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Entre nous
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23 avril 2025

Entremetteu·r·se

 

Une des caractéristiques de mes amis de longue date est d'être... décédés ! Rien de pareil pour mes amies, Dieu merci !
 

Il m'en reste quand même un, plus coriace sans doute, que mon épouse et moi avons vu réapparaître à l'occasion de l'inauguration de la saison culturelle du Centre dont elle était présidente. 

Que diable faisait-il là puisqu'il n'est même pas du même patelin ? Mystère ! (Bon, on pourrait remarquer que toute présidente qu'elle était, mon épouse n'habite pas non plus la commune en question, mais foin des digressions, je ne suis pas Marcel).

Toujours est-il qu'à cette occasion, il nous a posé la question suivante : "Vous voyez encore Mariette ?"
 

Tu parles que nous la voyons encore : c'est la mère de notre "deuxième fille" et elle habite la même rue que notre fille, alors ! 

Nous lui avons donc donné des nouvelles de cette brave personne et avons suggéré d'organiser une rencontre, puisque de son côté, elle nous demandait aussi parfois si nous avions de ses nouvelles à lui. Et puis... nous avons un brin oublié ou à tout le moins procrastiné.
 

Lors de l'inauguration de l'exposition de l'atelier de peinture sur soie de mon épouse, il était à nouveau là, et...

On n'y a plus coupé : demain, nous allons tous ensemble prendre le repas de midi à l'estaminet de le Ferme Nos Pilifs, une entreprise de travail adapté où œuvre Louise, notre petite-fille dysphasique.
 

Jean, je le connais depuis nos études secondaires (il avait malencontreusement lâché le peloton durant le parcours, alors, pour le revoir, j'ai dû l'attendre en première année des études de chimie). C'est là que Mariette nous a rejoints mais ils se sont perdus de vue il y a soixante ans.
 

Donc, demain, nous allons assister à leurs retrouvailles, d'où le titre du présent billet !
 

Il y a au moins un point pour lequel nous n'avons aucun souci : l'entretien de la conversation : quand Jean tient le crachoir, il s'y accroche ferme !

 


 

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21 avril 2025

Quo non ascendet

 

... comme disait l'écureuil (ou son équivalent en langage local) de la fable louisquatorzième.
 

Vendredi, j'appelle l'ascenseur pour emmener le chien qui est une chienne faire sa dernière promenade.

J'ai beau pianoter sur le bouton ad hoc et secouer vigoureusement la porte, le machin reste insensible à mon appel pressant : j'ai l'air d'un Roméo appelant sa Juliette sauf que c'est moi qui suis au balcon du quatrième étage.

J'emprunte donc l'escalier suivi ou précédé, ça dépend de son humeur du moment, par la bestiole pressée de descendre se soulager la vessie et qui râle parce qu'à chaque étage, je jette un œil dans le couloir pour voir si la cabine n'y est pas bloquée, manœuvre inutile puisque finalement, je la retrouve au rez-de-chaussée. J'y pénètre et pousse sur le bouton du -1. Rien ne se passe.

Une fois l'arrosage de la pelouse et la séance de reniflements terminés, nous réintégrons l'immeuble et nous lançons à l'assaut des quatre étages.

À 83 balais, la hanche en attente d'une prothèse et le genou traîtreusement endolori par les manipulations du kiné censées mobiliser l'articulation de la hanche (et je parle même pas de mon insuffisance cardiaque et autres menus dysfonctionnements) c'est pas de la tarte, d'autant que le chien qui est une chienne a sa technique personnelle pour grimper les volées d'escaliers : il attend que je sois à mi-chemin avant de s'élancer d'une traite (sinon, il se vautre) me dépassant par la gauche ou la droite en ignorant totalement par où passe sa laisse, au risque de l'enrouler autour de mes guibolles.


De retour chez nous, je raconte la chose à mon épouse qui avertit la concierge de garde, laquelle de son côté appelle la société qui s'occupe de l'entretien et du dépannage des ascenseurs.

Bien sûr, comme nous sommes le WE de Pâques, le technicien ne débarque que le samedi après-midi (je l'ai entendu tripoter dans la cave et j'ai vu sa trousse à outils au coin de l'escalier).

Le dimanche matin, à l'inverse du canard de Lamoureux qui est toujours vivant, l'ascenseur, lui, est toujours mort et stationne toujours au rez-de-chaussée. Seule différence l'affichage qui indiquait 0 indique maintenant -- (M comme merde! en code Morse).

Le chien qui est une chienne, lui, ne s'émeut pas de ces circonstances et réclame avec insistance (et aboiements si nécessaire) ses quatre sorties quotidiennes.

À mon retour du midi, mon épouse appelle elle-même les réparateurs qui jurent leurs grands dieux qu'ils continuent de s'occuper de la chose.

Et, effectivement, lorsque vers 22:30 je redescends avec le chien (qui..), je constate avec soulagement qu'ils ont pris les choses en main : sur la porte de l'ascenseur, un petit papillon autocollant annonce en français, néerlandais et anglais que :


"L'ascenseur est en cours d'entretien"

 


 

19 avril 2025

Il neige !

 

... des pétales de cerisiers du Japon !
 

Et ils s'accumulent le long des bordures des chemins de la copropriété.


Tandis qu'au bout de sa laisse je suis docilement le chien qui est une chienne, une jeune dame (ou demoiselle) élégamment vêtue d'une longue robe noire entre  d'une démarche ondulante dans la propriété avec (what else ?) un smartphone à la main.

Jusque là, rien d'anormal.
 

Sauf que subitement, en un geste gracieux (on voit qu'elle n'a pas besoin de béquille, elle !) elle s'incline, ramasse une poignée de pétales qu'elle laisse ensuite lentement échapper de ses doigts délicats tout en en filmant la dispersion au souffle léger du vent avec le fameux smartphone.


Je n'ai hélas pas eu le temps de sortir le mien (je ne suis même pas certain qu'il n'était pas resté sur la table du salon) pour enregistrer cette scène  étrangement romantique.

Et quand je dis le temps... vous avez déjà filmé avec un smartphone, une main crispée sur la poignée d'une béquille et l'autre sur l'enrouleur de la laisse d'un chien, fût-il une chienne, vous ?

Moi non plus !

 


 

 

30 mars 2025

J'vieillis, j'vieillis !

  

J'ai perdu trop de neurones et s'il m'en reste, les synapses qui les relient doivent être congestionnées, sinon, ce matin en conduisant le chien qui est une chienne vers son terrain de course (et y a pas que dans l'herbe qu'il court, il commence à me le faire aussi sur le haricot) pourquoi me serais-je exclamé (in petto bien sûr) : "On n'est pourtant pas vendredi !"
 

Au temps où j'avais encore toute ma vivacité d'esprit, j'aurais immédiatement compris que si les trottoirs étaient remplis de mecs en chemise de nuit, ce n'est pas parce que c'est le jour de la prière hebdomadaire mais parce que c'est aujourd'hui celui de l'Aïd el-Fitr, la fin du Ramadan !
 

Ça va bâfrer dur dans les chaumières si j'en crois les sacs volumineux que se coltinaient leurs compagnes !

 


 


 

19 mars 2025

Faux-culs !

 

Je rentre d'avoir été déposer mon ancienne machine à Expresso chez Récupel.

Dix ans de bons et loyaux services pour cette machine de Longhi que j'avais héritée de ma fille quand elle l'avait remplacée par une autre plus perfectionnée, le genre de truc qui va du grain de café au cappuccino en poussant sur un seul bouton (mais lequel ?) et qui se prétend même auto-nettoyant, mais passons...
 

Depuis quelque temps, au bout de quelques jours d'usage (intensif) un peu d'eau finissait par sourdre de dessous l'instrument.

J'ai vérifié qu'il ne s'agissait pas d'une fuite au raccord du réservoir d'eau, mais tout était parfaitement sec à cet endroit. Il y en avait donc une à l'intérieur de l'appareil. Je l'ai débranché, descendu de dessus le four à micro-ondes, lui ai enlevé son réservoir à eau et je l'ai culbuté sur le flanc,  j'adore culbuter les choses...

J'ai pu facilement enlever les deux premières vis (tête en croix) à l'avant de la semelle, mais pour les autres (des têtes hexagonales en étoile) bernique ! J'ai pourtant une belle collection d'embouts de tourne-vis de toutes les formes, sans compter celles que j'ai prêtées à mon beau-fils et qu'il ne m'a jamais rendues (à l'instar d'un fer à souder à chauffage rapide, d'un chalumeau à gaz à tuyau souple, d'une paire de jumelles à zoom optique, de ma collection de CD de jazz, d'une petite polisseuse-graveuse, j'en passe et de pires).
 

Bref, chaque fois que je veux démonter un électro-ménager quelconque, son fabricant a inventé un nouveau type de vis pour m'empêcher de le faire !

Quand je raconte ça au vendeur qui m'a fourni (pour la somme modique de 274.95€) la sœur jumelle de ma machine à expresso, il m'assure que c'est pour ma sécurité !
 

C'est là que je crie "faux-culs !" parce qu'en réalité, les fabricants d'électro-ménager, votre sécurité, ils s'en tapent comme moi de ma première culotte, ce qu'ils veulent, c'est vous obliger à faire appel à leur propre service de réparation, à des prix défiant l'imagination !
 

Remarquez qu'à une époque (il y a très longtemps) tout était démontable et un jour j'ai remplacé moi-même le programmateur de notre premier lave-vaisselle. Mais déjà alors, je vous dis pas le prêche bourdalouien que j'ai dû entendre avant qu'ils me vendent la pièce sans que je fasse appel à leur service de réparation. 

Apparemment, ils ont trouvé la parade, des faux-culs je vous dis!

 


 

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17 janvier 2026

Tradition

 

Et voilà, je suis seul ce soir (avec ma peine, comme chantait Lucienne Delyle, une môme que vous ne connaissez sans doute pas si vous avez moins de soixante ans).
 

Fake news ! Le chien qui est une chienne est resté avec moi : les chiens ne sont pas admis aux spectacles du Centre Culturel d'Auderghem.
 

Mon épouse et sa petite-fille Émilie y ont un abonnement. Elles y vont même parfois hors abonnement : le 6 janvier, elles sont allées voir Ardity raconter sa vie (personnellement je le trouve parfois un brin suffisant le mec, mais bon, chacun ses goûts...).

Aujourd'hui, c'est "Du Charbon dans les Veines". Une histoire de mineurs dans le Nord (le département 59, hein, pas le Groenland). Je ne sais pas ce qu'Émilie va en penser, mais mon épouse qui est née là-dedans, comme moi d'ailleurs, pas dans le 59, non, dans une région où les charbonnages faisaient le fond du paysage. Ça risque de lui rappeler de tristes souvenirs : son grand-père est décédé de la silicose, son patelin natal est célèbre pour une catastrophe minière où un coup de grisou y avait tué 39 personnes en 1950. Nous verrons quand elle rentrera.


Dans le titre il y a une sorte de double emploi : parler de ceux pour qui le charbon c'est leur vie ce qui reviendrait à dire qu'ils l'ont dans le sang. Mais c'est aussi une lapalissade : en terrain minier, le charbon est toujours dans des veines !

Quoi ? C'est fait exprès ? C'est pas impossible...


Et la tradition là-dedans ? Me demanderez-vous...

C'est que lorsqu'on m'abandonne (avec ma peine comme dit plus haut), je me nourris exclusivement de tartines au Sirop de Liège (le vrai, sans sucre ajouté).

C'est fait, rassurez-vous... mais même sans sucre ajouté ça donne vachement soif ce truc!

Allez, santé !

 


 

 

 

16 mars 2025

Tout ça, c'est la faute à l'Adrienne

 

Parfaitement : lorsque j'ai lu son dernier article, ça s'est mis à pédaler dans ma petite tête.

Remarquez que ça pédale toujours dans ma petite tête avec ou sans l'Adrienne, même la nuit ! Simplement, elle a remué des couches auxquelles je ne pensais pas ou plus. Et depuis ça explose !
 

Mon rapport au théâtre par exemple. Ça fait des années que je ne vais plus au théâtre, je me contente d'y déposer puis récupérer mon épouse et ses petites-filles (sauf si j'y suis contraint parce que, par exemple, ma fille y a acheté des places pour toute la famille pour aller admirer son voisin dans Bossemans et Coppenolle). 

Peut-être n'y vais-je plus depuis le jour où avec des collègues nous nous sommes fait sortir du Théâtre National (nous avions reçu des places gratuites) suite à une prise de bec un échange courtois avec Charles Kleinberg (paix à ses cendres) qui trouvait nos bavardages intempestifs !  Ben quoi, moi et c'est bien la seule chose que j'ai en commun avec ce bourge de Marcel et ses aristos de copains : je vais au théâtre pour discuter avec mes potes et goûter le profil avantageux des actrices, et côté profil, ce pauvre Charles... (par contre, le balcon d'Aga Winska vu depuis celui de la Monnaie à l'occasion du 125éme anniversaire de la société qui m'employait...)
 

Pourtant, j'y suis allé au théâtre, dès ma plus tendre enfance au Palais des Beaux-Arts de Charleroi (moi, quand je lis "Beaux Arts" je m'interroge toujours sur les arts qui ne seraient pas beaux...). Et j'en ai vu des opérettes ! (qui qu'a dit que l'opérette c'est pas du théâtre ? José van Dam a déclaré que ces acteurs doivent savoir tout faire, c'est pas comme les chanteurs d'opéra qui viennent juste se planter au milieu de la scène pour chanter leur grand air !). J'y ai même vu le Werther de Massenet pendant l'occupation (j'avais trois ans) beaucoup moins gai que la Baron Tzigane ou l'Auberge du Cheval Blanc.
 

J'y suis aussi allé, et c'est là qu'intervient l'Adrienne, voir ce fameux Malade Imaginaire au Théâtre Royal de Mons, au temps de mes études à l'Athénée Royal de Mons (oui, tout est royal à Mons, même le club de foot : le Royal Albert Élisabeth Club). Dans cette école, on nous emmenait régulièrement au théâtre (ne serait-ce que pour la remise des prix chaque année). Et même au musée : j'y ai vu une expo temporaire consacrée à van Gogh au temps où sa cote n'était pas encore astronomique, ce qui avait permis d'y voir un tas d'œuvres que l'on ne pourrait plus rassembler aujourd'hui. Mais revenons au théâtre ! J'y ai vu La Locandiera de Goldoni. Je n'ai plus jamais vécu une ambiance pareille dans un théâtre !


Que je vous explique : en ces temps lointains, les écoles secondaires n'étaient pas mixtes et, par conséquent, les élèves de l'Athénée était au balcon et celles (vous voyez le changement de genre ?) du Lycée Marguerite Bervoets au parterre, toujours cette discrimination qui veut que les mecs s'effacent pour les filles (d'ailleurs aujourd'hui qu'on a regroupé les deux, l'école s'appelle l'Athénée Marguerite Bervoets, comme par hasard). La pièce de Goldoni a ceci de particulier qu'elle traite justement de cet affrontement perpétuel entre les sexes, si bien que quand la dite Locandiera (jouée par une actrice délurée) émettait une opinion favorable à l'un d'eux, la salle se partageait entre applaudissements et huées. Comble ça semblait amuser très fort l'actrice-titre qui y mettait encore plus de conviction. Quel spectacle ! Et vous voudriez que j'aille ma farcir une tragédie grecque avec des acteurs déguisés en sbires du FBI ou en gardes du corps de Wladimir ?
 

Après ça, comme il n'y a pas que les écoles secondaires qui étaient unisexes, je me suis branché sur mes primaires, mais je ne voudrais pas abuser de votre temps et de toute façon j'ai déjà raconté tout ça !


N'empêche que moi, je ressasse, je ressasse, merci l'Adrienne !

 


 

13 janvier 2026

T'as vu l'heure ?!

 

Hier, de retour de notre hebdomadaire soirée du lundi chez notre fille, j'emmène le chien qui est une chienne effectuer sa dernière sortie hygiénique de la journée.
 

Nous habitons un immeuble à deux entrées : les numéros 31 et 33. Comme nous sommes au 31, la bestiole décide d'entrer par le 33, ce qui nous oblige à passer par les caves pour rejoindre notre appartement. Elle a des circonstances atténuantes : nous avons habité neuf ans le rez de chaussée du 33.
 

Dans le hall, une dame (trois ans plus jeune que moi selon mon épouse qui sait presque tout sur presque tout le monde dans l'immeuble) est assise sur le soubassement de marbre des fenêtres.
 

Je la salue et elle me déclare qu'elle attend sa fille  et qu'il fait noir, ce qui me semble assez logique à cet instant. Elle continue en me signalant qu'elle doit aller faire une prise de sang à l'hôpital. Je m'étonne (in petto) que l'on pratique cet exercice à une heure aussi tardive. Et puis ça a fait "tilt" dans mon cerveau délabré : elle croyait qu'on était le matin et c'est pour ça qu'elle m'avait fait remarquer qu'il faisait bien noir !
 

Je l'ai envoyée se recoucher.
 

C'est pas si con, finalement, ces horloges à affichage digital !

 


 

10 janvier 2026

Fier d'être Bourguignon

 

Ce matin, en préparant le petit-déjeuner, je me suis surpris à fredonner (in petto, pour ne pas réveiller mon épouse) "Joyeux enfants de la Bourgogne".
 

Peut-être parce que mercredi, en nous rendant une petite visite "en passant", notre fils nous avait apporté une bouteille de crème de cassis de Dijon (de chez Griottet, à base de baies exclusivement de la variété  "Cassis noir de Bourgogne") qu'il avait ramenée de sa dernière virée "là-bas" (entretemps il avait fait un petit séjour en Alsace et s'il n'est pas à Londres aujourd'hui, c'est qu'il est en chemin)... Mais revenons à nos moutons.
 

C'est qu'ici, nous sommes Bourguignons ou, en tout cas, nous l'avons été, c'est la mode aujourd'hui de nous le rappeler.

Nous le sommes particulièrement dans la ville où je réside.  Si bien qu'un jour, emmené par un copain (un echte Brusseleir, lui) dans un resto (De Smederij) dans la périphérie flamande de Bruxelles, je suis tombé sur une pancarte annonçant "Burgondje zijn welkom". Soit, en parlant des Bruxellois, : "Les Bourguignons sont les bienvenus". Si ça c'est pas une preuve...

 


 

 

24 mai 2024

Si la photo...

  
Dans son commentaire sous le billet précédent, Magali dit "Si la photo est réaliste". Ça m'a rappelé que voici quelques jours, le ver du matin qui me tournait en tête était la mélodie d'une chanson de Barbara : "Si la photo est bonne".
 

Parenthèse : en ce qui concerne Greta, la petite dame semble promener avec elle une sorte d'aura, si bien que pour elle, la photo est toujours bonne.
 

Donc, pour le ver de ce fameux jour, je me suis demandé pourquoi diable Barbara et pourquoi cette chanson, d'autant que Barbara est loin d'être ma chanteuse préférée.

Mais bon : c'est le principe même du ver : on ne sait que rarement de quel passé trouble il peut bien surgir. La preuve, c'est que le jour suivant c'était l'air d'une chanson de Frédéric François : "Laisse-moi vivre ma vie".

Frédéric François ! Si il y a bien un gusse qui m'horripile c'est Frédéric François !

Frédéric François... j'en reviens pas ! Et pourquoi pas Mike Brant tant qu'on y est ? Hein ?

Avec celui-là, j'ai eu un moment de gloire : au moment de sa mort j'étais chef d'Unité et j'avais dit aux éclaireuses qu'il était mort trop tard. Elles n'avaient pas trop aimé, si vous voyez... Aucun humour ces gamines !

 


 

21 mai 2024

Contamination

  
Bruxelles est une ville de fous ! D'ailleurs, j'y habite, si ça c'est pas une preuve...

Et c'est contagieux !

À la télé ce midi, on interviewe un mec : un Allemand émigré ici depuis (mais non pas 1940) quelques années. Au fil de ses déplacements dans la ville, il a découvert quelques endroits inattendus.

Alors, il a décidé de parcourir à pied sur toute leur longueur toutes les rues, avenues, allées, ruelles et impasses du territoire de la ville. Et  depuis des années, il marche, il marche, il marche, en cochant soigneusement sur un plan acheté lors de son arrivée, celles qu'il a parcourues.

Il n'a toujours pas terminé : y en a 6.000 !

 


 

23 mai 2024

On a les rêves qu'on peut...

 

Vous souvenez-vous de Greta (mon ultime N+1 au labo) ? Non ? Vous êtes peut-être un lecteur récemment arrivé. Je vous colle un lien.

Aujourd'hui, nous avions mon épouse et moi rendez-vous avec elle et Madame Jaja (pour celle-ci il y a un lien dans le texte du lien précédent) pour prendre un petit repas et échanger des nouvelles (pas toutes très fraîches parce que ça fait une paie que nous nous étions vus).

Il n'aurait donc pas été impossible que la nuit précédente je rêve un brin d'elle...

Et, ça n'a pas raté : j'ai rêvé !

... de Jan, son mari qui me disait qu'il avait un brin grossi...

Je l'ai donc raconté à l'intéressée, et vous savez quoi ?

Elle a confirmé : Jan a grossi !


 

6 mai 2024

Errare etc...

  
Ben oui, j'ai fait une erreur, tout le monde peut se tromper (surtout moi), non ?

Dans un réflexe malheureux, comme il était en pub, j'ai acheté un Chromebook, "juste pour voir". Eh bien j'ai vu !
 

Déjà, comme le machin est petit, j'avais imaginé pouvoir l'utiliser posé sur mes cuisses assis dans mon fauteuil (ce que je fais pour l'instant). C'était sans compter sur le chien qui est une chienne lequel lorsque je m'installe ainsi fait de ses pieds et de ses mains pour venir se coucher contre moi, pousse avec ses pattes pour se faire plus de place et grogne si je remue trop (ce qu'il fait pour l'instant)! C'était aussi sans compter sur les douleurs crurales qui se manifestent si je reste trop longtemps dans la même position : c'est pas gagné !


Comme je suis con mais quand même prudent, j'ai acheté un modèle tout ce qu'il y a de basique (l'écran n'est même pas tactile, c'est vous dire à notre époque !). Et j'ai commencé à prendre contact avec l'engin et son système opératoire. Déroutant ! Faut s'habituer à travailler sans pavé numérique et... sans touche "Delete". J'ai interrogé la littérature sur le sujet et découvert il y a quelques jours qu'il fallait utiliser le raccourci "alt backspace" je viens d'essayer et le machin m'a répondu que le raccourci avait changé, mais j'ai pas eu le temps de lire le contenu de la fenêtre flash jusqu'au bout avant qu'elle disparaisse et quand je réessaie, elle ne s'affiche plus : un unique avertissement avant les poursuites. Je continue donc à avancer le curseur d'un espace et à utiliser Backspace.


Tout le machin est basé sur le système Google et ne fonctionne que via une connexion Wifi et le navigateur Chrome (on s'en serait douté vu le nom de l'instrument). Tous les "programmes" préinstallés sont des  applications Androïd, pareil pour les téléchargeables.

Moralité : pour ouvrir un document Word par exemple, il vous faut avoir un compte mydrive (sur le "cloud") lequel est assorti d'une "app" permettant d'ouvrir des fichiers Word ou Excel mais j'ignore jusqu'à présent si elle permet de les transformer et de les réenregistrer dans le même format.


Le plus dur c'est qu'au cours de l'installation de la machine, au moment d'effectuer certaines opérations, en plus des mots de passe, le machin me demande d'introduire une "phrase secrète" dont je ne sais rien mais dont il semble convaincu que je l'ai déposée un jour... là, on nage en plein mystère !


Bon, ben, comme les (seules) qualités du truc étaient sa légèreté et son démarrage sur les chapeaux de roue, je comptais l'emporter en vacances (défi du samedi oblige). J'emporterai donc mon vieux portable, après tout, si je l'allume dès mon lever, il sera prêt à tout à la fin du petit-déjeuner !


 

2 janvier 2026

Lendemain de veilles

 

Allez, bonne année et à l'an prochain (peut-être) !
 

On a fait crescendo cette fois-ci (en écrivant ça, je m'aperçois que c'était pareil l'année d'avant) : le soir du 31, nous étions trois, le 1er à midi quatre et le soir du même jour cinq (nous eûmes pu être six si Émilie n'était pas partie faire du snowboard je ne sais trop où).
 

Dresser les tables, ça allait, mais comme on avait stocké les vaisselles sales dans le lave-vaisselle, la vidange de ce dernier a été plus difficile: je commence à peiner un peu avec les piles d'assiettes, la céramique anglaise pèse son poids ! (étrange expression : que peut-on peser d'autre que son poids ?), surtout que pour ne pas faire fléchir les étagères du meuble (qui n'est pas en chêne massif), c'est moi qui dois fléchir les genoux pour les déposer au niveau le plus bas !


L'année prochaine, c'est dit : on passe aux assiettes en carton !

 


 

7 avril 2024

Quoi ? Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ?

 
Cet après-midi tandis que le chien qui est une chienne me promène dans notre avenue, une petite bagnole grise y pénètre "volle petrol" comme on dit par ici.
 

Subitement, elle se met tout-à-fait sur sa gauche, fonce vers moi et s'arrête à ma hauteur tandis que la vitre conducteur se baisse. Le conducteur, un mec au crâne rasé et au regard bleu acier me tend la main.
 

Je la lui serre bien que je n'aie plus de gel désinfectant sur moi et le regarde d'un air interrogateur.
 

"Tu ne me reconnais pas ?", lance-t-il.
"Je devrais ?", lui réponds-je. Et la conversation s'engage :
- Où travaillais-tu ?
- Chez Solvay, au labo à NOH...
- Et qui as-tu connu comme Espagnol ?
- Personne !
- Tu es sûr ? Tu m'as oublié ?
- Je ne me rappelle pas avoir connu d'Espagnol au labo...
 

Le mec a l'air désappointé, redémarre sur les chapeaux de roues, vire dans le clos du Lodaal, en fait le tour et repasse dans l'autre sens à au bas mot trois fois la vitesse autorisée.
 

J'ai rien compris ! En fait d'Espagnol, le gars me faisait plutôt penser à un Ukrainien pro-Russe en exil, mais il avait une plaque belge.
 

Les seuls Espagnols que j'ai pratiqués dans mon boulot, ce sont le chef du labo de notre usine de Torrelavega : Orbiso qui à mon avis doit être décédé depuis quelque temps et son adjoint ; Ruesga, un mec sympa qu'avec mon épouse nous avons emmené voir Bruges et qui y trouvait tout "Mag'nifique!".
 

Le conducteur dépité du bolide avait tout au plus cinquante ans mais j'en doute et si je l'avais connu au boulot, il aurait peut-être encore porté des culottes courtes à l'époque, il y a quand même bientôt vingt ans que je suis retraité. Je me demande bien pour qui il a pu me prendre et pourquoi, comme chante Lafleur, il faut toujours que ce soit moi à qui ce genre de truc arrive. Et pourquoi diable ce type s'est-il engouffré dans notre rue sans issue alors qu'il n'avait manifestement rien à y faire...


Troublant !

 


 

3 décembre 2024

Coïncidence malheureuse

La semaine dernière a vu l'anniversaire d'Émilie. Le repas célébrant cette circonstance avait été prévu dimanche et... il a bien eu lieu !

Notre fille nous avait préparé une de ces sessions "raclette" dont elle a le secret. Nous étions seize...

Quoi, les appareils ? Il y en avait quatre (on a éliminé le cinquième depuis l'an dernier où il faisait sauter le disjoncteur à tous les coups). Comme chacun comporte six places, ça faisait largement le compte, sauf que certains n'ont jamais assez de coupelles pour l'accomplissement de leurs cuissons parallèles Enfin , on s'arrangeait, d'ailleurs, personnellement je n'emploie qu'une seule de ces  petites poêles C'est toujours ça de gagné pour les autres.

Avant de passer aux choses sérieuses il y avait apéro : caïpirinha ou champagne (avec ou sans cassis) pour ceux qui n'aiment pas le citron. J'en ai vu un qui mélangeait les deux.

En amuse-gueule : tartare de thon, boudins (noir classique, blanc aux fines herbes, au curry, aux abricots, à la truffe), guacamole.

Entamons les cuissons...

Ceux qui connaissent notre fille ne seront pas étonnés mais je détaille quand même pour les autres. Outre quelques plats de salades variées qu'il ne fallait pas fristouiller, côté légumes à cuire il y avait :

  • des oignons 
  • des champignons
  • des chicons (endives pour les Français)
  • J'ai pas vu de tomates mais elles m'ont peut-être échappé

Côté poissonnerie :

  • grandes crevettes de Madagascar crues décortiquées
  • noix de Saint-Jacques
  • filets de rouget barbet ("salmonete" pour les Portugais)

Côté boucherie :

  • Porc noir de Bigorre
  • Agneau
  • Bœuf
  • Lapin
  • Veau (sous la mère)
  • Saucisses (trois variétés)
  • Lard de colonatta
  • Guanchale

Sauces :

  • Mayonnaise
  • Pomme-curry
  • Cocktail

Pommes vapeurs et pain bâtard

Beurre nature, à l'ail, aux fines herbes au piment d'Espelette

Bizarrement, il n'y avait que deux variétés de fromage raclette : un au lait de vache et un au lait de chèvre.

 

Émilie étant débordée n'avait pas réalisé de gâteau pour son anniversaire, alors, on a fabriqué de la pâte à crêpes,  lavé les poêles et chacun a cuit ses propres crêpes. En fin de cuisson on pouvait y déposer de la cassonade candi brune ou blonde ou (ma préférée) de la vergeoise (que les Belges appellent généralement "sucre gamin" parce que les paquets originels de la marque la plus répandue affichait l'image d'un petit garçon), verser une "clouche" d'alcool au choix (Armagnac, Cognac, Poire Williams, Rhum, Calva, Vieille Prune etc dommage, il n'y avait pas comme chez mon frère il y a longtemps de Curaçao bleu qui donne des crêpes vertes) et y bouter le feu (ce qui élimine la majeure partie de l'alcool).


Notre fils, lequel passe tout son temps libre dans les terres viticoles s'était chargé des vins : blanc de Loire nerveux et pour le rouge : un Morgon 2015 étonnant, les deux en magnums (parait que c'est mieux pour la conservation).

Le café, nous n'en avons pas pris : notre fille possède une de ces machines monstrueuses qui fabriquent n'importe quelle variante à partir de café en grains. Hélas, la variété de café qu'elle utilise ne nous plait pas trop.


En fin de soirée le constat est tombé : il restait de quoi faire un bis ! Pas grave, puisque tous les lundis nous passons la soirée chez elle.

 

Seul hic : ce lundi midi précisément je devais participer à un repas organisé comme chaque année par un ex-collègue et réunissant les membres anciens et actifs de la fraction "minérale" du département "analyse", un truc où je n'ai jamais œuvré, ce qui ne l'a pas empêché de m'y convier (faut dire qu'à la fin de ma carrière j'étais pour la moitié de mon temps responsable de l'assurance qualité pour l'analyse toute entière et que si je ne connaissais pas tout le monde, tout le monde me connaissait).

Là, nous étions quinze assis en rond (en carré plutôt). L'organisateur avait trouvé un moyen original pour que tout le monde puisse parler à tout le monde : à chaque changement de plat (5), on redistribuait les places à table ! Astucieux, hein ?


Si bien qu'à l'issue de ce machin, j'ai à peine eu le temps de souffler avant de repartir fristouiller sur la machine à raclette. Elle est parfois dure la vie de retraité !

 


 

 

8 décembre 2024

Bizarre !

 

Ce matin, le radio-réveil m'a éveillé !

"Quoi ? N'est-ce pas là son boulot ?" Me demanderez-vous...

Sans doute, sans doute, si l'on se fie aux mots, mais pour ce qui me concerne, ça ne m'était plus arrivé depuis des mois  et des mois, peut-être des années : je suis toujours éveillé avant lui !
Pire encore : j'ai pas dû me lever la nuit pour aller faire pipi !

Je dois être malade !
 

Je vais consulter ma médecine laquelle, ô miracle ! n'est pas en vacances pour l'instant.

(À moins qu'elle soit malade, elle aussi...)

 


 

 

 

8 septembre 2024

Le canal du Centre

 

Hier, en allumant la télé, je tombe sur une émission de la RTBF où un transfuge de RTL fait découvrir au petit peuple "Le canal historique du Centre". C'est un canal qui permettait au trafic fluvial de franchir la crête séparant le bassin de l'Escaut de celui de la Meuse. Pour ce faire on avait construit trois ascenseurs hydrauliques successifs à la suture des 19ème et 20ème siècles.

Depuis, on a établi une dérivation du canal en augmentant son gabarit et les 73.15m de dénivelé sont franchis en une seule fois au moyen d'un ascenseur "funiculaire".
 

La partie de l'ancien canal devenue inutile plutôt que d'être comblée et ses ouvrages d'arts détruits a été conservée et ses étonnants ascenseurs (une invention anglaise, il va sans dire) servent aujourd'hui de curiosité touristique.
 

Je vous raconte ça parce que dès mes neuf ans, je suis venu habiter le long de ce canal et que, voyez si je suis vieux, quand je l'ai connu, il était en pleine activité, entre autres parce que la centrale thermique où travaillait mon père était alimentée en charbon via des péniches.
 

Ça m'a fichu un choc parce que, par dessus le marché, j'y ai encore vu quelques péniches sans moteur tirées par des chevaux, puis des tracteurs et même une fois une de plus petit tonnage qu'on appelait "un sabot" tirée par une femme (une Hollandaise, c'est costaud les Hollandaise, un peu comme les Flamandes de Brel qui dansaient sans faiblir).

Comment ? ... Non son marinier de mari n'avait pas un fouet, pourquoi ?(...sans doute parce qu'on  n'en faisait pas d'assez longs).


Et je me suis rappelé qu'en tout début de mes études secondaires, j'avais dans ma classe le fils de l'éclusier et qu'avec lui, j'ai fait fonctionner l'écluse : ouverture et fermeture des portes et des vannes de vidange et de remplissage, le  tout à la main. J'ai aussi levé et baissé, toujours à la main, le pont-levis du bout de ma rue.

Dire qu'aujourd'hui, pour tout ça, on pousse sur un bouton... et on est mieux payé !


Je le savais : je suis né trop tôt !

Et, du coup (ça c'est moderne), je suis vieux, vieux, et ça commence à se faire sentir un peu partout ! Est-ce que pour autant je serai moi aussi classé au patrimoine mondial de l'Unesco comme ces ascenseurs ? J'ai comme un doute, c'est pourtant pas faute d'avoir escaladé des centaines de fois à vélo les contreforts de ces monstres d'acier.

 


 

2 septembre 2024

Prévoir, ça c'est bien !

 

C'est bien, mais ça ne sert pas à grand-chose : c'est comme la météo.
 

Mardi, nous devions nous rendre aux obsèques de ma cousine Odette, une des plus belles femmes qu'il m'a été donné de côtoyer (je ne dis pas "la plus belle" pour ne pas chagriner quelques personnes de ma connaissance, mais presque).
 

Nous devions donc rejoindre l'église de Vezin puis le crématoire de Ciney.

Vezin, c'est sur la rive gauche de la Meuse un peu en aval de Namur. L'endroit le plus connu des environs, c'est la grotte Scladina (voilà qui vous fait une belle jambe). Pour rejoindre ce patelin où j'ai passé de nombreuses vacances dans ma jeunesse, le trajet le plus court, c'est par l'autoroute de Namur. Mais avec les travaux pharaoniques du carrefour Léonard à l'embranchement de celle-ci avec le ring de Bruxelles (on ne dit pas rocade en Belgique), il y a des embouteillages monstres. J'ai donc décidé de prendre plutôt celle de Liège et de faire le tour par Hannut afin de gagner du temps.

Bien vu !

Sauf qu'un peu avant la sortie de Bertem un énorme camion avait emplafonné trois voitures (il essayait peut être d'égaler l'exploit du vaillant petit tailleur), si bien que ça nous a pris une demi-heure pour parcourir deux kilomètres !


Quoi, Waze ? Mon smartphone n'a même pas de GPS !

Bon, celui de mon épouse en a un, mais en voiture, elle dort, confiante en mes talents de taximan surbooké.
 

Comment ?  En retard ? Pas du tout  (comme dit Dutronc),  je calcule toujours large, très large...

 

 


 

11 août 2020

Cataracte


Ça avait déjà bien démarré voilà une semaine : m'étant présenté au guichet des admissions après 48 heures d'instillations de gouttes diverses dans l'œil ad  hoc (le gauche donc)  en vue de l'opération de la cataracte, j'avais suscité l'ébahissement de la préposée qui ne trouvait aucune intervention de ce genre dans le planning du jour.

L'homme de l'art avait annulé l'opération et son secrétariat omis de m'en avertir.

Ce matin donc, nous remettons ça.

Une autre préposée veut tout savoir de moi et me demande un tas de données dèjà présentes dans la base de données de l'établissement, parait qu'il faut vérifier ! Quand arrive le tour de l'identité de mon médecin traitant, ça coince : inconnu au registre national. Ça finit par s'arranger à la troisième tentative, j'imagine qu'elle s'était emmêlé les doigts en tapotant son clavier (faut dire que ma "médecine" n'est pas très coopérative : son nom est Kelgtermans).

Je peux enfin rejoindre ma "chambre" privée (y en n'a pas d'autres parce sinon, le prestataire ne peut pas encaisser de supplément d'honoraires). Là, une infirmière au fort accent slave mais néanmoins charmante, me demande de me déshabiller et d'enfiler la tenue standard de l'opéré.

"C'est pour l'œil droit" me dit-elle car elle doit elle aussi y mettre une goutte préparatoire.

"Non, c'est le gauche !" lui réponds-je du tac au tac, "D'ailleurs c'est dans celui-là que je me suis instillé tous les collyres prescrits".

Elle disparaît pour consulter qui de droit et revient confirmer que c'est moi qui ai raison : l'œil droit, ce sera pour mardi prochain : ils avaient oublié de tenir compte de l'annulation de la semaine précédente.

On me colle une perfusion et une goutte dans l'œil et on m'emmène dans le salle d'op. On me fait allonger sur la table et me caler l'occiput dans un creux, on me sangle les bras et m'immobilise la tête. Une infirmière tout en m'avertissant que celle-là pique un peu me fiche un goutte dans l'œil... droit ! Comme je lui fais remarquer que ça ne va pas aider pour l'opération du gauche elle dit "Oh, j'étais distraite!" m'en colle une dans l'œil gauche et me rince le droit (je me serais bien rincé l'œil moi même d'autant que la petite dame est charmante, mais j'avais les bras attachés !).

Les choses sérieuses se préparent, tout semble baigner dans l'huile jusqu'au moment où le praticien veut mettre le microscope/binoculaire/spot lumineux/caméra en place. Y'a quelque chose qui coince !

Ils tripotent l'installation , changent trois fois le câble (le point rouge vers le haut !) et, en désespoir de cause décident d'amener un autre appareil. Pendant tout ce temps, comme mes paupières sont maintenues ouvertes par un dispositif qui me rappelle Orange Mécanique, l'infirmière continue imperturbable à me rincer l'œil.

Finalement, les chose s'arrangent et on peut procéder.

Je vous épargne les détails, chères âmes sensibles (encore que ce ne soit pas douloureux).

Mais tout cela n'était rien. Comme je devais être à jeun, à la fin de tout, c'est le cas de le dire, ils m'ont filé... une Madeleine ! VDM...

Tandis que je vous écris les lunettes de traviole rapport à la coquille protectrice posée sur l'œil opéré (oui, oui, le gauche !) je me demande quelles aventures seront au menu mardi prochain...

 

5 mars 2025

Inspiration minéralogique

 

Hier, après avoir été faire courir le chien qui est une chienne, je suis allé sonner à la porte de notre médecin (qui est une médecine) pour récupérer une prescription de kiné pour mon épouse, puis j'ai poussé jusqu'aux bureaux de notre mutuelle pour y déposer quelques attestations de soins et autres trucs (partiellement) remboursables. Habituellement, je les déposais dans une boîte à courrier destinée à cet effet à l'entrée du site du labo où j'ai réalisé la brillante carrière que vous savez, mais comme ils sont en train de finir de déménager de patelin, je ne sais pas si elle est encore en service, alors...
 

Mais je m'égare...
 

Sur le chemin, je suivais une voiture dont la plaque d'immatriculation était 1-AKT-... (je ne me rappelle plus les trois chiffres terminaux).

Ça m'a évoqué subitement le patois de ma région d'origine où, phonétiquement, AKT ça signifie "acheter".

Dans la foulée, je me suis aussi rappelé que quand j'étais tout jeune, les parents en cas d'extension de la famille, plutôt que d'évoquer des choux, des roses ou des cigognes, disaient à leurs jeunes enfants que "Maman est allée à la maternité acheter un petit frère (ou une petite sœur)".

J'ai toujours suspecté que cette région était idéale pour les trafics d'enfants !

Je me suis aussi souvenu de mon condisciple Paris (ouais, comme celui de la belle Hélène, cette bonne poire) réputé le cancre de la classe qui, quand on lui racontait ça, répondait dans sa langue maternelle (le wallon, qu'il pratiquait beaucoup plus aisément que le français deuxième langue obligée pour lui) :
 

"À no maison, c'qu'on sait fait li-même, on n'l'aquate nin !"
 

Faisant ainsi la preuve de connaissances bien supérieures aux nôtres dans le domaine de la survenance de nouveaux rejetons dans les familles ! Faut se méfier des réputations !

 


 

1 mars 2025

Regarde un peu...

 

L'autre jour, nous quittons l'immeuble le chien qui est une chienne et moi pour sa sortie de l'après-midi.

Tandis que nous descendons le chemin qui mène à la sortie de la (co)propriété, il s'arrête brusquement. Comme c'est lui qui me promène, je stoppe également. Au bout de sa laisse tendue il tend lui-même le cou pour regarder une dame, blonde, la soixantaine bien tassée, qui traîne un caddie à travers la pelouse pour s'arrêter devant la haie qui sépare la propriété du jardin d'une villa de la rue de la Tour Japonaise. Jardin qu'elle semble examiner avec attention.

Et nous voilà, bien alignés, moi qui regarde le chien qui regarde la dame qui regarde le jardin...

Manquait qu'un photographe pour immortaliser l'instant !

 


 

 

29 juin 2024

Un petit café ?

 
Lorsque nous rentrons de sa promenade ce matin le chien qui est une chienne et moi, mon épouse me pose une étrange question : "La voiture est au garage ou devant l'entrée ?". Étrange jusqu'à ce qu'elle me rappelle que j'ai été réquisitionné pour conduire Louise au manège et que je devais être chez elle pour 10h30. Sa sœur participe à un concours de dressage dans le Limbourg et ses parents l'y ont accompagnée.

De chez moi jusque chez ma fille, par circulation calme, ça prend une dizaine de minutes. Sauf qu'il n'y a que deux itinéraires possibles : contourner le plateau du Heysel par le nord ou par le sud. Et comme le plateau du Heysel, entre les visites de l'Atomium, les expos, les foires, les restos suspendus, les concerts, le foot, etc... c'est rarement calme. Et ce weekend, rien que pour m'em....er, c'est le festival Couleur Café. Ne pouvant emprunter la Chaussée Romaine complètement bouchée, j'ai décidé de couper à travers le plateau lui-même. Miracle ! J'étais (presque) tout seul.

Quand en débouchant du plateau j'ai voulu prendre à droite pour contourner l'hôpital Brugmann, une voiture blanche prioritaire de gauche s'est jetée devant moi pour me barrer la route et laisser passer un cortège de bagnoles klaxonnant comme si leur équipe avait gagné la coupe mondiale de foot. Du toit ouvrant de la voiture dépassait la partie supérieure d'une évaporée s'agitant dans tous les sens en brandissant un smartphone. Tout ça pour un mariage qui ne durera sans doute pas plus de deux ans.

Je les ai copieusement invectivés et injuriés. Si mon épouse avait été présente, elle m'aurait fait remarquer que les cons cernés (excusez-moi, j'ai pas pu m'empêcher) ne m'entendaient pas, eux !

Elle aurait eu parfaitement raison (mon épouse a toujours raison : c'est une femme !). C'est pourquoi je vais faire installer des hauts-parleurs extérieurs sur ma voiture : aujourd'hui avec le bluetooth et tous les accessoires connexes, ça devrait être facile et mon message parviendra à qui de droit !

 


 

25 mars 2024

La semaine démarre sur les chapeaux de roue

 
Huit heures, tout baigne : la nuit s'est relativement bien passée en dépit du Menetou-Salon (blanc), du Sancerre (rouge), des croquettes de crevettes et de Parmesan, du vol-au-vent et des profiteroles (oui, hier toute la famille était au resto because l'anniversaire de ma moitié).  Le petit-déjeuner est prêt, mon épouse sort de la salle de bain, je peux démarrer  la confection du thé (vert) et du café (arabica)...

Le chien qui est une chienne surgit et se met à geindre et à tourner en rond : je conclus qu'il veut sortir pour faire pipi (et plus si affinités). Je reporte à plus tard la préparation des boissons chaudes, enfile mon parka, enfile son harnais au chien, l'accroche à sa laisse et débloque la serrure de la porte...

Pendant ce temps, le téléphone de mon épouse a sonné elle décroche et après quelques mots, elle m'appelle : notre fille se trouve au garage Toyota à Anderlecht. Elle est allée y déposer le pick-up d'Émilie et doit en repartir avec un véhicule de remplacement.

Pour ce faire, elle doit laisser une photocopie de sa carte d'identité et de son permis de conduire, permis qu'elle ne retrouve pas dans son sac malgré des fouilles approfondies (vous connaissez les sacs des dames, n'est-ce pas).

Moralité : elle demande que je la rejoigne dare-dare pour qu'on enregistre la voiture avec mes coordonnées. Tu parles : dare-dare sur le ring extérieur de Bruxelles à 8 heures trente un lundi matin.

C'est donc mon épouse qui se chargera de la promenade du chien et de la préparation de son café tandis que j'empoigne une des quatre petites tranches de cramique  que j'avais préparées pour moi. Je l'engloutis vite fait pendant que l'ascenseur me descend au garage. Pour le thé, je me contenterai d'une gorgée de Perrier (mon épouse exige la présente permanente de bouteilles de ce breuvage bulleux dans la voiture).

Le voyage vers Anderlecht est un peu moins pénible que je croyais : la circulation sur le ring se fait en moyenne à 40 km/h, en accordéon. L'accès en a été un peu éprouvant parce qu'il m'a fallu prendre la bretelle d'entrée du ring intérieur, traverser les trois files de bagnoles, passer sur le pont qui passe au-dessus du ring, m'insinuer dans l'autre sens dans la circulation qui venant d'Anvers va s'insinuer dans celle du ring extérieur. Mais ça va, je suis plutôt doué pour jouer du clignotant, des coups de freins, d'accélérateur et de volant.

Et me voici à destination. Le garage Toyota d'Anderlecht situé sur la sortie de l'autoroute de Mons (et par conséquent dans l'entrée de Bruxelles le long de la ligne de chemin de fer Paris-Bruxelles et inversement),  c'est un endroit  entouré d'un parking d'environ quarante emplacements où s'entassent une grosse centaine de véhicules.

Première tentative ratée, je remonte sur la sortie du ring, la traverse  et vire à gauche dans une sorte de route de connexion où il m'a semblé apercevoir une place de stationnement libre depuis la sortie. Une fois sur place, je constate que pour entrer ma bagnole là-dedans, faudrait d'abord que je démonte les pare-chocs et j'ai pas les outils.

Je refais une boucle et m'arrête à nouveau devant l'entrée des bureaux du concessionnaire et j'appelle ma fille qui m'envoie me garer (en triple file) devant le pare-choc du char d'Émilie. Le mec qui surveille le parking me regarde sortir de ma tire d'un œil suspicieux mais ne fait pas de commentaire.

Je rejoins ma fille et vais faire photocopier les documents d'identité et signer le document de prise en charge de la voiture de remplacement. Une fois l'affaire réglée, je remets le papier et la clef du véhicule à ma fille qui va l'emmener Dieu seul sait où sans permis de conduire.

Je n'ai plus eu qu'à parcourir le ring dans l'autre sens (celui qui est le plus bouché en matinée) et rentrer chez moi embarquer le chien qui est une chienne qui n'envisage pas un seul instant de faire l'impasse sur sa galopade matinale dans le domaine des Trois Fontaines.

Elle est pas belle la vie ?

 

27 novembre 2024

Trois heures du matin

 

On sonne et tambourine sur l'huis (comme disait La Fontaine, lequel servait d'exemple au type de personnalité : non actif, non émotif, primaire, que m'avait attribué un test fait il y a longtemps dans un magazine féminin) de notre appartement. (ça c'est un truc pour allonger la sauce que j'ai trouvé chez Marcel).


Pas de panique : je sais qui c'est ! Je me lève et ouvre la porte : Bingo! c'est notre voisine de palier.

La fois précédente (à trois heures de l'après-midi) elle tenait à la main la partie mobile du téléphone de sa ligne fixe qui "ne fonctionne plus" selon elle. En fait elle en avait tellement tripoté les touches qu'elle avait réduit au minimum le volume de la sonnerie et, comme elle est un peu dure de la feuille...

L'antépénultième fois, c'était son GSM qui ne fonctionnait plus (et pour cause : elle avait épuisé son forfait).

Cette fois, c'est une alarme qui sonne dans son appartement et elle ne sait pas d'où ça vient et ... elle m'emmène dans sa chambre !

Ouais, je vous vois venir petits coquins, mais la môme a 92 ans et bien qu'elle soit un  peu plus grande que moi, elle fait tout de suite une trentaine de kilos et est emballée dans une robe de chambre malgré que partout dans son appart la température doit dépasser allègrement les 26°C.

En progressant dans le hall de nuit, elle s'exclame : "Ah, c'est fini !" preuve supplémentaire de ses insuffisances auditives puisque moi, je perçois le hurlement du coupable que je découvre sur le lit sous une pile d'oreillers et de coussins sans doute prélevés dans le salon.

Quand je soulève le tas, le machin, un truc en plastique jaune un peu plus grand qu'une boîte d'allumettes et muni d'une sorte de haut-parleur à membrane métallique, fait un boucan de tous les diables qui me vrille les tympans.  Le fond du boîtier est maintenu par deux petites vis à tête en croix et en dehors de ça, il y a une petite ouverture métallique que je prends pour un jack d'alimentation.

Bien sûr elle n'a jamais vu la chose qu'elle a découverte dans le tiroir de sa table de nuit et qui s'est mise en route dès qu'elle l'a prise en main.

Il me semble que prendre le temps de dévisser les fixations du fond me rendra plus sourd encore que la voisine. Et je redépose le truc sous sa pile de coussins et propose à la môme de lui filer un bon coup de marteau pour le faire taire (parfois j'aimerais bien aussi la faire taire, mais ma mère m'a interdit de frapper les dames). Elle acquiesce (quel merveilleux mot) et je retourne m'armer chez moi.

De retour, je pose le truc sur un gros marteau et tape vigoureusement dessus avec un plus petit, en vain : c'est à peine si je parviens à enlever un éclat de plastique, l'objet de mon défoulement doit être blindé et impossible d'essayer plus longtemps, on va réveiller tout l'immeuble !

Je repose le dit objet sous ses coussins et la voisine veut absolument me montrer où elle a pris l'instrument : je jette un œil dans le tiroir : rien...

En me retournant pour repartir, j'aperçois sur la place libre du lit un minuscule objet muni d'un petit anneau métallique : une goupille ! Je l'introduis à tâtons dans l'orifice de la sirène et paf ! Tout s'arrête... le machin est une alarme anti vol ou intrusion : on l'attache quelque part et on tend un fil entre l'anneau de la goupille et l'objet à protéger et, au moindre mouvement...  j'ai plus qu'à me lever !

 


 

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