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Entre nous
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10 septembre 2008

Collision

LHC2J'étais bien décidé à vous raconter Maria (à l'enthousiasme général de... Janeczka) quand ce matin, la radio m'informe que le chargement d'un premier train de protons dans le LHC (Large Hadron Collider) du CERN était pour aujourd'hui. L'accident majeur prévu par certains n'est pas encore pour ce jour puisque, pour l'instant, ces protons constituent la charge d'un sens de rotation et ne risquent donc pas d'en rencontrer d'autres tournant en sens inverse (ce qui est le but ultime de l'engin).

À cette annonce, ma pensée est allée directement vers notre "premier de classe" d'Humanités. La dernière fois que nous nous étions rencontrés, nous fêtions, dans un restaurant montois, le vingt-cinquième anniversaire de notre sortie de l'Athénée. À cette occasion, il nous avait dit, lui qui était rentré de Genève tout exprès pour la circonstance, son désespoir de voir engloutir dans le béton la quasi totalité de la dotation du CERN. Il participait en effet activement à la construction sous le Jura du tunnel de vingt-sept kilomètres destiné à accueillir le LEP (Large Electron Positron collider), prédécesseur du fameux LHC. Les accélérateurs se succèdent dans le même terrier, comme de vulgaires lapins.

Ce qui m'intéresse dans tout cela n'est pas la chasse au boson de Higgs, ni la théorie des cordes chère à Lois de Murphy, mais tout simplement le souvenir de cette rencontre.

Mes condisciples et moi-même constituions une des pires classes qu'ait connu le vénérable Athénée Royal de Mons. Certains, parmi la gent surveillante, n'étaient pas loin de voir en nous une sorte d'association de malfaiteurs. Notre réputation au sein de l'établissement était telle que le jour où le quartier avait subi une rupture générale de courant, un des surveillants s'était précipité dans notre classe pour nous demander ce que nous avions encore bien pu inventer !

Comme, j'imagine, toutes les classes de rhétorique, parvenus au bout de cette étape et, copains comme cochons que nous étions, nous nous quittons en nous promettant de ne jamais nous oublier et de garder le contact. Conséquence : vingt-cinq ans de silence radio (c'est pareil pour vous ? Je m'en doutais un peu).

Un beau jour de 1984, mon ami Francis (mon frère avait épousé sa sœur et nous nous croisions donc de temps à autre) me demande s'il ne serait pas temps, après vingt-cinq ans, de nous rappeler au bon souvenir de nos petits camarades. Nous étions déjà deux, nous voici partis à la recherche des autres.

De proche en proche, nous avons fini par retrouver tout le monde, vivant, et avons opté pour un repas dans un grand restaurant de Mons, en compagnie de nos éventuelles épouses (ou concubines, une denrée plutôt rare à l'époque).

Nous voici donc, joyeux organisateurs, accueillant tout ce petit monde dans un des salons du Restaurant Devos. Mon épouse, témoin aussi impartial qu'extérieur à notre groupe d'ex-potaches, relate volontiers la chose comme suit : "Ils se sont regardés quelques courts instants, puis se sont subitement métamorphosés en une bande de sales gamins !"

Ce qui m'a frappé, moi, c'est qu'excepté sur le plan physique bien sûr, personne n'avait changé. Vingt-cinq ans n'avaient pas sorti Leich de son splendide isolement puisqu'il avait répondu à notre invitation que ça ne l'intéressait pas. Déjà au temps où nous semions la débandade à travers tout l'établissement, il nous contemplait l'air consterné. Il faut reconnaître que, même dans le triste événement du manche de brosse (mais ceci est une autre histoire), il a subi pendant des mois le "traitement de faveur" résevé à toute la classe alors qu'il n'y était évidemment pour rien et savait tout aussi bien que nous ce que le Proviseur s'épuisait à nous faire cracher.

Mons a toujours été une ville où garer une voiture relève du miracle. Raison pour laquelle, vers les cinq heures du matin, après avoir fait la fermeture des divers cafés que nous fréquentions au temps de nos études, nous avons dû, en récupérant nos véhicules dispersés dans ses divers quartiers, réveiller toute la vieille cité du Doudou.


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2 septembre 2008

Guerre totale

Je parcourais l'autre jour un billet de Joye, ou Iowagirl, c'est comme vous préférez.

J'ai connu une autre Joye sur Fllf. Ou c'était la même. C'est peu probable, ou alors, elle a bien changé ! Mais passons...

Dans ce billet donc, elle nous décrivait l'invasion de son genévrier par un parasite ainsi que sa méthode personnelle d'éradication. Elle devait être vachement remontée car elle paraphrasait même en italien parfait l'Inferno de Dante pour défier l'envahisseur.

Et là, une fois de plus, un curieux souvenir m'est revenu.

DoryphoresponteIl fut une année où l'invasion des doryphores creva le plafond des prévisions les plus alarmistes. La chose devait se dérouler au début des années cinquante. Le monde agricole était en proie à la panique la plus totale et même le gouvernement avait failli s'émouvoir, c'est vous dire ! Car la Belgique sans patates, c'est la Belgique sans frites et ça, c'est impensable.

Le Journal de Spirou lui-même se fendit d'une annonce de mobilisation générale. On y voyait un gamin en culottes courtes suspendu à un parachute et armé d'une Sten balayant de rafales des armées de doryphores (c'était l'immédiat après-guerre et l'imagerie militaire avait très bonne presse : même les cahiers distribués par l'Education Nationale étaient décorés des célèbres hydravions Catalina).

Et, effectivement, dès leur retour de l'école, les gamins se répandaient dans les champs de pommes de terre armés de ... vieilles boîtes à conserve, y collectant les larves oranges de ce coléoptère débraqué en Europe en même temps que les Américains lors de la première guerre mondiale. Les bestioles ramassées étaient ensuite brûlées dans un feu de branchages.  Et, le lendemain, c'était reparti. Vous voyez, Joye, que les méthodes d'éradication n'évoluent pas si vite que ça.

Aujourd'hui, on ne voit plus guère de doryphores, me semble-t-il.

Je crains qu'on ait subsitué à cet ennemi qui avait au moins l'élégance de ne pas se camoufler, de sournois pesticides cancérigènes. On n'arrête pas le progrès !


29 août 2008

Contr' hutte

Classer un billet sur la Bretagne dans la catégorie "À chaud", vous goûtez, je l'imagine, tout le sel (de Guérande) et de la chose !

Commençons, n'est pas coutume une fois*, par l'illustration :

bret

Ahah ! Vous en êtes comme deux ronds de flan, pas vrai ?

Mon beau-fils, compagnon couvreur appelé "Breton" dans les cayennes (bien qu'il ne le parle pas, le breton) a fait appel aux souvenirs de son Tour de France lequel passait, outre Edinburgh, par Bruxelles , occasion de sa rencontre avec ma fille, mon beau-fils, donc, a construit de ses mains calleuses autant qu'habiles l'édifice du dessous ci-dessus dans le but d'y loger ses filles et une de leurs copines durant leur séjour en Bretagne.

Pour celles et ceux que l'été met à court d'idées pour la rédaction de leurs billets, il y en aurait à écrire sur cette seule phrase :

  • le folklore du compagnonnage qui vaut, au moins, celui des Boys-scouts
  • la tendance de la France à déborder de ses frontières
  • la propension des Bretons à adopter les chansons irlandaises et le whisky écossais (pur malt)
  • l'heur heureux, ou non, des rencontres
  • les bienfaits du camping
  • l'adéquation de la construction au climat local

Pour ce dernier point, n'allez pas croire que je me gausse, la construction s'est montrée parfaitement adaptée au climat breton, lequel était particulièrement traditionnel cette année pour, si j'ai bien compris les autochtones, une sombre histoire d'année à treize lunes.

Mais revenons à notre hutte. Les murs sont constitués de fougères et le toit de chaumes de blé. Pour les fougères, ce n'était pas ce qui manquait. Évidemment, il s'agissait de fougère aigle, pas d'osmonde royale, la Bretagne n'est pas le Perche.

Pour le chaume, ce fut une autre paire de manches : les agriculteurs locaux ayant tendance, pour des raisons de rendement, à cultiver des céréales à paille courte.

Je n'ai pas assisté à la construction. J'ai découvert la chose à mon arrivée.

Selon leur mère, mes petites-filles y dormaient bien mieux que dans la maison. J'ai compris pourquoi en m'y glissant pour la première fois : l'air y avait un parfum de tisane à faire saliver un Papistache !

* Je sais que vous savez que je suis Belge, n'est pas Breton qui veut...


12 août 2008

Les voiles de la mémoire

Les participants aux défis du samedi pourraient peut-être essayer d'imaginer ce qui peut bien relier les  oranges pressées au nom d'une personne. Car, allez savoir pourquoi, ce matin en pressant les oranges du petit-déjeuner de mon épouse, j'essayais de me souvenir de son nom.

Mais non, pas de son nom à elle,  voyons... de son nom à lui ! Ce n'est pas en anglais que vous seriez amenés à faire cette lamentable confusion : j'aurais écrit "his name" et pas "her name". Vous comprenez pourquoi le français est voué à disparaître ? (petite pique à mes ex-confrères de fllf)

C'est bien moi ça ! Un type me dit son nom, me sauve la vie et quelques malheureuses années plus tard, j'en suis à essayer de me le rappeler, quelle ingratitude.

Je me torturais donc les méninges mais bernique. Je ne faisais resurgir que des visions de plafond peint d'un ciel paisible piqueté d'oiseaux en vol, un nom à consonance biblique et, derrière moi, deux voix débitant en les exécutant les points successifs de la procédure de placement d'un port à cathéter jugulaire, étrange litanie qui reste une de mes plus étonnantes expériences d'auditeur qualité.

À force de creuser, deux autres choses me sont revenues : ce nom était un prénom et contenait un "a".

Alors... Lazare ? Non, trop beau pour être vrai que Lazare m'ait sorti du tombeau !

Après avoir ressassé un long moment encore mes souvenirs tant hospitaliers que bibliques, j'ai dû déclarer forfait. Mais dès le petit-déjeuner avalé, je me suis précipité sur l'ordinateur et, dans la liste des urgentistes, le dernier nom m'est enfin sauté aux yeux : Salomez !

Salomé, la danse des sept voiles, la tête sur le plateau...

Certes, je ne m'appelle pas Jean-Baptiste, mais c'est quand-même pas loin...  j'en frémis encore !

Salom_


6 août 2008

1986

Mais non je ne singe pas George ! (Orwell, who else ?)

Comme chaque matin, je me rendais tout à l'heure chez  ma fille, soigner les lapins. Soudain, sur les ondes de la radio de mon véhicule : Maurane ! Mais celle des années 80, quand elle n'avait pas encore abandonné son prénom de reine : Claude (en réalité, son vrai prénom est Claudine).

1984_SemalMauraneLoosMalgré la jeunesse, elle avait déjà cette voix extraordinaire, un peu moins suave peut-être, un peu plus aiguë sans doute, mais quelle voix, quand même ! Elle chantait "T'as pas la pêche".

D'une part, ça m'a reporté d'un seul coup à une époque où moi, je l'avais, la pêche (ça a bien changé depuis). D'autre part, ça m'a fait penser à Pivoine qui, certains jours ne l'a pas trop.

Quoiqu'en y réfléchissant, finalement, quand vous parcourez les blogs, vous constatez que personne ne l'a, la pêche !

Enfin, personne sauf Val, Tilu, Kloelle, Vidalinda, Papistache, Mamoune, Janeczka, Madame de K, ...

Mais qu'est-ce qu'elle nous chante là,  La Claude ?


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13 juillet 2008

The Passers-by

À la radio, ce matin, un mec chante un truc qui m'accroche l'oreille. Émergeant des brumes du sommeil , recouvré après que le chat m'ait tiré du lit vers cinq heures pour me réclamer sa pitance, j'ai un peu de mal à identifier. Et puis, ça fait "Tilt" (chez nous, on disait "mon franc est tombé", mais depuis l'euro...)

Brassens... Kloelle... Les Passantes !    ... Mais en anglais.

Comme j'ai pris le truc en route, je n'ai pas entendu la voix suave de la présentatrice décliner l'identité du chanteur. Qu'importe, le temps de petit-déjeuner et un coup de Google, un !  "brassens les passantes adaptation anglaise". Autant parler en minuscules à Google, la politesse et les majuscules, il s'en bat de toute façon. Et il me renvoie à Graeme Allwright, en 85 dis donc !

Comme je n'ai pas reconnu sa voix (je suis assez âgé pour avoir tâté de la sacrée bouteille avec lui, sans compter la mise en petites boîtes) mais que cette première recherche m'a donné le titre anglais de la chanson, j'insiste.

Jehro ! De son vrai nom Jérôme Cotta, un mec de Marseille au parcours entre brume et tumulte, chante Brassens... en anglais sur un rythme plutôt Reggae.

Voilà, nul n'est prophète en son pays, même pas Georges !

Remarquez, moi je m'en fous, je suis belge, de un, et, de deux, c'est un peu Kloelle qui m'a réveillé et après une semaine de pluie, c'est grand soleil, ici !

Soleil2


11 juillet 2008

C'est les vacances !

J'entends d'ici les puristes : "Ce sont les vacances !"

Mais un titre est fait pour accrocher, pas vrai, alors... j'accroche, même au prix d'une approximation grammaticale.

Donc, c'est les vacances et je me demande bien ce que les zélateurs de la chose y trouvent de tellement merveilleux ou, même, de tellement différent.

Tout au long de l'année scolaire, je vais rechercher mes petites-filles à l'école. Pendant les vacances, je vais les cueillir à la sortie de leurs stages. Lors de leurs "congés pédagogiques" je les emmène en excursion et au resto. Pendant les vacances, quand elles ne sont pas en stage, même combat que pour les congés pédagogiques, sauf qu'elles logent chez nous et que c'est pour toute la semaine.

Là, vous commencez à vous poser des questions : elles n'ont donc pas de parents ? Mais si, rassurez-vous, dans une dizaine de jours, ils vont prendre le relais et emmener les filles chez leurs autres grand-parents, en Bretagne. Et alors...

Rien que nous deux, la grande vie, la liberté totale, etc, etc

Bien essayé ! Les filles ont des lapins (une des nombreuses idées géniales de leur père) et les lapins, ça bouffe sans arrêt ! Et si leur transit s'interrompt, ça meurt les lapins ! Donc, matin et soir, faut aller nourrir les lapins. Tant qu'on y est, on en profite pour lever et baisser les volets, vider la boîte aux lettres, cueillir les pommes qui, ô miracle sont toujours à point pendant les vacances des propriétaires du pommier !

Alors, si vous me croisez (ce qui je l'admets serait bien improbable) ne me dites surtout pas "Bonnes vacances !"

Lapins


9 juillet 2008

JdJ 4

Il m'a fallu un peu de temps pour terminer l'ouvrage précédent, tout cela pour me faire raconter la théorie des univers-bulles et confirmer l'image que je me faisais de celui où je vis.

Je vous propose donc un truc plus léger (pure supputation de ma part) et sans doute plus aisé à découvrir en raison des hasards du découpage proposé par Janeczka.

Livre0004

Bien, je l'ai terminé hier, mais j'ai malgré tout attendu ce matin pour afficher sa couverture.

Couv0004


30 juin 2008

L'instit

Dans la farce du poivron, une minuscule feuille de thym et ce parfum  qui, subitement m'évoque l'image d'un jardin divisé en petites parcelles et rempli d'enfants affairés. L'instituteur a déterré une grosse touffe de thym. Il en démarie les pousses et les distribue. Chacun part repiquer la sienne dans sa parcelle. Faire un trou dans la terre meuble, introduire la petite plante, donner du pied, arroser...

FreinetJe me serais cru dans "L'Ecole buissonnière". Un film qui avait fort impressionné l'enfant du "Pays Noir" que j'étais, avant qu'une mutation de mon père ne m'amène dans ce jardin, lors de ma quatrième primaire.

Mutation, jamais mot ne fut plus approprié !

Là-bas, où les poussières de charbon et celles des aciéries brouillaient l'air, où la lueur des hauts-fourneaux rougissait le ciel nocturne, où éclataient en feux d'artifices  les gerbes d'étincelles des convertisseurs, là-bas l'école ressemblait à une caserne et nous étions une vingtaine dans ma classe de troisième.

Ici, l'école ressemblait à l'aile d'un petit château (en réalité la Maison communale) et nous étions une vingtaine de garnements dans l'unique classe regroupant les six années de primaire. Il y avait même un olibrius esseulé qui était dans le "quatrième degré" mais, à part l'instituteur, personne ne savait s'il était en septième ou en huitième, même pas lui !

Là-bas, les cours étaient donnés avec sérieux, certes, mais sans trop d'imagination et il ne serait venu l'idée à personne de quitter l'établissement et pour voir quoi, d'ailleurs, les terrils, les tuyauteries de gaz, les wagonnets sur le carreau des mines, les étonnants téléphériques des carrières ?

Ici, on quittait l'école au moins une fois par semaine et tout était prétexte à étude et observation : la rivière, la mare, les champs de blé ou de betteraves, le troupeau de moutons, la scierie, la briqueterie. Ici quand on vous parlait d'un are, on sortait en tracer un dans la cour.

L'instit, nous disions "Le Maître", était prodigieux (pour faire mentir Papistache).

Évidemment, cumulant sa fonction avec celle de directeur, il lui était plus aisé d'imposer ses vues pédagogiques que dans un grand machin à allures collectivistes.

Dans cette école et ses dépendances, entendez tout le village, j'ai tout fait : monté des circuits électriques, écussoné des rosiers, enté des fruitiers, établi des statistiques de germination, fabriqué des briques, trait les vaches, décortiqué le moteur de la quatre chevaux, interviewé les ouvriers qui garnissaient la rue d'éventails de petits pavés de porphyre et ceux qui remplaçaient les plaques de protection des cuves de l'UCB, peint à l'aquarelle, contrôlé les poids des commerçants avec les fonctionnaires des poids et mesures, joué la comédie, construit des marionnettes...

Le rêve !

Sauf qu'il n'y avait pas de filles, mais bon, "là-bas" non plus.


29 juin 2008

JdJ 2

Ce titre, un rien sibyllin, pour "Jeu de Janeczka épisode 2".

Maintenant que vous connaissez la règle établie par cette jeune dame, je vous livre l'extrait tout de suite et la couverture du livre dans deux jours.

Est-ce que tout cela ne va pas créer comme un bruit de fond sur ce blog ?
Bah, si vous n'aimez pas, faites comme au Poker, passez !

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Puisque Kloelle a trouvé, autant vous coller la couverture tout de suite.
Demain soir, je vous proposerai le suivant bien que j'aie terminé celui-ci dès aujourd'hui, mais bon, faut bien vous laisser souffler un peu, non ?

Couv0002


27 juin 2008

Pour Janeczka

Il y a peu, Janeczka proposait à ses lecteurs un petit jeu littéraire. Il s'agissait d'empoigner le premier bouquin venu, d'aller à la page 123, de sauter les cinq premières phrases et de recopier les trois suivantes.

Je n'ai toujours pas compris l'utilité de la chose, mais j'ai décidé de jouer pour chaque nouveau livre que je commencerai à lire.

J'espère que ça amusera quelqu'un. Si vous reconnaissez le bouquin dont est extrait le passage, vous me le dites et vous gagnez... ma profonde considération !

Je sais, je sais, ça vous fait une belle jambe, prix d'autant plus dérisoire que pas mal(es) d'entre-vous en sont déjà pourvues.

Livre0001

Origine de la citation (mise à jour du 29 juin 2008)

Couv0001


18 juin 2008

Fonctionnaire

Au journal télévisé d'hier, on nous apprend que la Région wallonne va entamer une campagne publicitaire destinée à modifier auprès du vulgus pecum l'image du fonctionnaire. Les acteurs de ces spots seront les fonctionnaires eux-mêmes qui viendront nous exposer combien exaltantes peuvent se révéler leurs carrières.

EcluseLa chose se passait sur fond d'images extraites de ces fameux spots et soudain : le bouillonnement de l'eau à la sortie d'une écluse et dans ma tête un bouillonnement d'images.

J'ai vécu pendant quatorze ans le long du canal du Centre, du temps où il n'avait pas encore été mis au gabarit actuel.

Mon domicile se trouvait entre une écluse et un pont-levis. Durant les vacances, vers mes onze ans, j'allais saluer les préposés et au bout de quelques visites, ils me laissaient les aider à la manoeuvre des "ouvrages d'art".

Un jour, l'éclusier m'a même confié la garde de l'écluse, le temps d'une course au patelin. L'éclusage des péniches, c'est simple, mais ça demande une certaine méthode pour effectuer la bonne séquence d'ouverture et de fermeture des vannes et des portes. J'ai écrit une procédure pour l'édification de Pivoine dans un commentaire sur son blog, je ne vais pas recommencer ici.

PontChez le pontonnier, c'était plus simple. Il n'y avait qu'à tourner la face verte du disque métallique prévu à cet effet vers le bateau qu'on voulait laisser passer (il n'y avait le passage que pour un bateau), baisser la barrière interdisant l'accès aux véhicules, déverrouiller le tablier et commencer à lever le pont. Je tournais pour cela une roue aussi grande que moi, faisant chanter le cliquet qui sautait d'une dent à la suivante dans le mécanisme anti-retour.

De tourner plein pot toutes ces manivelles, tant au pont qu'à l'écluse, car tout était manuel, je me faisais les biscoteaux dont je manquais cruellement (je ne sais pas si vous imaginez la masse d'une porte d'écluse)

Ce qui m'enchantait près du pont, c'était l'abri du pontonnier ! Si l'éclusier disposait d'une sorte de cabine plutôt spacieuse et contenant, entr'autres, le tableau de commande de la pompe de rééquilibrage de niveau des biefs, à proximité du pont, il n'y avait qu'une sorte de cube d'environ deux mètres sur deux, contenant une chaise, une petite table et un poêle à charbon.

Moi, je rêvais de devenir pontonnier et d'habiter dans le cube. Rentré chez moi, j'imaginais un aménagement du lieu autorisant cette lubie ! J'ai perdu les plans, mais je me souviens qu'il y avait beaucoup de trucs rabattables.

Les Japonais pensent qu'ils ont inventé un système original avec leurs hôtels à logettes genre nid d'abeilles, mais j'y avais pensé avant eux ! Sauf que moi, je n'avais qu'une logette. Ce que je ne m'étais jamais demandé, c'est ce qu'aurait pensé l'administration de cette idée originale.


16 juin 2008

Planchette

King_s_troopVous avez vu le Trooping the Colors ? Moi, oui ! J'avais repéré la retransmission (en différé) de la chose dans le programme TV. Et, avec candeur, je l'ai signalé à mon épouse.

C'est une grande parade militaire à l'occasion de l'anniversaire officiel de Sa Grâcieuse Majesté. Ma femme adore ! Je la suspecte parfois de rêver être la Grande-Duchesse de Gerolstein. Le scénario est immuable et terriblement british.

Moi j'aime surtout quand il pleut à verse, leur flegme proverbial est alors mis à rude épreuve. Mais bon, cette fois-ci, il faisait beau, on pouvait voir les uniformes chatoyer, les cuirasses rutiler, les sabres jeter des éclairs (contrairement aux baïonnettes, traitées anti-reflet, quel anachronisme sournois).

Comme chaque année, gros succès des King's Troops et, comme chaque année, je signale à mon épouse qu'un beau(?) jour, j'ai porté un uniforme du même acabit. En effet, dans une de mes nombreuses vies, je fus artilleur. Planchette, plus précisément. Ouais... ça fait tout de suite moins chic ! Dans mon pays, au temps où le service militaire était obligatoire, les chimistes étaient versés dans l'artillerie, ça leur évitait de changer de Saint tutélaire (et même, en l'occurrence, de seins tutélaires, vive Sainte Barbe ! Bien qu'à l'époque, j'étais imberbe).

artilleurUn jour, donc, je suis désigné volontaire (vous savez comment ça se passe dans l'armée) parce que, dans ma chambrée, c'était moi qui entrais le mieux dans le dernier costume disponible. Il s'agissait, avec quelques copains, de se farcir une garde d'honneur à une réception quelconque en tenue de parade ancienne : uniforme bleu marine, futal à bande rouge, veste à brandebourgs, toque en astrakan, jugulaire dorée, plumet ridicule, un truc qui devait dater de 1890 environ (ou une copie de la chose, je ne sais trop). Toujours est-il que je suis heureux que l'époque n'était pas aux appareils photo digitaux, ça m'évite d'être encore plus ridicule que d'ordinaire. Je vous en montre un pas tout à fait pareil, mais à cheval.

Le petit air de famille entre l'ancien uniforme des artilleurs belges et celui des King' Troop n'est pas fortuite, le premier roi des Belges était l'oncle de la reine Victoria.

Bien entendu, la seule chose qui vous inquiète dans tout cela, ce n'est pas ma prestance en uniforme de gala mais plutôt l'endroit où l'on pouvait bien clouer cette foutue planchette dont je vous parlais.

Vous me verriez bien crucifié hein ! Vous n'aurez pas cette joie. Le mot désignait simplement les membres du bureau de tir qui calculaient le réglage des obusiers (charge, azimut, hausse). Pourquoi planchette ? Parce que nous étions assis devant une sorte de planche à dessin sur laquelle était fixée une feuille avec quadrillage de coordonnées sur laquelle la batterie, les objectifs et les obervateurs étaient représentés par de petites épingles de couleurs. Les calculs étaient effectués avec l'aide d'une espèce d'éventail-rapporteur en plexi et de tables de corrections, le tout d'origine américaine.

En procédure normale, après un premier tir, l'observateur nous signalait par radio où l'impact se situait par rapport à la cible vu de sa position. Le jeu consistait alors à déplacer l'épingle représentant l'objectif à l'inverse de cette information et à recommencer les calculs jusqu'à ce qu'on tire pile sur la cible.

Ce genre de réglage de tir se faisait avec une seule pièce. Une fois le réglage effectué, il fallait aussi calculer les variations de réglage en fonction de la position des différentes bouches à feu sur le terrain pour pouvoir procéder à un tir de batterie. Simple, non ?

Le plus marrant, c'était la procédure de tir a posteriori. La description ci-dessus ne vaut que si vous connaissez la position exacte de votre pièce de réglage sur la carte. Si vous n'en savez trop rien, voici comment faire : vous choisissez un objectif de position précisément connue : un édifice public, une église, un monument (historique de préférence). Et vous commencez le tir de réglage. Au lieu de déplacer l'épingle de la cible au fil des corrections, vous déplacez celle de la pièce. Et quand vous touchez le bâtiment choisi...

Vous savez où vous vous trouvez exactement ! C'est pas beau ça ?

L'inconvénient, c'est que pendant que vous procédez à cette petite mise au point préliminaire, l'ennemi a repéré votre position soit à l'éclair de vos tirs, soit à leur fumée et vous pulvérise avec sa propre artillerie qui, n'étant pas belge, sait parfaitement où elle se trouve, elle.

Le seul avantage, c'est que contrairement à nous, l'ennemi, lui, est toujours fictif (dans mon expérience personnelle en tout cas).

Voilà ! Si vous êtes sages, je vous raconterai peut-être la guerre atomique.

 


 

13 juin 2008

MAC's

MACMais non, je ne vais pas vous les briser menu avec mes mémoires d'ancien combattant de la Grande Guerre. Celle qui opposa des années durant, en des luttes fratricides et sanglantes, les adorateurs du PC aux zélateurs  du Mac. Je ne suis d'ailleurs pas certain qu'elle soit vraiment terminée.

Je vais vous narrer un des épisodes de mon unique visite au Musée des Arts Contemporains érigé sur le domaine du Grand-Hornu, à grand renfort de fonds européens.

Je ne me trouvais évidemment pas là de mon plein gré. Simplement, ma fille a une amie (que j'appelle ma deuxième fille, mais ça, c'est une autre histoire) dont un des passe-temps favoris est d'organiser des visites guidées en des endroits ou institutions les plus divers. Comme elle ne manque jamais d'y convier mon épouse, j'en suis à tous les coups.

Si vous n'avez jamais vu le site du Grand-Hornu (le siège d'un ancien charbonnage), ça vaut le déplacement, si toutefois vous ne perchez pas à plus de cent kilomètres de l'endroit, enfoui au coeur du Borinage, région d'où Van Gogh s'est, lui, enfui en quête de soleil. Y a juste le sombre bâtiment du MAC's qui gâche un brin la vue, même si aux dires d'architectes, eux aussi contemporains, il s'intègre parfaitement à l'ensemble. Déjà, à Bruxelles, ma ville d'adoption, architecte est une insulte, alors, l'opinion d'un architecte contemporain, je relativise.

Pour ceux qui seraient tentés de retrouver les artistes qui y exposaient à l'époque, cela se passait fin mai 2003 (c'est dingue, ce qu'on découvre dans les propriétés des fichiers jpeg).

Entr'autres merveilles offertes à l'ébahissement des fameux contemporains des artistes du même nom, il se trouvait dans une salle, réservée à elle seule, une étonnante réalisation plongée dans la pénombre : sur un lit de feuilles de lauriers (j'ai mis lauriers au pluriel car c'était un très gros tas de feuilles) gisait une sorte de pare-brise.

Notre groupe entourait la chose, la contemplant d'un oeil sceptique (et de l'autre consterné). Devant ce manque manifeste d'enthousiasme, notre guide, une charmante petite Française vachement concernée par son job, se met en devoir de tenter de nous faire comprendre la production, à défaut de l'apprécier.

Il s'agit, nous dit-elle, de la reproduction fortement agrandie d'un ongle. Réalisée en verre, elle a été déposée sur un lit de feuilles de laurier(s). Vous n'êtes pas sans savoir que dans l'antiquité, le laurier était un des symboles de l'éternité. Vous savez également que les ongles (tout comme les cheveux) continuent à pousser après la mort. C'est dans l'association de ces deux faits que l'artiste et bla bla bla et bla bla bla.

À  la fin de son discours, la demoiselle quête des yeux et des oreilles une éventuelle réaction, un semblant d'approbation (déjà plus hypothétique) ou une question (tout-à-fait hors de question, justement).

Apathie totale du groupe. Devant sa déception, je vole à son secours.

Vous me plongez, chère enfant, lui dis-je, lui tendant la main, paume par-dessous, dans la plus insoutenable angoisse métaphysique ! Qui donc va me ronger les ongles après mon décès ?

Je l'ai sentie un peu interloquée, limite vexée peut-être, mais elle avait de la classe, ce ne fut qu'un très bref nuage puis, elle a souri et le sombre décor s'est éclairé soudain.

 

Edit du 21 avril 2011 : Vue plus générale pour Berthoise

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11 juin 2008

Quand j'étais cancre

DruckerUne brutale illumination vient de m'atteindre, tel Shâkyamuni sous son arbre. Je vais d'ailleurs aller vérifier de ce pas la longueur du lobe de mes oreilles.

Ça m'est venu en voyant, sur un blog "littéraire", cette photo de couverture du bouquin de Michel Drucker.

Et à quelle prise de conscience fondamentale me suis-je donc éveillé, me demanderez-vous ? Simple : contrairement à Drucker, Pennac, Berléand, Blasband et, j'imagine, de nombreux autres qui échappent à ma mémoire vacillante tout autant qu'à mon inculture crasse, je ne pondrai jamais le moindre ouvrage détaillant les souvenirs douloureux de mes années de cancritude. Je ne serai donc jamais une vedette ni un écrivain célèbre : ma jeunesse n'a pas fleuri auprès des radiateurs, endroits réputés propices à l'élevage des cancres (las).

D'ailleurs, pour justifier le classement de ce billet dans la catégorie où vous l'avez trouvé, je dois à la vérité de signaler que la classe d'école primaire que je fréquentais n'était pas pourvue de chauffage central, mais d'un poêle à charbon occupant... la place centrale dans la pièce. Il y aurait peut-être lieu de se mettre d'accord sur la définition de "chauffage central".

Il y avait pourtant un lien entre le cancre de service et le poêle : l'un était régulièrement chargé d'alimenter l'autre. Cette histoire de charbon avait sans doute valeur prémonitoire, mon condisciple ayant dû finir mineur de fond dans un charbonnage. Ces derniers étaient encore florissants à l'époque, on était en pleine "bataille du charbon" pour alimenter l'industrie sidérurgique boostée par la reconstruction.

Finalement, ces écrivains que je citais tout-à-l'heure n'avaient pas tout-à-fait tort : la vie de cancre n'était pas drôle tous les jours. Mon témoignage est évidemment très partiel : j'ai effectué mes trois dernières années de primaire dans une école à classe unique et n'y ai côtoyé qu'un seul et même cancre.

Le gaillard ne s'exprimait pour ainsi dire que dans l'idiome local, faisant néanmoins l'effort, en cas d'urgence, de tenter de le transposer en Français. Ainsi, dans cette région, "mordre" se disait "agnî". Et, voulant expliquer à mes parents qu'un chien avait tenté de le mordre, il leur avait dit : "Et il a sauté sur moi pour me agner !"

Malgré ces efforts louables, il était en bute à la vindicte enseignante, l'usage du patois étant formellement interdit dans l'enceinte de l'école. On ne s'inquiétait pas encore à l'époque de la survie des dialectes locaux.

Il était plutôt petit, tout comme moi, mais râblé et beaucoup plus costaud. Si bien que si nous partions visiter la briqueterie locale, c'est lui qui pouvait en ramener le seau d'argile destiné à des activités ultérieures. Que si nous escaladions la côte qui menait de la vallée au sommet de la colline, c'est lui qui se coltinait le baromètre à mercure devant permettre de démontrer la liaison de la pression atmosphérique à l'altitude. Que si nous allions relever les dimensions d'un champ quelconque (aux fins de divers calculs subséquents, de la quantité de semences nécessaire au rendement à l'hectare), c'est lui qui se tapait le matériel d'arpentage, rudimentaire mais pesant : chaîne d'arpenteur, boussole, jalons.

Il avait néanmoins droit à l'une ou l'autre compensation. Ainsi, bien qu'ayant la fâcheuse habitude, pour amuser la galerie, de s'abreuver au contenu des encriers de porcelaine ornant les pupitres, il s'était vu confier leur remplissage et la fabrication de l'encre par dissolution d'un sachet de colorant dans une bouteille d'un litre d'eau, ce qui lui donnait accès à de la boisson fraîche. (Faudra quand-même que je m'informe, a posteriori, de la toxicité du bleu poirier)

Si sa vie n'était pas drôle, lui par contre, l'était extrêmement, instigateur des plaisanteries douteuses, grand mime devant l'Eternel, roi de la cour de récré. En dépit de ces qualités, il n'a pas, lui, fini à la télé.

Il était également très mal vêtu et jamais très net. Il n'y était hélas pour rien, l'époque n'était pas au luxe et ce qui pouvait paraître à nos yeux d'enfants gâtés une sorte de négligence n'était dans la réalité que l'effet de la misère.

Le plus étonnant dans tout cela, c'est qu'à l'accent circonflexe près, son nom était celui du séducteur d'Hélène (vous savez, l'Hellène, là).


5 juin 2008

À table !

SodomePour faire un peu snob, juste une fois (comme nous sommes censés à Bruxelles le répéter à chaque phrase), voici un des bouquins que je suis en train de lire. Il est d'un certain Jean-Pierre Verheggen, ceci afin d'épargner vos yeux déjà fort éprouvés par l'excès de scrutation d'écrans divers, même en été.

Au cours de cette lecture donc, je tombe sur un texte intitulé "Poème en langue y a pas !". Immédiatement, je pense à Papistache, car le morceau de bravoure nous décrit un restaurant qui devrait lui plaire au moins par un de ses aspects, lui qui nous signale être abstème.

De surcroît, la façon qu'a l'auteur de jouer avec les mots devrait sans doute lui rappeler quelqu'un de très très proche !

Bien, je vous livre la chose, espérant que l'éditeur voudra bien prendre ma citation comme un acte de promotion, une incitation à lire la suite, plutôt que me traîner devant les tribunaux en vertu de la loi sur la protection des droits d'auteur.

Poème en langue y a pas !

Y a pacha, j'te dis ! Y a personne, quoi !
Ya padichah ! Tu l'vois bien !
On peut les compter sur les doigts d'une main !
Puis, y a palourde dans les asiettes comme rata !
C'est plutôt radin radinette comme menu !
Y a Palomar, non plus !
Je sais ! Je sais ! Y a pas de quoi en faire une montagne
mais tout de même, pas de crustacé,
c'est plutôt mal barré !
Y a paddock en outre - ou en fillette ! -
rien que de la piquette
et Pagnol pareil ! T'as pigé,
c'est un resto où on ne sert pas d'alcool !
Y aura donc même passereau
qu'on aime faire, toi et moi,
- discrètement va de soi ! -
avec un petit digestif
à la fin de tout bon repas !
Mais y a pire ! Y a pataquès
et c'est encore moi qui vais devoir douiller
au moment de payer !

Viens, on se tire, vite fait !

Bien, j'espère que la chose vous aura divertis. Si ce n'est pas le cas, je vous présente mes plus plates excuses, tout le monde peut se tromper... surtout moi !

Post scriptum : j'aimerais que vos commentaires, si commentaires il y a, ne profitent pas du titre de l'ouvrage pour (trop) se perdre en des terrains douteux. Merci.


1 juin 2008

À poil(s) !

KenzoJ'habite chez un chat.

J'ouvre une parenthèse, juste entre nous : je sais que c'est lui qui habite chez moi, mais il pense que c'est l'inverse et je ne voudrais pas le vexer, vous savez combien les chats peuvent se montrer susceptibles...

Donc, j'habite chez un chat et s'il me laisse pour l'instant tapoter tranquillement sur mon clavier, c'est qu'il a suivi mon épouse dans la cuisine où il exige son dîner (en Belgique, nous disons "souper", mais je ne veux pas vexer les Français non plus, vous savez etc...).

Ce chat est de l'espèce domestique la plus commune, c'est-à-dire un tigré genre européen.

Comme je vis chez lui, j'ai tout loisir de l'observer. Ce qui me fascine, c'est son pelage. Ces lignes sombres parcourant son corps et qui, dans la nature, doivent lui servir de camouflage, vous pourriez les croire faites de poils de couleur plus sombre que celle des poils du fond de sa robe. Mais, bien évidemment, il n'en est rien.

L'examen d'un de ces poils, disponibles à foison dans toute la maison, nous montre qu'un même poil porte une séquence de tronçons diversement colorés.

Quelle alchimie subtile, autant que mystérieuse, fait apparaître en fonction de la position du poil sur le corps la séquence de couleurs qui fera onduler sur le pelage du charmant félin ces lignes sombres ?

Quand je pense que je ne parviens à faire pousser, quant à moi, que quelques rares poils uniformément gris et ternes,  je trouve mon chat bien plus malin que moi !


14 mai 2008

Une boule dans la gorge

CirquePortes ouvertes, hier à l'Ecole de Cirque de Bruxelles, comme pour fêter dignement l'anniversaire de la plus jeune de nos petites-filles. Sous le chapiteau, les numéros se succèdent : délicieusement malhabiles pour les tout petits, déjà plus affirmés pour les autres. On devine même quelques doués dans l'une ou l'autre technique.

Le dernier groupe à se produire comporte un gaillard au handicap évident. Comme finale à leur prestation, les participants s'étendent sur le dos, en étoile, leurs pieds maintenant une énorme balle d'équilibriste. Deux demoiselles, montées sur des échasses, font grimper leur copain handicapé sur la sphère et l'aident à s'y maintenir (je peux vous assurer qu'elles souffrent) tandis que les autres soulèvent lentement le ballon en étendant progressivement les jambes.

Tonnerre d'applaudissements...

Je n'ai pas de photo, c'est mon épouse qui avait l'appareil... et les larmes lui brouillaient la vue : tant d'attention autour de ce garçon ! Quant à moi, les zhommes ne pleurent pas n'est-ce pas... mais bon Dieu, c'était limite !


18 avril 2008

Clic clic !

Anneau_1Non, ce n'est plus le bruit de la pince coupante, c'est celui de l'appareil photo. J'aurais dû illustrer mon message précédent. Je le fais donc à retardement. Et tant que j'y étais, j'ai aussi photographié deux autres alliances en notre possession, ce qui va me permettre d'approfondir ma réflexion sur ce symbole en or. C'est le commentaire de Papistache qui m'y pousse.

Symbole d'union, clame le peuple... moi, ces anneaux m'évoquent singulièrement les fers dont étaient munis les esclaves. Vous m'opposerez que ces bracelets n'étaient pas en or, d'abord, ça dépend du genre d'esclave, mais parlons-en de l'or ! Ce métal noble, inaltérable, cette valeur refuge, n'augmente de prix que bien à l'abri dans un coffre-fort. Car au doigt des époux... il s'use ! Voyez la face externe de ces anneaux, celle qui est confrontée aux aleas de l'existence. À l'origine, elle était gravée de liserés enserrant une large bande décorée de petites pointes pyramidales. Aujourd'hui, elle est lisse comme la joue d'une patiente sortant d'un lifting sévère.

Anneau_2Faut-il donc conclure qu'avec le temps l'union symbolisée va, elle aussi, s'amincissant, se déformant sous les tensions ? Papistache, jamais dépourvu de ressources dans les moments difficiles, vous dira qu'elle s'affine, se spiritualise.

Mais que dira-t-il lorsque le jonc, de lui-même se brisera, sans scie, sans pince coupante ?Anneau_3

Il dira peut-être que pour former un chaîne, il faut bien ouvrir l'un des anneaux. Je vous l'avais dit : on ne peut le prendre en défaut.

Moi, par contre, oui ! Finalement, tout ce que je vous ai raconté péchait par un petit détail qui m'est revenu en relisant les inscriptions sur la face interne de nos alliances. Ce n'est pas celle de mon épouse que j'ai rompu de deux coups de pince, c'est la mienne ! Nous les avions échangées lorsque la pauvre avait commencé d'avoir des problèmes articulaires, parce que la mienne était un peu plus large !


10 avril 2008

Pas de chance

Pas de chance, au moment où j'allais me mettre à ce billet, voilà-t-y pas que je découvre avec stupéfaction qu'il y a une nouvelle consigne sur Paroles Plurielles ! Entre deux courses en voiture commandées par mon épouse, j'expédie la chose et, après envoi, je m'aperçois que je n'ai pas tout-à-fait respecté les règles édictées. En effet, celles-ci demandaient d'imaginer le monologue intérieur d'un des personnages présents sur cette photo prise par Coumarine

Coumarine

... et j'ai fait parler le cuistot. Mais bon, y a-t-il quelqu'un de plus densément présent dans un resto que le cuistot ? Je n'ai donc pas vraiment triché. C'est la photo qui, à mon humble avis, ne suggère pas assez la présence du virtuose du "piano". En un mot, c'est la faute à Coumarine, CQFD.

Avec tout ça, j'ai presqu'oublié ce dont je voulais vous entretenir, mais en un sens, c'est lié. Je me suis rué sur cette occasion de reporter mon intervention comme la vérole sur le bas clergé (pour citer un de mes ex-professeurs) parce que depuis mon petit séjour en Baie de Somme, j'ai constaté que je n'étais pas aussi accro à la blogosphère que je le pensais.

Un exemple : je débarque là-bas, j'allume mon portable (j'emmène toujours un portable en vacances, because les photos numériques) et détecte un accès WiFi protégé. Au vu de la configuration des lieux, il doit s'agir de celui du propriétaire. J'ai même pas essayé de confirmer, c'est dire si j'étais motivé !

Donc, j'attends. Et en attendant, je parle pour ne rien dire. Et ça, aux dires de certains, ça au moins je sais (peux, pour les Français) faire...


28 mars 2008

Avis au lecteur

SealOui, c'est un phoque. Je l'avais photographié le 14 novembre 2003, tandis qu'il se laissait porter par la marée montante, dans le lit de la Somme, devant Le Hourdel.

Il a l'air de nous regarder, mais en réalité, il était très intéressé par un grand braque que d'autres personnes promenaient sur la plage. Il s'approchait même du bord pour venir l'observer.

Mon épouse et moi-même séjournions en baie de Somme pour me permettre de récupérer un peu d'une hémorragie digestive qui m'avait expédié à l'hosto et mis sur les genoux. Vous voyez que ce genre de problème peut avoir des conséquences heureuses. D'ailleurs, ça avait très bien commencé : j'avais failli m'évanouir dans les bras d'une de mes collègues !

La saison où fut prise la photo explique le peu de lumière dont j'avais pu bénéficier pour la prise de vue. L'image est en couleurs, mais elle paraît grise, tant il faisait sombre.

Je vous entends d'ici : "Mais où veut-il en venir, ce braque, avec son phoque ?"
Simplement à ceci : demain nous y retournons, avec nos petites-filles, pour tenter de retrouver l'animal. Comme nous ne l'avons pas marqué, ça va être coton.

Et nous en venons ainsi au titre (j'y ai laissé lecteur au singulier, eu égard à la densité de mon lectorat) : comme je doute que Le Hourdel soit largement pourvu en WiFi ou autres Hot-Spots, je crains d'être amené à faire une pause d'une semaine sur ce blog.


25 mars 2008

Original !

080325Quand vous pensez que même en Provence il a neigé, vous n'allez pas me trouver très original, ici, à Bruxelles. D'autant que je parie des dollars contre des biscuits (comme disait Lucky Luke) que la concurrence va être rude dans l'expression de l'émoi issu de ce tardif assaut neigeux.

Mais bon, pourquoi n'y irais-je pas, moi aussi, de mon petit couplet étonné : "De la neige, fin mars !", scandalisé : "Que fait le gouvernement ?", ironique : "Encore un effet pervers du réchauffement climatique, peut-être ?", le tout avec l'accent local, une fois.

Même ma photo n'a rien d'original, elle fait morne et grisâtre à côté de celles pleines de couleurs, d'optimisme et de gaieté de Tilu. Mais que voulez-vous, je fais partie de ces gens du nord qui n'ont de chaleur... que dans le coeur.

J'en viendrais bien à ajouter un couplet à la chanson de Brassens :

"Quand j'ai voulu montrer ma p'tite photo à Marinette,
Elle contemplait déjà celles que Tilu avait postées,
Avec ma p'tite photo, j'avais l'air d'un con, ma mère,
Avec ma p'tite photo, j'avais l'air d'un con !"



19 mars 2008

Spiritualité

BouddhaDans un des posts de son blog (j'aurais dû dire un de ses blogs), AlainX nous livre une réflexion profonde sur la spiritualité. Si ce genre de problème vous passionne, je vous engage vivement à faire l'effort de le lire.

Je cite le début de son article : "Il y a peu encore, quelqu'un dans mon entourage s'étonnait que je puisse avoir une vie spirituelle sans pour autant confesser une foi en Dieu."

Cette entrée en matière m'a fait souvenir d'un problème qui avait agité le monde du scoutisme belge, du temps (vers 1980) où j'étais membre du conseil d'administration d'une fédération de scouts pluralistes. À l'époque, notre fédération était dans le collimateur du bureau mondial du scoutisme, dominé par les Américains et leurs satellites (pour qui tout ce qui n'était pas religieux ne pouvait être que communiste). Ces gaillards voulaient nous exclure du mouvement mondial (dont nous sommes membres fondateurs) parce que nos textes fondamentaux ne faisaient pas explicitement référence à la croyance en Dieu. En effet, la constitution du mouvement mondial stipule ceci :

Le Mouvement scout est fondé sur les principes suivants:

 Devoir envers Dieu

 L’adhésion à des principes spirituels, la fidélité à la religion qui les exprime et lacceptation des devoirs qui en découlent.

Il nous a donc fallu nous défendre. Malheureusement, la représentation de la Belgique à la conférence mondiale suivante devait être assurée par les scouts catholiques. Nous les avons donc rencontrés pour leur demander d'accepter de nous céder leur tour de représentation pour que nous puissions défendre nous-même notre position.

C'est la réponse de cette fédération confessionnelle qui me ramène au texte d'AlainX et apporte de l'eau au moulin de ce dernier. Les scouts catholiques avaient assorti leur acceptation d'un commentaire écrit précisant qu'ils trouvaient insultant pour quiconque que l'on puisse seulement penser que l'absence de religion doive empêcher toute préoccupation ou réalisation spirituelle.

Nous y sommes allés, munis de cet argument choc et sommes restés membres du scoutisme mondial.

 


 

10 mars 2008

Le fil du rasoir

ChouMon père, pendant très longtemps, s'est rasé au moyen d'un "coupe-chou". Savez-vous que c'est ce genre d'ustensile que l'on utilisait aux débuts de la microscopie pour réaliser, dans les spécimens, les coupes minces nécessaires à la bonne netteté des images ?

Pour assurer à cet instrument un fil parfait, il utilisait une large lanière de cuir enduite d'un compound d'affûtage. Il fixait l'une des extrémités au buffet et tendait le cuir sur lequel il faisait glisser les deux faces de la lame en retournant prestement le rasoir en bout de course.

J'étais en admiration devant sa dextérité, mais le plus étonnant était encore à venir.
Après s'être enduit le bas du visage d'une mousse très ferme, il se raclait la couenne, tendant la peau d'une main et brandissant le rasoir de l'autre, auriculaire sur le talon de la lame. Cette position du petit-doigt lui donnait des allures d'Anglaise manipulant un tasse de thé. Le plus extraordinaire, c'est que l'extrème finesse de la lame faisait qu'elle résonnait à chaque poil coupé et que j'aurais pu les compter en étudiant le détail fin du crissement du tranchant sur sa peau.

J'avais hâte de grandir pour pouvoir, moi aussi, produire cette étonnante musique.
Je n'ai jamais réalisé ce rêve. Quand j'ai été en âge de le faire, on n'utilisait plus que des "rasoirs de sécurité" à lames rechargeables, ou pire, des rasoirs électriques, lesquels faisaient un ramdam d'enfer comparé au chant enroué du coupe-chou.

J'en ai retrouvé un. Parfois, je m'amuse à faire résonner sa lame du bout de mon doigt, ces aciers au carbone prennent un fil d'une finesse extrême, un fil à vous trancher la gorge sans que vous vous en rendiez compte. Et le titre d'un livre ancien me vient à l'esprit : "Du crime considéré comme l'un des beaux-arts".

L'oeuvre d'un égorgeur consciencieux, sans doute...


3 mars 2008

Cauchemar

Je l'ai déjà expliqué ailleurs, lorsque je dépose un nouveau message sur Skynet, je visite les blogs qui encadrent le mien dans la liste des derniers messages publiés. Régulièrement, un de ces blogs est l'oeuvre d'une personne en quête forcenée de minceur. Dans le dernier de cet acabit, une photo représentant l'idéal de la rédactrice m'a scié. Comble, elle provient d'un site de modèles néerlandais (supermodels.nl). La voici :

CommentJe me demande bien ce qu'aurait pu faire Rubens avec un tel modèle !

Je contemplais la chose (je parle bien évidemment de la photo), ce teint blafard, ces lèvres peintes, lorsqu'un souvenir très désagréable m'est revenu.

Il y a bien des années, mon épouse et moi-même avons perdu une amie très proche. Elle avait juste cinquante ans quand elle a succombé à un cancer du sein.

Une quinzaine de jours après ses funérailles, je rêvai que j'assistais à une réception.

Je me trouvais, le verre à la main, dans une grande salle au plafond assez bas soutenu par des pilastres carrés. Il y avait assez bien de monde et l'atmosphère était plutôt oppressante. Je m'étais isolé, à l'abri d'un pilier, lorsque notre amie apparut à mes côtés. Elle que je n'avais jamais vue maquillée, ou alors très légèrement, l'était outrageusement. Elle me fit face et ouvrit une bouche qui allait s'élargissant pour n'être bientôt plus qu'un gouffre noir bordé de lèvres rouge sang. Elle ne prononça qu'un mot, murmure grave et glacé : "Viens !"

Réveil en sursaut, sueurs froides et, même aujourd'hui, j'en frissonne encore.


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