18 mars 2008

Serial killer

Je suis un tueur en série.

KillerOh, rassurez-vous, pas au sens où l'entendent précisément une pléthore de séries télévisées. Non, au départ, je me trouve devant la nécessité de n'éliminer qu'une seule personne et, généralement, pour des motifs tout aussi respectables que compréhensibles : vengeance, jalousie, haine profonde, provocation.

Le problème, ce sont les témoins. Comme mon premier crime me vient sur une impulsion brutale, l'absence de préméditation (très bon ça, avec un bon avocat) et donc de préparation, me met dans des situations inextricables : il y a, presque toujours, un témoin.

Et c'est là que commence le diabolique enchaînement nécessaire à la préservation du secret. Ces crimes-là, qui constituent, eux, la fameuse "série", n'en sont plus. Ils ne sont que le résultat d'une implacable nécessité. Ils sont perpétrés sans esprit de vengeance, sans jalousie, sans haine. Ils ont l'incomparable splendeur et l'innocence immaculée de la déduction mathématique, de la suite logique. On n'impute pas à la recherche fondamentale les dégâts de la bombe atomique !

L'autre nuit, encore, j'avais très proprement liquidé, par injection, durant son sommeil, cette fille. Quel regard intéressant, mais pervers, elle avait lorsqu'elle m'avait accusé, à tort, d'une horrible forfaiture.

Je me rappelle parfaitement : le liquide mortel était rose, suprême délicatesse !

L'ennui, c'est qu'en sortant de sa chambre, l'interne n'a pas reconnu en moi, malgré ma blouse blanche, l'un de ses collègues et s'est inquiété du contenu résiduel de la seringue. C'était parti ! Et de témoin en témoin, de décisions précipitées en réalisations boîteuses... je me suis enfin réveillé, le palpitant en complet affolement de soupapes, au bord de la défaillance cardiaque.

Avec ces rêves idiots, un jour c'est moi que je tuerai, y a pas photo !


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17 mars 2008

Expo

Voici quelques jours que, sans y afficher la petite pancarte "En pause", j'ai négligé ce blog. C'est que mon épouse participe actuellement à l'exposition de printemps de son atelier de peinture sur soie. Cela se passe au Centre Culturel francophonne de Ganshoren : "La Villa".

À cette occasion, j'ai donc été réquisitionné pour découper les passe-partout, mettre à jour le dossier de présentation des participantes, photographier les oeuvres exposées, assurer la couverture photographique du vernissage de l'événement.

Vernissage_0011Je ne suis pas un reporter mondain de classe internationale, mais il y a malgré tout quelques détails qui n'échappent pas à mon oeil de photographe exercé. Ouais, j'ai la vue basse, mais, que voulez-vous, ce doit être un effet pervers de mon grand âge !

Ce n'est pas à vous que je vais apprendre comment se déroulent les vernissages dans les Centres Culturels : petit discours de l'échevine de la Culture, boissons plus ou moins alcoolisées, amuse-gueules plus ou moins réussis. C'est là qu'il faut avoir l'oeil ! Dans ce genre de réception organisée par des bénévoles, chacun y va de sa petite préparation, et vous apprenez rapidement que la bonne volonté n'est pas tout. Il faut pouvoir (chez nous, on dit plutôt "savoir", mais je ne tiens pas à dérouter les lecteurs français) repérer au sein de l'offre globale le petit machin qui démontre à suffisance que son auteur perd son temps dans un atelier artistique alors qu'il est tellement doué pour la cuisine ! Gaffe quand-même, l'inverse existe aussi !

Cette année, trois ateliers avaient regroupé leurs forces pour organiser une exposition commune : celui de peinture sur soie, celui d'aquarelle et celui de dentelle. Ce n'est pas une mauvaise idée. En effet, cela favorise les échanges entre les divers "artistes" et augmente le nombre des visiteurs (en langage actuel : "augmente la visibilité de l'événement").

Aim_eEn effectuant mon travail de photographe, fort gêné par les réflexions parasites sur les vitres dont les aquarellistes et les dentelières avaient couvert leurs réalisations, j'ai eu un coup de coeur, non pas pour une paire de bas, mais pour l'oeuvre d'une aquarelliste en particulier, un peu normal, elle signe "Aimée".

Pour ne pas faire de jaloux, je joins ci-dessous les photos de quelques réalisations des différents ateliers. Vous voudrez bien en excuser le positionnement étrange, ma maîtrise de la mise en page dans Canalblog est assez rudimentaire.

Je signale en passant que, contrairement aux deux autres, l'atelier de peinture sur soie se choisit un thème pour ses réalisations. Cette année, il s'agissait de "Villes et villages".

MauresqueMoscou

Nancy

Dentelle

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11 mars 2008

Disclaimer

Ana_sSuite à un léger malentendu avec Anaïs, du blog de laquelle je vous recommande la lecture dès qu'elle aura terminé sa grève, je vais vous raconter une petite histoire, authentique, il va de soi dans la présente catégorie.

Il y a de cela très très longtemps, je terminais laborieusement des études de chimie (laborieusement, puisque la chimie, comme chacun sait, se pratique en laboratoire) et passais mon oral du cours de "droit civil et constitutionnel".

L'examinateur me pose la question suivante : "Quelle différence y a-t-il entre un Juge et un Procureur du Roi ?"

Je voulais expliquer que le Juge étant, à l'inverse du Procureur, indéboulonnable, il était moins sujet à d'éventuelles pressions politiques. Comme j'avais, déjà à l'époque, le sens du raccourci audacieux, je commençe à lui répondre : "Le juge est intègre..."

C'est à ce moment que dans les gradins de l'amphi, un bonhomme saute sur ses pieds et s'exclame : "...et le Procureur ne l'est pas ! Je m'en doutais un peu, mais je n'osais pas le dire ! Passez à mon bureau, je vous engage, je sens qu'on ne va pas s'emmerder avec vous !"

Je me suis donc retrouvé un peu plus tard dans un grand laboratoire avec pour tacite job description d'amuser le peuple. J'ai honoré ce contrat pendant quarante ans à la satisfaction générale (celle de mes employeurs et la mienne).

Je me rappelle même qu'un jour, à Paris, lors de l'évaluation d'un stage de formation à l'audit ISO 9000, un des participants avait écrit dans les commentaires de ne pas oublier d'inviter "Walrus" la prochaine fois, qu'on rigole un peu!

Et il y a l'Anaïs qui tient absolument à me prendre au sérieux ! Triste époque...


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10 mars 2008

Le fil du rasoir

ChouMon père, pendant très longtemps, s'est rasé au moyen d'un "coupe-chou". Savez-vous que c'est ce genre d'ustensile que l'on utilisait aux débuts de la microscopie pour réaliser, dans les spécimens, les coupes minces nécessaires à la bonne netteté des images ?

Pour assurer à cet instrument un fil parfait, il utilisait une large lanière de cuir enduite d'un compound d'affûtage. Il fixait l'une des extrémités au buffet et tendait le cuir sur lequel il faisait glisser les deux faces de la lame en retournant prestement le rasoir en bout de course.

J'étais en admiration devant sa dextérité, mais le plus étonnant était encore à venir.
Après s'être enduit le bas du visage d'une mousse très ferme, il se raclait la couenne, tendant la peau d'une main et brandissant le rasoir de l'autre, auriculaire sur le talon de la lame. Cette position du petit-doigt lui donnait des allures d'Anglaise manipulant un tasse de thé. Le plus extraordinaire, c'est que l'extrème finesse de la lame faisait qu'elle résonnait à chaque poil coupé et que j'aurais pu les compter en étudiant le détail fin du crissement du tranchant sur sa peau.

J'avais hâte de grandir pour pouvoir, moi aussi, produire cette étonnante musique.
Je n'ai jamais réalisé ce rêve. Quand j'ai été en âge de le faire, on n'utilisait plus que des "rasoirs de sécurité" à lames rechargeables, ou pire, des rasoirs électriques, lesquels faisaient un ramdam d'enfer comparé au chant enroué du coupe-chou.

J'en ai retrouvé un. Parfois, je m'amuse à faire résonner sa lame du bout de mon doigt, ces aciers au carbone prennent un fil d'une finesse extrême, un fil à vous trancher la gorge sans que vous vous en rendiez compte. Et le titre d'un livre ancien me vient à l'esprit : "Du crime considéré comme l'un des beaux-arts".

L'oeuvre d'un égorgeur consciencieux, sans doute...


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08 mars 2008

En mauvaise posture

La dernière consigne de Paroles Plurielles (65) faisait appel à un photographie de NarB que voici :

NarB

Je ne vais pas vous imposer ici le petit texte que j'ai pondu à cette occasion. Il initiait une série d'histoires généralement sanglantes. Mais là n'est pas mon propos.

En écrivant cette historiette où je parle de "statuette", je me suis rappelé que lorsque j'étais tout jeune, jamais, au grand jamais, ce vocable ne me serait venu à l'esprit.  Car, en Wallonie, on appelait ce genre d'objet une "posture".

Je ne pense d'ailleurs pas que, dans les milieux populaires de ma région d'origine, cette manière de dire soit tombée en désuétude. Le TLFi atteste en effet de cette particularité locale.

Je me demande aujourd'hui si j'ai bien fait d'éliminer de mon vocabulaire, par souci d'user d'une langue "correcte", ce particularisme régional. Je lui trouve subitement un côté très porteur de sens car, au fond, plus que l'objet de la représentation, ce qui fait précisément la valeur ou l'originalité d'une statuette, c'est l'attitude, la "posture" plus ou moins grâcieuse, ou suggestive, utilisée.

Oui, j'ai passé mon enfance entouré de "postures" dont certaines m'ont d'ailleurs marqué, tel ce chat noir hiératique ou ce buste de femme jeune et fraîche, style "Madame Récamier".
Aujourd'hui, je ne possède plus que quelques statuettes et pourquoi ai-je l'impression qu'elles me parlent moins, bien qu'elles soient sans doute de meilleure qualité ?

... Le premier qui me parle d'âge aura affaire à moi !


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04 mars 2008

Papistache

Voilà ! Jusqu'à preuve du contraire, Papistache arrête son blog...

J'ai supprimé le reste de mon texte qui a heurté un tas de personnes, émues au point de bégayer (mais je soupçonne là une des facéties coutumières de Canalblog). J'aurais sans doute dû me contenter des commentaires que j'avais moi-même faits sur le blog du dit Papistache.

J'aurais pu simplement supprimer ce post, mais je ne voudrais pas sembler envoyer ainsi au néant les commentaires que m'a valus mon intervention.

Je vexe beaucoup de monde dans la blogosphère, je devrais m'en excuser par avance en tête de chacun de mes posts ou de mes commentaires, mais je crains d'alourdir un style déjà fort ampoulé.

Je présente donc mes plus plates excuses à toutes celles qui se sont, à juste titre je dois l'admettre, senties agressées.

Quand je reçois ce que je mérite, je ne discute pas. Il y a malgré tout un truc qui me chatouille : lorsque Val me traite de "parfait inconnu", je suppose qu'elle parle à titre strictement personnel, ça me peinerait moi aussi qu'elle entende "pour le groupe des lecteurs de Papistache", dont le blog, si je ne m'abuse était public.


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03 mars 2008

Cauchemar

Je l'ai déjà expliqué ailleurs, lorsque je dépose un nouveau message sur Skynet, je visite les blogs qui encadrent le mien dans la liste des derniers messages publiés. Régulièrement, un de ces blogs est l'oeuvre d'une personne en quête forcenée de minceur. Dans le dernier de cet acabit, une photo représentant l'idéal de la rédactrice m'a scié. Comble, elle provient d'un site de modèles néerlandais (supermodels.nl). La voici :

CommentJe me demande bien ce qu'aurait pu faire Rubens avec un tel modèle !

Je contemplais la chose (je parle bien évidemment de la photo), ce teint blafard, ces lèvres peintes, lorsqu'un souvenir très désagréable m'est revenu.

Il y a bien des années, mon épouse et moi-même avons perdu une amie très proche. Elle avait juste cinquante ans quand elle a succombé à un cancer du sein.

Une quinzaine de jours après ses funérailles, je rêvai que j'assistais à une réception.

Je me trouvais, le verre à la main, dans une grande salle au plafond assez bas soutenu par des pilastres carrés. Il y avait assez bien de monde et l'atmosphère était plutôt oppressante. Je m'étais isolé, à l'abri d'un pilier, lorsque notre amie apparut à mes côtés. Elle que je n'avais jamais vue maquillée, ou alors très légèrement, l'était outrageusement. Elle me fit face et ouvrit une bouche qui allait s'élargissant pour n'être bientôt plus qu'un gouffre noir bordé de lèvres rouge sang. Elle ne prononça qu'un mot, murmure grave et glacé : "Viens !"

Réveil en sursaut, sueurs froides et, même aujourd'hui, j'en frissonne encore.


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01 mars 2008

Nany

Chourik0001Sur injonction de la compagne de mon fils, j'ai lu, toutes affaires cessantes, l'ouvrage ci-contre. J'en extrais un tout petit passage, à l'usage de tout qui voudra le trouver intéressant et, plus particulièrement, de quelques voisins de la blogosphère que ce genre de question semble tarauder.

"Élisavéta Ivanovna, elle, ne savait absolument pas être malheureuse, peut-être parce que son énergie pragmatique ne lui laissait pas le temps de réfléchir à des choses aussi abstraites et peu pratiques que le bonheur..."

En lisant cet ouvrage, une chose m'est apparue clairement : que ce soit dans celui-ci, dans Gogol, Tolstoï, Pouchkine, Vainer ou Fedorovski, l'âme russe m'est impénétrable et pourtant...

J'ai eu un oncle russe !

Je sais, pour vous, cette révélation doit être à peu près équivalente à "J'ai eu un ongle incarné" et vous amènera peut-être à réfléchir à Jésus qui, lui aussi, l'était, incarné. Rien n'est jamais perdu...

Mais foin des digressions oiseuses : j'ai eu un oncle russe ! Ce n'est quand-même pas donné à tout le monde, surtout parmi les gens de ma génération où les communications avec la Russie n'étaient pas des plus aisées.

Cet oncle m'est venu par alliance . Il avait épousé la soeur de ma mère, veuve de guerre et mère de cinq enfants. Quand je vous disais que l'âme russe m'est impénétrable ! Vous auriez osé, vous ? Lui, il l'a fait.

Son vrai prénom était Constantin, mais on le nommait Constant et, pour la grosse majorité de notre famille, Nany (l'orthographe n'est pas garantie, je n'ai jamais vu ce surnom écrit). On le devinait slave : pommettes saillantes, joues rouges, regard volontaire. Il n'a pas dû rigoler tous les jours, particulièrement au début où ça ne se passait pas tout seul avec les plus âgées des filles. Mais il était toujours calme et avenant.

Cet homme que, personnellement, je n'ai jamais vu s'emporter, vouait une adoration sans borne à ma tante. Quand il parlait d'un des enfants de cette dernière, il disait invariablement "notre ...". Et il avait quelques comportements qui m'enchantaient.

Il mélangeait les graines de ses légumes avant de les semer à la volée, prétextant que cela rendait plus difficile la prolifération de certains parasites. Ça n'allait quand-même pas jusqu'à faciliter les choses au moment de la récolte.

Enfant de Russes "blancs", émigré au temps de la révolution, il vouait une certaine inimitié aux communistes (la haine féroce n'était pas dans les possibilités de son caractère aimable), mais ne pouvait s'empêcher de me faire admirer les prouesses techniques de son peuple d'origine.

Quand nous débarquions chez lui, souvent à l'improviste, il se lamentait de n'avoir rien à nous offrir à manger, tout en extrayant de la cave, pains, beurre, confitures, charcuteries, tartes et gâteaux divers.

Ma tante ne jouant pas aux cartes, il profitait de la présence de mes parents pour faire d'inénarrables parties de Piquet "voleur" dont il était invariablement le perdant. Le jeu de Piquet est dit "voleur" lorsqu'on le joue à trois parce que bien que donnant lieu à des scores individuels, il est régulier que deux joueurs s'y allient pour amener la perte du troisième.

Lorsque dans les fêtes de famille, il dansait avec ma mère, il se vantait de ses capacités dans ce domaine, oubliant que, contrairement à sa soeur aînée, il n'avait pas connu les salons de Saint-Pétersbourg. Ça s'est calmé le jour où, au cours d'un tango renversé, il l'a basculée au sol d'un jeté de hanche digne d'un judoka.

Il repose, en contraste ultime aux plaines immenses de son pays natal bien aimé, dans un petit cimetière pentu accroché sur les hauteurs d'une berge mosane. Il passait devant chaque jour, lorsqu'il travaillait dur pour élever "ses" enfants, chevalier improbable, monté sur une antique mobylette pétaradante, enveloppé d'un nuage de fumée bleue.

Merci, Agata, de m'en avoir fait souvenir.


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29 février 2008

Histoire piquante

Anaïs, sur son blog, nous a écrit une sorte de litanie sur le mode "Quand j'étais môme". Elle m'a bien amusé et à force de comparer l'environnement de sa jeunesse avec celui de la mienne (quand Anaïs est née, j'étais déjà vieux), je me suis souvenu d'un petit événement qui concerne mon frère puîné.

seringueÀ l'époque, quand j'étais môme donc, une infirmière était venue chez nous pour faire une injection à mon frère de quatre ou cinq ans.

Les seringues de ma jeunesse n'étaient pas du tout comme celles d'aujourd'hui qui nous arrivent sous blister, pré-stérilisées. Elles étaient en verre et métal, complètement démontables, réutilisables et il fallait les désinfecter avant chaque usage (bonjour les hépatites).

À cet effet, les infirmières les trinqueballaient dans de jolies boîtes en laiton chromé et, avant d'en utiliser une, elles remplissaient sa boîte d'alcool pour y faire mariner la seringue. Ces seuls préparatifs faisaient déjà blêmir mon frère.

Au moment crucial, l'infirmière remplissait la seringue et couchait mon frère, les fesses à l'air, sur la table. Elle avait une technique d'injection qui devait beaucoup à l'art des banderilleros : elle coinçait l'aiguille entre l'index et le majeur et balançait une bonne claque sur le popotin de mon frère. Selon elle, la claque dissimulait la douleur de la pénétration de l'aiguille. Elle adaptait alors la seringue sur l'aiguille pour procéder à l'injection proprement dite.

Sauf qu'entre la claque planteuse d'aiguille et l'injection, mon frère était prestement descendu de la table, l'aiguille dans la fesse, et s'était réfugié du côté opposé à l'injecteuse, poussant des cris de goret qu'on mène au sacrifice.

Avait alors commencé un match poursuite où je tenais le chrono d'une main impartiale. Seule l'intervention en traître de ma mère a permis à mon frère de ne pas terminer ses jours une aiguille dans le cul.


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27 février 2008

Ah, les anniversaires !

Aujourd'hui, nous fêtons, avec mon épouse ("who else ?" comme dirait Georges), notre quarante-troisième anniversaire de mariage.

Pas la peine de vous exclamer ni de nous féliciter, c'est venu comme ça, dans la foulée, pour ainsi dire. En effet, nous nous connaissons et nous fréquentons depuis bientôt soixante-six ans. Vous n'en croyez pas vos oreilles ?

... Mais vos yeux ?      2ans


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