Entre nous

Pas si intime en fin de compte

12 novembre 2009

Petit intermède

Lundi soir, heure de pointe, tandis que nous roulons en voiture, je dis à mon épouse : "Il faut que nous passions faire le plein en rentrant. Je vais faire le crochet par la station-service de Wemmel."

Sitôt dit, sitôt fait. Quand nous arrivons en vue de la station, je constate que la police a établi un barrage sur la droite de celle-ci. Dépassant les premiers cônes du barrage j'oblique sur la gauche et pénètre dans la station.

Une fois le plein fait, comme la station se trouve sur une pointe de terrain séparant deux rues à sens unique, je ressors des installations par la gauche pour rentrer chez moi et tombe sur un flic qui me fait signe de virer à gauche pour aller m'insérer dans la file du contrôle. Il pousse même la gentillesse jusqu'à stopper les nouveaux arrivants pour faciliter mon insertion.

Ces braves agents avaient cru que j'étais allé me ravitailler en diesel pour échapper au contrôle. Sont suspicieux ces mecs !

Bref, on me fait ranger dans un emplacement (ce qui a permis à quelques autres automobilistes d'échapper à l'inquisition policière).

Train-train habituel (bien que rarissime en Belgide) : souffler dans l'éthylomètre calibré, papiers du véhicule, carte d'identité, permis de conduire.

L'agent qui m'avait demandé mes papiers les emporte vers une camionnette et revient après quelques minutes avec un PV d'avertissement : je dois faire changer la photo de mon permis parce qu'elle n'est pas assez ressemblante.

Avant d'aller échanger mon permis contre un neuf, j'en ai scanné la photo.

Je trouve qu'ils sont bien difficiles ces policiers, moi je me reconnais parfaitement, particulièrement au niveau des oreilles larges et bien décollées.

Qu'en pensez-vous ?

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PS : Je suis bien aise que Val déménage, ça retardera d'autant ses commentaires flatteurs ;o))


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05 octobre 2009

Polaroïd

Au temps de l'enfance de notre fille, nous lui avions acheté un appareil Polaroïd. C'était le seul système qui à l'époque permettait de voir immédiatement le résultat d'une prise de vue et d'examiner à chaud les choses à améliorer.

Le système avait un énorme inconvénient : si le matériel de départ était relativement peu onéreux, les films, eux étaient très chers. Idem pour la reproduction des images.

Depuis l'irruption du digital, l'apprentissage de la prise de vue photo est devenu un jeu d'enfant et l'appareil Polaroïd une curiosité.

Je vous parle de ça, parce qu'en ouvrant, avant de m'en débarrasser, le cartable que j'avais abandonné depuis ma retraite, j'y ai retrouvé une des œuvres de ma fille, jaunie par le temps (la photo, pas ma fille) et manifestant un des autres inconvénients du Polaroïd : ses faibles capacités de conservation (bon, le machin a quand même une trentaine d'années aussi).

Vous remarquerez que, apprentissage ou pas, l'enfant avait le sens du cliché. Elle avait même saisi qu'en la circonstance, mon cerveau ne m'était d'aucune utilité et l'avait purement et simplement exclu de la photo sur l'air connu de "A bas la calotte !".

Pas de commentaires sur les circonstances de la scène reproduite, mais une seule question à Val :  "Est-ce que ça te botte ?"

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29 septembre 2009

Bleu

La précipitation nuit en tout, c'est bien connu.

Vous vous rappelez qu'il n'y a pas très longtemps, j'avais répondu à un tag d'Aude. Il s'agissait de photographier des objets bleus.

Dans ma hâte à répondre à ce défi, je m'étais contenté de photographier des objets se trouvant sur mon bureau.

Une chose m'avait alors échappé : je fus moi-même un (sale) bleu ! Et le croirez-vous ? J'avais une photo de cette époque !

Je me demande pourtant si l'avoir retrouvée est vraiment une si bonne idée, la mélasse et les plumes, ça fait toujours bêtement rire le peuple !

Bah, ne dit-on pas que le ridicule ne tue pas ? Mais il fait grossir, j'en suis la preuve (sur)vivante.

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18 septembre 2009

Une comme ça MAP ?

Celle-ci, c'était en 1964 (c'est l'année de mon service militaire). Elle me rappelle un souvenir glorieux.

J'étais un pongiste "autodidacte" et si je me défendais pas mal au milieu de mes semblables, devant les vrais "amateurs", c'était autre chose.

A l'issue de mon service militaire, un ami qui me voulait du bien, me dit que son équipe de tennis de table cherchait un joueur supplémentaire. Je me laisse tenter et me retrouve en championnat de Brabant. J'ai oublié le nom du club qui m'avait engagé, mais je me souviens que ses locaux se trouvaient "Place du Chat Botté" dans un des patelins de la périphérie bruxelloise.

La première rencontre à laquelle  j'ai participé nous opposait à un club de métallurgistes de Clabecq : "La palette d'acier" (des cogneurs).

Nous devions jouer contre chacun des membres de l'équipe adverse. Pour mon premier match, je tombe sur un gamin d'une douzaine d'années. Le seul point que j'aie marqué, je l'ai fait en tirant au-delà de la table en plein dans la palette de mon adversaire. La honte !

Mais c'est dingue ce qu'on apprend vite dans l'adversité. Après quelques rencontres et à force d'entraînement, j'ai progressé de manière fulgurante, puis, devenu père de famille, j'ai abandonné ce sport merveilleux.

Pourtant, j'en rêve encore...

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17 septembre 2009

C'est la fin...

Fini, Val, toutes les photos sont enfermées dans leurs cartons en vue du déménagement, la source s'est tarie ! Il faudra attendre le déballage maintenant... si déballage il y a jamais.

Evidemment, comme à toute règle générale, il y a des exceptions : je viens d'en retrouver une... sous le clavier de mon ordinateur. C'est te dire l'ordre qui règne ici, dans le feu des préparatifs. Faut dire que si l'ordre devait régner ici un jour, ce serait vraiment l'ordre nouveau ! Quoi, c'est pas drôle ? Tant pis !

En plus, elle n'est pas terrible cette photo, c'est une Polaroïd et qui a souffert du stockage. Je dirais qu'elle date des années septante, lorsque je sévissais au labo d'électrochimie.

Je déconseille de la montrer aux enfants : un chimiste sans blouse ni lunettes de sécurité, une bouteille de billes de plomb pour le tarage des balances, une tasse avoisinant des récipients contenant des solutions de produits chimiques, ils ne comprendraient pas, les pauvres, eux qui sont nés à l'époque du politiquement correct et du principe de précaution (et Peter réunis).

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02 septembre 2009

Addendum

L'archiviste de service, mon épouse donc, celle qui signe "Mamou" les commentaires qu'elle laisse sur vos blogs, m'a amené une photo, me conseillant de l'utiliser pour votre édification personnelle suite à mon billet d'hier.

Il s'agit des mêmes personnages, mais à l'époque où je venais juste d'accepter de jouer les faux-culs parrains.

Je soupçonne Val d'avoir pris contact en secret avec ma femme pour l'inciter à me faire publier des photos ridicules. Mais je vais mettre de l'ordre dans tout ça, je vais supprimer l'adresse mail de ma moitié, ça leur apprendra !

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31 août 2009

Ersatz

Je déplace une pile d'albums et une photo s'en échappe. C'est celle d'un mariage. Aussitôt je pense à Val qui semble friande de ce genre d'archives :

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Comme pour la précédente, il ne s'agit pas non plus de mon propre mariage. C'est plus facile à deviner ici bien sûr : je suis bien plus âgé que la charmante jeune femme. Cela n'empêche rien me direz-vous. Mais quand-même...

Pour mieux vous plonger dans le doute, j'ai éliminé le marié d'un coup de Photoshop. Il n'était pas utile, c'est vers moi que sont tournés les yeux de la belle.

Mais qui est-elle ?

C'est Axelle, ma pseudo-filleule !

Que je vous explique : mon épouse travaillait à la Ligue Braille. Un de ses collègues, malvoyant, avait épousé une aveugle qui travaillait dans l'atelier protégé. Pour leur second enfant, un fils, ils ont demandé à ma moitié d'être sa marraine. Nous avons donc commencé à les voir régulièrement, ma femme fait toujours les choses avec sérieux.

Pour leur troisième enfant, ils avaient choisi comme parrain et marraine deux personnes qui se sont montrées singulièrement absentes une fois le baptême terminé.

Un jour, le collègue de ma femme lui a expliqué qu'Axelle ne voyait jamais ses parrain et marraine et qu'elle en souffrait parce que ses frère et soeurs voyaient régulièrement les leurs et le lui faisaient remarquer (les enfants ne sont pas les anges que certains rêvent). Il lui demanda si elle accepterait de faire "comme si" elle était aussi la marraine de la gamine.

Fine mouche, elle lui a conseillé, plutôt que d'obliger son fils à partager sa marraine avec sa soeur, de me demander si je ne voulais pas, moi, remplacer le parrain fantôme.

Voilà pourquoi l'unique filleule que j'aie n'est que ma pseudo-filleule. Et que je ne suis , de mon côté, qu'un ersatz de parrain !

Mais rassurez-vous, ça n'empêche pas les sentiments. Nous avons beaucoup correspondu à l'époque où elle était pensionnaire du côté d'Auxerre. Nous avons eu des discussions épiques sur des sujets pourtant délicats. J'espère que les personnes chargées de son éducation ne poussaient pas l'ardeur missionnaire jusqu'à surveiller son courrier : je ne suis pas particulièrement porté sur l'intégrisme religieux.


P.S.

Bien sûr, maintenant, Val se demande à quoi pouvait bien ressembler la photo originale, on ne se refait pas, n'est-ce pas ? Mais... il n'y a qu'à demander, ma belle :

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30 août 2009

C'est le printemps !

Comme je l'ai déjà expliqué, mon épouse et moi allons devoir déménager et quitter un endroit où nous habitons depuis quarante ans.

Nous allons donc passer d'un appartement à trois chambres, deux caves et deux garages à un autre à deux chambres.

Comme nous envisageons de changer de résidence en octobre. Nous nous sommes donc mis à trier ce que nous avions allègrement accumulé, convaincus que ce seraient nos enfants qui se chargeraient du tri à notre disparition.

Ce sont les éboueurs (à Bruxelles, on dit, de manière impropre, "voddeman" qui signifie plutôt "chiffonnier") qui sont contents ! Bien que nous ayons déjà éliminé une trentaine de sacs poubelles, des dizaines de cartons, des kilos de papiers divers et deux bonnes centaines de bouquins, nous n'avons guère l'impression d'avoir avancé, nous aurions plutôt celle que c'est pire que jamais !

Dans le tas de choses variées (et parfois même avariées) que nous avons manipulées, mon épouse a retrouvé une double feuille comportant quatre "sonnets" dont un doublé d'un acrostiche.

Je me suis alors souvenu qu'un beau jour, ma fille était rentrée de l'Athénée en pestant contre les profs farcis d'idées saugrenues : elle devait écrire un sonnet célébrant "Le gai renouveau". Comme elle prétendait la chose impossible, je lui en avais pondu quatre à la suite pour lui démontrer son erreur avant de la laisser se débattre avec son devoir.

J'en ai scanné un au hasard et je vous le transcris pour vous éviter le décryptage de mes pattes de mouche. Remarquez que ce ne sont pas les corrections qui vous auraient donné du fil à retordre, j'en faisais très peu.


Sonnet001

L'enfant tout ahuri devant sa feuille blanche
Se demande comment célébrer le printemps
Dans la forme prescrite en assez peu de temps
Pour pouvoir profiter un peu de son dimanche.

De quoi parlera-t-il ? Du rythme des saisons
Egrenant lentement le chapelet des âges ?
De calices légers, de chatoyants plumages,
De la vie obstinée qui pousse ses bourgeons ?

Un sonnet, un sonnet bien pensé, bien troussé,
Comme on disait au temps où l'on savait écrire !
L'enfant a bien raison de pousser des soupirs,

Ce qu'il aura écrit demain sera "cliché !"
Le murmure des bois fait pour la poésie
Bien plus que ne feront les règles établies.

Nous en avons parlé hier en soupant. Elle me reproche encore toujours d'avoir fait les devoirs d'un tas d'enfants que nous connaissions, mais jamais ceux des miens. Jamais, sauf un : une dissertation dont le sujet m'échappe aujourd'hui et qui avait eu un tel succès qu'elle avait dû aller la lire devant les autres classes, se tapant, selon ses dires "la honte de sa vie".

Jamais contents les enfants !


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15 août 2009

T'en fais une de tête !

Vous savez que je ne peux (presque) rien refuser à Val. Aussi, devant son insistance, me suis-je résolu à photographier une des pages d'un des cahiers de mon journal.

tete2

Ouais, bon, ben c'est tombé sur une page de gauche ! Mais non pas une page de l'Huma, personne ne lit ça chez nous. Il faut vous dire (mais vous vous en doutiez sans doute un peu puisque j'en ai extrait une photo) que tout comme mon blog d'aujourd'hui, mon journal d'alors était illustré.

Tout comme j'avais du mal l'autre jour à imaginer l'intransigeance qui m'habitait à l'époque, j'avais presque oublié qu'à ce moment de mon existence, je faisais en simple amateur des tentatives de dessin, avec une tendance au dépouillement du trait (à défaut sans doute de posséder une technique suffisante pour me permettre des réalisations plus fouillées, même moi je dois rester honnête).

Pour ce qui concerne les pages de droite, je crains de ne pas recevoir de si tôt l'imprimatur de mon épouse. Ah, ça met la cohésion de la grande internationale féminine à rude épreuve, hein les filles ?


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13 août 2009

Qui a fait la peau au mouton ?

Dans ce garage dont je vous parlais dans mon dernier billet, nous avons également retrouvé une grande enveloppe en papier kraft et, dans cette enveloppe... cinq cahiers de mon journal intime (que lui aussi je croyais disparu depuis belle lurette).

L'ensemble couvre la période de juin soixante à décembre soixante-quatre, avec, comme dans toutes mes tentatives de tenue d'un journal, de larges trous entre les dates où j'ai écrit quelque-chose.

J'aurais pensé que mon style de l'époque aurait été plus "enfantin", mais non, à quelques monstruosités orthographiques près, c'est plutôt correct.

Côté fond par contre, un gouffre sépare ma conception actuelle de l'existence de ce qui se manifeste dans ces textes. Vous savez : l'intransigeance de la jeunesse et toute cette sorte de choses.

J'ai classé ce billet dans la série dédicacée à Val parce que dans les premières pages du premier cahier, je suis tombé sur une série de photos que j'avais dû soustraire à la collection maternelle et parmi celles-ci, sous l'ombre tutélaire de mon paternel ...

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Quand je vous disais qu'avec l'époque où je suis né, il était impossible qu'il n'y en ait pas eu une !


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