29 mai 2017

Highland Cattle

 

Pour ce vendredi soir, notre fils nous avait réservé (et payé) un repas au restaurant La Vieille Forge, à Kaysersberg.

Un menu surprise léger que mon épouse a consigné :

Mises en bouche:
Velouté de volaille à l'ail des ours
Croquant à la mousse de Munster

1ere entrée:
Foie gras d'oie mi-cuit confiture d'églantine                  Pinot gris

2eme entrée:
Dos de Cabillaud cuit à basse température,                    Sauvignon de Bourgogne
mousse de patate douce

Sorbet de poivron rouge à la liqueur de gentiane

Plat: 
Magret de canard sauce au miel,                                       Côtes du Rhône
wok de nouilles chinoises aux légumes,
gingembre et soja

Plateau de fromages                                                             Coteaux du Languedoc

Sablé à la mousse de citron, glace à la Chartreuse.        Gewurztraminer

Café, Guimauve et biscuit à la noix de coco.

Parvenus à l'étape fromages, le sommelier pousse vers nous le chariot et demande son choix à mon épouse. Cette dernière adore les bleus. Les fromages sont rangés par type de lait : vache, chèvre, brebis. Dans la zone des vaches, il y a deux bleus que le gaillard nomme : fourme d'Ambert et bleu d'Ecosse. Mon épouse choisit le second qu'on lui a dit plus piquant et quelques autres.

Quand vient mon tour, je suppose que ce bleu de vache écossaise doit être un Shropshire et je dis au serveur "Donnez-moi également un peu de ce bleu écossais".

Le mec me répond "Il n'est pas écossais, c'est du bleu d'Ecosse !"

M'a fallu réaliser que nous étions en France où l'on mange des pattes à la carbonara, où l'on ne fait pas de différence entre Saint Pol de Léon et Saint Paul de Vance, où la belle-mère de ma fille m'appelle Jean-Clodde pour me rendre compte que son fourmaga écossais n'était autre que du bleu des Causses.

Je n'avais à nouveau pas raté l'occasion de passer pour un con (ou un Belge, ce qui revient au même ici).


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27 mai 2017

Vous aimez le poisson ?

 

À La Petite Auberge au Hohwald, une dame entre accompagnée de sa mère.

Elle installe celle-ci à une table voisine de la nôtre et s'assied à son tour. Elle lit gentiment la carte à sa mère qui se décide pour une truite tandis qu'elle-même opte pour un filet de sandre.

Lorsqu'elle passe leur commande, elle demande une assiette supplémentaire, annonçant à sa mère ainsi qu'à la patronne qu'elle s'occupera elle-même du nettoyage de la truite.

Lorsque les plats arrivent, la mère, prise d'un remords subit déclare que, tout compte fait, elle aurait dû prendre du sandre. Imperturbable, la dame déclare qu'elles vont échanger leurs assiettes et se met à nettoyer le filet de sandre des quelques fines herbes qui le parsèment car la mère n'aime pas qu'il y ait des herbes sur "son" poisson.

La patronne qui assiste à la scène fait remarquer qu'elle se souvient de leur dernière visite en leur indiquant la table qu'elles occupaient alors et mentionne qu'à cette occasion, la vieille dame avait déjà fait exactement le même coup.

C'est alors que j'ai murmuré à mon épouse "Je ne savais pas que l'Adrienne devait venir en Alsace..."

Mais je savais pertinemment que ce ne pouvait être elle : la mère de l'Adrienne, si j'ai bien suivi ses aventures, ne se déplace pas péniblement à l'aide de béquilles, loin de là !

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24 mai 2017

Tri et récupération

 

Les Belges (à tort ou à raison) comptent parmi les champions du tri et de la récupération des ordures (mais non, je ne parle pas du Kazakgate !).

Ainsi dans ma bonne ville, nous avons cinq sortes de sacs différents : des jaunes pour les papiers et cartons, des bleus pour les contenants plastiques et métalliques, des verts pour les déchets de jardin, des oranges-bruns pour les déchets de cuisine, des blancs pour ce qui ne va pas dans les autres, sauf les récipients en verre pour lesquels il y a des "bulles" dans les rues.

Nous avons des parcs à conteneurs pour le tri des gros déchets : bois, ferraille, plastiques, matériel électrique et des points de collecte spécialisés pour les produits toxiques, les peintures, les solvants, les batteries, les huiles de fritures, les cartouches d'imprimantes, les lampes usagées. Les pharmaciens collectent les médicaments périmés ou inutilisés. Y a même de joyeux drilles qui viennent tailler les haies d'ifs pour récupérer la tonte dans le but d'en extraire un principe thérapeutique.

Mais je dois bien avouer qu'il reste encore malgré tout de la place pour de l'innovation, surtout depuis que, tenaillé par un besoin pressant, je suis entré dans les toilettes pour hommes de la mairie de Kaysersberg (vous savez bien, le patelin de l'homme de Lambaréné).

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22 mai 2017

Et ça continue !

 

Colmar et La Rochelle, même combat !

Des patelins viscéralement antiautomobilistes constitués (presque) exclusiment de rues à sens unique quand elles ne sont pas piétonnes.

Même la môme qui se trouve dans mon GPS ne s'y retrouve pas, "Rejoignez la route en surbrillance !" qu'elle vous chantonne à l'oreille. L'ennui, c'est qu'elle ne vous dit pas comment. Et quand elle se décide à vous dire de tourner à droite au prochain carrefour, un panneau d'interdiction se dresse au coin de la rue sous vos yeux ébahis ! J'ai fini par lui couper le sifflet ! De toute façon, je vous dis pas comment elle prononce "Ingersheim".

C'est aussi en partie à cause de cette navigation erratique que j'avais décidé de hâter mon départ du magasin l'autre jour, magasin situé précisément route d'Ingersheim.

Après quelques détours concoctés par le GPS, nous débarquons à l'appartement avec nos courses que nous rangeons immédiatement et pour fêtre notre retour, j'empoigne deux verres à vin d'Alsace à gros pied vert torsadé et j'y vide une larme de crème de cassis Védrenne que je compte diluer à grand renfort de Sylvaner.

Stupeur ! Ce cassis a un reflet bleu que j'attribue à l'effet du vert du pied des verres. Mais malgré l'ajout du Sylvaner, la coloration bien qu'atténuée se maintient au bleu. Je goûte le pseudo blanc-cassis et examine enfin l'étiquette de la bouteille de cassis.

Liqueur de violette qu'il est écrit !

Je me suis gouré en l'empoignant dans le rayon !

C'est vraiment très spécial le Sylvaner-violette, mais je l'ai bu quand même.

Pour plus de sécurité, aujourd'hui j'ai acheté une vraie crème de cassis et un Pinot Gris que, par précaution, je boirai tel quel.

pokkal


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21 mai 2017

Ça commence fort !

 

Et pourtant, ce n'est pas du Roquefort !

Du Munster au cumin tout au plus...

Après avoir pris possession de l'appartement que nous avons pris en location (jamais eu une location avec autant de matériel disponible) nous faisons une petite descente à l'Intermarché le plus proche, de quoi tenir le weekend.

À la caisse du magasin, nous suivons un individu accompagné d'un marmot. Contrairement à joye, il n'a pas de caddie et dépose sur le tapis quelques articles de toilette pour bébé.

Au moment de régler ses achats, le gaillard sort de sa poche des bons d'achat (me demandez pas comment il les a eu). La caissière lui annonce que le montant de ses achats ne couvre pas la valeur des bons et que ceux-ci ne peuvent être convertis qu'en marchandises. "Reprenez un des bons et réglez le solde en liquide, vous utiliserez le bon une prochaine fois", lui propose-t-elle.

"Je n'ai ni liquide ni carte bancaire", répond l'individu, "mais ne vous inquiétez pas, je vais aller chercher des lingettes pour faire le compte" et il repart vers les rayons. La caissière considère le cortège de nos propres achats et susurre "Je n'aurai pas le temps de scanner tout ça avant son retour, veuillez patienter un peu, s'il vous plaît."

Au bout d'un moment, le gaillard revient et dépose son appoint de marchandises sur le tapis. Calcul laborieux de la part de la préposée confirmant, si besoin était, que les Mousquetaires n'engagent pas de docteurs en math comme caissières et la sentence tombe : "Il manque trente-cinq cents maintenant !"

Le mec réempoigne le paquet et déclare qu'il va bien trouver un article qui fera le compte juste.

Comme il n'a pas vraiment une tête à sortir d'une HEC, un doute me saisit en même temps que se précise mon besoin de faire pipi. J'ai donc allongé les trente-cinq centimes pour débloquer la situation.

Bon, il ne sort peut-être pas d'une HEC, mais il est doué : il s'est quand même fait, l'air de rien, un peu de "poen" sur mon dos!


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26 mars 2017

C'est bientôt l'été !

 

Il est dix heures bien sonnées au domaine des Trois Fontaines.

Contrairement aux jours précédents, les pâquerettes n'ont pas encore déployé leur corolle.

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... Les gusses de Natuur en Bos ont dû oublier de les avertir du changement d'heure !


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20 mars 2017

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Fils de ta race !

 

Le chien qui, comme je l'ai déjà souligné, est une chienne, est supposé être un Jack Russel Terrier (vous savez cette race dont le premier exemplaire obtenu par le pasteur John Russel en 1819 s'appelait... "Trump").

Et, effectivement, il y a dans son comportement des choses qui collent avec sa définition, par exemple, sa tendance à creuser rageusement de ses pattes les  taupinières ou à élargir les terriers de mulots en arrachant des mottes d'herbe avec les dents.

Là où j'ai un doute, c'est quand je le laisse libre d'aller où il veut. Il a une forte propension à se ruer dans les grandes surfaces herbeuses pour y galoper plein pot. N'aurait-il pas un peu du chien de prairie (cynomys) ? Remarquez qu'à voir les bonds qu'il y exécute, on serait habilité à se demander s'il n'aurait pas aussi un petit côté chèvre, mais passons !

Si je contrarie cette tendance naturelle et l'oblige à s'éloigner de ces grands espaces en l'entraînant sur les chemins du parc, il manifeste alors une autre particularité : celle d'emprunter les embranchements secondaires.

Et plus c'est étroit, pentu, embroussaillé et boueux, plus ça semble l'inspirer. Comme de surcroît il ne rate jamais une occasion de se vautrer dans des trucs infâmes et puants, je me demande s'il ne tient pas également du cochon, d'autant que lorsqu'il était jeune, le bord des paupières de son œil gauche étaient dépourvus de pigmentation et étaient donc roses comme celles de cet animal, ce que je ne manquais pas de souligner au grand dam de mon épouse.

Bref, devant ces tendances diverses, je crains bien que, comme la majorité des chiens de ma ville, il ne soit bêtement qu'un "zinneke" !

chien


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05 mars 2017

Tout ça, c'est la faute à Raymond !

Ben oui, ça peut pas toujours tomber sur Marcel !

Avec son sujet du jour, le Raymond a fini par parasiter ma pensée : habituellement, je ne m'inquiète pas de savoir comment j'en suis arrivé à penser ce que je pense à un moment donné. Je jouais à ça quand j'était jeune : remonter le flux. Mais là, il m'a perturbé, c'est malin !

Chaque matin, tandis que je prépare le petit-déjeuner, je fredonne ou siffle (au moins intérieurement) une mélodie et je ne m'inquiète guère de savoir pourquoi c'est celle-là plutôt qu'une autre et, malgré Raymond, je ne vais pas commencer à m'en inquiéter aujourd'hui.

Mais grâce à ce perturbateur, ce matin il m'a semblé me remémorer que les mêmes mélodies reviennent régulièrement et parmi elles une vieille chanson intitulée "Montagnes d'Italie".

Comme la mémoire est trompeuse !  Dans mon souvenir, Patrice et Mario disaient "Tu me donnais le bras en sortant de la Mairie et moi j'étais heureux de t'aimer pour toute la vie" ce qui me laissait penser qu'ils étaient parmi les précurseurs du mariage pour tous. Grave erreur, comme vous l'aurez constaté à l'audition de ce chef d'œuvre.

Ce qui est certain, c'est qu'inmanquablement cette chanson me fait penser aux séjours que nous avons faits dans ce pays et à une question sous-jacente : quel est mon pays de vacances préféré ?

Ici, petite mise au point : je n'ai jamais nié le côté plaisant des vavances. Ce que je continue de nier c'est leur absolue nécessité.

Mais revenons à ma question. Par bonheur, les pays que nous avons fréquentés dans ce but sont peu nombreux, je les cite par ordre alphabétique pour ne pas déjà donner d'indication sur mes préférences : Allemagne, Belgique, France, Grand-duché de Luxembourg, Grande-Bretagne, Italie et Portugal. Oui, ça fait pas des masses, mais que voulez-vous, j'ai de drôles d'habitudes vacancières :

  • j'ai toujours refusé de m'embarquer dans des trucs organisés
  • j'aime pas les voyages en avion
  • quand j'ai (généralement par hasard) dégoté un endroit qui me plaît, j'ai tendance à y retourner. Je suis un vacancier casanier.

Vous êtes pressés de savoir ?

Ben...  j'hésite !

Ça ne vous étonne pas ?

Je le savais !


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26 février 2017

Comptages

 

Je sais qu'on va le savoir que nous sommes dans un hôtel de la Côte d'Opale, mais bon, c'est notre anniversaire de mariage et vous connaissez mon épouse !

Comment, non ?

Eh bien tant pis pour vous !

Nous étions venus au même endroit à la même époque il y a deux ans.

Rien n'a changé depuis, en dehors des prix et du fait que les chiens sont désormais interdits dans la salle des petits-déjeuners. Je suis donc obligé d'aller enfermer le nôtre dans la voiture pendant la durée de notre repas, ce qui me donne l'occasion de traverser le parking de l'hôtel, de reluquer les immatriculation des véhicules présents et de dresser le constat suivant :

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Les Keis sont les Néerlandais (ils se reconnaissent au débordement de leur plateau de petit-déjeuner)

Les British semblent se foutre du Brexit

Les Belges sont pour la plupart Flamands

Les Français brillent par leur absence

Ceux des politiciens locaux qui, dans leur splendide isolationnisme, comptent sur la consommation intérieure pour relever l'économie française, n'ont pas fini de se faire des cheveux !

 

P.S. : J'ai même dégoté un Angliche déterminé à échapper au Brexit, mais ça, c'est une autre histoire.

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05 février 2017

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Acer Canadiense

 

Ah, vous pensiez que je ne promenais plus le chien ? C'est mal connaître la bestiole !

Non, je ne vous en parlais plus à cause de Raymond qui m'enquiquine tous les jours, mais on va arranger ça :

Prenez une feuille !

Mais non, pas une feuille de papier, je ne vais pas faire une interro !

Une feuille d'arbre, simple. Non, pas l'arbre simple, la feuille, par opposition à composée. Un arbre ce n'est pas simple, c'est commun (et même vulgaire si on en croit le latin). Donc une feuille simple d'un arbre commun. Un érable par exemple (canadien ou autre, ça n'a guère d'importance).

Prenez donc cette feuille et laissez-la vieillir sur sa branche.

Entre-temps, considérez votre main : elle a une face et un dos (pourquoi appelle-t-on dos la partie de la main le plus ordinairement exposée à la vue ? Mystère !). Vous remarquerez que sa structure a quelque chose de commun avec celle de votre feuille d'érable : légèrement creuse sur sa face, le côté qui sert à recueillir des choses, pour la feuille, essentiellement la  lumière.

La face et le dos de votre feuille étant ainsi définis, transportons-nous au moment où elle se détache de son support et descend en virevoltant vers le sol.

Dans quel sens va-t-elle s'y coucher ?

Depuis les quelques années que je promène le chien en foulant au pied les feuilles mortes,  je peux vous faire part des résultats de mon étude statistique : elles se retrouvent le plus souvent face contre terre, je suis formel !

C'est très étonnant car leur forme en parachute et le poids de leur pétiole devraient les amener à toucher terre le pétiole en bas et à se coucher sur le dos, non ? Ah !

Après tout, il en est peut-être ainsi.

Je dois avouer, à ma grande honte, que je fais mes statistiques sur les feuilles accumulées au sol et pas au moment de leur atterrisage. Peut-être qu'elles se posent toutes sur le dos et  que c'est le vent qui les retourne ensuite parce qu'une fois retournées face contre terre, elles lui offrent moins de prise à ce même vent !

Vous me suivez ?

Moi, je suis le chien...


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