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Entre nous
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5 septembre 2020

La grande biaiseuse nous a quittés

 
... sur un coup de cœur !

Et mon coup de cœur à moi dans le répertoire de la baronne Léonie Cooreman, c'est...

C'est tellement elle !

Je sais que je l'ai déjà dit, mais comme on dit dans mon pays : "Deux fois ne se battent pas".

Bien sûr, Madame Chapeau ne manquera pas de faire remarquer que, sensibilité linguistique oblige, on dit aussi "Einmal ist keinmal (aber zweimal ist einmal zuviel)". Si si, on parle aussi allemand dans notre pays.

Il en faut pour tous les goûts.


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11 février 2019

Elle est pas belle la vie ?

 

Depuis le début de l'année, la cuisine de l'estaminet de la ferme Nos Pilifs où travaille Louise est en travaux (agrandissement et mise aux normes, AFSCA oblige).

Pendant ces travaux qui, aux dernières nouvelles, devraient se terminer vers la mi-mars, Louise travaille dans d'autres sections de l'entreprise, si bien qu'au lieu de commencer à neuf heures, elle doit le faire à huit.

En tenant compte du trajet en bus et à condition de se grouiller un peu,  elle devrait se lever au plus tard à six heures.

C'est là que mon épouse a eu une idée de génie : pendant les travaux, Louise loge chez nous. C'est effectivement plus pratique : c'est moi qui me lève à six heures pour préparer le petit-déjeuner et sa nourriture du midi, ce qui l'autorise à ne se lever que vers sept heures puisque après cela, je la dépose en voiture à son boulot.

C'est ce que je vous disais : elle est pas belle la vie ?

Remarquez que c'est pas très grave, de toute façon je suis toujours réveillé bien avant que le réveil-radio me balance la météo dans les oreilles.


23 avril 2008

Hélas...

Je ne vous donnerai pas son prénom, sait-on jamais, malgré le temps... Je ne le maquillerai pas non plus, il m'était trop cher.

Elle avait la vingtaine étourdissante, respirait la santé et la joie de vivre. Nous nous voyions presque chaque jour. Elle me berçait de la musique de sa voix. Les boucles de ses cheveux bruns, mi-longs selon la mode de l'époque, me caressaient délicieusement la joue. Je m'enivrais de son parfum subtil et la chaleur de son corps, que je percevais à travers ses vêtements aux coloris joyeux, m'enveloppait d'un nuage de béatitude. Parfois, elle me prenait la main avec, tout à la fois, douceur et fermeté pour...

Un jour, n'y tenant plus, surmontant cette timidité maladive qui est toujours mienne aujourd'hui, je lui ai, le front rouge et les yeux braqués sur le bout de mes chaussures, demandé de m'épouser.

Et là, j'ai senti que je n'aurais pas dû ! Elle m'a serré dans ses bras et, avec une infinie tendresse, m'a dit que ma demande la flattait, qu'elle aurait sans doute été heureuse de le faire, mais qu'elle n'aurait jamais le courage d'attendre ce bonheur pendant une longue quinzaine d'années.

Voilà pourquoi je n'ai pas épousé mon institutrice de maternelle.


27 juin 2023

Déjà une semaine !

 
Eh oui !

Mardi dernier, je suis retourné sur le lieu de mes nombreux crimes ! Greta (vous vous rappelez Greta ?) m'avait invité au repas donné à l'occasion de ses 35 ans de service (de mon temps il fallait atteindre 40 ans pour avoir droit à la petite fête).

Ça faisait des années que je n'avais plus remis les pieds au labo (la dernière fois, c'était déjà pour un truc du même tonneau). Et je crois que je n'y retournerai plus : ils abandonnent Neder-Over-Heembeek et ont commencé le déménagement progressif vers un nouveau site à Evere.

Rencontrer des gens que vous n'avez plus vu depuis vingt ans, ça foutrait le blues à n'importe qui ! Bon, ma copine Madame Jaja (dans les bras de qui j'ai failli mourir un jour) que j'avais encore vue un peu après l'affaire du COVID avait juste encore un peu maigri (si, si, c'était possible), mais les deux autres dames qui sont sorties du véhicule, j'ai peiné à les reconnaître !

Zuzu avait échangé sa flamboyante crinière de lion (je dis lion parce que la mode du jour qui veut que l'on féminise tout ce qui concerne une femme trouve ici sa limite : vous avez déjà vu une lionne avec une crinière vous ?) pour des cheveux longs pendants et tirant sur le gris. Contrairement à Jaja, elle s'était, elle, un brin empâtée.

C'est Manuella, que je surnommais "Bumpers" au vu de son somptueux pare-choc avant, que j'ai eu le plus de difficulté à reconnaître. Bien sûr, la canicule lui avait fait revêtir une robe légère assez floue qui atténuait sans doute un brin son relief avantageux, mais surtout, sa chevelure d'Italienne avait perdu la brillance "aile de corbeau" que je lui avais connue...

Leur commerce par contre, s'est révélé toujours aussi agréable que par le passé.

Arrivé à ce stade, je vous saurais gré de ne pas me demander ce qu'elles ont pensé de mon état "avancé", encore que pour ma défense je pourrais évoquer le fait qu'à l'instar d'Adamo, j'avais déjà l'air d'un petit vieux quand j'étais jeune.

Les choses générales ayant toujours une exception, Greta, elle,  était fidèle à cette particularité que je signalais dans l'objet du lien en début de billet. J'imagine bien que cette étonnante faculté va finir par disparaître, mais vivrai-je assez vieux pour voir ça ? J'ai comme un doute...


 

28 juin 2023

Logique !

 
Par atavisme cynégétique et sécuritaire, je suppose, notre regard repère en priorité les choses en mouvement.

Les fourmis sur le sol, je l'ai remarqué grâce à ma posture du mari soumis, se déplacent en permanence, très souvent en mouvements rapides.

J'en conclus qu'elles se comportent ainsi pour que je les repère immédiatement et que j'évite de leur marcher dessus...

C'est intelligent les fourmis !


 

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21 juillet 2022

Concile

 
Hier, nous sommes allés au Domaine des Trois Fontaines sans le chien qui est une chienne.

C'est que Madame Jaja — celle-là même qui, dans son laboratoire de spectrométrie infrarouge, chantait avec moi à tue-tête la chanson de M : Qui de nous deux inspire l'autre ? — avait organisé une rencontre avec Greta dans le restaurant installé dans l'orangerie du domaine.

Nous sommes arrivés sur place quasi en même temps  et mon épouse et moi avons échangé avec Greta les trois bises traditionnelles sur les joues, Jaja a demandé que l'on se contente d'un check (sans provision de virus) du poing.

Virus oblige également, cela faisait des années que nous ne nous étions plus vus. Greta qui sort d'un cancer avait un peu maigri et à défaut d'être aujourd'hui toujours somptueuse (encore que...) était resplendissante. Jacqueline qui n'était déjà pas bien grosse a maigri elle aussi, je crains que cette peur de la contamination virale soit devenue un brin obsessionnelle chez elle et lui fasse se mettre la rate au court-bouillon, ce qui ne manque pas de nous inquiéter, nous le trio restant.

Une fois installés à table et l'apéritif servi, j'ai levé mon verre en disant "Eh bien, à notre santé et notre  amitié !" mais je n'ai pas eu le temps de commencer à boire, Greta s'est écriée "Dans les yeux !". Le chef étant le chef, même en maillot de bain (j'ai toujours rêvé de la voir en maillot de bain), nous avons donc entrepris d'entrechoquer délicatement nos verres en nous regardant dans les yeux.

Pour moi, contempler les yeux d'une femme, c'est comme plonger dans un autre univers qui me remue, me bouleverse, m'enivre bien plus que le Kir que je tiens à la main. Alors, vous pensez, avec trois...

Après ça, le temps s'est mis à galoper pendant le grand échange de nouvelles entre ces dames. Je n'y ai pas trop participé, trop occupé à contempler ces amies se hâtant de rattraper le retard généré par le maudit virus.

Vivement la prochaine !


 

22 novembre 2022

Le ver du jour

 
Oui, je recycle le titre, c'est assez normal : le ver du jour est quotidien (comme celui de l'apéro (excusez-moi, j'ai pas pu m'empêcher)).

Avec cette régularité, j'aurais même de quoi alimenter un blog mais bon, j'ai déjà assez de mal à nourrir celui-ci, alors...

Revenons à nos vers !

Aujourd'hui (comme la majeure partie du temps sans savoir d'où il sortait) c'était "Mon Homme".

Oui, parfaitement, je connais Mistinguett (j'ai même été, très brièvement, son contemporain) et je pourrais même vous fredonner la plupart de ses chansons, comme Avez-vous vu Hubert (j'ai aussi un chien), Les Barbus (la question ne me concerne pas, je dors sur le flanc), Oui, je suis d'Paris (moi pas, Dieu merci), On dit (eh oui, y avait pas besoin des réseaux sociaux pour médire), Je vous ai reconnu (je viens de vous dire que je la connaissais).

Mais revenons etc..., voici la chose :

Ouais, elle est pas à la pointe du combat féministe, la chansonnette !

Ben zut alors : il lui file des baffes pour lui piquer le fric dont on imagine bien comment il le lui fait gagner, si ça c'est pas du proxénétisme aggravé...

Et le comble, c'est qu'elle pense que c'est elle qui est coupable puisqu'elle demande de lui pardonner.

Et y en a qui avaient interdit de diffusion le gorille du brave Georges !


 

7 avril 2022

J'ai eu peur !

 
Ce matin, dans la voiture, en rentrant de la promenade/douche du chien qui est une chienne, mon oreille est soudain titillée par un mot particulier. Un mot qui éveille toujours en moi des sensations fortes : Madeleine !

Mon sang ne fait qu'un tour !

Encore un coup de Marcel !

Eh bien, à mon grand soulagement, pas du tout !

Dans l'émission matinale intitulée Le Mug, l'animatrice reçoit une certaine Françoise Lison-Leroy (en féministes convaincu·e·s que pensez-vous de cette manie des noms doubles?) qui a commis avec l'aide d'une illustratrice (Françoise Rogier) un bouquin intitulé... "Madeleine".

Elle le destine à sa petite-fille qui porte ce prénom, et au cours de ses explications, elle déclare : "On ne quitte pas l'enfance, on la garde en soi..."

Je ne peux qu'approuver, même si finalement ça présente malgré tout un petit côté "qui vous savez...", mais en plus simple, plus concis.

Bon, et après, me demanderez-vous...

Ben rien : quand la voiture pénètre dans le garage, la radio se met à crachoter comme une malade du covid et la chienne à aboyer comme une dératée !


 

26 avril 2022

Caramba, encore raté !

 
Hier, Dieu seul (ou peut-être ma femme) sait pourquoi, une chanson me trottait dans la tête. Une chanson qui dit "It Don't Mean a Thing If It Ain't Got That Swing".

J'avais donc pensé vous parler de cette époque de ma vie où j'étais un fondu de jazz. (Je le suis toujours, mais à l'époque c'était plus "exclusif", disons).

Je n'ai pas eu le temps de mettre mon projet à exécution et, en digne procrastinateur, j'avais décidé de le faire aujourd'hui.

... Et c'est là que l'Adrienne m'a coupé l'herbe sous le pied avec sa vidéo !

Mais ce n'est pas du jazz, vous écrierez-vous.

Peut-être, mais c'est encore mieux :  c'en est l'esprit.

Vous avez vu les gamines ?

Ce balancement, c'est le swing, l'essence même du jazz, et c'est Ella qui le dit, alors, que voulez-vous que je vous raconte de plus...


 

25 juin 2019

Les méandres de la mémoire


Tandis que rentrant des courses j'attends l'arrivée de l'ascenseur, mon voisin du troisième, un ex-colonial et ex-ex-Front National, surgit des profondeurs de la cave (dans notre immeuble, les caves ont des allures de bunker avec couloirs et recoins).

"Bondjou camarad' syndikî !" s'exclame-t-il à mon égard soulignant son origine louviéroise.

Je m'abstiens de l'informer que côté "camarade" je n'ai jamais fait partie que d'un syndicat de cadres, même si dans ma jeunesse, mon père m'avait un jour emmené à une manifestation socialiste dans les rues de Bruxelles.

Il porte sa tenue réglementaire : short kaki, sandales, en t'es alles.

Le contemplant dans la cabine qui nous emmène vers les étages, je me fais la réflexion (que je prends grand soin de garder pour moi) qu'avec ses bientôt nonante berges il ressemble de plus en plus à...

Et c'est là que ça a coincé !  J'ai passé en revue tout un tas de noms plus biscornus les uns que les autres y compris le Golem avant de me remémorer bien longtemps après être rentré chez moi qu'il s'agissait de Gollum, hypothèse vérifiée dans la liste des personnages du Seigneur des Anneaux.

C'est marrant la mémoire : vous voyez clairement le personnage mais pour ce qui est de mettre un nom dessus, bernique ! Alors que l'autre jour, sans avoir rien cherché du tout, je me suis retrouvé dans la cuisine à fredonner :

J'ai une jolie femme dont je suis épris
Mais voilà le drame, elle se lève la nuit !
Sortant de sa chambre à peine vêtue,
Elle se frotte le ventre et me dit d'une voix menue :

"Fais-moi du couscous chéri, fais-moi du couscous,
Fais-moi du couscous chéri, fais-moi du couscous !"

Et moi qui m'endormais, rêvant à ses baisers,
À ses lèvres vermeilles, voilà mon réveil !

"Fais-moi du couscous chéri, fais-moi du couscous,
Fais-moi du couscous chéri, fais-moi du couscous !"

Je vous fais grâce de la suite et surtout de la chute, je ne voudrais pas rallumer l'ancestrale querelle opposant Toulouse à Castelnaudary !

D'où était-ce sorti ? Dieu seul le sait... Il sait aussi que Bob Azzam était vachement antérieur à la mise en film de l'œuvre de Tolkien. Non, je vous le répète, les méandres de la mémoire c'est aussi impénétrable que...

Quoi encore ? Pourtant je jurerais qu'il y est aussi question du Seigneur...

 

 

 

18 avril 2019

Cinéma muet


Le cinéma du chien ayant fait son effet, je l'ai emmené courir aux trois fontaines.

À peine sommes-nous descendus de voiture qu'une grosse Allemande (une voiture hein, pas Frida Oum Papa la Bavaroise aux gros bras) s'arrête derrière nous.

Je m'éloigne donc en compagnie du clebs pour éviter les problèmes lorque le conducteur de l'autre voiture extraira lui aussi son chien de celle-ci.

Erreur ! Il ne sort de la voiture qu'un couple qui s'éloigne dans la direction opposée à celle que j'ai prise.

Après un détour pour un audit santé des pins du jardin japonais, nous retraversons la prairie, passons le pont enjambant le chemin creux et commençons à descendre l'allée des hêtres pourpres.

Le couple de tout à l'heure arrive, lui, au bout de cette allée et s'arrête.

Ils se font face. Lui, vêtu de clair, quasi immobile, les mains dans les poches la regarde. Elle, tenue foncée, chevelure frisottée se démène comme un beau diable. Elle gesticule, tape des mains, lève les bras au ciel, parle (et même hurle) de tout son corps. Il reste imperturbable pour ce que j'en vois.

Le chien et moi contournons à bonne distance cette scène muette et nous en éloignons.

Vous me connaissez, j'échafaude immédiatement quelques scénarii :

  • un mec et sa moitié
  • une femme et son amant
  • un patron et sa secrétaire (peut-être combiné au point précédent)
  • un réalisateur et son actrice
  • un promoteur et son architecte
  • une chanteuse et son impresario

En tout cas, ça avait l'air de barder.

Nous avons complété un large tour du domaine avant de revenir à la voiture. L'Allemande est toujours là, vide.

J'ai noté son immatriculation, on ne sait jamais avec ces séries belges sordides et sanglantes, tu vois que la gamine montée sur ressorts ait bondi sur le gars pour lui arracher la carotide à grands coups de ses jolies dents !


 

29 décembre 2018

Bon anniversaire et toutes ces sortes de choses

 

Bien sûr, le chien n'a pas pu s'empêcher de faire aller sa grande g.....

Vendredi, nous sommes allés à Namur, c'était l'anniversaire de ma cousine. Oui, celle-là !

Nous n'avons pas emmené le chien parce que la chose se passait dans un restaurant, La Reine Blanche*, installé dans un des bâtiments de la citadelle (un de ceux construits par l'état lorsque nous étions Néerlandais).

C'était une de ces assemblées où une grosse vingtaine d'individus sont convoqués dans le plus grand secret, question de faire une surprise à celle dont c'est l'anniversaire (moi je suis toujours surpris quand ce genre de secret le reste, secret).

Nous arrivons donc bien à l'heure et nous installons tous à la place indiquée par un petit carton. La mienne se trouve précisément à la droite de celle de la nouvelle octogénaire. Ce qui a permis qu'en fin de repas, à la question d'une de ses amies, ma cousine réponde en me massant délicatement l'épaule : "C'est mon cousin, mais c'est comme un frère pour moi !"

Flatteur bien sûr, l'ennui c'est qu'elle est dotée d'un frère avec lequel elle est "en froid", du coup, j'ai comme une légère inquiétude...

Un peu plus tard, elle lancera un appel à mon épouse et à moi pour que nous accélérions le rythme de nos rencontres avec comme argument massue "Le temps nous est compté !"

Remarquez qu'elle n'a pas vraiment tort, à nos âges canoniques...


* En référence à Blanche de Namur, fille de Jean Ier de Namur, comte de Namur lui-même fils du comte de  Flandre, si bien que Blanche de Namur habitait le château de Wijnendael. Pas grave, vu qu'en 1335, elle épouse Magnus IV Erikson et devient reine consort de Suède et de Norvège.

14 octobre 2018

Elle est comme ça

 

Après être allé voter, je suis allé faire courir la chienne. Sur le chemin du retour, mon GSM sonne (oui, mon GSM sonne, comme un bon vieux téléphone à cadran). "Brugmann a appelé, Héliette est décédée" m'annonce mon épouse.

Héliette, c'est, enfin, c'était, une de nos voisines. Une petite dame charmante, la nonantaine pimpante si vous voyez ce que je veux dire. Comme elle faisait de la macula, elle venait de temps à autre me faire remplir ses virements.

Mais brusquement, depuis notre déménagement, son état s'est dégradé assez rapidement au point qu'il a fallu avertir ses nièces (l'une habite Amboise et l'autre Bordeaux) et demander de l'assistance aux services sociaux de notre ville.

La maintenir dans son appartement devenait de plus en plus problématique malgré l'aide de quelques voisins. Pendant plusieurs semaines, mon épouse en dépit de son propre handicap (elle porte un détendeur vertébral Daum) passait la voir chaque jour dans la matinée puis dans l'après-midi.

Il y a une dizaine de jours, une  fin d'après-midi, elle l'a trouvée sur son lit, une jambe repliée sous elle, l'autre pendant hors du lit, se plaignant de fortes douleurs dans le dos. Il a fallu appeler le service d'urgence qui a décidé de l'envoyer en clinique.

J'ignorais la chose, mais ici, pour descendre un malade des étages d'un immeuble comme le nôtre si l'on ne peut le faire via l'ascenseur en l'asseyant sur une chaise, ils ont une équipe spécialisée  qui grimpe sur le toit et balance des cordes à laquelle on attache le malade allongé dans une nacelle et maintenu au moyen d'une enceinte gonflable. Un des membres de l'équipe descend en rappel pour guider l'assemblage pendant la descente. Assez spectaculaire.

C'est bien sûr mon épouse qui a accompagné l'ambulance à l'hosto, ce qui lui a valu, vu son état, de se faire hisser à côté du chauffeur aux premières loges pour admirer l'évolution du véhicule, sirène hurlante, dans la circulation de l'heure de pointe, la majeure partie du temps dans la bande réservée à la circulation en sens inverse. Elle n'est rentrée que bien après 21h.

Résultat de toute une série d'examens : cancer au cerveau très envahissant.

Depuis, elle est allée chaque jour rendre visite à cette dame, au début tout du moins, et ces derniers jours, depuis le transfert en soins palliatifs, constater l'inexorable dégradation de son état. Pendant tout ce temps, elle s'est chargée des relations avec la famille.

Tandis que je vous raconte ça, elle est repartie avec les nièces qui ont insisté pour l'avoir avec elles pour leur ultime visite à leur tante.

Commentaire des gens des urgences et de l'hôpital : "C'est rare de voir une telle entr'aide au sein d'un immeuble"

Ma femme, elle, prétend que c'est naturel.

Riche nature, non ?


14 octobre 2015

Paumé !

Je réside, momentanément, au numéro 94 de la place du Jeu de Battoir. les conséquences de cette simple information sont aussi multiples qu'étonnantes.

  1. Lorsque, souhaitant obtenir une carte de stationnement, vous donnez votre adresse à la fliquette valéricaine aux ongles peints en gris-bleu en spécifiant "nonante-quatre", vous avez droit à une vue plongeante sur la chute de sa mâchoire inférieure, ce qui vous incite à lui susurrer de votre voix la plus suave "quatre-vingt-quatorze", question de ramener un peu de sérénité dans le regard auparavant affolé du blond accessoire de bureau de police.
  2. Lorsque le nom de l'endroit vous inquiète et que vous creusez un peu les choses, vous apprenez qu'il s'agit du site d'un ancien terrain de jeu de paume à l'époque où les raquettes étaient encore en bois massif plutôt que garnies de tamis de chanvre ou de boyaux. Vous apprenez également, en toute dernière extrémité de votre soixante-quatorzième année (on ne sait jamais que ma Valéricaine préférée lise mon blog), que la façon bizarre de compter les points au tennis provient de ce même jeu de paume où le premier point gagné vous autorisait à avancer de quinze pieds pour servir, de quinze à nouveau pour le deuxième et de dix seulement pour le troisième, pour ne pas être vraiment trop près du filet, d'où, par addition, le quinze, trente, quarante.
  3. Lorsque considérant la position de votre logement (une ancienne maison de pêcheur) au sein d'une rangée d'une dizaine de constructions, vous vous demandez pourquoi diantre il porte le numéro 94, vous constatez que vous n'êtes pas seul à être concerné par le problème puisque la succession des numéros de votre côté de la place est le suivant : 44, 56, 62, 70, 84, ??, 94, 100, etc. (L'etc provient du fait que tandis que je procédais au relevé des numéros d'habitations de mon côté de la place j'ai été interrompu par un Anglais cherchant la rue du Puits Salé et que j'ai dû le faire entrer dans mon chez moi provisoire pour lui montrer l'endroit dans MAPS.)
  4. Lorsque, consultant le site de la commune de Saint-Valéry sur Somme, vous apprenez avec angoisse qu'un marché se tient le mercredi sur cette place où vous avez établi votre résidence de vacances, vous cherchez partout, mais en vain, une indication pouvant vous laisser entendre que vous devriez garer ailleurs votre véhicule pendant le déroulement de la chose. Explication de la vanité de votre recherche : le marché en question étalait ce matin sous vos yeux ébahis les quelques quarterons d'oeufs et caisses de légumes terreux d'un cultivateur local et la camionnette rouge d'un boucher du même endroit. Il arrivait quand même à remplir tout l'emplacement réservé au stationnement d'un car.

Non, y a pas d'images, c'est ballot hein ?


20 mars 2023

Procrastination

 
Ça fait des mois que je me dis que je vais en faire un petit billet et aujourd'hui, le GIEC m'a coupé l'herbe sous le pied.

La dégradation du climat avance plus vite que prévu !

Zut, juste quand j'allais les avertir !

Ils avaient l'air de croire que ce genre d'évolution était linéaire, vous savez le style progression arithmétique de vos chères et lointaines études. Mais, et c'est ce que je voulais souligner, les phénomènes naturels obéissent très souvent à des lois non linéaires, jusqu'exponentielles, même. Je vais pas vous ramener le coup de la reproduction cuniculaire !

Bref, on n'est pas sortis de l'auberge !

... mais vous vous en doutiez, non ?


 

13 octobre 2019

Ça commence fort


Hier, Émilie est venue souper avec nous (gratin de légumes) puis elle a passé la nuit ici, j'avais promis de la conduire à son boulot d'étudiant : maître-nageur (y a un féminin pour ce mot ?) aux bains de Bruxelles (op den hoek van den aa met), sa mère (ma fille donc, qui ne calerait pour rien au monde son popotin sur le siège d'un transport public) l'ayant convaincue que l'itinéraire pédestre parking Porte de Hal - place du Jeu de Balle était un vrai coupe-gorge, particulièrement vers huit heures du matin.

Pour effectuer le trajet en voiture, j'ai branché la radio sur la chaîne favorite de ma petite-fille n°1 : Classic 21, ce qui m'a fort étonné. Je le sais parce que la semaine dernière j'ai emmené sa voiture à l'entretien en vue du contrôle technique. Ne vous y trompez pas : Classic 21, ce n'est pas l'équivalent belge  de France Musique, ça c'est Musique 3. Non, ce qui est classique chez Classic 21, c'est le Rock ! Matiné de pop. Ce qui m'a permis sur le chemin du retour d'entendre les Beatles interpréter "I'm the Walrus" !

Dans le "coupe-gorge" parcouru en voiture, nous n'avons rencontré que quelques rares piétons sous parapluie se hâtant sans un regard autour d'eux. Quand nous sommes arrivés, nous avons fait le tour de la place où les brocanteurs avaient déjà installé leur brol, j'ai déposé la demoiselle devant les bains où j'irai la récupérer à seize heures.

Sur le trajet du retour, au feu rouge de l'Allée verte, il y avait une autre demoiselle, blonde, à l'air désespéré qui mendiait de voiture en voiture. J'ai juste eu le temps d'ouvrir ma fenêtre et d'extraire de la poche de mon jean une poignée (une pincée plutôt) de pièces que je lui ai tendues avant de redémarrer en espérant que ça l'aiderait un peu (et si c'était une comédienne, de toute manière le spectacle valait rétribution), comme j'ai pas eu le temps de voir ce que je lui refilais, va encore y avoir des trous dans ma comptabilité !

Le long de l'Allée verte, une voiture de flics stationnait, mais comme j'ai l'œil, je crois être resté dans les limites de vitesse acceptables. Plus loin, je suivais un car immatriculé en  Allemagne, mais je n'ai pas relevé le Kreise tout occupé que j'étais à me creuser la cervelle pour comprendre pourquoi un car allemand avait l'arrière orné d'une scène (schématisée) de tauromachie. L'inscription la surmontant n'aidait pas : von Orth zu Ort, c'est un (bête) jeu de mot sur le nom de la société de cars (Orth) et Ort qui signifie endroit ou lieu, manière de dire que Orth vous emmène là où vous le voulez.

En arrivant à la maison, le chien que j'avais pourtant sorti avant mon départ (ouais, j'avais dû me lever tôt) a immédiatement commencé son travail de sape pour que je l'emmène courir et, comme la pluie avait cessé, j'ai bien dû m'exécuter et j'ai emmené "Tourne à gauche" vers sa prairie favorite.

Bon, c'est pas que je m'ennuie en votre compagnie, mais je dois aller ajouter du beurre manié à la sauce de l'osso-buco !


30 novembre 2022

Hier matin

 
J'ai bien suivi l'arrivée du ver !

Dans les mots fléchés du jour, il y avait "BEDOUINS" (oui, comme la plupart des gens, je remplis les cases en majuscules) ce qui, immédiatement, m'a évoqué les paroles de La Fille du Bédouin :

Et le petit ânier
dans les bananiers
chipait des bananes
que la fille du bédouin
rangeait avec soin
dans son petit couffin

Ce qui m'a tout aussi immédiatement rappelé la plaisanterie éculée "si la fille du bédouin stocke des bananes, son père, le cheik, n'est pas sans provision", ouais, un rien m'amuse !

Le maillon suivant de la chaîne fut tout logiquement "Le Cheik" un machin inspiré par la vogue du roman de Pierre Benoit : "L'Atlantide" et sa célèbre Antinéa. Et c'est ça qui m'est resté dans la tête tout le début de la matinée ! La mélodie, en tout cas.

Il faut dire que ce ne sont pas les versions qui manquent !

Ça c'était la première version française en 21 (1921, hein).

Celle que je préfère, c'est celle de Django

Ce que je n'aurais pas dû faire par contre, c'est profiter de la recherche de ces version de "The Sheik of Araby" pour retrouver la totalité des paroles de "La Fille du Bédouin" :

Et tu t'étonnes qu'on ne les programme plus aujourd'hui, ces chansons de ma jeunesse !

T'as connu ma Tonkinoise ?


 

14 avril 2021

Y a Madeleine et Madeleine

 
Finalement, je n'ai pas rencontré tellement de Madeleine dans mon existence (les deux dont je me souviens, c'était en Bretagne), en dehors de celle de Marcel qu'on me sert au moins une fois par jour dans des émissions diverses, télé ou radio diffusées.

Quel foin pour un souvenir de rien du tout, arrivé une fois dans la vie de l'illustre !

Ce genre de phénomène, j'ai ça tous les matins en beurrant consciencieusement (c'est-à-dire en insistant bien sur les bords) les toasts du petit-déjeuner de mon épouse : c'est le moment où je pense à ma deuxième fille (vous vous rappelez ma deuxième fille ?).

C'est qu'à l'aube de son mariage, son mari portugais lui avait montré comment beurrer soigneusement ses toasts, espérant sans doute se les voir servir tout prêts à l'avenir.

La réponse a été directe "Je n'oserais même pas imaginer arriver à la même perfection, continue à les beurrer toi-même, moi j'en prendrai deux !"

Qu'est-ce que t'en dis, Marcel ?


 

12 septembre 2010

Tu m'étonnes !

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de l'actualité de mon pays.

Mais comment qualifier cette actualité : judiciaire, religieuse, sociétale (que le TLFi refuse), morale ? Vous choisirez vous-même.

Dans mon pays déliquescent vient d'éclater une bombe : le rapport d'une commission met au jour des centaines de cas de maltraitance sexuelle perpétrés, surtout dans les années soixante, par des religieux catholiques sur des enfants dont ils avaient la garde.

Ça vous fait un de ces foins !

Sans vouloir ironiser sur des faits impardonnables, il y a quand même quelque chose qui m'échappe : le côté "révélation aussi extraordinaire qu'inattendue" des faits évoqués.

Je doute fort d'être le seul imbécile à avoir des amis ayant fréquenté les pensionnats de l'enseignement catholique et à avoir entendu raconter de ces comportements à tout le moins "limite" des frères et autres encadrants.

Pas le seul à avoir supposé que cela ne devait être que la partie émergente et soft d'un iceberg de turpitudes.

Je m'étonne donc du côté "historique" (pour employer un des mots favoris de la gent médiatique) de cette révélation que j'ai bien du mal à considérer comme autre chose qu'un pétard mouillé.

Ceci, bien entendu, indépendamment de la gravité du problème évoqué.


17 mars 2025

Encore un rêve à jamais envolé...

 

 

 

 


 

3 avril 2021

Dino world

 
Il se tient au Palais 2 du Heizel une exposition sur les dinosaures.

Devant le succès, ils ont ouvert une extension dans le Palais 1 : COVID19 oblige, j'y suis allé hier recevoir ma seconde dose de vaccin.

Bien au chaud dans le troupeau, je n'avais jamais vu autant de dinosaures rassemblés au même endroit !


 

17 août 2019

Ferry (non, pas Luc, Calais-Dover)


Louise est en route pour l'Angleterre. Son parrain et l'épouse de ce dernier (ma "deuxième fille" donc) ont décidé de l'emmener voir une expo et les studios de tournage des Harry Potter.

Ma fille (la vraie) devait déposer Louise pour vingt heures, hier, à leur adresse.

Comme avec son style de gestion personnelle de son agenda, elle avait oublié qu'à cette heure-là elle serait au théâtre, c'est moi qui ai dû récupérer Louise à son boulot, l'amener chez nous se changer et la conduire en compagnie de sa valoche à l'autre bout de la ville.

Dès qu'elle a embarqué dans la voiture au sortir de son travail, elle s'est immédiatement indignée : "Il n'y a que deux morceaux de Branduardi sur Spotify !".

J'ai immédiatement rectifié : "Tu n'as trouvé que deux morceaux de Branduardi sur Spotify !". Mais apparemment, la question n'était pas là...

Elle voulait savoir si je possédais toujours les CD d'Angelo que j'avais copiés sur son I-pod "à l'époque" comme elle dit. La vie de ma petite-fille semble compartimentée en époques liées à l'évolution de la technologie ou des séries télévisées.

Et son intention était de les écouter dans ma voiture pendant que je la conduisais chez son parrain.

Branduardi ! Qu'est-ce qu'une gamine de son âge branchée  Maître  Gims, Sliman ou d'autres bien pires encore, peut bien avoir à faire de l'Angelo !

Mais elle est comme ça et ça m'a pris moins de temps de retrouver le CD Best of de Branduardi parmi les neuf classeurs (sans classement) contenant les centaines et centaines de CD accumulés depuis l'abandon des cassettes audios, que de lui expliquer qu'il y en avait certainement d'autres sur spotify.

Je me suis contenté de lui dire que je me rappelais parfaitement mon premier Branduardi et de la libellule figurant sur le couvercle de la cassette "de l'époque", d'emporter le CD et d'en écouter quelques plages à fond les manettes pendant le trajet vers Woluwé-Saint-Pierre.

C'était pas si mal, finalement Branduardi (même que j'ai écouté la suite sur le chemin du retour). Faudrait peut-être que je rouvre ces classeurs de CD, j'y trouverais peut être quelque chose d'intéressant. Je parie qu'il y en a même l'un ou l'autre que j'ai acheté et que je n'ai jamais écouté...


15 février 2019

Ça va péter !

 
Cinq heures cinquante-neuf, le radio-réveil (ou le réveil-radio) lance ses premiers décibels à l'assaut de mon oreille (droite, l'autre est enfouie dans le creux de l'oreiller).

Une gamine me menace d'une grenade dissimulée sous son sein (elle ne dit pas lequel).

C'est dingue ça, mais c'est qu'elle y croit vraiment à son tatouage !

Même pas peur !


30 septembre 2020

Je vais vous mettre au parfum...

 
En promenant la chienne ce matin au Domaine des Trois Fontaines, je suis passé par un chemin dans le sous-bois.

Comme il n'y avait pas âme qui vive aux alentours, j'ai détaché l'élastique droit de mon masque (je devais avoir l'air fin avec cet accessoire pendu à mon oreille, mais, comme je viens de le dire, il n'y avait personne pour jouir du spectacle).

Immédiatement j'ai été envahi par les odeurs de saison en sous-bois : moisissure, pourriture, décomposition, mort !

La vie, en quelque sorte...


18 janvier 2022

Le pourquoi du comment

 

Comme chacun sait, je suis avec une régularité totale le blog de l'Adrienne où, avec autant de régularité (et même plus), elle dépose un billet quotidien.

Comme elle est une lectrice insatiable, elle parle régulièrement des livres qu'elle dévore.

J'essaie (avec un succès très mitigé) de suivre le mouvement. Ainsi, dans un des derniers qu'elle a mentionnés et que, dans les commentaires, elle parle déjà de relire, j'en suis à la page 157 de 396 alors que je l'ai débuté il y a douze jours, c'est vous dire si je joue petit bras face à  cette ogresse littéraire.

Comme je le lis par petits bouts et que le récit lui-même est haché lui aussi en petits bouts, chaque fois que je m'y remets, j'ai bien du mal à retracer la chronologie et à identifier le personnage qui y va de son petit laïus, ça n'aide pas.

Nez en moins (comme n'hésiterait pas à l'écrire l'un·e ou l'autre des partcipant·e·s aux défis du samedi (ceci pour garantir qu'iel reste anonyme à vos yeux)), ce récit embrouillé (certain·e·s n'hésitent pas à faire de son auteur un Proust de l'Afrique foncée, c'est vous dire) me plonge dans des abîmes de réflexion. Et dans les domaines les plus divers : la filiation, la métempsychose, le transfert des savoirs, la polygamie, l'utilité de la vie, j'en passe et de pires !

Dire qu'avant ça, je vivais bê(a)tement, les doigts de pieds en éventails !


 

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