Billig ou Krampouz ?
à (merveille du Chromebook, les majuscules accentuées sont inaccessibles, même avec les combinaisons de touches renseignées pour le clavier azerty français, le mien est belge et je n'ai rien trouvé pour ce cas de figure) l'extrémité nord-nord-est de la place où se trouve notre logement provisoire, à quelques dizaines de pas de celui-ci, un petit escalier donne accès à la rampe d'entrée de la partie médiévale de la ville de Saint-Valery. On pénètre sous la voûte du châtelet de défense, passe devant la porte du cachot de Jeanne d'Arc (lequel aujourd'hui sert de local d'exposition à quelques artistes du cru) et immédiatement sur la gauche à la sortie de l'édifice de défense, une maison ancienne abrite un crêperie : Les Remparts.
Cela (j'ai pas mis "ça" pour les raisons explicitées ci-dessus) fait au moins dix ans que plusieurs fois par séjour nous passons devant cet établissement en nous disant qu'un jour nous irons voir à quoi peut bien ressembler l'intérieur d'une crêperie bretonne en Picardie. Et cette fois, enfin, quelques minutes après midi, nous avons franchi le pas (de la porte).
Une dame toute de noir vêtue, jeune, plutôt mince, les cheveux noir de jais coiffés en arrière mi-tresse mi-chignon, nous accueille en ouvrant un gros registre, sans doute pour vérifier si nous avons réservé, sage précaution vu que dans la salle il y a quand même deux dames assises face-à-face à une table. L'espace d'une seconde, je regrette de me moquer ainsi : avec le nombre de cars qui chaque jour de la semaine vomissent leurs flots de retraités (ou de gosses en voyage scolaire), j'ai peut-être tort. Mes regrets seront inutiles, nous resterons quatre pendant tout le repas. Vers une heure, cependant, un groupe de cinq personnes a tenté une entrée, mais ils ont été victorieusement repoussés, remparts n'est pas un vain mot ici ! Et les horaires aussi étroits que l'entrée du vénérable patelin.
Nous étions entrés là pour bénéficier de l'offre de midi : une galette complète, une crêpe sucrée et une bolée de cidre pour 17,5 Euros et nous nous en sommes sortis pour une bonne septantaine (la dernière fois que j'avais mangé une galette à l'andouille de Guéméné et au beurre moutardé, c'était à Saint-Pol de Léon, il y a au moins vingt ans) et c'est la première fois que je mangeais une crêpe beurre-caramel, sauce chocolat et brisures de spéculoos. Mais laissons cela.
Mon épouse qui tournait le dos aux cuisines pensait que j'en apercevais l'intérieur et m'a demandé si les crêpes étaient cuites à la poêle ou au krampouz. Comme le meuble de la caisse (avec son plexi anti-covid) m'en barrait la vue, il m'a bien fallu transmettre sa question à la patronne-serveuse, laquelle, elle, m'a parlé de billig. Alors, Krampouz ou Billig ?
Vous en faites pas, j'ai tout compris (après consultation du docteur Web) et vous transmets volontiers mon savoir tout frais.
En fait, krampouz, c'est crêpe en breton. Un joyeux industriel a choisi d'adopter ce nom pour sa firme, laquelle produit ce réchaud électrique modèle Billig. Nous parlions bien du même instrument la môme et moi. Il s'agissait donc bien d'une crêpière-réchaud et pas d'une poêle. J'en étais certain : ma fille en possède une et Emilie, notre petite-fille, est championne du tour de main pour étendre la pâte sur la chose au moyen de la petite raclette en bois (normal : elle l'emmène parfois pour faire des crêpes dans la maison de retraite où elle est... kiné !)
