Hier, j'ai paumé le chien !

Comme j'ai promis à Coumarine de pondre un truc aujourd'hui, je vais vous raconter ça.

Hier donc, le chien, comme (presque) chaque jour, m'emmène parcourir le domaine des Trois Fontaines.

Pour être rigoureux, je dois spécifier que ce chien est une chienne (comme ma vie, particulièrement depuis qu'il est là) mais je préfère utiliser l'appellation générique et je l'appelle "Le chien". Dans la meute familiale, la hiérarchie est clairement établie : mon épouse est la maîtresse du chien et moi, j'en suis l'esclave.

Dans ce parc, je laisse courir le chien en liberté et ne l'attache que si nous devons croiser un autre chien lui-même tenu en laisse. Ses sports favoris sont l'un, de chercher un bâton qu'il me demande de lancer et qu'il me ramène dans le but de recommencer l'opération, l'autre, de creuser dans les mottes de terre rejetée par les taupes. Jamais aucun de mes chats ne s'est livré à des activités aussi stupides : les chats ont leur dignité quand même.

Après avoir fait le tour de la grande prairie par le nord, nous sommes arrivés près de ce banc d'où l'on peut jouir de la vue sur les étangs en bordure du canal de Willebroek. Ce banc était occupé par deux dames entourées de quatre chiens.

Dès qu'ils ont aperçu le mien, ils s'en sont approchés. Ils ont alors organisé un match poursuite en circuit fermé jusqu'à ce que le mien se jette dans la descente d'un chemin couvert de mulch. Ils se sont rapidement retrouvés hors de vue malgré les cris de rappel de leurs accompagnateurs.

Comme je n'entendais plus que des aboiements en contrebas, j'ai commencé à descendre le chemin par où ils avaient disparu. C'est alors que le premier chien des dames (le plus grand) est réapparu par un autre sentier plus étroit que j'ai aussitôt emprunté.  J'ai croisé dans ma progression les deux suivants classés par ordre de taille.

Lorsque j'ai débouché, en bas de la pente boisée, sur le chemin bordant les terrains de tennis, je n'ai trouvé que le quatrième, une sorte de mini-bouledogue brun (je ne suis pas expert en races canines) haletant et crachotant sous l'effet de sa course effrénée de court sur pattes. Mon chien, lui, avait disparu.

J'ai battu les taillis en l'appelant : rien.

Derrière le tennis, je tombe sur un mec, accompagné lui aussi d'un grand chien, qui me dit croire en avoir vu un petit grimper "volle speed" le raidillon menant à la vieille chapelle. J'emprunte la chose et parviens à l'édifice : pas de chien. Les filles et leurs quatre chiens se trouvent en contrebas. Je dévale en claudiquant la pente herbue pour les rejoindre : elles n'ont rien aperçu non plus et promettent de continuer à chercher.

En désespoir de cause, je remonte à l'endroit où la poursuite a commencé : rien.

J'appelle mon épouse pour lui annoncer, avec les ménagements d'usage, qu'elle vient de passer brutalement à l'état d'ex-propriétaire de chien et décide de retourner à la voiture. Après quelques dizaines de mètres, j'entends un concert d'aboiements à plusieurs voix dans la direction opposée. Je fais donc demi-tour et retombe sur les filles et leurs chiens, mais toujours pas sur le mien. Ces dames prennent des airs contrits en me disant qu'elles se sentent coupables de la disparition de ma bête. Je leur réponds que ce n'est la faute de personne, que c'est la vie et je continue mon chemin vers le parking par l'autre côté du parc.

Quand je parviens à la voiture, le cabot m'attend, sagement assis à côté de l'engin. Comble, je sens que s'il pouvait parler il me dirait "Ben t'en as mis un de temps !"

Je le vois bien à son air narquois.

Je me réinstalle dans mon rôle de chauffeur de Mademoiselle. L'esclavage reprend. Pendant une demi-heure j'ai rêvé d'être redevenu un homme libre. Ce sera pour une prochaine fois !

 

caramba