14 décembre 2008

Madame Chérie

Vous avez déjà essayé de remonter le fil de vos pensées ? Ça m'est encore arrivé ce matin. Je me suis trouvé rêvant à Madame Chérie, mais je n'ai pas réussi à comprendre comment j'y étais arrivé. Pourtant j'étais certain d'y être  parvenu au bout d'une chaîne de pensées logique.

Ah, les effets de l'âge ! Avant, je jouais à ce petit jeu et j'y réussissais régulièrement. Vous, bien entendu, vous vous souciez autant de ce jeu que de ma première culotte (je n'oserais évoquer la vôtre). Ce qui vous chatouille, c'est : mais de qui parle-t-il donc ?

Je vais tout vous dire...

Elle était sensiblement plus âgée que mes parents. Elle était toujours tirée à quatre épingles, maquillée avec soin et délicatement parfumée. C'était la fille de mon quatrième grand-père. Vous tiquez ? Je vous explique. J'ai eu quatre grands-pères :

  1. Le père de mon père, mort lors de la première guerre et dont j'ignore même le prénom
  2. Bon-papa Guèw (guimbarde, dans son patois) le père de ma mère
  3. Parrain Adolphe, le successeur du numéro 1 qui n'était d'ailleurs le parrain que de mon frère
  4. Bon-papa Joseph, le père de Madame Chérie

Ch_rieÀ l'âge que j'avais sur cette photo, mon père s'est payé la scarlatine. À cette époque, c'était une maladie grave. Pour m'éviter la contagion, les voisins proposèrent de me garder chez eux les quelques semaines que prendraient la guérison et la convalescence de mon père.

C'était très drôle, je vivais chez eux et une fois par jour, on me montrait à mes parents par-dessus le mur séparant les jardins.

Entre-temps,  je régnais  en maître sur la maison voisine et le cœur de ses habitants.

Bon-papa Joseph m'entraînait à enfoncer des clous dans une planche. N'étant pas très adroit, je les tordais régulièrement et il appelait ces clous tordus des "chalés Batisse" (en patois local, bien qu'il fût flamand, des Baptiste tordus ou, plus précisément, boiteux). Moi ça me faisait rire et je m'efforçais de les faire aussi tordus que possible.

Il élevait quelques moutons et m'installait parfois sur le dos d'une brebis que maman Joséphine, son épouse, avait dûment shampooinée au préalable !

Tandis que mes parents étaient au désespoir de ne m'apercevoir que quelques instants par jour, la fille de Joseph, Madame Chérie donc, était aux anges.

Elle ne pouvait avoir d'enfant et m'avait à elle toute la journée. Toute la journée parce que, déjà quand j'étais tout bébé, elle m'empruntait à mes parents pour aller attendre fièrement son mari à la sortie de son travail et se faire complimenter pour ce gentil poupon dont elle se gardait bien de dire qu'il n'était pas le sien.

J'ai cessé de la voir lorsque je suis allé rejoindre Maria. Nous n'avons plus, alors, échangé que quelques lettres. Un jour pourtant, étant caserné à Bruxelles où elle avait déménagé au décès de son mari, ayant, tout comme ce matin, subitement pensé à elle , je suis allé sonner à sa porte.

Un moment j'ai craint d'avoir à regretter ce geste. Il y avait bientôt quinze ans que nous ne nous étions vus et j'ai cru qu'elle allait mourir sous mes yeux tant elle était émue. Elle s'est un peu calmée, m'a fait entrer dans son appartement et nous nous sommes parlé, quelques heures. Durant tout ce temps, elle me couvait du regard.

Et quel regard ! Bien peu de femmes, hélas, m'ont regardé ainsi...


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10 décembre 2008

Sky, my husband !

Comme vous le savez peut-être, j'entretenais, pas une maîtresse, mais un autre blog sur Skynet. J'entretenais, parce que je n'y ai plus rien posté depuis le vingt octobre.

Pris d'une idée lumineuse et d'un remords subits, et pour ne pas encombrer ce blog d'une simple pointe aigre-douce, je tente de me connecter sur Skynetblogs.  À quatre reprises, voici le message que j'obtiens :

Ooops ! Une erreur technique s'est produite. Veuillez rTessayer cette opTration plus tard.

Déjà qu'en deux semaines j'ai été victime de deux interruptions de service internet de plusieurs heures, ça commence à bien faire ! D'autant qu'à la dernière, ils avaient même réussi à effacer la configuration de mon routeur, c'est dire s'ils sont fortiches. On voit bien qu'en Belgique, Belgacom jouit d'un quasi-monopole, ce qui leur permet de rester chers tout en se foutant de la qualité de leur service.

Après cette parenthèse inutile pour vous, lecteur adoré, mais qui me défoule moi, voici ce que je voulais raconter sur mon blog (momentanément ?) inaccessible.

J'effectuais ce matin, par virement électronique, le paiement de ma taxe de circulation quand ça m'a traversé l'esprit : je me demande bien quand ce gouvernement, toujours en grand besoin d'argent frais, va penser à appliquer la TVA sur... les taxes !

Quoi, ça ne vous fait pas rire ? Moi non plus, rassurez-vous ! Et tout ceci reste entre nous, hein ! Ils ont déjà assez d'idées tordues sans faire appel à moi...

citron


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07 décembre 2008

Le cas du Flénu

De quel étrange animal va-t-il encore nous entretenir, vous demandez-vous. Tant il est vrai qu'on n'attrape pas deux fois le petit futé que vous êtes.

Et vous n'aurez pas (tout à fait) tort.

Dans le Borinage (région située à l'ouest de Mons) se situe un village étrange. Non qu'il se distingue des autres par une architecture particulière, une ambiance spéciale ou que sais-je encore, non, ce village, Flénu, présente une particularité dans l'idiome local : le borain.

Alors que l'on dit "Je vais à Frameries, à Quaregon, à Hornu, à Dour, à Saint-Ghislain,...", on dit " Je vais au Flénu"

Moi qui habitais de l'autre côté de Mons, je ne connaissais du Borinage que l'accent de mes condisciples du secondaire issus de cette région, mais Broche venait de Frameries, Ruelle de Cuesmes, Rousselet de Jemappes, personne ne venait "du" Flénu.

Ce n'est qu'en débarquant à Hornu pour y faire mes études de chimie que j'ai rencontré cette particularité. Voici dans quelles circonstances.

L'association des étudiants organisait un bal annuel dans les locaux d'une école voisine. Cette école comportait une section "Beaux-arts". Nous avions donc fait appel à ces voisins pour réaliser la décoration de la salle de bal.

C'est à cette occasion que j'ai rencontré ma première Artiste. Elle peignait à grands coups de brosse une immense feuille de papier. Pour ce faire, elle était agenouillée et chaque fois qu'elle s'étendait, se mettant à quatre pattes pour atteindre un coin reculé de son œuvre, le pull très lâche qu'elle portait et qui pendait presque jusqu'au sol, découvrait son dos nu.

Vision étrange pour un jeune-homme de mon époque, habitué à des condisciples en complet-veston pour les mecs et tailleur et chemisier pour les filles. Je n'étais pas au bout de mes surprises.

Comme les choses devaient durer assez longtemps, j'avais emprunté la voiture de mon père au cas où il n'y aurait plus eu de train pour rentrer. L'artiste qui, une fois sur ses pieds, avait cette fois les manches du pull qui lui descendaient jusqu'aux genoux, l'artiste donc, ayant achevé son oeuvre, demande à la cantonade si quelqu'un peut la reconduire.

Je me propose de le faire et lui demande où elle habite. "Au Flénu", me dit-elle.

Je l'ai donc reconduite, en suivant ses indications, dans ce patelin dont je ne savais même pas où il se trouvait. Durant ce trajet, je l'observais du coin de l'œil. Ma première artiste dis-donc ! Elle était plutôt maigre, les yeux charbonnés (sans doute une coutume locale de cette région minière), jean troué et pull comme je vous ai dit, bâillant sur une poitrine modeste, ferme et nue.

Et, vous savez quoi ? C'est moi qui n'étais pas trop rassuré !

Belette

Ah, oui...   l'animal !

En cherchant un peu sur le net, j'ai cru comprendre que le nom de Flénu viendrait de "flenne", belette en roman et "ut" désinence en marquant l'abondance. On se rendait donc à l'endroit riche en belettes : au flénu.

Edit du 8 décembre :

Le cercle héraldique de Mons propose les armes suivantes pour Flénu :

Fl_nu


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01 décembre 2008

Louise

J'ai fait la connaissance de Louise un peu avant mes dix-huit ans.

Moi, je m'étais fait entraîner dans l'aventure du scoutisme par mon meilleur ami. Elle, séjournait chez notre Chef de Clan.

Vous auriez dû la voir ! Des formes pleines, toute en muscles et cette tranquille assurance qu'apporte la force !  Ce qui ne gâche rien, elle était d'un caractère égal, malgré ses immenses yeux noirs.

Il ne m'a fallu que quelques semaines pour l'apprivoiser et nous sommes devenus les meilleurs amis du monde.

Au bout de très peu de temps, elle me mangeait dans la main. Que dis-je ? Elle m'obéissait au doigt et à l'œil. À la voix, même.

C'était une splendide Brabançonne et... elle avait un de ces coups de reins!

...Elle vous arrachait un rouleau de pierre bleue de plus de deux cent kilos sans même un frémissement, c'est vous dire !

Quelle impressionnante bestiole. Je la montais à cru, en amazone. Elle avait le dos trop large pour que je puisse la chevaucher.

braban_on

Quand elle ne nous aidait pas à rouler le terrain de foot ou de concours hippique, elle tirait la charette du livreur de bière. Elle était dotée d'une étonnante mémoire, car lorsque son "conducteur" avait un peu forcé sur la marchandise qu'il livrait et s'assoupissait sur son siège, elle se rendait d'elle-même à l'endroit de livraison suivant.


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30 novembre 2008

Ils sont là !

Cela fait bien longtemps qu'on en parle, du péril jaune !

Mais hier, j'ai vu...

Vingt-deux siècles que l'armée attend, aux aguets,
prête à s'élancer au moindre signe de Qin Shi Huangdi.

Mais hier, j'ai vu...

Oh, une toute petite escouade, dans un coin perdu de Belgique,
mais leur air décidé a suffi à m'impressionner.

Car hier, j'ai vu !

xiian

Le pouce gauche sur la détente de l'arbalète.
Je n'aime pas trop ça...

Oui, hier, j'ai vu !

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Maaseik, une tranquille bourgade flamande, en bord de Meuse. Par on ne sait trop quelles rencontres, pour on ne sait trop quelles raisons, la Chine, pour la toute première fois, a accepté de laisser sortir de leur fosse de Xi'Ian quelques guerriers du Premier Empereur.

Dans l'église des Frères Mineurs, transformée en musée, ils sont là, imperturbables malgré la foule qui se presse à leurs pieds, sûrs de la puissance de leur empereur, premier maître du monde.

En les contemplant, je pensais au golem du Maharal de Prague . Ceux-ci sont d'une trempe supérieure, la vérité est déjà inscrite sur leurs visages, il ne leur manque plus que le nom de Dieu pour qu'ils s'ébranlent.

Bien sûr, ils ne savent rien de la menace que font peser sur eux les fourmis que nous sommes. Nos respirations les tuent : la moindre moisissure les renverrait à cette poussière dont ils ont été tirés.


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29 novembre 2008

La vengeance de la petite sirène

Mise à jour de ce blog en provenance des défis du samedi : aujourd'hui, la petite sirène. Mes excuses à ceux pour qui c'est une redite.

Sous le regard du phare

Phare

Chère Imogène,


J'ai assisté à un fait stupéfiant.

Il me faut le raconter à quelqu'un, mais ici, en Bretagne pourtant, personne ne m'écoutera. On me prendra plutôt pour un fou. Mais toi, splendide fille de Perth, ce pays où il y a plus de fantômes que d'habitants, je sais que tu me croiras.

Te souvient-il de cette baie tranquille, au pied du phare, dont nous longions les bords, main dans la main, dans un silence tendrement complice ? Cela fait plusieurs jours que j'y voyais ce Danois taciturne habitant la cabane de pêcheur, quitter l'embarcadère, se rendre au milieu de la baie, se pencher sur l'eau et en scruter la surface, comme s'il cherchait à y découvrir quelque-chose.

Il n'y a là, me diras-tu, rien de bien étonnant, hormis la répétition régulière de la chose. Au bout de quelques jours, ce qui n'était pour moi qu'une simple observation, se transforma progressivement en question lancinante : que pouvait-il chercher si obstinément ?

Hier, j'ai entamé ma promenade bien avant la marée et me suis dissimulé derrière des touffes de séneçon.

À mer étale, le Danois, comme chaque jour, s'est penché vers les eaux et, me croiras-tu ? Une merveilleuse nageuse, aussi blonde que tu es rousse, a émergé de l'eau. Elle a tendu le bras, faisant jaillir de l'onde une poitrine dont seule la tienne pourrait égaler la splendeur. Hans s'est penché d'avantage et... ils se sont enlacés et embrassés, très longuement...

Brusquement, la fille a replongé sous la mer, entraînant le Danois, tout occupé à son baiser. Un simple remous, et il ne restait que le youyou, se balançant mollement sur l'eau.

Au moment précis où l'étrange couple disparaissait, il m'a semblé voir poindre, un bref instant, l'extrémité d'une nageoire.

Je me demande si le corps de Hans va réapparaître et aider, comme tant d'autres avant lui, à la réputation de cette "Baie des Trépassés".

J'embrasse tes lèvres de velours et rêve de me perdre, moi aussi, dans l'océan de ton amour, ma sirène écossaise...


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28 novembre 2008

Willy

Aaah ! Ainsi, vous pensiez que je ne parlais que de filles ou de femmes... encore une fois tout faux !

Quand notre fils est né (et pas "aîné", c'est  le plus jeune de nos enfants), nous l'avons appelé Yves. Aujourd'hui, nous restons les seuls à ne pas l'appeler Willy. Et encore, uniquement quand nous nous adressons à lui, pas quand nous en parlons à d'autres, sinon, ils ne savent pas de qui il s'agit.

Et ça date de loin : dans sa classe du secondaire, les élèves s'étaient donné entre eux des surnoms plus ou moins liés à leurs patronymes. J'ai donc vécu entouré de Piwi, Goosy et autre Viche (tout ceci phonétique, œuf corse).

Il y aurait beaucoup à raconter sur Willy,  ça viendra peut-être au gré des circonstances, mais aujourd'hui, je vais me contenter du fait par lequel l'idée m'est venue de vous en parler.

Dans ma voiture, hier, l'animatrice d'une émission annonçait les sujets des prochains jours et parmi eux : Facebook. Et c'est là que ça a fait "tilt !" : s'il existe un gars qui avait bien compris la notion de réseau d'amis vingt ans avant Facebook et qui, par conséquent, n'a rien à cirer de cette application, c'est bien Willy.

Déjà à l'athénée, il réussissait à cumuler dans l'année presqu'autant de fêtes d'anniversaires que de jours, alors qu'il ne se trouvait qu'une vingtaine de gusses dans sa classe.

Et ça n'a fait qu'embellir. Il a, comme sa mère, le contact social aisé et vit donc entouré d'une foule d'individus des plus divers, du dentiste au clochard en passant par une diplomate de l' UE.

Comme, exactement comme dans Facebook, les amis de ses amis sont aussi ses amis, il en a partout dans le monde, de Montpellier à Dakar et de Castiglione del Lago à Pondichéry. Pratique quand on veut voyager : quand il ne loge pas chez eux, ce sont eux qui logent chez lui.

Mais, comment s'y prend-il, me direz-vous ? Vous allez comprendre :

 

Willy1

 

Willy2

 


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26 novembre 2008

Cendrillon

Mise à jour de ce blog en provenance des défis du samedi. Mes excuses à ceux pour qui c'est une redite, c'est qu'il me faut regrouper dans cette catégorie les contes que je revisite à la demande de Papistache.


La Cenerentola

Lorsque Cendrillon se jeta dans son carrosse, elle était au comble de l‘exaltation.
C’est non sans peine qu’elle avait réussi à se faire inviter à ce bal que le Prince donnait pour fêter Halloween.
Tout avait fonctionné à merveille. Son escarpin bien en vue au milieu de la volée de marches allait permettre à ce nigaud de la retrouver.
Elle l’avait bien embobiné ! Qui pourrait résister à la beauté du diable ?
Elle l’épouserait, deviendrait la maîtresse de ce royaume paisible et immensément riche qu’elle utiliserait comme point de départ pour sa conquête du monde.
Toute la soirée elle s‘était montrée brillante, étincelante même, son maître n’était-il pas l’ange porteur de la lumière ?
Bien sûr, au fond d’elle-même elle savait qu’elle n’était qu'artifices, poudre aux yeux, mais qui veut la fin…
Ce qu’elle ignorait, c’est que même la magie noire a ses faces obscures. Lorsqu’au dernier coup de minuit le carrosse redevint citrouille, la partie cachée du contrat se réalisa : elle resta enfermée dans le fruit. On n‘emprunte pas sans risques aux forces diaboliques.
Voici pourquoi, en mémoire d’elle, à Halloween, on allume une bougie au cœur d’une citrouille.
Tu parles d’une lumière !

Citrouille


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21 novembre 2008

Accouche !

... me dit-elle en s'installant dans ma voiture. Enfin, c'est façon de parler, bien sûr.

J'avais un quart d'heure pour transférer ma petite-fille (douze ans dimanche) de chez elle à l'école de cirque et c'est durant ce trajet qu'elle a cru bon de m'interroger sur les douleurs de l'enfantement.

Vous me connaissez ! J'ai failli m'exclamer : "J'ai eu deux gosses. Même pas eu mal !"

Mais elle n'est pas du genre, comme les lecteurs des défis du samedi, à se contenter d'une pirouette, fût-elle pleine d'élégance et d'esprit.

Me voilà donc embarqué dans une conversation, entrecoupée des indispensables vociférations à l'adresse de mes collègues, et néanmoins concurrents, automobilistes, où surgissent pêle-mêle : le "non je ne crois pas que l'instant le plus douloureux soit celui du sectionnement du cordon ombilical",  les pinces hémostatiques, l'expulsion du placenta, la dilatation du col de l'utérus, les contractions, la déchirure ou l'incision du périnée, la césarienne, j'en passe et de plus douloureuses.

Pour un peu, je m'y croyais dis donc ! Mon rêve de l'autre jour aurait donc été prémonitoire ?

La prochaine fois que nous serons entre quat'zyeux, faudra quand même que je m'assure qu'elle sait à peu près où se situe et, accessoirement, à quoi sert l'utérus, j'ai parfois comme un léger doute sur ses notions d'anatomie.

Tout ça, j'imagine, vous fait doucement rigoler...

M'en fous, j'ai l'habitude, la semaine dernière, c'était scrotum, canaux déférents et prostate !

Sexes


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16 novembre 2008

Jaloux ?

L'autre jour, je reçois une lettre de la compagnie assurant ma voiture. Elle m'annonce que, suite à sa reprise par une autre compagnie, le numéro de mon contrat sera modifié.

Par le passé, ce rachat de compagnie ne s'était jamais accompagné de modification du numéro de la police d'assurance. Dieu sait pourtant si, en quarante-trois ans, j'en ai connu de ces opérations. Je me décide donc, en râlant, vous me connaissez (non ? Voilà qui est fait), à la classer dans le dossier ad hoc.

À gauche de ce classeur, trois minces fascicules, ébauches de journaux avortés et dans l'un d'eux, quelques photos. Cela me fait penser à Janeczka qui , voici peu, publiait des extraits de son journal  de quand elle était encore plus jeune qu'aujourd'hui, ce qui est difficile à imaginer, surtout pour un vieux schnock de mon acabit. Rassurez-vous, je ne vais pas faire comme elle, encore que certains passages avaient déjà ce côté grinçant... (je dois être né avec).

Les photos, elles, m'ont fait souvenir de Papistache nous montrant quelques "scènes de la vie de famille" traitées dans son labo-cuisine (ou sa cuisine-labo, je ne sais plus très bien).

Sans me vanter, ou alors, juste un tout tout petit peu, j'ai fait encore plus fort : pas de pied, pas de retardateur, pas de miroir, pas de manipulations en labo : juste le bout d'un doigt et... PAN, photo !


pan

Magique, non ?


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