Chaque soir, mon épouse pose l'inévitable question : "Où allons-nous demain ?"

Au bout de cinq séjours dans le Haut-Rhin, les endroits inconnus commencent à se faire rares (et de plus en plus lointains). Aussi, comme j'avais cru entendre ma moitié mentionner plusieurs fois Gérardmer dans la conversation, ai-je proposé de nous y rendre.

Bon, ben, sans vouloir vexer personne, Gérardmer, ça ne casse pas une patte à un canard (et à un connard non plus : je m'en suis sorti intact). Après un rapide circuit dans les lieux (circuit obligé vu l'imbrication aussi complexe que vicieuse de sens uniques divers) nous avons repris le chemin de l'Alsace via le col de la Schlucht et la route des crêtes pour débarquer à Orbey déguster une petit truite locale.

Le lendemain ou le surlendemain, ma mémoire est incertaine, j'ai proposé, de ma propre initiative, de franchir le Rhin et d'aller voir Fribourg en Brisgau sur le versant de la Forêt Noire.

Eh bien, Fribourg, c'est (beaucoup) plus grand que Gérardmer, la circulation y est dense, la signalisation routière... allemande et difficilement compréhensible pour les non-initiés et les sens uniques bien plus nombreux encore. Bien sûr, la ville possède un centre historique avec cathédrale, maisons anciennes etc, mais...

Après avoir un brin tourné en rond (je répugne à sortir le GPS de sa boîte à gants et préfère faire appel à mon imagination, mon sens de l'orientation, ma bonne vision latérale pour repérer les tours et clochetons divers et, par-dessus tout, avoir l'occasion de râler) nous sommes parvenus (en empruntant pour nous sortir d'un cul-de-sac une strottje réservée aux livraisons) aux abords immédiats de la grand-place pour constater que la cathédrale était bardée d'échafaudages et la place occupée par un marché.

En désespoir de cause, nous sommes rentrés à Kaysersberg manger une flammekuche en retraversant quelques patelins allemands (vitesse maximum autorisée 30 km/h avec radars à la clef).

Pourvu que ma femme ne me pose pas la question fatidique ce soir !