16 octobre 2017

Sur la piste des boskabouters

 

Pour mon billet précédent, j'ai utilisé des photos sorties en droite ligne des stocks de mon épouse (vous aviez bien sûr remarqué que toutes n'avaient pas été prises à la même saison).

Lors de la promenade canine suivante, j'avais donc emporté mon propre appareil photo dans le but d'enregistrer quelques détails aptes à souligner mon propos, ce qui m'a donné l'occasion de photographier également ceci :

P1090174

 La partie boisée du domaine était en effet envahie ce jour-là par une nuée de gnomes revêtus de chasubles fluos et répartis en petits groupes encadrés par quelques plus grandes créatures : les petits citadins de Vilvoorde prenaient contact avec la nature. Chacun des petits écriteaux pendus le long des sentiers les invitait à prendre conscience d'un aspect de la forêt : arbres, champignons, insectes etc...

Une sorte d'école buissonnière organisée, comme dans le film. J'ai trouvé ça bien sympathique (quoiqu'un peu bruyant, le chien n'est pas trop rassuré quand il doit croiser ces meutes de gosses piaillants).

En sortant de la partie boisée, nous nous sommes retrouvés au calme et je me suis dirigé vers le jardin à la française pour rassembler quelques preuves de mes dires de la dernière fois :

 

Vue d'ensemble de la clôture à balustres

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 Vue de la section d'un balustre brisé (vous voyez le béton ?)

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Vue d'une statue en fonte représentant un dieu fleuve où la peinture sensée donner l'illusion d'une pierre patinée s'écaille largement

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Et c'est en contournant cette dernière que j'ai remarqué un cartouche indéchiffrable à l'œil nu, mais que le zoom de mon appareil m'a permis de lire, apportant une étonnante révélation :

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Ces fabricants de lego grandeur nature étaient français ! J'avais tout faux !

En effet, m'étant mis à lire les panneaux explicatifs rédigés en néerlandais et disséminés à travers la propriété, je me suis aperçu que ce que je vous avais désigné comme étant un château n'était en réalité qu'un (énorme) complexe d'écuries et de remises à voitures. Le vrai château, lui, se situait en face de l'orangerie mais a été détruit par un bombardement en 1944.

Comme on peut se tromper, hein ?

Faudra vraiment que j'affine mon flamand...


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11 octobre 2017

Et toc !

 

Considérez ces quelques photos prises dans le domaine de promenade favori du chien.

Vous y contemplez admiratifs :

  • Un château

chateau

En pierres et briques

pierreetbriques

 

  • Une orangerie avec jardin à la française (vous voyez l'alignement régulier des balustres ?)

orangerie

 

  • Des statues,

statue1

statue2

Lors de la dernière promenade du chien, j'ai eu comme un doute et j'ai vérifié en allant regarder les choses de plus près, de très près, même. Pour tout dire, j'ai été jusqu'à toucher du doigt certains endroits.

Et je n'ai pas été déçu !

À l'exception d'une plaque commémorative sur la façade de l'orangerie mentionnant le nom du propriétaire (Orban - Van Volxem) et la date de construction (1895) et les appuis de fenêtres du château, tout ce qui semble être en pierre de taille est en réalité du béton moulé. Même les statues sont dans cette matière, sauf celles du poutour et les vasques fleuries qui elles sont en fonte coulée.

À titre d'exemple, je vous fais voir les dessous d'une déesse marine :

DSCN1200

Aucun doute : que du toc ! Il y a eu dans mon pays des entreprises fabriquant à l'échelle industrielle des éléments standardisés pour la construction de châteaux de style classique : le Lego du riche, en quelque sorte...

C'est malgré tout tellement bien foutu qu'on s'y tromperait (surtout vu de loin) !

Ils m'auront tout fait ces Belges !


 

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15 septembre 2017

Médecin soigne-toi toi-même

 

Dans ma boîte-mail (ouais, je suis pour l'orthographe rétrograde et puis, mon épouse adore les chapeaux) ce matin, un message de Micro Application m'incite à acheter (avec 30% de réduction, dis donc, faut-y qu'ils aient du mal à fourguer la chose) le Robert correcteur version 2. Un programme super-efficace qui ferait de vous quasiment le Proust du 21ème siècle.

Pour un peu, je me laissais convaincre, c'est certainement grâce à l'utilisation de ce programme qu'ils me pondent un message à l'abri de tout reproche sur le plan de la langue française :

robert


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10 septembre 2017

Vous allez comprendre

 

Oui, vous allez comprendre mon bonheur tant il est vrai qu'un petit dessin vaut mieux que cent discours !

Veuillez trouver pour ce matin sur la carte ci-dessous

  • en jaune l'itinéraire prévu par moi
  • en rouge la promenade choisie par le chien

3f01

C'est plus clair maintenant ?


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06 septembre 2017

Bruxelles ma belle...

 

C'est un titre à l'Adrienne qui aime tant le centre de la ville où je réside. Moi, je n'y vais qu'exceptionnellement au centre-ville, mais la semaine dernière j'ai bien été obligé d'y aller...

Comme nous sommes vieux, mon épouse et moi, nous recevons plusieurs fois par an un opuscule édité par la ville et reprenant les services et activités que celle-ci réserve à ses seniors.

Dans le dernier numéro, on annonce la traditionnelle distribution de billets gratuits dans divers théâtres de la ville : notre grand âge nous donne droit à deux places par personne.

Mon épouse décide donc d'aller les réserver immédiatement à l'adresse indiquée : celle du musée de la dentelle, parce que plus on y va tôt, dit-elle, plus on a de chances d'avoir le spectacle que l'on souhaite.

Au temps heureux où les transports en commun étaient gratuits pour les seniors, nous laissions la voiture près de l'arrêt de tram le plus proche de chez nous et nous descendions en ville. Mais aujourd'hui le stationnement à l'arrêt du tram est devenu une zone bleue limitée à deux heures et les abonnements sont devenus payants (les vieux paient désormais 60 € par an pour que les écoliers et étudiants paient moins cher, paraît que ce serait une sorte de solidarité intergénérationnelle). Donc, nous sommes allés au centre en voiture, l'aventure, c'est l'aventure !

En fait d'aventure, comme toujours dans ma ville, c'était surtout le bordel : travaux, détournements, embouteillages. On a fini par atteindre le parking voisin de la grand-place et on est partis courageusement vers le musée de la dentelle où la préposée nous a annoncé que la donne avait été changée, que, contrairement à ce qu'indiquait l'opuscule édité à grands frais, la distribution s'effectuerait au musée des costumes de Mannekenpis mais pas avant le premier septembre. Nous sommes donc retournés au parking où ça a été le parcours du combattant pour trouver un automate de paiement qui ne soit pas hors d'usage et où il faisait au moins 30°.

Échaudée par cette expérience, mon épouse a décidé que je m'y collerais seul le premier septembre à la première heure.

Là, comme j'y allais seul, j'ai pris le tram (enfin, je l'ai emprunté, faut rester prudent). À la station Bourse, Bruxelles oblige, la sortie la plus proche de ma destination était en travaux. J'ai donc dû faire le tour par la Grand'place (où on ne voyait pas grand-chose, le centre étant occupé par les stands du festival des bières belges, encore fermés à cette heure et l'horizon bouché par la forêt de sticks à selfie des Chinuus).

Je grimpe la rue du Chêne où se trouve la garde-robe du petit Julien derrière un groupe de dames qui parlent... théâtre ! Je les dépasse donc l'air de rien question de gagner une place dans la file d'attente que je découvre déjà bien fournie, dix minutes avant le début des hostilités, dans l'impasse du Val des Roses (où il n'y a pas le moindre brin de végétation si l'on excepte le mur du fond et son chemin forestier peint en trompe l'œil). Les mômes que j'ai battues au sprint me rejoignent mais elles sont fair-play et me félicitent de ma victoire.

Me voilà donc coincé entre un groupe d'ex-enseignantes de la ville de Bruxelles qui se remémorent leurs carrières et même celles de leurs défunts maris et mes copines battues sur le fil : des echte Brusseless, celles-là, avec accent et tout, qui se rappellent comme c'était graaf quand la distribution se faisait au vismet quelques années plus tôt. Il y en a même une des trois qui porte une sorte de blazer bleu avec un écusson de Mannekenpis sur la poche et divers pin's de Bruxelles sur ses revers.

Bref, je ne me suis pas embêté pendant la bonne heure où j'ai dû faire la file avant de pénétrer dans le Saint des Saints.

Tout ça pour obtenir, avec le secours de la card'entité (comme disait ma voisine pin'sée) d'une voisine, deux entrées à la revue des Galeries, deux places à la Monnaie pour Cavaleria Rusticana et deux abonnements de six spectacles aux Martyrs. Toutes choses que je n'utiliserai pas, c'est Emilie qui accompagne sa grand-mère, moi je me contente de les déposer et de les récupérer en voiture...


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22 août 2017

Les rêveries du promeneur (de chien) solitaire - horizons

 

Je vous le demande : "Y a-t-il une existence plus passionnante, plus exaltante, plus enivrante, plus enviable que celle de promeneur de chien solitaire ?"

Bon, déjà, "solitaire" pose problème : qui donc est solitaire, le promeneur ou le chien ? Et s'ils sont tous deux solitaires, puisque je n'ai qu'un chien et que je le promène seul, ne devrait-il pas prendre un "s" ? Un solitaire pluriel, c'est pas marrant ça ?

Mais foin de ces considérations philosophico-orthographico-syntaxiques, penchons-nous sur l'existence en question.

Vous pourriez penser que la promenade en environnement naturel (agencé) ouvre de larges horizons, mais contenez votre enthousiasme : depuis la perte de mes ligaments croisés à un genou et la récession d'une hernie discale comprimant le sciatique de l'autre jambe, je dois être prudent et regarder où je mets les pieds. Comme de plus, pour éviter le zonneslag sur mon klasjbol, je dois porter un couvre-chef, la visière de la chose limite encore plus mon champ de vision.

Bref, mon horizon se limite à quelques décimètres devant mes pieds, mon horizon est à mon image et à celle de mon existence : étriqué !

Pour tout vous dire, la majeure partie du temps, il n'englobe même pas le chien que je suis en train de promener...

Vous comprenez tout de suite mieux pourquoi je vous parlais de feuilles mortes l'autre jour : ça, ça entre dans mon horizon.

Bon, pour l'instant, en dehors de celles des marronniers d'Inde qui sont malades, il n'y a pas de feuilles mortes et je ne contemple donc que les pavés, la dolomie ou le mulch des chemins et l'herbe des prairies.

 Vous essayerez bien de me consoler en disant qu'il n'est pas besoin de vastes horizons pour se rendre compte de la richesse de la nature.

Il y a un fond de vérité là-dedans : je n'arrive même pas à identifier les quelques plantes qui défilent sous mes yeux et ça, ça n'arrange pas mon moral : à chaque fois je me dis "Ah, si Verschtroumpf était encore là! Il aurait vite fait, lui qui possédait un herbier qui lui bouffait la moitié de son salon, de mettre un nom sur toutes ces plantes !".

Même les graminées, il les identifiait les doigts dans le nez et pourtant, les graminées, c'est pas de la tarte ! C'est quand même dingue que la vue du moindre brin d'herbe me fasse penser à ce copain trop tôt disparu. Et comme les brins d'herbe, c'est pas ça qui manque... j'ai le moral dans les chaussettes.

Et à force de suivre le chien à travers les prairies couvertes de rosée, elles sont humides mes chaussettes parce qu'une fois de plus, j'ai oublié d'imperméabiliser mes godasses de marche, et moi, les pieds mouillés, ça n'arrange pas mon moral non plus!

Et ne me dites pas que ça ira mieux demain, demain, je repromène le chien !


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22 juin 2017

De tout cœur avec vous !

 

Je ne m'apesantirai pas sur les raisons qui ont décidé ma généraliste à m'envoyer chez un de ses "honorés confrères" pour réaliser un petit bilan cardiaque.

Qu'à la première visite (prise de tension, auscultations diverses, électrocardiogramme) tout lui ait paru normal pour un gamin de mon âge ne l'a pas empêché de me prescrire un enregistrement de ma tension pendant 24h suivi d'un ECG pendant la même durée puis, ces résultats acquis, de me reconvoquer pour une échographie du cœur, un test à l'effort, un autre de respiration et une scintigraphie, faut bien faire rentrer un peu de flouze dans les caisses de l'hosto je suppose.

Pour ne pas fausser le test à l'effort, il m'a demandé d'interrompre la prise de mon béta-bloquant depuis l'avant-veille. Du coup, durant l'écographie, mon rythme cardiaque qui ne dépasse jamais les cinquante battements par minute galope autour des nonante par ce jour où la température frise les 32°C, ce qui me vaut l'étonnant commentaire "Je ne distingue pas bien, le mouvement est trop rapide".

Tandis que je pédale ensuite sur le vélo d'appartement sous la direction de son assistant, le cardiologue enregistre son courrier au moyen d'un dictaphone. Il termine le rapport du client patient précédent puis entame le mien :

  • salutation et remerciements à son honorée consœur (ma généraliste donc)
  • description de mon état civil : âge, sexe, taille, poids
  • listing des médicaments que j'ingurgite quotidiennement ou périodiquement (il va jusqu'aux vitamines D)
  • nature de la plainte m'ayant amené à le consluter (pour ce faire, il doit s'interrompre et fouiller l'amas de papiers encombrant son bureau en pestant contre tous ces documents administratifs qu'il faut remplir pour mettre enfin la main sur la lettre de l'honorée confrère et lui communiquer la raison qu'elle a elle-même donnée à ma présence ici, des fois qu'elle l'aurait oubliée elle aussi, ce qui ne m'étonnerait pas outre-mesure )
  • détail des résultats de ses examens d'où je déduis que je ne mourrai pas demain (enfin, pas du cœur en tout cas...)

Dans mes pérégrinations entre les divers locaux, j'ai fait une étrange observation : tout le monde travaille sur ordinateur et ces ordinateurs sont en réseau et pourtant :

  • le cardiologue s'est enquis de ma taille et de mon poids dès mon entrée dans son bureau
  • il me les a à nouveau demandés en entamant l'échographie
  • son assistant les a également requis lors du test à l'effort puis du test respiratoire
  • la secrétaire de la scintigraphie s'en est également enquise

Ben les gars, y a encore du boulot de rationalisation, il a raison le médecin : tous ces documents administratifs, quelle perte de temps !


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18 juin 2017

Flora

 

Un bien joli prénom, n'est-ce pas ?

C'est celui que porte ma cousine (nos mères étaient sœurs), toute en douceur et gentillesse.

Quand j'étais petit enfant, elle était déjà jeune-femme et m'appelait "Cousin Lapin" (sans doute à cause de mes oreilles bien décollées).

Hier, elle avait réuni sa famille proche : sœurs, frère, enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants pour fêter son nonantième anniversaire. Nous étions une grosse vingtaine à table dans le restaurant du compagnon d'une de ses petites-filles (le mec te fait un de ces foies gras à tomber sur le cul).

C'était très agréable de se trouver au milieu de toute une famille unie, chaleureuse et aimante.

Mais que diable y faisions-nous, mon épouse et moi ?

Je suis loin d'être son seul cousin...

Pas d'inquiétude, je connais la réponse : quand mon épouse sillonnait le pays pour son travail, elle ne manquait jamais de passer faire un coucou aux membres de ma famille de la région qu'elle parcourait et depuis, elle s'entend à merveille avec mes cousines qui l'apprécient énormément.

C'est donc elle que Flora a invitée.

Et moi, genre dégât collatéral...


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15 juin 2017

And the Winner is...

 

Mon épouse aime beaucoup voir des sites touristiques où nous ne mettrons jamais les pieds, c'est même pour ça qu'elle suit le Tour de France : on y voit des vues d'hélicoptère de tous les sites remarquables à proximité du tracé de la course.

Mardi soir, faut vraiment n'avoir que ça à faire, nous avons donc regardé sur France 2 l'élection du village préféré des Français présentée par Stéphane Berg .

Ça me fait toujours marrer que ce gaillard partage son prénom avec l'inspecteur Derrick ! Mais passons...

Nous ignorions, et ignorons toujours d'ailleurs, comment avaient été sélectionnés les treize finalistes, mais c'était assez intéressant d'avoir une petite présentation de ces lieux tous différents mais tous éminemment attractifs.

Bref, à la fin de l'émission, on donne les résultats en commençant par la fin avec le dilemme sous-jacent à cette méthode : quand il n'en reste que deux, comment faire ?

M'en fous, de toute manière, les deux qui restent sont les endroits où nous avons passé nos dernières vacances : Kaysersberg et Saint-Valery-sur-Somme. C'est pas du flair ça ?

Bon, pour la victoire de Kaysersberg, je me demande si la gamine qu'ils avaient envoyée pour les représenter n'a pas un peu pesé sur le résultat :

kay


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31 mai 2017

Mais d'où sort donc ce mec qui mange des rognons aux Spätzle par 36° à l'ombre ?

 

Lundi, nous sommes retournés voir Egisheim, le charmant petit village natal du pape Léon IX, et qui avait été élu en 2013 "Village préféré des Français".

Nous l'avions découvert il y a des années à l'occasion d'un départ pour l'Italie. Etrange n'est-ce pas ? Comme nous faisions étape à Saint-Louis avant de franchir les Alpes, nous étions partis un jour plus tôt pour nous promener un peu en Alsace.

Cette fois-ci, la chaleur était accablante et nous n'avons parcouru que quelques rues avant de nous installer pour déjeuner à la terrasse ombragée d'une sympathique Winstube.

Nous venions juste de recevoir nos escargots à l'alsacienne lorsque deux couples parlant le néerlandais s'installent à la table voisine de la nôtre.

À peine étaient-ils assis que l'un des hommes nous propose en français et en montrant mon appareil posé sur le bord de la table, d'immortaliser notre couple face à ses "caricoles".

La chose faite, ils se plongent dans leur conversation et nous dans notre assiette.

Pendant toute la durée du repas, une question me turlupinait : d'où pouvaient bien sortir ces gens ? Bien que parlant un batave suffisamment classique pour que je parvienne au moins à comprendre de quoi ils parlaient, ils ne me semblaient pas avoir les intonations caractéristiques de nos voisins hollandais. L'ennui, c'est qu'il ne me semblait pas reconnaître non plus un des accents de nos compatriotes flamands.

Avant de les quitter, je me suis donc décidé à leur faire part de mon questionnement et leur réponse a immédiatement confirmé ce que je sais depuis longtemps : je ferais mieux de réfléchir au lieu de poser des questions stupides. Car où parle-t-on encore néerlandais ailleurs qu'aux Pays-Bas et en Belgique ?

En Afrique du Sud !

Ces joyeux drilles étaient nos compatriotes (une des dames était même née à Wemmel, un patelin voisin du nôtre) mais vivaient depuis des années tout en bas du continent africain. J'aurais dû y penser car à un moment, ils avaient parlé de diamants, mais comme à Anvers on travaille également ces pierres, je n'avais pas fait le lien.

Quoi ? Vous vous en foutez ? C'est la photo qui vous intéresse ?

Bon, c'est bien parce que c'est vous !

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