28 septembre 2016

Mea maxima culpa

Vu mon grand âge, vous pensez si j'ai péché de toutes les manières. Mais ma dernière faute est la plus vile, la plus abominable, la plus sournoise qui soit : j'ai approuvé Marcel !

Comment j'ai pu en arriver là ? Je ne dénoncerai pas celui (ou celle) qui, pour appuyer sa façon de juger une œuvre d'art, citait un extrait du "Contre Sainte-Beuve" du dit Marcel, je ne suis pas une balance ! (Bon, j'ai des tendances, je suis quand même né un 22 octobre). Cet extrait disait en substance "Il n'est pas nécessaire de tout connaître d'un auteur pour apprécier une de ses œuvres".

Bien sûr, être d'accord avec l'opinion de quelqu'un sur un point précis ne veut pas dire qu'il entre ipso facto au panthéon de vos divinités personnelles. D'autant qu'avec Marcel, situer un point précis de sa pensée relève du défi quasi insurmontable : il entoure sa position de tant de détails, de circonvolutions explicatives, de digressions fortuites, qu'on finit par perdre le fil : trop de précisions tuent la précision.

Il n'empêche, pris d'une pulsion aussi coupable qu'irrépressible, j'ai téléchargé le bouquin (en format pdf, ce qui me vaut de devoir le lire en caractères microscopiques mettant à rude épreuve les dioptries correctives de mes lunettes) et, pire, je me suis mis à le lire ! (Mea culpa et caetera)

Il est de notoriété publique que tout crime porte en soi son châtiment et je vous prie de croire que ça n'a pas raté ! On comprend que le machin n'ait été sorti des limbes, où son propre auteur l'avait lui-même enterré, qu'en 1954 par une victime de la marcelomanie compulsive, un des pires fléaux pouvant atteindre l'humanité souffrante.

Au cœur du dédale labyrinthique de la prose proustienne, j'ai quand même relevé quelques détails intéressants :

  • l'ancêtre de la fameuse Madeleine se révèle être une vulgaire biscotte
    ...au moment où je mis le pain grillé dans ma bouche et où j'eus la sensation de son amollissement pénétré d'un goût de thé contre mon palais , [...] Alors je me rappelai : tous les jours, quand j'étais habillé, je descendais dans la chambre de mon grand-père qui venait de s'éveiller et prenait son thé. Il y trempait une biscotte et me la donnait à manger...
  • l'auteur maudit est un (auto)branleur 
    C'était pour un cabinet une très grande pièce. Elle fermait parfaitement à clef, mais la fenêtre en était toujours ouverte, laissant passage à un jeune lilas qui avait poussé sur le mur extérieur et avait passé par l'entrebâillement sa tête odorante. Si haut (dans les combles du château), j'étais absolument seul, mais cette apparence d'être en plein air ajoutait un trouble délicieux au sentiment de sécurité que de solides verrous donnaient à ma solitude. L'exploration que je fis alors en moi-même, à la recherche d'un plaisir que je ne connaissais pas, ne m'aurait pas donné plus d'émoi, plus d'effroi s'il s'était agi pour moi de pratiquer à même ma moelle et mon cerveau une opération chirurgicale.
  • l'auteur en question est un indécrottable snobinard parigot
    Il pourra se faire qu'une détestable représentation musicale dans un théâtre de province, un bal que les gens de goût trouvent ridicule, soit évoquent en lui des souvenirs, soit se rapportent en lui à un ordre de rêveries et de préoccupations, bien plus qu'une admirable exécution à l'Opéra, qu'une soirée ultra-élégante dans le faubourg Saint-Germain.
  • sauf pour le "grand", il est un spécialiste de la paille et de la poutre
    Chopin, ce grand artiste maladif, sensible, égoïste et dandy...

Bon, j'ai pas tout lu (j'ai déjà donné pour la recherche, faut pas exagérer) et je m'en tiendrai là.

Quoi ? Si j'ai téléchargé Jean Santeuil ? Vous foutez pas de ma gueule hein, j'ai déjà dû balancer Les plaisirs et les jours aux vieux papiers et le voddenman le regardait d'un air suspicieux...


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24 septembre 2016

Bon, ça c'est fait

 

La tirette d'un des pantalons d'équitation d'une de mes petites-filles ayant eu une fin aussi brutale que déchirante, mon épouse m'envoie en acheter une autre chez Veritas.

Comme il me faut attendre encore quelques minutes l'ouverture de cette boutique, je fais un crochet par la librairie du centre commercial et j'achète (deux euros et cinq cents plus cher qu'en France, comble pour le bouquin d'une Belge acheté en Belgique) le dernier opus de La Folle.

J'y ai pensé par association d'idées : ce sera vite bouclé, comme une fermeture éclair : zip en 't es gebakke !

Voilà-t-y pas que la gamine fait dans la réécriture du conte maintenant (un peu comme Vegas dans celle de la Genèse). Elle a choisi comme victime le "Riquet à la houppe" du bon Monsieur Perrault.

Oui, "houlà.... houppe!", comme vous dites.

À ce propos, vous avez vu son petit air canaille sur la pochette du bouquin ? Je la verrais bien moi, comme hobby faire du hula hoop autour de son obi, à la plus japonaise des Belges. Si si, je la crois capable de tout, et plus encore.

Riquet001

 

Quoi ? Ce que je pense du bouquin ? J'avais promis ? Bon...

Gentillet, avec une amusante digression (étude statistique à l'appui) sur pourquoi les histoires d'amour doivent mal finir dans les romans, sous peine d'être dans le cas contraire envoyés au rayon "eau de rose" des bibliothèques de gares, et bien finir dans les contes s'ils veulent être portés au pinacle de la littérature.

De toute façon, quoi qu'elle fasse, je pardonne tout à cette enfant, d'autant qu'à l'ultime page de ce dernier ouvrage figure une phrase qui m'a immédiatement évoqué le dernier billet du blog de Célestine :

"Ils ne se dirent pas tout, non pas par vaine coquetterie, mais parce qu'ils étaient conscients de comporter chacun une part d'indicible."

C'est pas beau, ça ?


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19 septembre 2016

Words

 

Mais non, je ne suis pas un zélateur de Microsoft ! J'emploie la version anglaise parce que je la trouve plus percutante que sa traduction française : "Des mots".

Notre amie Célestine vient de perdre son père et nous dit sur son blog que "les mots viendront plus tard".

Nous, dès l'annonce de la triste nouvelle, avons aussi cherché des mots à lui adresser. Des mots de sympathie, de réconfort, de soutien, de consolation.

Nous sommes des blogueurs n'est-ce pas, les mots sont nos outils, nous voulons les croire vrais, efficaces.

Hélas, écrits ou parlés, ce ne sont que des mots. Des mots communs, communs puisque nous les partageons tous, communs au point de ne pouvoir vraiment traduire la complexité de nos sentiments.

Il faut donc que notre amie nous devine derrière nos pauvres mots. Et son cœur, grand comme ça, du fond de sa douleur, y réussit au point qu'elle nous en remercie.

Lui en serons-nous jamais assez reconnaissants ?


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08 septembre 2016

Black Thursday

Nous sommes jeudi, c'est le jour des backups, les desktops pédalent dans la semoule et ils en ont pour une bonne partie de la journée.

Je sors mon vieux portable Vaio (qui fait ses cinq kilos -non pas octets, grammes-) sous Ubuntu. Il fait une tentative de changement de version et se plante lamentablement en me signalant qu'il n'y a plus assez d'espace sur le disque dans le directory de stockage des versions, mais mes interventions via le terminal (sudo apt-get autoclean, clean, autoremove etc) le laissent indifférent. Je crains qu'à mon image il soit en bout de course.

J'emprunte le portable de mon épouse, laquelle joue autoécole pour l'aînée de nos petites-filles. Il a été laissé à l'abandon tellement longtemps que les batteries sont vides, que sa version de Windows n'est plus à jour et la plupart des applications non plus. Le Wifi est d'une lenteur sans pareille (ou les mises à jour à télécharger sont énormes, à vous de choisir).

Bref, aujourd'hui est un grand jour (comme à peu près chaque jour d'ailleurs) !

Comment ? Que me dites-vous ? Vous avez plusieurs solutions ?

  • les sauvegardes seraient plus rapides que les backups, les ordinateurs de bureau plus performants que les desktops et les dossiers plus spacieux que les directories ?
  • c'est con de réaliser des sauvegardes le jour alors qu'elles peuvent être programmées pour la nuit ?
  • au vu de ma fréquence d'apparition ici, ça ne venait pas à un jour pour y publier mes conneries ?

Vous n'avez peut-être pas tout à fait tort !

J'en tiendrai (peut-être) compte à l'avenir (si je suis promis au moindre avenir).


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