09 mars 2010

Restrictions

Samedi, mon épouse avait invité quelques-unes de ses amies de son atelier de peinture sur soie. Tant qu'à faire, elle avait également convié les éventuels conjoints des dites amies. Nous étions donc dix à table.

Ce qui fait le charme de Françoise, c'est l'attention qu'elle porte aux autres. Elle a réussi à concocter un menu agréable et apprécié par tous en tenant compte

- des diabétiques
- des adversaires des légumes racines
- des qui ne supportent pas les oignons
- des allergiques à l'ail
-  ...

Souper « Villa » le 6 mars 2010

Mises en bouche

Mousse de sardines
Céleri blanc à la mousse de roquefort
Œufs de caille en cocotte sur lit de courgettes
Soupe de fenouils au crabe
Mini carpaccio de bresaola

Entrées

Salade d’épinards aux oranges et crevettes grises
. . .
Chicons gratinés au saumon fumé

Plat

Magret de canard, pommes caramélisées au jus de pommes
Pommes de terre sautées à la graisse de canard

Dessert

Terrine d’agrumes

Moi je n'ai eu qu'à

- retrouver des photos de tous les participants , les recadrer en 10 x 15 et les imprimer avec le menu au verso pour que chacun(e)  sache à quoi s'attendre et trouve sa place à table
- remplacer le vin par de la bière ou de l'eau selon les cas (et encore, l'amatrice de bière a finalement opté pour un verre de Marsannay, c'est encore moi qui vais devoir me farcir la Ciney brune, je déteste la Ciney brune !).

Evidemment, quand ils ont vu l'étiquette du vin rouge (un étonnant Alentejano bien aéré en carafe), les buveurs d'eau ont eu comme un regret.


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08 mars 2010

Musique maestri !

Dans ma jeunesse, j'étais fermé à la musique dite "sérieuse". Je ne jurais que par le Jazz. Jusqu'à ce qu'un beau jour, je tombe sur un vinyle intitulé "Bach street" où une petite formation de jazzmen interprétait des œuvres de Bach, je l'ai donné à mon fils en même temps que tous mes vinyles à l'occasion de notre déménagement.

Ce disque fut comme une révélation : on pouvait faire swinguer cette musique, on l'aurait dite faite pour ça, même. Après quelques temps, j'ai acheté un disque reprenant certains des morceaux de Bach Street mais interprété par une formation classique. Il m'a servi à une étonnante démonstration. Je faisais écouter Bach street à une amie de mon épouse qui trouvait que le tempo était un peu rapide. Manque de bol, il était encore plus soutenu dans l'enregistrement classique !

Je suis devenu avec le temps (merci Harnoncourt !) un fervent de musique baroque, je trouve qu'elle va bien au versant scientifique de ma personnalité parce qu'une extrême rigueur préside à  sa composition. Je n'écoute pour ainsi dire plus que ça, de Buxtehude à Zelenka, de Froberger à Muffat.  Le jazz m'est passé avec  le free jazz et Sun-Râ.

Hier, j'ai résolu d'écouter Bach, tout Bach. Enfin, Jean-Sébastien hein, pas toute la famille !

Cela fait quelques années maintenant qu'une édition complète de ses œuvres dormait dans un coin. J'en ai entamé l'écoute (je suis au deuxième CD sur cent-cinquante-cinq ) le problème, c'est que je les écoute dans l'ordre du coffret et qu'ils les ont classés par genre.

Donc pour l'instant j'en suis aux concertos brandebourgeois entamant la série des œuvres orchestrales et de  la musique de chambre. Les concertos Brandebourgeois, c'est bien, ce sont des pièces diversifiées, une sorte d'extrait promotionnel des possibilités créatives de Bach à destination d'un mécène possible.

Après, ce seront les œuvres pour cordes puis celles pour clavier. Jusque là, ça ira.

Ce que je crains le plus c'est la longue traversée des soixante CD de cantates suivie de celle des œuvres vocales.

Après,  il restera les pièces d'orgue, j'adore.

Bon, à l'année prochaine... peut-être !

Bach


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06 mars 2010

À propos

FabiennemarkeyskensFralon

Dans ma voiture, ce matin, j'écoute Fabienne Vandemersch interviewer une de nos anciennes gloires politiques,  Marc Eyskens, et un certain José-Alain Fralon, ex-correspondant du journal "Le Monde" à Bruxelles.

Ces deux derniers ont en commun d'avoir commis récemment un bouquin où est évoqué l'avenir(?)  de la Belgique.

Mais là n'est pas mon propos.

En fin d'émission, suite à une question de la présentatrice, Marc Eyskens évoque un souvenir étonnant pour souligner la puissance de la musique qu'il regrette de ne pas avoir pratiquée.

Il assistait à un concert où se donnait la cinquième symphonie de Gustav Mahler. À ses côté une Anglaise qui soudain se met à pleurer et murmure "My God ! I thought it was You..."

Sur quoi la charmante Fabienne enchaîne : "Nous allons écouter Adamo !"

Je l'adore ! (Pas Adamo, Fabienne !)


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04 mars 2010

JdJ 23

La Foire du Livre de Bruxelles ouvre ses portes aujourd'hui.

Elle s'ouvre avec une préoccupation sous-jacente : le numérique dans l'édition (aide à l'édition,  e-books, "liseuses", Google-livres...). Et les débats  sur la question vont bon train, j'en ai déjà suivi deux à la radio.

Ce que j'aime chez ces intervenants, c'est leur aplomb. Il y en a un qui prétendait que, passé un certain âge, les lecteurs préféraient se replonger dans les grands classiques plutôt que s'intéresser aux nouveautés.

Cette nouvelle n'a pas manqué de faire sur moi son petit effet.

Aussi ai-je décidé de me livrer dorénavant aux plaisirs liés à mon grand âge et de commencer sans tarder (on ne sait jamais, vu ce même âge).

En ouvrant à la page convenue ce bouquin qui en compte plus de mille-cinq-cent, j'ai pensé que, décidément, pour un bête jeu, c'était un bête jeu ! Si vous ne trouvez pas cette fois-ci... j'arrête mon blog, tiens !

Comment ça, "C'est pas trop tôt !"


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Edit du 5 mars

Au fond, Aude avait raison, quoiqu'étant un brin restrictive sur la dimension de l'œuvre. Je vous montre la chose, sans commentaire, forcément.

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03 mars 2010

Paradigme et prolégomènes

Ça m'est arrivé ce matin, en pressant les oranges (Pour le mode d'emploi de l'instrument, veuillez vous reporter à la documentation fournie).

Des mots, surgis de nulle part, ou alors de tellement loin dans ma mémoire...

Cela vous arrive-t-il à vous aussi de vous retrouver stupéfaits avec en vous des termes dont vous ne savez rien, ou alors si peu, et dont vous vous dites finalement qu'ils n'ont pu vous frapper que par leur étrangeté ?

Combien de fois les avez vous croisés dans votre existence ? Comment se fait-il que vous les ayez retenus ? Pour quel usage incertain les avez-vous un jour soigneusement rangés dans un coin de votre cerveau ?

Et surtout, d'où vient que vous y ayez soudain pensé ? À quel domaine de votre pensée folâtre étaient-ils liés pour qu'ils aient été brusquement extraits de leur somnolence et mis au grand jour, s'imposant à votre conscient comme des évidences à un moment précis ?

Ô Zigmund ! Grand Alchimiste des synapses enfiévrées, viens en aide à tes enfants !

synapse


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02 mars 2010

Un mec branché

La lecture d'un billet récent de Poupoune m'a fait souvenir d'une petite anecdote. À l'époque de l'événement, j'étais à l'école primaire tandis que mon frère attendait l'année scolaire suivante pour y entrer.

Ma mère a, semble-t-il, toujours eu des grossesses difficiles.

Un jour qu'elle était montée, durant sa troisième, se reposer dans sa chambre, laissant mon frère puîné seul au rez-de-chaussée, ce dernier se livra à une intéressante expérience.

S'étant emparé de deux aiguilles à tricoter en métal, il avait poussé une chaise contre le mur de la cuisine, l'avait escaladée pour atteindre une des prises électriques (les prises se trouvaient à hauteur d'homme à l'époque) et il avait introduit fermement les aiguilles dans les trous de la prise, se connectant ipso facto au réseau basse tension.

Si on dit "basse tension" par opposition aux réseaux haute tension généralement alimentés en dizaines de kilovolts, celui où mon frère s'était branché distribuait quand même du 220 volts alternatif .

Par bonheur (les disjoncteurs différentiels étaient inconnus à l'époque), il n'était pas resté collé aux aiguilles, la vigueur de la secousse l'ayant précipité à bas de la chaise.

Il avait déboulé dans la chambre de notre mère claquant des dents, parcouru de tremblements et émettant des sons aussi hachés qu'incompréhensibles.

Ma mère a fini par reconstituer la scène, aidée par les aiguilles aux sol, les gesticulations et les brûlures dans la paume des mains de mon frère. Lequel frère, une fois remis de la décharge, put confirmer verbalement les choses.

Sous le choc, mes parents (mon père était rentré appelé par ma mère) se demandaient ce qui avait bien pu passer par la tête de cet enfant pour qu'il se livre à une telle expérience.

Depuis, toute la famille a découvert le pourquoi de la chose : c'était une vocation, héréditaire de surcroît ! Mon frère est devenu électricien, comme son père.

Moi je me suis contenté d'une incursion de quelques années dans l'électrochimie.

electrocution


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01 mars 2010

Françoise

Samedi, mon épouse et moi-même sommes allés fêter notre anniversaire de mariage dans un restaurant japonais de Bruxelles, le Samouraï.

 

45002

 

Comme cela faisait bien des années maintenant que nous n'y étions plus allés, nous avons opté pour un menu très complet, question de nous immerger dans cette cuisine étonnante et raffinée. Nous avons même poussé la conscience gastronomique jusqu'à l'accompagner de Saké froid, bien qu'ils disposent d'une excellente carte de vins exclusivement français.

Je vous entends d'ici :

Combien ?

Et je suis bien conscient que vous vous foutez  comme de votre première culotte du montant de l'addition et je vous réponds donc :

 

Quarante-cinq

Je vous entends toujours (Val&rie en tout cas) :

une photo, une photo !

45mar

 

Voilà, vous êtes heureux ?

Moi aussi, depuis quarante-cinq ans et même plus : nous avons été fiancés cinq ans et nous nous connaissons depuis la naissance de mon épouse (je suis de cinq mois son aîné).

Je ne vais pas vous faire (pas cette fois-ci en tout cas) l'historique de notre relation je vais vous dire un mot de cette étonnante personne qu'est Françoise. Cela fera d'elle une personne étonnée : ce n'est pas mon genre de chanter ses louanges. Et pourtant...

Voilà : elle est (presque) parfaite !

Même que des fois, ça m'énerve ! C'est pas une preuve ça ?


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23 février 2010

Leçon d'humilité

Ce matin, alors que je posais, satisfait, la dernière lettre de ma grille de mots fléchés, je lus la définition du mot horizontal recoupant cette même lettre : "Content de soi".

... et la réponse : "Fat".


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18 février 2010

JdJ 22

Le plus dur dans cette rubrique, ce n'est pas de lire les bouquins, c'est de trouver une introduction au (bête) Jeu de Janeczka.

À propos de lecture, celle de mes petites-filles qui est dans l'enseignement secondaire reçoit en début d'année une liste de lectures obligatoires.

Il arrive que je lise certains de ces bouquins, soit parce qu'il en traîne un chez elle sur la table du salon et que je l'empoigne par désœuvrement, soit parce que ma fille, débordée, me demande d'en lire un pour pouvoir poser quelques questions à Émilie et tenter de juger de son niveau de compréhension de l'œuvre.

C'est en lisant le dernier de ces ouvrages que j'ai fait l'étonnante constatation suivante : dans une école qui se targue d'inculquer à ses élèves un minimum de discipline, c'est dingue ce que le corps enseignant peut faire lire aux ados de bouquins dont l'action se situe dans des collèges avec ou sans internat et où, dans leurs existences de potaches, les héros  semblent n'avoir pour unique but que de contrevenir méthodiquement à tous les points du règlement de leur établissement.

Bien sûr, je dis ça, je ne dis rien, je ne suis pas versé en pédagogie appliquée.

L'extrait que je vous propose aujourd'hui et qui nous donne une description qui me rappelle "le plat pays qui est le mien" n'a, bien évidemment, rien à voir avec ces lectures. C'était juste une digression dont j'espère qu'elle vous aura distraits.


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Edit du 23

Kloëlle a trouvé :

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Agréable à lire et, comme je le disais déjà dans un de mes commentaires, une étonnante description du plat pays, qu'il soit vôtre ou mien.


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08 février 2010

Trop vieux

Cela faisait bien longtemps que je ne m'étais plus frotté au monde des noctambules.

Vous vous rappelez peut-être que dans une autre vie j'ai été scout. Voilà-t-y pas que deux ex-cheftaines guides de mon ex-unité nous convient, mon épouse et moi-même à participer à la fête d'anniversaire d'un ancien comparse de cette aventure.

Rendez-vous samedi à vingt heures dans un bowling flambant neuf aux frontières de notre capitale, un seul niveau, trente-six pistes, structure en béton.

Je ne me rappelais plus vraiment le bruit éclatant du choc des  billes sur les quilles suivi du chapelet de petits échos rapides provenant des quilles s'abattant en cascade.

Je ne me rappelais plus le brouhaha sourd et obsédant des conversations qui va crescendo puisque chacun parle de plus en plus fort pour couvrir le bruit de fond.

Je n'ai pas participé à la partie. Depuis une hernie discale et un ligament de genou déchiré, j'évite ce genre d'activité. J'ai donc pu contempler à loisir le spectacle autour de moi, mon verre à la main. Cela faisait aussi longtemps que je n'avais plus bu deux bêtes pils à la suite.

Au début, il y avait une majorité de familles qui achevaient leur partie avant d'aller coucher les enfants. Puis au fil du temps le public s'est modifié.  Le machin ne désemplissait pas.

Vers vingt-deux heures une sorte de brume légère s'est répandue sur les pistes, l'ambiance est devenue de plus en plus sombre, l'éclairage brillant des pistes a été progressivement remplacé par un éclairage fluo, des faisceaux lasers se sont mis à décrire d'étranges courbes et une musique n'ayant rien à envier à celle des discothèques a éclaté. Là, plus du tout moyen de se comprendre sans hurler.

Dans le "box" suivant le nôtre, trois couples d'origine nord-africaine (dont une jeune dame au visage  souriant portant le voile). Une de ses compagnes, une beauté à la chevelure de jais, se lève et au lieu de prendre une bille pour participer à la partie, se ceint les hanches d'un foulard bleu bordé d'une cascade de sequins.

Sur la piste d'élan , elle se met à danser sur un rythme endiablé, son déhanchement rapide faisant tressauter et voler les petites pièces métalliques, révélant une pratique assidue de la danse orientale (que nous appelons communément danse du ventre). Tout à la fois déchaînée et lascive, quel spectacle !

Seul petit bémol : elle interrompt régulièrement le mouvement harmonieux de ses bras pour rabattre d'un geste vif son teeshirt sur son nombril qui commence à se découvrir. Peu après, ils ont quitté les lieux. Dommage.

Partageant le même box que nous, une famille en provenance des pays de l'Est : quatre mecs, deux femmes, deux jeunes garçons. D'un sans-gêne total, les enfants débordant sur notre piste d'élan à chacun de leurs lancers, les mecs vêtus de teeshirts Armani portant gourmettes et colliers en or massif et carburant au whisky (pas trop classe le whisky : un vulgaire blend de chez Lawson) ils ont même renversé une partie de leur bouteille sur les chaussures de l'un d'entre-nous.

Bref, enivrante soirée.

Nous avons quitté l'endroit un peu après minuit, ça ne désemplissait toujours pas, au contraire. Apparemment, ce n'est pas la crise pour tout le monde...

En sortant de là, nous sommes allés manger un bout dans une gargote locale. Cela faisait aussi une paie que je n'avais plus erré dans Bruxelles à la recherche d'un resto ouvert après minuit. Et je peux vous assurer d'une chose, c'est pas demain que je recommence !

Par contre, mon épouse a convié à dîner pour un de ces soirs les deux joyeuses organisatrices de cette petite virée. Va falloir avertir les voisins : elles sont totalement déjantées et ont le rire aussi tonitruant que fréquent.

Autre charmante soirée en perspective, donc.

J'aurais dû demander ses coordonnées à la danseuse orientale.

sequins2


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