28 avril 2019

Le pire, c'est que je le savais


Hier, nous sommes allés au Poelbos fêter le centième anniversaire de la fondation de l'unité scoute dont j'ai été le responsable de 1975 à 1982.

C'est mon épouse qui avait dégoté l'annonce de l'événement sur Fesse de Bouc (c'est elle qui se charge de nos relations avec les anciens scouts) et avait décidé de nous y inscrire.

Elle avait aussi relevé une phrase dans le descriptif de l'activité : "N'oubliez pas votre foulard !"

Comme je lui faisais remarquer que nous avions donné les nôtres lorsque j'avais quitté le mouvement, elle me répond que je n'ai qu'à mettre celui de mon Woodbadge que je possède toujours. À quoi je rétorque que les organisateurs font certainement référence au foulard d'unité (en l'espèce fond bleu roi, bord rouge) plutôt qu'au signe distinctif des fils du Laurier (les détenteurs du Woodbadge font automatiquement partie du clan des Mac Laren) et que porter ce truc allait me faire passer pour un snob. Mais, en vertu du vieil adage "Ce que femme veut...", nous l'avons quand même emporté.

Arrivés à la fiesta, nous avons expliqué la chose aux quelques participants que nous connaissions déjà présents et ils m'ont dit de le mettre.

À peine l'avais-je passé autour du cou que débarque Joëlle (Fennec pour les intimes) et tandis qu'elle m'embrasse, que me glisse-t-elle à l'oreille, cette fine psychologue au franc parler ?

"Stoefer !"

Non, il ne s'agit pas du Stouffer du prix de Médecine, il s'agit d'un vocable bruxellois signifiant en gros : vantard, snobinard, m'as-tu (bien) vu, prétentieux, bref un mec que n'étouffe pas la modestie.

Comme dit dans le titre : le pire, c'est que je le savais...

Mais je l'ai gardé : quand le vin est tiré...


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27 avril 2019

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - Openspace


Le chien a dû vous le dire, ces derniers jours, je suis allé le promener assez régulièrement au domaine des Trois Fontaines.

Durant le trajet en voiture, la radio fonctionne. C'est fou ce qu'on apprend en trois kilomètres !

L'autre jour, une dame parle de méthodes d'organisation de travail (à l'usage des étudiants qui entrent en période de "bloque", j'imagine, j'ai pris l'émission en route). Outre l'actuellement incontournable mindfullness, elle cite un truc que je n'avais jamais entendu jusqu'ici : le sketchnoting, une sorte de dérivé avec dessins et couleurs du mieux connu mind mapping.

L'arrivée sur le lieu de promenade lui a coupé le sifflet.

En déambulant derrière le chien, je me suis pris à rêver à tous ces termes souvent anglicisants que j'ai entendus et même parfois pratiqués au cours de mon existence.

Ça avait commencé au summum de la vogue (ou de la vague, c'est comme il vous plaira) du yoga avec la méditation transcendantale (j'aimerais bien entendre Dali prononcer ce terme avec conviction).

Après, ce fut la grande période des analyses, tu pouvais pas rencontrer un mec un peu branché qui ne te demande des nouvelles de ton analyse en Gestalt ou non et à qui il te fallait bien avouer que tu ne connaissais même pas le moindre psy, amenant des regards de commisération sur le sort funeste qui t'attendait face à la non résolution de ton Œdipe. J'ai même lu Zigmund pour en arriver à craindre que les psys ne soient ceux qui avaient le plus besoin de consulter un collègue.

Puis, je suis tombé dans la dynamique de groupe, vous savez : brain storming et leadership, analyse transactionnelle et ateliers du CEMEA sur l'expression non-verbale.

Et aujourd'hui, pleine conscience et concentration. (Dans une autre émission, j'ai même entendu un gaillard faire un subtil distinguo entre pleine conscience et mindfullness, c'est dire s'il y en a qui creusent profond).

Et quand je rêve, marchant mécaniquement derrière le chien, je range ça dans quelle boîte ? Je n'en sais trop rien, je crains de ne pas avoir retenu grand-chose de tout cela.


 

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18 avril 2019

Cinéma muet


Le cinéma du chien ayant fait son effet, je l'ai emmené courir aux trois fontaines.

À peine sommes-nous descendus de voiture qu'une grosse Allemande (une voiture hein, pas Frida Oum Papa la Bavaroise aux gros bras) s'arrête derrière nous.

Je m'éloigne donc en compagnie du clebs pour éviter les problèmes lorque le conducteur de l'autre voiture extraira lui aussi son chien de celle-ci.

Erreur ! Il ne sort de la voiture qu'un couple qui s'éloigne dans la direction opposée à celle que j'ai prise.

Après un détour pour un audit santé des pins du jardin japonais, nous retraversons la prairie, passons le pont enjambant le chemin creux et commençons à descendre l'allée des hêtres pourpres.

Le couple de tout à l'heure arrive, lui, au bout de cette allée et s'arrête.

Ils se font face. Lui, vêtu de clair, quasi immobile, les mains dans les poches la regarde. Elle, tenue foncée, chevelure frisottée se démène comme un beau diable. Elle gesticule, tape des mains, lève les bras au ciel, parle (et même hurle) de tout son corps. Il reste imperturbable pour ce que j'en vois.

Le chien et moi contournons à bonne distance cette scène muette et nous en éloignons.

Vous me connaissez, j'échafaude immédiatement quelques scénarii :

  • un mec et sa moitié
  • une femme et son amant
  • un patron et sa secrétaire (peut-être combiné au point précédent)
  • un réalisateur et son actrice
  • un promoteur et son architecte
  • une chanteuse et son impresario

En tout cas, ça avait l'air de barder.

Nous avons complété un large tour du domaine avant de revenir à la voiture. L'Allemande est toujours là, vide.

J'ai noté son immatriculation, on ne sait jamais avec ces séries belges sordides et sanglantes, tu vois que la gamine montée sur ressorts ait bondi sur le gars pour lui arracher la carotide à grands coups de ses jolies dents !


 

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17 avril 2019

Vendu(s) !


Ça fait quelque temps qu'une publicité télévisée vante les avantages d'un application (apocopée en "App") permettant de proposer à la vente via internet des objets usagés, généralement vêtements ou jouets.

Elle s'appelle Vinted.

Je passe sur le fait qu'elle déprime le marché des magasins de seconde main et qu'elle est un champ ouvert aux arnaqueurs en tout genre des deux côtés de la plate-forme, je m'en fous, je ne suis pas fan des achats sur le web.

Dans son spot publicitaire, il est dit "Vends ce que tu ne portes plus à des millions d'acheteurs !"

Publicité mensongère ou incitation à l'arnaque ?

En effet, si vous pouvez proposer un objet à des millions d'acheteurs potentiels, vous ne pouvez le vendre qu'à un seul, me semble-t-il, ils devraient dire ce qu'ils veulent dire.


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16 avril 2019

Incendie de forêt en France


J'ai classé ce billet dans la catégorie  "Brèves", j'ai pas osé le ranger dans "À chaud", y en a qui s'offusquent de pas grand chose.

Donc, la charpente de Notre-Dame, dite "La forêt" (comme Marie aux yeux d'or), a brûlé entraînant les conséquences désastreuses que l'on sait.

Le Président des Français va tout remettre en état.

Avec l'aide de tous qu'il a dit, même les gilets jaunes (ça, il ne l'a pas dit, mais sur un chantier, les gilets fluos, ça coule de source).

À l'identique ?

Mauvaise idée je trouve, il devrait en profiter pour faire un truc plus grand. Les quelques fois où j'ai eu l'occasion de visiter le monument, je l'avais trouvé un peu étriqué.

Faut dire qu'avant je ne connaissais que Notre-Dame d'Amiens : je suis du nord du nooord.


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14 avril 2019

Passus, et sepultus est


Chaque dimanche, en même temps que le pistolet et le croissant de son petit-déjeuner, je ramène à mon épouse "7 dimanche", un petit journal gratuit disponible dans les boulangeries.

Aujourd'hui, tandis que je dispute mes tortillons au chien, j'aperçois un des titres de la feuille de chou en question (oui, je lis très facilement à l'envers) : "Hubert est mort !"

Ma femme semble, elle, concentrée sur un article de la page opposée. Je lui répète donc la phrase à haute voix pour attirer son attention sur cette nouvelle de première importance : "Hubert est mort !"

Mais, me dit-elle, ce n'est pas le Hubert d' "On n'est pas des pigeons".

Dans cette émission de la RTBF, le Hubert dont elle parle fait à chaque occasion possible la publicité du bicarbonate de soude, un produit, dit-il, à tout faire dans la maison, à croire qu'il est sponsorisé par Solvay (une société chimique belge aux reins apparemment solides : j'y ai sévi quarante ans et elle est toujours là). Mais je m'égare...

Bien sûr que ce n'est pas lui, lui réponds-je, c'est ce comique qui avait une émission qui faisait un tabac monstre sur Europe 1.

C'était la grande époque de la modulation d'amplitude, celle des postes de radio avec bouton de syntonisation (accompagné ou non d'un "œil magique") qu'il fallait manipuler avec délicatesse pour obtenir un signal stable.

Et ce Hubert aujourd'hui défunt avait eu une idée farfelue, ou géniale, c'est à vous de voir : il avait déclaré sur antenne "Puisque vous n'écoutez jamais que notre station, vous n'avez plus besoin du bouton de réglage de votre radio, envoyez-le nous !"

Le comble, c'est qu'il en avait reçu des tas.

Personnellement, je ne l'écoutais pas trop, mais je me rappelle que dans le générique de son émission, on entendait la voix de Mistinguett déclarer "Mais c'est la voix d'Hubert, y a pas d'erreur !"

Vous connaissez Mistinguett ? Non ? Quelle erreur ! Je vous arrange ça...


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09 avril 2019

Voyage, voyage...

 
Mon garagiste ayant eu l'idée saugrenue de déménager à Wemmel hors de la zone desservie par la Société des Transports Intercommunaux Bruxellois, pour rentrer chez moi après avoir déposé ma voiture à l'entretien, j'ai pour la première fois de ma vie emprunté un bus De Lijn, en l'occurrence, le 243.

Pour un Wallon exilé à Bruxelles, c'est toute une aventure !

Un tel individu s'imagine volontiers que, par contrat, les conducteurs de cette firme de transport flamande sont tenus de ne s'exprimer que dans leur "mœdertaal" et se prépare donc à une épreuve terrible, lui qui, traître à sa patrie (vaderland), a décidé d'apprendre l'anglais plutôt que le néerlandais et ne sait donc même pas comment peut bien se dire "ticket" chez ses voisins du nord et encore moins, pour essayer d'être plus clair, "titre de transport".

Par bonheur, le web existe et permet d'anticiper un tas de questions gênantes : ligne à emprunter, localisation précise des arrêts et des correspondances, horaires, prix des billets, tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sans jamais oser le demander en néerlandais, mais finalement, c'est pas grave, le site de De Lijn a une version française !

Armé de toutes ces infos, vous êtes prêt à affronter l'épreuve par le langage universel du mime  : le signe pour demander l'arrêt du bus au point d'embarquement est pareil dans toutes les langues, le dépôt du montant exact du titre de transport sur la surface de réception ad hoc, génère automatiquement la présentation d'un ticket par la conducteur qui va même jusqu'à le valider pour vous (des fois que vous penseriez pouvoir bypasser l'obligation d'enregistrement dans le but d'utiliser le même ticket pour le voyage de retour), il ne vous reste, si vous aimez le risque, qu'à remercier le préposé dans sa langue, en utilisant une des rares expressions à votre portée tout en espérant que le gars n'en profite pas pour entamer une conversation, mais comme il a un horaire à respecter et qu'on est en heure de pointe, le risque est mineur.

Une fois installé dans le bus, vous vous attendez bien sûr à entendre un tas de conversations variées dans le langue de Vondel, mais...

Faux ! (comme dirait Norman)

Ceux qui ne sont pas en train de faire leur gymnastique digitale du matin sur leur smartphone parlent dans celui-ci ou même à leur voisin qui en arabe, qui en polonais, qui en russe, qui en turc et je parle même pas du portugais ni de l'espagnol, bref, De Lijn (à Bruxelles en tout cas) c'est comme la STIB : c'est le Bab(b)el-bus !


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