24 novembre 2019

Nouvelles du front


Hier soir, nous fêtions chez notre fille l'anniversaire d'Émilie.

Session restreinte cette année : nous n'étions que quatorze (en oubliant les chats et les chiens).

Il y avait :

  • Émilie et sa sœur Louise
  • Ma fille et son mari breton
  • Ma deuxième fille, marraine d'Émilie et son mari portugais, parrain de Louise
  • Leur fille Clara en partance pour un Erasmus en Norvège
  • Son frère Alexandre, le benjamin de l'assemblée qui fait main basse sur les œufs de caille
  • Ma bru préférée bien qu'unique
  • Son fils Borys un peu bleui par son dernier match de rugby
  • L'ex-épouse du parrain d'Émilie
  • Sa fille Camille, porteuse d'un chignon digne de la Goulue de Toulouse Lautrec

Ça ne fait que douze me direz-vous en fins mathématiciens que vous êtes. Erreur puisque mon épouse et moi y étions également, c'est ma modestie naturelle qui m'a fait négliger de nous citer.

Parlons maintenant des absents (y a-t-il un sujet plus intéressant qu'eux dans les réunions de groupe ?)

  • Mon fils participe à la virée annuelle que son groupe d'acheteurs de vin de Bourgogne organise traditionnellement la semaine qui suit la vente des Hospices de Beaune. Il nous enverra pour nous consoler une photo de lui et d'un de ses potes escaladant victorieusement la montagne de caisses résultant de leurs achats.
  • Le parrain d'Émilie (un ami de ma fille depuis le temps où ils organisaient ensemble des camps de formation chez les scouts) qui nous a délégué son ex-épouse (en présence de laquelle il refuse désormais de se trouver) est perdu dans un trek de survie dans les forêts finlandaises.
  • Line, la fille de la marraine de Louise (une  amie de ma fille) et ancienne condisciple d'Émilie avait déjà accepté une obligation ailleurs lorsqu'on l'a invitée.
  • Le petit ami du moment de la précédente dont je n'ose rien vous dire car comme j'en ai croisé plusieurs je ne suis pas certain qu'il soit celui de l'an dernier.

Le menu tenait en un mot : raclette !

Mais s'agissant de ma fille, vous n'imaginez pas ce que peut contenir ce seul mot !

Gambas et filets de lotte, fromage à raclette traditionnel et de chèvre, poitrine fumée, bresaola, jambon de Parme, colonnata, joue de porc, manchettes de veau élevé sous la mère, saucisses diverses, oignons, champignons, salades variées, sauces mayonnaise, curry, cocktail, tartare, beurre normal, au piment d'Espelette, au sel fumé, patates en chemise, et j'en oublie certainement.

buffet

Deux gâteaux réalisés par Émilie elle-même : un aux pommes et l'autre au chocolat (des trucs avec biscuits, inserts, crèmes, glaçage, etc, à faire pâlir certains des concurrents du meilleur pâtissier).

gateaux

 

Bref, un truc à vous faire péter la sous-ventrière.

Et comme toujours avec ma fille, si on s'y remettait tous aujour d'hui, il en resterait encore...


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10 novembre 2019

La vrille du Liseron

 
Jeudi, par Dieu sait quel hasard, mon épouse découvre que le trajet du tram 19 sera interrompu à ce bout-ci de la ligne pendant le week-end.

Branle bas de combat : depuis le 4 novembre le trajet du bus 53 qui transportait Louise en ligne directe de son domicile à son lieu de travail a été modifié et elle doit prendre le tram 19 à la gare de Jette pour récupérer le 53 à la station de Wand. 

En associant ces deux infos, vous comprendrez que le trajet de la demoiselle se serait singulièrement compliqué samedi matin. Elle a donc décidé de passer chez nous la nuit de vendredi à samedi.

Avec elle, rien n'est jamais simple :

Vendredi 7:30, coup de téléphone. "Je passe déposer mon sac avec mes vêtements de rechange avant d'aller au boulot, je n'ai pas eu le temps de déjeuner ni d'acheter une couque (petit-pain pour les  Frenchies) chez le boulanger, le tram est arrivé trop vite (comprenez qu'elle s'est levée trop tard), faites-moi une tartine au miel et mettez-là dans un sac !"

Vendredi 7:55, j'attends le passge de Louise dans le hall d'entrée de l'immeuble. Elle s'amène et me file son sac à dos en échange du sac à tartines. "Salut ! Dis à Mamou qu'il y a une Charlotte et un T-shirt blancs qu'il faudrait lessiver pour demain ! Je te téléphone quand j'ai terminé à l'Estaminet pour que tu viennes me chercher."

Vendredi 18:10 suite au coup de fil annoncé, je pars récupérer la bestiole chez les Pilifs. Dès son entrée dans la voiture elle remplace sur la radio Musique 3 par Radio Nostalgie.

Pour le souper (dîner pour les Frenchies qui cherchent toujours midi à quatorze heures) l'animal étant allergique aux légumes en général et  à ceux de saison (les choux) en particulier, ce sera spaghetti carbonara.

Pour la télé, ce sera cette connerie de Twilight Chapitre 4 : Révélation 1ère partie (vivement qu'on voie la suite !).

Interrogée sur la nature de son petit-déjeuner, elle balance entre couque (voir § 4) au chocolat et croissant à la pâte à tartiner chocolat-noisettes (l'italien sans huile de palme mais avec lait, l'Adrienne préfère celui au chocolat noir). À défaut de décision, je prendrai les deux et m'enfilerai celui qu'elle ne prendra pas (bonjour le cholestérol mais je m'en fous, je prends des statines).

C'est passé maintenant, nous attendons sa sœur qui passe ce midi, retour du manège, prendre une douche rapide, un en cas (magret de canard et  chicons (endives pour les Frenchies) confits) rapide lui aussi avant d'aller jouer maître-nageuse à la piscine du coin. C'est elle qui logeait chez nous le week-end précédent.

Je compte afficher sur la porte de la chambre d'amis (ou l'atelier peinture sur soie de mon épouse,  c'est selon) une pancarte :

"La vrille du Liseron, chambre d'hôtes".


En effet, nous habitons avenue des Liserons.

J'ai inspecté toute l'artère : pas le moindre brin de cette plante en vue !

Des arbres rouges

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Des oliviers

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Mais pas de liseron sauf sur la plaque de rue. Mais bon, on fera avec !


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21 octobre 2019

La goutte qui fait déborder le vase


" Ton robinet goutte ! "

Comme mon épouse ne s'appelle pas Germaine mais Françoise (qu'alliez-vous imaginer ?), elle fait référence au robinet d'eau froide de l'évier de gauche dans la salle de bains.

Je descends donc à la cave (après trois jours de réflexion et mise en condition) récupérer quelques boîtes et sachets de joints (ils appellent ça "clapets") de robinet, bref, de petits cylindres en caoutchouc noir de diamètres et épaisseurs variables avec ou sans trou central. Je coupe l'alimentation en eau froide et je démonte la tête de vanne.

De l'eau se met à couler par l'orifice libéré parce qu'en dévissant cette tête, j'ai malencontreusement ouvert légèrement le robinet d'eau chaude, je serai bon pour ramasser l'eau qui s'écoule sous l'évier, profitant du temps qu'il me faut pour réaliser ce qui se passe et fermer le robinet ad hoc.

Pour ce qui est de changer le joint : bernique  ! Le robinet est un truc moderne à tête céramique. Tout ce que l'on peut tenter c'est de nettoyer soigneusement les surfaces de contact, ce que je réalise.

Après remontage et rétablissement de l'alimentation, un triste constatation s'impose : le machin continue à goutter.

Je décide de chronométrer le temps d'égouttage. Une première goutte tombe à 11:05:45. J'essuie d'un coup de torchon la surface du bouchon d'évier (ces trucs qui montent et descendent en actionnant un petit levier et qui n'empêchent pas l'évier de se vider dans aucune des deux positions). Entre-temps, le téléphone sonne et je vais y répondre. Quand je reviens, le bouchon est mouillé et il est 11h15. La goutte suivant tombe à 11:21:50.

Mais combien de gouttes sont tombées dans cet intervalle ?

  1. Deux et le temps d'égouttage serait de 5min 22sec
  2. Une et il serait de 8min 3sec

Vous devinez facilement la bonne réponse au vu de l'heure de mon retour.

Une goutte d'eau (croyez-en mon expérience de manipulateur de burettes) fait à peu près 0.05 ml, la perte quotidienne peut donc être évaluée à 9 millilitres.

Je fatigue, pouvez-vous trouver sur internet :

  • le prix d'une cartouche céramique pour robinet d'évier
  • le prix du mètre cube d'eau

Et me dire en combien de temps j'aurai récupéré le prix de la cartouche ?

Merci !


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15 octobre 2019

Le futal sur les chevilles


Marrez-vous, marrez-vous !

Ça aurait pu m'arriver le jour où j'ai escaladé une installation de cracking thermique dans le port de Rotterdam si je n'avais pas précipitamment serré d'un cran supplémentaire la ceinture de mon pantalon !

Vous vous demandez ce que je pouvais bien être allé foutre sur les passerelles accrochées à ce monstre trépidant ? J'étais allé voir sur site un doseur de traces d'oxygène. Vous êtes contents ?

Vous vous demandez bien sûr aussi pourquoi je vous raconte ça...

J'y viens !

Comme à pareille époque chaque année, je rentre d'une petite balade de décrassage des injecteurs de mon ancienne voiture. Celle que j'ai donnée à ma petite-fille et qui est mue par un moteur diesel turbo-compressé (233000 km au compteur). Celle qui, sur l'autoroute, à 4000 tours/minute en 4ème bondit encore à la moindre poussée supplémentaire sur l'accélérateur. Celle que j'ai remplacée par un modèle similaire mais avec motorisation essence qui, quand tu as le malheur d'enfoncer l'accélérateur s'étouffe lamentablement.

Donc, mû par la pression écologique, j'ai remplacé un moteur diesel par un moteur essence.

La bonne idée ! Ma petite-fille qui, en dépit de son jeune âge roule "à la pèpère" consomme royalement 4 litres aux cent kilomètres. Moi qui, malgré mon grand âge et ma voiture poussive, continue à me prendre pour un pilote de rallye, j'en consomme 7.

Vous voyez tout de suite le gain côté émission de CO2 !

Donc, si tous les mecs qui roulent au gasoil mutent pour l'essence, je ne dois pas vous faire un dessin !

Bien sûr, vous avez une dernière question : qu'est-ce que mon pantalon et Rotterdam viennent faire là-dedans ?

Je vais vous le dire : dans le pétrole brut, la fraction légère correspondant à l'essence est peu importante. En tout cas pas suffisante pour alimenter la masse des voitures avides de ce nectar. Alors on en produit en cassant les molécules plus grosses, ça s'appelle le cracking (ouais, les Français disent craquage, mais le français à Rotterdam...). Et pour craquer, on chauffe en ... brûlant du pétrole !

Allez, un petit coup de CO2 ? Santé !


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13 octobre 2019

Ça commence fort


Hier, Émilie est venue souper avec nous (gratin de légumes) puis elle a passé la nuit ici, j'avais promis de la conduire à son boulot d'étudiant : maître-nageur (y a un féminin pour ce mot ?) aux bains de Bruxelles (op den hoek van den aa met), sa mère (ma fille donc, qui ne calerait pour rien au monde son popotin sur le siège d'un transport public) l'ayant convaincue que l'itinéraire pédestre parking Porte de Hal - place du Jeu de Balle était un vrai coupe-gorge, particulièrement vers huit heures du matin.

Pour effectuer le trajet en voiture, j'ai branché la radio sur la chaîne favorite de ma petite-fille n°1 : Classic 21, ce qui m'a fort étonné. Je le sais parce que la semaine dernière j'ai emmené sa voiture à l'entretien en vue du contrôle technique. Ne vous y trompez pas : Classic 21, ce n'est pas l'équivalent belge  de France Musique, ça c'est Musique 3. Non, ce qui est classique chez Classic 21, c'est le Rock ! Matiné de pop. Ce qui m'a permis sur le chemin du retour d'entendre les Beatles interpréter "I'm the Walrus" !

Dans le "coupe-gorge" parcouru en voiture, nous n'avons rencontré que quelques rares piétons sous parapluie se hâtant sans un regard autour d'eux. Quand nous sommes arrivés, nous avons fait le tour de la place où les brocanteurs avaient déjà installé leur brol, j'ai déposé la demoiselle devant les bains où j'irai la récupérer à seize heures.

Sur le trajet du retour, au feu rouge de l'Allée verte, il y avait une autre demoiselle, blonde, à l'air désespéré qui mendiait de voiture en voiture. J'ai juste eu le temps d'ouvrir ma fenêtre et d'extraire de la poche de mon jean une poignée (une pincée plutôt) de pièces que je lui ai tendues avant de redémarrer en espérant que ça l'aiderait un peu (et si c'était une comédienne, de toute manière le spectacle valait rétribution), comme j'ai pas eu le temps de voir ce que je lui refilais, va encore y avoir des trous dans ma comptabilité !

Le long de l'Allée verte, une voiture de flics stationnait, mais comme j'ai l'œil, je crois être resté dans les limites de vitesse acceptables. Plus loin, je suivais un car immatriculé en  Allemagne, mais je n'ai pas relevé le Kreise tout occupé que j'étais à me creuser la cervelle pour comprendre pourquoi un car allemand avait l'arrière orné d'une scène (schématisée) de tauromachie. L'inscription la surmontant n'aidait pas : von Orth zu Ort, c'est un (bête) jeu de mot sur le nom de la société de cars (Orth) et Ort qui signifie endroit ou lieu, manière de dire que Orth vous emmène là où vous le voulez.

En arrivant à la maison, le chien que j'avais pourtant sorti avant mon départ (ouais, j'avais dû me lever tôt) a immédiatement commencé son travail de sape pour que je l'emmène courir et, comme la pluie avait cessé, j'ai bien dû m'exécuter et j'ai emmené "Tourne à gauche" vers sa prairie favorite.

Bon, c'est pas que je m'ennuie en votre compagnie, mais je dois aller ajouter du beurre manié à la sauce de l'osso-buco !


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01 octobre 2019

Le compte est bon !

 

Ce matin, le réveil-radio lance sa musique. Normal : il affiche 6:00.

Pas trace du jingle habituel ni d'annonce du journal parlé...

Je maugrée "Le machin a encore sauté de chaîne !". Il faut dire que l'instrument n'est plus de première jeunesse et que les molettes de syntonisation et de volume ne sont plus des plus précises.

Je tends le bras et manipule le petit disque denté... Aucune des stations voisines de celle qui émettait  au démarrage ne se révèle être celle que j'attendais. Je reviens sur la position initiale et une voix confirme qu'il s'agit bien de ma station favorite et annonce le titre et l'interprète de la chanson suivante.

Qu'est donc devenu le journal parlé ?

Au bout de quelques morceaux, le speaker annonce avec les ménagements de rigueur qu'il est six heures et que nous allons avoir droit aux infos du matin. Le réveil, lui, affiche 6:19.

Hier n'étant pas le jour de venue de notre technicienne de surface portugaise, je ne puis incriminer cette charmante personne dans le dérèglement de l'appareil. Alors, qui ? Mon épouse ? La chienne ? Moi-même ? Rien moins qu'improbable !

Mais ne vous en faites pas, j'ai trouvé le coupable !

Hier, comme annoncé par voie d'affiche par le syndic, le gestionnaire du réseau électrique est venu commencer les travaux de remplacement de la cabine d'alimentation du bâtiment. Et pour ne pas interrompre la fourniture de courant comme cela avait été le cas toute la matinée du lundi de la semaine précédente, ses techniciens ont installé un générateur avec moteur diesel.

En sortant le chien pour sa balade hygiénique du midi, je suis allé contempler  le monstre  la chose. Un des cadrans confirme mon hypothèse : l'aiguille de la fréquence affiche un tremblotant 51Hz.

Au vu de son âge canonique, mon réveil, un PHILIPS type AJ3392, ne bénéficie pas encore de la technique de mesure du temps basée sur la fréquence de vibration d'un cristal de quartz, il se réfère bêtement à la fréquence du courant alternatif qui sur le réseau est de 50Hz. En travaillant à 51, il gagne donc une grosse minute par heure, et comme on avait branché le générateur hier dans l'après-midi, le compte est bon, je vous l'avais dit !


 

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12 septembre 2019

Mon œil !

 

Je me lève la nuit pour un petit pipi (Mouarf, un alexandrin ! Serais-je pas repris par mes anciens démons ?)

Donc, je me lève et entre dans la salle de bain les yeux mi-clos et qu’aperçois-je ? Des lignes de caractères, me semble-t-il…

Je ne parviens néanmoins pas à en faire des mots.

Mon esprit cartésien me souffle que cela doit avoir à voir (si j’ose dire) avec la transition de la vision nocturne à la diurne, des bâtonnets aux cônes, si vous voyez ce que je veux dire.

Heureusement, parce qu’une voix insidieuse me susurre à l’oreille « Ce sont les aventures de Lila et Lenù qui te sortent par les yeux ! ».

Et je ne suis qu’au milieu du troisième tome…

Comment ?

Quand j'aurai terminé ?

Je sais pas, je suis en mode pause pour cause de lecture d'urgence du Stamboul Train de Graham Greene dont j'aurais recommandé la lecture à l'Adrienne alors que tout ce que j'en savais, c'était le titre.

Je progresse, on vient de passer Bruges mais le train ne roule pas très vite : je n'ai dégoté que la version en langue originale.


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28 août 2019

Des goûts et des couleurs


Ce matin, 8h30, on sonne à la porte palière de l'appartement. Concert immédiat d'aboiements du chien, lesquels aboiements redoublent lorsque j'ouvre la porte et que la bestiole constate qu'il s'agit d'un noir baraqué qui sourit de toutes ses dents. (Vous remarquerez que j'ai abandonné le langage de mon enfance qui m'aurait fait constater "Tiens, un nègre !").

Il dissimule presque complètement les deux comparses qui l'accompagnent. C'est l'équipe chargée de purger les radiateurs suite au remplacement de la chaudière de l'immeuble. Nous l'avons attendue toute la journée d'hier, conformément à l'avis affiché par le syndic.

J'enferme le chien dans les toilettes et les mecs se dispersent dans l'appart à la recherche des robinets purgeurs. C'est de justesse que j'en empêche un de pénétrer dans la salle de bain en l'assurant que je procéderai moi-même à la purge du radiateur qui partage pour l'heure l'endroit avec mon épouse.

L'irruption de ce malabar me fait souvenir que le weekend dernier c'était la ducasse d'Ath et qu'à cette occasion un problème extrêmement grave de racisme anti-noir s'était à nouveau fait jour, après ceux de Tintin au Congo, des Zwarte Piets (pères fouettards) et des Noirauds (société philanthropique).

Le cortège du carnaval d'Ath comporte un char (la barque des pêcheurs napolitains (on peut se moquer des Napolitains ?)) où se trouve un personnage grimé en noir appelé "Le Sauvage". L'association "Bruxelles Panthères" dirigée par un certain Mouhad Neghif s'oppose à cette représentation aux relents colonialistes et s'en plaint jusqu'à l'Unesco.

Sauf que le fameux Sauvage était déjà présent dans le cortège avant que la Belgique ait la moindre colonie et que dans le scénario du défilé il est censé avoir été récupéré sur l'île de Gavatao (une île imaginaire bien sûr).

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La ville d'Ath dit comprendre que cette représentation puisse en blesser certains et se dit prête à la faire évoluer. Comme les Noirauds ont décidé de se grimer aux couleurs belges plutôt de tout en noir, ça aide.

Je trouve personnellement que cette volonté de blanchir les noirs à tout prix est contre-productive, mais bon, c'est mon opinion.

Faudra-t-il bientôt changer le titre d'Orfeu Negro, remplacer la couleur "tête de nègre" par "bantou", englober le Negro spiritual dans le gospel (deux disciplines pourtant bien distinctes) ?

Feraient mieux de s'occuper  du sort des noirs aux Uesses et de la montée des nationalismes partout en Europe plutôt que des facéties folklorhydriques belgo-belges.

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23 juillet 2019

Suite logique (?)


Tandis que je prépare le petit-déjeuner, je me surprends à fredonner une chanson de Brassens, vous savez :

C'est une erreur mais les joueurs d'accordéon
Au grand jamais, on ne les met au Panthéon

"Mon vieux Léon" ça s'appelle, je crois...

Mais comment en suis-je arrivé à fredonner cet air ? Je ne l'ai pas entendu à la radio quand je me suis levé : c'était une dame qui parlait... du Tour de France !

Je creuse et je trouve : c'est parce qu'avant sa disparition brutale du net, Terre à Terre m'appelait "mon vieux Walrus". Mais pourquoi avais-je évoqué le souvenir de cette blogueuse d'Avioth qui appelait son logis la cassine, cultivait son jardin et pratiquait le Zazen ?

Oui... ! Avioth est une commune française voisine d'Orval célèbre pour sa bière (Orval, pas Avioth qui est plutôt célèbre pour être un petit bled muni d'une énorme basilique).

Orval j'y avais pensé parce que cette (excellente) bière est assez difficile à trouver en magasin et qu'étant revenu bredouille de ma quête de Hommelbier (une blonde fortement houblonnée brassée à Poperinge) dans deux Colruyt différents, j'avais pensé que cette bière allait finir par être aussi introuvable que l'Orval (ou pire la Westvleteren*).

Pour Colruyt c'est facile : j'avais simplement pensé que je devais y aller faire le plein de croquettes, de jambon et de lait pour les chats de ma fille lesquels je dois aller alimenter, gratouiller et surveiller pendant son absence.

Je suis content de moi : c'était plus facile que pour la création. Mais en attendant, je n'ai toujours pas de Hommelbier !

Chez Carrefour peut-être ?

hommel

 

* Cherchez vous-même, c'est passionnant, vous verrez !


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15 juillet 2019

Coïncidence


Oui, je sais, j'ai tendance à recycler les titres. Mais le recyclage est à la mode, non ?

Tandis que je m'habille ce matin, la radio nous fait entendre l'interview d'une libraire : Ariane Herman de "Tulitu".

Cette personne, à l'instar de l'Adrienne hier sur son blog, nous invite, nous incite même, à lire le même bouquin de Lola Lafon.

Je n'avais pas attendu le conseil de cette libraire : poussé dans le dos par l'Adrienne j'avais déjà largement dépassé hier la moitié du chef d'œuvre téléchargé (gratuitement) sur le net.

Aujourd'hui, je l'ai terminé (j'allais écrire "achevé", mais j'ai craint que ça ne fasse un brin "balle dans la nuque").

Je n'ai pas trop apprécié, surtout la forme : je n'aime pas avoir à me rappeler qui est la narratrice du moment à travers tout le document.

Sur le fond, Adrienne a tout bien dit dans son billet et ses commentaires. Je trouve quand même que Mercy et Mary, en dépit de leur présence dans le titre, ne pèsent pas lourd dans l'ouvrage qui nous annonce un "entrecroisement" de leurs destinées.

Heureusement, il y a un chien dans l'histoire ! Le mien s'en déclare très satisfait.

Quoi ?

Vous reonnaissez bien là la mauvaise foi d'un mec qui n'aime pas Proust ?

Vous n'avez peut-être pas tort...


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