Entre nous

Pas si intime en fin de compte

05 septembre 2009

Blues (and Royal)

Malgré mon déménagement et parce que c'est Aude qui m'a tagué et qu'elle ne me pratique pas depuis assez longtemps pour savoir que je n'aime pas trop ça, je vais m'exécuter. D'abord l'image obligée :

blues

Ensuite, les sept objets bleus requis (j'ai même pas dû quitter mon bureau pour les photographier)


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Mon lecteur de cartes mémoires
(d'accord, on devine à peine qu'il est bleu)



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Ma lampe de bureau, vue du dessus

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Le bouchon de ma bouteille de Valvert

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Une gomme datant de plus de trente ans
(et qui a échappé aux filles)


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Le compteur kilométrique de ma bicyclette

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Le CD du driver de ma connexion infrarouge

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Le compte est bon !
Ah oui, vous vous demandez ce que c'est ?
Le reflet de la diode du connecteur du cable USB
de mon imprimante sur le store vénitien métallique.


Voilà. Pour le reste, selon une bonne vieille habitude, je ne taguerai personne en vertu du vieil adage "Ne fais pas à autrui ce que tu ne veux pas que l'on te fasse". Mais que cela ne vous empêche pas de jouer si vous vous sentez inspirés par le jeu.


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02 septembre 2009

Addendum

L'archiviste de service, mon épouse donc, celle qui signe "Mamou" les commentaires qu'elle laisse sur vos blogs, m'a amené une photo, me conseillant de l'utiliser pour votre édification personnelle suite à mon billet d'hier.

Il s'agit des mêmes personnages, mais à l'époque où je venais juste d'accepter de jouer les faux-culs parrains.

Je soupçonne Val d'avoir pris contact en secret avec ma femme pour l'inciter à me faire publier des photos ridicules. Mais je vais mettre de l'ordre dans tout ça, je vais supprimer l'adresse mail de ma moitié, ça leur apprendra !

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31 août 2009

Ersatz

Je déplace une pile d'albums et une photo s'en échappe. C'est celle d'un mariage. Aussitôt je pense à Val qui semble friande de ce genre d'archives :

filleule

Comme pour la précédente, il ne s'agit pas non plus de mon propre mariage. C'est plus facile à deviner ici bien sûr : je suis bien plus âgé que la charmante jeune femme. Cela n'empêche rien me direz-vous. Mais quand-même...

Pour mieux vous plonger dans le doute, j'ai éliminé le marié d'un coup de Photoshop. Il n'était pas utile, c'est vers moi que sont tournés les yeux de la belle.

Mais qui est-elle ?

C'est Axelle, ma pseudo-filleule !

Que je vous explique : mon épouse travaillait à la Ligue Braille. Un de ses collègues, malvoyant, avait épousé une aveugle qui travaillait dans l'atelier protégé. Pour leur second enfant, un fils, ils ont demandé à ma moitié d'être sa marraine. Nous avons donc commencé à les voir régulièrement, ma femme fait toujours les choses avec sérieux.

Pour leur troisième enfant, ils avaient choisi comme parrain et marraine deux personnes qui se sont montrées singulièrement absentes une fois le baptême terminé.

Un jour, le collègue de ma femme lui a expliqué qu'Axelle ne voyait jamais ses parrain et marraine et qu'elle en souffrait parce que ses frère et soeurs voyaient régulièrement les leurs et le lui faisaient remarquer (les enfants ne sont pas les anges que certains rêvent). Il lui demanda si elle accepterait de faire "comme si" elle était aussi la marraine de la gamine.

Fine mouche, elle lui a conseillé, plutôt que d'obliger son fils à partager sa marraine avec sa soeur, de me demander si je ne voulais pas, moi, remplacer le parrain fantôme.

Voilà pourquoi l'unique filleule que j'aie n'est que ma pseudo-filleule. Et que je ne suis , de mon côté, qu'un ersatz de parrain !

Mais rassurez-vous, ça n'empêche pas les sentiments. Nous avons beaucoup correspondu à l'époque où elle était pensionnaire du côté d'Auxerre. Nous avons eu des discussions épiques sur des sujets pourtant délicats. J'espère que les personnes chargées de son éducation ne poussaient pas l'ardeur missionnaire jusqu'à surveiller son courrier : je ne suis pas particulièrement porté sur l'intégrisme religieux.


P.S.

Bien sûr, maintenant, Val se demande à quoi pouvait bien ressembler la photo originale, on ne se refait pas, n'est-ce pas ? Mais... il n'y a qu'à demander, ma belle :

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30 août 2009

C'est le printemps !

Comme je l'ai déjà expliqué, mon épouse et moi allons devoir déménager et quitter un endroit où nous habitons depuis quarante ans.

Nous allons donc passer d'un appartement à trois chambres, deux caves et deux garages à un autre à deux chambres.

Comme nous envisageons de changer de résidence en octobre. Nous nous sommes donc mis à trier ce que nous avions allègrement accumulé, convaincus que ce seraient nos enfants qui se chargeraient du tri à notre disparition.

Ce sont les éboueurs (à Bruxelles, on dit, de manière impropre, "voddeman" qui signifie plutôt "chiffonnier") qui sont contents ! Bien que nous ayons déjà éliminé une trentaine de sacs poubelles, des dizaines de cartons, des kilos de papiers divers et deux bonnes centaines de bouquins, nous n'avons guère l'impression d'avoir avancé, nous aurions plutôt celle que c'est pire que jamais !

Dans le tas de choses variées (et parfois même avariées) que nous avons manipulées, mon épouse a retrouvé une double feuille comportant quatre "sonnets" dont un doublé d'un acrostiche.

Je me suis alors souvenu qu'un beau jour, ma fille était rentrée de l'Athénée en pestant contre les profs farcis d'idées saugrenues : elle devait écrire un sonnet célébrant "Le gai renouveau". Comme elle prétendait la chose impossible, je lui en avais pondu quatre à la suite pour lui démontrer son erreur avant de la laisser se débattre avec son devoir.

J'en ai scanné un au hasard et je vous le transcris pour vous éviter le décryptage de mes pattes de mouche. Remarquez que ce ne sont pas les corrections qui vous auraient donné du fil à retordre, j'en faisais très peu.


Sonnet001

L'enfant tout ahuri devant sa feuille blanche
Se demande comment célébrer le printemps
Dans la forme prescrite en assez peu de temps
Pour pouvoir profiter un peu de son dimanche.

De quoi parlera-t-il ? Du rythme des saisons
Egrenant lentement le chapelet des âges ?
De calices légers, de chatoyants plumages,
De la vie obstinée qui pousse ses bourgeons ?

Un sonnet, un sonnet bien pensé, bien troussé,
Comme on disait au temps où l'on savait écrire !
L'enfant a bien raison de pousser des soupirs,

Ce qu'il aura écrit demain sera "cliché !"
Le murmure des bois fait pour la poésie
Bien plus que ne feront les règles établies.

Nous en avons parlé hier en soupant. Elle me reproche encore toujours d'avoir fait les devoirs d'un tas d'enfants que nous connaissions, mais jamais ceux des miens. Jamais, sauf un : une dissertation dont le sujet m'échappe aujourd'hui et qui avait eu un tel succès qu'elle avait dû aller la lire devant les autres classes, se tapant, selon ses dires "la honte de sa vie".

Jamais contents les enfants !


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15 août 2009

T'en fais une de tête !

Vous savez que je ne peux (presque) rien refuser à Val. Aussi, devant son insistance, me suis-je résolu à photographier une des pages d'un des cahiers de mon journal.

tete2

Ouais, bon, ben c'est tombé sur une page de gauche ! Mais non pas une page de l'Huma, personne ne lit ça chez nous. Il faut vous dire (mais vous vous en doutiez sans doute un peu puisque j'en ai extrait une photo) que tout comme mon blog d'aujourd'hui, mon journal d'alors était illustré.

Tout comme j'avais du mal l'autre jour à imaginer l'intransigeance qui m'habitait à l'époque, j'avais presque oublié qu'à ce moment de mon existence, je faisais en simple amateur des tentatives de dessin, avec une tendance au dépouillement du trait (à défaut sans doute de posséder une technique suffisante pour me permettre des réalisations plus fouillées, même moi je dois rester honnête).

Pour ce qui concerne les pages de droite, je crains de ne pas recevoir de si tôt l'imprimatur de mon épouse. Ah, ça met la cohésion de la grande internationale féminine à rude épreuve, hein les filles ?


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13 août 2009

Qui a fait la peau au mouton ?

Dans ce garage dont je vous parlais dans mon dernier billet, nous avons également retrouvé une grande enveloppe en papier kraft et, dans cette enveloppe... cinq cahiers de mon journal intime (que lui aussi je croyais disparu depuis belle lurette).

L'ensemble couvre la période de juin soixante à décembre soixante-quatre, avec, comme dans toutes mes tentatives de tenue d'un journal, de larges trous entre les dates où j'ai écrit quelque-chose.

J'aurais pensé que mon style de l'époque aurait été plus "enfantin", mais non, à quelques monstruosités orthographiques près, c'est plutôt correct.

Côté fond par contre, un gouffre sépare ma conception actuelle de l'existence de ce qui se manifeste dans ces textes. Vous savez : l'intransigeance de la jeunesse et toute cette sorte de choses.

J'ai classé ce billet dans la série dédicacée à Val parce que dans les premières pages du premier cahier, je suis tombé sur une série de photos que j'avais dû soustraire à la collection maternelle et parmi celles-ci, sous l'ombre tutélaire de mon paternel ...

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Quand je vous disais qu'avec l'époque où je suis né, il était impossible qu'il n'y en ait pas eu une !


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11 août 2009

On apprend tous les jours

En triant le contenu d'un des deux garages que nous occupons, je tombe sur quelques livres que je pensais avoir déjà mis aux vieux papiers. Et parmi ceux-ci, deux en particulier retiennent mon attention.

Un, en deux volumes, de Bernhard Bavink (un auteur suisse) : "Conquêtes et problèmes de la science contemporaine". Il datait déjà un brin lorsque je l'ai lu, fin des années soixante. Néanmoins, les questions éthiques soulevées dans le deuxième volume me semblent toujours d'actualité. Cela aurait pu être drôle de le relire, mais nous sommes un peu débordés et je l'ai donc mis pour de bon aux vieux papiers.

L'autre est plus étrange encore : c'est un livre de chimie, un "Précis" pour l'être (précis). Il est d'un certain Joly, est daté de 1909 et constitue déjà une huitième édition (revue). On n'y parle certes plus de phlogistique, mais il est encore fortement empirique. Les illustrations sont constituées de gravures dont je subodore qu'elles devraient enchanter Papistache.

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Je sais comment il est venu en ma possession : c'est mon oncle, ouvrier métallurgiste ne parlant que le wallon qui me l'avait donné. Ce que j'imagine mal, c'est où lui-même l'avait dégoté. Je ne peux plus lui poser la question, il est décédé le mois dernier. Ça m'intrigue pourtant car les premières pages portent un étrange cachet, cachet qui a piqué ma curiosité, si bien que de fil en aiguille j'ai appris non seulement où se trouve le département de l'Aube, mais j'ai même vu sur des photos satellite que le camp est toujours là et que son terrain de manœuvres est bien plus étendu que le patelin lui-même.

On apprend tous les jours !

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06 août 2009

Les Keis

L'autre jour, la voisine d'en haut à gauche (une noire assez mignonne, mais moins que la demoiselle qui vient garder ses gosses lorsqu'elle travaille) vient sonner à notre porte. Elle souhaitait nous emprunter du lait parce que ses petites filles refusent de dormir sans en boire , qu'elle était à court et que les magasins étaient déjà fermés. Elle a promis de nous en rendre une autre bouteille.

Sans doute exactement, dis-je à mon épouse, comme ces Hollandais qui, sur les campings et sous prétexte qu'ils se déplacent à vélo en transportant tout leur barda, vous empruntent du sucre, de la farine, du riz, des œufs, du lait, mais sans jamais parler de vous les rendre, où iraient-ils les chercher ? Ils sont là juste pour la nuit...

Et c'est là que m'est revenue cette histoire hollandaise (en Belgique,  nos voisins du nord sont réputés plus près de leurs sous encore que les Ecossais, c'est vous dire).

Il y a bien des années, nous campions dans la région de Saint-Vith, dans la partie germanophone de notre beau pays. Nous nous trouvions un soir devant notre tente lorsque débarque un peloton de Bataves. Ils installent leur campement, enchaînent leurs vélos, puis l'un d'eux se met à faire des crêpes sur un minuscule réchaud camping-gaz.

Je me dis qu'au train où ça progresse, il en a pour la nuit à nourrir le groupe. J'empoigne donc mon réchaud à deux becs, deux poêles et propose au cuistot de tripler sa cadence grâce à ce matériel supplémentaire. Il accepte et je retourne à mon poste d'observation.

Et là, j'ai vu qu'il n'était pas un Hollandais pour rien ! Non parce qu'il ne nous a même pas proposé une de ses crêpes, mais parce qu'il a continué à cuire sur mon réchaud après avoir rangé le sien pour économiser son gaz !

kaas

Pour la satisfaction de Val j'ai autorisé le clic magique, ce qui vous permettra peut-être de constater que la devise des Pays-Bas est rédigée en... français : "Je maintiendrai"


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05 août 2009

Premier contact

Mon néphrologue préféré vient d'accepter une place de chef de clinique dans un hôpital flamand de la capitale (on la lui a proposée parce qu'il est francophone, enfin, disons parce qu'il parle français)*. Comme je l'accompagne dans ses pérégrinations, je me rends dans cette clinique pour régler la question des prélèvements que je dois y effectuer la semaine prochaine.

Premier choc culturel : le passage protégé pour piétons aboutit directement non pas en face du trottoir longeant le bâtiment des consultations mais... droit dans l'entrée pour voitures du parking réservé aux donneurs de sang !

Deuxième choc : lorsque je me présente au bureau d'inscription des prélèvements, la préposée m'annonce (dans un français impeccable, je dois le reconnaître) que, malheureusement, l'ordinateur est en panne et qu'il faudra patienter (m'en fous, je venais surtout chercher les récipients nécessaires à la collecte de mes mictions d'une journée).

Mon sang d'auditeur n'a fait qu'un tour : mes collègues de la communauté flamande ignoreraient-ils donc la question à mille euros (une de mes préférées) : "Puis-je voir la procédure à suivre en cas de panne du système informatique ?"

Il faut croire que oui, ou que la procédure existe bel et bien et qu'elle consiste à dire : " U moet een beetje wachten !"

Je tiens à signaler que chez Colruyt, autre société flamande, mais sévissant, elle, dans la grande distribution plutôt que dans la santé, j'ai assisté, médusé, à une panne informatique générale un samedi midi : en moins de deux minutes, chaque caissier s'est vu doublé d'un autre employé muni de formulaires papier, les codes de vos marchandises étaient transcrits à la main sur ces formulaires, on y relevait votre identité et votre adresse, une petite signature et vous receviez la facture à domicile dans le courant de la semaine suivante. C'est pas de la qualité ça ?**

Ordi

* Faudra que je vous explique un jour le décapant folklore linguistique belge en général et bruxellois en particulier.
** Ouais, c'est surtout une façon élégante de ne pas perdre le chiffre d'affaire du meilleur jour de la semaine, mais bon...


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02 août 2009

Image(s)

    L’écrivain était mieux préparé que quiconque à vivre dans les mondes virtuels d’Internet. Il avait ses songes, ses personnages. Il a maintenant des amis et des correspondants dans cette sphère idéale. Il se passe très bien des corps, du frottement rugueux du réel, de ses contrariétés, de ses contretemps. Il peut enfin être à la fois visible et invisible, présent et absent. Son monde se dématérialise. Il se meut dans le cristal liquide comme poisson dans l’eau.
 

Cet extrait du blog d'Eric Chevillard  (dont je vous recommande la fréquentation)  me semble coller à l'image de beaucoup d'entre nous. Si nous voulons bien faire taire notre modestie et accepter, juste un instant, d'être "L'écrivain".

D'un autre côté, faudrait pas non plus trop nous pousser du col en nous gargarisant de cette appellation non contrôlée,  Calvin est là pour nous le rappeler :

calvin_writing


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