25 janvier 2009

Santé, Émile !

vandervelde

Sur la photo qui trônait, bien en évidence, au-dessus de la cheminée, chez mes grands-parents maternels, Émile Vandervelde était un peu plus âgé que sur celle-ci.

Dans ce logis d'ouvrier carrier, socialiste convaincu, son portrait tenait lieu de crucifix.

Ce gaillard à l'énorme carrière politique, président de la Seconde Internationale, est resté célèbre dans mon pays, bien longtemps après sa mort, pour avoir fait voter une loi que l'on désigna par son nom.

Cette loi avait pour but de combattre l'alcoolisme en interdisant la vente d'alcools forts (plus de 18°) dans les débits de boisson ainsi que la vente en magasin de ces mêmes produits en quantité inférieure à deux litres.

Votée en 1919, elle contribua fortement à enrayer ce véritable fléau (aidée, il faut le dire, par les Allemands qui avaient durant la grande guerre démantelé la majorité des distilleries pour récupérer le cuivre de leurs alambics).

Cette loi, tombée en désuétude — elle n'avait dû son efficacité qu'aux salaires de misère de l'époque de sa promulgation —, ne fut abrogée qu'en 1983. Aucun magasin ne l'appliquait plus depuis longtemps, sauf une chaîne d'obédience néerlandaise pour qui la loi était la loi. Ce qui valait à ses clients, dont j'étais, d'avoir les bars privés les mieux fournis du royaume.


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18 janvier 2009

Rutebeuf

Régulièrement je me surprends, comme ce matin encore, à fredonner cette chanson adaptée par Ferré d'après Rutebeuf :

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Ce sont amis que vent me porte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Avec le temps qu'arbre défeuille
Quand il ne reste en branche feuille
Qui n'aille à terre
Avec pauvreté qui m'atterre
Qui de partout me fait la guerre
Au temps d'hiver
Ne convient pas que vous raconte
Comment je me suis mis à honte
En quelle manière

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
Ils ont été trop clairsemés
Je crois le vent les a ôtés
L'amour est morte
Le mal ne sait pas seul venir
Tout ce qui m'était à venir
M'est advenu

Pauvre sens et pauvre mémoire
M'a Dieu donné, le roi de gloire
Et pauvre rente
Et droit au cul quand bise vente
Le vent me vient, le vent m'évente
L'amour est morte
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Je vous livre un extrait (à peu près équivalent) de la complainte originale :

rutebeuf1

Li mal ne sevent seul venir;
Tout ce m'estoit a avenir,
S'est avenu.
Que sont mi ami devenu
Que j'avoie si pres tenu
Et tant amé ?
Je cuit qu'il sont trop cler semé;
Il ne furent pas bien femé,
Si ont failli.
Itel ami m'ont mal bailli,
C'onques, tant com Diex m'assailli
En maint costé,
N'en vi un seul en mon osté.
Je cuit li vens les a osté,
L'amor est morte.
Ce sont ami que vens enporte,
Et il ventoit devant ma porte
Ses enporta.
C'onques nus ne m'en conforta
Ne du sien riens ne m'aporta.
Ice m'aprent
Qui auques a, privé le prent;
Més cil trop a tart se repent
Qui trop a mis
De son avoir pour fere amis,
Qu'il nes trueve entiers ne demis
A lui secorre.
Or lerai donc fortune corre
Si entendrai a moi rescorre
Si jel puis fere.

J'admire que nous puissions entendre encore, avec difficulté certes, cette langue du treizième siècle, plus proche de nos patois que de notre langue officielle. À Mons, on dit toujours "il ètoit" pour "il était" et dans presque toute la Wallonie, on dit "costè" ou "costé" pour "côté".

Mais mon propos n'était pas là, cette digression ne m'est venue qu'en promenant à travers le Web ma curiosité de vieil enfant.

Revenons donc à la chanson :

Que sont mes amis devenus
Que j'avais de si près tenus
Et tant aimés
[...]
Ce sont amis que vent emporte
Et il ventait devant ma porte
Les emporta

Chaque fois que je l'entends ou qu'elle me vient à l'esprit par un mécanisme aussi obscur qu'impénétrable, une affreuse crainte m'envahit. Oh ! Pas qu'un jour mes amis m'abandonnent. C'est, hélas, dans l'ordre des choses.

Ce que je crains par dessus tout, c'est d'être un jour, moi-même, un de  ces amis qu'emporte le vent.


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14 janvier 2009

Allons en France

Ce matin, nous dit le moniteur, nous allons en France !

C'était mon premier séjour dans cette colonie de vacances organisée par la société où travaillait mon père. J'étais dans la section des benjamins, celle que les moniteurs — tous des routiers d'une grosse unité scoute catholique de Charleroi (Albert 1er) — avaient organisée comme une Meute.

On nous rassemble donc dans la cour. Dans ma candeur naïve, je m'attendais à sortir par la porte côté rue et à monter dans un car ou à prendre à pied le chemin  pour une excursion vers la France. J'étais tout excité : jamais je n'avais quitté la Belgique.

Voilà-t-y pas qu'au lieu de cela, nous nous dirigeons vers le fond de la cour et pénétrons dans l'immense prairie en pente qui nous servait de terrain de jeu et où je ferai, quelques années plus tard, ma première triangulation.

Nous suivons la pente, traversons tout le pré et franchissons la clôture aux fils de fer barbelés, nous traversons un bosquet d'aulnes et arrivons à une rivière : "L'Eau Noire". Elle ne payait pas de mine, mais nous avons malgré tout dû nous déchausser pour la franchir.

De l'autre côté, nous nous installons sur le tronc d'un épicéa solitaire culbuté par le vent, sa rosace de racines superficielles dressée à la verticale. Tandis que nous remettons nos chaussures, le moniteur s'exclame : voilà, nous sommes en France !

Merde ! Heureusement qu'il l'avait dit, je n'aurais rien remarqué ! Et vous savez quoi ? La France, c'était tout pareil à la Belgique : même paysage, pas même un parfum particulier. J'aurais cru que ça sentait la liberté, l'égalité, la fraternité même ! Rien, des prés et plus loin de rares champs.

Le temps d'aller, en haut du versant, jeter un œil dans un petit fortin abandonné, sombre abri de béton où la voix résonne étrangement et nous avons pris le chemin du retour.

Quelques jours plus tard, nous irons à Rocroi. Là, je comprendrai que la France, ce n'est quand même pas tout à fait la Belgique.

Aujourd'hui, sur Google Earth, je suis allé voir le village. La définition est beaucoup moins bonne que pour mon domicile. Mais on repère facilement l'endroit. L'ancien couvent, transformé en collège puis en centre de vacances est toujours là. La frontière, en jaune, suit le cours de l'Eau Noire

Sur la vue satellite, le marronnier — devant lequel, chaque matin ensoleillé, j'allais, assis dans une petite dépression du terrain, chauffer aux rayons du soleil montant un dos rachitique — couvre de son imposante couronne l'entièreté de la cour et cache même une partie du bâtiment. Il se situe sous le "C" de Petite-Chapelle, puisque tel est le nom de ce charmant village où, sans être inscrit dans aucun mouvement, j'ai pratiqué le scoutisme, deux semaines par an, pendant des années.

Petite_Chapelle


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09 janvier 2009

Greta

Lundi, mon épouse et moi assistions à un office de funérailles en l'église de Bertem. C'est une dame qui conduisait la cérémonie, une diaconesse sans doute. Le rite était destiné à la maman de mon dernier supérieur hiérarchique (du moins en ce qui concerne le volet technique de mon travail). Je me suis dit que c'était peut-être l'occasion de vous en parler. Mais non, pas de mon travail, de mon chef !

Elle s'appelle Greta, c'est une ravissante (entendez par là qu'elle me ravit, moi en tout cas) petite Flamande. Elle possède une voix légèrement rauque et parle français avec un délicieux accent. Elle est dotée d'une intelligence brillante et est d'une extrème gentillesse. Elle a pourtant du caractère et, la première fois que je l'ai vue s'emporter, j'ai été sidéré, tellement je m'attendais peu à une telle réaction de sa part.

Nous nous pratiquons depuis bientôt vingt ans et sommes devenus les meilleurs amis du monde. Elle a, à mes yeux en tout cas, une étonnante caractéristique : plus je la vois évoluer en âge, plus je lui trouve de charme. Bien sûr, quand je le lui dis, elle rit.

Il y a quelques années de cela, je me trouvais dans son bureau et suite à je ne sais quelles circonstances, elle en vient à me dire en se frappant les hanches : "Regarde, je suis trop grosse !" Et moi de lui répondre : "Chef, seule votre connaissance imparfaite de la langue française peut vous faire déclarer cela, vous n'êtes pas grosse, vous êtes somptueuse". Elle s'est précipitée sur son Robert et Van Dale.

Un autre jour, dans le labo de mon amie Jaja (mais non, pas Janeczka, cette Jaja-ci), quelques unes de ces dames s'extasiaient devant le charme d'un nouvel engagé (je tairai son nom pour ne pas le faire rougir, je dirai seulement qu'aujourd'hui, il joue les experts en criminalistique) lorsque Greta déclara "Moi, je préfère les hommes mûrs".

Mais non, je ne me suis pas redressé en rentrant le ventre, je ne me suis pas senti concerné : elle n'avait pas dit "blets", non plus !

Greta1Greta3Greta4


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31 décembre 2008

Bis repetita (2)

Allez, c'est le nouvel-an, on remet donc ça :

Je souhaite à toutes et à tous une année 2009
qui réalise vos espérances les plus folles.

(et plus si affinités, comme dit l'autre)

Portez-vous bien et du rouge sur vous (c'est un conseil d'Agata)


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27 décembre 2008

JdJ 16

Depuis ma dernière intervention dans cette catégorie, j'ai négligé de vous parler des livres que j'avais lu, de crainte de vous lasser, ou de sembler "faire mon intéressant" (à Bruxelles, on dit "faire de son Jan"). Mais lorsque j'ai déballé ce cadeau de Noël et que j'ai lu le titre de la collection, le lien avec un des derniers billets de Papistache m'a décidé à vous signaler au moins celui-là :

Imaginaire001

Et voici l'extrait traditionnel :

Après, il se verse un verre et se rince la bouche.
Alors, je vois Ernesto descendre par l'escalier. Je le croyais encore dans les collines : je me dispose à monter aussi, mais Ernesto me retient : "Attendez, il est en train de lui donner l'onction."

Pour une fois, je ne mentirai pas en parlant de "sombre histoire". Même si elle se passe sous le soleil écrasant de la campagne italienne.


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24 décembre 2008

Joyeux Noël


À vous tous, visiteurs de ce blog,
amis ou inconnus,
incrustés ou de passage,
je souhaite une merveilleuse fête de Noël !



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22 décembre 2008

As'veyou l'Toré ?

Chauve_souris001Il y a quelque temps, mon épouse avait réservé des places pour emmener les filles (nos petites-filles donc) voir "La Chauve-souris" à Liège.

Ce qu'elle n'avait pas prévu à l'époque, c'est qu'à la date qu'elle avait choisie, il y aurait marché de Noël dans la bonne ville et que les magasins y seraient exceptionnellement ouverts le dimanche.

Cela m'a permis d'étaler mon caractère de chien tandis que nous tournions dans le parking souterrain à la recherche d'un mec qui aurait la bonne idée de rentrer chez lui (ou de partir pour où il voulait) en début d'après-midi. Ça nous a pris près de vingt minutes pour dénicher cet animal rare ! Vous pensez si j'ai eu le temps d'imaginer d'avoir à errer dans le parking jusqu'à la fin du spectacle, vu que je n'avais pas emporté mon GSM, ce qui m'empêchait d'aller me garer au diable Vauvert et d'attendre que mon épouse m'appelle pour les récupérer à la sortie de l'Opéra.

Passons sur cet épisode peu glorieux et venons-en au spectacle. Je l'ai déjà dit, mais c'est étonnant cette différence qu'il y a entre un enregistrement et l'exécution directe, même par un orchestre qui n'est pas un habitué du Concertgebouw d'Amsterdam.

En parlant d'Amsterdam, j'ai repéré toute une colonie de spectateurs néerlandophones dans cette ville qui ne s'est pourtant jamais départie d'un amour immodéré pour la France. Faut dire qu'un panneau d'affichage électronique,  outre les paroles en français (bien utile quand ce n'est pas Dessay qui chante) donnait aussi un petit résumé de l'action en néerlandais et en allemand.

Mon épouse m'avait (ce qui est rare) inclus d'office dans les réservations et finalement, elle a bien fait. La mise en scène était drôle avec quelques références à notre monde moderne. Des exemples ? Un intermède dansé sur la musique de Johan Strauss mais imitant la scène de l'affrontement des bandes rivales de West Side Story. Un bout de scène amusant où le ténor sortant de cellule file un pourboire au geôlier. Celui-ci lui demande sa profession et l'autre déclare "Je suis ténor à l'Opéra de Liège". Le gardien lui rend sa pièce en disant "Tenez, alors, vous en aurez plus besoin que moi !"

Je doute que cela se soit trouvé dans le livret original !


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18 décembre 2008

Et tu retourneras poussière

Hier, je suis allé contempler les cendres du premier homme : il s'appelait Adam, Guy Adam. Nous, nous l'appelions Loup.

Lorsque je suis devenu Chef d'Unité, il était déjà là, Chef de Troupe chez les éclaireurs et avait derrière lui un passé de plus de vingt ans dans le mouvement. Si je n'avais pas su qu'à l'époque l'âge d'entrée était de minimum sept ans, j'aurais pu penser qu'il était né dedans ! Quand j'ai quitté l'Unité au bout de sept ans, il y était toujours : il ne vivait que pour ça...

D'ailleurs, dès qu'il s'est arrêté, il s'est payé un cancer.

Durant sa maladie, je ne l'ai rencontré qu'à deux occasions : deux fêtes d'anniversaire, les cinquante ans de Vari et ses soixante à lui, il y a quelques mois. Pas un mot sur son état, toujours le même humour grinçant des enfants de Bruxelles et dans ses yeux, le bonheur de se retrouver parmi ceux pour qui il avait vécu, ceux qui, au bout du compte, étaient sa seule famille.

Il était fils unique, célibataire, sa mère, veuve, était décédée. Si bien que tout au long de sa maladie, ce sont ses anciens comparses qui se sont chargés de l'accompagner. La veille de son décès, il les a réunis pour une dernière petite rencontre... au Champagne.

Au cimetière, devant ses cendres répandues, nous avons chanté sa chanson favorite : "L'olivier de la colline". Comme il n'était plus là, sauf dans le cœur de chacun, ça sonnait déjà moins faux...


Loup

L'animal en question,
en petit pope crasseux improvisé,
lors d'une veillée à thème à Opont,
il y a bien longtemps !


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16 décembre 2008

Lost Paradise

Dans son commentaire sous mon dernier billet, Papistache (j'ai toujours tendance à dire "le Papistache" parce qu'il est unique et prend parfois à mes yeux des allures de patriarche, même s'il est, à vue de nez,  plus jeune que moi) Papistache, donc, me pose une question.

Pour montrer que je m'en inquiète parfois, je suis allé rechercher un document que j'avais fait parvenir à tous ceux, famille, amis, collègues que j'avais conviés à quelques repas dans divers restaurants à l'occasion de mon soixantième anniversaire. Mon chef, une délicieuse petite Flamande était de toutes les occurrences.


Jette, le premier novembre 2001

[...]

C’est Françoise qui a eu l’idée de ces invitations au restaurant, pensant qu’il me serait agréable de me retrouver au milieu de vous, à moins que ce ne soit pour marquer de manière un peu solennelle que le nombre des jours que j’ai vécus dépasse largement celui de ceux qui me restent à vivre, que je suis plus proche de l’heure des bilans que du temps des espérances, que la question que je risque d’entendre le plus souvent ces prochains jours est : « Pas encore pensionné ? ».

C’est pour m’aider à répondre à cette question que j’ai convié mon chef à ces repas, question de faire comprendre que si ces princes qui nous gouvernent décidaient de porter brutalement l’âge de la retraite de 65 à 75 ans, je n’en serais pas trop affecté et n’irais pas manifester dans les rues comme un enseignant néerlandophone ou un syndicaliste wallon. D’autant qu’ayant toujours déclaré que je n’arriverais pas à l’âge de la pension, ça m’arrangerait vachement de bénéficier d’une rallonge !

Il vient d’y avoir vingt ans que Georges Brassens est mort. Il avait à l’époque l’âge que j’ai aujourd’hui et était devenu l'un des plus grands poètes de langue française de son siècle. Je crains que le bilan de mon existence, même en jouant des prolongations, soit loin d’être aussi positif. Je crains surtout qu’il me soit un jour demandé des comptes sur l’usage que j’ai fait des dons qui m’avaient été donnés et que vous avez tous, un jour ou l’autre, eu la bonté de me reconnaître. Je crains, enfin, de n’avoir guère d’excuses à invoquer en dehors de mon apathie naturelle et de celle-ci : je vous ai tous, et surtout toutes, beaucoup aimés, même si je n’ai pas toujours su saisir les occasions de vous le dire. Je ne raterai donc pas celle-ci : je vous aime, tels que vous êtes, pour ce que vous m’êtes, de la plus jeune au moins jeune d’entre vous.

Merci encore de m’entourer de tant de sympathie car, comme le disait Antoine de Saint-Exupéry, il n’est qu’un luxe véritable, et c’est celui des relations humaines.

 

Jean-Claude

 

PS : Françoise, qui me lit par dessus l’épaule, pense que vous ne me reconnaîtrez pas !


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