29 juin 2019

Y a pu d'saisons !


Lors de la deuxième session* de la fête d'anniversaire de Louise, son père parle avec un autre convive des plantes sauvages comestibles et il cite notamment la cardamine des prés.

Même moi je suis au courant, c'est une crucifère (aujourd'hui on dit plutôt "brassicacée" une famille riche en comestibles : choux, cressons, radis, roquette etc) voisine de la moutarde, mais je ne suis pas intervenu dans la conversation.

Non, simplement, ça m'a rappelé que depuis plus d'un an, malgré les hectares de pré que j'ai pu parcourir (oui, vous me direz que ce sont toujours les mêmes), je n'ai aperçu qu'une seule hampe de cette sympathique plante alors que les années précédentes j'en rencontrais très souvent.

En début d'année puis au printemps, je me disais que ce n'était pas la saison, mais là, la Pentecôte est passée et même la Trinité chère à Marlborough. Et, si j'en crois l'Adrienne qui nous dit (passé simple) en son temps que dans son idiome local cette fleur s'appelle Pinksterbloem (fleur de Pentecôte), je suis autorisé à m'inquiéter !

Bon, c'est pas que j'en mange tous les jours mais quand même, je vous le dis : y a plus de saison...

 

* Que je vous explique :

Notre petite-fille Louise est née un 18 mai, mais nous fêtons généralement son anniversaire fin juin parce qu'elle veut absolument que nous soyons là et que pendant des années nous prenions des vacances en Algarve avec des amis qui y avaient un appartement en time-sharing et qu'à notre retour c'était la période de préparation des examens pour sa sœur.

Pour la deuxième session, c'est simple : quand ma fille invite une vingtaine de personnes à ce genre de fête, elle prévoit tellement large que le lendemain, non seulement nous devons remettre ça mais qu'il lui faut même inviter quelques amis supplémentaires pour venir à bout de l'excédent.

Capisci ?


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25 juin 2019

Les méandres de la mémoire


Tandis que rentrant des courses j'attends l'arrivée de l'ascenseur, mon voisin du troisième, un ex-colonial et ex-ex-Front National, surgit des profondeurs de la cave (dans notre immeuble, les caves ont des allures de bunker avec couloirs et recoins).

"Bondjou camarad' syndikî !" s'exclame-t-il à mon égard soulignant son origine louviéroise.

Je m'abstiens de l'informer que côté "camarade" je n'ai jamais fait partie que d'un syndicat de cadres, même si dans ma jeunesse, mon père m'avait un jour emmené à une manifestation socialiste dans les rues de Bruxelles.

Il porte sa tenue réglementaire : short kaki, sandales, en t'es alles.

Le contemplant dans la cabine qui nous emmène vers les étages, je me fais la réflexion (que je prends grand soin de garder pour moi) qu'avec ses bientôt nonante berges il ressemble de plus en plus à...

Et c'est là que ça a coincé !  J'ai passé en revue tout un tas de noms plus biscornus les uns que les autres y compris le Golem avant de me remémorer bien longtemps après être rentré chez moi qu'il s'agissait de Gollum, hypothèse vérifiée dans la liste des personnages du Seigneur des Anneaux.

C'est marrant la mémoire : vous voyez clairement le personnage mais pour ce qui est de mettre un nom dessus, bernique ! Alors que l'autre jour, sans avoir rien cherché du tout, je me suis retrouvé dans la cuisine à fredonner :

J'ai une jolie femme dont je suis épris
Mais voilà le drame, elle se lève la nuit !
Sortant de sa chambre à peine vêtue,
Elle se frotte le ventre et me dit d'une voix menue :

"Fais-moi du couscous chéri, fais-moi du couscous,
Fais-moi du couscous chéri, fais-moi du couscous !"

Et moi qui m'endormais, rêvant à ses baisers,
À ses lèvres vermeilles, voilà mon réveil !

"Fais-moi du couscous chéri, fais-moi du couscous,
Fais-moi du couscous chéri, fais-moi du couscous !"

Je vous fais grâce de la suite et surtout de la chute, je ne voudrais pas rallumer l'ancestrale querelle opposant Toulouse à Castelnaudary !

D'où était-ce sorti ? Dieu seul le sait... Il sait aussi que Bob Azzam était vachement antérieur à la mise en film de l'œuvre de Tolkien. Non, je vous le répète, les méandres de la mémoire c'est aussi impénétrable que...

Quoi encore ? Pourtant je jurerais qu'il y est aussi question du Seigneur...

 

 

 

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02 juin 2019

Y a pas photo


Normal : quand je promène le chien, ce qui représente la quasi totalité de mes sorties pédestres, je n'emporte pas d'appareil photo, ça ne sert à rien : dès que je m'arrête, la bestiole tire comme une dingue et par à coups sur sa laisse et vous pouvez toujours essayer de prendre un cliché dans ces conditions !

Donc, quand cet après-midi le chien m'a emmené pour sa promenade hygiénique de dix-sept heures par 29°C à l'ombre (sauf qu'il n'y a pas d'ombre excepté pour le chien qui rase les haies tandis que j'ai la cafetière en plein rayonnement), vous avez raté plusieurs photos. Et en premier lieu celle d'un ciel bleu à la profondeur soulignée par le petit nuage blanc qui va bien, dans un subtil encadrement de feuillages.

Ensuite, celle de ce couple issu de la tradition coloniale bien enracinée dans mon pays et déambulant d'un pas tranquille sous le soleil de plomb :
Lui, un vieux schnock de ma génération, de type caucasien comme disent les flics depuis qu'ils ne peuvent plus parler de race, nu-tête et vêtu d'un short et d'un tee-shirt.
Elle, robe de coton imprimée dans les tons jaunes descendant jusqu'aux pieds, tête couverte d'un foulard du même tissu, grande et sèche à l'image des coureurs de fond kénians ou éthiopiens.
Le contraste total, un peu comme entre le temps d'aujourd'hui et celui qu'on nous promet pour demain : dix degrés de moins et la douche garantie.

Voilà ! Encore deux photos de ratées...


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