01 février 2019

À la recherche du temps perdu

 

À l'époque, il n'y avait ni pluie, ni vent, ni neige...

Pour tout dire, il n'y avait strictement rien.

Et là  le temps a commencé.

Oh, pas un départ en fanfare, non, un simple frémissement du vide quantique derrière le mur de Planck.

Le "Fiat Lux !" ce serait pour un peu plus tard : 380.000 ans.

Avant ça, l'univers était opaque, comme un texte de Marcel.


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19 décembre 2016

C'est mon neveu qui a recommencé !

 

Dans un de ses billets que j'avais lu sans le commenter pour ne pas alourdir l'addition, mon neveu Joe se paie doucement la carafe de mon auteur favori.

Mais trop tard, le ver était de retour dans le fruit !

Aussi, c'est immédiatement à ce cher Marcel que j'ai pensé  en découvrant ce passage de Thomas Mann , hameçonné que je fus (comme on dit aujourd'hui) par les mots "de bonne heure" chers à l'individu en question :

"Il s'était pourtant de bonne heure rendu compte qu'il appartenait à une génération où était rare, non point le talent, mais le fonds de santé dont le talent a besoin pour s'épanouir."

Voilà qui explique bien des choses ! Manque d'épanouissement !

Remarquez, ça fait un moment que j'avais pressenti quelque chose de ce genre, je m'en étais d'ailleurs ouvert voici quelques années aux lecteurs du défi du samedi.

Comment ça, c'est moi le grand malade ?

Après tout, vous avez peut-être raison : voici quelques jours, mon épouse m'a emmené acheter son inmanquable sapin de Noël.

Elle a choisi un Nordmann qui a l'avantage de conserver très longtemps ses aiguilles, mais ne présente par contre pas l'odeur caractéristique des résineux.

Mais qu'à cela ne tienne : d'abord on l'installe dehors et ensuite je peux facilement compenser cette perte de senteur de sapin si j'en crois mon taux de créatinine.

 

sapin

 


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28 septembre 2016

Mea maxima culpa

Vu mon grand âge, vous pensez si j'ai péché de toutes les manières. Mais ma dernière faute est la plus vile, la plus abominable, la plus sournoise qui soit : j'ai approuvé Marcel !

Comment j'ai pu en arriver là ? Je ne dénoncerai pas celui (ou celle) qui, pour appuyer sa façon de juger une œuvre d'art, citait un extrait du "Contre Sainte-Beuve" du dit Marcel, je ne suis pas une balance ! (Bon, j'ai des tendances, je suis quand même né un 22 octobre). Cet extrait disait en substance "Il n'est pas nécessaire de tout connaître d'un auteur pour apprécier une de ses œuvres".

Bien sûr, être d'accord avec l'opinion de quelqu'un sur un point précis ne veut pas dire qu'il entre ipso facto au panthéon de vos divinités personnelles. D'autant qu'avec Marcel, situer un point précis de sa pensée relève du défi quasi insurmontable : il entoure sa position de tant de détails, de circonvolutions explicatives, de digressions fortuites, qu'on finit par perdre le fil : trop de précisions tuent la précision.

Il n'empêche, pris d'une pulsion aussi coupable qu'irrépressible, j'ai téléchargé le bouquin (en format pdf, ce qui me vaut de devoir le lire en caractères microscopiques mettant à rude épreuve les dioptries correctives de mes lunettes) et, pire, je me suis mis à le lire ! (Mea culpa et caetera)

Il est de notoriété publique que tout crime porte en soi son châtiment et je vous prie de croire que ça n'a pas raté ! On comprend que le machin n'ait été sorti des limbes, où son propre auteur l'avait lui-même enterré, qu'en 1954 par une victime de la marcelomanie compulsive, un des pires fléaux pouvant atteindre l'humanité souffrante.

Au cœur du dédale labyrinthique de la prose proustienne, j'ai quand même relevé quelques détails intéressants :

  • l'ancêtre de la fameuse Madeleine se révèle être une vulgaire biscotte
    ...au moment où je mis le pain grillé dans ma bouche et où j'eus la sensation de son amollissement pénétré d'un goût de thé contre mon palais , [...] Alors je me rappelai : tous les jours, quand j'étais habillé, je descendais dans la chambre de mon grand-père qui venait de s'éveiller et prenait son thé. Il y trempait une biscotte et me la donnait à manger...
  • l'auteur maudit est un (auto)branleur 
    C'était pour un cabinet une très grande pièce. Elle fermait parfaitement à clef, mais la fenêtre en était toujours ouverte, laissant passage à un jeune lilas qui avait poussé sur le mur extérieur et avait passé par l'entrebâillement sa tête odorante. Si haut (dans les combles du château), j'étais absolument seul, mais cette apparence d'être en plein air ajoutait un trouble délicieux au sentiment de sécurité que de solides verrous donnaient à ma solitude. L'exploration que je fis alors en moi-même, à la recherche d'un plaisir que je ne connaissais pas, ne m'aurait pas donné plus d'émoi, plus d'effroi s'il s'était agi pour moi de pratiquer à même ma moelle et mon cerveau une opération chirurgicale.
  • l'auteur en question est un indécrottable snobinard parigot
    Il pourra se faire qu'une détestable représentation musicale dans un théâtre de province, un bal que les gens de goût trouvent ridicule, soit évoquent en lui des souvenirs, soit se rapportent en lui à un ordre de rêveries et de préoccupations, bien plus qu'une admirable exécution à l'Opéra, qu'une soirée ultra-élégante dans le faubourg Saint-Germain.
  • sauf pour le "grand", il est un spécialiste de la paille et de la poutre
    Chopin, ce grand artiste maladif, sensible, égoïste et dandy...

Bon, j'ai pas tout lu (j'ai déjà donné pour la recherche, faut pas exagérer) et je m'en tiendrai là.

Quoi ? Si j'ai téléchargé Jean Santeuil ? Vous foutez pas de ma gueule hein, j'ai déjà dû balancer Les plaisirs et les jours aux vieux papiers et le voddenman le regardait d'un air suspicieux...


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04 mai 2016

Proust alors !

Celle-là, je ne pouvais pas la rater !

Un site spécialisé nous informe que Sotheby's va mettre en vente prochainement quelques documents proustiens.

Parmi ceux-ci, une vue de la façade ouest de la cathédrale d'Amiens, de la main de l'artiste !

proustamiens

 

Ah mais...

C'est qu'il dessine mieux qu'il n'écrit le Marcel !


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22 décembre 2013

On va finir par le savoir !

C'est marché de Noël au Bois du Cazier à Marcinelle. Mon épouse m'y a entraîné; elle voulait y rencontrer quelqu'un.

Autour de cet ancien charbonnage célèbre depuis qu'une catastrophe s'y est produite au temps déjà lointain de son exploitation, il n'y a pas une place de stationnement à dégoter. Aussi ai-je déposé ma moitié à l'entrée avec pour consigne de m'appeler dès qu'elle en aura terminé avec son amie.

À force de chercher un endroit où attendre son coup de fil, je finis par découvrir un immense parking complètement désert en face du cimetière local. Celui-ci est établi sur une butte qui domine le charbonnage : il se trouve à quelques centaines de mètres de ce qui fut son principal fournisseur.

Malgré mon goût des endroits reposants, je ne le visite pas : le soir tombe, il fait de plus en plus sombre et une petite promenade avec le chien m'a déjà permis de goûter le côté mordant du vent d'hiver qui balaie le sommet de cette colline. Et de toute manière, je sais que j'y trouverais le carré réservé aux victimes des catastrophes minières, je connais par cœur ce genre d'endroit, je suis né à quelques kilomètres, au beau milieu du "Pays Noir". Je reste donc dans la voiture, le téléphone à portée de main.

À la radio, Xavier Deutsch vante les qualités de la collection "La Pléiade". Dommage qu'il croie utile lui aussi à cette occasion de nous assurer qu'on n'est plus le même homme quand on a terminé la lecture de...   À la Recherche du Temps Perdu !

Enfonceur de portes ouvertes !

Évidemment qu'on est un autre homme, avec le temps qu'on y passe on est vachement plus vieux qu'avant de s'y être mis.

Dommage, avant je l'avais trouvé bien ce garçon qui prônait la circulation des livres (en les abandonnant dans des endroits publics accompagnés d'une petite note engageant le découvreur à les lire et à continuer la circulation) et déclarait qu'il n'aimait pas les auteurs qui croient utile d'expliquer aux lecteurs comment lire leur œuvre. Tandis que vous écrivez votre roman, disait-il, vous êtes le maître, vous en faites ce que vous voulez, mais dès que vous le faites éditer, il ne vous appartient plus, il devient la chose du lecteur qui en fait à son tour ce qu'il veut et l'interprète de la façon qui lui chante. Et si ça ne vous plaît pas, ben tenez-le pour vous votre bouquin !

Ouais, dommage, il était bien ce garçon avant de ramener sa madeleine...

madeleine1_3


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17 novembre 2013

Mais c'est pas vrai !

Hier, de retour des courses au volant de ma voiture, j'écoute l'émission "Bientôt à table" diffusée sur la radio de bord par la première chaîne de la RTBF.

Carlo De Pascale nous y fait l'éloge du pistolet dans son style inimitable. Je vous transcris de mes doigts engourdis le texte de sa péroraison au cas où le podcast de l'émission disparaîtrait du web.

Le pistolet a le charme de ces produits, de ces plats, de ces spécialités dont le nom ne révèle rien, rien, tout en disant tout. Oui, le pistolet est de cette race-là. Tout comme l'américain pour rester en belgitude ou le Saint-Honoré ou le Kouglof pour aller ailleurs, le pistolet, ce monument de belgobelgitude qui ne répondra jamais ni flamand ni wallon au grand recensement de ce qui est wallo-wallon ou flamand de service qu'un jour on nous fera peut-être tous faire connectés à un détecteur de mensonge, le pistolet commence par un mystère : celui de son nom.

Pistolet, si tu permets que je te tutoie, pistolet mon ami, peu importe que ton nom évoque la pistole ou le pistore, d'abord je veux te dire "Arrête ! Arrête de disparaître, révéille-toi bon Dieu, c'est quoi ce laisser aller qui t'a fait tout doucement déserter les tables du petit-déjeuner du dimanche de nos riantes contrées au profit de viennoiseries toujours plus grasses et sucrées, subrepticement envoyées par des espions à la solde d'outre-Quiévrain afin de mener tout doucement notre pays vers la décadence de par la lenteur de la digestion qu'elles impliquent. Pistolet reviens, reviens au matin, reviens à midi et même le soir, tiens !"


Et ça revient très fort. Oui, grâce à vous, Valérie Lepla et Yves Guns, ça ne s'invente pas, un type qui s'appelle Guns comme dans Guns and Roses et qui fait des pistolets. Le pistolet, le vrai pistolet revient ! Oui, ce magique petit pain dont la forme fendue évoque immédiatement la plus parfaite des paires de fesses, alors que son volume qui remplit parfaitement la main d'un honnête homme est celui du sein nourricier idéal. Le sein nourricier ou ludique, le sein n'est pas toujours nourricier, mais,  je m'égare...
Le pistolet est donc une promesse de plaisir avant de donner du plaisir. A l'heure où, Yves Guns, le pain doit être de plus en plus une nourriture diététiquement correcte, le pistolet iconoclaste parce que sa mie doit être légère (elle n'est là que pour contraster sa croûte) alors qu'un pain, un pain normalement maintenant devrait durer trois jours, nourrissant etc... lui, le pistolet, il joue la carte de l'éphémère : soufflé, aérien, croustillant, ses promesses ne durent que quelques heures.

Le pistolet est prétexte. Je m'explique : le pistolet est certes parfait quand l'artisan a percé son secret et vous Yves Weapons, pardon, Yves Guns, vous avez foutrement mis le doigt dessus. Mais le pistolet commence à exister quand il lui arrive le meilleur du meilleur. Pardonnez-moi, Mesdames, mais le pistolet doit être fourré, et bien fourré encore bien ! Et là, Valérie Lepla, vous avez frappé fort, vous avez recruté le meilleur du meilleur en commençant par Yves Guns, on l'a dit, vous avez attaqué le pistolet par le milieu en lui fournissant la substantifique moëlle de l'artisanat local : haché (oui, du haché porc et veau cru, mais non vous n'allez pas mourir du ténia constrictor !), américain à base de bonne viande rouge des Flandres de chez Hendrik Dierendonck, boudin blanc, Gouda jeune, bloempansch, crevettes épluchées main ou même juste beurre salé.

Celui qui n'a pas mordu dans un pistolet tout frais, garni d'américain-cressonnette en buvant une vraie gueuze de chez nous n'a qu'une connaissance très imparfaite du bonheur. Alors, si pour nombre d'entre-nous et surtout toi qui a moins de vingt ans et qui nous écoutes, ou plutôt qui nous supportes, assis à la place du passager tandis que ta mère t'emmène au hockey ou à l'académie en ce samedi matin, oui toi ! Si pour toi le pistolet ne veut plus dire grand-chose, si donc pour certains, le cordon ombilical s'est rompu entre notre estomac, notre cerveau imaginaire et ce miracle à deux bosses qu'est le pistolet, ce n'est pas grave, il revient et de bien belle manière et surtout il nous révèle encore une fois qu'il y a chez nous des hommes et des femmes qui n'ont pas fini de nous donner envie d'une fois bien manger !

C'est bel et bien tout ça, me direz-vous, mais quel rapport cela peut-il bien présenter avec le titre du billet ? Hein ?

Patience, j'y viens : après cet éloge d'un monument national (bien qu'il semble exister sous le nom de pain fendu dans le Berry) et cette diatribe contre l'invasion d'un mode d'alimentation à la française, était-il vraiment judicieux de faire référence dans la suite au cliché rédhibitoire et usé jusqu'à la corde de ce pauvre Marcel ?

Pire, dans l'annonce de l'émission, ils avaient commencé par là ! Pauvre Belgique...

Compagnon de nos dimanches, petite Madeleine de Proust, le pistolet résonne en chacun d’entre nous. Entre souvenirs d’enfance et moments d’extrêmes délices, sur la digue, pour le petit déjeuner, sucré, salé, au roastbeef, au pickels... à chacun sa manière de le déguster ! Un petit pâton devenu emblématique de l’art de vivre à la belge tant et si bien, qu’une pasionaria vient de se lancer dans une aventure étonnante: le retour au pistolet original ! Un lieu dédié au roi des pains et décliné à la manière belgo-belge ! Produits bien de chez nous pour l’agrémenter… ce samedi c’est une histoire savoureuse qui nous sera contée ! Autour du mythique rondelet : Valérie Lepla, initiatrice du concept " Pistolet Original " et Yves Guns, néo-boulanger de tradition !

 pistolet


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07 novembre 2013

JdJ 29

Stop !!!

Pas la peine de crier, je vous entends très bien. Je suis bien obligé d'avouer :

  • que le numéro précédent date de si loin que personne ne s'en souvient
  • qu'il s'en trouve certainement qui ne savent même pas de quoi il retourne
  • que je ne tiens pas ma promesse initiale...
  • ... ou que je lis vachement peu

Remarquez que grâce à ce manque de fiabilité, vous avez échappé à Marcel (ouais, de toute manière c'eût été vraiment trop facile).

Bon, je vous colle l'extrait :

jdj29001

Eh, oh, c'est pas de ma faute si le mec (non, y a pas de piège) ne partage pas le style de mon auteur favori. Et puis, j'ai été bon prince, je vous ai donné un phrase de plus que prévu par Janeczka, vous n'allez pas vous plaindre !

Je dois aussi vous dire que la suite risque d'être encore plus irrégulière : pour mon anniversaire, ma fille m'a offert une liseuse électronique. Alors je me demande si on peut en scanner le texte (je vous raconterai le résultat du test) et puis, comment voulez-vous retrouver la page 123 d'un truc où la pagination se modifie avec le choix de la taille des caractères utilisés pour l'affichage. Pareil pour le fameux "test de la page 99". N'a pas que des avantages la liseuse !

Bon, pour cette fois y a pas de problème, mon fils, lui, m'a offert des livres "papier".

 

Edit du 9 novembre, à la demande de joye :

Comme tout le monde semble se désintéresser de la question, je donne la réponse :-)

 

jdj29002

 


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19 septembre 2013

N'entrez jamais dans les librairies, ce sont des pièges à con !

Bon, le dernier opus de La Folle, je l'avais acheté chez Makro, donc ça ne vaut pas !

L'ennui, c'est que depuis presqu'un an,  suite à la visite de quelques uns de mes cousines et cousin (mouarf ! t'as vu le ridicule de l'accord en genre, dans le genre on ne fait pas mieux), j'étais en possession de chèques-lecture échangeables exclusivement chez Libris.

Avant qu'ils viennent à expiration, j'ai donc pris le métro pour me rendre Galerie de la Toison d'Or. J'avais décidé d'acheter le roman de Sfar (n'en a écrit qu'un, c'est donc pas la peine que je me fatigue à vous donner le titre), un roman de Mia Couto sur les conseils de Minuitdixhuit, et la version poche de "Le secret de la femme en noir" de Dominique Bona parce que j'avais entendu vanter cette biographie de Berthe Morisot par une charmante animatrice de radio. Je pensais de la sorte venir à bout de mes soixante euros de bons.

Ils n'avaient pas le dernier mentionné, si bien que j'ai dû aller le dénicher chez Filigranes trois jours plus tard (aujourd'hui donc) au prix de nouveaux voyages combinés tram - métro. Toujours aussi intéressant le métro, mais je vous raconterai plus tard si j'y pense encore...

Et le piège à con dans tout ça me direz-vous...

J'y viens !

Aujourd'hui, par exemple, étant entré pour acheter un machin à sept euros :

Morisot001

 je suis passé devant un bouquin qui m'a fait penser à plusieurs d'entre vous, d'Adrienne à MAP en passant par Berthoise, joye et Célestine (que celles que j'ai sautées oubliées veuillent bien me pardonner) et je n'ai pas résisté au plaisir de le leur faire voir :

Profs001

Mais le pire, ce fut lundi : non seulement ces libraires n'avaient pas le bouquin que je cherchais. Mais par dessus le marché en pénétrant dans ce lieu où m'avait poussé mon côté "un sou c'est un sou" (comme s'il y avait encore des sous ! pourquoi pas des liards et des deniers tant qu'à faire...) je suis tombé nez à nez avec devinez quoi ?

Un petit autel à la gloire du Marcel ! Rempli de ses œuvres et de celles d'éxégètes ou de biographes passionnés. Même un suisse y avait !

Si si, comme je vous le dis : la place qu'ils n'avaient pas voulu consacrer au stockage de mon bouquin, ils l'avaient dédicacée à la gloire du monument de la littérature française, au grand malade devant l'Eternel (ah non, ça c'est le titre du bouquin de Sfar).

J'aurais dû prendre la chose en photo, mais je venais de changer de GSM et si le précédent transférait ses photos vers mon PC via liaison infra-rouge, le nouveau utilise Bluetooth et mon ordi n'est pas équipé. Proust alors !


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06 septembre 2013

Toujours lui !

Six septembre. Contrairement aux années précédentes, je n'avais pas acquis le dernier opus de "La Folle" dès le jour de sa sortie.

Pire, mardi j'avais accompagné ma petite-fille chez Filigranes, une des grandes librairies bruxelloises et je ne l'avais même pas pris en main.

C'est mon épouse qui, ce matin, m'a suggéré de l'acheter chez Makro.

Je me suis exécuté et, bien évidemment, je l'ai lu, même si je ne devais pas attendre l'arrivée du patrouilleur de Touring-Secours cette année.

Nostalgie001

Ben c'est le meilleur depuis longtemps...

Il n'y a qu'un point qui me chiffonne : à la page 90, "il" fait brutalement surface et, bien entendu, il ramène sa madeleine. Jugez-en plutôt :

À la question de savoir si la madeleine de Proust est nostalgique ou natsukashii, Elle penche pour la deuxième option. Proust est un auteur nippon.

Bon, ben j'étais pas loin non plus : je l'ai toujours trouvé un brin chinois, le Marcel !


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12 août 2013

Non, je n'étais pas en vacances

Dans un commentaire de son blog, l'Adrienne suggérait que je me fende d'un nouveau billet sur le mien.

Ses suggestions sont des ordres pour moi, d'autant qu'Adrienne était le prénom de ma mère, une personne charmante mais au caractère bien affirmé, dont il eût été malvenu de négliger les "souhaits".

Pour expliquer mon silence prolongé, j'aurais pu évoquer ma conversion en taximan partageant mes courses entre un salon de coiffure de Tervuren où Émilie effectuait un job de vacances, le domicile de son coach de Latin à Woluwé-Saint-Lambert et son manège à Strombeek-Bever, mais cela n'aurait valu que pour les premières semaines de juillet. Pour le reste, j'ai un argument massue : je me suis remis à la lecture. Quand j'en ai eu terminé avec les derniers Elisabeth George, Pieter Aspe, Dan Brown et Camilla Läckberg, je me suis trouvé subitement démuni et, je l'avoue à ma grande confusion, je me suis rabattu sur le monument proustien, progressant de la page 921 à la page 1149.

Comme j'agis à la demande d'Adrienne, je vais à son image vous donner la référence de l'extrait que je ne puis m'empêcher de soumettre à votre admiration. Il débute en l'ultime ligne de la page 1061 de l'édition monovolume de "À la recherche du temps perdu" dans la collection Quarto de Gallimard, dépôt légal novembre 2010,  ISBN 978-2-07-075492-2.

Accrochez-vous :

Mais enfin chez Saint-Loup, de quelque façon que les défauts des parents se fussent combinés en une création nouvelle de qualités, régnait la plus charmante ouverture d'esprit et de cœur. Et alors, il faut bien le dire à la gloire immortelle de la France, quand ces qualités-là se trouvent chez un pur Français, qu'il soit de l'aristocratie ou du peuple, elles fleurissent - s'épanouissent serait trop dire, car la mesure y persiste et la restriction - avec une grâce que l'étranger, si estimable soit-il, ne nous offre pas. Les qualités intellectuelles et morales, certes les autres les possèdent aussi, et s'il faut d'abord traverser ce qui déplaît et ce qui choque et ce qui fait sourire, elles ne sont pas moins précieuses.

J'hallucinais déjà, mais le meilleur restait à venir :

Mais c'est tout de même une jolie chose et qui est peut-être exclusivement française, que ce qui est beau au jugement de l'équité, ce qui vaut selon l'esprit et le cœur, soit d'abord charmant aux yeux, coloré avec grâce, ciselé avec justesse, réalise aussi dans sa matière et dans sa forme la perfection intérieure. Je regardais Saint-Loup, et je me disais que c'est une jolie chose quand il n'y a pas de disgrâce physique pour servir de vestibule aux grâces intérieures, et que les ailes du nez sont délicates et d'un dessin parfait comme celles des petits papillons qui se posent sur les fleurs des prairies, autour de Combray ; et que le véritable opus francigenum dont le secret n'a pas été perdu depuis le XIIIème siècle, et qui ne périrait pas avec nos églises, ce ne sont pas tant les anges de pierre de Saint-André-des-Champs que les petits Français, nobles, bourgeois ou paysans, au visage sculpté avec cette délicatesse et cette franchise restées aussi traditionnelles qu'au porche fameux, mais encore créatrices.

Suite à cette lecture édifiante, je vous demanderai de bien vouloir m'aider dans le choix de l'illustration en votant pour le meilleur portrait du Français moyen parmi les deux finalistes du concours :

 

superdupont

 

Hollande

 

Votez !


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