Entre nous

Pas si intime en fin de compte

12 avril 2008

Remake

Contrairement à ma motivation blogueuse, mon activité onirique, elle, ne connaît pas de faiblesse. Le succès mitigé de ma dernière relation de rêve (il faut bien admettre que le sujet était limite "Jack the Ripper") m'avait découragé d'en entreprendre de nouvelles. Il faut pourtant que je vous parle de la dernière de mes élucubrations aussi nocturnes qu'involontaires.

MastroianniEn m'éveillant, j'ai immédiatement pensé à ce film (ma mémoire est infaillible pour les choses inutiles), un film que je n'ai jamais vu, je tiens à le préciser.

Du coup, je n'ai plus grand-chose à raconter, car dans votre infinie perspicacité vous aurez deviné de quoi il retourne. Dans mon rêve, j'étais donc "en cloque", comme dit Renaud. J'emploie cette expression argotique parce que je ne suis pas certain que le Français académique accepte "enceint".

Ouais... si mon Français était académique, ça se saurait, me direz-vous, d'accord ! Revenons donc à ma grossesse. La chose était d'autant plus improbable que je n'ai même plus de prostate, ce prétendu résidu d'utérus dont seraient dotés les hommes selon une légende urbaine, je suppute.

Que se passait-il, outre cet état ? Un médecin déclarait que, bien évidemment, il faudrait procéder par césarienne tandis qu'un asiatique, se prétendant le grand-père de l'enfant à venir tenait absolument à coller l'oreille sur ma bedaine pour écouter les battements de coeur du bébé. À quoi je répondais qu'il risquait fort de ne percevoir que les battements du mien.

Mon rêve ne s'est pas prolongé jusqu'à l'accomplissement, je ne peux donc rien vous dire du sexe du bébé.

Coïncidence, j'ai été réveillé par Renaud, mais il chantait une sombre histoire de ch'terril. Là-dessus, je vous quitte, j'emmène ma femme au restaurant... chinois.


Posté par Walrus à 19:48 - Rêves - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 mars 2008

Sang et tripes

Il n'y a pas que les voyages en train qui me fatiguent. Il y a aussi cette vie nocturne parallèle. Ainsi, cette nuit.

Je passe sur un début un peu quelconque pour vous conter la fin de mon aventure. Je me trouve dans une soirée en compagnie d'une petite brunette, agréablement potelée, toute vêtue de noir, à peine la trentaine, que je ne connais, comme dit l'autre, ni des lèvres, ni des dents. Une bande de gars, aussi snobs que déplaisants ne cessent de la charrier.

Lassés, nous quittons l'endroit et pénétrons dans un grand enclos circulaire aux murs élevés tendus de bâches noires. Nous nous réfugions dans un endroit épargné par la pluie qui tombe doucement. Elle s'assied à mes côtés et se serre contre moi.

Au bout d'un moment, je m'éloigne un peu pour assister à une démonstration organisée sur un petite table par une sorte de magicien ou de physicien : il fait s'envoler de petits objets en les secouant légèrement sur place. Les montages en papier fort semblent portés par un courant d'air (chaud ?) et, après leur envol, il reste sur la table quelques petites particules d'aspect métallique. Quand, après le décollage de quelques objets, je regagne ma place, la fille a disparu.

Je quitte l'enclos et pars à sa recherche. Je finis par la retrouver, entourée par les gaillards du début. Elle a le visage défait et son rimmel lui coule sur les joues. Un motard de la police, en chemise, malgré le temps, assure, dans un Français fortement mâtiné de Flamand, qu'il n'y a pas de quoi fouetter un chat.

grangeJ'entraîne ma compagne vers une grande bâtisse en bois aux planches disjointes. Nous y pénétrons. La bande nous y suit. Une fois à l'intérieur, manifestement depuis longtemps abandonné, ils nous entourent et celui qui semble leur meneur me tend un couteau, genre désosseur. Je m'en saisis et le lui enfonce dans le ventre. Il n'émet pas un son ni ne s'écroule. Le reste de la bande se rapproche.

À ce moment précis, un ensemble de personnages les entourent. Ils semblent sourdre des murs même de l'édifice. Seule ma compagne semble les connaître. Je crois comprendre aux quelques mots qu'ils échangent avec elle qu'ils occupaient les lieux avant de disparaître après une horrible tuerie. Ils sont d'une maigreur mortelle, ont le regard perdu de déments et sont vêtus de haillons. Il y en a des deux sexes et tous sont armés de longs couteaux à la lame effilée.

Nos adversaires sont comme pétrifiés et n'esquissent aucun geste de défense quand ces sortes de zombies leur déchirent l'abdomen de leurs lames sans reflets.

Pas de fin à l'histoire, car je m'éveille, encore surpris de l'insistance que je venais de mettre à fouiller de la pointe de mon couteau les tripes de mon vis-à-vis par ailleurs impassible.


Posté par Walrus à 10:31 - Rêves - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 mars 2008

À répétition

À force de parcourir les blogs des autres, je n'ai même plus à me demander de quoi parler sur le mien. En un sens, c'est bien pratique, même si vous pourriez croire que je manque d'imagination. C'est aussi normal, car tout ce qu'on peut nous raconter finit toujours par nous ramener à la seule expérience que nous possédions : la nôtre.

Ce sera donc Papistache aujourd'hui. J'aurais pu trouver plus mal comme inspiration. Son rêve de naissance douloureuse m'a immédiatement frappé.

D'abord parce qu'il y a une vingtaine d'années, un de mes collègues m'a raconté un rêve étonnamment similaire, qu'il faisait toujours à plus de quarante ans, sauf que cela se passait dans la paille et pas dans le foin, qu'à sa naissance, ses parents étaient fermiers, qu'il n'était pas du genre à lire Freud et que son récit n'avait pas l'originalité ni la perfection littéraires de celui de Papistache.

Ensuite, parce qu'il m'a ramené à mes propres rêves  redondants.

Je vous raconte le plus ancien de ceux dont je me souvienne :

J'habitais dans la vallée. Pour rentrer chez moi, je descends une rue assez pentue. Une de ces rues où un escalier de quelques marches, mène, le long de la façade, à un petit palier où s'ouvre la porte des maisons.

J'arrive au pied d'un de ces escaliers. Sur le sol, un couvercle métallique ferme l'orifice d'une trémie de cave à charbon. Comme tous les jeunes enfants, j'imagine, je m'amuse à faire sonner du pied la taque (encore une acception propre à la Belgique) en demi-lune.

Soudain, dans mon dos, un grondement. Le camion d'un livreur de charbon recule vers moi. Même si je n'aurais que quelques pas à faire pour lui échapper, je reste pétrifié, le dos au mur. Le camion continue de reculer, inexorablement. Et plus il recule, plus l'angoisse me broie. Mais je suis comme hypnotisé par l'arrière du véhicule qui se rapproche.

CalvaireAu moment "crucial" où il va m'écraser, l'image change, sans transition. Devant moi se dresse, dans un violent contre-jour, l'image, en contre-plongée, du sommet d'un terril surmonté d'une grande croix... et je m'éveille en sursaut.

Et Sigmund qui est mort...

Le rêve a disparu lorsque j'ai changé de patelin, vers mes dix ans.

Je tiens à signaler, à l'intention des analystes amateurs, que si j'avais été baptisé, bien plus par tradition que par conviction, ma famille n'était pas pratiquante. Par contre, je crois me souvenir que le terril de "la Neuville" était surmonté d'une croix (faudra que j'aille vérifier).


Posté par Walrus à 11:20 - Rêves - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 2008

Serial killer

Je suis un tueur en série.

KillerOh, rassurez-vous, pas au sens où l'entendent précisément une pléthore de séries télévisées. Non, au départ, je me trouve devant la nécessité de n'éliminer qu'une seule personne et, généralement, pour des motifs tout aussi respectables que compréhensibles : vengeance, jalousie, haine profonde, provocation.

Le problème, ce sont les témoins. Comme mon premier crime me vient sur une impulsion brutale, l'absence de préméditation (très bon ça, avec un bon avocat) et donc de préparation, me met dans des situations inextricables : il y a, presque toujours, un témoin.

Et c'est là que commence le diabolique enchaînement nécessaire à la préservation du secret. Ces crimes-là, qui constituent, eux, la fameuse "série", n'en sont plus. Ils ne sont que le résultat d'une implacable nécessité. Ils sont perpétrés sans esprit de vengeance, sans jalousie, sans haine. Ils ont l'incomparable splendeur et l'innocence immaculée de la déduction mathématique, de la suite logique. On n'impute pas à la recherche fondamentale les dégâts de la bombe atomique !

L'autre nuit, encore, j'avais très proprement liquidé, par injection, durant son sommeil, cette fille. Quel regard intéressant, mais pervers, elle avait lorsqu'elle m'avait accusé, à tort, d'une horrible forfaiture.

Je me rappelle parfaitement : le liquide mortel était rose, suprême délicatesse !

L'ennui, c'est qu'en sortant de sa chambre, l'interne n'a pas reconnu en moi, malgré ma blouse blanche, l'un de ses collègues et s'est inquiété du contenu résiduel de la seringue. C'était parti ! Et de témoin en témoin, de décisions précipitées en réalisations boîteuses... je me suis enfin réveillé, le palpitant en complet affolement de soupapes, au bord de la défaillance cardiaque.

Avec ces rêves idiots, un jour c'est moi que je tuerai, y a pas photo !


Posté par Walrus à 09:26 - Rêves - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 mars 2008

Cauchemar

Je l'ai déjà expliqué ailleurs, lorsque je dépose un nouveau message sur Skynet, je visite les blogs qui encadrent le mien dans la liste des derniers messages publiés. Régulièrement, un de ces blogs est l'oeuvre d'une personne en quête forcenée de minceur. Dans le dernier de cet acabit, une photo représentant l'idéal de la rédactrice m'a scié. Comble, elle provient d'un site de modèles néerlandais (supermodels.nl). La voici :

CommentJe me demande bien ce qu'aurait pu faire Rubens avec un tel modèle !

Je contemplais la chose (je parle bien évidemment de la photo), ce teint blafard, ces lèvres peintes, lorsqu'un souvenir très désagréable m'est revenu.

Il y a bien des années, mon épouse et moi-même avons perdu un amie très proche. Elle avait juste cinquante ans quand elle a succombé à un cancer du sein.

Une quinzaine de jours après ses funérailles, je rêvai que j'assistais à une réception.

Je me trouvais, le verre à la main, dans une grande salle au plafond assez bas soutenu par des pilastres carrés. Il y avait assez bien de monde et l'atmosphère était plutôt oppressante. Je m'étais isolé, à l'abri d'un pilier, lorsque notre amie apparut à mes côtés. Elle que je n'avais jamais vue maquillée, ou alors très légèrement, l'était outrageusement. Elle me fit face et ouvrit une bouche qui allait s'élargissant pour n'être bientôt plus qu'un gouffre noir bordé de lèvres rouge sang. Elle ne prononça qu'un mot, murmure grave et glacé : "Viens !"

Réveil en sursaut, sueurs froides et, même aujourd'hui, j'en frissonne encore.


Posté par Walrus à 13:18 - Rêves - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1