27 septembre 2009
Madonna
Comme tout un chacun, vous connaissez bien sûr LA Ciccone, ce produit de la civilisation italo-américaine, cette créature étonnante à bien des égards (comme son QI largement supérieur à la moyenne) et détonante à bien d'autres.
En suivant (distraitement) ses démêlés avec les très catholiques Polonais, un fait étrange m'est revenu en mémoire.
Je vous ai raconté que lors de notre séjour en Italie, notre seul voisin se trouvait être, de l'autre côté de la rue, un élevage de chevaux.
Les propriétaires n'y faisaient que de brèves apparitions, le temps de soigner leurs animaux. Il n'était pas difficile de se rendre compte qu'ils étaient là : la composante mâle du couple était dotée d'un organe vocal des plus efficaces et qu'il utilisait pour hurler sur les pur-sang rétifs.
L'expression favorite du gaillard était "Puttana di Madonna !"
Je ne sais trop s'il s'adressait à la pauvre Ciccone ou à la mère de Jésus. J'ai pourtant peine à imaginer que cette seconde hypothèse ait pu être la bonne dans un pays où les dames sont priées de se couvrir les épaules pour pouvoir pénétrer dans les églises !
Quoi ? Vous croyez que je blague ?
Vous n'avez pas tout à fait tort !
11 juin 2009
Mission impossible (2)
Mon fils m'avait aussi dit : "Puisque tu vas en Italie, ramène-moi un peu d'huile d'olive".
L'ex-beau-père de Giuliano, Monsieur Mancianti, possède des oliveraies autour du Trasimene et produit une huile extra-vierge remarquable.
En faisant le tour du lac (47 km de rives, 70 km par la route qui tantôt longe l'eau, tantôt se perd dans les collines) nous sommes même passés devant ses installations à San Feliciano.
Quand mon fils dit "un peu d'huile", en tenant compte du nombre de copains à qui il désire faire plaisir, il entend huit bidons de cinq litres minimum et, si possible seize.
Ayant jaugé d'un coup d'œil expert le coffre de ma voiture, j'ai estimé à dix le nombre de ces récipients dont je pourrais tapisser le fond du coffre et les ai commandés à Giuliano (et deux crèmes brûlées, deux !).
Tapisser le fond du coffre d'une couche uniforme est le seul moyen d'encore pouvoir y introduire notre sac de voyage, le portable et la trousse à médicaments. Le reste voyage sur le siège arrière.
Si je parle de mon œil expert, c'est que depuis des années, je pratique de la sorte dans mes déplacements de vacances, sauf que d'ordinaire, ce sont des bouteilles de vin que j'y dispose. Inutile de dire que grâce à l'huile, la récolte de vin de cette année aura été très pauvre. Je crains fort que mes copains à moi ne soient un brin déçus. Je n'ai même pas ramené une seule bouteille pour mon usage personnel, c'est vous dire... Les seules que j'aie ramenées étaient des cadeaux de ses copains italiens pour... mon fils. VDM, comme me fait écrire Valérie dans un comm perdu quelque part sur un blog étranger.
Cette façon de procéder, si elle est pratique, génère malgré tout son quota d'inquiétudes. Sachant que la roue de secours se situe sous le plancher du coffre, durant tout le trajet, je me répète "Pourvu que je ne crève pas (un pneu)".
09 juin 2009
Dans la série « Mission impossible »
Notre fils avait dit « Puisque vous allez en Ombrie, remettez donc ces colis à Giuliano et à Ricardo ».
Pour Giuliano, pas de difficulté : c’est le propriétaire de l’appartement où nous logeons, nous avons donc forcément dû le rencontrer. C’est aussi, accessoirement, le tenancier, en plein centre historique de Castiglione, du restaurant aux crèmes brûlées duquel mon épouse ne peut résister, ça ne fait que faciliter les choses.
Pour Ricardo, c’est une autre paire de manches : j’ignore où il habite, mais je sais qu’entre autres occupations obscures, il tient un restaurant (celui où nous avions passé le réveillon 2007-2008), trois soirs par semaine dans un coin perdu de Panicarola (endroit dont le nom me fait invariablement penser à Piña Colada et qu’il faut pouvoir retrouver sans la moindre indication sur le trajet). Il ne parle pas français, mais son épouse parle anglais.
Après contact téléphonique, nous décidons d’aller manger chez lui. J’avais mal compris l’heure et la charmante Mariella m’avait dit « Venez un peu plus tôt, nous pourrons parler ! » Ce qui nous a valu de passer deux heures au bord de la piscine en compagnie d’une bouteille de vin blanc (Chardonnay et Pinot blanc) de la région de Florence.
Lorsque nous pénétrons enfin dans le restaurant, Mariella nous annonce qu’elle nous a placés à la table voisine de celle de deux Gantoises et nous découvrons que nous ne goûterons pas à la cuisine de Ricardo. En cause : une soirée spéciale du cercle oeno-gastronomico-culturel local consacré à une jeune étoile montante de la cuisine ombrienne. Nous n’avions donc que le choix du vin, pour le menu (à six services) tout était prévu par le Chef.
Pour ce qui est du vin, je vous recommande la carte locale : ce doit être un des rares restaurants au monde où pour accompagner un menu à trente euros, vous pouvez, si vous le souhaitez bien sûr, vous offrir un Château d’Yquem à six cent (un prix somme toute encore raisonnable pour ce vin). Je ne garantis pas que pour ce prix vous échappiez malgré tout à l’engueulade de Ricardo sur votre manque de discernement dans votre manière de gérer l’accompagnement d’un repas par un vin approprié !
Quant aux Gantoises, nous les avons fort intéressées en leur décrivant la décoration mi-érotique mi-naïve de la « Chambre des Amants » qui nous avait été attribuée à l’époque de notre premier séjour. Je crois qu’elles en ont réclamé la visite à Ricardo.
Nous y retournons demain. Mais non, pas dans la chambre, au resto !
Je vais réinspecter la carte des vins, le diable d’homme serait bien foutu d’offrir (contre espèces sonnantes et trébuchantes) un Romanée-Conti acceptable.

07 juin 2009
Accident
Toujours à la télé italienne, une image accroche mon regard : une paire de lunettes sur le sol à proximité d'un passage pour piétons.
Je comprends qu'à Rimini, un automobiliste a renversé une personne qui traversait la rue en empruntant ce passage. Mes faibles connaissances de la langue italienne ou mon manque d'attention ne me permettent pas de déterminer la nationalité de la victime.
Tandis que le présentateur embraye sur le peu de respect des automobilistes pour la signalisation routière, je me fais la réflexion suivante :
Les automobilistes italiens ne s'arrêtent jamais pour les passages pour piétons, en corollaire de quoi, les piétons italiens ne traversent jamais dans ces mêmes passages : ils ne sont pas fous ! Il faut donc que la victime soit un touriste ignorant des particularités locales... ou un Italien distrait.
Moi, j'ai compris, je fais comme les Italiens (quand je suis à pied, bien sûr).

06 juin 2009
Basta pasta (ou l'inverse)
C’est le soir, la télé fonctionne.
Quel étrange pays que l’Italie où, bien qu’on vous y demande un droit d’entrée, on vous refuse cette dernière dans une église si vous avez les épaules découvertes, tandis qu’à la télévision, aucune émission ne semble pouvoir se passer de présentatrices( ?) à demi-nues.
À la télé italienne donc, parmi les innombrables spots publicitaires dont elle a le secret, je découvre une publicité inédite pour les pâtes Barilla.
J’ignore si cette firme personnalise ses pubs en fonction du pays destinataire, mais je me souviens d’avoir vu y sévir Depardieu sur les chaînes françaises.
Toujours est-il que me remémorant la perfection des pâtes que nous avions dégustées le midi même, une idée (pernicieuse sans doute) m’a traversé l’esprit :
Barilla fait de la pub, De Cecco fait des pâtes.
Finalement, chacun fait ce qu’il sait le mieux faire.

04 juin 2009
La fille dans la vitrine
Il est environ dix heures. Je n’irai pas jusqu’à dire que le Campo de Sienne est pratiquement désert, disons qu’il n’est pas encore surpeuplé.
Tandis que j’en fais lentement le tour, deux choses insolites attirent mon regard. D’abord, un individu, de mèche (ouais, je sais, facile… mais avouez que la mèche valait le jeu de mots) avec les touristes iconoclastes (dont je suis, à mon corps défendant), met les moyens et la détermination pour contribuer à la destruction du patrimoine local.
Ensuite, isolés dans un coin sur leur balcon, deux personnages se désintéressent manifestement du spectacle de la place. Comment sont-ils arrivés à cet endroit que l’on doit louer à prix d’or lors du Palio ? Je l’ignore.
Pour mieux les situer, je cadre un peu plus large. Evidemment, un noir déboule de Dieu sait où et vient gâcher la prise de vue. Remarquez, je n’ai rien contre les noirs, je constate simplement l’effet de sa présence.
Mais le soir, de retour à La Pineta, lorsque je transfère les photos sur le portable, dans les vitres du magasin, en bas, à droite : un reflet. Une mère en robe fleurie se rafraîchit le pied à l’eau de la fontaine.
Je suis toujours surpris des choses que je découvre sur ces photos-souvenir obligées de touriste obligé et que je n’y ai pas mises volontairement. C’est bien la seule raison qui fait qu’après les avoir prises et avant de les ranger dans des directories où elles dormiront sans doute à jamais (ou jusqu’à démagnétisation du disque), je les regarde avec intérêt pour y deviner en un reflet déformé, le galbe délicieux du mollet qu’une inconnue ne soulevait certainement pas à mon intention.
03 juin 2009
La Pineta
L’endroit où nous avons pris un appartement en location s’appelle « La Pineta ». Il s’agit d’une construction regroupant cinq logements. Tout comme l’an dernier, nous en sommes les seuls occupants. L’établissement ne possède qu’un seul voisin, de l’autre côté d’un chemin tranquille : un élevage de chevaux, des purs-sangs pour le peu que je connaisse en races équines.
Pour le reste, des prairies, un petit bois, c’est tout, en dehors des aménagements de la résidence : piscine, deux terrains de tennis, tonnelles ombragées, barbecues, pelouses, des arbres divers et des fleurs.
C’est donc d’un calme total, me direz-vous.
Erreur ! Des premières lueurs de l’aube naissante aux dernières de la nuit tombante, c’est concert permanent chez les oiseaux. Et des oiseaux, il y en a ! Jugez plutôt :
Moineaux (enfin, je dis moineaux pour toute une série de petits passereaux dont j’ai oublié ou même jamais connu les noms), merles, colombes, pigeons, geais, corneilles mantelées, hirondelles, pies, hérons blancs, même un de ces oiseaux typiques de l’Algarve, plumage fauve, huppe, ailes rayées noir et blanc : la huppe fasciée.
Ça vous change de la ville ! Et encore, où j’habite il y a quelques merles, pies, mésanges, freux et même perruches, mais comme ici, je n’ai jamais vu ça, sauf au parc Paradisio peut-être .
Bien sûr, cela devrait nous permettre de dormir, puisque la nuit, les oiseaux se taisent.
Ah oui ? Et les cricris ? Et les grenouilles ?

02 juin 2009
Les vacances, c’est la m… !
Au troisième jour, Dieu vit que les eaux ne s’évacuaient plus guère de la cuvette des toilettes (À l’époque, Dieu s’exprimait en français français, Il n’avait pas encore opté pour la nationalité belge).
Il se précipita au magasin le plus proche et en ramena du déboucheur liquide. Comme Il était pressé, Il s’était emparé du premier flacon venu. Lorsqu’Il commença à verser le liquide, un énorme bouillonnement se produisit, accompagné de vapeurs délétères. Il parcourut le texte en petits caractères et en italien de l’étiquette du bidon et se dit « Créons donc les chimistes qui soient capables de distinguer la morsure brutale de l’acide sulfurique de la douceur trompeuse de la soude caustique ! » Ce qu’Il fit aussitôt . Dans la foulée, Il créa aussi les toilettes publiques et Il vit que cela était bien.
Et il y eut un soir et il y eut un matin.
À l’aube du quatrième jour, le niveau des eaux s’élevait toujours dangereusement vers les bords de la cuvette lorsque le déluge de la chasse se produisait.
Le chimiste du troisième jour se dit « Puisque l’acide sulfurique à plus de soixante pour cent (en vente libre dans les grandes surfaces) semble inefficace, rabattons-nous sur la soude.»
Dieu, Lui, avait depuis longtemps cessé de Se préoccuper de la question, anxieux qu’Il était de savoir après combien de jours Il allait pouvoir Se reposer.
La soude, pour caustique qu’elle fût, ne se montra pas plus efficace que l’acide.
C’est alors que, perdu dans une énorme perplexité, le chimiste aperçut, s’affairant à l’entretien de la piscine, le propriétaire des lieux (des lieux dans leur totalité, hein, pas simplement des lieux d’aisance, je vous vois venir avec vos allusions faciles). Mis au courant, celui-ci se saisit d’un bout de fil de clôture, en recourba l’extrémité et farfouillant trois secondes sous le col du siphon provoqua un bref mais vigoureux gargouillis suivi de la vidange immédiate du trop plein d’eau.
Et il ne s’appelait même pas Mac Gyver !

31 mai 2009
Ne me prenez pas pour un clown
À Saint-Louis… mais non, nous ne sommes pas, mon épouse et moi-même, partis pour le Sénégal ou la Louisiane, c’est bon pour notre fils, ça !
À Saint-Louis, donc, la banlieue alsacienne de Bâle, ville étape sur notre trajet vers l’Italie, nous avons dû choisir un restaurant.
D’ordinaire, nous allons à « La Diligence », un sympathique endroit, mi-brasserie, mi-weinstube et mi-resto pour faire bonne mesure, dont ma femme adore les os à moelle. Mais c’était leur jour de fermeture. Voilà comment nous sommes récompensés d’avoir postposé notre départ pour cause de portes ouvertes à l’Ecole de Cirque !
Nous optons donc pour « La Ville de Mulhouse ».
À peine sommes-nous assis que la patronne nous annonce qu’il n’y a plus de tartare de saumon. Comme nous n’avions pas l’intention d’en prendre, cela ne nous émeut guère.
Nous commençons alors à débattre des avantages et inconvénients des deux menus proposés et finissons par porter notre choix sur celui où l’absence d’escargots était compensée par la présence de crème brûlée à laquelle mon épouse a bien du mal à résister, même si bien souvent, l’expérience se révèle décevante. Faut dire qu’à Castiglione, dans le resto-oenothèque d’un ami de mon fils, ils en font une qui vous fait regretter que votre langue ne puisse parvenir jusqu’au fond du petit récipient ventru en grès.
Dans le cas présent, on n’a pas pu savoir, la patronne, le moment venu, nous ayant annoncé, mine de circonstance à l’appui, que les crèmes brûlées étaient épuisées.
Remarquez que nous nous y attendions un peu, car après étude soigneuse de la carte des vins, ayant porté mon choix sur un Pinot Noir Alsacien vieilli en fût de chêne, je m’étais entendu dire qu’il n’y en avait plus, mais que je pouvais me contenter d’un autre, plus classique et, d’ailleurs sensiblement moins cher.
Pour l’étape du retour, la Diligence étant à nouveau fermée, j’ai repéré un Macdo dans la Z.A. voisine…

16 janvier 2008
Toscane
Photo prise par mon épouse depuis le mur d'enceinte de Pienza. La saison fait que le lointain est sensiblement brumeux, mais malgré tout...

Quand vous circulez dans cette région (Pienza, Montalcino... ), vous vous demandez si vous êtes vraiment dans ce même pays où les ordures s'entassent dans les rues de certaine ville !
D'après mon fils, mais je ne suis pas parvenu pas à trouver de détails sur le Net, dans cette zone, quelques cités se seraient mises d'accord dès la Renaissance pour établir une sorte de charte visant à la préservation et l'embellissement du paysage. Le résultat est étourdissant ! Et encore, nous n'y étions pas à la meilleure saison pour en jouir.
Ce que je me demande, c'est si j'ai bien raison d'en faire ainsi la publicité. Dans l'Ombrie voisine, j'ai rencontré quelques individus fort actifs dans la transformation d'anciens bâtiments en gîtes ruraux.
Mais bon, ce n'est pas avec le nombre actuel de lecteurs de ce blog que je vais faire déferler des cohortes de touristes sur cette splendide région !







