Pile dans les délais impartis autant qu'habituels, le dernier opus de notre geisha nationale est paru. Je l'ai acheté chez Makro en même temps que les gésiers de poulet pour le chien. Pure coïncidence, inutile d'y chercher la moindre allusion subtile, ça ne me ressemblerait pas. Je l'ai acheté et bien sûr je l'ai lu. Comme je ne devais pas attendre la camionnette de Touring Secours cette année non plus, j'ai profité de la séance de kiné de mon épouse.

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On peut dire ce que l'on veut de cette charmante enfant, je ne peux pas m'empêcher de l'aimer. Je suis comme ça, j'aime quand on me fait rire ou même simplement sourire, et elle y réussit toujours.

Je ne vais pas vous raconter l'histoire (et ne vous exclamez pas "Quelle histoire ?"), si ça vous passionne, vous n'avez qu'à la lire, ça vous prendra un peu moins de deux heures. Comment ça, le kiné de mon épouse prend son temps ? Y a des mecs qui ont encore de la conscience professionnelle, non mais !

Ce numéro-ci m'a particulièrement enchanté parce qu'il m'a amené quelques confirmations écrites de choses que je supputais déjà !

J'ai raison de la traiter de geisha nationale puisque l'on peut lire page 60 "J'enneigeai mon teint, charbonnai mes yeux et carminai mes lèvres". Si ça ne vous évoque pas une de ces créatures raffinées, qu'est-ce qu'il vous faut ? Et de un.

Depuis que je la désigne (gentiment) sous le vocable "La Folle", je ne fais que partager sa propre opinion, ainsi, page 150 (si si, il y a plus de 150 pages) :
- C'est ta folie, j'ai dit : ta manière d'être folle. Des gens fous, il y en a partout. Des fous comme toi, ça n'existe pas. Personne ne sait en quoi consiste ta folie. Pas même toi.
- C'est exact.

Et de deux !

Pour la troisième, j'ai bu du petit lait : je savais que nous devions avoir, en plus de la folie, quelques petites choses en commun. Je n'ai pas été déçu. Voyez sa méthode de visite d'un musée (page 77) :

"Ce que je ne supporte pas, dans les musées, est le train de sénateur que les gens se croient obligés d'adopter en leur sein. Pour ma part, je m'y déplace au pas de gymnastique, embrassant du regard de vastes perspectives : qu'il s'agisse d'archéologie ou de peinture impressionniste, j'ai observé les avantages de cette méthode. Le premier est d'éviter l'atroce effet Guide Bleu : "Admirez la bonhommie du Cheik el-Beled : ne dirait-on pas qu'on l'a croisé hier au marché ?" ou : "Un litige oppose la Grèce et le Royaume-Uni au sujet de la frise du Parthénon." Le deuxième est concomitant du premier : il rend impossibles les considérations de sortie de musée. Les Bouvard et Pécuchet modernes en ont la chique coupée. Le troisième avantage, et non le moindre en ce qui me concerne, est qu'il empêche le surgissement du terrible mal de dos muséal."

Bon, côté dernier avantage, moi ce serait plutôt l'échauffement de la voûte plantaire, mais à cela près, c'est moi tout craché.

Vous savez quoi ? J'suis heureux !

Qui qu'a dit "Un imbécile heureux" ?