur la Mer du Nord.

Me référant à Nieuwpoort, petite ville de la côte flamande de la même mer où j'ai passé durant plusieurs années les vacances de Pâques avec mes petites-filles et où chaque année nouvelle apportait son lot de modifications, je m'étais apprêté à ne plus reconnaître un endroit que j'avais quitté depuis plus de trente ans.

Grossière erreur !

La plus grosse modification qu'ait connu la petite bourgade est l'implantation d'une petite entité d'une grande chaîne de distribution à l'entrée du patelin.

Au coeur de la ville, pas de nouvelle construction, pas de rehaussement d'immeubles, pas de poussée de tours, le front de mer n'a pas bougé d'un iota (là, je mens : la remise du bateau de sauvetage du Royal National Lifeboat Institution a été agrandie et les deux pêcheurs locaux ont adjoint deux petits magasins à leurs anciennes cabanes, mais ça, c'est sur la grève de galets, pas vraiment dans le tissu urbain).

La chose m'a fort étonné, mais l'explication est venue rapidement sous forme d'un petit journal reçu en même temps que la clef du cottage : la côte du Suffolk est une AONB : Area (zone) of Outstanding (exceptionnelle) Natural Beauty. Elle est ainsi protégée de toute modification susceptible de porter atteinte à la beauté du paysage.

J'ai donc été retrouver (difficilement, voir la rubrique "méthode de classement") quelques photos datant de trente à quarante ans pour les comparer à celles d'aujourd'hui. Vous verrez simplement que le petit hôtel où nous avions logé la toute première fois il y a quarante ans a été transformé en trois logements.

Rien n'a vraiment changé... en dehors des prix !

Moothall Moothall 2012

 Guesthouse Guesthouse 2012

Framlingham Framlingham 2012

Heath Heath 2012


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25 avril 2012

Ah, la mémoire...

Voici une photo de celui par qui tout est arrivé.

J'ai dû pour vous la faire voir scanner une ancienne dia. Ce qui n'est rien comparé au temps qu'il m'a fallu pour remettre la main dessus. J'ai peut-être pas l'air comme ça, mais je ne suis pas très strict dans ma méthode de classement.  (Ké méthode ? Interviendront avec raison les mauvaises langues).

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Aujourd'hui, il ressemblerait plutôt à ça (celle-là, je n'ai eu qu'à l'emprunter à l'appareil digital de mon épouse) :

Willy4

Lorsqu'étant jeunes mariés et jeunes parents (ça n'a pas traîné), mon épouse se mit à me faire part de son irrépressible besoin de vacances pour elle et, bien sûr, surtout pour les enfants, besoin que je ne partageais déjà pas à cette lointaine époque, j'avais cru trouver la parade en déclarant :

"Je veux bien prendre des vacances, à condition que ce soit en Grande-Bretagne !"

Ben oui, je suis comme ça, manipulateur, sournois et tyran domestique.

C'est ainsi que je me suis retrouvé à Porlock (Sommerset), au Pays de Galles l'année suivante et, pour les quelques années ultérieures, à Aldeburgh (Suffolk) avec une infidélité en faveur d'Ilfracombe (Devon).

Ma célèbre méthode de classement ne me permet pas de mettre une date précise sur ces événements, mais j'estime que notre premier séjour à Aldeburgh (prononcez quelque chose comme "ôldbre") devait se situer au tout début des années septante, puisque les enfants venaient d'entamer le cycle des études primaires.

Il est bien difficile d'imaginer ce que des gosses stockent comme impressions dans leur mémoire et surtout jusqu'à quel point ces souvenirs sont le reflet exact de la réalité vécue.

Mon fils, par exemple se souvient de parties de pétanque sur les chemins parcourant la lande environnante alors que je ne les situe (image à l'appui) que le long de la grève. Mais il est vrai que je n'ai pas réussi à remettre la main (voir toujours ma méthode de classement) sur les photos de l'époque qui est celle où j'ai abandonné la dia pour la photo papier, photos stockées par centaines dans des cartons vierges de toute intrusion depuis le déménagement.

Avec ma fille, ça concorde mieux, au moins en ce qui concerne les homards achetés sur la grève et dégustés accompagnés de saladcream sous le hayon du breack, ma fille a la mémoire gastrique très précise.

Toujours est-il que, quels que soient leurs souvenirs et le niveau d'exactitude de ceux-ci, nos enfants ont décidé de nous emmener là-bas avec leurs deux familles pour nos septante ans, espérant y retrouver sans doute des effluves de jeunesse.


6 avril 2012

Mais si, les cours sont efficaces !

Comme ce sont les vacances, je vais vous parler école.

Ma fille qui, rassurez-vous, n’est pas enseignante mais fonctionnaire à la Commission Européenne a vu un jour débarquer une nouvelle collègue française.

En grande connaisseuse et praticienne de sa langue, cette dernière s’est mise à relever ces quelques défauts inhérents aux Belges et plus particulièrement aux Bruxellois dans leur pratique de cette langue. Et, singulièrement, leur propension à utiliser le verbe “savoir” dans des situations où “pouvoir” eût semblé plus approprié et celle d’employer des tournures de phrases directement héritées de la langue de Vondel.

Remarquez que les Belges n’ont pas vraiment besoin des Français pour être au courant de ces choses :

Mercier001



Cette dame était la mère d'une jeune gamine.

- Tu vas la mettre à l’école chez nous ? A demandé ma fille.
- Bien sûr !
- Apprête-toi à être surprise...
- Oh, mais je vais la surveiller !
- Si tu le dis...

Il y a peu, cette mère est arrivée au boulot toute retournée. Elle avait entendu sa fille, après quelques mois seulement de fréquentation d’une école bruxelloise, dire au téléphone à une amie :

Je ne sais pas venir, je peux pas de ma mère !

Dans mon titre, je parlais des cours de récré, bien sûr...


11 mars 2012

Chienne de vie

Tant que nous n'avons eu que des chats, je me demandais à quoi pouvaient bien servir les chiens.

Maintenant que nous avons un chien, j'ai la réponse à ma question :

Un chien vous aide à mieux comprendre combien vous étiez heureux quand vous n'aviez que des chats !

P1060868

Celui-là, un peu chiche, je l'avais mis de côté en attendant une occasion de vous le servir.

Elle se présente aujourd'hui : à la longue liste des choses que Câline, la mal nommée, a boulotées (deux câbles de clavier, un câble de tablette graphique, un câble de téléphone, un câble de lampe de chevet, divers pieds et barreaux de chaise, table de salon et autre rocking chair ainsi que d'innombrables pantoufles et godasses) elle vient d'ajouter trente-cinq Euros en billets de banque.


27 août 2011

Chauffe Marcel !

Mercredi, Louise m'entraîne à la FNAC. Bien qu'elle ne décode qu'avec une extrême difficulté la signification du fourmillement des caractères d'un texte, elle voulait que je lui achète des livres de la série "Grand galop". Comme mon épouse organise dans notre appartement l'AG de son atelier de peinture sur soie, j'emmène la gamine. De toute façon, je dois me procurer l'opus annuel de "La Folle" (pas le meilleur, je vous avertis).

Amélie2011

À peine sommes-nous revenus qu'Émilie, la sœur de l'autre, nous appelle de son stage d'équitation et de néerlandais du côté de Poperinge : elle aimerait que je lui dégote pour son retour le deuxième volume de "La Reine Liberté" de Christian Jacq.

Vendredi, je retourne donc à la FNAC pour satisfaire sa demande et là, je tombe sur une édition en un seul volume de "À la Recherche du Temps Perdu" de l'inneffable Marcel.

Pris d'un remords subit face à mon jugement un brin carré sur une œuvre dont je n'ai lu que de rares extraits et poussé dans mes derniers retranchements par les Adrienne, Margotte et autre Madame de K qui ne parlent que de lui, j'achète le machin : 2400 pages au format 205 x 140 mm, papier "bible", caractères microscopiques, poids 1587 grammes.

Bien sûr, ce faisant, j'ai une arrière-pensée : "S'il m'emmerde, je le brûle", conditionné par quarante ans de vie dans un appartement muni d'un feu ouvert. Sauf qu'à peine sorti de la librairie, je me rappelle que mon nouvel appart en est, lui,  absolument dépourvu.

Bon, ben, le cas échéant, il ne me restera qu'une option devant l'inévitable question : "Vous avez lu la Recherche ?"

Répondre :  "Je l'ai parcourue d'un derrière distrait..."


 

21 août 2011

À bout de souffle

Jeudi, j'étais allé rechercher mon épouse et Louise à la sortie du cinéma : la gamine voulait voir les Schtroumpfs et comme les services météorologiques avaient prédit du mauvais temps pour l'après-midi...

Une fois n'est pas coutume, la météo ne s'était pas gourée !

Tandis que j'attendais dans ma voiture l'appel de mon épouse pour l'embarquer à la porte de Kinepolis, le ciel s'est obscurci au point que je ne pouvais plus lire le roman que j'avais emporté, puis, une telle trombe d'eau est tombée sur le plateau du Heysel que le martèlement des gouttes sur le toit de mon véhicule rendait inaudible le son de la radio.

Quand, au bout de vingt minutes, ça s'est un peu calmé et que j'ai pu récupérer mes deux cinéphiles, l'eau qui descendait l'avenue où se situe l'atomium arrivait au niveau du bas de caisse de ma voiture lorsque je me suis engagé dans le rond-point en contre-bas.

Le même jour, la même zone de tempête a renversé quelques arbres et installations d'un festival en Campine, tuant plusieurs personnes.

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Les pluies et coups de vent violents sont de plus en plus fréquents. Faut pas être grand clerc pour s'en apercevoir. Ce sont les conséquences normales sous nos latitudes du réchauffement climatique et, croyez-moi, elles ne vont faire que s'amplifier, même si un lobby conteste l'influence de l'homme dans ce phénomène.

Cela n'empêche pas les festivals en plein air, qu'ils soient pop, rock ou folk (comme celui d'Indianapolis où un bon coup de vent a aussi écroulé une scène) de continuer à construire des scènes de plus en plus gigantesques, des écrans géants, des panneaux publicitaires offrant des prises au vent de plus en plus importantes.

Et tout le monde pleure quand ça s'écroule ! Nous devrions relire l'histoire de la marine à voiles, c'est très instructif !

vent


21 juillet 2011

Fiesta belga

Aujourd'hui, c'est la fête nationale de mon pays à vau-l'eau. On ne voit pas très bien ce qu'il y a à fêter, mais on le fête quand même, on ne sait jamais. Le Belge n'est pas à un illogisme près !

J'en étais à me demander quelle pouvait bien être ma nationalité, moi qui suis né d'un père flamand et d'une mère wallonne pendant l'occupation allemande, lorsque le speaker de Klara (la chaîne musicale classique néerlandophone) a parlé de Mozart. Sur la chaîne culturelle flamande, on est regardant sur les prononciations d'origine : on dit " Môtzart' ". On y fait aussi confiance à la large culture des auditeurs de la chaîne : on ne traduit pas les interviews faites en français ou en anglais, même si ça peut paraître étrange dans un pays(?) où la question linguistique fout la m... à plein pot. Ce qui m'a un jour valu d'entendre sur la même chaîne l'interview en VO (en français mâtiné de portugais) de l'archévêque de Recife, mais passons.

Ce " Môtzart' " m'a subitement rappelé que le premier spectacle dont j'ai gardé le souvenir est le Werther de Massenet. Quand je dis souvenir, c'est vraiment très vague (j'avais forcément moins de trois ans) : un personnage en habit verdasse se lamentant dans un décor fade sur la scène du Palais des Beaux-Arts de Charleroi.

Mes parents m'ont raconté qu'à cette occasion, j'avais frappé fort : je me serais écrié : "Oh, des Boches !" lorsque deux officiers allemands étaient venus s'installer dans les sièges devant les nôtres. Ils se seraient retournés en souriant et auraient murmuré :  "Ne vous inquiétez pas, ce n'est qu'un enfant !"

Et après ça, Adrienne voudrait que j'aime l'opéra !

Werther


15 juin 2011

Les conquérants de l'inutile

 

solar_impluse
Pour cause de démarrage intempestif, j'ai dû éliminer la vidéo originale.
Vous pouvez accéder au site de Solar Impulse en cliquant sur la photo et choisir
"Brussels take off" parmi la liste des films.

La société pour laquelle je travaillais est un des partenaires principaux du projet Solar Impulse.

Vous savez, cet avion qui vole à l'énergie solaire et qui, avec l'envergure d'un Airbus, réussit à transporter son pilote, lequel doit être un fameux virtuose pour maintenir le machin en l'air.

Personne ne s'y trompe, c'est un exploit. Une chose m'inquiète cependant : sert-il vraiment à quelque-chose ?

Oui, en étant une sorte de symbole et aussi par les progrès qu'il a fait réaliser pour sa mise au point dans des tas de domaines, des batteries aux matériaux de pointe en passant par l'optimisation des capteurs solaires.

N'empêche, je me demande combien la réalisation du rêve de Picard a coûté et coûtera encore à ses partenaires, parce que maintenant, il construisent un deuxième modèle amélioré, vont s'attaquer à la traversée de l'Atlantique, puis au tour du monde.

Bah, ça vaut quand même mieux que de sponsoriser une équipe de foot (nulle) , comme le fait ma banque, hein ?


3 juin 2011

Le jour d'après

Contrairement au film du même titre, le lendemain, il ne s'est pas passé grand-chose : nous avons repris les mêmes vélos et le chemin côtier.

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Si la portion nord s'était avérée plutôt roulante,

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la partie sud se révéla un brin plus malaisée et caillouteuse.

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Elle s'arrêtait au pied du pont menant à l'île de Ré, mais nous n'avons pas emprunté ce pont. (C'est vrai quoi, toutes ces choses qu'on emprunte, il faut toujours les rendre, même si elles sont sans intérêt).

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Nous avons donc fait demi-tour et gagné pour la troisième fois la café de la Mer où nous avons déjeuné léger : tartare de sardines et langoustines flambées. Il n'y avait qu'une table de réservée sur la terrasse, mais les autres ont malgré tout été rapidement occupées. Rien de particulier à signaler sauf notre voisin qui a renversé son Café Liégeois  (l'avait pas l'air si mauvais pourtant...)

Le soir, pour éviter de retourner une troisième fois chez "Coquillages et Crustacés" un resto un brin plus raffiné mais pratiquant en conséquence des prix en interdisant l'accès quotidien, nous sommes retournés à la Cabane du Pertuis, une crêperie bien sympathique. Je n'ai pas d'image de l'endroit mais une qui montre l'adéquation entre son nom et sa destination car de quel Pertuis s'agit-il donc ?

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L'avant-veille, tandis que je dégustais au même endroit une galette à l'andouille aux bords délicieusement craquants (les bords de la galette, pas ceux de l'andouille, qu'alliez-vous donc penser ?), j'avais assisté à un fait amusant : à deux tables de la nôtre, un couple consulte la carte. La dame qui s'est installée face au soleil déclinant manifeste une gêne en clignant des yeux. Son compagnon (je ne suis pas assez intime avec eux pour pouvoir assurer qu'ils soient mari et femme) lui propose d'échanger leurs places. Elle accepte et ils tournent, les cartes toujours à la main, si bien qu'en un geste malencontreux, l'homme fait tomber sa fourchette sur le sol. Il achève de s'asseoir, se penche, ramasse la fourchette et... l'échange avec celle de la table voisine !

Classe, non ?


20 avril 2011

L'homme propose...

Hier matin, plein d'allant, je m'installe à mon clavier pour vous faire un petit compte rendu illustré de notre visite au château de Grand-Bigard et tenter d'éclaircir pour mon épouse  la question des albums photo dans Blogger (j'utilise Canalblog depuis que j'ai quitté Skynetblogs).

L'ennui, c'est que dès que je me suis assis dans le fauteuil, Kenzo ne l'a pas entendu de cette oreille :

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Bien sûr, vous allez trouver ça trop mignon (le chat, pas moi évidemment). Mais mes projets ont dû être repoussés. Normal, dans cette maison, c'est le chat qui commande.

Il y a malgré tout une chose qui m'inquiète : je me demande si, son état général se dégradant régulièrement, il ne fait pas un brin de confusion mentale, en effet, quand il n'est pas sur mes genoux, je connais son refuge favori :

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Le premier qui parle de torchons et de serviettes s'en prend une !


12 avril 2011

Salut l'artiste !

Comme vous le savez sans doute, mon épouse, depuis sa prise de retraite, participe à un atelier de peinture sur soie. Elle en est même, un peu par la force des choses, devenue un des éléments moteurs.

Les activités de cet atelier se déroulent dans un centre culturel où coexistent bien évidemment un tas de sections. Parmi ces dernières, un groupement de peintres est cornaqué par un vénérable diplômé, voilà bien longtemps, de l'Académie Royale des Beaux-Arts.

Ce digne pratiquant primé d'un des arts majeurs manifesterait bien une légère condescendance vis-à-vis de celles qu'il ne va pas jusqu'à appeler des chiffonnières mais qu'il dénomme simplement "les (petites)  dames de la soie".

Dans un moment d'égarement, il vient néanmoins de concéder que le passe-temps de ces soyeuses (et joyeuses)  personnes pourrait éventuellement accéder au degré d'artisanat d'art.

Nous nous perdons en conjectures sur les raisons de cette soudaine mise à niveau : un coup de vieux, un coup de mou, un coup en trop bu lors d'un vernissage ?

Mais ce n'aura sans doute été qu'un égarement passager, il ne tardera certainement pas à se replonger dans la poursuite du Grand Œuvre...

grandoeuvre


25 mars 2011

Un jour, j'ai eu mal aux dents

... ce n'était peut-être même qu'à une seule. Mais c'était l'enfer ! Je m'en souviens encore. La preuve : je vous le raconte.

Je crois que je n'ai rien connu de pire ni avant, quand je m'étais fracturé le poignet ou que j'avais dû faire demi-tour sur le chemin de l'école plié en deux par une crise d'appendicite aiguë, ni après, lorsqu'une hernie discale m'a envoyé sur le billard.

Non, rien de comparable à ce mal sourd, lancinant, continu qui vous vrille, vous taraude et vous fait "la tête comme un seau".

C'est vous dire si j'ai eu la vie dure...

Un jour, j'ai eu mal aux dents...

C'est la plus grande douleur qui, à ce jour, me soit advenue. Je suis gêné d'avoir à le confesser.

Autour de moi, des nuées d'êtres souffrent le martyre dans tous les domaines de leurs pauvres existences et moi, un jour, j'ai eu mal aux dents. Vous vous rendez compte ?

Oui ?

Moi aussi !

dent


15 février 2011

Qu'est-ce qu'on est con quand on est jeune ! (Et ça ne s'arrange pas avec l'âge, croyez-en ma douloureuse expérience...)

Comment ça m'est revenu ? En voyant sur le côté droit de mon écran la photo d'un corbillard à l'ancienne mode, vous savez, celui des funérailles d'antan qui suivait la route en cahotant.

P1020346

Nous venions juste de déménager, mes parents et moi (et mon frère puîné). Il neigeait et faisait un froid de canard.

Dans mon nouveau patelin d'adoption, on venait de rapatrier la dépouille d'un soldat mort pour la patrie Dieu seul sait où sur le théâtre des opérations (et même, plus vraisemblablement, dans un quelconque stalag).

Avec mes copains d'école, nous faisions la haie, stoïques sous les flocons et la morsure du petit vent glacé.

Au pied de l'escalier menant à l'église (dont la toiture du clocher était dangereusement de guingois), toute la population du village avait fini par se rassembler, puisque les personnes disposées le long du trajet du cortège funéraire s'étaient intégrées à ce dernier au fur et à mesure de sa progression.

C'est donc là que nous avons eu droit aux discours de circonstance prononcés par quelques édiles communaux et autres présidents d'association d'anciens combattants ou prisonniers de guerre.

Au sortir de la guerre, en pleine question royale, on ne lésinait pas sur le patriotisme et les morts au champ d'honneur étaient encensés, portés aux nues même.

Pris par l'ambiance du moment et emporté par ma candeur naïve ( je sais que c'est un pléonasme, mais c'est pour me mieux faire entendre), je n'étais pas loin de jalouser le héros du jour lequel ne pipait mot, engoncé qu'il était dans son uniforme d'apparat en chêne massif.

Aujourd'hui où quelques enragés se verraient bien transformer ma ville en nouvelle Sarajevo, je me demande si cette exaltation n'était pas un brin surfaite. Qu'est-ce qu'on est con quand on est jeune ! (Et ça ne s'arrange pas avec l'âge, croyez-en ma douloureuse expérience...)

Dison02


26 janvier 2011

La trame du récit

Dans mon ancien blog, le tram m'était une importante source d'inspiration. Il faut dire qu'à l'époque, je l'empruntais régulièrement pour aller rechercher Louise à son établissement d'enseignement spécial et l'emmener à l'École de cirque.

Mon épouse m'a donné l'occasion de renouer avec ce moyen de transport : la puce de sa carte Mobib n'était plus détectée par les lecteurs. J'ai donc pris le tram 3 pour aller  faire remplacer cette carte au "shop" de la STIB (ils disent "shop" pour éviter d'avoir à utiliser les vocables propres aux deux langues de ma région bien aimée).

Au retour, dans ce tram, je suis assis face non pas  à l'un ou l'autre Ohio boy, mais à un monsieur d'origine nord-africaine dont, immanquablement, le portable se met à sonner (si l'on veut bien appeler "sonner" l'émission d'une mélodie voisine de "Trabaja la moukère" qui, tout à fait entre nous, est une chanson française).

Mon vis-à-vis engage donc avec un certain Abdel une conversation en arabe.

Et là, j'en suis resté comme deux ronds de flan : je comprends plus d'arabe que je ne l'aurais cru !

Si, si, je vous jure, j'ai parfaitement reconnu : salopette, chantier, test, réception, ça va, inspecteur... j'en passe et peut-être de meilleurs.

À ma place, l'un ou l'autre esprit mal tourné serait peut-être allé conclure, sans nul doute un brin hâtivement, que tout cela n'avait rien que de très normal et que l'arabe a bien dû emprunter à une autre langue les vocables relatifs au travail.

Je me garderai bien de lui emboîter le pas, le MRAX, à l'image de Big Brother, veille !

N'empêche, ça m'a bien amusé. Ça m'a même fait souvenir qu'à l'époque où j'étudiais le russe, j'avais été frappé par le fait que pas mal de termes techniques étaient dans cette langue des emprunts directs à l'anglais.

chantier


4 janvier 2011

Raz le bol !

Première règle du chercheur : "C'est toujours en ne cherchant rien qu'on trouve quelque chose". Je vous fais grâce des innombrables corollaires du genre "Des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent on en cherche". Z'allez pas m'apprendre : j'ai été chercheur !

La preuve, c'est qu'en rangeant quelques dossiers auparavant épars sur mon bureau (je parle du bureau de mon ordinateur, pas du meuble portant le même nom mais tellement encombrant que j'ai dû le bazarder lors du déménagement), j'ai retrouvé la photo de la Pointe du Raz que j'ai cherchée en vain voici plusieurs semaines.

Quand je dis "photo de la Pointe du Raz", entendons-nous : il s'agit de la photo d'une peinture à l'huile représentant le site en question.

Et pourquoi cherchai-je donc cette photo voici quelques semaines ?

Parce que dans un commentaire à une amie blogueuse, je disais avoir, toujours au moment de mon déménagement, vendu cette toile sur e-Bay pour bien moins que la valeur de son cadre.

L'ennui, c'est que je ne parviens pas à retrouver le nom de cette blogueuse qui m'avait demandé si je n'avais pas une photo de la chose, question de lui faire mieux comprendre sa douleur. C'est pourtant pas faute d'écumer tous les recoins de ma blogosphère !

Vous me direz : "Normal que tu ne la trouves pas, puisque tu la cherches, en totale contradiction avec la première règle du chercheur !" et je ne pourrai que vous donner raison.

Comme, à l'instar de Poupoune, j'aime faire souffrir, vous comprenez ma déception. C'est moi qui souffre, ce qui est bien le comble pour un sadique.

C'est donc dans l'espoir que cette charmante inconnue, à qui j'eusse volontiers fait don de cette œuvre vu le prix que j'en ai obtenu, ne le reste pas (inconnue) que j'en (l'œuvre) publie ici la photo.

P1130706


14 décembre 2010

Bio (logique ?)

Boer_zkt_vrouwTandis que j'ôtais, ce matin, les couvercles des pots de confiture, j'ai eu une pensée pour vous, chers lecteurs. Non que vous soyez à mes yeux confits de l'une ou l'autre tare inavouable, bien sûr que non !

Simplement je me suis dit qu'il y aurait bien là matière à un petit billet.

Si vous cliquez sur l'image pour pouvoir lire plus commodément l'inscription, vous pourrez constater deux choses relatives à mon pays bien aimé.

D'abord la marque de ces confitures, fabriquées par une société laitière (à l'origine, elle fabriquait des yaourts) de Kruishoutem (le patelin où se situe le "Hof van Cleve", un des meilleurs restaurants belges, peut-être même le meilleur), est inscrite dans une langue qui n'existe pas. En français on dirait, tout comme en anglais, "Pure nature" et en néerlandais "Puur natuur". Vous avez sous les yeux un merveilleux exemple du fameux compromis à la belge (lesquels Belges, à force de compromission, vont bientôt disparaître de la carte d'Europe où ils n'occupaient déjà qu'une toute petite place).

Ensuite, vous verrez que, pour une raison que j'ignore et dont je ne vais donc pas discuter ici, ce brave confiturier fait sur ses couvercles la promotion des deux déclinaisons belges d'une émission de télé-réalité où des agriculteurs cherchent des épouses. Les Français ne seront pas dépaysés, l'émission (un concept britannique) existe aussi chez eux sur M6.

Lorsque l'on considère le titre donné à ces émissions par les deux communautés, on pourrait tenter d'en déduire l'une ou l'autre caractéristique de la philosophie de ces dernières.

Ainsi, pour les Flamands (honneur à nos représentants majoritaires) "Boer zoekt vrouw" ("Paysan cherche femme") indiquerait un solide pragmatisme, un "droit au butisme" de bon aloi, ils seraient éleveurs que ça ne m'étonnerait pas.

Pour les Wallons, "L'amour est dans le pré" dénoterait un côté de doux rêveur, coupé des réalités matérielles, cherchant (à tâtons et dans le foin) un avenir aussi merveilleux qu'improbable.

Comment voulez-vous que ces gens-là se comprennent (pour peu qu'ils en aient seulement le désir) ?

Et les Bruxellois ? Me demanderez-vous...  C'est gentil de vous intéresser à mon cas, mais la question est sans objet : la dernière ferme de la région bruxelloise a cessé ses activités il y a deux ans.


1 novembre 2010

Dernier virage

Vendredi, mon épouse m'avait emmené faire la tournée des cimetières. Elle avait choisi ce jour-là parce que la météo avait prédit qu'il serait le seul potable en cette fin de semaine. Et effectivement, il faisait beau.

Je ne sais si c'est l'ambiance de ces endroits ou l'une ou l'autre parole échangées entre ma femme et sa cousine lors du déjeuner (essayez donc de remonter le fil de vos pensées pour tenter d'établir l'origine profonde de la dernière qui vous assaille) mais je me suis soudain retrouvé à me demander si cette voiture qui nous transportait d'un site funéraire à un autre n'allait pas être la dernière que j'achèterais.

C'est que je viens d'entrer dans ma septantième année (façon astucieuse d'éviter de dire que je viens de fêter mon soixante-neuvième anniversaire et d'encaisser les fines allusions concomitantes) et qu'il n'est pas certain que je disposerai encore très longtemps des aptitudes nécessaires à la conduite d'un véhicule.

Depuis notre mariage, nous en sommes à notre treizième voiture. L'actuelle vient d'avoir quatre ans et n'a encore parcouru que quatre-vingt mille kilomètres, soit vingt mille kilomètres par an, ce qui est peu par rapport à ce qu'avalait (en voiture, bien sûr) mon épouse au temps où elle sillonnait toute la partie francophone de la Belgique pour aider les aveugles tardifs à s'adapter à leur environnement quotidien.

Étonnant, me direz-vous, d'utiliser des voitures pour jalonner le cours de vos existences. Mais que voulez-vous, on a les repères qu'on peut. Si j'avais choisi nos chats, d'abord nous n'en avons pas toujours eu, ensuite nous en avons souvent eu plusieurs en même temps et enfin, ils vivent largement plus de dix ans. Tandis que treize voitures en quarante-six ans, ça fait des tranches de trois ans et demi. C'est un peu plus précis comme découpage.

Bien sûr, ce n'est que statistique, la R5 avec laquelle mon épouse a tenté de renverser un autobus a duré moins longtemps que les autres.

Moi, quand j'ai mis un des breaks 18 sur le toit (je parle de son propre toit, pas du toit d'un immeuble quelconque dont j'aurais escaladé la façade grâce à mon style de conduite habituel), j'ai attendu pour le faire qu'il ait atteint l'âge moyen de nos bagnoles, ça fait plus ordonné.

Parallèlement à cette interrogation fortuite, ma petite machine mentale tentait d'établir un bilan de cette existence déjà bien avancée (j'adore ce mot et son parfum de fraîcheur douteuse). La balance oscillait dangereusement au fil des éléments pris en compte, mais est-il bien utile de vous gonfler avec ça ?

J'ai employé ce dernier verbe pour rester dans l'ambiance voiture, bien sûr !

sunbeam  ...............  58551660_1_


19 octobre 2010

Tout ça c'est la faute au bandit corse...

Vous connaissez tous les histoires belges. Mais connaissez-vous l'histoire belge ? Eh bien, elle aussi veut que l'on se frite !

Je ne vais pas remonter jusqu'au déluge, ni même jusqu'à la révolution brabançonne (encore que ce serait intéressant), je ne vais remonter que jusqu'au grand coupable de la bisbrouille linguistique nationale : Napoleone di Buonaparte.

Dans les territoires conquis par la France à l'issue de la révolution, les populations Flamandes et Wallonnes parlent des dialectes locaux. La bourgeoisie et la noblesse parlent le langage du souverain du moment. Elles sont bien entraînées : quand nous ne sommes pas espagnols, nous sommes autrichiens et quand nous ne sommes pas autrichiens, nous sommes français (sauf les Liégeois qui sont allemands).

Le premier-consul, puis l'empereur vont s'attacher à franciser les départements belges par des méthodes variées et imaginatives, supposant qu'une langue unique aidera à l'unification du pays. Cette action s'adresse bien évidemment par priorité aux classes dirigeantes et à la bourgeoisie industrielle naissante.

Si bien qu'à la chute de l'empire, lorsque les alliés vont constituer le royaume des Pays-Bas, ils vont associer aux provinces néerlandophones et protestantes du nord les provinces du sud catholiques et dont la classe dirigeante est francophone.

Le nouveau monarque, Guillaume premier d'Orange va mettre en œuvre la même politique linguistique que Napoléon : accès des postes directeurs de l'état, des administrations et de l'armée aux seuls néerlandophones. Ce qui, en plus des questions religieuses, ne manquera pas d'indisposer les Belges et va mener à la révolution de 1830.

Le nouvel état va donc se constituer en réaction à cette suprématie néerlandaise et se doter d'une constitution et d'une administration uniquement francophones.  La constitution belge ne se verra dotée d'une version officielle en langue néerlandaise qu'en... 1967 !

Le mouvement flamand va naître de cette domination exclusive du français sur l'état belge (le néerlandais ne sera reconnu comme ayant la même valeur juridique que le français qu'en 1898), mouvement qui va obtenir en 1921 que le néerlandais devienne la langue officielle (dans l'administration, la justice et l'enseignement) de la partie flamande du pays.

Mais pendant très longtemps (et sans doute encore un brin aujourd'hui) le néerlandais sera snobé par les francophones, comme étant une langue de faible importance internationale et de peu de valeur culturelle.

Ce qui accentue aujourd'hui la division des deux communautés, c'est que si la Wallonie a été dès le début de la Belgique le moteur économique de l'état, grâce à son industrie lourde, la tendance s'est inversée aux alentours des années soixante et les Flamands, après avoir bénéficié de la solidarité nationale pendant cent-trente ans commencent à trouver saumâtre de "subsidier" les Wallons (chômeurs et fainéants) depuis cinquante ans.

La Flandre, pour prendre une comparaison italienne, est devenue une espèce de "Ligue du nord" qui voudrait réserver sa richesse à son usage exclusif, tout en refusant de lâcher Bruxelles (où, bien qu'étant très largement minoritaires, les Flamands bénéficient d'une minorité de blocage garantie) qui leur rapporte beaucoup plus qu'elle ne leur coûte, l'hinterland de cette ville s'étendant largement sur le territoire flamand.

Je crois utile de spécifier que ce sont les Wallons qui ont refusé, lorsqu'il eût encore été intelligent de le faire, d'ériger la Belgique en état simplement (pour ne pas dire "bêtement") bilingue. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, n'est-ce pas ?

On n'est pas sortis de l'auberge (espagnole) !

Querelle


13 octobre 2010

Leuven

Samedi, nous étions conviés à une "petite fête" chez mon ex-chef. Elle et son mari (une sommité dans le domaine des implants cochléaires) fêtaient leur centenaire cumulatif  : ils ont tous deux cinquante ans. Ils ont une maison dans la périphérie de Louvain et avaient pour l'occasion fait couvrir leur terrasse par une tente (ou un chapiteau, c'est comme vous voulez), nous étions une bonne cinquantaine de convives.

Au menu : mouton à la broche ou buffet végétarien (ou combinaison des deux). Une petite formation musicale, plutôt jazzy, agrémentait la soirée.

Les invitations spécifiant "à partir de dix-huit heures" mais pas à partir de quand il serait trop tard, nous y sommes allés pour le début ou presque.

À l'exception de nous et de quelques collègues actuels de Greta (c'est le prénom de cette délicieuse petite Flamande que j'ai eu le bonheur de côtoyer pendant vingt ans), toute l'assistance était flamande. Si bien que lorsque nous sommes débarqués et pendant près d'une heure, nous étions les seuls francophones présents.

Comme Greta recevait ses invités au fur et à mesure de leur arrivée, nous sommes restés seuls dans notre coin... juste le temps que sa sœur et son époux nous repèrent et viennent nous faire la conversation en français tout en dégustant un petit vin blanc du Hageland d'excellente qualité.

Durant toute la soirée, toutes les personnes que nous avons croisées se sont adressées à nous dans notre langue, comme si dans ce pays, les problèmes communautaires étaient réservés à la seule classe politique. Vous me direz : "Louvain, ce n'est pas la Flandre, c'est le Brabant !". Et vous aurez raison, avant d'être supplantée par Bruxelles, Louvain était la capitale du duché de Brabant et c'est donc là que le mythique roi Gambrinus, bien connu des buveurs de bière, avait sa cour. Il n'était pas plus roi que moi, puisqu'il s'agissait en réalité de Jean premier, duc de Brabant. Mais je m'égare...

Revenons au mouton. Il y a quand même quelque chose que le Wallon empreint de mauvaise foi que je fus est forcé de constater : toute la famille de mon père était flamande et j'ai quelques amis flamands. Que tous ces gens viennent chez nous ou que nous nous rendions chez eux, on parle toujours français. Jamais nous ne faisons un effort pour parler néerlandais. Je peux comprendre que les Flamands puissent ne pas trouver cela drôle tous les jours, même si dans le cadre familial ou amical ils écrasent, si j'ose dire.

J'en connais qui insinueraient que même si l'on parlait néerlandais, certains Flamands aussi devraient faire un effort, mais ça, c'est un faux débat parce que je sais des tas de Wallons qui ont les mêmes problèmes avec le français.

Si vous êtes sages, je vous confierai les bases historiques de cet étrange comportement. Comportement dont je tiens à préciser immédiatement qu'il n'est pas à l'honneur des francophones de mon pays.

mouton


6 octobre 2010

J'y suis retourné

Oui, je n'en ai pas parlé tout de suite, mais comme je vous l'avais promis, j'y suis retourné et j'ai photographié la chose. Quel boulot, hein ? Pas la photo, l'aquarelle pour illustration botanique (n'hésitez pas à cliquer).  Et le peintre n'est même pas bénédictin...

aquarelle

Je me demande ce qu'en pensera Pivoine, la spécialiste des glacis. Au fait, avec un pseudo pareil, elle aura peut-être droit à son portrait par l'artiste (Van de Kerkhove) ;o)


3 octobre 2010

Bonjour !!!

scramNous générons parfois des choses amusantes sans le vouloir. Ainsi, hier, le Papistache (je l'appelle souvent comme cela parce qu'il est unique et que je ne puis m'empêcher d'associer son pseudo au Scrameustache, ce personnage de BD extraterrestre autant que facétieux) le Papistache, donc se demandait sous mon billet consacré à Bruges comment on prononçait Schaerbeek.

Le néerlandais possède des sons longs et brefs et la règle pour les distinguer est assez simple : lorsque qu'une syllabe est ouverte (se terminant par une voyelle) le son de la voyelle est long. Si la syllabe est fermée (se terminant par une consonne) le son de la voyelle est bref sauf si la voyelle est doublée.

Dans Schaerbeek, les deux syllabes sont fermées mais les voyelles doublées. Les deux sons sont donc longs. Le ae se prononcera comme le a de "lard" en traînant un peu sur le a (le doublement du a par un e provient de l'ancienne façon d'écrire le néerlandais). Le ee est un e long et se prononce é comme dans "béquille" mais lui aussi allongé.

En gros, Schaerbeek se prononce donc "skârbék" (et pas skarbèk comme le font beaucoup de wallons).

Je dis "en gros" parce que la difficulté de prononciation de ce nom ne provient pas de ses deux syllabes longues et de l'écriture étrange du a double, mais bien du "Sch" initial,  un son à mi-chemin entre "ch" et "sk", et qui semble être imprononçable pour une bouche francophone. Cette difficulté est telle que, selon la légende, elle servit aux "klauwaerts" flamands à distinguer les membres de la garnison française logeant chez l'habitant lors des matines brugeoises de 1302.

GoedendagC'est là que se trouve la  coïncidence entre la question de Papistache et la ville de Bruges : ces partisans de la gestion des villes par leurs habitants (par opposition aux "leliaerts", supporters du lys de France,) auraient demandé aux suspects de répéter l'expression "Schild en vriend" ("Bouclier et ami") et fracassé le crâne de ceux qui en étaient incapables d'un coup de "goedendag" (en Français "bonjour") une sorte de masse d'armes.

Raconté comme cela, ça fait humour macabre, d'appeler un casse-tête utilisé au petit matin "goedendag". Mais certains historiens pensent que "schild en vriend" est une déformation de "Des gilden vriend ?" (en français "Ami des guildes ?") le g flamand étant tout aussi imprononçable pour les francophones que le sch. Toujours est-il que cela a conduit au massacre de 1500 Français, ce qui mena à la bataille des éperons d'or où le fameux Goedendag fut à nouveau à l'honneur. Goedendag qui plutôt qu'une masse d'armes était en réalité une sorte de pique courte que les milices flamandes utilisaient pour atteindre le cou des chevaliers à la jonction entre le heaume et la cuirasse.

Qui a dit "Gloub !" ?


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