Entre nous

Pas si intime en fin de compte

01 juillet 2008

Walrus, au rapport !

Ordre de Mission :

Quant a votre jeunesse... tout ca c'etait il y a 20 ans, mais 20 ans plus tard, l'endroit a-t-il beaucoup change? votre maison a peut-etre ete reconstruite (encore une reference aux poissons, vous voyez)?

Posté par Janeczka, 25 juin 2008 à 22:54


Rapport de Mission :

Les choses ne se sont pas passées toutes seules, cher commanditaire.

D'abord, j'ai dû emmener mes petites-filles qui sont en vacances, sous prétexte de leur montrer l'endroit où j'avais passé une grande partie de ma jeunesse.

Dès le départ, l'aînée nous a bien fait comprendre qu'il était hors de question d'aller pique-niquer à la campagne et de devoir, en conséquence, partager son repas avec les mouches et autres insectes volants, grouillants, grimpants ou rampants, sans compter les araignées qui, comme chacun sait, ne sont pas des insectes. Ce qui nous a valu de devoir faire, à quelques kilomètres du but, une halte dans un petit resto italien de derrière les fagots, pour un déjeuner léger :

Addition0001

Ensuite, mon épouse a décidé de passer d'abord dans le patelin voisin voir dans quel état se trouvaient les ruines du chateau des Ducs d'Havré et de visiter la roseraie (15000 rosiers, 250 espèces) qui y a été aménagée il y a cinq ans.

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VSH1Après cette visite (et une petite bière pour une raison évidente, mais que je n'évoque qu'avec un minimum de discrétion) j'ai pu entrer enfin dans le vif du sujet. Comme pour me rendre à l'endroit de la maison démolie, je passais devant celle où j'avais habité jusqu'à mon mariage, j'en ai pris un petit cliché tant qu'à faire. Je n'ai évidemment pu le réaliser que de la rue où vous remarquerez qu'il n'y a aucune fenêtre accessible à d'éventuels fauteurs de troubles ou grévistes agités. La façade de l'immeuble est tournée vers la cour de l'usine.

VSH2Pour ce qui est de la maison démolie, aucune reconstruction n'a pu être constatée, mais on voit encore au sol quelques briques éparses. Je tiens à signaler que cette maison faisait partie d'un ensemble comprenant : la loge d'entrée (avec pointeuse) de la centrale électrique, la maison du concierge, l'infirmerie de l'usine, la maison occupée par mes parents et celle occupée par les parents de Maria. Quoi ? Je ne vous ai pas encore parlé de Maria ! On ne peut pas tout faire non plus...

Puisque j'étais sur place, je vous ai également pris une photo du pont-levis dont le mécanisme, inutile sur ce bras de canal désaffecté, a été démonté (de même qu'a été rasée l'espèce de casemate dont je vous entretenais l'autre jour).

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Une de l'écluse, dans un parfait état de délabrement.

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Une de la Wance, les eaux en étaient relativement claires, mais les plantes aquatiques sont néanmoins recouvertes d'un dépôt plus que suspect et une de la chapelle de Creuse :

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Quoi, il vous manque l'école ? Elle est toujours là et, semble-t-il, toujours en usage :

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Y a-t-il quelque-chose d'autre pour votre service, chère Janezcka ?



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28 juin 2008

CEB

Hier, à l'école de ma petite-fille, remise des bulletins et des résultats de l'examen externe du CEB (Certificat d'Etudes de Base).

À la vue du corrigé de son épreuve de sciences où, bien que connaissant les réponses, elle n'a pas suivi les consignes pour les transcrire et s'est retrouvée avec un score peu satisfaisant (65%), l'enfant se laisse aller à quelques larmes.

Le Directeur de l'établissement, pour tenter de la consoler, lui dit gentiment "Tu sais, j'avais le même genre de résultats que toi quand j'ai passé mon examen diocésain et je suis Directeur d'école".

Réponse du tac au tac de ma descendante : "Mais je ne veux pas devenir Directrice d'école, moi !"

Forcément, elle veut être Pharaon !


Emilie


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23 juin 2008

Walrus, le retour

Vous me croyiez mort ? Erreur fatale (si j'ose dire) ! J'ai bêtement eu une fin de semaine chargée.
Mon fils et sa compagne ont acheté une maison de campagne aux fins de bénéficier du calme de l'Ardenne.

Pour leur premier week-end, ils ont eu droit à une fête locale avec musique de danse jusque quatre heures du matin, deux nuits consécutives.

Pour leur second, ils nous ont invités à voir la chose. Le patelin est tellement perdu qu'ils sont les seuls résidents non locaux. Je passe sur le dîner du vendredi soir (comme chacun des membres de ma famille, mon fils est très doué pour la cuisine) et sur une nuit calme pour vous ramener une image de notre promenade du samedi à travers le village.

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Au moins, si le ciel vous tombe sur la tête, ne pourrez-vous pas dire qu'on ne vous avait pas averti !

L'après-midi, nous sommes repartis car nous avions été priés à dîner par celle de mes cousines qui porte un nom de déesse : Flora. Ambiance à la Tchekhov puisqu'elle avait également convié ses deux soeurs à cette petite soirée. Cette fine allusion aux "trois soeurs" n'est peut-être pas tout à fait adéquate car elles sont, comme moi, parvenues à un âge où l'on se réjouit plus de ses souvenirs que de son avenir et où l'on ne rêve plus trop d'aller à Moscou (dont la réputation, entre nous, est un peu surfaite). Argument dans l'autre sens : ce sont elles qui avaient ce beau-père russe dont je vous ai parlé dans un autre billet.

Le dimanche, après un retour tardif, nous sommes allés à la brocante organisée dans notre quartier. Mais non, je n'ai pas tenté de fourguer l'antiquité que je suis à une quelconque passante !

Sur le chemin du retour, mes yeux tombent sur une feuille de bouleau tombée au sol. Je pense, tel un augure romain, y lire la réponse à la question du billet précédent. Peine perdue. Comme toujours, le signe divinatoire est confus, il ne dit ni oui ni non, ni yes, ni no !

feuille

La seule chose que l'on puisse conclure au vu de ce message apporté par le vent, c'est que la bestiole dévoreuse de limbe avait la bouche trop délicate pour bouloter les nervures.



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20 juin 2008

Nostalgie ?

Ce matin, est-ce assez chaud pour la catégorie ? Ce matin, donc, je m'éveille avec une mélodie des Beatles qui me chante dans la tête. Peut-être l'ai-je ouïe à la radio dans mon demi-sommeil. Elle me reporte bien loin en arrière, au temps où, si ça se trouve, je n'avais même pas encore acheté mon premier disque de musique baroque ! Aujourd'hui, je dois en avoir plusieurs centaines, c'est vous dire !

À l'époque, les CD n'existaient pas. Eh oui, quand je raconte que j'ai le même âge que Mick Jagger, je triche encore de deux ans, honte sur moi ! Donc, dans mon lit ce matin, je pensais au genre de vinyles  ou de cassettes magnétiques que j'achetais à l'époque. Et c'est là que ça m'est revenu :


BranduardiC'est la demoiselle
Marchant sur le ruisseau
Qui t'a rendu bien malade.
Elle t'a pris ton ombre, ton rire, ta joie.
Et ne reviendra pas.

Dans le grand silence.
Des souvenirs perdus.
Tu trembles et tu t'agites.
Tu veux ton enfance, ton ombre, ta voix.
Elles ne reviendront pas.

C'est la demoiselle.
Marchant sur le ruisseau.
qui t'a rendu bien malade.
elle t'a pris ton ombre, ton rire, ta voix.

Mais qui te les rendra?


J'adorais Branduardi, l'ange chanteur. Il aurait bein mérité que ses parents l'appellent Archangelo. Et tandis que je suis là à vous raconter, pour tenter de la retrouver, mon enfance évanouie, il me chante, avec quelle douceur, l'inutilité de ma quête.

Alors, stop ou encore ?

Je continue parce que je suis obstiné comme un âne poitevin et parce que le grand Jacques m'a convaincu :

Telle est ma quête,
Suivre l'étoile
Peu m'importent mes chances
Peu m'importe le temps
Ou ma désespérance


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14 juin 2008

Eureka

BasseEn me rendant à la pharmacie ce matin, j'ai compris !

Hier, comme je l'expliquais ailleurs à Papistache, mon médecin (je devrais dire ma médecine) constate lorsque je la quitte : "Mais Monsieur Walrus, vous vous tenez la tête penchée, c'est nouveau ça !"

Que répondre à cela ?

Que si je la redresse j'ai des étourdissements ? J'suis pas certain.
Que c'est le poids des responsabilités ? J'suis retraité.
Que c'est à force d'encaisser la pluie ? J'me déplace en voiture.
Que c'est à force de réfléchir ? J'ai la tête vide.
Que c'est à force de regarder les jambes des femmes ? C'est un rêve de Papistache.

Alors, comme au bout de dix ans, elle commence doucement à se faire à mon genre d'humour, je lui ai balancé une explication plausible, bien que contestée par l'intéressée : c'est à force de toujours dire "Oui, chérie", c'est l'attitude du mari soumis !

Mais ce matin, en me rendant à pied à la pharmacie, j'ai compris. (Oui, je me répète, mais dans ma phrase initiale, je n'avais pas précisé que c'était à pied, soyez attentifs enfin !)

Cela fait bientôt un an que je me suis déchiré le ligament croisé d'un genou (je m'abstiendrai de vous dire lequel, pour vous éviter des supputations stériles sur mes tendances politiques).
Cela fait bientôt un an que je me suis habitué à regarder où je mets les pieds parce que, surtout au début, le moindre faux-pas faisait se démettre l'articulation.

À ma prochaine visite à la femme de l'art, je lui ferai part de mon hypothèse. J'éviterai soigneusement de lui faire remarquer son peu d'imagination ou de connaissance de mon dossier médical. Je préfère la faire sourire que la vexer.

Une erreur médicale est si vite arrivée...


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12 juin 2008

Titanic

BastingageVision fugitive d'un groupe de demoiselles, penchées, barre du garde-corps au creux de l'estomac, sur un spectacle marin suscitant entr'elles une discussion animée. Un de leurs doigts pointe vers quelque-chose. Elles comptent. Je le devine aux petits mouvements secs et réguliers de leur poignet.

Pendant un instant, j'ai cru contempler un groupe de jeunes et charmantes  touristes agglutinées au bastingage d'un bateau de plaisance.

Mais je circule en voiture sur la berge du canal, en pleine ville, et elles sont accompagnées d'un gaillard plus âgé qu'elles, leur professeur, vraisemblablement.

Dieu sait quel recensement abscons il leur a demandé d'établir du bord de la voie d'eau : les modules réguliers de la structure des berges, les panneaux de fermeture des péniches qui, lentement, défilent à leurs pieds ? Quelque-chose de répétitif en tout cas...

Tandis que je me perds en conjectures, ma vision latérale m'avertit que je ferais mieux de reporter mon attention sur la circulation : la décoration blanc-bleu de la voiture de flics qui me précède se rapproche dangereusement.

Misère, encore un bouchon !

Et dire qu'un instant, je me suis cru en croisière...  Quel naufrage pour ma douce illusion !


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05 juin 2008

À table !

SodomePour faire un peu snob, juste une fois (comme nous sommes censés à Bruxelles le répéter à chaque phrase), voici un des bouquins que je suis en train de lire. Il est d'un certain Jean-Pierre Verheggen, ceci afin d'épargner vos yeux déjà fort éprouvés par l'excès de scrutation d'écrans divers, même en été.

Au cours de cette lecture donc, je tombe sur un texte intitulé "Poème en langue y a pas !". Immédiatement, je pense à Papistache, car le morceau de bravoure nous décrit un restaurant qui devrait lui plaire au moins par un de ses aspects, lui qui nous signale être abstème.

De surcroît, la façon qu'a l'auteur de jouer avec les mots devrait sans doute lui rappeler quelqu'un de très très proche !

Bien, je vous livre la chose, espérant que l'éditeur voudra bien prendre ma citation comme un acte de promotion, une incitation à lire la suite, plutôt que me traîner devant les tribunaux en vertu de la loi sur la protection des droits d'auteur.

Poème en langue y a pas !

Y a pacha, j'te dis ! Y a personne, quoi !
Ya padichah ! Tu l'vois bien !
On peut les compter sur les doigts d'une main !
Puis, y a palourde dans les asiettes comme rata !
C'est plutôt radin radinette comme menu !
Y a Palomar, non plus !
Je sais ! Je sais ! Y a pas de quoi en faire une montagne
mais tout de même, pas de crustacé,
c'est plutôt mal barré !
Y a paddock en outre - ou en fillette ! -
rien que de la piquette
et Pagnol pareil ! T'as pigé,
c'est un resto où on ne sert pas d'alcool !
Y aura donc même passereau
qu'on aime faire, toi et moi,
- discrètement va de soi ! -
avec un petit digestif
à la fin de tout bon repas !
Mais y a pire ! Y a pataquès
et c'est encore moi qui vais devoir douiller
au moment de payer !

Viens, on se tire, vite fait !

Bien, j'espère que la chose vous aura divertis. Si ce n'est pas le cas, je vous présente mes plus plates excuses, tout le monde peut se tromper... surtout moi !

Post scriptum : j'aimerais que vos commentaires, si commentaires il y a, ne profitent pas du titre de l'ouvrage pour (trop) se perdre en des terrains douteux. Merci.


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03 juin 2008

À chaud

J'ai repris le titre de la catégorie parce que je trouve qu'il n'a jamais été plus approprié que dans la circonstance présente.

Le jour où j'ai commis l'entrée "Stupeur", j'ai reçu d'Agata, la compagne de mon fils, un mail inspiré non pas par le contenu de mon billet, mais par ses premiers mots et une expérience vécue le jour même par cette charmante jeune-femme.

Elle n'avait pas osé le poster en commentaire à cause de son langage direct et un peu cru, je n'avais pas osé vous le faire lire sans son autorisation. La question venant d'être réglée par mails, je vous livre la chose. Vous allez voir que cette délicieuse Varsovienne a l'indignation pour le moins vigoureuse. Je crains que cela vous change un tantinet de mon discours lénitif.

Eh bien, moi, ce matin, en m’en allant travailler, j’ai été saisie de stupeur et de tremblements aussi…

Comme à mon habitude, j’étais en retard. D’un pas pressé, je débouche de la rue des Fripiers et me dirige vers la Galerie de la Poste ou je prends le métro. Mon regard tout focalisé sur la construction du nouveau siège de débauche de notre belle capitale,  à savoir : le Casino de Bruxelles. Soudain, mon attention est détournée par un cri mi hargneux mi fourbe : "Tu vas foutre le camp de là !"   De la fumée s’échappe d’une couverture jaune. Le gars qui y était emmitouflé saute d’un des bancs qui se trouvent sur la place de la Monnaie, juste à côté de la Bibliothèque… il semblait y dormir. Il secoue ses fringues et jette la couverture par terre. Il s’éloigne un peu chancelant pendant qu’un autre gars gesticule et je déduis de sa posture que c’est lui l’auteur du très aimable : "Tu vas foutre le camp de là". Je suis un peu secouée… je n’ai pas vu le début de la scène… Une nana semble intervenir pour défendre le sdf. L’agresseur se dirige vers elle et la saisit par les épaules. Il n’a l’air ni belliqueux, ni répugnant. D’ailleurs, la nana ne se rebiffe pas du tout. Je ne les entends pas mais je déduis qu’il cherche une alliance ou qu’il cherche simplement à amadouer la Robinette des villes. Mais comme il y va ! Il accole carrément son front contre celui de son interlocutrice.  Je trouve le geste intime et donc osé, déplacé, limite obscène. L’agresseur tend sa main vers un point éloigné… La nana prend une posture de « oh mais ca alors »… Trois autres types s’approchent d’elle avec des oreillettes et des bloc-notes : c’était le tournage d’une caméra cachée…

Le sdf réajuste son gros bonnet de laine et se prépare à rejouer la scène. Le tout s’est joué sur 30 secondes… Je souffle de soulagement et poursuis ma route. Le temps d’arriver à l’escalator, je remets un peu d’ordre dans mes pensées et là… je suis de nouveau secouée, par un violent sentiment de colère ! 

BORDEL ! Comment peut-on faire des caméras cachées débiles à ce point. Comment peut-on même avoir l’idée de faire semblant d’incendier un type ?

Comment peut-on imaginer que ca va faire rire si on voit ca entre deux pubs ? D’autant plus que c’est le genre de conneries que RTL-TVI montre à des heures ou les gosses regardent la petite maison dans la prairie ou toute autre niaiserie…

Comment va-t-on expliquer à des petits cons en mal de limites qu’incendier des gens, ce n’est pas pour rire, ni leur sauter dessus à pieds joints lorsqu’ils gisent à terre, d’ailleurs… et que quand on rit aux dépens de quelqu’un, ce n’est pas de l’humour mais de la méchanceté doublée d’un total manque d’imagination !

Apres les téléréalités ou l’on se repaît du malheur et de la saleté des autres, après les jeux dont l’hypothétique attrait réside dans le fait de se faire publiquement traiter de con par la meneuse, après les cameras cachées ou l’on incendie les clochards, qu’est-ce qu’elle va nous proposer la télé ? C’était quoi déjà ce film « de science fiction », racontant le lancement d’une émission retransmise en direct par la télé où la délation était récompensée et où le candidat, un condamné à mort ou la réclusion à perpète se voyait « offrir  une chance» d’échapper à son sort lors d’une chasse à l’homme sans merci? La production n’avait pas lésiné sur les moyens : armes en tous genres, une armada de 4x4, un hélicoptère équipé de caméras, idem pour le fugitif, réseau de cameras dans la ville, façon London City… Mais oui…pourquoi pas ? Quand on voit quel succès a eu sur You Tube la vidéo de l’employé de la STIB qui se faisait réduire en bouillie par des crapules encore mineures, quand on sait que des gens sont capables de déchirer des bébés de leurs bites de sauvages, de dépecer des petites filles après les avoir tabassées et violées, quand on sait toute l’horreur dont l’humain est capable et pourtant si enthousiaste à se reproduire à l’infini, on peut bien imaginer que certains seraient prêts à payer l’abonnement d’ une chaîne privée qui offrirait ce genre de spectacle.

Dieu que je regrette le jour où j’ai quitté le monde de l’innocence.

Voilà, brut de décoffrage, je n'ai corrigé que les accents, la pauvre travaille dans une boîte américaine et n'est pourvue que d'un clavier qwerty. Bien, je vous laisse, j'ai encore quelques "mels" à échanger avec elle. Si elle entame un blog, je vous colle un lien...


 

Posté par Walrus à 10:53 - A chaud - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

01 juin 2008

À poil(s) !

KenzoJ'habite chez un chat.

J'ouvre une parenthèse, juste entre nous : je sais que c'est lui qui habite chez moi, mais il pense que c'est l'inverse et je ne voudrais pas le vexer, vous savez combien les chats peuvent se montrer susceptibles...

Donc, j'habite chez un chat et s'il me laisse pour l'instant tapoter tranquillement sur mon clavier, c'est qu'il a suivi mon épouse dans la cuisine où il exige son dîner (en Belgique, nous disons "souper", mais je ne veux pas vexer les Français non plus, vous savez etc...).

Ce chat est de l'espèce domestique la plus commune, c'est-à-dire un tigré genre européen.

Comme je vis chez lui, j'ai tout loisir de l'observer. Ce qui me fascine, c'est son pelage. Ces lignes sombres parcourant son corps et qui, dans la nature, doivent lui servir de camouflage, vous pourriez les croire faites de poils de couleur plus sombre que celle des poils du fond de sa robe. Mais, bien évidemment, il n'en est rien.

L'examen d'un de ces poils, disponibles à foison dans toute la maison, nous montre qu'un même poil porte une séquence de tronçons diversement colorés.

Quelle alchimie subtile, autant que mystérieuse, fait apparaître en fonction de la position du poil sur le corps la séquence de couleurs qui fera onduler sur le pelage du charmant félin ces lignes sombres ?

Quand je pense que je ne parviens à faire pousser, quant à moi, que quelques rares poils uniformément gris et ternes,  je trouve mon chat bien plus malin que moi !


Posté par Walrus à 09:07 - A chaud - Commentaires [13] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mai 2008

L'attente

Dans un commentaire, un poil (Papistache m'obnubile) avant le 18 avril, Val s'inquiétait de la façon dont je pouvais combler ces temps d'attente immanquablement générés par mon obsession d'être à l'heure. Comme elle m'a aussi dit "Racontez !"  Je raconte...

D'abord, je ne m'ennuie jamais, puisque je m'emmène partout et que je suis de bonne compagnie. Est-ce suffisant ? D'accord, ça puerait même la suffisance, mais on ne se refait pas, n'est-ce pas...

De plus, dans le cas précis qui avait amené son commentaire, il y a une petite chose que j'ai omis de signaler : juste en face de l'école de ma petite-fille, il y a un hangar occupé par une entreprise : la "**car Shipping Agency". Et là, quand je ne m'acharne pas à parler Portugais avec des Russes, il y a de quoi m'occuper.

Selon les jours, il se trouve dans ce hangar entre cinq et dix gaillards, tous armés de GSM. Cette pointe avancée d'Afrique noire si elle ne bénéficie que du climat belge, s'anime néanmoins avec la nonchalance subtropicale (puisqu'il semble que les Tropiques, eux, soient réputés fiévreux). Pour quelques uns qui oeuvrent à des travaux obscurs sur des véhicules pourris, il y en a toujours deux ou trois qui contemplent la scène depuis le trottoir opposé, assis sur un banc abrité par un saule débordant de la cour de l'école. L'équipe de secours sans doute.

Pendant quelques jours, l'actvité est plutôt légère. Des voitures ou des utilitaires arrivent, pour la majorité je devrais dire "épaves", que l'on échange contre quelques billets. De temps à autre une camionnette ou une grosse voiture entre dans le hangar et décharge son contenu : tapis, matelas, oreillers, coussins, couvertures, cartons de circuits électroniques, écrans, TV,  etc...  Rassurez-vous, le trafic n'est pas à sens unique. J'ai aussi vu une camionnette roumaine charger un lot de batteries usagées après échange des traditionnels biftons.

Et puis, un beau jour, soudainement, tout s'anime ! C'est l'exode. Une partie des véhicules accumulés (les critères de sélection me restent impénétrables) sort progressivement. Ils sont tous bourrés jusqu'au toit de ces marchandises déposées les jours précédents, munis de plaques de garage déposées derrière le pare-brise ou suspendues par des aimants  à l'arrière de la carrosserie et garnis d'affichettes portant, outre un numéro de quai, des noms de destinations exotiques : Bamako, Douna, Douala.

Je suppose que l'embarquement se fait à Anvers et que le transport intermédiaire s'effectue par camion. Comme la rue assez étroite serait vraiment trop encombrée par un de ces mastodontes, il attend les véhicules sur le boulevard voisin. Le transit vaut la peine d'être vu ! Les voitures qui roulent encore y vont par leurs propres moyens, généralement entourées d'un nuage de fumées d'huile camouflant l'absence des divers éléments lumineux normalement exigés sur un véhicule en circulation. Les plus vaillants sont équipés de barre de traction ou de câble pour traîner les "sur les genoux". Pour les cas désespérés, un vieux 4x4 Mitsubishi équipé à l'avant d'un matelas de vieux pneus sert de pousseur.

Les fumées se dissipent, le calme revient, on rapatrie les plaques de garage et nous voici repartis pour un tour ! Comment, chère Val, voulez-vous que je m'ennuie ?

Détail supplémentaire : je n'ai pas de photos, parce que je crains que tout décontractés qu'ils puissent paraître, ces sombres et industrieux personnages risqueraient bien de se montrer susceptibles.


Posté par Walrus à 11:56 - A chaud - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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