10 juin 2008
Goutte à goutte
Tilu, qui n'est qu'un nom d'emprunt de Manon des sources, nous a jeté un sort avec sa fontaine tarie. Je propose donc que tout qui voit, comme moi, se flétrir son inspiration adopte, en lieu et place du sempiternel "En pause", l'image du robinet, vert-de-grisé par les intempéries, figurant actuellement en tête de son blog.
Quelle chose étonnante que l'inspiration. C'est l'exemple même de l'impromptu et de l'évanescent. Elle vous tombe toujours dessus à des moments impossibles, jamais lorsque vous êtes assis devant votre clavier (Dieu sait si je passe pourtant des heures devant ce symbole moderne de l'addiction) et disparaît promptement, balayée au premier rafraîchissement de votre mémoire instantanée.
Au début, je me suis laissé emporter par l'optimisme et mon côté "technicien". J'ai acheté un "Assistant personnel". Pour être plus clair, une sorte de carnet de notes électronique, agrémenté d'un tas d'autres facilités dont je n'aurai jamais l'usage. Inutile ! Quand j'en aurais besoin, ou je ne l'ai pas sous la main parce qu'il est dans une poche d'un de mes vêtements de jour et que je suis dans mon lit, ou je l'ai sur moi, mais il m'est impossible de l'utiliser parce que j'ai à peine assez de mes deux mains et de tous leurs doigts pour me débattre dans une circulation aussi urbaine que cauchemardesque.
Revenez aux bonnes vieilles méthodes, me direz-vous : papier, crayon (pourquoi les Français écrivent-ils souvent "crayon de bois" ?) Peine perdue, j'ai essayé : le papier, ça va, on trouve toujours bien un vieux ticket de parking. Mais les crayons... j'ai beau en disposer un peu partout (j'en emporte quelques-uns à chacune de mes visites chez Ikéa), mes petites-filles les empochent à la première occasion et me voilà Gros-Jean comme devant.
Ce matin, il m'est même arrivé pire : j'ai eu une idée et j'étais devant mon clavier ! Mais si je ne me mettais pas immédiatement à la préparation du petit-déjeuner (en Belgique on dit déj... ah non, celle-là, je vous l'ai déjà faite), mon épouse allait être en retard à son atelier de peinture sur soie. Et voilà, la seule chose dont je me souvienne c'est que sur le moment j'ai pensé "Celle-là, je l'ai déjà eue et j'avais oublié de la noter". Avouez que c'est pas lourd pour un billet !
21 avril 2008
Spammé !
Pas tagué, spammé ! Je ne vois pas comment je pourrais considérer autrement l'étrange commentaire qui vient d'atterrir sur ce blog. Je vous le "copicolle" pour vous éviter de vous perdre dans l'arachnéen réseau des liens.
Doppler Foetal Angelsounds
Bonjour, je suis admirative de votre joli blog que j'aurais plaisir à venir découvrir souvent !
Avez-vous pensé au Doppler Foetal Angelsounds de http://www.miaperla.com pour écouter votre bébé in utero à deux avec votre moitié !!
A la maison, dans une atmosphère détendue et confortable, écoutez votre bébé à 2, les battements de son coeur (très rapides), les mouvements de ses bras et ses pieds ou son tout premier hoquet ! Angelsounds amplifie les bruits du bébé dans le ventre de sa maman: http://www.miaperla.com . Désormais vous pourrez entendre votre bébé dès qu'il commencera à bouger. C'est vraiment super et que du bonheur!
Ce texte a été déposé sur ce billet où je vous racontais avoir rêvé être "enceint". Je commence à comprendre pourquoi certains activent la modération des commentaires.
Il me semble évident que l'auteure de ce message, pour peu qu'elle ne soit pas un programme informatique, ment. Si elle pratiquait vraiment ce blog, elle saurait que mon épouse n'est plus vraiment en àge de procréer et que, de mon côté, je ne suis plus en état de le faire (cela me semble patent dans le post commenté lui-même).
Cette chère "Maria" est soit dotée d'une orthographe approximative, soit machiavélique. En effet, ou bien elle confond allègrement le futur de l'indicatif et le conditionnel présent et entendait dire "votre joli blog que j'aurai plaisir à venir découvrir souvent", ou bien elle parle effectivement au conditionnel et a soigneusement omis d'ajouter "si j'en avais le temps".
Bref, un coup pour rien... ou presque, puisque cela m'a permis de vous pondre ce billet.
14 avril 2008
Trop cool...
... le commentaire de Vidalinda ! Trop, tout court même ! Elle va me faire rougir! Enfin, rougir encore plus, parce que ma tronche a déjà une forte tendance à la rubicondité (érubescence, pour les puristes), mais je ne vais pas vous bassiner avec mes aventures allopathiques.
Ce commentaire élogieux est en grande partie immérité : je fais bêtement partie de la génération des élèves belges francophones élevés à grands coups de grammaire "Grevisse" (la Belgique est un pays de grammairiens, la chicane y est atavique) dans un enseignement où les fautes de Français étaient sanctionnées, même dans les copies des autres branches. Pratique, est-il besoin de le préciser, depuis longtemps abandonnée dans l'enseignement de la Communauté Française de Belgique. Pourtant, un bon coup de "Bon Usage" sur la cafetière, ça remettait les idées en place (vous avez vu le pavé ?).
J'écris pour mon plaisir et, tant qu'à faire, sans aller jusqu'à évoquer le respect de mes nombreux lecteurs, autant rédiger dans une langue qui me permette de me relire. Et paf ! Le narcissisme pointe le bout du nez, je me suis trahi !
Hier, en lisant "L'Oeuvre au Noir" de Yourcenar*, je suis tombé sur un passage qui recoupe assez bien mes préoccupations (prétentions ?) littéraires :
Mes poèmes ne méritent pas de survivre au papier sur lequel mon libraire les imprime à mes frais, quand par hasard j'ai les moyens de m'offrir comme un autre un frontispice et un faux titre. Les lauriers d'Hippocrène ne sont pas pour moi; je ne traverserai pas les siècles relié en veau. Mais quand je vois combien peu de gens lisent L'Iliade d'Homère, je prends plus gaiement mon parti d'être peu lu.
L'action se déroule au seizième siècle et finalement, je me demande si le succès des blogs ne tient pas dans le fait qu'ils épargnent les frais de l'édition à compte d'auteur.
Comment ça, radin ?
* Snob ! Tout ça pour dire qu'il a lu un Yourcenar !
Et d'abord, c'est même pas vrai, j'avais déjà lu "Archives du Nord" avant, nananère !
10 avril 2008
Pas de chance
Pas de chance, au moment où j'allais me mettre à ce billet, voilà-t-y pas que je découvre avec stupéfaction qu'il y a une nouvelle consigne sur Paroles Plurielles ! Entre deux courses en voiture commandées par mon épouse, j'expédie la chose et, après envoi, je m'aperçois que je n'ai pas tout-à-fait respecté les règles édictées. En effet, celles-ci demandaient d'imaginer le monologue intérieur d'un des personnages présents sur cette photo prise par Coumarine

... et j'ai fait parler le cuistot. Mais bon, y a-t-il quelqu'un de plus densément présent dans un resto que le cuistot ? Je n'ai donc pas vraiment triché. C'est la photo qui, à mon humble avis, ne suggère pas assez la présence du virtuose du "piano". En un mot, c'est la faute à Coumarine, CQFD.
Avec tout ça, j'ai presqu'oublié ce dont je voulais vous entretenir, mais en un sens, c'est lié. Je me suis rué sur cette occasion de reporter mon intervention comme la vérole sur le bas clergé (pour citer un de mes ex-professeurs) parce que depuis mon petit séjour en Baie de Somme, j'ai constaté que je n'étais pas aussi accro à la blogosphère que je le pensais.
Un exemple : je débarque là-bas, j'allume mon portable (j'emmène toujours un portable en vacances, because les photos numériques) et détecte un accès WiFi protégé. Au vu de la configuration des lieux, il doit s'agir de celui du propriétaire. J'ai même pas essayé de confirmer, c'est dire si j'étais motivé !
Donc, j'attends. Et en attendant, je parle pour ne rien dire. Et ça, aux dires de certains, ça au moins je sais (peux, pour les Français) faire...
04 mars 2008
Papistache
Voilà ! Jusqu'à preuve du contraire, Papistache arrête son blog...
J'ai supprimé le reste de mon texte qui a heurté un tas de personnes, émues au point de bégayer (mais je soupçonne là une des facéties coutumières de Canalblog). J'aurais sans doute dû me contenter des commentaires que j'avais moi-même faits sur le blog du dit Papistache.
J'aurais pu simplement supprimer ce post, mais je ne voudrais pas sembler envoyer ainsi au néant les commentaires que m'a valus mon intervention.
Je vexe beaucoup de monde dans la blogosphère, je devrais m'en excuser par avance en tête de chacun de mes posts ou de mes commentaires, mais je crains d'alourdir un style déjà fort ampoulé.
Je présente donc mes plus plates excuses à toutes celles qui se sont, à juste titre je dois l'admettre, senties agressées.
Quand je reçois ce que je mérite, je ne discute pas. Il y a malgré tout un truc qui me chatouille : lorsque Val me traite de "parfait inconnu", je suppose qu'elle parle à titre strictement personnel, ça me peinerait moi aussi qu'elle entende "pour le groupe des lecteurs de Papistache", dont le blog, si je ne m'abuse était public.
27 janvier 2008
Journal (pas si) intime

Dans un coin de notre salon, ce bouquet. Votre regard attentif aura décelé qu' il s'agit de pivoines en soie. Elles se trouvent là parce qu'à moins de trente tulipes par semaine, cette vasque sur trépied, offerte par notre fils, faisait vide et que de cette manière, le coût de ces (presque) parfaites imitations a été rapidement amorti.
La photo, elle, se trouve là parce que les commentaires d'une autre Pivoine, blanche celle-là, m'ont mis en tête quelques idées qu'il me faudrait explorer (J'avais d'abord tapé "exploiter", mais j'avais sauté le "i" et j'ai donc fini par remplacer le "t" par un "r", voyez comme même les claviers se mèlent d'influencer l'écriture).
Lorsque j'associe la photo à cette chère Pivoine, n'allez pas conclure que j'irais trouver cette dame artificielle, au même titre que ses homonymes en soie. Simplement, elle et moi suivons avec intérêt nos blogs respectifs. Cela crée des liens (sur cela aussi, les liens entre blogueurs, il me faudra revenir) et plutôt que de procéder via les commentaires, j'ai choisi de répondre à un des siens au coeur d'un "post".
La question était (je copicolle) : "Et... Puis-je mettre aussi ce blog en lien chez moi? Ou préférez-vous qu'il reste plus ou moins anonyme?"
La réponse est, évidemment, "je vous en prie". Pour deux raisons : d'abord, chacun est maître des liens qu'il dispose sur son blog et ensuite, si j'avais voulu rendre ce blog anonyme, je l'aurais conçu différemment.
Et c'est là que ressurgit la question à mille Euros (et à cent mille occurrences) :
Un blog peut-il être considéré comme un journal intime ?
Sauf à être un exhibitionniste, un inconscient ou à le rendre inaccessible, la réponse me semble évidente :
Non !
Mais encore...
Si nous nous attardons au nom de la chose, le tour de "journal" est vite fait : il implique un suivi, si pas quotidien, comme le mot le laisse entendre, à tout le moins régulier. C'est par là qu'ont péché presque tous ceux que j'ai entrepris de rédiger.
Pour ce qui est de "intime", l'affaire est moins vite réglée, consultons donc le TLFi : il y en a bien deux pages sur ce mot, mais je pense cette définition bien appropriée : "Qui est strictement personnel et généralement tenu secret, préservé des curiosités indiscrètes, le plus souvent par pudeur."
J'en tire également une citation : "Amiel avait gardé de sa jeunesse le goût, voire la manie du journal intime. Jusqu'à son dernier mois, jusqu'à ses toutes dernières heures, il avait noté minutieusement les moindres passages de sa pensée, les caprices de son humeur, toutes les nuances ou claires ou sombres de son ciel moral. Cela faisait une longue et diffuse monographie de l'existence de l'âme..."
BOURGET, Nouv. essais psychol., 1885, p. 254.
On voit immédiatement le lien de ces deux choses avec un blog !
L'ennui, c'est qu'il faut compter avec la psychologie perverse des scripteurs. Certains, en secret, espèrent que leur journal sera découvert et lu. Et, par voie de conséquence, ils n'écrivent plus pour eux-même mais bien pour un hypothétique lecteur... et la fameuse pudeur refait son apparition, et un tas d'autres sentiments : se rendre intéressant, sympathique peut-être ! La forme prend de l'importance, on entre dans la (généralement mauvaise, comme la mienne) littérature.
Et la réponse à notre question devient :
"Oui, un blog peut être considéré comme un journal intime (dévoyé)"
Est-ce que tout le monde est content ?
25 décembre 2007
Mary Christmas
Ainsi s'appelait, selon Oliver Hardy, pressé de questions par son exploiteur, la servante, héritière d'une mine d'or dans l'une des aventures de la paire de comiques américains.
Tout cela pour vous parler de... Noël !
Pas pour mon compte en réalité, pour le compte de mes amis blogueurs. Moi, Noël ne me fait ni chaud ni froid, j'aurais tendance à penser qu'un jour vaut l'autre... et réciproquement.
Mais aujourd'hui, comme hier, j'en ai lu des déclarations sur le sujet. Et, effet sans doute de ma sélection de blogs à lire, beaucoup sont assez mitigées. Entre ceux qui maudissent les jours de fête obligée et celles qui pleurent sur l'exacerbation de leur sentiment de solitude, la vie est dure pour le Père Noël !
Remarquez que ce n'est qu'un juste retour de manivelle pour ce bonhomme vert repeint en rouge pour les besoins publicitaires de Coca-Cola.
A l'instar du patron d'hôtel qui voulait, avec l'aide de son épouse, s'accaparer l'héritage de la servante de mon premier paragraphe, tout cela n'est qu'une sordide histoire de détournements en série.
Nos lointains ancêtres, qui n'étaient pas aussi cons que nous voudrions parfois le laisser entendre, étaient évidemment au fait du caractère cyclique des saisons et avaient appris à lire, dans l'imperceptible allongement du jour à cette époque de l'année, la certitude du retour des jours ensoleillés. C'est cela qu'ils fêtaient au beau milieu de l'hiver.
C'est à cette célébration que l'Eglise a substitué la fête de Noël, elle-même détournée à des fins commerciales par notre société de consommation lorsque Santa Claus a détrôné le petit Jésus.
On ne va quand-même pas pleurer pour ça !
27 novembre 2007
Epidémie
Je tiens à jour, comme tout un chacun, j'imagine, une liste de blogs qui ont ma faveur (ou, à tout le moins, mon intérêt).
Chaque jour, je visite chacun d'eux pour voir s'il s'y passe du neuf.
Depuis quelque temps, une chose se passe qui m'intrigue : une série de ces blogs commencent par faire état de la fatigue, de la lassitude, des doutes de leur scripteur et au bout de quelques messages de ce style, se mettent en mode pause.
Le plus étonnant, c'est que tous ces blogueurs se connaissent, au moins virtuellement. Comme si cette déprime se transmettait par voie électronique. Je me demande si Norton, Avast, Kaspersky, Nod32 ou McAfee (j'en passe et de peut-être meilleurs) peuvent faire quelque-chose contre la propagation de ce virus sournois !
25 novembre 2007
Intro bis
J'en ai entendu, vu, lu des accros du blog !
Mais alors, accros de chez accro hein !
Peut-être pire que moi, c'est vous dire !
Accros...
à saturer la bande passante
à perdre le boire et le manger
à se rendre malades (dingues ils étaient déjà)
à oublier de dormir
à s'effondrer sur leur clavier
à ne plus se lever le matin faute de s'être couchés le soir
à arrêter d'aller au boulot
à ne plus parler à personne à force d'écrire à tout le monde
à clavicafouiller de fatigue
à déprimer grave
à se suicider (mais ça, ils n'ont pas pu raconter, sauf quelques centaines d'anorexiques qui y vont à petit feu)
Et, au train où vont les choses, je crains que ce ne soit qu'un début ! Car on a beau faire, on n'aura jamais tout entendu, vu, lu.
24 novembre 2007
Intro
J'en ai entendu sur les raisons de blogger (ou bloguer ? Je ne m'y retrouve pas terriblement dans les subtilités qui séparent le Français du Franglais et de l'Anglais plus ou moins US). D'ailleurs, tout bien réfléchi, je n'ai rien entendu, tout au plus lu, parfois avec difficulté(s).
Vous me direz que ce n'est pas mon style qui va faciliter les choses, mais si ceci est un journal intime, qu'est-ce que mon style, sauf votre respect, peut bien vous foutre ? Est-ce que je m'inquiète du vôtre ? Quoi ? Je devrais ?
Passons !
Donc, j'en ai lu sur les raisons de bloguer. Mais de là à vous donner les miennes, il y a de la marge ! Mais peut-être qu'au fil des posts (encore un mot suspect), vous les devinerez et qu'alors...
Vous en saurez plus que moi.
