28 avril 2008

Bis repetita

Mariage... vous connaissez certainement la suite de cette locution latine. Sinon, nous ne sommes pas sur Internet pour rien, un petit coup de Google et hop !  Cette locution est-elle si véridique qu'on voudrait nous le faire croire ? J'en doute, voici pourquoi...

Je devais avoir dix-sept ans. Mon cousin se marie. Je dis "mon cousin" parce qu'il l'était effectivement, mais j'aurais plutôt dû dire "un de mes cousins". Vous connaissez l'étendue des familles du début du siècle dernier, n'est-ce pas! J'ai donc huit cousins et presqu'autant de cousines, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Un mien cousin, donc, se marie. On me colle dans la suite, au bras d'une de ses soeurs, ma cousine donc, appelons-la Germaine, juste pour le fun, bien sûr.

"Germaine" donc, était un rien plus âgée que moi, avait une taille de guêpe, un port de reine, une douceur dans le parler à faire fondre les icebergs (c'était pourtant plus difficile que de nos jours). J'en étais bleu... ça n'a pas vraiment changé.

Après la Maison communale (en France on dit Mairie) et l'église, repas côte à côte, échange de propos joyeux, entre cousins, la timidité n'est pas de mise. En début de soirée, nous sortons prendre l'air, bras dessus, bras dessous et, profitant de la pénombre romantique à souhait, je lui murmure la demande que j'avais déjà formulée à mon institutrice une bonne dizaine d'années plus tôt. Je n'avais pas eu trop de ce délai pour encaisser le refus d'icelle, comme dit l'autre.

J'attends, le cœur battant la chamade.

Même question, même résultat, enrobé d'autant de gentillesse et de précautions oratoires. Outre le problème de consanguinité, la belle, bien que pas encore officiellement fiancée, me fait valoir qu'elle a déjà donné sa parole à un individu que je rencontrerai plus tard pour constater combien il est sympathique (What else ? comme dit George).

Suite à cette nouvelle désillusion, je me suis promis de ne plus jamais essuyer un autre de ces refus, d'autant plus douloureux qu'ils étaient formulés avec gentillesse. J'ai donc décidé d'échanger les rôles et d'attendre que ce soit une fille qui me demande en mariage.

Faisant le tour des demoiselles que je connaissais, j'ai même prévu laquelle d'entre elles, en toute logique, formulerait cette demande et... ça n'a pas raté !

Encore qu'elle ait failli se faire coiffer sur le fil, mais ça, c'est une autre histoire...

Posté par Walrus à 22:05 - - Commentaires [11] - Permalien [#]
Tags : ,


23 avril 2008

Hélas...

Je ne vous donnerai pas son prénom, sait-on jamais, malgré le temps... Je ne le maquillerai pas non plus, il m'était trop cher.

Elle avait la vingtaine étourdissante, respirait la santé et la joie de vivre. Nous nous voyions presque chaque jour. Elle me berçait de la musique de sa voix. Les boucles de ses cheveux bruns, mi-longs selon la mode de l'époque, me caressaient délicieusement la joue. Je m'enivrais de son parfum subtil et la chaleur de son corps, que je percevais à travers ses vêtements aux coloris joyeux, m'enveloppait d'un nuage de béatitude. Parfois, elle me prenait la main avec, tout à la fois, douceur et fermeté pour...

Un jour, n'y tenant plus, surmontant cette timidité maladive qui est toujours mienne aujourd'hui, je lui ai, le front rouge et les yeux braqués sur le bout de mes chaussures, demandé de m'épouser.

Et là, j'ai senti que je n'aurais pas dû ! Elle m'a serré dans ses bras et, avec une infinie tendresse, m'a dit que ma demande la flattait, qu'elle aurait sans doute été heureuse de le faire, mais qu'elle n'aurait jamais le courage d'attendre ce bonheur pendant une longue quinzaine d'années.

Voilà pourquoi je n'ai pas épousé mon institutrice de maternelle.


Posté par Walrus à 09:53 - - Commentaires [12] - Permalien [#]
Tags : ,

21 avril 2008

Spammé !

EcoutePas tagué, spammé ! Je ne vois pas comment je pourrais considérer autrement l'étrange commentaire qui vient d'atterrir sur ce blog. Je vous le "copicolle" pour vous éviter de vous perdre dans l'arachnéen réseau des liens.

Doppler Foetal Angelsounds

Bonjour, je suis admirative de votre joli blog que j'aurais plaisir à venir découvrir souvent !
Avez-vous pensé au Doppler Foetal Angelsounds de
http://www.miaperla.com pour écouter votre bébé in utero à deux avec votre moitié !!
A la maison, dans une atmosphère détendue et confortable, écoutez votre bébé à 2, les battements de son coeur (très rapides), les mouvements de ses bras et ses pieds ou son tout premier hoquet ! Angelsounds amplifie les bruits du bébé dans le ventre de sa maman:
http://www.miaperla.com . Désormais vous pourrez entendre votre bébé dès qu'il commencera à bouger. C'est vraiment super et que du bonheur!

Posté par maria, 21 avril 2008 à 09:57

Ce texte a été déposé sur ce billet où je vous racontais avoir rêvé être "enceint". Je commence à comprendre pourquoi certains activent la modération des commentaires.

Il me semble évident que l'auteure de ce message, pour peu qu'elle ne soit pas un programme informatique, ment. Si elle pratiquait vraiment ce blog, elle saurait que mon épouse n'est plus vraiment en àge de procréer et que, de mon côté, je ne suis plus en état de le faire (cela me semble  patent dans le post commenté lui-même).

Cette chère "Maria" est soit dotée d'une orthographe approximative, soit machiavélique. En effet, ou bien elle confond allègrement le futur de l'indicatif et le conditionnel présent et entendait dire "votre joli blog que j'aurai plaisir à venir découvrir souvent", ou bien elle parle effectivement au conditionnel et a soigneusement omis d'ajouter "si j'en avais le temps".

Bref, un coup pour rien... ou presque, puisque cela m'a permis de vous pondre ce billet.


Posté par Walrus à 11:01 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

18 avril 2008

Clic clic !

Anneau_1Non, ce n'est plus le bruit de la pince coupante, c'est celui de l'appareil photo. J'aurais dû illustrer mon message précédent. Je le fais donc à retardement. Et tant que j'y étais, j'ai aussi photographié deux autres alliances en notre possession, ce qui va me permettre d'approfondir ma réflexion sur ce symbole en or. C'est le commentaire de Papistache qui m'y pousse.

Symbole d'union, clame le peuple... moi, ces anneaux m'évoquent singulièrement les fers dont étaient munis les esclaves. Vous m'opposerez que ces bracelets n'étaient pas en or, d'abord, ça dépend du genre d'esclave, mais parlons-en de l'or ! Ce métal noble, inaltérable, cette valeur refuge, n'augmente de prix que bien à l'abri dans un coffre-fort. Car au doigt des époux... il s'use ! Voyez la face externe de ces anneaux, celle qui est confrontée aux aleas de l'existence. À l'origine, elle était gravée de liserés enserrant une large bande décorée de petites pointes pyramidales. Aujourd'hui, elle est lisse comme la joue d'une patiente sortant d'un lifting sévère.

Anneau_2Faut-il donc conclure qu'avec le temps l'union symbolisée va, elle aussi, s'amincissant, se déformant sous les tensions ? Papistache, jamais dépourvu de ressources dans les moments difficiles, vous dira qu'elle s'affine, se spiritualise.

Mais que dira-t-il lorsque le jonc, de lui-même se brisera, sans scie, sans pince coupante ?Anneau_3

Il dira peut-être que pour former un chaîne, il faut bien ouvrir l'un des anneaux. Je vous l'avais dit : on ne peut le prendre en défaut.

Moi, par contre, oui ! Finalement, tout ce que je vous ai raconté péchait par un petit détail qui m'est revenu en relisant les inscriptions sur la face interne de nos alliances. Ce n'est pas celle de mon épouse que j'ai rompu de deux coups de pince, c'est la mienne ! Nous les avions échangées lorsque la pauvre avait commencé d'avoir des problèmes articulaires, parce que la mienne était un peu plus large !


Posté par Walrus à 11:30 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

16 avril 2008

Clic !

Tandis que Val s'inquiète du choix de son alliance, j'enlevais celle de mon épouse de deux coups de pince coupante. L'opération, dont nous nous faisions un monde depuis des mois, n'a pris que quelques secondes. Elle avait été rendue nécessaire par le gonflement des articulations et de douloureuses mycoses à répétition.

Ma moitié était toute remuée de voir rompu cet anneau qu'elle portait depuis quarante-trois ans. Mon alliance à moi dormait dans le tiroir de ma table de nuit depuis qu'une infirmière me l'avait enlevée avant je ne sais quelle intervention chirurgicale. Je n'ai pas trop eu le temps de voir. Elle avait un truc à base de savon et de ficelle qui m'a laissé pantois.
Cela m'a fait souvenir de l'étrange sensation que m'avait procurée ce doigt subitement libéré.

Bref, nous voici tous deux vierges de ce symbole d'union. J'ai beau lui répéter que le symbole n'est pas l'objet qu'il évoque, cela ne la soulage guère. Je crains qu'elle sache que lorsqu'on met à bas la statue du Prince, celui-ci est dans ses petits souliers (ou sa grande fureur, c'est question de tempérament).

La seule chose qui la console un peu, c'est qu'elle porte toujours sa bague de fiançailles. Elle a bien raison, que peut-il y avoir de mieux qu'une promesse d'avenir ?


Posté par Walrus à 19:13 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :


14 avril 2008

Trop cool...

Vidalinda... le commentaire de Vidalinda ! Trop, tout court même ! Elle va me faire rougir! Enfin, rougir encore plus, parce que ma tronche a déjà une forte tendance à la rubicondité (érubescence, pour les puristes), mais je ne vais pas vous bassiner avec mes aventures allopathiques.

Ce commentaire élogieux est en grande partie immérité : je fais bêtement partie de la génération des élèves belges francophones élevés à grands coups de grammaire "Grevisse" (la Belgique est un pays de grammairiens, la chicane y est atavique) dans un enseignement où les fautes de Français étaient sanctionnées, même dans les copies des autres branches. Pratique, est-il besoin de le préciser, depuis longtemps abandonnée dans l'enseignement de la Communauté Française de Belgique. Pourtant, un bon coup de "Bon Usage" sur la cafetière, ça remettait les idées en place (vous avez vu le pavé ?).

J'écris pour mon plaisir et, tant qu'à faire, sans aller jusqu'à évoquer le respect de mes nombreux lecteurs, autant rédiger dans une langue qui me permette de me relire. Et paf ! Le narcissisme pointe le bout du nez, je me suis trahi !

Hier, en lisant "L'Oeuvre au Noir" de Yourcenar*, je suis tombé sur un passage qui recoupe assez bien mes préoccupations (prétentions ?) littéraires :

Mes poèmes ne méritent pas de survivre au papier sur lequel mon libraire les imprime à mes frais, quand par hasard j'ai les moyens de m'offrir comme un autre un frontispice et un faux titre. Les lauriers d'Hippocrène ne sont pas pour moi; je ne traverserai pas les siècles relié en veau. Mais quand je vois combien peu de gens lisent L'Iliade d'Homère, je prends plus gaiement mon parti d'être peu lu.

L'action se déroule au seizième siècle et finalement, je me demande si le succès des blogs ne tient pas dans le fait qu'ils épargnent les frais de l'édition à compte d'auteur.

Comment ça, radin ?

* Snob ! Tout ça pour dire qu'il a lu un Yourcenar !
Et d'abord, c'est même pas vrai, j'avais déjà lu "Archives du Nord" avant, nananère !


Posté par Walrus à 10:02 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags :

12 avril 2008

Remake

Contrairement à ma motivation blogueuse, mon activité onirique, elle, ne connaît pas de faiblesse. Le succès mitigé de ma dernière relation de rêve (il faut bien admettre que le sujet était limite "Jack the Ripper") m'avait découragé d'en entreprendre de nouvelles. Il faut pourtant que je vous parle de la dernière de mes élucubrations aussi nocturnes qu'involontaires.

MastroianniEn m'éveillant, j'ai immédiatement pensé à ce film (ma mémoire est infaillible pour les choses inutiles), un film que je n'ai jamais vu, je tiens à le préciser.

Du coup, je n'ai plus grand-chose à raconter, car dans votre infinie perspicacité vous aurez deviné de quoi il retourne. Dans mon rêve, j'étais donc "en cloque", comme dit Renaud. J'emploie cette expression argotique parce que je ne suis pas certain que le français académique accepte "enceint".

Ouais... si mon français était académique, ça se saurait, me direz-vous, d'accord ! Revenons donc à ma grossesse. La chose était d'autant plus improbable que je n'ai même plus de prostate, ce prétendu résidu d'utérus dont seraient dotés les hommes selon une légende urbaine, je suppute.

Que se passait-il, outre cet état ? Un médecin déclarait que, bien évidemment, il faudrait procéder par césarienne tandis qu'un asiatique, se prétendant le grand-père de l'enfant à venir tenait absolument à coller l'oreille sur ma bedaine pour écouter les battements de coeur du bébé. À quoi je répondais qu'il risquait fort de ne percevoir que les battements du mien.

Mon rêve ne s'est pas prolongé jusqu'à l'accomplissement, je ne peux donc rien vous dire du sexe du bébé.

Coïncidence, j'ai été réveillé par Renaud, mais il chantait une sombre histoire de ch'terril. Là-dessus, je vous quitte, j'emmène ma femme au restaurant... chinois.


Posté par Walrus à 19:48 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

10 avril 2008

Pas de chance

Pas de chance, au moment où j'allais me mettre à ce billet, voilà-t-y pas que je découvre avec stupéfaction qu'il y a une nouvelle consigne sur Paroles Plurielles ! Entre deux courses en voiture commandées par mon épouse, j'expédie la chose et, après envoi, je m'aperçois que je n'ai pas tout-à-fait respecté les règles édictées. En effet, celles-ci demandaient d'imaginer le monologue intérieur d'un des personnages présents sur cette photo prise par Coumarine

Coumarine

... et j'ai fait parler le cuistot. Mais bon, y a-t-il quelqu'un de plus densément présent dans un resto que le cuistot ? Je n'ai donc pas vraiment triché. C'est la photo qui, à mon humble avis, ne suggère pas assez la présence du virtuose du "piano". En un mot, c'est la faute à Coumarine, CQFD.

Avec tout ça, j'ai presqu'oublié ce dont je voulais vous entretenir, mais en un sens, c'est lié. Je me suis rué sur cette occasion de reporter mon intervention comme la vérole sur le bas clergé (pour citer un de mes ex-professeurs) parce que depuis mon petit séjour en Baie de Somme, j'ai constaté que je n'étais pas aussi accro à la blogosphère que je le pensais.

Un exemple : je débarque là-bas, j'allume mon portable (j'emmène toujours un portable en vacances, because les photos numériques) et détecte un accès WiFi protégé. Au vu de la configuration des lieux, il doit s'agir de celui du propriétaire. J'ai même pas essayé de confirmer, c'est dire si j'étais motivé !

Donc, j'attends. Et en attendant, je parle pour ne rien dire. Et ça, aux dires de certains, ça au moins je sais (peux, pour les Français) faire...


Posté par Walrus à 11:44 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

07 avril 2008

Retrouvé !

Phoque_1Le phoque, veux-je dire.

Enfin, ce n'est pas certain, car selon la maison de la Baie de Somme, on avait observé ce jour-là cent-vingt-deux "veaux de mer" et une vingtaine de phoques gris dans la baie. Difficile donc de vérifier qu'il s'agissait bien du même individu que sur la photo précédente.

En conclusion de quoi, j'ai pris mes précautions pour la prochaine fois : celui-ci, je le reconnaîtrai à coup sûr !Phoque_2

Posté par Walrus à 11:05 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags :

28 mars 2008

Avis au lecteur

SealOui, c'est un phoque. Je l'avais photographié le 14 novembre 2003, tandis qu'il se laissait porter par la marée montante, dans le lit de la Somme, devant Le Hourdel.

Il a l'air de nous regarder, mais en réalité, il était très intéressé par un grand braque que d'autres personnes promenaient sur la plage. Il s'approchait même du bord pour venir l'observer.

Mon épouse et moi-même séjournions en baie de Somme pour me permettre de récupérer un peu d'une hémorragie digestive qui m'avait expédié à l'hosto et mis sur les genoux. Vous voyez que ce genre de problème peut avoir des conséquences heureuses. D'ailleurs, ça avait très bien commencé : j'avais failli m'évanouir dans les bras d'une de mes collègues !

La saison où fut prise la photo explique le peu de lumière dont j'avais pu bénéficier pour la prise de vue. L'image est en couleurs, mais elle paraît grise, tant il faisait sombre.

Je vous entends d'ici : "Mais où veut-il en venir, ce braque, avec son phoque ?"
Simplement à ceci : demain nous y retournons, avec nos petites-filles, pour tenter de retrouver l'animal. Comme nous ne l'avons pas marqué, ça va être coton.

Et nous en venons ainsi au titre (j'y ai laissé lecteur au singulier, eu égard à la densité de mon lectorat) : comme je doute que Le Hourdel soit largement pourvu en WiFi ou autres Hot-Spots, je crains d'être amené à faire une pause d'une semaine sur ce blog.


Posté par Walrus à 11:24 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags :