Lundi
Après la promenade du chien qui est une chienne, j'emmène une tartine de cramique et repars en voiture : j'ai rendez-vous à 13h45 chez le radiologue (un des deux seuls qui puissent réaliser le cliché souhaité par le gaillard qui doit me poser une prothèse de hanche (droite)).
Le message qui me rappelle ce rendez-vous me demande d'être une demi-heure à l'avance. Vous me connaissez : à 13 h je suis dans le salon d'attente (après être passé par la borne d'enregistrement qui fait plus de difficultés pour lire ma carte d'identité que la pompe à essence pour lire ma carte bancaire ("Introduisez la carte d'un mouvement souple et régulier" qu'elle me dit celle-là en flamand).
Étonnamment, pile à l'heure dite, on m'appelle ! Entre temps, j'ai eu tout le loisir de me demander à quoi peut bien ressembler cette installation qui n'existerait qu'en deux exemplaires dans ma bonne ville.
Bien vu ! Elle est tout-à-fait banale ! Simplement, la technicienne me tend une sphère en métal poli, diamètre 32mm, montée sur une tige de 8, en m'enjoignant de me coincer cette dernière aussi haut que possible entre mes cuisses en serrant bien celles-ci. Je me demande (in petto bien sûr) si la dame a une vague idée du schéma corporel masculin (pour sa défense, elle m'avait dit d'enlever mon pantalon, pas mon slip).
Une fois la "photo" prise, je suis rentré chez moi (à l'autre bout de l'agglomération) le lundi soir, c'est apéro (et plus si affinités) chez notre fille.
Mardi
Pas de promenade pour le chien (qui..) il a rendez-vous chez le vétérinaire à 10:30.
Comme toujours je suis une demi-heure à l'avance et le vétérinaire (une version femelle) une demi-heure en retard.
Injection de vaccin(s) qui vont mettre la bestiole à plat pendant quelque temps, quel calme quand ce truc se tait ! Auscultation : son souffle au cœur (qui ne l'empêche pas de galoper comme une dingue) est toujours présent mais j'ai réussi à éviter l'échographie si bien que la chose ne nous a coûté que 200€.
L'après-midi, je comptais aller renouveler le stock de friandises du dit chien, mais j'ai dû renoncer : je suis allé déposer un courrier trouvé dans le hall d'entrée et destiné à une dame partie depuis au moins dix ans de l'immeuble, dans la boîte de ma compagnie d'assurance hospitalisation après les avoir contactés par téléphone.
Sur le retour, j'ai fait plein d'essence (pour le lecteur de carte bancaire, voir plus haut) parce que...
Mercredi
C'est le jour de la crémation du petit-cousin de mon épouse, le colonial dont je vous avais parlé récemment. Nous ne nous sommes paumés qu'une seule fois à cause de travaux (what else ?) sur le trajet vers le crématoire de Charleroi.
Là j'ai assisté à un truc étonnant : nous étions bien sûr largement à temps et lorsque le cortège funèbre a débarqué, avec un léger retard comme il se doit, la veuve et une de ses cinq filles en entrant dans le hall d'accueil ont considéré mon épouse d'un petit air incertain puis se sont précipitées vers elle pour l'embrasser et la serrer dans leurs bras en versant quelques larmes (il devait pourtant s'être écoulé une dizaine d'années depuis qu'elle était allée rendre visite à son cousin hospitalisé suite à un AVC). Avec mon épouse c'est toujours comme ça : les gens l'adorent une fois qu'ils l'ont rencontrée.
Après, nous avons eu droit à la petite cérémonie traditionnelle, menée par un "représentant du diocèse". J'en suis resté comme un rond de flan (et même deux) : si Guy était catholique, moi je suis un terroriste islamique ! Mais bon, quand t'es mort, t'as plus grand chose à dire, n'est-ce pas ?
Au moment de la collation, une des filles est venue nous installer au bout d'une table et s'asseoir avec nous. Elle nous a raconté qu'à leur retour du Congo, nous les avions accueillies chez nous sans réticence (ce qui ne semble pas avoir été le cas partout) et que, ô joie, nous les avions emmenée au parc Méli et embarquées dans le bateau pirate (une énorme balançoire en forme de navire) où elles avaient eu la peur de leur vie quand après un moment de suspension en apesanteur le machin repart vers le bas.
Mon épouse est repartie ravie parce qu'elle a pu constater que les cinq sœurs (de trois mères différentes) s'entendaient à merveille. Quand nous sommes repartis deux d'entre elles ont tenu à nous raccompagner jusqu'à notre voiture. Moi, ça m'a fait tout drôle que de jeunes dames que j'avais à peine rencontrées deux ou trois fois dans mon existence quand elles n'étaient que des gamines me prennent dans leurs bras en me caressant les omoplates.
Jeudi
Notre voiture grâce à ses virées campagnardes par tous les temps vers le manège de Louise et les ébats quasi quotidiens du chien sur la banquette était crasseuse dehors et pareil à l'intérieur. En prévision de la journée du lendemain (voir plus loin) j'ai décidé à la grande satisfaction de mon épouse de la faire nettoyer l'après-midi (parce que le matin après le retour de la promenade du chien qui..., c'est le moment des courses hebdomadaires. Bon, c'est ma femme qui fait le plus dur : la liste !).
Donc après le repas de midi, j'ai transféré le contenu de la voiture dans la cave : c'est fou ce qu'on peut trouver dans une bagnole, j'ai dû faire deux trajets avec la caisse à roulettes. Puis, je suis allé faire nettoyer l'engin extérieur et intérieur, c'était un tel boulot que j'ai cru devoir joindre un pourboire à l'addition.
Vendredi
Deuxième crémation en trois jours : la voisine qui avait enfin accepté d'entrer en maison de repos (où elle a foutu un bazar de tous les diables pendant son relativement court séjour) est décédée.
Nous avions proposé à la charmante petite dame du premier de nous accompagner parce que ses enfants n'avaient pas pu se libérer. C'est pour ça que j'avais dû faire nettoyer la bagnole, le bon cœur de mon épouse me perdra !
Le crématorium local est perdu au milieu d'une zone semi-industrielle bourrée de hangars et autres joyeusetés. Pour le dégoter, nous avons utilisé l'application Waze du téléphone de mon épouse, lequel a commencé par nous envoyer sur la rive ouest du canal de Willebroek où après quelques dizaines de mètres nous sommes tombés nez à nez avec deux gros engins de chantier qui nous ont obligés à rebrousser chemin en roulant dans un creux rempli d'eau boueuse qui a terni quelque peu l'éclat nouvellement retrouvé de notre véhicule.
Après que la famille de la défunte ait appris que j'étais "l'homme qui arrête l'alarme à trois heures du matin", la cérémonie a démarré. Elle était un brin différente de celle de l'avant-veille : les rédactrices des textes évoquant la défunte en avaient confié la lecture à une employée du lieu. C'était reposant, j'ai même failli m'endormir en regrettant que lors de ma propre crémation je ne pourrais pas entendre la personne merveilleuse que j'aurai été !
Après la dispersion de notre ex-voisine au vent de l'histoire et une excursion dans les routes de Grimbergen, nous nous sommes retrouvés dans un resto italien sur la place de Strombeek où après avoir déposé mes passagères il m'a fallu dix bonnes minutes avant de dégoter une place de parking à quelques centaines de mètres de l'endroit. Le repas s'est bien passé et j'ai bu un mocktail pour la première fois de mon existence.
Nous sommes rentrés chez nous à temps pour que je puisse jouer mon petit Huber en transférant Louise de son lieu de travail à son manège. C'était un peu la java au niveau du Heysel, il devait y avoir un quelconque concert ou Dieu sait quoi, Lui qui sait tout.
Samedi
N'allez surtout pas croire qu'aujourd'hui j'ai juste eu à sortir le chien qui, après cette promenade de santé, après quelques détours pour cause de travaux et de déménagement, nous avons pris le ring intérieur (l'entrée la plus proche de chez nous est fermée le WE) pour nous rendre au centre commercial de Woluwé : je devais aller me trouver des pyjamas et des pantoufles fermées en vue de ma prochaine hospitalisation.
Des pantoufles fermées ! Qu'est-ce qui faut pas entendre ! Moi je chausse des mules suédoises du lever au petit-déjeuner puis des chaussures jusqu'au retour de la dernière sortie du chien qui vers 22h30. Alors, les pantoufles... pourquoi pas des charentaises tant qu'on y est hein ?
Dimanche
Ben, on verra demain ...