22 mai 2016

Ça m'énerve !

Pour le petit-déjeuner, mon épouse prend du café et moi du thé et ça m'énerve... !

Pas que nous dûssions boire le même breuvage, ça je m'en fous, chacun ses goûts, sa liberté et toutes ces sortes de choses, n'est-ce pas...

Bon, pour le café (expresso), je peux comprendre : le remplissage de la coupelle filtrante avec une mesurette non arasée, le tassement de la mouture, l'entartrage plus ou moins prononcé de la pompe, c'est assez normal que le temps de remplissage de la tasse soit essentiellement variable. Ça, ça ne m'énerve pas puisque je comprends.

Non, ce qui m'énerve, c'est le thé ! Enfin, la préparation du thé et plus précisément le chauffage de l'eau pour la préparation du thé.

Je le réalise au four à micro-ondes. J'ai déterminé que pour amener le contenu de mon mug à 95°C, température préconisée par Twinings pour y plonger le sachet de thé vert au citron, il faut faire fonctionner le four à puissance maximale pendant deux minutes et dix secondes. Côté température, pas de problème. C'est le reste qui m'énerve !

Raisonnons calmement : si je dépose ma tasse au centre du plateau tournant, l'anse dirigée vers le côté gauche du four, que je règle le temps de chauffe sur une valeur toujours la même, que je ferme la porte et que je lance la machine, la vitesse de  rotation du plateau étant elle aussi toujours pareille, lorsque retentit la sonnerie annonçant la fin de l'opération et que j'ouvre la porte du four, la tasse devrait se trouver à chaque fois dans la même orientation. (Dans ma petite tête, j'imaginais que je pourrais ainsi déterminer dans quelle position je devrais l'installer au départ pour qu'à l'arrivée, l'anse soit tournée vers moi et que je n'aie qu'à la saisir sans devoir me brûler en faisant tourner la tasse pour me la rendre accessible).

Eh bien, bernique ! Elle ne s'arrête jamais deux fois dans la même position et, ça, ça, ça m'énerve !

Y a une faille dans le système et je me perds en conjectures :

  • le timer électronico-digital aurait-il un bug face à mon mug ?
  • le moteur d'entraînement aurait-il des à-coups ?
  • l'accouplement moteur/plateau aurait-il du mou à l'instar de mon genou ?
  • les chocs de démarrage et d'arrêt feraient-ils glisser la tasse ?
  • un phénomène paranormal serait-il à suspecter ?

Je vais établir un plan de bataille (un dossier d'étude avec programme et compléments de programme, comme dans mes anciennes activités). J'aurai le fin mot de l'histoire. Je vous tiens au courant !

Bon, où est donc passé mon bon vieux chronomètre Jaquet ?

chrono


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20 mai 2016

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Silence

 

Cela faisait quelque temps déjà que les choses ne tournaient pas rond.

Ce n'était pas le temps, pareil à lui-même : variable, capricieux, aujourd'hui brûlant, demain glacial, féminin en un mot, comme il sied sous nos latitudes où ondule à la manière d'une danseuse orientale, le front polaire.

Ce n'était pas non plus le décor : immuable en gros mais infiniment changeant dans les détails, cycle naturel oblige.

Aujourd'hui, enfin, tout est rentré dans l'ordre : les avions ont repris leur ballet, le doux chant des réacteurs ponctue ma promenade toutes les deux minutes. Fini le silence angoissant qui régnait depuis le 22 mars. Tous est bien, je me sens enfin chez moi, à deux pas de Zaventem.

Le chien, lui, n'a rien remarqué, il file le nez au sol sur des pistes qui ne sont ni d'envol ni d'atterrissage.

P1080159 - Copie


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18 mai 2016

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Dilemme

 

Tandis que le chien se précipite à la recherche du bout de branche morte que je lui ai lancé, mon regard est accroché par un carré blanc dans l'herbe.

En y regardant de plus près, il s'agit d'un bout rectangulaire de papier fort plié en deux, on y distingue un peu de texte imprimé et en filigrane discret, le sigle des chemins de fer de mon pays.

Je me penche et le ramasse : il semble qu'on ait voulu le déchirer en deux mais les moitiés sont encore unies par quelques fibres du papier, un peu à l'image de mon pays qui ne tient plus ensemble que par la force de l'habitude, ou de l'inertie, c'est comme il vous plaira. Je l'ouvre délicatement : c'est un billet Vilvorde - Malines. La dernière fois que j'ai vu un billet de train, c'était encore un petit carton de couleur rose. Enfin, je mens... ça, c'était l'antépénultième fois. La dernière fois, nous avions des billets combinés train/entrée au Zoo d'Anvers et l'avant-dernière, des billets combinés train/bateau/entrée du zoo de Planckendael. Dans les deux cas achetés via internet et imprimés sur des feuilles A4.

Où est le dilemme dans tout cela ? Me demanderez-vous...

Eh bien là, précisément, entre mes doigts !

Ce bout de papier à côté duquel je serais passé, comme à côté de tous les déchets qui parsèment la prairie (pelouse serait un brin surcoté), maintenant que je l'ai ramassé, puis-je vraiment le laisser retomber, comme si de rien n'était, du geste négligent du pollueur, ou dois-je l'emporter, au moins jusqu'à la prochaine poubelle ?

Bon, j'ai pas dû trop réfléchir...

Mais que deviendra-t-il quand ma femme soulèvera le couvercle du scanner ?

ticket001


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05 mai 2016

Slaptituud

Si, si, le mot figure dans mon dictionnaire !

Comment ça, "Quel dictionnaire ?", ben mon dictionnaire, l'ouvrage indispensable à tout écrivaillon ne voulant pas polluer la blogosphère par des mots mal orthographiés ou au sens imprécis. C'est bien utile, croyez-moi !

Ainsi, en stupide francophone, je pensais que ça s'écrivait "slaptitude" et bien non ! Même si mon fameux dictionnaire me signale que c'est dérivé du flamand slap (en flamand, slap c'est mou ou quelque-chose d'approchant) et du suffixe français titude, ça s'écrit slaptituud. Ben oui !

Et ça, ce n'est que pour le versant orthographique, parce que côté sens, je m'étais tout autant gouré : j'ai toujours cru que ça venait de slapen (dormir en flamand). Ah, qu'est-ce que je vous disais ! Ce que je prenais depuis des années pour une sorte d'endormissement passager de mes facultés n'était en réalité qu'un simple coup de mou ! On perçoit immédiatement toute la nuance entre les deux états !

Quoi ? ça continue ? Qu'est-ce que vous dites ?

C'est pas dans votre dictionnaire à vous... ?

Vous n'avez peut-être pas la bonne édition, moi, c'est cette version-ci :

 

dico001

Bon, c'est pas tout ça, si vous m'interrompez tout le temps, on ne va pas progresser non plus !

Donc, vous l'aurez constaté, je n'étais guère présent sur ce blog ces derniers temps (seule exception : l'alerte proustienne, mais pour Marcel, en digne Belgicain brabançon que je suis, je sortirais du tombeau). Cette désaffection est un effet de la slaptituud : je n'écris plus, je ne lis plus, c'est à peine si je mange et bois, par contre, je procrastine à qui mieux mieux...

Quoi ? Encore vous ?

Vous n'aviez rien remarqué ?

C'est pas la slaptituud, c'est l'habituud ?

... 's êtes vaches, les copains !


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04 mai 2016

Proust alors !

Celle-là, je ne pouvais pas la rater !

Un site spécialisé nous informe que Sotheby's va mettre en vente prochainement quelques documents proustiens.

Parmi ceux-ci, une vue de la façade ouest de la cathédrale d'Amiens, de la main de l'artiste !

proustamiens

 

Ah mais...

C'est qu'il dessine mieux qu'il n'écrit le Marcel !


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05 avril 2016

Réponse au jeu du 29 mars

Chose promise, chose due, je vous donne les identifications. J'ai entouré le visage de mon épouse d'un rectangle, celui de sa copine aux yeux fascinants d'un cercle.

Paule003

Le message sera mis en ligne automatiquement le 5 avril.

J'annote au fil des commentaires :

  • Tilleul a tout faux
  • Adrienne ne se mouille qu'à moitié mais a bien reconnu la mienne (de moitié)
  • Célestine avait les deux dans ses trois propositions mais s'est trompée sur son deuxième choix (elle se trompe aussi lourdement sur la prétendue timidité de ma femme)
  • Si nous étions au Mastermind, Madame Chapeau aurait une bonne couleur mais au mauvais endroit
  • Berthoise s'aide du fait qu'elle a déjà rencontré mon épouse et se trompe pour la deuxième
  • Madame Chapeau revient sur sa décision et rejoint Berthoise au score : une sur deux
  • Berthoise change aussi d'avis et fait un carton plein !

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29 mars 2016

Petit jeu pour Célestine (et tout qui voudra jouer également)

 

Mon archiviste préférée a fouillé ses cartons.

Elle a retrouvé une photo regroupant quelques filles de sa classe à l'époque de mon récit.

Les deux protagonistes y figurent, les retrouverez-vous ?

Réponses ici-même dans une semaine (si je survis jusque là...).

Paule002


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24 mars 2016

Une vie sous influence ?

 

Lundi, tandis que je roule en voiture, la radio diffuse une émission consacrée au septantième anniversaire de la publication du Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.

En l’écoutant, je me fais la réflexion que c’est précisément en lisant ce livre-là, réputé avoir été écrit pour la jeunesse et même pour les enfants que je suis entré dans l’âge adulte. Etonnant, non ?

Etonnant… et pas tout-à-fait exact.

En cette fin des années cinquante, les éditions du Seuil publient une collection : « Ecrivains de toujours ». Le principe de la série est original : le titre de chaque ouvrage est formé du nom de l’écrivain sélectionné suivi de « par lui-même », simplement parce que les auteurs qui présentent l’écrivain émaillent leur propre texte de très nombreux extraits de l'œuvre de celui-ci.

Parmi les trente-six auteurs, tous français sauf cinq, figure Saint-Exupéry. À cette époque d’après guerre, les récits de guerre font florès et je me passionne pour eux, empruntant tous ceux que je trouve à la bibliothèque.

Aussi, lorsque passant devant la librairie du père d’un de mes condisciples j’y découvre ce livre consacré à un héros de l’aviation française (le fait qu’il soit mort pour la France a valu à son œuvre un sursis de trente ans supplémentaires par rapport aux septante accordés par l’Union Européenne, vous ne risquez donc pas de la charger gratuitement sur votre liseuse), je décide de l’acheter.

Je viens de mettre le doigt dans un engrenage infernal : la pensée de l’auteur m’enchante et en commençant par le Petit Prince, je finirai par acheter et lire non seulement toute l’œuvre de Saint-Ex mais aussi à peu près tout ce que l’on publiera sur lui jusque dans les années septante.

Le Petit Prince ! Quel livre étonnant. Ce n’est pas pour rien qu’il s’en est vendu cent-quarante  millions d’exemplaires. Oui, je suis entré dans l’âge adulte avec ce livre sous le bras et je pense qu’il me reste toujours aujourd’hui quelque chose de mon émerveillement.

 Saint-Ex001


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13 mars 2016

Pour Lorraine qui patiente depuis 2012 (et d'autres qui le font depuis 2008)

Depuis le week-end dernier, mon épouse passe tous ses après-midi à l'expo qu'organisent trois des ateliers de la Villa, dont le sien, tandis que je garde le chien.

Mardi, elle m'appelle d'urgence : "Viens, ta cousine vient d'arriver !"

Je me précipite au volant de ma voiture, étrennant par la même occasion le nouveau roulement de la roue arrière droite.

Ma cousine ! Vous savez, celle-là même qui avait si gentiment refusé de m'épouser. Et je me dis qu'il serait peut-être temps de vous conter cette "autre histoire" un peu rapidement promise.

Lors de ma première année d'études de chimie, mon école organise un bal. Les étudiants sont sommés non seulement d'y participer mais d'y amener une cavalière ou un cavalier en fonction de leur sexe. Comme je n'ai pas de petite amie, je demande à cette amie d'enfance que je rencontre de temps à autre de m'accompagner. Elle accepte à condition de pouvoir amener une condisciple.

Le jour dit, elles débarquent chez nous, valises à la main. Étonnante paire de demoiselles : mon amie est plutôt petite et dotée de formes généreuses, la sienne est (comme dirait Célestine) plutôt du style "grande asperge" permanentée de surcroît. Mais elle a des yeux ! Deux ! Deux yeux immenses qui lui mangent le visage et promènent sur le monde un regard étonné.

Durant tout le repas qui précède notre départ, chaque fois que je lève les yeux de mon assiette, j'accroche de l'autre côté de la table son regard fascinant. Je dois avoir la tronche de Mowgli quand Kaa lui chante "Fais-moi confiance !" dans le Livre de la Jungle version Disney.

Au bal, tout se déroule normalement : je fais danser, plutôt maladroitement, au son des Dixie Stompers d'Albert Langue (dont le trombone se révèle être également un virtuose du tuba dans "la polka des cochons"), celle que j'ai invitée et j'évite de trop croiser le regard médusant de sa copine.

Lors du retour, à l'arrière de la voiture de mon père (c'est l'époque du "Vous permettez Monsieur" d'Adamo, les parents se font un devoir d'accompagner leur descendance au bal, ce qui n'a pas que des mauvais côtés, celui des finances par exemple) mon amie se blottit contre moi, se saisit de ma main et finit par m'embrasser gentiment mais avec détermination. L'autre semble somnoler dans son coin.

Quelques jours plus tard, la secrétaire de l'école m'appelle pour me donner une lettre arrivée à mon nom (et me demander d'éviter de me faire envoyer du courrier à l'école : "Ce n'est pas un pensionnat ici !" à quoi j'évite de répondre que je ne me suis rien fait envoyer du tout, c'est susceptible les secrétaires).

La missive provient de la propriétaire des yeux. J'apprends à sa lecture qu'on a cru remarquer que l'on ne m'était pas indifférente, que c'est réciproque et que l'on est prête à envisager...

Felicity Lott n'aurait pas dit mieux !

Mais bon, la première j'avais dit ! Et ce qui est dit est dit. J'allais quand même pas perdre mon pari ! D'autant que, si je puis me permettre, côté formes, je serais plutôt Cecilia Bartoli que Felicity Lott...


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08 mars 2016

Étrange nouvelle

Hier, je me suis découvert retraité français !

Si, si ! C'était dans l'Écho du 7 mars :


Devient-on français quand on achète français? Pour le quotidien français "Les Echos", la réponse est oui, à en juger par la manchette publiée dans son édition du vendredi 26 février. "Le bon millésime des géants français", titre le journal, avant de citer les six groupes hexagonaux qui méritent, selon lui, un coup de chapeau pour leurs résultats 2015: Axa, Airbus Group, Safran, Saint-Gobain, PSA et… Solvay! Voilà notre géant de la chimie naturalisé français, sans doute parce qu’il a racheté le groupe Rhodia, ou parce que son action figure dans l’indice CAC 40 d’Euronext Paris.

 

Mais je m'en fous, j'habite déjà en Belgique !

 

solvay


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