26 février 2017

Comptages

 

Je sais qu'on va le savoir que nous sommes dans un hôtel de la Côte d'Opale, mais bon, c'est notre anniversaire de mariage et vous connaissez mon épouse !

Comment, non ?

Eh bien tant pis pour vous !

Nous étions venus au même endroit à la même époque il y a deux ans.

Rien n'a changé depuis, en dehors des prix et du fait que les chiens sont désormais interdits dans la salle des petits-déjeuners. Je suis donc obligé d'aller enfermer le nôtre dans la voiture pendant la durée de notre repas, ce qui me donne l'occasion de traverser le parking de l'hôtel, de reluquer les immatriculation des véhicules présents et de dresser le constat suivant :

stat

Les Keis sont les Néerlandais (ils se reconnaissent au débordement de leur plateau de petit-déjeuner)

Les British semblent se foutre du Brexit

Les Belges sont pour la plupart Flamands

Les Français brillent par leur absence

Ceux des politiciens locaux qui, dans leur splendide isolationnisme, comptent sur la consommation intérieure pour relever l'économie française, n'ont pas fini de se faire des cheveux !

 

P.S. : J'ai même dégoté un Angliche déterminé à échapper au Brexit, mais ça, c'est une autre histoire.

P1080777


Posté par Walrus à 10:16 - - Commentaires [19] - Permalien [#]
Tags : , ,


29 janvier 2017

Dans la série "On n'arrête pas le progrès" : les voitures


Je vous ai dit que nous avions acheté une nouvelle voiture ? Ah oui, ici, vous avez raison !

gastQuand j'étais tout jeune, dans les années 40 donc, il y avait très peu de voitures et elles ressemblaient plus à la bagnole de Gaston qu'aux bolides d'aujourd'hui.

stud

Un peu après, on a vu apparaître des voitures américaines munies d'une malle arrière protubérante (les Studebaker par exemple) dont nous nous gaussions en disant qu'elles avaient deux avants et pas d'arrière. (Vous pouvez cliquer sur les photos)

Aujourd'hui, nous trouvons tout naturel de parcourir sans trop d'encombre deux ou trois cent mille kilomètres avec la même voiture. Dans les années soixante, par exemple, cela relevait encore de l'exploit.

merD'ailleurs, Mercédès en 69 octroyait encore une récompense aux conducteurs de ses voitures qui atteignaient les 100.000 km : diplôme et épingle de revers pour le pilote, macaron pour la voiture.

Ah, c'était le bon temps des mains dans le cambouis ! Allez, qui parle encore aujourd'hui de rechemiser les cylindres ovalisés, de resegmenter les pistons, de brûler les soupapes ? Qui soulève encore le capot pour tripoter le levier de ralenti, la vis de mélange, l'avance à l'allumage, l'écartement des électrodes des bougies ?

On est privé de bien des agréments sur nos voitures modernes, croyez-moi !

Leurs mécaniques sont devenues tellement fiables et leurs lubrifiants tellement performants que les entretiens sont séparés par des lunes !

Mais rassurez-vous : grâce à l'électronique embarquée, vous pouvez espérer vous retrouver plus régulièrement en rade sur le bord de la route. Sauf que là, inutile de soulever le capot : faudra remplacer les circuits intégrés et autres processeurs et ça m'étonnerait qu'on puisse le faire nous-même...

Non, non, je vous le dis : on n'arrête pas le progrès !


Posté par Walrus à 10:43 - - Commentaires [13] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 octobre 2013

Esprit de contradiction

L'autre jour, c'était dimanche sans voitures dans notre bonne ville. À cette occasion, mon épouse et moi quittons toujours la capitale (belge) pour une petite excursion... en voiture. Nous ne tenons pas particulièrement à assister à la démonstration brillamment répétée chaque année que si les cyclistes sont les plus fragiles des usagers de la route, ils en sont aussi, et de loin, les plus inconscients.

Françoise avait décidé d'aller revoir Chimay et d'y prendre le repas de midi. L'ennui, c'est qu'en devant quitter Bruxelles avant neuf heures et au regard des dimensions minimalistes du pays vous vous retrouvez (presque) n'importe où en moins de deux heures, même si vous vous dégourdissez les pattes et celles du chien une demi-heure en forêt de Rance.

Nous étions donc à Chimay bien avant midi et nous nous sommes contentés d'une traversée à faible allure de la place communale sur laquelle outre la collégiale et le château se trouve "Les armes de Chimay", un restaurant où ma moitié avait fait un stage aux temps lointains de ses études, question de voir "ce que c'était devenu".

Il nous est alors revenu que lorsque nos enfants étaient très jeunes, nous avions par deux fois loué pour des vacances le rez-de-chaussée de la maison de campagne que les tenanciers de cet établissement possédaient à Haybes sur  Meuse. Nouvelle poussée de nostalgie dans le chef de mon épouse et décision de continuer notre traversée de l'entre Sambre et Meuse en direction de ses souvenirs. Quelques dias d'époque ?

Haybes037    Haybes045    Haybes050

 Quelle idée ! Sans pratiquer le dimanche sans voitures, la plupart des villages de l'itinéraire étaient pourvus de déviations. Celui qui n'avait pas sa fête locale avait son moto-cross et entre Nismes et Olloy, c'était la fête des trains à vapeur !

DSCN3217

Après quelques tours et détours, montées et descentes de côtes à 10%, nous sommes parvenus à Haybes et ses anciens gisements d'ardoise. La Meuse est toujours là, calme, comme endormie au creux de ses versants boisés sur les pentes desquels nous avions assisté à une course de côte lors de notre séjour ancien.

DSCN3218

C'est donc là que nous avons déjeuné. Nous sommes ensuite repartis pour rejoindre la Belgique en faisant une boucle à travers le massif boisé tellement peu fréquenté que sur le bas-côté une biche nous regardait passer. Arrivés à un carrefour où nous aurions dû tourner à gauche, un panneau routier mentionnait Charleville à une quarantaine de km vers la droite. Nous nous sommes alors souvenus de la jolie place ducale de l'endroit, entourée de bâtiments de style classique où nous avions fait notre marché un calme matin de septembre en compagnie de notre propriétaire de l'époque et nous avons décidé d'aller la revoir.

La difficulté à trouver un stationnement, même dans un parking payant un dimanche après-midi aurait dû nous mettre la puce à l'oreille, mais bon, quand on est con...

Pour une photo dégagée de ce bel endroit, faudra qu'on y retourne une autre fois parce que là, c'était festival mondial des théâtres de marionnettes... ils m'ont pris pour un guignol !

DSCN3219      DSCN3222


Posté par Walrus à 15:33 - - Commentaires [23] - Permalien [#]
Tags : ,

01 novembre 2010

Dernier virage

Vendredi, mon épouse m'avait emmené faire la tournée des cimetières. Elle avait choisi ce jour-là parce que la météo avait prédit qu'il serait le seul potable en cette fin de semaine. Et effectivement, il faisait beau.

Je ne sais si c'est l'ambiance de ces endroits ou l'une ou l'autre parole échangées entre ma femme et sa cousine lors du déjeuner (essayez donc de remonter le fil de vos pensées pour tenter d'établir l'origine profonde de la dernière qui vous assaille) mais je me suis soudain retrouvé à me demander si cette voiture qui nous transportait d'un site funéraire à un autre n'allait pas être la dernière que j'achèterais.

C'est que je viens d'entrer dans ma septantième année (façon astucieuse d'éviter de dire que je viens de fêter mon soixante-neuvième anniversaire et d'encaisser les fines allusions concomitantes) et qu'il n'est pas certain que je disposerai encore très longtemps des aptitudes nécessaires à la conduite d'un véhicule.

Depuis notre mariage, nous en sommes à notre treizième voiture. L'actuelle vient d'avoir quatre ans et n'a encore parcouru que quatre-vingt mille kilomètres, soit vingt mille kilomètres par an, ce qui est peu par rapport à ce qu'avalait (en voiture, bien sûr) mon épouse au temps où elle sillonnait toute la partie francophone de la Belgique pour aider les aveugles tardifs à s'adapter à leur environnement quotidien.

Étonnant, me direz-vous, d'utiliser des voitures pour jalonner le cours de vos existences. Mais que voulez-vous, on a les repères qu'on peut. Si j'avais choisi nos chats, d'abord nous n'en avons pas toujours eu, ensuite nous en avons souvent eu plusieurs en même temps et enfin, ils vivent largement plus de dix ans. Tandis que treize voitures en quarante-six ans, ça fait des tranches de trois ans et demi. C'est un peu plus précis comme découpage.

Bien sûr, ce n'est que statistique, la R5 avec laquelle mon épouse a tenté de renverser un autobus a duré moins longtemps que les autres.

Moi, quand j'ai mis un des breaks 18 sur le toit (je parle de son propre toit, pas du toit d'un immeuble quelconque dont j'aurais escaladé la façade grâce à mon style de conduite habituel), j'ai attendu pour le faire qu'il ait atteint l'âge moyen de nos bagnoles, ça fait plus ordonné.

Parallèlement à cette interrogation fortuite, ma petite machine mentale tentait d'établir un bilan de cette existence déjà bien avancée (j'adore ce mot et son parfum de fraîcheur douteuse). La balance oscillait dangereusement au fil des éléments pris en compte, mais est-il bien utile de vous gonfler avec ça ?

J'ai employé ce dernier verbe pour rester dans l'ambiance voiture, bien sûr !

sunbeam  ...............  58551660_1_


Posté par Walrus à 12:15 - - Commentaires [29] - Permalien [#]
Tags :