Nous n'avons pas attendu le Coronamachin pour faire notre pain nous-mêmes.

(Je devrais bien sûr dire "Ma femme n'a pas attendu...")

Et ça ne date pas d'hier, nous (même a parte que ci-dessus) sommes même venus à bout de plusieurs machines à pain.

(Il est à noter, obsolescence programmée oblige, j'imagine, que toutes ces machines, et celles de quelques copines également, ont fini de la même façon : le moteur du malaxeur continue de tourner mais n'entraîne plus la pale mélangeuse. Il y a une faiblesse au niveau de la jonction entre l'axe du moteur et le système d'entraînement du rotor. Comme pour éviter que l'acheteur n'aille s'électrocuter (tu parles !) en démontant la machine, celle-ci est assemblée avec des vis demandant un outillage spécial réservé aux techniciens autorisés, empêchant le béotien de service de réparer lui-même cette faiblesse redondante et l'obligeant à acheter une nouvelle MAP)

Au début, nous réalisions tout le processus, y compris la cuisson, dans la machine. Cette façon de faire présente deux inconvénients :

  • au démoulage, la machine laisse un trou dans la base du pain
  • cette cavité sans croûte a tendance à favoriser l'apparition de moisissure

Aujourd'hui, la machine ne nous sert plus qu'à fabriquer et faire lever (ma copine Jaja dit "pousser") la pâte que nous transvasons ensuite dans un moule et cuisons au four.

Comme mon épouse aime la variété, elle utilise plusieurs recettes à base de farines diverses dont nous nous fournissons au moulin de Moulbaix, ce qui nous permet une petite excursion hennuyère quelques fois par an.

Dans certaines de ces recettes elle ajoute des graines de lin.

Comme je lui faisais remarquer que ces petits machins à la coque blindée devaient terminer intactes leur transit digestif, elle m'a dit que je n'avais qu'à les broyer. Voilà pourquoi je dois vous quitter et m'armer du mortier et du pilon (tous deux japonais) pour transformer en pâte cet amas de petites graines sauteuses aussi dures que glissantes et luisantes.

Je vous le disais bien : "Moi et ma grand gueule !"

Bah, ça me rappellera le temps de la diffraction X (sauf que là, nous avions des broyeurs mécaniques).