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Entre nous
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23 novembre 2020

Souvenirs, souvenirs

 
Ce matin, au moment de saisir le petit papillon du sachet de thé pour extraire ce dernier de ma tasse, une gouttelette de liquide se détache du fil.

Et me voilà replongé dans mon enfance : l'instituteur avait décidé de nous faire tester la germination de semences. Vous imaginez ça aujourd'hui ? Qui a encore des semences à la maison ?

Bref, mes condisciples et moi avions été priés d'amener une soucoupe, un petit flacon, un brin de laine et des semences de n'importe quel légume.

Il fallait découper  aux dimensions de nos soucoupes deux ronds de papier buvard (extrait des stocks de fournitures gratuites de l'enseignement national). On posait un des ronds sur la soucoupe, on y semait une pincée de graines et on recouvrait l'ensemble avec le second rond puis on humectait le tout.

Le petit flacon était rempli d'eau et le bout de laine avait une extrémité dans le récipient et l'autre qui pendait à l'extérieur au dessus de la soucoupe, ce qui faisait de l'assemblage une nourrice. Le débit de celle-ci était réglé en ajustant la longueur de la partie du bout de laine débordant du récipient. Cela visait à éviter que la "culture" se dessèche, particulièrement lors de notre absence le dimanche (Eh oui, nous avions encore classe le samedi !).

Ma mémoire faiblit car si je me rappelle que mon récipient était un ancien pot de colle à base de gomme arabique (cette colle qui se transformait en écailles avec le temps et laissait se détacher l'image de son support), je ne parviens pas à me souvenir de la couleur du brin de laine.

Après plusieurs jours, les graines se mettaient à germer et on établissait chacun notre pourcentage de germination. Comme je n'étais pas con à l'époque, j'avais anticipé le mouvement et j'avais disposé dix des (grosses) graines de mâche (Valerianella locusta) fournies par mon paternel : c'est plus facile de trans former des pour dix en pour cent que des pour dix-sept ou vingt-trois n'est-ce pas !

Le calcul a été d'autant plus simple qu'aucune de mes graines n'avait germé : mon père, en bon adversaire du gaspillage, m'avait fourni un vieux sachet oublié depuis des années.

Les instits étaient quand même inventifs à l'époque, même si il y aurait beaucoup à dire sur l'opération de tirer des pourcentages à partir de quelques graines. Mais bon, le calcul d'erreur n'était pas au programme (enfin, je crois...).


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26 juillet 2023

On apprend tous les jours

 
Hier, nous sommes allés souper chez notre fils (puis nous avons logé sur place : sa maison de Bande est à 124km de notre domicile).

Dans le salon, pendant l'apéro puis l'entrée (tous deux accompagnés de pinot gris) nous avons écouté une prestation de l'orchestre de jazz de mon ancien condisciple Richard Rousselet et ensuite, nous avons fait une découverte étonnante : un groupe vocal flamand baptisé "Laïs", rien que des filles.

Bien qu'elles "sévissent" depuis des années, je ne les avais jamais entendues (pourtant, certaines de leurs chansons sont en français également). Une révélation... je ne suis pourtant pas du genre à m'emballer pour un rien.

Bon, ben j'ai du retard à refaire !

Je vous colle l'enregistrement d'une de leurs prestations à l'AB, une célèbre salle de concert bruxelloise appartenant à la Communauté Flamande en dépit du nom qu'elle portait à ses débuts : Ancienne Belgique. Incidemment, là aussi où notre fils travaille et habite en dehors de ses périodes de repos.

Vous arrêtez quand  vous voulez, hein !


 

20 mai 2020

Je plains le temps de ma jeunesse...


Vous connaissez ce poème de François Villon bien sûr...

Il m'est venu à l'esprit tout à l'heure quand, en promenant le chien, je me suis baissé pour ramasser un petit agglomérat blanc grisâtre de quelques millimètres à la surface d'un champ.

Il y a plus de quinze jours que nous (le chien et moi) avions aperçu deux individus semant ces granules sur le sol au moyen de petites pelles en plastique. C'est étonnant de voir encore de nos jours des ouvriers agricoles semer de l'engrais à la volée plutôt qu'avec des moyens mécaniques...

Depuis, il y a eu deux jours plutôt pluvieux mais en dépit de ça, les granules sont toujours bien visibles sur le sol.

Je dis "de l'engrais" parce que j'imagine mal ce que ce pourrait être d'autre, mais sait-on jamais ?

C'est en émiettant le granulé entre mes doigts que m'est venue la nostalgie de ma (toute relative) jeunesse : à l'époque j'aurais emmené le granule au labo, je l'aurais broyé dans un petit mortier en agate, j'aurais disposé la poudre obtenue sur un petit disque en silicium monocristallin, fixé celui-ci sur l'axe d'un goniomètre et enregistré son spectre de diffraction X.

Miracle de la science, de la technologie et de l'informatique réunies, un programme moderne aurait analysé le spectre, identifié les composés cristallins présents et même estimé leurs teneurs relatives, sans avoir, comme autrefois (dans une jeunesse encore plus digne de ce nom), à utiliser ces ingénieux mais énormes index du JCPDS* reprenant les raies principales des structures cristallines connues pour y rechercher quelles raies associer avec quelles autres pour finir par identifier les divers constituants, un travail de fourmi ou de bénédictin (au gré de vos convictions).

Quoi ? Des insecticides ou autres saloperies organiques ? Ma copine Madame Jaja (l'ange musicien avec qui nous chantions "Qui de nous deux" à tue-tête dans son labo de spectro infrarouge) les aurait détectés en moins de deux !

Aujourd'hui, j'en suis réduit à de vagues supputations de chimie minérale. Ça me mine et je râle !

 

* Oui, je sais, aujourd'hui on dit ICDD, merci de me l'avoir signalé !


 

1 décembre 2019

Roule, ma poule !


Première sortie en voiture ce matin en quête de viennoiseries.

Pendant que nous les mangeons, le smartphone de mon épouse émet sa mélodie annonçant un appel en direct (il émet aussi de temps à autres d'autres mélodies dont, pour certaines, nous ignorons la raison).

Louise appelle parce qu'elle a raté le tram prévu, que le suivant arrivera dans douze minutes et elle se demande si elle arrivera à l'heure au boulot (c'est la semaine où elle travaille le week end).

Elle appelle chez nous parce que si elle appelle sa mère, elle va se faire engueuler dit-elle.

Logiquement, un dimanche, elle ne devrait pas avoir de  problème pour être à l'heure malgré son retard mais mon épouse lui dit de prendre le tram suivant et d'attendre à l'arrêt où elle passe du tram au bus et que j'irai  l'y cueillir en voiture.

Dans notre voiture la radio est pourvue de six chaînes préprogrammées :

  1. Musique 3
  2. Klara
  3. La première
  4. Vivacité
  5. Classic 21
  6. Nostalgie

Les trois premières sont celles que mon épouse et moi écoutons selon les circonstances, la cinquième est celle d'Émile, la sixième celle de Louise et personne n'écoute jamais la quatrième.

Je branche donc la chaîne ad hoc, vais récupérer son auditrice à l'arrêt du bus et la dépose chez les Pilifs.

Sur le chemin du retour, j'ai droit à mon contemporain, le Fugain des années septante quand il portait encore des bottes, il chante "Fais comme l'oiseau". Ça ne nous rajeunit pas mais c'est sympathique et même actuel (sauf qu'il n'y a plus d'oiseaux).

Au moment où je pénètre dans le garage, c'est Antoine qui nous balance ses "Élucubrations".

En quittant la voiture je me rappelle le passage :

"On verra Marc Aryan dans les couloirs du métro,
Et Johnny Halliday en cage à Médrano"

... le passage et la colère de l'ineffable Johnny qui s'est fendu d'une petite guéguerre musicale avec l'auteur de cette charmante boutade.

Pauvre Johnny, quel manque d'humour total, quelle absence d'autodérision !

Tu t'étonnes que les Belges lui aient refusé sa naturalisation (belge, c'est mieux que français, rapport à Monaco...)


13 février 2023

Questions

 
C'est le jardin de l'Adrienne qui a tout déclenché !

Il s'agit de mon père :

Quand j'étais enfant, je trouvais tout naturel de le voir faire un tas de choses différentes dont le jardin.

Mais aujourd'hui, je me pose des questions. Comment cet enfant anversois émigré en Wallonie a-t-il appris tout ça ? En effet, il était électricien, mais ça ne l'empêchait pas de :

  • savoir construire dans la buanderie un foyer à bois en maçonnerie réfractaire pour chauffer l'eau de la lessive
  • construire en tôle un système de foyer, toujours à bois, sur pied supportant un réservoir cylindrique avec porte muni d'une manivelle pour torréfier le café vert
  • ressemeler les chaussures
  • réparer les vélos
  • fabriquer de la colle maison pour l'illustration de mes cahiers
  • cultiver un grand jardin
  • tailler et greffer rosiers et fruitiers
  • élever, tuer, nettoyer, dépiauter (et manger) les lapins
  • soigner mes "doigts blancs" en les enrobant de la couche interne d'une feuille de poireau
  • calmer les douleurs musculaires avec du millepertuis (qu'il appelait "troustrous")
  • arbitrer des matches de balle-pelote
  • retenir au whist la composition de toutes les levées passées sur la table
  • préparer du pain avec un levain qu'il nourrissait lui-même
  • construire des appentis et des clapiers solides et pas de guingois
  • et tous ces trucs du genre peindre, tapisser, plâtrer, carreler etc
  •  
  •  

Après tout, cela n'avait peut-être rien d'extraordinaire : simple question d'époque et de milieu sans doute...


 

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2 septembre 2020

Moi et ma grande gueule...

 
Nous n'avons pas attendu le Coronamachin pour faire notre pain nous-mêmes.

(Je devrais bien sûr dire "Ma femme n'a pas attendu...")

Et ça ne date pas d'hier, nous (même a parte que ci-dessus) sommes même venus à bout de plusieurs machines à pain.

(Il est à noter, obsolescence programmée oblige, j'imagine, que toutes ces machines, et celles de quelques copines également, ont fini de la même façon : le moteur du malaxeur continue de tourner mais n'entraîne plus la pale mélangeuse. Il y a une faiblesse au niveau de la jonction entre l'axe du moteur et le système d'entraînement du rotor. Comme pour éviter que l'acheteur n'aille s'électrocuter (tu parles !) en démontant la machine, celle-ci est assemblée avec des vis demandant un outillage spécial réservé aux techniciens autorisés, empêchant le béotien de service de réparer lui-même cette faiblesse redondante et l'obligeant à acheter une nouvelle MAP)

Au début, nous réalisions tout le processus, y compris la cuisson, dans la machine. Cette façon de faire présente deux inconvénients :

  • au démoulage, la machine laisse un trou dans la base du pain
  • cette cavité sans croûte a tendance à favoriser l'apparition de moisissure

Aujourd'hui, la machine ne nous sert plus qu'à fabriquer et faire lever (ma copine Jaja dit "pousser") la pâte que nous transvasons ensuite dans un moule et cuisons au four.

Comme mon épouse aime la variété, elle utilise plusieurs recettes à base de farines diverses dont nous nous fournissons au moulin de Moulbaix, ce qui nous permet une petite excursion hennuyère quelques fois par an.

Dans certaines de ces recettes elle ajoute des graines de lin.

Comme je lui faisais remarquer que ces petits machins à la coque blindée devaient terminer intactes leur transit digestif, elle m'a dit que je n'avais qu'à les broyer. Voilà pourquoi je dois vous quitter et m'armer du mortier et du pilon (tous deux japonais) pour transformer en pâte cet amas de petites graines sauteuses aussi dures que glissantes et luisantes.

Je vous le disais bien : "Moi et ma grand gueule !"

Bah, ça me rappellera le temps de la diffraction X (sauf que là, nous avions des broyeurs mécaniques).


15 octobre 2019

Le futal sur les chevilles


Marrez-vous, marrez-vous !

Ça aurait pu m'arriver le jour où j'ai escaladé une installation de cracking thermique dans le port de Rotterdam si je n'avais pas précipitamment serré d'un cran supplémentaire la ceinture de mon pantalon !

Vous vous demandez ce que je pouvais bien être allé foutre sur les passerelles accrochées à ce monstre trépidant ? J'étais allé voir sur site un doseur de traces d'oxygène. Vous êtes contents ?

Vous vous demandez bien sûr aussi pourquoi je vous raconte ça...

J'y viens !

Comme à pareille époque chaque année, je rentre d'une petite balade de décrassage des injecteurs de mon ancienne voiture. Celle que j'ai donnée à ma petite-fille et qui est mue par un moteur diesel turbo-compressé (233000 km au compteur). Celle qui, sur l'autoroute, à 4000 tours/minute en 4ème bondit encore à la moindre poussée supplémentaire sur l'accélérateur. Celle que j'ai remplacée par un modèle similaire mais avec motorisation essence qui, quand tu as le malheur d'enfoncer l'accélérateur s'étouffe lamentablement.

Donc, mû par la pression écologique, j'ai remplacé un moteur diesel par un moteur essence.

La bonne idée ! Ma petite-fille qui, en dépit de son jeune âge roule "à la pèpère" consomme royalement 4 litres aux cent kilomètres. Moi qui, malgré mon grand âge et ma voiture poussive, continue à me prendre pour un pilote de rallye, j'en consomme 7.

Vous voyez tout de suite le gain côté émission de CO2 !

Donc, si tous les mecs qui roulent au gasoil mutent pour l'essence, je ne dois pas vous faire un dessin !

Bien sûr, vous avez une dernière question : qu'est-ce que mon pantalon et Rotterdam viennent faire là-dedans ?

Je vais vous le dire : dans le pétrole brut, la fraction légère correspondant à l'essence est peu importante. En tout cas pas suffisante pour alimenter la masse des voitures avides de ce nectar. Alors on en produit en cassant les molécules plus grosses, ça s'appelle le cracking (ouais, les Français disent craquage, mais le français à Rotterdam...). Et pour craquer, on chauffe en ... brûlant du pétrole !

Allez, un petit coup de CO2 ? Santé !


10 juillet 2019

L'Adrienne a du chien


L'Adrienne sur son blog nous évoque l'Angleterre, les Anglais, le Somerset et les chiens.

Pour ces derniers, c'est normal, elle est dans le Yorkshire.

Cela m'a fait souvenir de mes premières vacances anglaises à Porlock, dans le Somerset. L'Angleterre de l'époque avait de quoi étonner un continental tel que moi :

Par la fenêtre de notre chambre d'hôtel, nous pouvions voir à l'arrêt du bus sur le trottoir d'en face les autochtones se livrer à un de leurs sports favoris : le queueing. Dès qu'un Anglais en rejoint un autre, ils commencent une file, chose incompréhensible pour nous chez qui monter dans un bus relève de la foire d'empoigne.

Dans les débits de boisson, pubs ou cafés (si si, il y a des cafés en Angleterre, où l'on ne vend que des boissons sans alcool) il faut se présenter au comptoir, commander et emporter ses consommations. La première fois  que nous nous sommes installés à une table dans un café, nous avons attendu que le patron vienne s'inquiéter de nos souhaits... et nous y serions encore si d'autres clients ne nous avaient enseigné le mode d'emploi par leur propre comportement, parce que le tenancier semblait trouver tout naturel que nous nous soyons assis sans rien consommer du tout pendant de longues minutes, ils sont comme ça les Angliches : aucun comportement aussi étrange puisse-t-il leur sembler ne les autorise à manifester leur étonnement.

Dans le magasin d'artisanat où nous faisions l'achat de quelques cadeaux, la vendeuse attachée à nos pas nous faisait très discrètement remarquer que le total de nos emplettes venait de dépasser cent Livres (il faut dire qu'à l'époque la Livre valait trois fois celle d'aujourd'hui).

Dans le salon de l'hôtel, lorsque le Labrador de l'endroit décidait de s'allonger sur le tapis devant le feu ouvert, tout le monde écartait son fauteuil pour lui faire de la place.

Autour de ce même feu ouvert, lorsque j'avais raconté que dans la bruyère des Moors nous avions croisé une chasse à courre (accompagnée de sa meute de contestataires munis de pancartes) et que pour parler des chiens j'avais employé le vocable "dogs", un Anglais bon ton m'avait aboyé "Hounds !" au visage pour corriger mon impardonnable confusion. Bien sûr, il ne s'y était  senti autorisé que parce qu'au préalable, notre hôtesse nous avait présentés dans les formes, vous savez "How do you do" et toutes ces sortes de choses...

Presque chaque fois où nous embarquions dans notre voiture dûment immatriculée en Belgique, il se trouvait un autochtone pour s'informer, avec les circonlocutions d'usage, de notre ressenti à propos de sa région.

Finalement, le moins étonnant dans tout cela, c'était encore de devoir rouler à gauche...


21 février 2019

On strike !

 

Ce matin le réveil-radio commence la journée en ma balançant un communiqué qui annonce avec les ménagements d'usage que le personnel de la RTBF est en grève et qu'en conséquence les journaux parlés seront réduits et ne comporteront ni interview ni analyse.

Merde ! On ne va pas pouvoir entendre le gardien de but d'une équipe de foot déclarer suite à son analyse du dernier match : "Faudra jouer si on veut gagner !"

Je me demande si je vais pouvoir survivre !


6 septembre 2017

Bruxelles ma belle...

 

C'est un titre à l'Adrienne qui aime tant le centre de la ville où je réside. Moi, je n'y vais qu'exceptionnellement au centre-ville, mais la semaine dernière j'ai bien été obligé d'y aller...

Comme nous sommes vieux, mon épouse et moi, nous recevons plusieurs fois par an un opuscule édité par la ville et reprenant les services et activités que celle-ci réserve à ses seniors.

Dans le dernier numéro, on annonce la traditionnelle distribution de billets gratuits dans divers théâtres de la ville : notre grand âge nous donne droit à deux places par personne.

Mon épouse décide donc d'aller les réserver immédiatement à l'adresse indiquée : celle du musée de la dentelle, parce que plus on y va tôt, dit-elle, plus on a de chances d'avoir le spectacle que l'on souhaite.

Au temps heureux où les transports en commun étaient gratuits pour les seniors, nous laissions la voiture près de l'arrêt de tram le plus proche de chez nous et nous descendions en ville. Mais aujourd'hui le stationnement à l'arrêt du tram est devenu une zone bleue limitée à deux heures et les abonnements sont devenus payants (les vieux paient désormais 60 € par an pour que les écoliers et étudiants paient moins cher, paraît que ce serait une sorte de solidarité intergénérationnelle). Donc, nous sommes allés au centre en voiture, l'aventure, c'est l'aventure !

En fait d'aventure, comme toujours dans ma ville, c'était surtout le bordel : travaux, détournements, embouteillages. On a fini par atteindre le parking voisin de la grand-place et on est partis courageusement vers le musée de la dentelle où la préposée nous a annoncé que la donne avait été changée, que, contrairement à ce qu'indiquait l'opuscule édité à grands frais, la distribution s'effectuerait au musée des costumes de Mannekenpis mais pas avant le premier septembre. Nous sommes donc retournés au parking où ça a été le parcours du combattant pour trouver un automate de paiement qui ne soit pas hors d'usage et où il faisait au moins 30°.

Échaudée par cette expérience, mon épouse a décidé que je m'y collerais seul le premier septembre à la première heure.

Là, comme j'y allais seul, j'ai pris le tram (enfin, je l'ai emprunté, faut rester prudent). À la station Bourse, Bruxelles oblige, la sortie la plus proche de ma destination était en travaux. J'ai donc dû faire le tour par la Grand'place (où on ne voyait pas grand-chose, le centre étant occupé par les stands du festival des bières belges, encore fermés à cette heure et l'horizon bouché par la forêt de sticks à selfie des Chinuus).

Je grimpe la rue du Chêne où se trouve la garde-robe du petit Julien derrière un groupe de dames qui parlent... théâtre ! Je les dépasse donc l'air de rien question de gagner une place dans la file d'attente que je découvre déjà bien fournie, dix minutes avant le début des hostilités, dans l'impasse du Val des Roses (où il n'y a pas le moindre brin de végétation si l'on excepte le mur du fond et son chemin forestier peint en trompe l'œil). Les mômes que j'ai battues au sprint me rejoignent mais elles sont fair-play et me félicitent de ma victoire.

Me voilà donc coincé entre un groupe d'ex-enseignantes de la ville de Bruxelles qui se remémorent leurs carrières et même celles de leurs défunts maris et mes copines battues sur le fil : des echte Brusseless, celles-là, avec accent et tout, qui se rappellent comme c'était graaf quand la distribution se faisait au vismet quelques années plus tôt. Il y en a même une des trois qui porte une sorte de blazer bleu avec un écusson de Mannekenpis sur la poche et divers pin's de Bruxelles sur ses revers.

Bref, je ne me suis pas embêté pendant la bonne heure où j'ai dû faire la file avant de pénétrer dans le Saint des Saints.

Tout ça pour obtenir, avec le secours de la card'entité (comme disait ma voisine pin'sée) d'une voisine, deux entrées à la revue des Galeries, deux places à la Monnaie pour Cavaleria Rusticana et deux abonnements de six spectacles aux Martyrs. Toutes choses que je n'utiliserai pas, c'est Emilie qui accompagne sa grand-mère, moi je me contente de les déposer et de les récupérer en voiture...


2 août 2023

J'suis con !

 
Vous le saviez déjà ? Je m'en doutais un peu, mais sait-on jamais, tu vois pas qu'un·e nouve·au·lle lect·eur·rice débarque sur ce blog ? (Ouais, ça aussi c'est con : et l'écriture inclusive et l'arrivée éventuelle d'un·e...).

Mais venons-en au(x) fait(s) !

Au début, il n'y avait pas de lave-vaisselle (ou si peu).

Mais hélas, tout vient à point à qui sait attendre, même les lave-vaisselle !

Oui, lave-vaisselle est invariable. Le mot en tous cas, le machin beaucoup moins, on n'arrête pas le progrès ni l'appétit des fabricants d'électro-ménager  !

Quand ils sont apparus, j'étais assez d'accord avec l'opinion de mon chef du moment qui disait que ces appareils indispensables à la ménagère ne servaient qu'à distribuer la crasse résiduaire sur tout le contenu et à vendre des détergents. J'ajoutais de mon côté que le machin traitait les choses avec impartialité : on y met de la vaisselle sale, elle sort un peu moins sale, on y met de la vaisselle propre, elle sort un peu moins propre.

Alors, le consortium producteurs de machines/savonniers a fait évoluer les choses et chaque saison a vu paraître des améliorations notables que démontraient brillamment de merveilleuses campagnes publicitaires.

Aujourd'hui, l'évolution des détergents permettrait de décaper de la vaisselle aux dépôts hypercuits à des températures de plus en plus basses et sans prélavage. Bien sûr parallèlement, on s'est aperçu que ces merveilleux instruments viennent à bout de tout sauf de leur propre nettoyage et on nous vend des produits pour les rendre à nouveau "cleans".

Pendant ce temps-là, les pauvres verres soumis au même traitement que les casseroles récalcitrantes (alors qu'un simple rinçage suffirait souvent à les rendre étincelants) subissent une corrosion qui les ternit (tu m'étonnes !). Mais c'est pas grave : on a ajouté à la gamme des produits existants un machin qui empêcherait cette attaque du verre.

Et vous savez quoi ? J'en ai acheté !

J'vous l'avais dit qu'j'étais con ! Non ?


 

21 février 2016

British exit !

J'adore la Grande-Bretagne. Et même les Britanniques. Bon, des Irlandais je n'en ai pas rencontrés sur place, mais à Bruxelles, La Rochelle et Toulouse, oui, et de toute manière, je fais confiance à l'Adrienne.

J'aime tellement la Grand-Bretagne que nous sommes allés pour nos vacances :

  • une fois dans le Somerset (à Porlock)
  • une fois au Pays de Galles  (Saint-Davids et Llandrillo)
  • une fois dans le Devon (Ilfracombe)
  • une fois dans le Norfolk (Sea Palling)
  • une fois en Ecosse (Edinburgh)
  • et je ne sais plus combien de fois (8, 9 ?) dans le Suffolk (Aldeburgh)

J'y suis aussi allé pour le boulot aux temps joyeux de la furia irlandaise, quand on se faisait fouiller trois fois de suite à Heathrow en passant du terminal international à celui des lignes intérieures. J'ai ainsi connu Manchester, Widness, Liverpool, Warrington (la capitale anglaise du jeu à XIII). J'ai même parcouru à minuit (et forcément à pied) le chemin de ronde courant sur les murailles de Chester.

Je connais bien les Britanniques et tout particulièrement les Anglais, raison pour laquelle rien ne m'étonne de leur part car eux non plus ne s'étonnent de rien (essayez d'en surprendre un, vous allez voir !)

Une fois ils m'ont surpris : quand ils ont accepté d'entrer dans l'Union Européenne (en y posant la pointe d'un orteil prudent). C'est vous dire si le fait qu'ils veuillent retirer cet orteil de notre eau trop froide à leur goût ne m'épate pas. C'est tout à fait eux ça : négocier des facilités supplémentaires pour ne pas sortir d'un truc où ils ne sont même jamais entrés ! Quels diplomates, vingt dieux !

Mais ça ne change rien : je les adore, je vous dis !

Ceux qui m'énervent, ce sont ceux qui acceptent de discuter. Ils veulent retourner à leur "splendid isolation" ? Qu'ils y retournent, parce que si, par impossible, ils décident de rester, auréolés de leur "exception culturelle". Je vois d'ici l'Europe de demain, une Europe où tout le monde aura les mêmes principes, sauf :

  • les Polonais qui criminaliseront le blasphème
  • les Hongrois qui banniront les homosexuels
  • les Néerlandais qui n'autoriseront que les fromages à pâte dure
  • les Irlandais qui interdiront les divorces
  • les Autrichiens qui rétabliront la peine de mort
  • les Monégasques qui s'entoureront de barbelés
  • les Italiens qui légaliseront la Mafia
  • les Belges qui imposeront la nourriture halal

Je vous laisse imaginer la suite, je commence à fatiguer, faut dire que je manque d'entraînement côté écriture, d'autant que je tape d'un doigt de la main gauche (comme un vulgaire Ravel) parce que la chienne dort sur mes genous (nouvelle orthographe) la tête nichée au creux de mon bras droit et si je bouge, elle grogne.


4 octobre 2023

Trouver sa voix

 
Dans les commentaires de son blog, l'Adrienne nous parle aujourd'hui d' Ella (Fitzgerald, mais cette précision n'est-elle pas superfétatoire?). Mon épouse en remet directement une  couche en disant notre admiration pour cette chanteuse.

Ça m'a rappelé que pour trouver le sommeil, je fais parfois du classement dans mes souvenirs, genre "Quelle est la femme la plus étonnante  que j'ai eu l'occasion de fréquenter (y a de la concurrence...) ?" ou, en référence justement à Ella, "Quelle est la plus belle voix que j'ai entendue ?"

Généralement, je ne vais pas plus loin que la quatrième ou cinquième place parce que je m'endors très facilement, à mon coucher du moins...

Pour la dernière question, j'ai un petit problème : j'ai tendance à tomber sur des paires,  de femmes bien sûr : comme je cherche la perfection, je ne m'intéresse qu'aux voix féminines.

Côté "variétés", j'hésite entre Ella et Maurane et bien qu'étant un fondu de jazz j'aurais tendance à coller Maurane en tête pour cette petite et inimitable raucité ronronnante de sa voix et, de toute manière,  Maurane aussi a fait du jazz avec Charles Loos et Steeve Houben.

Côté "classique", j'hésite entre Cecilia Bartoli (quelle femme !) et Natalie Dessaix : une des rares chanteuses d'opéra que je comprends quand elles chantent en français.

Après ça, tous domaines confondus, je verrais bien Juliette Greco, mais généralement, comme je l'ai dit, je n'arrive pas jusque là...


 

5 mai 2021

Vous m'en direz tant !

 
Vous connaissez les assureurs : leur but premier n'est pas de couvrir des risques mais bien de minimiser ceux-ci tout en maximisant les rentrées de pèze, question d'augmenter les dividendes des actionnaires.

La compagnie qui m'assure n'échappe pas à la définition. Elle a donc profité de mon âge, avancé il me faut bien l'admettre, et de mon dernier accident (où je n'étais même pas en tort) pour tenter de minimiser ma couverture tout en augmentant mes primes. Elle m'a donc, à cet effet, demandé de passer un test d'aptitude à la conduite (automobile s'entend).

J'ai donc eu le bonheur de rencontrer un sympathique gaillard cumulant à la fois ex-participant aux 24h du Mans et psy. Je passe sur son fils pilote de longs-courriers et sur ses problèmes de prostate (problèmes pour lesquels nous avons pu comparer à loisir nos traitements respectifs, les miens bien lointains déjà, les siens bien actuels).

Bref, ce brave homme a procédé à l'examen demandé et conclu que strictement rien ne s'opposait à la continuation de mon contrat dans sa forme actuelle, c'est toujours ça de pris.

Sa compagnie a envoyé les résultats du test à mon courtier et m'a mis en copie.

C'est en lisant ce document que je suis tombé des nues !

Il y est écrit, texto, : "personnalité charismatique" !

Bon, il m'avait bien dit que des gusses comme moi, il n'en rencontrait que deux ou trois par an et que j'étais le premier cette année, mais franchement : charismatique...

Et c'est maintenant qu'on me le dit !

Si je l'avais su plus tôt, j'aurais fait politichien, merde !


19 juillet 2020

Ça s'accélère !


Depuis que ce pauvre noir s'est fait trucider par un flic l'autre jour, un fait hélas des plus banals dans la vie aux Uesses, c'est la déferlante :

  • On déboulonne Léopold II et autres esclavagistes (z'ont pensé à Napoléon ?)
  • On jette la tête de l'Oncle Ben
  • On clame partout "Y a pas bon Banania !" (m'en fous, je buvais de l'Ovomaltine)
  • On reproche la Revue Nègre à Joséphine Baker, le Congo à Tintin et ses têtes de... à Rubens (et je vous parle même pas du Maure de Venise)

Tout cela, bien sûr, améliore grandement la vie des noirs ici et maintenant.

Aux USA, les amérindiens, eux, décapitent Christophe Colomb.

Pour ne pas être en reste, les Danois, oubliant qu'ils ont eu, eux aussi, des colonies en Afrique, s'attaquent aux esquimaux. Les kayakeurs pratiqueront donc désormais l'inuitage quand leur embarcation se renversera. Tout ça sans égard pour les chansons de mon enfance.

Dernier exemple récent : considérant que les cathédrales ont été bâties en asservissant le peuple au profit non pas de la plus grande gloire de Dieu mais de l'ego sur-dimensionné des évêques participant au concours de la plus haute tour (avec les effondrements subséquents que l'on connaît),  un quidam aurait (l'enquête est en cours, on cherche des traces d'accélérant) bouté le feu à celle de Nantes (laissant subtilement entendre que Nantes serait la capitale des... nantis).

J'espère qu'on n'inquiètera pas mon neveu Joe qu'on a vu roder par là de la semaine ! Particulièrement si l'on découvre que je lui avais relaté les expériences chimico-explosives de ma jeunesse.


17 avril 2019

Vendu(s) !


Ça fait quelque temps qu'une publicité télévisée vante les avantages d'un application (apocopée en "App") permettant de proposer à la vente via internet des objets usagés, généralement vêtements ou jouets.

Elle s'appelle Vinted.

Je passe sur le fait qu'elle déprime le marché des magasins de seconde main et qu'elle est un champ ouvert aux arnaqueurs en tout genre des deux côtés de la plate-forme, je m'en fous, je ne suis pas fan des achats sur le web.

Dans son spot publicitaire, il est dit "Vends ce que tu ne portes plus à des millions d'acheteurs !"

Publicité mensongère ou incitation à l'arnaque ?

En effet, si vous pouvez proposer un objet à des millions d'acheteurs potentiels, vous ne pouvez le vendre qu'à un seul, me semble-t-il, ils devraient dire ce qu'ils veulent dire.


5 février 2019

Roule ma poule !

 

Tandis que dans la file de voitures je progresse lentement mais sûrement le long de la chaussée Romaine, la radio diffuse l'interview d'une charmante cycliste qui se plaint amèrement des aménagements inadéquats semant autant d'embûches mortelles sur le parcours des pauvres vélocypédistes.

Elle clôt d'une voix suave son intervention par un appel vibrant au partage courtois de la voie publique par tous ses utilisateurs.

J'aimerais quand même lui signaler que si quelques connards à deux roues peuvent (peut-être, au vu de leur comportement) encore aujourd'hui poursuivre  leur existence à grands coups de pédales, ils le doivent bien plus à mon attention qu'à leur mépris souverain des règles élémentaires de la circulation.

Ce qui ne m'empêche pas de les invectiver copieusement même si, comme me le fait très justement remarquer mon épouse depuis son siège passager, ils ne m'entendent pas (tandis qu'elle si !).


24 novembre 2017

Souvenirs souvenirs...

 

Lors du dernier anniversaire de notre fils, mon épouse avait proposé comme cadeau de l'emmener avec Agata dans un resto étoilé.

L'autre jour, avec quelques mois de retard, le temps de trouver une fenêtre commune et l'endroit ad hoc, nous nous sommes exécutés.

La note des étoilés ne va pas, contrairement aux portions, en rétrécissant, je peux vous l'affirmer, mais là n'est pas la question.

Comme souvent à ces occasions, notre fils en vient à évoquer au gré de la conversation des souvenirs de son enfance et, comme souvent également, mon épouse et moi-même avons un peu de mal à les faire correspondre exactement avec nos propres remembrances de cette période.

En bref, pour nous référer au vocabulaire de la conjugaison, nous avons parfois l'impression qu'il prend pour passé défini des faits que nous percevons plutôt comme un passé composé et même au minimum légèrement recomposé.

Cette fois-ci, en l'occurence, il nous parle du temps où nous l'avions obligé à suivre des cours de gym en soirée deux fois par semaine. Nous ne nous rappelons pas de notre côté que la fréquence ait jamais dépassé l'unité hebdomadaire.

Personnellement, même si je me souviens parfaitement de ce que mon épouse les a fréquentés très régulièrement (c'est même là qu'elle a fait la connaissance de celle qui est aujourd'hui son amie et notre médecin traitant), je ne me rappelais même pas y avoir moi-même participé (mais j'ai des circonstances atténuantes : j'avais abandonné dès la deuxième séance après m'être fait engueuler par le prof pour bavardage intempestif avec mon copain Jacques, je n'allais pas à mon âge largement adulte me laisser traiter comme un écolier, non mais...). Passons !

Nous évitons cependant à ces occasions de marquer nos doutes sur la parfaite exactitude des faits évoqués, ce serait peine perdue et c'est sans importance.

Il faut dire que lui aussi dispose de circonstances atténuantes : il est né à Anderlecht, la patrie des "dikkeneks". Pire, il a été mis en chantier... à Paris !

(Si si, comme je vous le dis : Hôtel du Quai Voltaire, première chambre à gauche en débouchant de l'escalier !)


22 août 2017

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - horizons

 

Je vous le demande : "Y a-t-il une existence plus passionnante, plus exaltante, plus enivrante, plus enviable que celle de promeneur de chien solitaire ?"

Bon, déjà, "solitaire" pose problème : qui donc est solitaire, le promeneur ou le chien ? Et s'ils sont tous deux solitaires, puisque je n'ai qu'un chien et que je le promène seul, ne devrait-il pas prendre un "s" ? Un solitaire pluriel, c'est pas marrant ça ?

Mais foin de ces considérations philosophico-orthographico-syntaxiques, penchons-nous sur l'existence en question.

Vous pourriez penser que la promenade en environnement naturel (agencé) ouvre de larges horizons, mais contenez votre enthousiasme : depuis la perte de mes ligaments croisés à un genou et la récession d'une hernie discale comprimant le sciatique de l'autre jambe, je dois être prudent et regarder où je mets les pieds. Comme de plus, pour éviter le zonneslag sur mon klasjbol, je dois porter un couvre-chef, la visière de la chose limite encore plus mon champ de vision.

Bref, mon horizon se limite à quelques décimètres devant mes pieds, mon horizon est à mon image et à celle de mon existence : étriqué !

Pour tout vous dire, la majeure partie du temps, il n'englobe même pas le chien que je suis en train de promener...

Vous comprenez tout de suite mieux pourquoi je vous parlais de feuilles mortes l'autre jour : ça, ça entre dans mon horizon.

Bon, pour l'instant, en dehors de celles des marronniers d'Inde qui sont malades, il n'y a pas de feuilles mortes et je ne contemple donc que les pavés, la dolomie ou le mulch des chemins et l'herbe des prairies.

 Vous essayerez bien de me consoler en disant qu'il n'est pas besoin de vastes horizons pour se rendre compte de la richesse de la nature.

Il y a un fond de vérité là-dedans : je n'arrive même pas à identifier les quelques plantes qui défilent sous mes yeux et ça, ça n'arrange pas mon moral : à chaque fois je me dis "Ah, si Verschtroumpf était encore là! Il aurait vite fait, lui qui possédait un herbier qui lui bouffait la moitié de son salon, de mettre un nom sur toutes ces plantes !".

Même les graminées, il les identifiait les doigts dans le nez et pourtant, les graminées, c'est pas de la tarte ! C'est quand même dingue que la vue du moindre brin d'herbe me fasse penser à ce copain trop tôt disparu. Et comme les brins d'herbe, c'est pas ça qui manque... j'ai le moral dans les chaussettes.

Et à force de suivre le chien à travers les prairies couvertes de rosée, elles sont humides mes chaussettes parce qu'une fois de plus, j'ai oublié d'imperméabiliser mes godasses de marche, et moi, les pieds mouillés, ça n'arrange pas mon moral non plus!

Et ne me dites pas que ça ira mieux demain, demain, je repromène le chien !


8 septembre 2023

Quand on est con... (suivante et certainement pas la dernière)

 
Les vendredis, mon job de taximan consiste à aller récupérer Louise à la sortie de son travail pour la conduire au manège.

Généralement, elle appelle dans le courant de la journée pour annoncer qu'elle a oublié ou n'a pas eu le temps d'acheter des carottes pour sa monture et je dois me farcir le Carrefour le plus proche pour remédier à cet état de choses.

Hier, en faisant nos courses hebdomadaires chez Colruyt en prévision d'un énième épisode de la saga chevaline, j'ai acheté des carottes et je suis rentré chez moi satisfait de mon initiative.

C'est là que j'ai constaté dans l'agenda (le premier truc que j'ouvre chaque matin pour voir si c'est ou pas le jour de prendre ma spironolactone) qu'aujourd'hui,  mon épouse et nos petites-filles ont théâtre et que, par conséquent, Louise n'ira pas au manège.

Bon, ben je grignoterai les quatre kilos de carottes en regardant le rugby...


 

7 septembre 2023

Quand on est con... (Xième + 1)

 
Il y a quelques jours, suite à un message adressé à mon carrossier où je m'inquiétais de la longueur de l'attente pour le remplacement de la garniture interne du garde-boue avant droit de ma voiture, Caroline, la charmante réceptionniste de l'endroit me signale  que je peux passer quand je veux pour effectuer le placement de la chose : ils ont reçu la pièce après un rappel adressé au fournisseur suite à mon message.

Hier, je fourre donc dans le coffre la pièce défectueuse que pour une raison qui m'échappe on y avait mis et qu'en attendant j'avais stockée dans le fond de mon box dans le garage et je me rends chez le carrossier.

Arrivé là, en remettant ma clef à la réceptionniste, je lui signale qu'à mon grand étonnement j'avais retrouvé la chose dans mon coffre et que je la leur ramenais. Je l'ai également montrée au type qui avait pris mon véhicule en charge.

La réparation effectuée, très rapidement je dois le reconnaître, je rentre chez moi, je range la voiture dans son box et, pris d'un doute soudain, j'ouvre le hayon arrière.

Bingo ! Le bucht y est toujours !

J'aurais mieux fait de vérifier avant de repartir, mais quand on est con...

Bon ben ce sera pour la prochaine collecte d'encombrants...

(Si j'oublie pas)


 

28 janvier 2024

Ah, le code !

 
Je suis assis devant la télé. On y voit un grand orchestre dans la halle aux grains de Toulouse interpréter avec conviction je ne sais trop quel chef d'œuvre...

Hier, le décodeur de la TV a rendu l'âme (d'où le titre : s'il y a un décodeur, il y a forcément un code, peut-être pas du Python, comme le livre que je viens de terminer et dont je gage que ce n'est pas avec celui-là que l'auteure a remporté le Fémina), c'est pourquoi je tapote sur mon portable lui-même sur mes genoux.

Paf ! ça a changé, maintenant, c'est une scène de Monteverdi, mise en scène moderne avec mômes en nuisette et tout et tout !

Passons !

Pour que mon épouse puisse regarder ses émissions favorites, j'ai branché la télé comme deuxième écran sur mon ordi, mais comme je ne maîtrise absolument pas la gestion de deux écrans sur la chose, les deux sont bloqués sur Pickx, le programme de Proximus qui permet de regarder son offre télé sur un ordi.

Du coup (remarque habituelle), pour vous écrire sans cacher le programme télé sous une nouvelle autant qu'intempestive fenêtre, j'ai dû déterrer mon vieux portable, un machin que je ne sors que pour les vacances et qui quand tu le démarres te laisse le temps d'aller taper le carton au bistro du coin (moi, en digne Wallon, je joue au couillon) et de rentrer après avoir asséché une pinte à l'aise.

Mardi, les choses devraient reprendre leur cours normal (si, comme l'a dit la môme au téléphone, la poste me livre le nouveau décodeur et que je sois là pour le réceptionner, vu que le mardi matin, je conduis ma moitié à son atelier de peinture sur soie (je vous épargne le traditionnel "et sur soi")).

Parlons-en de la môme...

Quand elle a décroché au débouché du labyrinthe des "Pour... poussez sur...",  je lui ai annoncé avec le ton de circonstance que mon décodeur était mort et, plus précisément son disque dur (je dis "disque dur" parce que sous la petite loupiote qui clignotait en rouge,alors qu'elle est bleue quand tout baigne, il est écrit HD mais je soupçonne qu'il s'agisse plutôt d'une mémoire flash SSD), et ajouté que j'avais réalisé tous les tests habituels et qu'il n'y avait aucun doute sur le diagnostic.

Comme on dit par ici "Parle à mon cul ma tête est malade" a dû déclarer in petto la damoiselle (dont, je tiens à le préciser, je n'ai pas aperçu le popotin) avant de me faire effectuer une nouvelle fois toutes les manipulations y compris le changement de câble et d'entée HDMI.

Ou bien elle est obligée par contrat de vous faire effectuer ces manœuvres dans l'ordre prescrit, ou elle est bouchée à l'émeri. Bref, ça m'a pris 14 minutes et mis à plat les accus du téléphone mobile  avant d'obtenir son assentiment sur mon diagnostic initial.

Immanquablement, je vais recevoir sous peu un questionnaire d'évaluation de sa prestation. Devrais-je y coller un lien vers ce billet ?

Inutile de vous précipiter, je n'ai pas fini d'écrire le code d'implémentation d'un système d'enquête sur mon blog !


 

13 août 2023

Le pire, c'est qu'on m'avait prévenu

 
Vous vous rappelez que je vous avais prévenu que nous aurions maille à partir avec les virus ?
Et voilà-t-y pas que le COVID recommence à percer ça et là.

Vous vous rappelez que j'avais averti que le réchauffement allait s'emballer ?
Et voilà que l'actualité se révèle de plus en plus brûlante !

Remarquez que moi aussi on m'avait prévenu :
Feu mon vieux prof de religion (mauvais jeu de mots, ça fait une paie qu'il est mort) avait prédit que je finirais en enfer !

Il m'avait pas dit, le bougre, que ce serait de mon vivant !


 

22 octobre 2023

Tiens, tiens...

 
Ça m'est venu hier en préparant le petit-déjeuner.

Pourquoi je ne vous en parle qu'aujourd'hui ? Ben, parce que le samedi, l'horaire est assez serré. Ça vous va comme explication ? Sinon, je détaille !

C'était pas vraiment un ver parce que je ne pouvais en fredonner que deux... vers. Disons un vermisseau (vermicelle au cas où ç'aurait été une femelle).

Le truc venait du fond des âges (ma jeunesse quoi...) c'était ceci :

Un petit souper aux chandelles,
Un petit souper tendre au coin du feu

Je ne me rappelais ni la suite du refrain ni la teneur et la mélodie des couplets. Pas plus que le nom de l'interprète d'ailleurs. Comme ça remontait de loin, je pensais que le dit interprète devait être un de ces semi-crooners français de l'immédiat après-guerre (et même avant), vous savez : genre "Vous, qui passez sans me voir..."

Alors, j'ai cherché ! Côté titre, j'étais pas loin : ça s'appelle "Le petit souper aux chandelles ".

Mais la mélodie des couplets n'était pas dans le style Jean Sablon. Et leur contenu dont je n'avais pas le moindre souvenir encore moins !

Bon ben je ne vais pas vous faire languir plus longtemps et... Vlan ! Zorro est arrivé !

Mais c'est surgi d'où  ce machin ? Surtout que j'ai déjà du mal à me rappeler où j'habite...


 

19 octobre 2023

Blog intérieur (extraits)

 
Je l'ai déjà dit : chaque jour, j'écris dans ma tête l'un ou l'autre billet pour mon blog intérieur. Billets qui, bien sûr, ne sont jamais transcrits sur ce blog-ci. Je suis une sorte d'Adrienne mentale...

Bien sûr, j'imagine que vous ne me croyez pas et j'ai donc décidé, une fois n'est pas coutume, qu'aujourd'hui j'allais trouver le temps (souvenez-vous que je suis retraité et donc débordé) de passer à la transcription de mes élucubrations du jour :

J'aurais pas dû rester quelques minutes de trop au lit après que mon réveil-radio ait démarré son verbiage quotidien. J'aurais pas dû parce qu'au infos de six heures (oui : depuis que je suis à la retraite, j'ai changé de réveil-radio mais pas d'heure de lever) on nous diffuse une nouvelle de première importance puisqu'elle est dans les infos : Maxime Leforestier a fait un malaise sur scène à Antibes !

Eh ben dis donc, ça nous change de Daesh ! Rassurez-vous : il va bien ! (Maxime hein, pas Daesh)

Du coup, nous avons eu droit à une petite chanson et c'est là que j'ai trouvé de quoi faire :

 

Primo :

"On choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille"

Eh oui ! Toute naissance est une combinaison de hasard et de nécessité (ça me rappelle Monod et Teilhard de Chardin au temps où je faisais la fortune de la librairie Libris à l'avenue de la Toison d'Or, achetant tout et n'importe quoi, surtout n'importe quoi en fait, en dehors de quelques bouquins indispensables comme "La Mythologie" de  Dubout).

Un hasard parce qu'il est impossible de prévoir dans le troupeau de spermatozoïdes se ruant à l'assaut lequel sera élu par l'ovule tant convoité. (ça m'étonne que les bookmakers n'aient pas encore envisagé de prendre des paris là-dessus...)

Une nécessité : pas tant à cause d'un événtuel "désir d'enfant" qu'en raison d'un besoin pressant chez certains de s'envoyer en l'air. On nous entretient régulièrement dans des émissions radio ou télé de ce fameux "désir d'enfant", ça m'étonne toujours un peu. Bien que mon épouse et moi-même  nous sommes aussi inquiétés de la chose quand nous en avions déjà deux, d'enfants, pour finir par décider que nous n'en voulions pas. Enfin... plus !

Secundo :

"On choisit pas non plus les trottoirs de Manille
De Paris ou d'Alger pour apprendre à marcher"

Ouais, là-dedans, ce qui m'inspire, c'est Manille !

Ça me rappelle que j'avais une cousine (la fille de mon parrain) sensiblement plus jeune que moi qui se prénommait Anne, lisait le journal de Mickey (la honte pour une Belge) et des comics américains (genre "Mandrake" et "L'ombre qui marche", vous ne connaissez pas ? Vous en avez de la chance!). Pire : elle voulait grimper sur mes genoux pour que je lui fasse des bisous ! Pire encore : dès qu'on ne faisait pas ses quatre volontés, elle bloquait sa respiration et tombait dans les pommes (comme  Pépé dans Astérix chez les Ibères), elle appelait ça "se pâmer". Elle m'a fait le coup un jour où sa famille rendait visite à la mienne et où on  m'avait envoyé la promener dans le village. Souchon ne chantait pas encore  "Tarte ta gueule à la récré" mais je lui en ai quand même mis une! ça l'a vachement ressuscitée. Là, je passe sur ce que j'ai pris quand elle l'a raconté en rentrant à la maison.

Et Manille dans tout ça ? vous inquièterez-vous. Ben , la chère enfant a fini par émigrer aux Philippines et finalement en revenir en assez mauvais état. Il y a quelques années nous avons appris qu'elle se trouvait dans un "institut spécialisé" et depuis, nous sommes sans nouvelles.

Tertio :

Déjà, dès "Antibes", j'avais eu l'idée de vous parler de ce patelin célèbre à bien des points de vue, ne fût-ce que pour son festival de jazz, mais j'ai craint de vous lasser un peu (beaucoup, à la folie...). Mais je vous colle quand même un peu de musique ("Dans les rues d'Antibes" ça s'appelle) pour vous faire oublier Maxime...


 

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