25 mai 2018

Chic, c'est les vacances ! (2)

 

Comme vous le savez sans doute si vous êtes un habitué de ce blog, c'est mon épouse qui se charge des relations publiques au sein de notre couple.

C'est donc elle qui décide à qui envoyer des cartes postales depuis notre lieu de séjour et qui se charge d'ailleurs d'en rédiger la majorité.

Moi, là-dedans, mon rôle se borne à en écrire deux ou trois, à cosigner la plupart des autres et à fournir les timbres nécessaires à leur envoi.

Mardi, je me suis donc mis en quête de ces petits machins collants.

J'avais repéré sur MAPS la localisation du bureau de poste le plus proche de notre lieu de résidence et le trajet m'ayant paru assez court, j'ai décidé de m'y rendre à pied après avoir reconnu sur la carte l'itinéraire à parcourir.

Après le carrefour à six branches où se situe la boulangerie, je devais emprunter la rue de Sélestat puis dans celle-ci, la deuxième à droite : la rue du N. Cette façon de baptiser une rue m'avait paru originale, mais c'était une facétie de MAPS, en réalité, sur les plaques de rue il est inscrit "rue du Nord".

Mais les choses ne se sont pas révélées aussi simples que sur le plan : arrivé au dit carrefour, je me suis aperçu avec stupéfaction que des gugusses casqués avaient enlevé la rue à grand renfort de pelleteuses, bulldozers et autres camions. J'ai néanmoins été autorisé à traverser le chantier en crapahutant à travers déblais et remblais. Ça commençait bien !

Au bureau de poste, pas mieux : il y a deux longues files devant les deux guichets (ça tombe bien que le nombre de files corresponde au nombre de guichets). J'en choisis une au hasard et je patiente. Il se passe des choses bizarres dans ma file : des personnes tiennent conciliabule avec la préposée, reçoivent une sorte de ticket qu'elles vont introduire dans un distributeur (après avoir fait à nouveau la file devant icelui, lequel est utilisé par d'autres personnes pour se fournir en billets de banque) qui leur refile un autre ticket qu'elles viennent tendre à la préposée qui, pendant ce temps attend leur retour sans s'occuper de la personne suivante de la file d'attente.

Bon, je suis en vacances, je m'en fous, j'ai le temps !

Quand arrive mon tour et que je demande à l'employée des postes vingt-cinq timbres pour l'Union Européenne et un pour le service intérieur, la brave dame me déclare, tout sourire : "Vous n'êtes pas dans la bonne file, ici c'est le guichet bleu, celui de la banque de la poste, nous ne vendons pas de timbres. Celui de la poste, c'est le guichet jaune."

Elle savoure un moment l'air ahuri que génère chez moi son intervention puis se lève en ajoutant "Mais comme vous semblez étranger, je ne vais pas vous renvoyer dans l'autre file" et elle se rend à l'autre guichet d'où elle revient avec le stock de timbres. Elle entreprend alors de détacher de leur feuille le nombre de timbres désiré accompagnant son travail délicat du commentaire suivant : "Les timbres, c'est comme le papier toilette, ça ne se déchire jamais aux perforations".

Rentré à l'appartement, je m'apercevrai du bien fondé de sa remarque et aussi que les timbres français ont tellement peu de colle qu'on a bien du mal à les faire adhérer à leur support, conséquence sans doute des restrictions budgétaires dans les services publics.


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24 mai 2018

Chic, c'est les vacances !

 

(Oui, je sais, j'aurais dû écrire "ce sont...", mais quand Marcel écrit un truc du genre "Il n'y va pas aussi" je ne vois pas pourquoi je ne profiterais pas à mon tour de l'étonnante plasticité de la langue française)

Donc, nous sommes en vacances, en France.

Premier arrêt (pipi) dans ce charmant pays.

Tandis que sur l'aire de parking j'attends en compagnie du chien le retour de mon épouse au pied de l'escalier, une jeune femme m'aborde. Elle est splendide! Une longue chevelure blonde se déverse de sa casquette rose portée à l'envers et scintillante de strass sous le soleil de Lorraine. Des jambes au galbe parfait sortent de sa couche-culotte.

Si, si, comme je vous le dis !

Cher Monsieur, me dit-elle d'une voix suave, mes amies et moi-même (elle est en effet accompagnée d'une tribu d'amazones presqu'aussi mignonnes qu'elle) fêtons mon enterrement de vie de jeune-fille et il m'est demandé de me faire photographier en compagnie d'un moustachu. Accepteriez-vous de poser avec moi ?

Et nous voila immortalisés par une quinzaine de smartphones.

Je vais encore faire un tabac sur les réseaux sociaux. Heureusement, bien inspiré, je portais mes lunettes de soleil (ce que je ne fais pour ainsi dire jamais).

Même le chien n'en revenait pas, la preuve : il a en même oublié d'aboyer, ce n'est pourtant pas son genre !


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31 mai 2017

Mais d'où sort donc ce mec qui mange des rognons aux Spätzle par 36° à l'ombre ?

 

Lundi, nous sommes retournés voir Egisheim, le charmant petit village natal du pape Léon IX, et qui avait été élu en 2013 "Village préféré des Français".

Nous l'avions découvert il y a des années à l'occasion d'un départ pour l'Italie. Etrange n'est-ce pas ? Comme nous faisions étape à Saint-Louis avant de franchir les Alpes, nous étions partis un jour plus tôt pour nous promener un peu en Alsace.

Cette fois-ci, la chaleur était accablante et nous n'avons parcouru que quelques rues avant de nous installer pour déjeuner à la terrasse ombragée d'une sympathique Winstube.

Nous venions juste de recevoir nos escargots à l'alsacienne lorsque deux couples parlant le néerlandais s'installent à la table voisine de la nôtre.

À peine étaient-ils assis que l'un des hommes nous propose en français et en montrant mon appareil posé sur le bord de la table, d'immortaliser notre couple face à ses "caricoles".

La chose faite, ils se plongent dans leur conversation et nous dans notre assiette.

Pendant toute la durée du repas, une question me turlupinait : d'où pouvaient bien sortir ces gens ? Bien que parlant un batave suffisamment classique pour que je parvienne au moins à comprendre de quoi ils parlaient, ils ne me semblaient pas avoir les intonations caractéristiques de nos voisins hollandais. L'ennui, c'est qu'il ne me semblait pas reconnaître non plus un des accents de nos compatriotes flamands.

Avant de les quitter, je me suis donc décidé à leur faire part de mon questionnement et leur réponse a immédiatement confirmé ce que je sais depuis longtemps : je ferais mieux de réfléchir au lieu de poser des questions stupides. Car où parle-t-on encore néerlandais ailleurs qu'aux Pays-Bas et en Belgique ?

En Afrique du Sud !

Ces joyeux drilles étaient nos compatriotes (une des dames était même née à Wemmel, un patelin voisin du nôtre) mais vivaient depuis des années tout en bas du continent africain. J'aurais dû y penser car à un moment, ils avaient parlé de diamants, mais comme à Anvers on travaille également ces pierres, je n'avais pas fait le lien.

Quoi ? Vous vous en foutez ? C'est la photo qui vous intéresse ?

Bon, c'est bien parce que c'est vous !

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29 mai 2017

Highland Cattle

 

Pour ce vendredi soir, notre fils nous avait réservé (et payé) un repas au restaurant La Vieille Forge, à Kaysersberg.

Un menu surprise léger que mon épouse a consigné :

Mises en bouche:
Velouté de volaille à l'ail des ours
Croquant à la mousse de Munster

1ere entrée:
Foie gras d'oie mi-cuit confiture d'églantine                  Pinot gris

2eme entrée:
Dos de Cabillaud cuit à basse température,                    Sauvignon de Bourgogne
mousse de patate douce

Sorbet de poivron rouge à la liqueur de gentiane

Plat: 
Magret de canard sauce au miel,                                       Côtes du Rhône
wok de nouilles chinoises aux légumes,
gingembre et soja

Plateau de fromages                                                             Coteaux du Languedoc

Sablé à la mousse de citron, glace à la Chartreuse.        Gewurztraminer

Café, Guimauve et biscuit à la noix de coco.

Parvenus à l'étape fromages, le sommelier pousse vers nous le chariot et demande son choix à mon épouse. Cette dernière adore les bleus. Les fromages sont rangés par type de lait : vache, chèvre, brebis. Dans la zone des vaches, il y a deux bleus que le gaillard nomme : fourme d'Ambert et bleu d'Ecosse. Mon épouse choisit le second qu'on lui a dit plus piquant et quelques autres.

Quand vient mon tour, je suppose que ce bleu de vache écossaise doit être un Shropshire et je dis au serveur "Donnez-moi également un peu de ce bleu écossais".

Le mec me répond "Il n'est pas écossais, c'est du bleu d'Ecosse !"

M'a fallu réaliser que nous étions en France où l'on mange des pattes à la carbonara, où l'on ne fait pas de différence entre Saint Pol de Léon et Saint Paul de Vance, où la belle-mère de ma fille m'appelle Jean-Clodde pour me rendre compte que son fourmaga écossais n'était autre que du bleu des Causses.

Je n'avais à nouveau pas raté l'occasion de passer pour un con (ou un Belge, ce qui revient au même ici).


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27 mai 2017

Vous aimez le poisson ?

 

À La Petite Auberge au Hohwald, une dame entre accompagnée de sa mère.

Elle installe celle-ci à une table voisine de la nôtre et s'assied à son tour. Elle lit gentiment la carte à sa mère qui se décide pour une truite tandis qu'elle-même opte pour un filet de sandre.

Lorsqu'elle passe leur commande, elle demande une assiette supplémentaire, annonçant à sa mère ainsi qu'à la patronne qu'elle s'occupera elle-même du nettoyage de la truite.

Lorsque les plats arrivent, la mère, prise d'un remords subit déclare que, tout compte fait, elle aurait dû prendre du sandre. Imperturbable, la dame déclare qu'elles vont échanger leurs assiettes et se met à nettoyer le filet de sandre des quelques fines herbes qui le parsèment car la mère n'aime pas qu'il y ait des herbes sur "son" poisson.

La patronne qui assiste à la scène fait remarquer qu'elle se souvient de leur dernière visite en leur indiquant la table qu'elles occupaient alors et mentionne qu'à cette occasion, la vieille dame avait déjà fait exactement le même coup.

C'est alors que j'ai murmuré à mon épouse "Je ne savais pas que l'Adrienne devait venir en Alsace..."

Mais je savais pertinemment que ce ne pouvait être elle : la mère de l'Adrienne, si j'ai bien suivi ses aventures, ne se déplace pas péniblement à l'aide de béquilles, loin de là !

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24 mai 2017

Tri et récupération

 

Les Belges (à tort ou à raison) comptent parmi les champions du tri et de la récupération des ordures (mais non, je ne parle pas du Kazakgate !).

Ainsi dans ma bonne ville, nous avons cinq sortes de sacs différents : des jaunes pour les papiers et cartons, des bleus pour les contenants plastiques et métalliques, des verts pour les déchets de jardin, des oranges-bruns pour les déchets de cuisine, des blancs pour ce qui ne va pas dans les autres, sauf les récipients en verre pour lesquels il y a des "bulles" dans les rues.

Nous avons des parcs à conteneurs pour le tri des gros déchets : bois, ferraille, plastiques, matériel électrique et des points de collecte spécialisés pour les produits toxiques, les peintures, les solvants, les batteries, les huiles de fritures, les cartouches d'imprimantes, les lampes usagées. Les pharmaciens collectent les médicaments périmés ou inutilisés. Y a même de joyeux drilles qui viennent tailler les haies d'ifs pour récupérer la tonte dans le but d'en extraire un principe thérapeutique.

Mais je dois bien avouer qu'il reste encore malgré tout de la place pour de l'innovation, surtout depuis que, tenaillé par un besoin pressant, je suis entré dans les toilettes pour hommes de la mairie de Kaysersberg (vous savez bien, le patelin de l'homme de Lambaréné).

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22 mai 2017

Et ça continue !

 

Colmar et La Rochelle, même combat !

Des patelins viscéralement antiautomobilistes constitués (presque) exclusiment de rues à sens unique quand elles ne sont pas piétonnes.

Même la môme qui se trouve dans mon GPS ne s'y retrouve pas, "Rejoignez la route en surbrillance !" qu'elle vous chantonne à l'oreille. L'ennui, c'est qu'elle ne vous dit pas comment. Et quand elle se décide à vous dire de tourner à droite au prochain carrefour, un panneau d'interdiction se dresse au coin de la rue sous vos yeux ébahis ! J'ai fini par lui couper le sifflet ! De toute façon, je vous dis pas comment elle prononce "Ingersheim".

C'est aussi en partie à cause de cette navigation erratique que j'avais décidé de hâter mon départ du magasin l'autre jour, magasin situé précisément route d'Ingersheim.

Après quelques détours concoctés par le GPS, nous débarquons à l'appartement avec nos courses que nous rangeons immédiatement et pour fêtre notre retour, j'empoigne deux verres à vin d'Alsace à gros pied vert torsadé et j'y vide une larme de crème de cassis Védrenne que je compte diluer à grand renfort de Sylvaner.

Stupeur ! Ce cassis a un reflet bleu que j'attribue à l'effet du vert du pied des verres. Mais malgré l'ajout du Sylvaner, la coloration bien qu'atténuée se maintient au bleu. Je goûte le pseudo blanc-cassis et examine enfin l'étiquette de la bouteille de cassis.

Liqueur de violette qu'il est écrit !

Je me suis gouré en l'empoignant dans le rayon !

C'est vraiment très spécial le Sylvaner-violette, mais je l'ai bu quand même.

Pour plus de sécurité, aujourd'hui j'ai acheté une vraie crème de cassis et un Pinot Gris que, par précaution, je boirai tel quel.

pokkal


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21 mai 2017

Ça commence fort !

 

Et pourtant, ce n'est pas du Roquefort !

Du Munster au cumin tout au plus...

Après avoir pris possession de l'appartement que nous avons pris en location (jamais eu une location avec autant de matériel disponible) nous faisons une petite descente à l'Intermarché le plus proche, de quoi tenir le weekend.

À la caisse du magasin, nous suivons un individu accompagné d'un marmot. Contrairement à joye, il n'a pas de caddie et dépose sur le tapis quelques articles de toilette pour bébé.

Au moment de régler ses achats, le gaillard sort de sa poche des bons d'achat (me demandez pas comment il les a eu). La caissière lui annonce que le montant de ses achats ne couvre pas la valeur des bons et que ceux-ci ne peuvent être convertis qu'en marchandises. "Reprenez un des bons et réglez le solde en liquide, vous utiliserez le bon une prochaine fois", lui propose-t-elle.

"Je n'ai ni liquide ni carte bancaire", répond l'individu, "mais ne vous inquiétez pas, je vais aller chercher des lingettes pour faire le compte" et il repart vers les rayons. La caissière considère le cortège de nos propres achats et susurre "Je n'aurai pas le temps de scanner tout ça avant son retour, veuillez patienter un peu, s'il vous plaît."

Au bout d'un moment, le gaillard revient et dépose son appoint de marchandises sur le tapis. Calcul laborieux de la part de la préposée confirmant, si besoin était, que les Mousquetaires n'engagent pas de docteurs en math comme caissières et la sentence tombe : "Il manque trente-cinq cents maintenant !"

Le mec réempoigne le paquet et déclare qu'il va bien trouver un article qui fera le compte juste.

Comme il n'a pas vraiment une tête à sortir d'une HEC, un doute me saisit en même temps que se précise mon besoin de faire pipi. J'ai donc allongé les trente-cinq centimes pour débloquer la situation.

Bon, il ne sort peut-être pas d'une HEC, mais il est doué : il s'est quand même fait, l'air de rien, un peu de "poen" sur mon dos!


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