05 mars 2014

Nuit agitée

Je ne sais pas si c'est le Cannonau, la grappa, le ristretto ou l'effet combiné des trois, sans parler de celui du Zabaglione, mais j'ai eu une nuit plutôt agitée.

Je vous passe la séquence où j'ai dessoudé au fusil un mec dans un centre commercial, puis, enchaînement fatal déjà décrit ailleurs, toute une cohorte de flics venus pour m'arrêter.

Je tairai également celle de ma réception grandguignolofrancmaçonnesque au sein d'une famille de "l'honorable société" (le Cannonau n'est pourtant pas un vin sicilien...).

Non, ça c'est mon lot quasi quotidien.

Je vais vous parler de celle qui est un peu plus connectée avec ma vraie vie et où je devais tenter de synthétiser les résultats d'une recherche effectuée par un savant fou dans un labo fourré au fond d'un puits creusé à la main dans le coin d'une pièce au fouillis indescriptible et dont le centre était occupé par une énorme table tellement encombrée que celle du bon docteur Zigmund aurait pris des allures d'étendue désertique  à côté.

Cette table était couverte de feuillets de papier au format bizarre, comme si elles avaient la largeur d'un A6 et la longueur d'un A4. Ce qui leur donnait l'aire d'un A5 (soit un trente-deuxième de mètre carré) sans en avoir le format (ou l'air, si vous préférez).

Comment, vous ne connaissez pas la norme DIN en question ? C'est très simple : le format DIN A0 a une surface d'un mètre carré et le rapport de sa longueur à sa largeur est la racine carrée de deux, rapport qui a la propriété de se maintenir pour le format obtenu en coupant la feuille en deux au milieu de sa longueur et ainsi de suite à l'infini (ou presque).

Un petit dessin ?

A0

Bon, ça c'est fait !

Ces bandelettes hors norme étaient couvertes d'une écriture serrée, enrichie de petits dessins (vous savez, ceux qui valent mieux qu'un long discours mais ne vous épargnent néanmoins pas celui-ci) et de formules mathématiques. Paradoxalement, je n'y ai vu aucune équation chimique, ce qui me fut un grand soulagement, car en dépit de ma formation, je crains d'être aussi nul dans cette branche qu'en mathématiques, c'est vous dire.

Certaines de ces bandes semblaient encore superposées dans un ordre logique, mais la majorité qui avaient dû l'être aussi à l'origine, semblaient avoir fait fonction de terrain de jeu pour une smala de chatons.

Horrifié par l'ampleur de la tâche, je me suis mis à la recherche de thé ou de café, mais n'en découvrant nulle part, j'ai décidé de prendre ma voiture pour aller en acheter et c'est là que je me suis retrouvé dans le centre commercial du début du billet.

Vous l'avez échappé belle, hein ?

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19 juin 2011

Boulot, dodo

Régulièrement, je rêve de mon ancien boulot.

Qui a dit "cauchemar" ?

Attention, je vous ai à l'œil et même à l'oreille !

Dans ces rêves, si je reconnais généralement la conformation des lieux, j'y relève toutefois quelques anomalies. Ainsi, de temps à autre, mais de manière récurrente, j'emprunte, au bout du troisième étage de l'aile sud, un escalier menant à un étage supplémentaire, inexistant dans la réalité.  Une fois parcouru sur toute sa longueur, cet étage donne sur un autre escalier déboulant directement dans un secrétariat garni de moquette rouge sang, un endroit qui plairait à Poupoune, mais lui aussi totalement imaginaire.

Dans ces rêves, bien qu'étant retraité, je dispose toujours d'un bureau et de labos. J'y croise des personnes qui s'en étonnent et je leur réponds que j'ai un accord avec la direction.

Laquelle direction était d'ailleurs présente dans mon dernier rêve sous ses formes habituelles, avenantes donc (ma direction était une directrice, comme mon médecin est une médecine), sauf que dans ce rêve, elle avait les cheveux qui lui tombaient sur les épaules et ça, c'est pas vraiment son genre...

Pourquoi je vous raconte tout ça ?

Ben c'est à cause de celui (ou celle, j'ai entendu, mais j'ai pas reconnu la voix) qui a dit "cauchemar" : je me plaisais bien, moi, au boulot.

Boulot


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03 janvier 2010

En des lieux secrets

Cette nuit, je rêvais que je retournais après des années dans un camping où j'avais abandonné, sans crier gare, une caravane (plus grande que celle que je possède réellement). Ce qui est étonnant c'est que je connaissais l'endroit. Pas que j'y sois déjà allé, non, j'en avais déjà rêvé : un espace herbu et ombragé en bordure d'un canal.

Il y a dans mes rêves des lieux qui reviennent ainsi régulièrement. Certains sont tout à fait imaginaires, d'autres sont liés à des endroits que j'ai connus dans la réalité. Paradoxalement, les deux plus récents exemples sont des terrains de camping qui ne présentent pas de caractéristiques troublantes. Ceux de ma jeunesse étaient bien plus étranges que les campings de mes vieux jours.

Le premier dont je me souvienne se situait à Seilles. Mes grands-parents maternels habitaient  la rive gauche de la Meuse, sur les premières pentes du "tienne" menant au quartier du "Nouveau monde". Le terrain était distribué en terrasses pareilles à des gradins pour titans.

Au niveau le plus bas, sous les petites maisons, se trouvaient des réduits dont certains abritaient du foin et de la paille, des outils de jardinage, des brouettes, et d'autres  des chèvres.

Au niveau suivant, cinq petites maisons basses alignées et devant elles une sorte de cour/ruelle bétonnée bordée par un mur de pierres retenant le niveau supérieur supportant des jardins. Au bout de ces jardins un nouveau mur, celui de l'étage suivant et, adossés à ce mur, les clapiers des lapins.

Dans mes rêves d'enfant, à côté de ces clapiers, il y avait un appentis et dans cet appentis, une petite porte carrée qu'il fallait franchir à quatre pattes. Bien qu'elle se trouvât sur le petit côté de l'édicule et eût dû, en toute logique, s'ouvrir sur le jardin, elle donnait sur un couloir étroit, un boyau plutôt, qui, au bout d'un assez long cheminement,  s'ouvrait sur une petite pièce, elle-même suivie d'un nouveau couloir et ainsi de suite.

J'ai passé bien des nuits à progresser dans ces couloirs, sans jamais rebrousser chemin ni non plus trouver d'issue. Invariablement, une sensation d'étouffement me saisissait et je me retrouvais haletant dans mon lit.


Seilles

On voit la rangée de maisons au centre de la vue satellite. Le gros bâtiment au toit gris n'existait pas à l'époque, la route en contrebas non plus. Et le chemin sur la gauche, n'était qu'un raidillon en terre battue.

Désolé mais à cet endroit, Google Earth n'a pas sa définition maximale, c'est un peu flou, comme dans un rêve.

Au fait, rêvez-vous en couleurs ?


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12 avril 2008

Remake

Contrairement à ma motivation blogueuse, mon activité onirique, elle, ne connaît pas de faiblesse. Le succès mitigé de ma dernière relation de rêve (il faut bien admettre que le sujet était limite "Jack the Ripper") m'avait découragé d'en entreprendre de nouvelles. Il faut pourtant que je vous parle de la dernière de mes élucubrations aussi nocturnes qu'involontaires.

MastroianniEn m'éveillant, j'ai immédiatement pensé à ce film (ma mémoire est infaillible pour les choses inutiles), un film que je n'ai jamais vu, je tiens à le préciser.

Du coup, je n'ai plus grand-chose à raconter, car dans votre infinie perspicacité vous aurez deviné de quoi il retourne. Dans mon rêve, j'étais donc "en cloque", comme dit Renaud. J'emploie cette expression argotique parce que je ne suis pas certain que le français académique accepte "enceint".

Ouais... si mon français était académique, ça se saurait, me direz-vous, d'accord ! Revenons donc à ma grossesse. La chose était d'autant plus improbable que je n'ai même plus de prostate, ce prétendu résidu d'utérus dont seraient dotés les hommes selon une légende urbaine, je suppute.

Que se passait-il, outre cet état ? Un médecin déclarait que, bien évidemment, il faudrait procéder par césarienne tandis qu'un asiatique, se prétendant le grand-père de l'enfant à venir tenait absolument à coller l'oreille sur ma bedaine pour écouter les battements de coeur du bébé. À quoi je répondais qu'il risquait fort de ne percevoir que les battements du mien.

Mon rêve ne s'est pas prolongé jusqu'à l'accomplissement, je ne peux donc rien vous dire du sexe du bébé.

Coïncidence, j'ai été réveillé par Renaud, mais il chantait une sombre histoire de ch'terril. Là-dessus, je vous quitte, j'emmène ma femme au restaurant... chinois.


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28 mars 2008

Sang et tripes

Il n'y a pas que les voyages en train qui me fatiguent. Il y a aussi cette vie nocturne parallèle. Ainsi, cette nuit.

Je passe sur un début un peu quelconque pour vous conter la fin de mon aventure. Je me trouve dans une soirée en compagnie d'une petite brunette, agréablement potelée, toute vêtue de noir, à peine la trentaine, que je ne connais, comme dit l'autre, ni des lèvres, ni des dents. Une bande de gars, aussi snobs que déplaisants ne cessent de la charrier.

Lassés, nous quittons l'endroit et pénétrons dans un grand enclos circulaire aux murs élevés tendus de bâches noires. Nous nous réfugions dans un endroit épargné par la pluie qui tombe doucement. Elle s'assied à mes côtés et se serre contre moi.

Au bout d'un moment, je m'éloigne un peu pour assister à une démonstration organisée sur un petite table par une sorte de magicien ou de physicien : il fait s'envoler de petits objets en les secouant légèrement sur place. Les montages en papier fort semblent portés par un courant d'air (chaud ?) et, après leur envol, il reste sur la table quelques petites particules d'aspect métallique. Quand, après le décollage de quelques objets, je regagne ma place, la fille a disparu.

Je quitte l'enclos et pars à sa recherche. Je finis par la retrouver, entourée par les gaillards du début. Elle a le visage défait et son rimmel lui coule sur les joues. Un motard de la police, en chemise, malgré le temps, assure, dans un Français fortement mâtiné de Flamand, qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

grangeJ'entraîne ma compagne vers une grande bâtisse en bois aux planches disjointes. Nous y pénétrons. La bande nous y suit. Une fois à l'intérieur, manifestement depuis longtemps abandonné, ils nous entourent et celui qui semble leur meneur me tend un couteau, genre désosseur. Je m'en saisis et le lui enfonce dans le ventre. Il n'émet pas un son ni ne s'écroule. Le reste de la bande se rapproche.

À ce moment précis, un ensemble de personnages les entourent. Ils semblent sourdre des murs même de l'édifice. Seule ma compagne semble les connaître. Je crois comprendre aux quelques mots qu'ils échangent avec elle qu'ils occupaient les lieux avant de disparaître après une horrible tuerie. Ils sont d'une maigreur mortelle, ont le regard perdu de déments et sont vêtus de haillons. Il y en a des deux sexes et tous sont armés de longs couteaux à la lame effilée.

Nos adversaires sont comme pétrifiés et n'esquissent aucun geste de défense quand ces sortes de zombies leur déchirent l'abdomen de leurs lames sans reflets.

Pas de fin à l'histoire, car je m'éveille, encore surpris de l'insistance que je venais de mettre à fouiller de la pointe de mon couteau les tripes de mon vis-à-vis par ailleurs impassible.


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20 mars 2008

À répétition

À force de parcourir les blogs des autres, je n'ai même plus à me demander de quoi parler sur le mien. En un sens, c'est bien pratique, même si vous pourriez croire que je manque d'imagination. C'est aussi normal, car tout ce qu'on peut nous raconter finit toujours par nous ramener à la seule expérience que nous possédions : la nôtre.

Ce sera donc Papistache aujourd'hui. J'aurais pu trouver plus mal comme inspiration. Son rêve de naissance douloureuse m'a immédiatement frappé.

D'abord parce qu'il y a une vingtaine d'années, un de mes collègues m'a raconté un rêve étonnamment similaire, qu'il faisait toujours à plus de quarante ans, sauf que cela se passait dans la paille et pas dans le foin, qu'à sa naissance, ses parents étaient fermiers, qu'il n'était pas du genre à lire Freud et que son récit n'avait pas l'originalité ni la perfection littéraires de celui de Papistache.

Ensuite, parce qu'il m'a ramené à mes propres rêves  redondants.

Je vous raconte le plus ancien de ceux dont je me souvienne :

J'habitais dans la vallée. Pour rentrer chez moi, je descends une rue assez pentue. Une de ces rues où un escalier de quelques marches, mène, le long de la façade, à un petit palier où s'ouvre la porte des maisons.

J'arrive au pied d'un de ces escaliers. Sur le sol, un couvercle métallique ferme l'orifice d'une trémie de cave à charbon. Comme tous les jeunes enfants, j'imagine, je m'amuse à faire sonner du pied la taque (encore une acception propre à la Belgique) en demi-lune.

Soudain, dans mon dos, un grondement. Le camion d'un livreur de charbon recule vers moi. Même si je n'aurais que quelques pas à faire pour lui échapper, je reste pétrifié, le dos au mur. Le camion continue de reculer, inexorablement. Et plus il recule, plus l'angoisse me broie. Mais je suis comme hypnotisé par l'arrière du véhicule qui se rapproche.

CalvaireAu moment "crucial" où il va m'écraser, l'image change, sans transition. Devant moi se dresse, dans un violent contre-jour, l'image, en contre-plongée, du sommet d'un terril surmonté d'une grande croix... et je m'éveille en sursaut.

Et Sigmund qui est mort...

Le rêve a disparu lorsque j'ai changé de patelin, vers mes dix ans.

Je tiens à signaler, à l'intention des analystes amateurs, que si j'avais été baptisé, bien plus par tradition que par conviction, ma famille n'était pas pratiquante. Par contre, je crois me souvenir que le terril de "la Neuville" était surmonté d'une croix (faudra que j'aille vérifier).


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18 mars 2008

Serial killer

Je suis un tueur en série.

KillerOh, rassurez-vous, pas au sens où l'entendent précisément une pléthore de séries télévisées. Non, au départ, je me trouve devant la nécessité de n'éliminer qu'une seule personne et, généralement, pour des motifs tout aussi respectables que compréhensibles : vengeance, jalousie, haine profonde, provocation.

Le problème, ce sont les témoins. Comme mon premier crime me vient sur une impulsion brutale, l'absence de préméditation (très bon ça, avec un bon avocat) et donc de préparation, me met dans des situations inextricables : il y a, presque toujours, un témoin.

Et c'est là que commence le diabolique enchaînement nécessaire à la préservation du secret. Ces crimes-là, qui constituent, eux, la fameuse "série", n'en sont plus. Ils ne sont que le résultat d'une implacable nécessité. Ils sont perpétrés sans esprit de vengeance, sans jalousie, sans haine. Ils ont l'incomparable splendeur et l'innocence immaculée de la déduction mathématique, de la suite logique. On n'impute pas à la recherche fondamentale les dégâts de la bombe atomique !

L'autre nuit, encore, j'avais très proprement liquidé, par injection, durant son sommeil, cette fille. Quel regard intéressant, mais pervers, elle avait lorsqu'elle m'avait accusé, à tort, d'une horrible forfaiture.

Je me rappelle parfaitement : le liquide mortel était rose, suprême délicatesse !

L'ennui, c'est qu'en sortant de sa chambre, l'interne n'a pas reconnu en moi, malgré ma blouse blanche, l'un de ses collègues et s'est inquiété du contenu résiduel de la seringue. C'était parti ! Et de témoin en témoin, de décisions précipitées en réalisations boîteuses... je me suis enfin réveillé, le palpitant en complet affolement de soupapes, au bord de la défaillance cardiaque.

Avec ces rêves idiots, un jour c'est moi que je tuerai, y a pas photo !


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03 mars 2008

Cauchemar

Je l'ai déjà expliqué ailleurs, lorsque je dépose un nouveau message sur Skynet, je visite les blogs qui encadrent le mien dans la liste des derniers messages publiés. Régulièrement, un de ces blogs est l'oeuvre d'une personne en quête forcenée de minceur. Dans le dernier de cet acabit, une photo représentant l'idéal de la rédactrice m'a scié. Comble, elle provient d'un site de modèles néerlandais (supermodels.nl). La voici :

CommentJe me demande bien ce qu'aurait pu faire Rubens avec un tel modèle !

Je contemplais la chose (je parle bien évidemment de la photo), ce teint blafard, ces lèvres peintes, lorsqu'un souvenir très désagréable m'est revenu.

Il y a bien des années, mon épouse et moi-même avons perdu une amie très proche. Elle avait juste cinquante ans quand elle a succombé à un cancer du sein.

Une quinzaine de jours après ses funérailles, je rêvai que j'assistais à une réception.

Je me trouvais, le verre à la main, dans une grande salle au plafond assez bas soutenu par des pilastres carrés. Il y avait assez bien de monde et l'atmosphère était plutôt oppressante. Je m'étais isolé, à l'abri d'un pilier, lorsque notre amie apparut à mes côtés. Elle que je n'avais jamais vue maquillée, ou alors très légèrement, l'était outrageusement. Elle me fit face et ouvrit une bouche qui allait s'élargissant pour n'être bientôt plus qu'un gouffre noir bordé de lèvres rouge sang. Elle ne prononça qu'un mot, murmure grave et glacé : "Viens !"

Réveil en sursaut, sueurs froides et, même aujourd'hui, j'en frissonne encore.


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