Lors du dernier anniversaire de notre fils, mon épouse avait proposé comme cadeau de l'emmener avec Agata dans un resto étoilé.

L'autre jour, avec quelques mois de retard, le temps de trouver une fenêtre commune et l'endroit ad hoc, nous nous sommes exécutés.

La note des étoilés ne va pas, contrairement aux portions, en rétrécissant, je peux vous l'affirmer, mais là n'est pas la question.

Comme souvent à ces occasions, notre fils en vient à évoquer au gré de la conversation des souvenirs de son enfance et, comme souvent également, mon épouse et moi-même avons un peu de mal à les faire correspondre exactement avec nos propres remembrances de cette période.

En bref, pour nous référer au vocabulaire de la conjugaison, nous avons parfois l'impression qu'il prend pour passé défini des faits que nous percevons plutôt comme un passé composé et même au minimum légèrement recomposé.

Cette fois-ci, en l'occurence, il nous parle du temps où nous l'avions obligé à suivre des cours de gym en soirée deux fois par semaine. Nous ne nous rappelons pas de notre côté que la fréquence ait jamais dépassé l'unité hebdomadaire.

Personnellement, même si je me souviens parfaitement de ce que mon épouse les a fréquentés très régulièrement (c'est même là qu'elle a fait la connaissance de celle qui est aujourd'hui son amie et notre médecin traitant), je ne me rappelais même pas y avoir moi-même participé (mais j'ai des circonstances atténuantes : j'avais abandonné dès la deuxième séance après m'être fait engueuler par le prof pour bavardage intempestif avec mon copain Jacques, je n'allais pas à mon âge largement adulte me laisser traiter comme un écolier, non mais...). Passons !

Nous évitons cependant à ces occasions de marquer nos doutes sur la parfaite exactitude des faits évoqués, ce serait peine perdue et c'est sans importance.

Il faut dire que lui aussi dispose de circonstances atténuantes : il est né à Anderlecht, la patrie des "dikkeneks". Pire, il a été mis en chantier... à Paris !

(Si si, comme je vous le dis : Hôtel du Quai Voltaire, première chambre à gauche en débouchant de l'escalier !)