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Entre nous
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22 février 2008

Thinking Day

Le 22 février est la date de naissance de Robert Baden-Powell.
En reconnaissance pour l'oeuvre accomplie par ce gaillard, le mouvement scout a décidé de fêter ce jour anniversaire et l'a baptisé "Thinking Day".
Même si je ne fus scout que dans une autre vie, la vieille rengaine "Scout un jour, scout toujours" s'applique aussi à moi et je sacrifie volontiers à la tradition d'avoir en ce jour une pensée émue pour "le fondateur".
Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous raconter mes histoires d'ancien combattant (enfin, pas tout de suite) ! D'ailleurs, malgré mon âge avancé et la merveilleuse odeur de sapin que je commence à traîner derrière moi, je n'étais pas à Mafeking avec B-P.

BPJij_

Je vais plutôt vous parler de ma première rencontre avec ce personnage et, par voie de conséquence, de mon enfance.

Quand on les compare à celles dont diposent les enfants d'aujourd'hui, les distractions de mon enfance étaient bien limitées. Et encore, moi, j'avais du bol ! Comme j'étais plutôt rachitique et sévèrement scoliosé, après avoir avalé mon foie de veau arrosé de sang de boeuf, tous deux crus, j'avais droit aux séances de rayons UV (à l'époque on ne donnait pas encore de vitamine D, on la fabriquait "in situ"), aux séances d'amélioration de capacité thoracique, de gymnastique corrective, de douche glacée au jet. Bref, de quoi occuper quelques unes de mes soirées et journées.
Pour le reste, les jeux sur les terrils environnants, très prisés par les garnements du coin, m'étant interdits sous prétexte de fréquentations douteuses, j'en étais réduit à me plonger dans... le Petit Larousse et quelques rares livres, prix des bons résultats de mes débuts scolaires.

Jusqu'au jour où, pour une raison qui ne me devait rien, mes parents décidèrent de m'acheter, chaque semaine, le "Journal de Spirou". Coïncidence, dans le premier numéro qui me fut mis sous les yeux, démarrait, en dernière page, une nouvelle série dessinée par Jijé. Elle racontait la vie de Baden-Powell. Je crois que je n'ai plus jamais, au cours de mon existence, attendu quoi que ce soit avec autant d'impatience que les épisodes de cette bande dessinée.

Faut dire qu'il savait y faire Joseph Gillain ! Et que pour ne rien gâcher, la vie du héro qu'il avait choisi se révélait au fil des pages de plus en plus passionnante. Quelles aventures pour passer du galopin en culottes courtes, se réfugiant dans la ramure des arbres du collège, à l'inspecteur général de la cavalerie de sa Grâcieuse Majesté ! Que d'images ont frappé mon imagination d'enfant ! Le petit air crâne du lancier coiffé d'une petite toque à la Spirou posée de guingois, l'espionnage des défenses turques, les chasses au sanglier à la lance, le jeune Winston Churchill dans son hamac,  les matches de polo, les boucliers en peau de zèbre et les corps sculpturaux des guerriers zoulous ! Que le monde était merveilleux et les aventures exaltantes dans LA BD de mon enfance !

C'est donc par l'entremise de ce dessinateur de génie que j'ai fait connaissance avec le fondateur du scoutisme, un personnage "so british" ! Le scoutisme, lui, viendrait bien plus tard mais ça, c'est une autre histoire.


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14 février 2008

Tague, taguons, taguez !

Une blogueuse blagueuse a "tagué" mon autre blog.

Pivoine7Faisant partie de la même mouvance blogosphérique que l'auteure (pour parler Français new look), j'avais eu l'occasion de constater l'émergence de ce petit jeu auquel elle me propose de participer.
Pour les détails du jeu, au cas fort improbable où vous n'en auriez pas entendu parler (puisque vous me lisez et ressortez donc à la même mouvance), je vous renvoie à son blog personnel.

Ce qui m'inquiète dans la chose, c'est l'expression utilisée : "Taguer un blog".
Si l'on excepte quelques raretés, que je n'irai pas taxer de révélatrices, telles que "Trouble Anxieux Généralisé" ou "Transports de l'Agglomération Grenobloise" (coucou Kloelle !),  je ne connais, quant à moi, que deux significations au terme "tag" :

  • Graffiti figurant une signature ou un signe de reconnaissance

  • Etiquette ou balise informatique

La première définition me semble à exclure. Elle ressortirait plutôt à l'oeuvre d'un hacker : craquage du mot de passe (deux doigts dans le nez, un sur le clavier) et dépôt d'une signature genre modification de la bannière-titre du blog (voir Papistache).
Mais je doute que ce genre de personnage utilise ses talents à défigurer un blog de notoriété particulièrement confidentielle.
Il n'empêche que l'idée de voir cette chère Pivoine venir nuitamment barbouiller vite fait de sa signature acrylique une surface vierge de mon blog m'amuse énormément !  Je lui conseille le port du foulard, à l'instar des outlaws des bons vieux westerns, question d'améliorer son anonymat et de préserver ses poumons des brouillards de peinture.
Il n'empêche aussi que ce genre de tag ne me plaît pas trop, même si certaines de ces réalisations me semblent, sur le plan artistique, bien plus convaincantes qu'un grand nombre d'oeuvres de "L'Art contemporain".

Il me faut donc chercher du côté de l'autre définition et poser à tous ces tagueurs et tagueuses d'un nouveau genre une petite question : "N'auriez-vous pas un mot français pour la chose ?"
Quoi ? Je vous déçois beaucoup ? Vous vous attendiez à autre-chose de ma part ?

Mais revenons au jeu ! Je considère que le règlement a été exposé via le lien vers le blog tagueur et, quant à moi, ne taguerai personne.
Pour le reste, je ne vais pas me fatiguer à extraire six malheureux items de l'incommensurable liste des choses insignifiantes dans mon existence.
Car dans une existence, à défaut de posséder la clé de lecture ultime, tout est insignifiant.
Demandez à
AlainX, il vous expliquera tout cela bien mieux que moi.


10 février 2008

La fille du roi était à sa fenêtre

3tamboursDans les chansons de mon enfance, les princesses s'exposaient aux fenêtres et les tambours défilaient trois par trois.  Ils étaient jeunes, ils étaient beaux, ils sentaient bon le sable chaud... de vrais petits légionnaires!

Aux temps bénis de mon enfance, il était de bon ton pour les héros de tout poil d'aller casser du Maure aux Barbaresques.  Les héros des chansons de mon enfance souscrivaient donc à cette tradition et ramenaient à leurs basques des effluves de désert.

Dans les chansons de mon enfance, les tambours parlaient aux princesses sans que quiconque s'en formalisât. En échange de la rose, qu'à l'instar de Jack Lemmon ils serraient entre les dents, ils leur réclamaient leur coeur.  Ce que les princesses, moins dévergondées sans doute que celles d'aujourd'hui (du moins dans les chansons), refusaient avec vigueur.

Dans les chansons de mon enfance, les tambours, entre autres arguments parlant en leur faveur, étaient pourvus de vaisseaux chargés d'or et de pierreries, lesquels vaisseaux les attendaient bien sagement, ancrés au creux d'anses enchanteresses.

Les princesses, mises au fait de ces circonstances pour le moins atténuantes, convainquaient alors leurs pères, généralement monarques absolus, d'accorder leur main, leur coeur... et tout le reste, aux tambours.

Pour donner une leçon de morale à l'enfant que j'étais, les tambours se souvenaient alors, fort à propos, que leur pays regorgeait de filles bien plus jolies encore que les princesses et envoyaient, aussi sec, ces dernières sur les roses.

A cause des épines, les princesses pleuraient et les chansons s'arrêtaient là.

Dans les contes de mon enfance, d’autres princesses étaient en bute aux pires vicissitudes. Haïes par leurs belles-mères, réduites en quasi-esclavage, endormies par des quenouilles, empoisonnées par des pommes, torturées par des petits pois, engoncées dans des peaux de bêtes, j'en passe et de meilleures, elles n'avaient vraiment pas la vie facile.

Dans les contes de mon enfance, invariablement, des princes, parangons de courage et de vertu, s'élançaient à leur secours et déjouant mille embûches et autres pièges insidieux, terrassant d'innombrables adversaires, venant à bout d’un lot d’épreuves dignes du Seigneur des Anneaux, emportaient le Jackpot, la couenne un peu roussie à l'haleine des dragons, épousaient les princesses et vivaient heureux puisque entourés de beaucoup d'enfants. Enseignant ainsi à tout un chacun, que le bonheur est dans la famille nombreuse.

L'agriculture et l'industrie de mon enfance, contrairement à celles d'aujourd'hui, réclamaient beaucoup de bras. Les postes, elles, singulièrement, réclamaient plutôt des jambes mais, nonobstant cette insigne particularité, fonctionnaient parfaitement, au même titre d'ailleurs que les chemins de fer.

Les contes et les chansons de mon enfance me laissaient sur ma faim : 

Que faisaient donc les tambours de leurs vaisseaux ? 

Avec qui et comment se consolaient les princesses ? 

Quelles luttes fratricides engendrait la concurrence entre tous ces enfants de princes lorsqu'il s'agissait de succéder à leurs pères entre temps devenus rois, vieux, et finalement poussière?  Car par un hasard étrange, les rois des contes de mon enfance n’avaient généralement qu’un fils et les princes une pléthore.

J'imaginais bien que la vie, la vraie, commençait précisément quand se terminaient le conte ou la chanson.

Il fallait éviter aux enfants des générations à venir cette profonde insatisfaction. Il fallait que quelqu'un leur narre la triste mais passionnante fin de ces histoires.

Je serais donc écrivain !


13 janvier 2008

A chi l'Italia ?

A noi !   Déclarait une sorte de plaque en bronze (?), suspendue, sous un portrait du Duce au mieux de sa morgue, sur un mur, à ma gauche, dans le fond du restaurant où nous fêtions le réveillon de la Saint-Sylvestre (menu à onze services, voyez ci-dessous).

menu

Non, je n'ai pas de photo de la danseuse du ventre ! Une Libanaise, négociante en tissus, m'a d'ailleurs conseillé très récemment d'employer à ce sujet l'expression "danseuse orientale" qui est plus distinguée.  Sur quoi je lui ai fait remarquer que ma médecine (mon médecin est une femme) risquait d'être un rien surprise lorsque je lui déclarerais souffrir de mon "orientale". Elle a daigné sourire.

Je n'ai pas non plus de photo du musée-reliquaire-sanctuaire dédié à Benito Mussolini que constituait l'extrémité de la seconde salle du restaurant où nous étions installés.

L'Italie était donc à nous, puisque notre fils et sa compagne avaient réussi à nous convaincre, mon épouse et moi-même de les accompagner, à leurs frais, en Italie. Plus précisément dans un endroit situé aux confins de l'Ombrie et de la Toscane, dans le voisinage immédiat de Castiglione del Lago.

Ombrie

Vue des protagonistes de l'aventure sous le dôme de l'église de Castiglione, empruntée à mon fils (la photo, pas l'église). Faudra que je songe à en faire une de moi seul, la tête centrée sur le dôme me servant alors de méga auréole (mais pour cela, il faudrait que j'y retourne...).

Je suis un type étrange, vous l'aviez deviné, j'imagine. Ainsi, je n'éprouve, ni n'ai jamais éprouvé, le besoin de partir en vacances. Mais une fois que je m'y trouve, entraîné par mon épouse, je m'y plais énormément, pour peu qu'on me laisse vivre ma conception de la chose : visiter l'environnement plus ou moins immédiat à l'aise et goûter à la cuisine locale. En Ombrie et en Toscane, j'ai été servi (et même resservi dans quelques restos).

Etrange et merveilleuse région que cet endroit ! Des cathédrales (qu'ils appellent "dômes" même si elles en sont dépourvues) jusqu'à la moindre chapelle, tout regorge de fresques gothiques ou renaissantes. Il y en a tellement que les Boy-scouts locaux n'hésitent pas à les cacher sous des crêches en papier d'emballage. C'est vous dire !

Cr_che

Dans cette région, tous les patelins dignes d'intérêt se situent sur des collines. Et plus c'est abrupt, plus cela semble les réjouir ! Il y a quelques descentes où j'ai regretté mes béquilles. Mais à part ce léger défaut, quel charme ces petites villes ! Et, pour la plupart d'entre elles, quel calme ! Un vrai bonheur !
Allez, un petit exemple du calme et de la pente (et encore, ici, il y a des escaliers)

Assise_escalier

Arrivés à ce point, je vous prierai de ne pas trop faire état de mes évaluations dithyrambiques auprès de mon épouse à qui je prétends depuis plus de quarante ans qu'on voit bien mieux tout cela à la télé et que rien ne vaut Molenbeek Saint-Jean, une commune voisine que nous ne visitons même pas, alors, pourquoi courir au bout du monde, je vous le demande ?

Nous avons donc visité Orvieto, Castiglione, Assise, Montepulciano, Montalcino, Cortone, Panicale, Pienza et tout autant de restaurants, si pas plus. Mais je vous raconterai peut-être cela dans une petite suite (je n'en ai pas encore choisi le ton). En attendant, pour vous remercier de votre patience , je vais quand-même vous coller une vignette de Noura Adel !

Orientale

Quoi ? Vous ne distinguez pas très bien ? Et alors, pourquoi verriez-vous mieux que je n'ai vu ? Je lui tournais le dos et c'est ma bru (finement pétillante) qui a du prendre la photo !


26 décembre 2007

Pas de folies, bergères !

 

Fronton du Centre Socio-Culturel BEAUBOURG   (vue partielle)

Beaubourg2

 

Au Pays des Collines, outre des paysages de toute beauté, une nature d'une totale sérénité, vous rencontrerez un patelin étonnant. Parfois, je regretterais bien de ne pas y vivre.
L'humour y est en effet décapant, mais toujours bon-enfant. On n'y recule devant rien pour un gag et ça, ça me ressemble vachement !
Même le monument aux morts n'est pas dénué d'un certain humour bien involontaire :

tango

Dirait-on pas qu'elle s'apprête à lui faire danser le tango... ou le paso-doble ?  Enfin, moi, ce que j'en dis... Ce n'est peut-être qu'une impression de photographe blagueur. J'espère que cette plaisanterie d'un goût douteux ne va pas m'attirer d'ennuis avec l'une ou l'autre association patriotique.
Bof, le match-poursuite serait sans doute assez équilibré : tout comme moi, les membres de ces associations s'essoufflent rapidement !
Ceci me rappelle mon ami Richard Rousselet, trompettiste bien connu dans le milieu belge du Jazz. Dans son jeune âge, il avait été engagé pour étoffer une petite formation chargée d'accueillir un groupe de survivants de la grande guerre en gare de Mons. C'est au moment où il s'est lancé dans une improvisation sur le "God save the King" qu'il s'était fait poursuivre sur les quais par quelques "Old Contemptibles" révélant ainsi l'inadéquation du nom choisi par ce groupe ("les vieux méprisables").

Quoi, j'ai omis de vous donner le nom du patelin ? Enfin ! Ne me dites pas que vous ne l'avez pas reconnu ! La capitale du pays des sorcières, le berceau d'Hercule Poirot, la source de la Quintine, le bourg du "Chateau du milord", le dernier patelin francophone avant Ronse : Ellezelles !

Et les bergères dans tout cela, me direz-vous ? Peut-être la chanson, il y pleut quand-même régulièrement !

 


 

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16 novembre 2008

Jaloux ?

L'autre jour, je reçois une lettre de la compagnie assurant ma voiture. Elle m'annonce que, suite à sa reprise par une autre compagnie, le numéro de mon contrat sera modifié.

Par le passé, ce rachat de compagnie ne s'était jamais accompagné de modification du numéro de la police d'assurance. Dieu sait pourtant si, en quarante-trois ans, j'en ai connu de ces opérations. Je me décide donc, en râlant, vous me connaissez (non ? Voilà qui est fait), à la classer dans le dossier ad hoc.

À gauche de ce classeur, trois minces fascicules, ébauches de journaux avortés et dans l'un d'eux, quelques photos. Cela me fait penser à Janeczka qui , voici peu, publiait des extraits de son journal  de quand elle était encore plus jeune qu'aujourd'hui, ce qui est difficile à imaginer, surtout pour un vieux schnock de mon acabit. Rassurez-vous, je ne vais pas faire comme elle, encore que certains passages avaient déjà ce côté grinçant... (je dois être né avec).

Les photos, elles, m'ont fait souvenir de Papistache nous montrant quelques "scènes de la vie de famille" traitées dans son labo-cuisine (ou sa cuisine-labo, je ne sais plus très bien).

Sans me vanter, ou alors, juste un tout tout petit peu, j'ai fait encore plus fort : pas de pied, pas de retardateur, pas de miroir, pas de manipulations en labo : juste le bout d'un doigt et... PAN, photo !


pan

Magique, non ?


15 janvier 2011

Mon Vieux

L'autre jour (le temps passe si vite que j'ai déjà oublié le jour exact, mais pas les circonstances : c'était sur le viaduc de Vilvoorde en me rendant chez Makro), l'autre jour, donc, un animateur de la RTBF interviewait Daniel Guichard et, immanquablement, nous avons eu droit à cette émouvante chanson.

Laquelle chanson m'a fait souvenir de mon propre père que, sauf dans le titre de ce billet et contrairement au chanteur pour le sien, je n'ai jamais appelé "mon vieux". Je crois d'ailleurs que l'expression était peu usitée en Belgique francophone à l'époque de la sortie de la chanson. J'ai, de ma naissance à sa mort, toujours appelé mon père "papa" : on peut donner du "Monsieur" et du "vous" à son père, pas à son papa.

Bien sûr, à l'instar de Guichard, et comme tout un chacun j'imagine, je dois bien avoir à me reprocher, au temps de mon adolescence, l'un ou l'autre moment d'énervement ou d'incompréhension à son égard, mouvements qu'il ne méritait certainement pas : je n'ai guère connu d'individus aussi calmes et pondérés que lui. En l'évoquant, j'ai parfois des doutes sur la fiabilité de l'hérédité : ma façon d'élever mes propres enfants ne semblait rien devoir au calme olympien de mon paternel.

Il avait des principes : chez nous, pas d'achat à tempérament, on épargnait avant d'acheter, quelle qu'ait pu être la vigueur du désir. Là aussi l'hérédité me questionne, moi qui ai souvent vécu "en avance sur mon temps" comme j'en plaisantais volontiers moi-même.

Immigré économique de deuxième génération (sa mère avait déménagé de la région d'Anvers vers celle du Centre après la première guerre mondiale) il était devenu électricien, habile de ses mains, intelligent mais peu passionné de culture (entre son boulot, son jardin, sa maison, ses enfants où aurait-il trouvé le temps de lire ?)

Bref, un père aimant bien que taiseux, fiable, droit, serein, toujours présent. Quand, parcourant ces blogs où percent des enfances difficiles, je pense à lui, je me dis que j'ai été pendant longtemps bien inconscient de croire qu'une jeunesse heureuse est dans la nature des choses, sans trop me demander ce qu'elle a pu coûter à ceux qui me l'ont offerte.

De temps à autre, suscitant mes souvenirs, son image apparaît, fugace, au bord de mon écran. C'est la seule de lui qui figure sur mon ordinateur, résultat de la numérisation (pour je ne sais quelles raisons) d'une diapositive. C'est une image de vacances à la mer du Nord. Il est encore jeune, plus que je ne le suis moi-même aujourd'hui. Mais ce pourrait être n'importe laquelle de ses photos, il y serait pareil à lui-même : serein.

Scan034

Et ne la ramenez pas avec l'hérédité, je sais, il avait des cheveux, lui !


29 janvier 2023

Fiesta

 
Hier, à  La Villa, c'était souper pour l'atelier de peinture sur soie de mon épouse.

Ça s'est bien passé, merci !

À la fin de la manifestation, ces dames se rassemblent pour la photo de groupe (celle qui ornera la couverture du livre-photo immortalisant les moments chauds de l'année).

Je vieillis : je n'ai même pas emporté mon appareil photo, j'ai dû utiliser celui de mon épouse pour immortaliser leur groupe.

Quand j'ai terminé, un autre photographe veut en faire autant et j'en ai profité pour reprendre le groupe sous un autre angle, en stoemelings :

P1020708

Mouarf ! On dirait que c'est mon beau-fils qui officie, lui qui veut que tout le monde regarde bien vers l'objectif ! Mais, bien sûr, y en toujours un·e qui fait la sourde oreille !


 

 

30 novembre 2008

Ils sont là !

Cela fait bien longtemps qu'on en parle, du péril jaune !

Mais hier, j'ai vu...

Vingt-deux siècles que l'armée attend, aux aguets,
prête à s'élancer au moindre signe de Qin Shi Huangdi.

Mais hier, j'ai vu...

Oh, une toute petite escouade, dans un coin perdu de Belgique,
mais leur air décidé a suffi à m'impressionner.

Car hier, j'ai vu !

xiian

Le pouce gauche sur la détente de l'arbalète.
Je n'aime pas trop ça...

Oui, hier, j'ai vu !

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Maaseik, une tranquille bourgade flamande, en bord de Meuse. Par on ne sait trop quelles rencontres, pour on ne sait trop quelles raisons, la Chine, pour la toute première fois, a accepté de laisser sortir de leur fosse de Xi'Ian quelques guerriers du Premier Empereur.

Dans l'église des Frères Mineurs, transformée en musée, ils sont là, imperturbables malgré la foule qui se presse à leurs pieds, sûrs de la puissance de leur empereur, premier maître du monde.

En les contemplant, je pensais au golem du Maharal de Prague . Ceux-ci sont d'une trempe supérieure, la vérité est déjà inscrite sur leurs visages, il ne leur manque plus que le nom de Dieu pour qu'ils s'ébranlent.

Bien sûr, ils ne savent rien de la menace que font peser sur eux les fourmis que nous sommes. Nos respirations les tuent : la moindre moisissure les renverrait à cette poussière dont ils ont été tirés.


2 août 2009

Image(s)

    L’écrivain était mieux préparé que quiconque à vivre dans les mondes virtuels d’Internet. Il avait ses songes, ses personnages. Il a maintenant des amis et des correspondants dans cette sphère idéale. Il se passe très bien des corps, du frottement rugueux du réel, de ses contrariétés, de ses contretemps. Il peut enfin être à la fois visible et invisible, présent et absent. Son monde se dématérialise. Il se meut dans le cristal liquide comme poisson dans l’eau.
 

Cet extrait du blog d'Eric Chevillard  (dont je vous recommande la fréquentation)  me semble coller à l'image de beaucoup d'entre nous. Si nous voulons bien faire taire notre modestie et accepter, juste un instant, d'être "L'écrivain".

D'un autre côté, faudrait pas non plus trop nous pousser du col en nous gargarisant de cette appellation non contrôlée,  Calvin est là pour nous le rappeler :

calvin_writing


10 décembre 2008

Sky, my husband !

Comme vous le savez peut-être, j'entretenais, pas une maîtresse, mais un autre blog sur Skynet. J'entretenais, parce que je n'y ai plus rien posté depuis le vingt octobre.

Pris d'une idée lumineuse et d'un remords subits, et pour ne pas encombrer ce blog d'une simple pointe aigre-douce, je tente de me connecter sur Skynetblogs.  À quatre reprises, voici le message que j'obtiens :

Ooops ! Une erreur technique s'est produite. Veuillez rTessayer cette opTration plus tard.

Déjà qu'en deux semaines j'ai été victime de deux interruptions de service internet de plusieurs heures, ça commence à bien faire ! D'autant qu'à la dernière, ils avaient même réussi à effacer la configuration de mon routeur, c'est dire s'ils sont fortiches. On voit bien qu'en Belgique, Belgacom jouit d'un quasi-monopole, ce qui leur permet de rester chers tout en se foutant de la qualité de leur service.

Après cette parenthèse inutile pour vous, lecteur adoré, mais qui me défoule moi, voici ce que je voulais raconter sur mon blog (momentanément ?) inaccessible.

J'effectuais ce matin, par virement électronique, le paiement de ma taxe de circulation quand ça m'a traversé l'esprit : je me demande bien quand ce gouvernement, toujours en grand besoin d'argent frais, va penser à appliquer la TVA sur... les taxes !

Quoi, ça ne vous fait pas rire ? Moi non plus, rassurez-vous ! Et tout ceci reste entre nous, hein ! Ils ont déjà assez d'idées tordues sans faire appel à moi...

citron


25 juin 2022

J'adore les salles d'attente !

 
Hier, j'avais rendez-vous chez mon cardiologue. Nous sommes faits pour nous comprendre : je suis toujours en avance, il est toujours en retard. Il a son cabinet dans une clinique où une salle d'attente sert d'antichambre à différents hommes (ou femmes) de l'art.

Ça m'a donné tout le temps de contempler à loisir le comportement d'un gamin d'environ trois ans qui attendait en compagnie de sa mère. Elle essayait, en pure perte, de l'intéresser aux images plutôt enfantines ornant un fascicule de pub pour le don d'organes. Lui, s'en moquait royalement et plutôt que de rester assis auprès d'elle, il est d'abord allé s'asseoir sur une petite tablette prolongeant la banquette d'en face. Ensuite, il s'est mis à circuler un peu partout pour finir par coincer sa main dans l'ouverture d'une poubelle munie d'un couvercle à ressort et à beugler pire qu'un chanteur punk. Une fois dégagé, il  a essayé d'ouvrir les portes des cabinets de consultation entourant le hall d'attente, puis, il a découvert le distributeur d'eau fraîche. Sa mère a alors eu l'étrange idée de lui montrer le fonctionnement de la chose. Après avoir bu deux gobelets d'eau, il a dû trouver que le sol était un peu sec et s'est mis à répandre de l'eau par terre. Sa mère a alors essayé de lui barrer l'accès à l'appareil en l'appelant mon amour  et mon trésor, c'est la première fois que je vois un trésor hurlant. Bref, on a été sauvés par l'ouverture de la porte du cabinet de leur médecin(e) non sans que le gamin réussisse encore à se coincer un doigt dans le système de fermeture de l'arceau de sécurité de sa poussette qu'il avait tenu à manipuler lui-même...

On nous prépare une intéressante génération d'excités, je vous le dis. Qui c'est le zigoto qu'a banni les mandales pour les remplacer par des négociations ?

Là-dessus, mon cardiologue était prêt, il a examiné mon cas et m'a donné rendez-vous dans six mois, avec un enregistrement préalable au Holter. Ça fait deux ans qu'il me fait le coup pour une sombre histoire de blocs et de faisceaux auxquels je ne comprends rien. J'espère qu'il n'est pas en train de comploter le placement d'un pacemaker. Si c'est le cas, je prendrai un modèle américain :

colt


 

4 juin 2021

Ça n'a pas raté !

 
Comme nous l'avions prévu, notre fils, le temps de trouver un créneau dans son emploi du temps surbooké, nous a emmenés au restaurant. Le jardin de l'Auberge Napoléon à Meise étant complet, il s'est rabattu sur "Les Potes en Toque" à Ganshoren.

Oui, ils ont une terrasse depuis toujours. Enfin, depuis que cette vieille fermette bien sympathique a été transformée en restaurant, j'imagine qu'avant, ce devait être l'emplacement du fumier, mais nous n'avons pas décelé d'odeur résiduelle !

gen

On sert dans cet endroit une cuisine "de brasserie" de bonne qualité, c'est la moindre des choses, et copieuse, ce qui ne gâte rien. Notre fils trouve même la carte des vins intéressante, c'est dire si l'endroit est sympa.

Covid oblige, les tables son écartées de la distance légale dans une rangée et les rangées séparées par des panneaux de plexiglas ce qui permet quand même d'accueillir une soixantaine de personnes. Tous les convives se montraient très dociles dans l'application des consignes, à croire que ces dernières sont entrées dans les mœurs.

C'était agréable de se retrouver enfin quatre autour d'une table de resto et d'entendre Agata déclarer "C'est quand même bon le gluten!", elle pour qui nous avons pendant quelques années réalisé des menus "sans".

Pour une reprise en douceur, j'avais choisi en entrée un carpaccio de saumon à l'aneth et au citron vert avec Pinot Gris d'Alsace. J'aurais peut-être pas dû enchaîner avec les rognons de veau à la moutarde de Meaux arrosés d'un petit Morgon. Et encore moins, sans doute, clôturer par le baba au rhum.

Ceci explique sans doute pourquoi j'ai eu une nuit légèrement agitée où mon épouse et moi-même escaladions (en pure perte d'ailleurs) une montagne pour tenter d'échapper à un tsunami de première grandeur. Je me suis éveillé au moment précis de l'engloutissement où je constatais une fois de plus que ça ne m'aurait pas servi là non plus si j'avais appris à nager.

Dernier petit truc : j'ai adoré la déco de l'entrée des toilettes, en ces temps où la mention de la moindre boisson alcoolisée lors d'une émission télé s'accompagne immanquablement d'un appel à la modération (comme si j'en avais besoin !).

toil


14 juin 2020

Ladies and Gentlemen, about my name !


(Comme le clamait Liza Minnelli lorsqu'elle voulait qu'on prononce correctement son prénom)

En recherchant Dieu sait quoi dans un des tiroirs du meuble séparant le poste d'ordinateur de mon épouse du mien, j'ai retrouvé par hasard le texte du petit speech qu'avait tenu la directrice du département "Analyse" lors de mon départ à la retraite.

Si je vous le montre, vous découvrirez mon identité, soit un secret de Polichinelle, puisqu'un simple regard sur l'adresse mail associée à mes commentaires sur votre blog vous aura déjà permis de la deviner facilement !

Je vous le montre donc (si c'est trop petit, utilisez CTRL+, ça vous facilitera la lecture, utilisez ensuite CTRL- pour revenir aux dimensions originales)

 

Discours003

Que tirerez-vous comme conclusions de la chose ? Je le devine aisément :

  • Qu'il est bien difficile, même pour un esprit alerte tel que celui de ma patronne bien aimée, de débuter une phrase par un mot commençant par "W"
  • Que, comme le soulignait le bon Georges, à l'instar des morts, les retraités sont tous de braves types
  • Que si vous aviez l'occasion de consulter mon épouse, vous apprendriez avec soulagement que partager mon existence n'est pas la béatitude annoncée

N'hésitez surtout pas à me communiquer celles qui m'auraient échappé !


22 novembre 2019

Tiens, tiens...


L'administratrice du site des retraités (le club des anciens combattants) de l'entreprise où j'ai effectué ma (brillante) carrière nous envoie un petit message concernant cette même société. Je vous le reproduis ici :

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C'était déjà comme ça quand j'y étais (rassurez-vous, je n'y étais pas pour grand chose) et c'est une des nombreuses raisons pour lesquelles je m'y suis tellement plu.

Bon, vous n'êtes pas beacoup plus avancés, sauf que vous savez où je travaillais si vous ne l'aviez pas déjà deviné, mais moi ça m'a fait plaisir.


 

13 décembre 2012

Equilibre

L'autre jour, mon épouse m'envoie chez un chocolatier en vue d'y dénicher un Saint Nicolas en chocolat fondant pour Louise, des marrons glacés pour Emilie, des cartes à jouer en chocolat au lait pour Borys, des orangettes pour elle et des mendiants pour moi.

Après avoir tourné en rond dans le quartier pour finir par dégoter un emplacement de parking à peine moins éloigné de l'atelier du dit chocolatier que mon domicile, je pénètre au sein du saint des saints.

Pour ce faire, il faut sonner, attendre que l'ouvre-porte se déclenche, pousser le battant, monter deux marches, s'essuyer les pieds au paillasson, monter quatre autres marches, ne pas emprunter l'escalier qui se perd dans d'obscurs étages, faire quelques pas dans un couloir, redescendre quelques marches et déboucher enfin face au comptoir-étalage de l'atelier du chocolatier (lequel pour la rigueur du propos est une charmante chocolatière).

Bien en vue sur ce fameux comptoir trône une pancarte spécifiant (en anglais, Bruxelles oblige) :

 

A well balanced diet
is chocolate in both hands

 

Le pire, c'est que je le savais déjà...

chocolat


8 juin 2010

Vent vert

À la demande générale d'Adrienne, je vous relate un mini-épisode de notre séjour en Italie.

L'ami de notre fils qui nous loue l'appartement que nous occupons en Ombrie est venu nous en remettre les clefs, nous accueillant par ces mots : "Bienvenue en Irlande, le pays vert !"

Nous étions effectivement arrivés sous une pluie battante. Le temps n'avait pas dû être terrible depuis un petit temps déjà, car la végétation était en retard par rapport aux années précédentes : guère de fleurs, les lauriers habituellement roses, verts, le jasmin au pied de l'escalier de la terrasse qui d'ordinaire embaume l'atmosphère : vert. Quelques unes de ses fleurs n'ont commencé à s'ouvrir qu'au moment de notre départ.

Au bout de quelques jours cependant, le temps est devenu plus clément et nous avons eu droit à une pluie de pollen car l'endroit est très boisé. Tout était couvert d'une fine couche jaune-verdâtre.

C'était au point que mon épouse voulait laver les vitres de notre voiture et tout particulièrement la lunette arrière.

Je l'en ai empêchée d'une phrase bien sentie : "Le monde n'est pas si beau qu'il faille nettoyer les vitres pour le voir".

Je suis un grand philosophe, non ?

L_zard


24 décembre 2009

Vous le savez, bien sûr...

Que Tilu a un blog où elle nous régale de ses photographies.

Et vous savez, bien entendu, qu'elle a, comme tout le monde (ou presque), un anniversaire.

Et que cet anniversaire, c'est samedi, jour du défi, vous le savez aussi.

Je le savais ! (que vous le saviez, mais je vous le rappelle quand même)


Bon anniversaire Tilu !


L'autre jour, sur ce fameux blog, elle nous offrait une photo très réussie d'une centrale thermique sous la neige.

Cela m'a rappelé que j'ai vécu une quinzaine d'années dans un lieu similaire.

Depuis, la centrale a été démantelée, mais mes parents y vivaient encore au début des travaux, si bien que j'avais pu prendre quelques dias des éléments d'une des tours de réfrigération en cours de démontage.

Je les ai retrouvées (ça n'a pas été de la tarte,  elles étaient dans l'avant-dernier  des soixante-dix-huit charriots que j'ai fouillés, perché sur mon escabelle. Pourquoi commence-t-on toujours par le mauvais bout ?). Je les ai scannées et comme elles ont plus de quarante ans, vous voudrez bien pardonner leur mauvaise qualité.

Tilu_0006
Armature béton de la tour

Tilu_0010
Tuyauteries d'amenée de l'eau chaude
(en arrière plan, une tour intacte)

Tilu_0007
Autre vue intérieure de la tour

Tilu_0009
Planches du garnissage de ruissellement à claire-voie

Tilu_0005
Piètement béton du garnissage

Tilu_0003
La centrale elle-même (dont il ne reste pas une brique)


21 janvier 2010

JdJ 20

C'est la saison des bières de Noël.

À la maison nous en avons deux en stock :

  • la très classique Gordon Xmas Ale brassée par John Martin sous licence de la brasserie d'Edinburgh : 8,8°
  • une beaucoup plus locale bien dans le goût belge tant du côté de l'humour* que de la teneur en alcool : 12°

* Que je vous explique : cette bière est brassée par la brasserie Dubuisson. Lorsque les Dubuisson ont cherché un nom pour leur bière spéciale (une blonde douce titrant également 12%vol), ils ont trouvé sympa de l'appeler par l'équivalent anglais de leur patronyme : "Bush" (pour pouvoir continuer à l'exporter aux US ils ont dû, voici quelques années, changer son nom à cause de George). Si bien que leur brassin spécial Xmas porte fièrement sur son étiquette la mention "Bush de Noël". Les Belges mourraient pour un gag.

C'est donc en dégustant un verre de ce sympathique breuvage (qui devrait enchanter Joe Krapov s'il arrivait à en dégoter) que je tapote sur mon clavier. Mais pour vous dire quoi ?

Que grâce au petit coup de pouce d'Agata, je me suis remis à la lecture et que je vous propose en conséquence l'extrait ad hoc du dernier bouquin que j'ai lu :

stoker001

Alors, un petit coup de Google ? Bonne chance ! Allez, je vous aide, doublement :  j'ai laissé le début de la quatrième phrase et le mot essentiel y est.

Edit du 24 janvier 2010

MAP a découvert le titre et l'auteur de l'ouvrage :

stoker002

Si vous voulez mon avis, l'arrière-petit-neveu (qui a puisé dans les notes de son célèbre parent) n'arrive pas à la cheville de son ancêtre, lequel avait pour lui l'attrait de la nouveauté.

C'est à  la fois une suite et un rappel (au cas où vous seriez la dernière personne à n'avoir pas lu Dracula) du roman de Bram Stoker. Faible. Si vous aimez le genre, je vous conseillerais plutôt :

drakula001

Ou celui-ci, un autre sujet mais bien plus prenant également :

frank001


6 mars 2009

JdJ 17

Ça faisait une paie, pas vrai ?

C'est que j'ai eu du mal à digérer Pavese (faut dire que je prends un inhibiteur de la pompe à protons).

Ceci dit, venons-en au fait : je ne peux pas vous donner l'extrait convoité, non que, comme cela s'est déjà produit, le bouquin compte moins de 123 pages. Non, c'est plus vicieux : la page 123, bien présente, ne comporte que trois phrases. Je ne puis donc en déduire cinq et vous en montrer trois. Heureusement qu'on ne joue plus ou je ne pourrais vous donner qu'une indication : ce n'est pas de Proust.

Mais puisqu'on ne joue plus, voici :

jdj017

À la demande de Tilleul, j'ai prolongé le jeu au travers de la page 124 :

"Je serais bien incapable, dit-il, de dessiner un personnage que je méprise. C'est la raison pour laquelle je n'aurais jamais pu tremper ma plume dans l'encre de Chine pour exécuter la caricature d'un homme politique. Moi, je n'aspire qu'à la compassion et à l'intemporalité".

L'ennui, c'est que cela ne fait que déplacer le problème, nous sommes tombés sur un passage où l'auteur cite quelqu'un d'autre, en l'occurrence Sempé.

Qu'est-ce qu'on fait, maintenant, Tilleul ?

À la demande de Valérie (où nous arrêterons-nous ?) :

garcin002


11 juillet 2008

JdJ 5

Ben oui, je lis beaucoup et relativement vite ! Je vous en propose un bien controversé et que je ne me suis décidé à acheter que pour en avoir le coeur net. Il est forcément très très connu et si vous l'avez lu, le passage élu par la méthode Janeczka vous le fera inmanquablement reconnaître...

Livre0005

J'ai laissé à Janeczka le temps de s'éveiller, même en tenant compte du décalage horaire, de se ruer sur son ordinateur et de donner la réponse apportée par la nuit, grande porteuse de conseil.

 Comme je ne vois rien venir et que je vais entamer le bouquin suivant, je vais sans plus attendre vous donner la solution :

Couv0005


12 novembre 2008

Blog-note

J'avais inauguré ce blog par un billet sur... les blogs.

Dans ma petite tête, l'idée avait germé d'écrire un blog à propos des blogs et des blogueurs. Mais je m'aperçus bien vite qu'une certaine Nicole Versailles (connue dans la blogosphère sous le pseudo de "Coumarine") y avait consacré tout un bouquin.

Coum

D'autre part, après trois billets, je racontais déjà ma vie. On ne se refait pas !

Ce qui est marrant, c'est que si mes billets à propos des blogs n'avaient suscité aucun commentaire, ceux consacrés à mon existence, aussi banale qu'heureuse, semblaient intéresser leurs lecteurs. Mais revenons aux blogs...

Dans un billet récent, la même Coumarine nous dit son émerveillement devant l'irruption de l'inattendu dans le processus d'écriture.

Je ne vais pas vous bassiner avec ma conception de l'écriture avec un gand É, même quand elle n'est pas sainte. Non, je voulais dire que la fin de son billet m'a fait penser à d'Ormesson qui peut vous pondre le plus naturellement du monde près de quatre cent pages pour tout vous dire à propos de rien et réciproquement.

Rien001

Je m'y retrouve... en mieux évidemment ! Je ne suis pas (encore) de l'Académie française.

- - -

Quoi ? Vous vouliez, à son propos, le jeu de Janeczka ? Bien, voici :

Parce que, si affreuse, si charmante, la vie, à la différence de l'être qui est la justice même, est le royaume de l'injustice.

Il est anglais, arabe, anglo-arabe, normand, percheron, barbe, persan, turc, de Dzoungarie, de trait, de selle, de course, de carrière, de manège, gai, effaré, animé ou caparaçonné, hongre ou entier, de frise, de bois, de retour ou d'arçons. Il se croise avec l'âne pour donner le bardot ou le mulet qui ne donne plus rien du tout.

Vous savez ce que m'inspire cet extrait ?

Vous vous en foutez mais je vous le dis quand même : " Il fait l'âne pour avoir du son..."


21 novembre 2008

Accouche !

... me dit-elle en s'installant dans ma voiture. Enfin, c'est façon de parler, bien sûr.

J'avais un quart d'heure pour transférer ma petite-fille (douze ans dimanche) de chez elle à l'école de cirque et c'est durant ce trajet qu'elle a cru bon de m'interroger sur les douleurs de l'enfantement.

Vous me connaissez ! J'ai failli m'exclamer : "J'ai eu deux gosses. Même pas eu mal !"

Mais elle n'est pas du genre, comme les lecteurs des défis du samedi, à se contenter d'une pirouette, fût-elle pleine d'élégance et d'esprit.

Me voilà donc embarqué dans une conversation, entrecoupée des indispensables vociférations à l'adresse de mes collègues, et néanmoins concurrents, automobilistes, où surgissent pêle-mêle : le "non je ne crois pas que l'instant le plus douloureux soit celui du sectionnement du cordon ombilical",  les pinces hémostatiques, l'expulsion du placenta, la dilatation du col de l'utérus, les contractions, la déchirure ou l'incision du périnée, la césarienne, j'en passe et de plus douloureuses.

Pour un peu, je m'y croyais dis donc ! Mon rêve de l'autre jour aurait donc été prémonitoire ?

La prochaine fois que nous serons entre quat'zyeux, faudra quand même que je m'assure qu'elle sait à peu près où se situe et, accessoirement, à quoi sert l'utérus, j'ai parfois comme un léger doute sur ses notions d'anatomie.

Tout ça, j'imagine, vous fait doucement rigoler...

M'en fous, j'ai l'habitude, la semaine dernière, c'était scrotum, canaux déférents et prostate !

Sexes


6 juin 2020

Wyt ti'n siarad Cymraeg ?


Les traducteurs automatiques proposent également  "Ydych chi'n siarad Cymraeg ?"

Rien à voir bien sûr avec le yiddish, je pense qu'il s'agit d'une distinction entre "vous" et "tu". Mais lequel est l'un et lequel est l'autre, les mystères de la langue galloise sont des plus obscurs. Je parle bien sûr de la nuance entre Wyt et Ydych, pour ti'n et chi'n, c'est un simple problème de mutation consonantique : en gallois la terminaison du mot précédent influe sur l'écriture du mot suivant : ti'n et chi'n sont un seul et même mot.

Tout ça, c'est la faute de l'Adrienne qui,  dans son article d'hier, nous parlait des macareux moines. Et moi, les macareux moines, ça me fait penser au Pays de Galles parce que c'est là que nous sommes allés à leur rencontre en bateau (je devrais plutôt dire "barque", eu égard aux dimensions du rafiot, vous connaissez le mal de mer ?).

Donc, quand j'ai lu cet article, je me suis précipité sur ma collection de dias (précipité n'est peut-être pas le meilleur terme puisque ces boites sont stockées sur le dessus de la garde-robe). J'ai retrouvé les chariots ad hoc et j'ai essayé de scanner les dias de cette visite de l'île de Ramsey. Mal m'en a pris : tout est flou, même les fesses de la fille de notre ami René (elle est vicomtesse aujourd'hui) ! J'ai rerangé les boîtes.

Wales006

C'était pendant nos deuxièmes vacances en Grande-Bretagne et nous y avions entraîné nos amis. Comme nous n'avions pas  tout-à-fait la même conception des vacances, nous avions fait un arrangement : notre amie Arlette avait choisi la localisation de la première semaine, moi celle de la seconde.

Quand on y pense aujourd'hui où on règle ça en deux coups de cuiller à pot sur le net, on n'imagine pas ce que c'était qu'une réservation d'hôtel à l'époque, il fallait s'y prendre à temps. Par bonheur le courrier postal était plus efficace alors qu'aujourd'hui. En cas d'urgence, il restait le téléphone (vous vous êtes déjà expliqué en anglais mâtiné belge avec un Gallois ?) et... le télégraphe !

Donc, Arlette avait dégoté un hôtel à Saint Davids dans le Pembrokeshire (le paradis des macareux, "pâl" en gallois, et même des phoques). White Sands Hotel ça s'appelait, il a disparu depuis. Nous étions logés dans une dépendance : une ancienne villa au bord de la falaise avec un escalier en bois descendant vers la plage.

Un matin, en ouvrant les tentures de la chambre, j'ai quand même eu un choc : juste en face de nous à quelques encâblures de la côte il y avait un bâtiment de guerre de la Royal Navy, ça calme !

Ah, la Grande-Bretagne ...

Au fait vous connaissez la différence entre la Grande-Bretagne et le Royaume-uni ?

Cusan da !

 

29 septembre 2008

Envahi par la Haine.

Du déménagement qui suivit ma rencontre virtuelle avec Maria, je n'ai, bien qu'il ait chamboulé mon existence, que d'assez vagues souvenirs.  Sauf un, précis : la garde-robe de la chambre de mes parents était en chêne massif. Ses panneaux se fixaient à la base par des goujons dont la tête sphérique était percée de deux trous perpendiculaires où l'on introduisait une tige pour procéder au vissage, quart de tour après quart de tour. Mais ce dont je me souviens surtout, c'est de l'odeur qui régnait dans ce meuble : un mélange de lavande et de boisé.

HaineMe voici donc installé dans notre nouvelle maison, bien plus spacieuse que la précédente. De l'autre côté de la rue coulait une rivière, plus étroite que la Sambre que je venais d'abandonner mais charriant des eaux tout aussi sombres et menaçantes.

Un matin, alors que depuis quelques mois je commençais à m'adapter à ma nouvelle existence, je découvris, avec stupéfaction qu'il y avait soixante centimètres d'eau dans les caves et qu'à l'arrière de la maison, la cour, un grand bac bétonné creusé dans le sol, s'était transformée en bassin de natation aux eaux noirâtres. Mon frère et moi trouvions ça très amusant. Nous étions bien les seuls, notre mère était consternée. Notre père, lui, était comme en toute circonstance, d'un calme parfait.

C'est qu'en amont, la rivière était utilisée par un charbonnage pour ses installations de lavage. Elle traversait ensuite un grand marécage pour parvenir enfin chez nous.  Avec le temps, les fines particules de charbon avaient, en se déposant au fond, fait monter le lit de la rivière, si bien qu'à la moindre montée des eaux, nous étions... envahis par la Haine !

Ce qui est étonnant, c'est que malgré ces poussières de charbon en suspension, cette eau était de bonne qualité car quand elle se retirait, j'ai souvent retrouvé les corps de tritons pourtant réputés ne vivre qu'en eaux propres.

Le phénomène s'est reproduit régulièrement pendant quelques années. Puis un jour, une cohorte de Flamands armés de bêches au fer d'une étonnante longueur a débarqué. À l'abri de pales-planches, ils se sont mis à creuser un profil en V, puis à le bétonner. Bref, ils ont canalisé la rivière.

Ces terrassiers et coffreurs débarquaient du fond de leur Flandre le lundi matin et y repartaient le samedi soir. Pendant la semaine, ils logeaient dans des baraques en bois de coffrage qu'ils avaient construites sur la berge séparant le canal de la rivière.

La journée, ils creusaient. Le soir, de l'autre côté de ce pont-levis dont je vous ai parlé, ils se retrouvaient dans un café habituellement fréquenté par les bateliers.  En raison de quelques bagarres qui égayaient l'endroit, on l'avait baptisé "Au coup d'hapiette" (au coup de hache).

C'est qu'on savait s'amuser en ces temps heureux !


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