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Entre nous
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30 septembre 2010

Bruges la morte

À la lecture du titre et vous rappelant mon billet précédent, vous vous dites sans doute : "Bon, il va nous parler de Charleroi !"

Eh bien détrompez-vous, je vais bel et bien vous parler de Bruges, cette "Venise du nord" connue dans le monde entier, même en France, c'est vous dire...

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La dernière fois que j'y suis allé, c'était en septembre 2002, l'année précédant la saga hospitalière qui allait m'occuper durant trois ans. Tiens, du coup, je vous montre un bout de l'hôpital Saint Jean.

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Nous y avions donné rendez-vous à des amis à qui nous voulions faire découvrir le soir un restaurant situé dans la campagne voisine : l'auberge "De Herborist" une sorte de table d'hôte gastronomique installée dans une ancienne fermette ou pavillon de chasse. Nous avons donc passé l'après-midi en ville.

D'abord, côté Venise, faut pas rigoler ! Elles n'ont en commun que d'avoir eu un passé bien plus glorieux que leur renommée actuelle. À part cela, il y a bien un canal avec quelques embranchements à Bruges (l'inverse serait étonnant pour un ancien port) mais rien de comparable avec Venise quand même.

Bien sûr, c'est une jolie ville, surtout grâce au fait que les constructions plus récentes ont été bâties dans un style "néo-ancien" disons. D'où un semblant d'homogénéité dans le décor du centre-ville. Si tout cela vous passionne, j'ai un excellent bouquin de Roels-Jacob sur la question.

Ce qui est remarquable à Bruges, c'est que durant la journée, les rues sont noires de monde et que dès le crépuscule, tout le monde disparaît, la ville est à vous, il n'y a plus dans les cafés que quelques autochtones et vous pouvez même user gratuitement de leurs toilettes : les Madames pipi (cette étonnante tradition belge) sont rentrées chez elles, fortune quotidienne faite. La ville mérite alors le surnom que lui avait donné Georges Rodenbach : "Bruges la morte". Raison pour laquelle, à l'instar d'Erik Orsenna, je lui préfère Gand qui vit aussi la nuit.

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Lors de cette visite, la grand-place était occupée par une exposition... de fruits et de légumes, ce qui va me permettre de faire voir à MAP un ours blanc (l'ours figure dans les armes de la ville de Bruges), elle qui regrettait que je n'aie pas continué mon reportage sur ma visite au zoo d'Anvers (où je n'ai d'ailleurs pas vu d'ours, ni blanc ni vert).

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Maintenant, si vous décidez d'y aller voir, je ne suis pas certain que vous y verrez la même chose que moi...


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27 septembre 2010

La Ville de Bruges

Lorsque nous nous sommes installés en région bruxelloise, voici plus de quarante-cinq ans, nous habitions Anderlecht.

Dès cet instant nous nous sommes promis de visiter un jour la "Maison d'Erasme" située dans cette commune. Eh bien... samedi, nous y sommes allés !

"Pas trop tôt !" me direz-vous. À quoi je répondrai : "Mieux vaut tard que jamais, hein !"

Je crois que ce qui nous a toujours fait repousser cette visite, c'est le prix du billet d'entrée : 1.25 € (y compris la visite du béguinage local). Sans doute craignions-nous que ce prix dérisoire cache un truc sans intérêt. Et pourtant...

La maison d'Erasme (en réalité la maison du chanoine Wichmans où Erasme a séjourné fréquemment entre 1517 et 1521) est un charmant bâtiment gothique de la fin du quinzième siècle transformé en musée. Les collections sont très intéressantes : mobilier, gravures d'Albrecht Dürer, miniatures de Holbein, tableaux de Jérôme Bosch, de Thierry Bouts, de van der Goes et de Roger de la Pasture, statues en bois et en pierre et une collection de livres anciens dont, acquis récemment, l'incunable de Sebastian Brant "La Nef des Fous" illustré par Dürer édition en latin de 1497.

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Une des salles est assez particulière : ses murs sont revêtus de cuir de Cordoue vert et or et les pans de murs séparant les fenêtres vont en diminuant de largeur au fur et à mesure que l'on s'écarte de la porte d'entrée, ce qui augmente l'impression de longueur de la pièce lorsqu'on y pénètre.

Dans cette pièce justement se tient une exposition d'art contemporain : un artiste espagnol a déposé au sol une peinture sur pierre à la cire, une sorte de tapis. Il a aussi déposé des sonogrammes de chants d'oiseaux sur les vitres. Certains jours une artiste vient y jouer du violon en dansant. Nous n'avons eu droit qu'à une vidéo de sa prestation avec son malheureusement (lequel a passé en boucle pendant toute la durée de notre visite).

Je partage avec la préposée à la garde du lieu une incompréhension totale de l'art contemporain. Elle nous a tout bien expliqué avec une verve et un accent bien bruxellois (elle a même utilisé quelques mots bien sentis en idiome local).

Comme nous paraissions sur la même longueur d'onde, elle nous a finalement proposé d'abandonner un instant la garde de la maison à sa collègue pour nous emmener visiter le petit béguinage d'Anderlecht (le plus petit de Belgique car il ne comptait à l'époque que huit béguines) lequel était normalement fermé pour cause de manque de personnel.

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Dans ce béguinage transformé en musée local j'ai découvert une statuette que je ne puis m'empêcher de vous faire voir :

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Et que venait donc faire la ville de Bruges dans tout cela, vous étonnerez-vous... eh bien, c'est tout simplement le nom de la brasserie de la place de la Vaillance où nous sommes allés prendre un déjeuner stoemp-saucisse avant de retourner en ville.

Au centre ville, nous sommes allés voir l'exposition où se trouve la photo prise par Louise. Puis nous sommes allés prendre une bière dans un estaminet dénommé "À l'image Nostre-Dame" un endroit étonnant mais malheureusement en assez mauvais état :

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Petit addendum à l'usage exclusif de Val

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11 septembre 2010

Bravo Poupoune !

Car Poupoune a trouvé :

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Oui, je sais, d'ordinaire je me contente d'éditer le billet original pour donner la solution. Mais bon, il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, n'est-ce pas ?

Comment ça : "Pourquoi changes-tu d'avis, alors ?" ?
Je vous revaudrai ça les "amis" !

Il s'agit donc d'un roman d'Erik Orsenna.

J'aime beaucoup Orsenna, surtout ses romans. Un peu moins ses opuscules sur la grammaire et ses bouquins sur le coton, le whisky, l'eau etc...

Mais ses romans ! Quelle langue !

C'est en lisant des mecs pareils que je me dis que je devrais arrêter de vous bassiner de mon verbiage.

Vous avez lu "Madame Bâ" ? Un pur chef d'œuvre ! C'est sans doute pour ça que mon fils à qui je l'ai prêté ne me l'a pas rendu (remarquez, ça m'arrangerait plutôt, depuis mon déménagement, je ne sais plus où les ranger ces foutus bouquins, ce qui ne m'empêche pas de continuer à en acheter. Terrible addiction).

Bon, là-dessus, si je disparais de ce blog, vous saurez pourquoi...


9 septembre 2010

JdJ26

Bonjour.

Oui, je sais, ça ne vous amuse pas trop ce bête jeu. Mais cette fois-ci, je vous en ai choisi un facile, d'un auteur bien assis (je n'ai pas dit rassis non plus, hein, restons polis).

Faudra dire à Janeczka que son truc n'est pas toujours facile à appliquer. Ici, c'est le bas de la page qui coupe l'extrait :

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Bon, d'accord, je serai bon prince, je condescends à tourner la page et même à vous accorder la fin du paragraphe dans un mouvement de bonne humeur !

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3 septembre 2010

Quelle semaine

Cette semaine a vu la réapparition sur leurs blogs délaissés pour des temps plus ou moins longs de :

  • Pivoine et ses articles si documentés, son humeur aux allures de montagnes russes, après une intervention chirurgicale qui semble s'être bien déroulée
  • Madame de K et son humour si particulier
  • Tilu et toute sa tendresse

Grande semaine donc, qui dans mon pays se termine par l'échec des négociations de "préformation" d'un nouveau gouvernement.

Oui, en Belgide il paraît trop simple de former un gouvernement, il faut multiplier les étapes intermédiaires pour donner plus de chances au "foirage" total. Remarquez que les Néerlandais qui avaient emprunté une voie plus directe n'ont pas réussi non plus.

Nous sommes donc passés, comme disait je ne sais trop qui, de la situation grave mais pas désespérée à la situation désespérée, mais ce n'est pas grave.

Par précaution oratoire, je vais néanmoins commencer à m'adresser à mes amis  flamands comme Adrienne ou Greta et aux membres de ma famille paternelle, les Delen, Jonckheere et autres Van Dijk en les traitant de "chers futurs ex-compatriotes".

Va y avoir du boulot à la gare d'Anvers !

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22 juin 2010

La honte

Ce matin, je me trouvais dans une des librairies les plus connues de Bruxelles. J'y étais allé à la recherche d'un livre que j'avais entendu évoquer à la radio (je vous colle une photo de la couverture, ça vous épargnera un JdJ, attention, ça crache !).

Mon épouse est une fan de Janine Boissard. Ayant appris qu'un nouveau livre de celle-ci était paru, je l'ai lui aussi cherché dans tout le magasin.

Ne l'ayant pas trouvé par moi-même, je m'en enquiers auprès d'une charmante hôtesse. Elle me répond : "C'est au rayon eau de rose" et m'y emmène. J'y étais passé mais je ne l'avais pas remarqué car, contrairement aux Lévy et autres Musso, il ne présentait que sa tranche à mes yeux scrutateurs.

Quand elle m'a dit "eau de rose", j'ai cru déceler comme un petit ton narquois dans sa voix par ailleurs suave. En ayant vu toute une pile à proximité de la caisse, je lui ai glissé sur un ton de miel :  "Bah, ce ne peut être pire que le dernier opus des Bogdanov, n'est-ce pas ?"

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3 juin 2010

JdJ 24

Les vacances sont terminées, tant mieux !

J'essaie toujours de faire les choses consciencieusement. Donc, en vacances, je m'ennuie à fond. J'emmène des livres, mais je ne les lis pas. Au début, je n'en emmenais même pas et, sur la fin du séjour, finissais par lire un de ceux emmenés par ma moitié.

Même scénario cette année, sauf que l'avant-dernier jour j'en ai lu un des miens.  J'ai des excuses : il n'était pas bien gros. J'ai même craint un moment qu'il n'ait pas les cent-vingt-trois pages requises par le Jeu de Janeczka.

Petite digression : vous l'avez vue, l'Arizonienne, resplendissante sur son blog ?
Non ? Mais qu'attendez-vous donc ?

Fin de l'intermède.

Je vous propose l'extrait convenu, à vous de voir, je crois que ce n'est pas trop tiré par les cheveux, je vous ai même fait cadeau du bout de la cinquième phrase.


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Edit du 9 juin

Comme j'en avais averti Poupoune, il n'a plus fallu à MAP que quelques secondes pour trouver après mon dernier commentaire :

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C'est agréable à lire, en quelques heures, même en vacances.


21 avril 2010

Nieuwpoort

La semaine dernière, nous avons emmené nos petites-filles à la côte.

En Belgique, c'est facile : il n'y a qu'une mer, celle du Nord (qui, en saine logique, se trouve à l'ouest) et il n'y a donc qu'une côte : La côte (je devrais dire "De kust" car elle est en Flandre).

Il s'agit d'une longue bande de sable d'un peu moins de cent kilomètres, orientée sud-ouest/nord-est. L'arrière-pays est essentiellement constitué de polders (des terrains sous le niveau de la mer) protégés par une digue de mer entrecoupée de cordons de dunes. Les portions de digue sont invariablement couvertes de buildings destinés à abriter les vacanciers. Si bien que si, face à la mer, votre regard ne contemple que la mer et une immense étendue de sable, l'horreur naît dès que vous vous décidez à faire demi-tour.

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Le patelin où nous nous sommes rendus est situé à l'embouchure de l'Yser et s'appelle Nieuport pour les francophones, Nieuwpoort en réalité. Comme la plupart des patelins de la côte, il est divisé en deux entités : un vrai village (ou petite ville) à l'intérieur des terres et une entité à vocation touristique en bord de mer portant le même nom que l'autre assorti de "les bains" ("bad" en idiome local).

Les enfants raffolent de ce genre d'endroit où l'on peut :

- construire des châteaux de sable voués à l'anéantissement par la marée montante

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- rouler en cuistax sur la digue

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- s'empiffrer de glaces, gaufres et autres crêpes aux garnitures variables à l'infini

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- dépenser sa tune dans les lunaparks

Les parents, grands-parents et arrière-grands-parents peuvent, eux, bénéficier de nombreuses échoppes, bistrots et restaurants pratiquant avec une belle unanimité le commerce à main armée.

Le vent y étant aussi omniprésent que vigoureux, vous êtes donc certain d'en revenir sans un rond, certes, mais avec un rhume carabiné.

Vivent les vacances !


31 mars 2010

Sexisme

Lorsque je vais récupérer Louise à la sortie de son établissement scolaire le mercredi à midi cinq, je vois régulièrement passer un peloton plus ou moins distendu d'élèves mâles de l'enseignement secondaire qui rentrent d'un circuit... de course ? de jogging ? de cross ? de marche ? cela semble dépendre des individualités.

Leur circuit est toujours le même : ils tournent autour du complexe scolaire de la ville de Bruxelles dans le sens des aiguilles d'une montre.

Hier, partant rechercher mon épouse à son atelier de peinture sur soie (pas sur soi, j'aurais dit "Happening"), je passe devant l'école et là, que vois-je ? Des filles, elles aussi en tenue de sport et parcourant le même circuit dans l'autre sens (tentant donc de remonter le temps) !

Mais que fait donc le centre pour l'égalité des chances ?

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8 mars 2010

Musique maestri !

Dans ma jeunesse, j'étais fermé à la musique dite "sérieuse". Je ne jurais que par le Jazz. Jusqu'à ce qu'un beau jour, je tombe sur un vinyle intitulé "Bach street" où une petite formation de jazzmen interprétait des œuvres de Bach, je l'ai donné à mon fils en même temps que tous mes vinyles à l'occasion de notre déménagement.

Ce disque fut comme une révélation : on pouvait faire swinguer cette musique, on l'aurait dite faite pour ça, même. Après quelques temps, j'ai acheté un disque reprenant certains des morceaux de Bach Street mais interprété par une formation classique. Il m'a servi à une étonnante démonstration. Je faisais écouter Bach street à une amie de mon épouse qui trouvait que le tempo était un peu rapide. Manque de bol, il était encore plus soutenu dans l'enregistrement classique !

Je suis devenu avec le temps (merci Harnoncourt !) un fervent de musique baroque, je trouve qu'elle va bien au versant scientifique de ma personnalité parce qu'une extrême rigueur préside à  sa composition. Je n'écoute pour ainsi dire plus que ça, de Buxtehude à Zelenka, de Froberger à Muffat.  Le jazz m'est passé avec  le free jazz et Sun-Râ.

Hier, j'ai résolu d'écouter Bach, tout Bach. Enfin, Jean-Sébastien hein, pas toute la famille !

Cela fait quelques années maintenant qu'une édition complète de ses œuvres dormait dans un coin. J'en ai entamé l'écoute (je suis au deuxième CD sur cent-cinquante-cinq ) le problème, c'est que je les écoute dans l'ordre du coffret et qu'ils les ont classés par genre.

Donc pour l'instant j'en suis aux concertos brandebourgeois entamant la série des œuvres orchestrales et de  la musique de chambre. Les concertos Brandebourgeois, c'est bien, ce sont des pièces diversifiées, une sorte d'extrait promotionnel des possibilités créatives de Bach à destination d'un mécène possible.

Après, ce seront les œuvres pour cordes puis celles pour clavier. Jusque là, ça ira.

Ce que je crains le plus c'est la longue traversée des soixante CD de cantates suivie de celle des œuvres vocales.

Après,  il restera les pièces d'orgue, j'adore.

Bon, à l'année prochaine... peut-être !

Bach


4 mars 2010

JdJ 23

La Foire du Livre de Bruxelles ouvre ses portes aujourd'hui.

Elle s'ouvre avec une préoccupation sous-jacente : le numérique dans l'édition (aide à l'édition,  e-books, "liseuses", Google-livres...). Et les débats  sur la question vont bon train, j'en ai déjà suivi deux à la radio.

Ce que j'aime chez ces intervenants, c'est leur aplomb. Il y en a un qui prétendait que, passé un certain âge, les lecteurs préféraient se replonger dans les grands classiques plutôt que s'intéresser aux nouveautés.

Cette nouvelle n'a pas manqué de faire sur moi son petit effet.

Aussi ai-je décidé de me livrer dorénavant aux plaisirs liés à mon grand âge et de commencer sans tarder (on ne sait jamais, vu ce même âge).

En ouvrant à la page convenue ce bouquin qui en compte plus de mille-cinq-cent, j'ai pensé que, décidément, pour un bête jeu, c'était un bête jeu ! Si vous ne trouvez pas cette fois-ci... j'arrête mon blog, tiens !

Comment ça, "C'est pas trop tôt !"


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Edit du 5 mars

Au fond, Aude avait raison, quoiqu'étant un brin restrictive sur la dimension de l'œuvre. Je vous montre la chose, sans commentaire, forcément.

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1 mars 2010

Françoise

Samedi, mon épouse et moi-même sommes allés fêter notre anniversaire de mariage dans un restaurant japonais de Bruxelles, le Samouraï.

 

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Comme cela faisait bien des années maintenant que nous n'y étions plus allés, nous avons opté pour un menu très complet, question de nous immerger dans cette cuisine étonnante et raffinée. Nous avons même poussé la conscience gastronomique jusqu'à l'accompagner de Saké froid, bien qu'ils disposent d'une excellente carte de vins exclusivement français.

Je vous entends d'ici :

Combien ?

Et je suis bien conscient que vous vous foutez  comme de votre première culotte du montant de l'addition et je vous réponds donc :

 

Quarante-cinq

Je vous entends toujours (Val&rie en tout cas) :

une photo, une photo !

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Voilà, vous êtes heureux ?

Moi aussi, depuis quarante-cinq ans et même plus : nous avons été fiancés cinq ans et nous nous connaissons depuis la naissance de mon épouse (je suis de cinq mois son aîné).

Je ne vais pas vous faire (pas cette fois-ci en tout cas) l'historique de notre relation je vais vous dire un mot de cette étonnante personne qu'est Françoise. Cela fera d'elle une personne étonnée : ce n'est pas mon genre de chanter ses louanges. Et pourtant...

Voilà : elle est (presque) parfaite !

Même que des fois, ça m'énerve ! C'est pas une preuve ça ?


18 février 2010

JdJ 22

Le plus dur dans cette rubrique, ce n'est pas de lire les bouquins, c'est de trouver une introduction au (bête) Jeu de Janeczka.

À propos de lecture, celle de mes petites-filles qui est dans l'enseignement secondaire reçoit en début d'année une liste de lectures obligatoires.

Il arrive que je lise certains de ces bouquins, soit parce qu'il en traîne un chez elle sur la table du salon et que je l'empoigne par désœuvrement, soit parce que ma fille, débordée, me demande d'en lire un pour pouvoir poser quelques questions à Émilie et tenter de juger de son niveau de compréhension de l'œuvre.

C'est en lisant le dernier de ces ouvrages que j'ai fait l'étonnante constatation suivante : dans une école qui se targue d'inculquer à ses élèves un minimum de discipline, c'est dingue ce que le corps enseignant peut faire lire aux ados de bouquins dont l'action se situe dans des collèges avec ou sans internat et où, dans leurs existences de potaches, les héros  semblent n'avoir pour unique but que de contrevenir méthodiquement à tous les points du règlement de leur établissement.

Bien sûr, je dis ça, je ne dis rien, je ne suis pas versé en pédagogie appliquée.

L'extrait que je vous propose aujourd'hui et qui nous donne une description qui me rappelle "le plat pays qui est le mien" n'a, bien évidemment, rien à voir avec ces lectures. C'était juste une digression dont j'espère qu'elle vous aura distraits.


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Kloëlle a trouvé :

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Agréable à lire et, comme je le disais déjà dans un de mes commentaires, une étonnante description du plat pays, qu'il soit vôtre ou mien.


8 février 2010

Trop vieux

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais plus frotté au monde des noctambules.

Vous vous rappelez peut-être que dans une autre vie j'ai été scout. Voilà-t-y pas que deux ex-cheftaines guides de mon ex-unité nous convient, mon épouse et moi-même à participer à la fête d'anniversaire d'un ancien comparse de cette aventure.

Rendez-vous samedi à vingt heures dans un bowling flambant neuf aux frontières de notre capitale, un seul niveau, trente-six pistes, structure en béton.

Je ne me rappelais plus vraiment le bruit éclatant du choc des  billes sur les quilles suivi du chapelet de petits échos rapides provenant des quilles s'abattant en cascade.

Je ne me rappelais plus le brouhaha sourd et obsédant des conversations qui va crescendo puisque chacun parle de plus en plus fort pour couvrir le bruit de fond.

Je n'ai pas participé à la partie. Depuis une hernie discale et un ligament de genou déchiré, j'évite ce genre d'activité. J'ai donc pu contempler à loisir le spectacle autour de moi, mon verre à la main. Cela faisait aussi longtemps que je n'avais plus bu deux bêtes pils à la suite.

Au début, il y avait une majorité de familles qui achevaient leur partie avant d'aller coucher les enfants. Puis au fil du temps le public s'est modifié.  Le machin ne désemplissait pas.

Vers vingt-deux heures une sorte de brume légère s'est répandue sur les pistes, l'ambiance est devenue de plus en plus sombre, l'éclairage brillant des pistes a été progressivement remplacé par un éclairage fluo, des faisceaux lasers se sont mis à décrire d'étranges courbes et une musique n'ayant rien à envier à celle des discothèques a éclaté. Là, plus du tout moyen de se comprendre sans hurler.

Dans le "box" suivant le nôtre, trois couples d'origine nord-africaine (dont une jeune dame au visage  souriant portant le voile). Une de ses compagnes, une beauté à la chevelure de jais, se lève et au lieu de prendre une bille pour participer à la partie, se ceint les hanches d'un foulard bleu bordé d'une cascade de sequins.

Sur la piste d'élan , elle se met à danser sur un rythme endiablé, son déhanchement rapide faisant tressauter et voler les petites pièces métalliques, révélant une pratique assidue de la danse orientale (que nous appelons communément danse du ventre). Tout à la fois déchaînée et lascive, quel spectacle !

Seul petit bémol : elle interrompt régulièrement le mouvement harmonieux de ses bras pour rabattre d'un geste vif son teeshirt sur son nombril qui commence à se découvrir. Peu après, ils ont quitté les lieux. Dommage.

Partageant le même box que nous, une famille en provenance des pays de l'Est : quatre mecs, deux femmes, deux jeunes garçons. D'un sans-gêne total, les enfants débordant sur notre piste d'élan à chacun de leurs lancers, les mecs vêtus de teeshirts Armani portant gourmettes et colliers en or massif et carburant au whisky (pas trop classe le whisky : un vulgaire blend de chez Lawson) ils ont même renversé une partie de leur bouteille sur les chaussures de l'un d'entre-nous.

Bref, enivrante soirée.

Nous avons quitté l'endroit un peu après minuit, ça ne désemplissait toujours pas, au contraire. Apparemment, ce n'est pas la crise pour tout le monde...

En sortant de là, nous sommes allés manger un bout dans une gargote locale. Cela faisait aussi une paie que je n'avais plus erré dans Bruxelles à la recherche d'un resto ouvert après minuit. Et je peux vous assurer d'une chose, c'est pas demain que je recommence !

Par contre, mon épouse a convié à dîner pour un de ces soirs les deux joyeuses organisatrices de cette petite virée. Va falloir avertir les voisins : elles sont totalement déjantées et ont le rire aussi tonitruant que fréquent.

Autre charmante soirée en perspective, donc.

J'aurais dû demander ses coordonnées à la danseuse orientale.

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3 janvier 2010

En des lieux secrets

Cette nuit, je rêvais que je retournais après des années dans un camping où j'avais abandonné, sans crier gare, une caravane (plus grande que celle que je possède réellement). Ce qui est étonnant c'est que je connaissais l'endroit. Pas que j'y sois déjà allé, non, j'en avais déjà rêvé : un espace herbu et ombragé en bordure d'un canal.

Il y a dans mes rêves des lieux qui reviennent ainsi régulièrement. Certains sont tout à fait imaginaires, d'autres sont liés à des endroits que j'ai connus dans la réalité. Paradoxalement, les deux plus récents exemples sont des terrains de camping qui ne présentent pas de caractéristiques troublantes. Ceux de ma jeunesse étaient bien plus étranges que les campings de mes vieux jours.

Le premier dont je me souvienne se situait à Seilles. Mes grands-parents maternels habitaient  la rive gauche de la Meuse, sur les premières pentes du "tienne" menant au quartier du "Nouveau monde". Le terrain était distribué en terrasses pareilles à des gradins pour titans.

Au niveau le plus bas, sous les petites maisons, se trouvaient des réduits dont certains abritaient du foin et de la paille, des outils de jardinage, des brouettes, et d'autres  des chèvres.

Au niveau suivant, cinq petites maisons basses alignées et devant elles une sorte de cour/ruelle bétonnée bordée par un mur de pierres retenant le niveau supérieur supportant des jardins. Au bout de ces jardins un nouveau mur, celui de l'étage suivant et, adossés à ce mur, les clapiers des lapins.

Dans mes rêves d'enfant, à côté de ces clapiers, il y avait un appentis et dans cet appentis, une petite porte carrée qu'il fallait franchir à quatre pattes. Bien qu'elle se trouvât sur le petit côté de l'édicule et eût dû, en toute logique, s'ouvrir sur le jardin, elle donnait sur un couloir étroit, un boyau plutôt, qui, au bout d'un assez long cheminement,  s'ouvrait sur une petite pièce, elle-même suivie d'un nouveau couloir et ainsi de suite.

J'ai passé bien des nuits à progresser dans ces couloirs, sans jamais rebrousser chemin ni non plus trouver d'issue. Invariablement, une sensation d'étouffement me saisissait et je me retrouvais haletant dans mon lit.


Seilles

On voit la rangée de maisons au centre de la vue satellite. Le gros bâtiment au toit gris n'existait pas à l'époque, la route en contrebas non plus. Et le chemin sur la gauche, n'était qu'un raidillon en terre battue.

Désolé mais à cet endroit, Google Earth n'a pas sa définition maximale, c'est un peu flou, comme dans un rêve.

Au fait, rêvez-vous en couleurs ?


21 novembre 2009

J'aurais dû me méfier

Déjà, quand j'ai pénétré dans le hall de l'école de Louise et qu'un gamin d'environ sept ans s'est écrié à l'adresse d'un copain caché à ma vue par le coin du couloir : "En v'là un !",  j'aurais dû me méfier.

Mais le gosse s'est avancé vers moi et m'a tendu un petit folder portant comme titre le texte exact de ma participation au défi de ce samedi (Je réfléchis) et m'a dit : "C'est pour la sécurité routière M'sieur !"

Quand il a ajouté : "Et vous pouvez acheter un plus gros document pour vingt cents à mon copain, là" , j'aurais dû me méfier.

Mais bon, vingt cents, si ça pouvait leur faire plaisir...

Je file donc la pièce ad hoc au comparse qui me tend un opuscule dont il possède une série soigneusement rangée sur un banc. Il empoche le fric et je m'éloigne tandis qu'il crie à la surveillante de la garderie : "J'ai déjà quatre euros !".

Comme Louise ne semble pas sortir de son atelier théâtre, je jette un œil au fascicule.

Il est intitulé "Tuyau pour une bouteille" et porte le sigle de la ville de Bruxelles (une silhouette de Saint Michel terrassant le démon). Jusque là, rien d'anormal.

La quatrième de couverture m'intrigue déjà plus : elle est semée de logos de sponsors, dont la firme qui m'employait jadis, avant que je ne prenne ma retraite.

J'ouvre la chose et la parcours et là, j'ai bien dû me rendre à l'évidence : je m'étais fait avoir comme un bleu (ou un con, c'est sans doute cela que sous-entendait le "En v'là un !") !

Le machin est une sorte de plaquette distribuée gratuitement aux habitants de ma bonne ville pour annoncer une action de collecte de bouteilles en plastique. Action destinée à préparer la population à l'adoption du tri sélectif. Action qui s'est déroulée en... 1992 !

Dans quelle cave obscure ont-ils déniché ce stock de brochures ? Dieu seul le sait.

Mais j'ai au moins appris une chose : la raison pour laquelle l'établissement que pratique Louise est appelé "d'enseignement spécial".


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12 novembre 2009

Petit intermède

Lundi soir, heure de pointe, tandis que nous roulons en voiture, je dis à mon épouse : "Il faut que nous passions faire le plein en rentrant. Je vais faire le crochet par la station-service de Wemmel."

Sitôt dit, sitôt fait. Quand nous arrivons en vue de la station, je constate que la police a établi un barrage sur la droite de celle-ci. Dépassant les premiers cônes du barrage j'oblique sur la gauche et pénètre dans la station.

Une fois le plein fait, comme la station se trouve sur une pointe de terrain séparant deux rues à sens unique, je ressors des installations par la gauche pour rentrer chez moi et tombe sur un flic qui me fait signe de virer à gauche pour aller m'insérer dans la file du contrôle. Il pousse même la gentillesse jusqu'à stopper les nouveaux arrivants pour faciliter mon insertion.

Ces braves agents avaient cru que j'étais allé me ravitailler en diesel pour échapper au contrôle. Sont suspicieux ces mecs !

Bref, on me fait ranger dans un emplacement (ce qui a permis à quelques autres automobilistes d'échapper à l'inquisition policière).

Train-train habituel (bien que rarissime en Belgide) : souffler dans l'éthylomètre calibré, papiers du véhicule, carte d'identité, permis de conduire.

L'agent qui m'avait demandé mes papiers les emporte vers une camionnette et revient après quelques minutes avec un PV d'avertissement : je dois faire changer la photo de mon permis parce qu'elle n'est pas assez ressemblante.

Avant d'aller échanger mon permis contre un neuf, j'en ai scanné la photo.

Je trouve qu'ils sont bien difficiles ces policiers, moi je me reconnais parfaitement, particulièrement au niveau des oreilles larges et bien décollées.

Qu'en pensez-vous ?

permis003

PS : Je suis bien aise que Val déménage, ça retardera d'autant ses commentaires flatteurs ;o))


12 octobre 2009

Coup au coeur

Vendredi (oui, je sais : ce n'est plus à chaud, c'est du réchauffé, mais bon, mieux vaut tard que jamais, hein ?)

Vendredi donc, le facteur a été remplacé par un stagiaire et, comme chaque fois que cela se produit, c'est l'embrouille dans la distribution du courrier.

Remarquez que j'ai malgré tout de la chance : dans la rue de ma fille, c'est l'embrouille permanente, stagiaire ou pas.

Mais revenons à mon histoire. Dans mon quartier il y a deux clos : celui où j'habite s'appelle le clos Otten et, deux rues plus loin il y a le clos Tonnet.

Vendredi donc (j'y arrive) je trouve dans ma boite aux lettres une missive destinée à une dame habitant au même numéro que moi mais dans le clos voisin.

Je vous entends d'ici : "La poste belge fonctionne donc exactement comme la française, il n'y a pas là de quoi pondre un billet."

Erreur ! Car, devinez le nom de l'occupante du 14 clos Tonnet ?

Hein ?

Hein ?


Dabrowski !


Comme j'ai l'honneur de vous l'écrire !

J'en ai encore le coeur tout retourné.

Sans vouloir plagier qui que ce soit, je m'écrierais bien :

"Janeczka, réponds-moi !"


340044


2 septembre 2009

Addendum

L'archiviste de service, mon épouse donc, celle qui signe "Mamou" les commentaires qu'elle laisse sur vos blogs, m'a amené une photo, me conseillant de l'utiliser pour votre édification personnelle suite à mon billet d'hier.

Il s'agit des mêmes personnages, mais à l'époque où je venais juste d'accepter de jouer les faux-culs parrains.

Je soupçonne Val d'avoir pris contact en secret avec ma femme pour l'inciter à me faire publier des photos ridicules. Mais je vais mettre de l'ordre dans tout ça, je vais supprimer l'adresse mail de ma moitié, ça leur apprendra !

Scan026


5 août 2009

Premier contact

Mon néphrologue préféré vient d'accepter une place de chef de clinique dans un hôpital flamand de la capitale (on la lui a proposée parce qu'il est francophone, enfin, disons parce qu'il parle français)*. Comme je l'accompagne dans ses pérégrinations, je me rends dans cette clinique pour régler la question des prélèvements que je dois y effectuer la semaine prochaine.

Premier choc culturel : le passage protégé pour piétons aboutit directement non pas en face du trottoir longeant le bâtiment des consultations mais... droit dans l'entrée pour voitures du parking réservé aux donneurs de sang !

Deuxième choc : lorsque je me présente au bureau d'inscription des prélèvements, la préposée m'annonce (dans un français impeccable, je dois le reconnaître) que, malheureusement, l'ordinateur est en panne et qu'il faudra patienter (m'en fous, je venais surtout chercher les récipients nécessaires à la collecte de mes mictions d'une journée).

Mon sang d'auditeur n'a fait qu'un tour : mes collègues de la communauté flamande ignoreraient-ils donc la question à mille euros (une de mes préférées) : "Puis-je voir la procédure à suivre en cas de panne du système informatique ?"

Il faut croire que oui, ou que la procédure existe bel et bien et qu'elle consiste à dire : " U moet een beetje wachten !"

Je tiens à signaler que chez Colruyt, autre société flamande, mais sévissant, elle, dans la grande distribution plutôt que dans la santé, j'ai assisté, médusé, à une panne informatique générale un samedi midi : en moins de deux minutes, chaque caissier s'est vu doublé d'un autre employé muni de formulaires papier, les codes de vos marchandises étaient transcrits à la main sur ces formulaires, on y relevait votre identité et votre adresse, une petite signature et vous receviez la facture à domicile dans le courant de la semaine suivante. C'est pas de la qualité ça ?**

Ordi

* Faudra que je vous explique un jour le décapant folklore linguistique belge en général et bruxellois en particulier.
** Ouais, c'est surtout une façon élégante de ne pas perdre le chiffre d'affaire du meilleur jour de la semaine, mais bon...


24 juillet 2009

Petit-déjeuner

Parfois, je me dis que l'on pourrait décrire sa vie en un long logigramme.

Chaque matin, je prépare le petit-déjeuner et le porte au lit à mon épouse (Je sais que je l'ai déjà dit, mais j'aime vous faire râler). Voici comment cela se passe, je crois que ça fera plaisir à cette même épouse... et à Val !

(Cliquez pour mieux voir)


Diagramme1

Diagramme2

Edit de 20 heures :

Si c'est encore trop petit lorsque la photo est ouverte dans sa page html, maintenir la touche "control" enfoncée et faire tourner la molette de la souris vers l'avant. L'image s'agrandit, mais, bien évidemment, le flou augmente, le contraire serait trop beau !

Edit de 21 heures :

Si votre souris n'a pas de molette (si, si, y en a eu !) maintenez toujours la touche "ctrl" en foncée et tapez sur la touche "+" ( et "-" pour diminuer la taille). Tout cela fonctionne avec n'importe quelle page html, même Samedi Défi. Sous Firefox en tout cas.


23 juillet 2009

Fête nationale

Mardi, 21 juillet, c'était la fête nationale de mon pays déliquescent.

Mon épouse ne raterait pour (presque) rien au monde la retransmission du traditionnel défilé composite (militaro-civil) organisé à cette occasion. Ne fut-ce que pour s'assurer que ce dernier est bien arrosé par la "drache" nationale. Soyez rassurés, ça n'a pas raté, il a plu malgré le soleil prédit par la météo, l'honneur national est sauf !

Dans le brouhaha des commentaires, ô combien intéressants, une phrase attire mon attention : le premier régiment d'artillerie est engagé en Afghanistan !

Ben, merde ! Quand j'en faisais partie, on n'est jamais allés plus loin que Kassel (forcément, plus loin, c'était la bonne vieille RDA et le bloc de l'est : l'Ennemi de nos jeux guerriers de l'époque.

À ce propos, je me rappelle qu'un beau jour de l'année 1964, je participais, avec le bureau de tir, à des manœuvres d'état-major. Ces innocents trouvaient toujours utile d'emmener, à défaut des obusiers, les bureaux dans leurs déplacements.

Nous nous collons donc avec notre half-track sous un pommier au sommet d'une ondulation de terrain, question d'améliorer nos communications radio.

Au bout de quelques heures, le patron (un colonel BEM) se pointe dans sa jeep et se met à engueuler notre lieutenant : "Mais vous êtes fou, on vous voit à des kilomètres ! Trouvez un endroit plus discret !" Et il détale comme un lapin (cette image pour faire plaisir à Papistache).

Nous, nous dégottons une grange, dans une cour de ferme, et avec l'accord du fermier local nous nous y tapissons.

De réception radio, point. Le téléphone de campagne ? Illusoire, on n'avait jamais vu tirer de ligne de plus de cent mètres sans rupture d'au moins un des fils.

Trois jours ils ont mis à nous retrouver après la fin des manœuvres ! Nous n'allions même pas au ravitaillement, nous étions dans une ferme !

Comment ils ont fait ? Ben finalement, il y en  a un qui a pensé à remonter les fils du téléphone. C'est la première fois qu'ils servaient à quelque-chose !

armee001

Zut, j'ai pas retrouvé celle avec le casque !
Ah, oui, moi, c'est celui avec béret ;-)


22 juillet 2009

La loi des séries

En moins de vingt-quatre heures, voilà que se dessine dans ma blogosphère (réduite, il va de soi) une tendance forte, comme on dit aujourd'hui.

Coumarine nous parle avec nostalgie de Paroles Plurielles, tout en disant pourquoi elle ne compte pas reprendre le harnais.

Tiphaine nous explique pourquoi elle est absente de son blog.

Valérie après huit mois de silence nous dit... qu'elle se tait.

Elle, je l'ai tenue pour la fin, ou la bonne bouche s'il y a des gourmands parmi nous (je dis nous au lieu de vous, parce que je veux ma part), parce que non contente de confirmer la chose, elle pousse le culot jusqu'à me demander pour quand est mon prochain "papier".

Ben, le voilà le papier demandé !

Et pour rester dans la note générale, je vais vous y expliquer pourquoi je suis, moi aussi, fort absent de mon blog. Et je ne vais pas évoquer les raisons coutumières à la plupart des blogueurs en mal d'inspiration, non ! Je vais vous dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité !

Chaque fois que je m'installe au clavier, y a Kenzo qui vient marcher dessus en se  dressant devant l'écran, puis il passe du bureau à ma propre personne et s'agrippe à mon épaule gauche. Si vous croyez que c'est facile de pianoter dans ces conditions !

Et voilà pourquoi votre fille est malade... (ah non, ça c'était une autre histoire).

chat02


12 juillet 2009

Oscar

Rappel à l'ordre de Valérie. Cette môme est une esclavagiste. Elle me fait penser à un roman que j'ai lu à l'armée, en Allemagne, il y a longtemps, une nuit de garde dans un dépôt de munitions. "La Maîtresse de Fer" ça s'appelait, dur dur pour un paresseux !

Allons-y...

J'ai fait mes études terminales dans l'enseignement de la Province de Hainaut. La question du recrutement des professeurs de ces établissements m'a toujours taraudé. Une longue pratique (j'ai même doublé une classe pour approfondir la question) m'a fait conclure que pour accéder à ces postes il fallait, outre appartenir au parti socialiste au moins sur le papier, avoir un côté résolument folklorique. Le corps professoral étant pour le moins "coloré".

Un de ces braves enseignants m'a beaucoup marqué. Il s'appelait Dutronc et se prénommait Oscar. Mes copains de l'école normale de Mons, où il enseignait les mathématiques, lui avaient d'ailleurs décerné l'Oscar de la meilleure interprétation géométrique.

Chez nous, les chimistes, il enseignait, au fil des niveaux, la physique, la physico-chimie et la thermodynamique. Je faisais son désespoir car je ne semblais pas me passionner pour les matières qu'il enseignait alors qu'il avait cru déceler chez moi un soupçon d'intelligence.

En quoi était-il folklorique ?

Il avait un physique (sans jeu de mots) à mi-chemin entre Tournesol et Einstein, roulait ses cigarettes d'une seule main sur le plat de sa cuisse, avait des ongles de plus d'un centimètre jaunis par l'abus de tabac et, cerise sur le gâteau, parsemait son cours d'expressions en patois local. C'est l'unique professeur avec qui j'aie correspondu après mes études.

C'était un excellent pédagogue, même lorsqu'il tournait les pages de son propre cours en déclarant : "Littérature, je passe !", pages que vous n'aviez pas, vous, à passer, il va sans dire.

Il arrêtait parfois le débit régulier de son exposé pour prendre un air sentencieux et lâcher une déclaration étonnante. Ainsi lors de son cours sur l'effet des parois froides, martelait-il soudainement "Les marmites à pression périssent par le joint !" Non, il n'en fumait pas ! Qu'allez-vous donc imaginer ?

Dans son domaine et en maths particulièrement, c'était un génie. Ce n'est pas pour rien qu'il ressemblait à Einstein.

À ses débuts, il avait travaillé pour le chanoine Lemaître, celui qui a imaginé la théorie du Big Bang. Il réalisait pour lui des calculs astronomiques, à la main, à l'époque les ordinateurs n'existaient pas. Il l'a quitté, excédé par la manie qu'avait son patron d'interrompre les séances de math pour jouer du piano, manque total de sérieux !

Dans l'enseignement, il s'était fait bloquer dans sa carrière suite à la merveilleuse prestation suivante :

À la fin de la démonstration d'un théorème qu'il effectuait pour ses élèves, l'inspecteur qui suivait la chose quitte le fond de la classe, monte sur l'estrade, s'empare de la craie, efface les deux dernières lignes et les remplace par une seule, soulignant l'élégance de ce raccourci.

Oscar lui ravit la craie, efface le tableau et , à la vitesse de l'éclair, réécrit une démonstration plus courte encore, déclarant : "ça, c'est la méthode de De la Vallée Poussin".

Il efface derechef, en écrit une autre de trois lignes s'écriant "Et ça, c'est celle de Dutronc, singulièrement élégante et rapide. Dommage que les élèves ne la comprennent pas!"

Ils manquent cruellement aujourd'hui, les mecs comme Oscar !

einstein


9 juin 2009

Dans la série « Mission impossible »

Notre fils avait dit « Puisque vous allez en Ombrie, remettez donc ces colis à Giuliano et à Ricardo ».

Pour Giuliano, pas de difficulté : c’est le propriétaire de l’appartement où nous logeons, nous avons donc forcément dû le rencontrer. C’est aussi, accessoirement, le tenancier, en plein centre historique de Castiglione, du restaurant aux crèmes brûlées duquel mon épouse ne peut résister, ça ne fait que faciliter les choses.

Pour Ricardo, c’est une autre paire de manches : j’ignore où il habite, mais je sais qu’entre autres occupations obscures, il tient un restaurant (celui où nous avions passé le réveillon 2007-2008), trois soirs par semaine dans un coin perdu de Panicarola (endroit dont le nom me fait invariablement penser à Piña Colada et qu’il faut pouvoir retrouver sans la moindre indication sur le trajet). Il ne parle pas français, mais son épouse parle anglais.

Après contact téléphonique, nous décidons d’aller manger chez lui. J’avais mal compris l’heure et la charmante Mariella m’avait dit « Venez un peu plus tôt, nous pourrons parler ! » Ce qui nous a valu de passer deux heures au bord de la piscine en compagnie d’une bouteille de vin blanc (Chardonnay et Pinot blanc) de la région de Florence.

Lorsque nous pénétrons enfin dans le restaurant, Mariella nous annonce qu’elle nous a placés à la table voisine de celle de deux Gantoises et nous découvrons que nous ne goûterons pas à la cuisine de Ricardo. En cause : une soirée spéciale du cercle oeno-gastronomico-culturel local consacré à une jeune étoile montante de la cuisine ombrienne. Nous n’avions donc que le choix du vin, pour le menu (à six services) tout était prévu par le Chef.

Pour ce qui est du vin, je vous recommande la carte locale : ce doit être un des rares restaurants au monde où pour accompagner un menu à trente euros, vous pouvez, si vous le souhaitez bien sûr, vous offrir un Château d’Yquem à six cent (un prix somme toute encore raisonnable pour ce vin). Je ne garantis pas que pour ce prix vous échappiez malgré tout à l’engueulade de Ricardo sur votre manque de discernement dans votre manière de gérer l’accompagnement d’un repas par un vin approprié !

Quant aux Gantoises, nous les avons fort intéressées en leur décrivant la décoration mi-érotique mi-naïve de la « Chambre des Amants » qui nous avait été attribuée à l’époque de notre premier séjour. Je crois qu’elles en ont réclamé la visite à Ricardo.

Nous y retournons demain. Mais non, pas dans la chambre, au resto !

Je vais réinspecter la carte des vins, le diable d’homme serait bien foutu d’offrir (contre espèces sonnantes et trébuchantes) un Romanée-Conti acceptable.


Brunello


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