Ah, vous pensiez que je ne promenais plus le chien ? C'est mal connaître la bestiole !

Non, je ne vous en parlais plus à cause de Raymond qui m'enquiquine tous les jours, mais on va arranger ça :

Prenez une feuille !

Mais non, pas une feuille de papier, je ne vais pas faire une interro !

Une feuille d'arbre, simple. Non, pas l'arbre simple, la feuille, par opposition à composée. Un arbre ce n'est pas simple, c'est commun (et même vulgaire si on en croit le latin). Donc une feuille simple d'un arbre commun. Un érable par exemple (canadien ou autre, ça n'a guère d'importance).

Prenez donc cette feuille et laissez-la vieillir sur sa branche.

Entre-temps, considérez votre main : elle a une face et un dos (pourquoi appelle-t-on dos la partie de la main le plus ordinairement exposée à la vue ? Mystère !). Vous remarquerez que sa structure a quelque chose de commun avec celle de votre feuille d'érable : légèrement creuse sur sa face, le côté qui sert à recueillir des choses, pour la feuille, essentiellement la  lumière.

La face et le dos de votre feuille étant ainsi définis, transportons-nous au moment où elle se détache de son support et descend en virevoltant vers le sol.

Dans quel sens va-t-elle s'y coucher ?

Depuis les quelques années que je promène le chien en foulant au pied les feuilles mortes,  je peux vous faire part des résultats de mon étude statistique : elles se retrouvent le plus souvent face contre terre, je suis formel !

C'est très étonnant car leur forme en parachute et le poids de leur pétiole devraient les amener à toucher terre le pétiole en bas et à se coucher sur le dos, non ? Ah !

Après tout, il en est peut-être ainsi.

Je dois avouer, à ma grande honte, que je fais mes statistiques sur les feuilles accumulées au sol et pas au moment de leur atterrisage. Peut-être qu'elles se posent toutes sur le dos et  que c'est le vent qui les retourne ensuite parce qu'une fois retournées face contre terre, elles lui offrent moins de prise à ce même vent !

Vous me suivez ?

Moi, je suis le chien...