31 mai 2019

Piégé !


L'autre jour, Adrienne nous expliquait avec quelle facilité on se laisse porter à vagabonder sur le net.

Eh bien figurez-vous que ce matin, cela m'est arrivé à moi aussi !

Mon neveu Joe, un fondu de Rimbaud, dans un de ses derniers billets bâti à partir d'une phrase du dit Arthur (dans Les Illuminations), nous offre en illustration une planche d'Hugo Pratt.

Si vous y examinez les dialogues, vous verrez que les officiers britanniques se plaignent du trafic d'armes auquel se livre votre Arthur national (moi, je suis Belge, je ne suis pas concerné).

Dans les commentaires du billet, j'ai donc demandé à mon neveu si c'était par hasard à Rimbaud que Cush devait son fusil.

Bien sûr que vous connaissez Cush : un membre de la tribu des Beni Amer ami de Corto Maltese et véritable héros principal de l'album Les Éthiopiques.

cush

Le problème, c'est que les trafiquants d'armes, c'est pas ça qui manquait dans la région. Henri de Monfreid par exemple (le trafic d'armes apparaît comme un sport typiquement français). Mais lui, n'a pratiqué cette activité lucrative qu'après la première guerre mondiale et l'action des Éthiopiques se situe en 1915.

Ce pourrait donc être Rimbaud.

Mais !!!

Rimbaud revendait à l'empereur Ménélik des armes achetées à Liège et la FN fabriquait à l'époque des Mauser98 sous licence et le fusil de Cush, si je m'en réfère aux illustrations serait plus du style Lee-Enfield que Mauser, ne serait-ce qu'à cause des deux flasques entourant le guidon de mire.

Dautre part, sauf à l'avoir récupéré sur une de ses victimes, Cush ne pouvait pas tenir son arme de la faction de Ménélik : ce dernier était chrétien et Cush est un musulman pur et dur.

Bref, au bout d'une demi journée de recherches, je crains qu'il ne faille trouver autre chose.

Et, chemin faisant, j'ai trouvé une autre question intéressante : pourquoi dans la grande majorité des bandes dessinées l'onomatopée représentant le son d'un fusil qui tire est-elle "PAN !" alors que chez Pratt, c'est "CRACK !" ?


 

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24 mai 2019

Plus ça va...


... plus c'est la même chose !

Canalblog a fait une de ces crises d'incommunicabilité dont il a le secret, ce qui m'a privé du plaisir de vous parler avant ce soir.

Suite à mon problème avec la poste de Colmar, j'ai décidé d'utiliser le bureau de Kaysersberg me disant qu'il devrait s'y trouver beaucoup moins de monde. Je n'ai pas été déçu : quand j'y suis entré il n'y avait personne à aucun des deux guichets (à savoir "colis et courrier" et "toutes opérations"), même pas de préposé !

Au bout de quelques minutes, une charmante employée a surgi des profondeurs du bâtiment, tout essoufflée (je n'ai pas essayé de savoir pourquoi, vous connaissez ma discrétion) là aussi rien n'a changé : on ne m'a pas proposé de timbres autocollants mais bien le choix entre trois modèles à lécher goulûment. J'ai choisi la série figurant un maréchal (enfin, je crois, le mec portait un képi orné de feuilles de chêne) en disant "Je prendrai l'espèce de Pétain, là", la petite dame a seulement souri et m'a filé les vingt-cinq exemplaires demandés. Et tout comme la fois précédente, elle a eu bien du mal à les séparer et moi encore plus debout devant la boîte aux lettres (je devais envoyer d'urgence une carte pour un anniversaire) et la colle se montre toujours aussi peu collante. Rien ne change je vous dis !

Sauf le prix du parking : à Riquewhir où vous pouviez stationner tout la journée pour trois euros, il faut maintenant en cracher quatre pour trois heures.

Ah oui, le maréchal, finalement, c'était pas Pétain, j'ai oublié son nom (quelque chose comme Berthelot ou Bertholet) mais c'était sous-titré France-Roumanie. Moi, je ne savais même pas qu'il y avait match !


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23 mai 2019

Bémol


Confirmant ma précédente évocation de l'endroit, tandis que je tapote sur mon clavier, un cadre sur le mur en face de moi proclame en lettres au point de croix : "Le bonheur est dans la Stub".

Cherchez pas, je l'ai fait pour vous : la Stub, c'est la pièce à vivre des anciennes maisons alsaciennes, la seule qui, à l'époque, était chauffée.

Il y a pourtant un petit truc qui me démange...

Ce buffet en chêne massif sur ma gauche, oui, celui précisément dont la serrure de la porte supérieure fonctionne à l'envers pour donner accès à une belle collection de verres (mousseux, Alsace, Römer...), ce buffet, dis-je, a le fond de sa niche garni de six carreaux de céramique bleue qui représentent, je vous le donne en mille...

Des moulins à vent et des barques à voiles !

Faudra que j'en touche un mot à la proprio...


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22 mai 2019

Match nul

 

Chaque soir, mon épouse pose l'inévitable question : "Où allons-nous demain ?"

Au bout de cinq séjours dans le Haut-Rhin, les endroits inconnus commencent à se faire rares (et de plus en plus lointains). Aussi, comme j'avais cru entendre ma moitié mentionner plusieurs fois Gérardmer dans la conversation, ai-je proposé de nous y rendre.

Bon, ben, sans vouloir vexer personne, Gérardmer, ça ne casse pas une patte à un canard (et à un connard non plus : je m'en suis sorti intact). Après un rapide circuit dans les lieux (circuit obligé vu l'imbrication aussi complexe que vicieuse de sens uniques divers) nous avons repris le chemin de l'Alsace via le col de la Schlucht et la route des crêtes pour débarquer à Orbey déguster une petit truite locale.

Le lendemain ou le surlendemain, ma mémoire est incertaine, j'ai proposé, de ma propre initiative, de franchir le Rhin et d'aller voir Fribourg en Brisgau sur le versant de la Forêt Noire.

Eh bien, Fribourg, c'est (beaucoup) plus grand que Gérardmer, la circulation y est dense, la signalisation routière... allemande et difficilement compréhensible pour les non-initiés et les sens uniques bien plus nombreux encore. Bien sûr, la ville possède un centre historique avec cathédrale, maisons anciennes etc, mais...

Après avoir un brin tourné en rond (je répugne à sortir le GPS de sa boîte à gants et préfère faire appel à mon imagination, mon sens de l'orientation, ma bonne vision latérale pour repérer les tours et clochetons divers et, par-dessus tout, avoir l'occasion de râler) nous sommes parvenus (en empruntant pour nous sortir d'un cul-de-sac une strottje réservée aux livraisons) aux abords immédiats de la grand-place pour constater que la cathédrale était bardée d'échafaudages et la place occupée par un marché.

En désespoir de cause, nous sommes rentrés à Kaysersberg manger une flammekuche en retraversant quelques patelins allemands (vitesse maximum autorisée 30 km/h avec radars à la clef).

Pourvu que ma femme ne me pose pas la question fatidique ce soir !


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21 mai 2019

Elsàss


Vous me croyiez mort ?

Question de point de vue, tout est relatif...

Donc, je survis en Alsace et, comme le chien l'a aimablement signalé, je suis un peu pris par les promenades, les courses et les restos, si bien qu'au moment où j'écris, il sera bientôt temps de quitter cette région.

Pour la troisième année consécutive, nous occupons un appartement dénommé "Le petit Kelsch" par ses propriétaires. Le nom provient d'une sorte de tissu à carreaux local. Et, en effet, ce tissu entre dans quelques pièces de la décoration du lieu. Décoration typiquement alsacienne : portraits d'aïeux, tapisseries aux points de croix et de tige, paysages alsaciens, moule à Kougelhopf, landau de poupée, recettes locales, chaises rustiques robustes mais spartiates etc.

P1090733

L'endroit est néanmoins très bien équipé et la cuisine moderne.

Bien que l'équipement  présente une collection percolateur / toaster / bouilloire électrique de marque Russell Hobbs de teinte aubergine qui vous ferait penser que la chose est anglaise (même si la marque appartient à une société allemande et si les dessous du matériel vous révèlent qu'il a été fabriqué en Chine), il comporte également une de ces petites cafetières qu'utilisent les Italiens et où l'eau est poussée à travers le café moulu par la pression de la vapeur générée par l'ébullition.

Comme au petit-déjeuner, seule mon épouse prend du café, c'est cette Bialetti que j'utilise pour le lui préparer.

Je la pose donc sur une des plus petites surfaces chauffantes de la taque vitro-céramique. Mais comme celle-ci fait un diamètre d'environ dix-huit centimètres et la cafetière seulement dix, pendant que le machin chauffe...

Je bronze !


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