Les voisins du cinquième sont rentrés de voyage.

Samedi dans l'après-midi, ils ont sonné à la porte palière de l'appartement (enfin, je dis "ils", mais j'imagine qu'un seul d'entre eux a enfoncé le bouton ad hoc) au grand déplaisir du chien (qui... vous connaissez la suite maintenant) que j'ai dû poursuivre à travers l'appartement pour enfin l'enfermer dans notre chambre.

"Nous sommes venus vous remercier car sans vous, nous ne serions jamais partis !" lance la dame pour notre second échange verbal et dans la foulée, elle ouvre le rabat du caddie qui l'accompagnait, je me demandais bien pourquoi, et en extrait deux packs de quatre bouteilles d'Orval annonçant "Nous avons cru comprendre que c'était votre bière préférée...". Effectivement, dans la conversation que j'avais eue avec son mari, j'avais déclaré que le seul intérêt que je voyais au manège que fréquentent mes petites-filles, c'est qu'ils avaient de l'Orval à leur bar.

L'Orval, c'est une bière trappiste fabriquée à l'abbaye du même nom à deux pas de la frontière française, pas très loin d'Avioth. Elle a une caractéristique particulière : même en Belgique, elle n'est pas facile à trouver dans le commerce, contrairement aux Chimay, Rochefort et autres Westmalle. C'est que les moines d'Orval, malgré le succès de leur bière se refusent obstinément à en brasser d'avantage.

Chez Colruyt, il n'y en a pas, chez Carrefour encore moins (quoi que moins que pas, c'est un peu bizarre) reste Delhaize où il faut la commander en entrant au magasin et , s'ils en ont en stock, vous avez droit à un pack par personne. Les Delhaize du voisinage étaient à sec et nos voisins ont donc dû dégoter par téléphone un magasin côté flamand qui en disposait encore et s'y rendre pour obtenir leurs deux packs réglementaires.

J'ai vraiment dû les avoir sortis d'un gros problème dis donc ! (D'autant qu'ils y ont joint une bouteille de Prosecco  et un ballotin de pralines pour mon épouse qui n'avait fait qu'attendre mon retour...)