12 juillet 2016

Dans ma petit tête

L'autre jour, je suis entré dans la cuisine pour préparer le petit-déjeuner avec dans la tête la mélodie d'Angelina. L'ennui, c'est que je connais trois versions chantées de cet air, toutes avec des paroles différentes, si bien que je m'y perds un peu. Il y a la version universellement connue de Louis Prima, celle dans le même esprit du Grang Jojo et, extirpée de mes souvenirs de jeunesse, celle de Tino Rossi.

Dans ma petite tête, j'essaie de les classer par ordre chronologique (Rossi, Prima, Jojo) puis, je passe à autre chose : dans les deux versions les plus récentes il est question de macaroni et de spaghetti, dans celle du sirupeux Rossi, pas du tout.

Les macaronis me rappellent que dans ma prime jeunesse on appelait ainsi les immigrés italiens venus ramasser la silicose dans nos charbonnages. Espoir d'un début d'intégration, certains y ajoutaient même "Soubry" une marque de pâtes tout ce qu'il y a de belge.

Moi, dans mon école primaire de Montignies-sur-Sambre, mon meilleur ami s'appelait Roberto Botti et ça a été une déchirure lorsque j'ai dû déménager pour rencontrer Maria...

Les spaghetti, eux, m'ont rappelé une autre histoire : lors d'un échange international, nous avions logé dans les chambres de nos enfants partis au camp deux animateurs scouts italiens. L'un appartenait au scoutisme catholique, l'autre, comme nous, au scoutisme pluraliste (mais tous deux étaient catholiques). L'un était le fils du procureur en charge à l'époque de l'attentat de la gare de Bologne, l'autre sortait des Dolomites et ses compagnons du centre de l'Italie le surnommaient "El Tedesco".

Le premier est un peu maniaque et lorsque nous les emmenons au restaurant, il se refuse à manger autre chose que des spaghettis avec du beurre (dure négociation dans un resto spécialisé dans la viande chevaline). Chez nous, il tient absolument à nous préparer des spaghetti alla carbonara, mais il veut des spaghetti en paquets longs que je finirai par dégoter. J'avais oublié qu'alors, on ne trouvait que des spaghetti d'une soixantaine de centimètres de long, les Italiens les emballaient sans les plier alors que nous les pliions en deux pour avoir de plus petites boîtes, aujourd'hui, on ne trouve plus que des tronçons d'une bonne vingtaine de centimètres.

Après, j'ai perdu le fil, sans doute à cause des quartiers d'orange qui se bloquaient dans la trémie du slow juicer et réclamaient mon attention...


Posté par Walrus à 11:49 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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